Christophe Faurie : CV « informel » orienté par le thème du changement :
Début 80. Début de carrière très opérationnel. Cependant, en 93 je fais un premier travail sur l’application des travaux de conduite du changement, que l’on vient de m’enseigner en MBA, pour Dassault Systèmes, confronté à un sérieux malaise social. Même s’il se révélera ensuite que l’essentiel de ma carrière a été dirigé par la transformation des entreprises, je m’intéresse ensuite, surtout, à la stratégie et au marketing, sujets que j’enseigne en dernière année de l’ESCEM et en entreprise.
Fin 2001. Je suis alors associé du cabinet de conseil GM2. Une discussion avec un de mes associés me fait découvrir que j’ai transformé les entreprises dans lesquelles je suis passé, depuis le début de ma carrière. Or, le changement prend des décennies, selon les universitaires du domaine (cf. les travaux de John Kotter : Leading Change). Pas dans mon cas. Explication ? Les techniques ordinaires de conduite du changement visent à « changer » les hommes, les miennes font sauter le blocage organisationnel qui les empêche d’être efficaces.
Nouvelle découverte : mes observations collent à ce que Jay Forrester, du MIT, le fondateur de la Dynamique des systèmes, appelle « l’effet de levier » (repris depuis par Peter Senge). Mais mon approche, opérationnelle, n’a rien à voir avec ses modélisations mathématiques (plus exactement, elles expliquent a posteriori ce qui s'est passé, mais elles sont peu utiles pour guider mon travail).
J'entre alors en contact avec Edgar Schein, aussi au MIT, probablement le premier universitaire à avoir appliqué systématiquement les sciences humaines aux problématiques de gestion de l'entreprise. Il m’a expliqué que, en quelque sorte, j’avais réinventé son travail.
2003. Je publie Conduite et mise en œuvre du changement : l’Effet de levier, Maxima.
Ce livre suscite l’intérêt de plusieurs universitaires, aux USA et en France. Certains me proposent de donner des cours en DESS et MBA (j’enseigne à l’université Dauphine et à l’Institut International du management).
Ils m’encouragent aussi à approfondir mes travaux sous l’angle scientifique. Constats : accord avec les sciences concernées (humaines, du management et économiques ainsi qu’avec la théorie de la complexité qui modélise les phénomènes « émergents ») ; proximité troublante avec la philosophie chinoise (par ailleurs, l’effet de levier peut être vu comme l’art du judo), mais aussi la pensée allemande du 19 et 20ème siècle : elle a intégré la dimension sociale dans la science.
Le travail précédent et sa confrontation avec les problèmes que rencontrent mes clients et mes étudiants, me convainc qu’il est possible de construire un cadre de formation au changement en trois pans
- erreurs qui tuent le changement ;
- méthodologie de construction de « l’architecture du changement », qui permet de le contrôler (des questions auxquelles répondre avant de démarrer un changement) ;
- boîte à outils de techniques utiles à l’animation proprement dite du changement.
2008. Je publie deux livres :
- Conduire le changement : les gestes qui sauvent, Maxima. Il montre que la plupart des changements qui échouent (c’est le cas général), peuvent être rattrapés facilement. Application du 1) ci-dessus.
- Conduire le changement : transformer les organisations sans bouleverser les hommes, L’Harmattan. C’est le support de mon cours (sous une forme qui ne ressemble pas à celle d’un livre de cours). Il illustre les points 2) et 3) ci-dessus.
Depuis, je continue à conseiller et à enseigner (je suis responsable de la filière sociopolitique du CREFIGE de Dauphine), et je réfléchis à un nouveau livre. L'intérêt qu'a désormais le marché pour le type de changement, très pratique, qui est ma spécialité, m'amène à collaborer avec de plus en plus de cabinets soucieux de développer un savoir faire dans ce domaine (Neoxia, Vinci consulting, etc.) ou ayant un métier complémentaire au mien (Activ'way, Prendo ltd...). Par ailleurs, j'anime un cercle de consultants, qui partagent ma vision du changement, et m'apportent des compétences que je n'ai pas : le CFFC.