samedi 21 février 2009

France : super appareil

La Surdité gouvernementale s’explique.

Rupture : l'effet boomerang, par Françoise Fressoz dit que, dans son impatience, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de déplacer les préfets : ils n’ont plus le temps de prendre des nouvelles de leurs environs. L’État, traditionnellement mal entendant, est devenu totalement sourd. Il est aux ordres.

L’appareil, mal français.

La Chine sort de l’économie de marché

L'offensive mondiale de la Chine pour "sécuriser" ses matières premières :

Production de minerais et d’énergie : la Chine achète tout ce qu’elle peut. L’Australie est en coupe réglée (Rio Tinto, Fortescue Metals, OZ Minerals…), le Brésil presque autant, le pétrole de Sibérie va profiter d'une exploitation chinoise…

Tout cela est rendu nécessaire par une relance qui construit de l’infrastructure. Ou par une volonté de s'extraire du diktat d'une très dangereuse économie de marché (Stratégie de la Chine) ?

Complément :

Mal de la PQR

Pour survivre, la presse d'annonces migre sur Internet me fait me demander si je n’avais pas vu juste.

Pour la presse quotidienne régionale, l’équivalent du 4x4 de GM semble avoir été le gratuit d’annonces. Ça rapportait beaucoup et ce n’était guère fatiguant en termes d’intelligence éditoriale. Et en plus ça profitait à plein de la bulle immobilière. Pas de chance : il n’y a plus de bulle et Internet vampirise l’annonce.

Or, cette vache à lait permettait de financer l’achat de très modernes machines, sans que l’on ait à se poser la question de leur nécessité. Maintenant, il faut acquitter ses dettes. Donc licencier.

Comme GM, la PQR va devoir revenir à son métier : produire l’information dont a besoin le tissu local. Triste réveil.

Idée initiale : La presse et son avenir (suite).

Histoire des Antilles

Quatre siècles d'incompréhensions : les ressorts de la crise des Antilles.

Une surprise : lorsque la Révolution abolit l’esclavage, la Martinique demande l’asile politique à l’Angleterre. Le rétablissement de l’esclavage par le grand Napoléon met la Guadeloupe et Saint Domingue à feu et à sang. Saint Domingue devient Haïti et la Guadeloupe est reprise en main par les propriétaires martiniquais (Békés).

Puis les réformes finissent par arriver, mais, à chaque fois, on ne veut pas froisser les intérêts dominants. Si bien que le pays d’aujourd’hui reste extrêmement proche de son organisation coloniale : une minuscule classe possédante, une dépendance quasi-totale vis-à-vis de la métropole, une population que l’on désire humble et disciplinée.

Résultat : flambées de colère périodiques. Celle que nous vivons appartient à une longue série. 

vendredi 20 février 2009

Sémiotique de la crise

Le professeur Jean-François Marcotorchino m’envoie une analyse sémiotique du discours actuel sur la crise. Par Jean Maxence Granier. Question : où se situe le mien ?

Une modélisation en 4 cases

  1. A Crise = accident. Issue : on revient à la situation antérieure à la crise (2007).
  2. B Crise = folie passagère. Issue : retour à un capitalisme sain.
  3. C Crise = mutation. Issue : un capitalisme repensé.
  4. D Crise = rupture. Issue : autre chose que le capitalisme, voire le chaos.

Maintenant, à moi de parler.

Les mécanismes du changement

Pas tout à fait d’accord avec les 4 cases. Mon opinion s’est construite sur mon expérience des transformations d’entreprise à laquelle j’ai essayé de donner une portée un peu plus universelle, en cherchant à y raccorder ce que la science avait dit sur le sujet. J’ai trouvé un assez grand accord entre science et expérience.

Pour moi l’évolution est irréversible. Certes, je dis souvent que l’entreprise tend à l’homéostasie (A), mais s'il est vrai que les changements de l’entreprise échouent la plupart du temps, il en reste toujours des traces. Une sorte de handicap rémanent qu’il a fallu compenser par un gain de productivité.  Le changement qui réussit me semble assez bien modélisé par l’ethnologie (cf. Schein, Lewin…) : il joue sur la culture de l’entreprise, en mettant plus ou moins en avant certaines de ses valeurs préexistantes (hypothèses fondamentales). Ce qui est cohérent avec B. Cependant, il me semble qu’il s’agit d’une réinterprétation du code de loi de l’entreprise, avec ajout de codicilles (C). Le passage en force peut conduire à une destruction du système (D). Exemple : gains de productivité de l’entreprise qui la privent de son savoir faire, des réformes post 68 qui ont détruit l’ascenseur social ou les syndicats… Mais le système garde toujours un lien avec le précédent. La pensée moderne se reconnaît dans la pensée grecque ou dans la pensée chinoise des origines. La révolution française n’a pas touché aux structures fondamentales de la société française (cf. Tocqueville).

L’effet de serre illustre différemment ces idées. Pendant des siècles l’humanité a accumulé des cochonneries dans son écosystème, sans conséquence apparente. Les mécanismes d’autorégulation avaient le dessus. Jusqu’à franchissement d’un seuil. On entre, après une transition, dans un autre mode de régulation. Cependant, si elle survit, l’humanité continuera à s’appuyer sur certaines des recettes qui ont fait son succès.

Ma lecture de la crise

  • Nous sommes passés d’une phase de capitalisme dirigiste (après guerre), à une phase ultralibérale (80 – 2000). La première était caractérisée par un contrôle du marché quasi-total par une technostructure qui dirigeait des états keynésiens puissants et de grandes entreprises planificatrices. La seconde a vu la dislocation de l’état et des entreprises au profit d’une classe de managers financiers apatrides, dirigeants d’entreprise ou d’organismes financiers, qui s’appuyaient sur la doctrine de la liberté totale des marchés.  
  • À cela s’est ajoutée la « mondialisation ». Dorénavant l’ensemble de la planète semble obéir aux mêmes règles du jeu capitaliste. Les nouveaux joueurs ont-ils contribués à l'achèvement des phases précédentes ? En favorisant la déstabilisation de l’édifice planifié (offensive japonaise, crise pétrolière des années 70 / 80), ou en accélérant la débâcle de l’ultralibéralisme (en encourageant sa tendance naturelle à la spéculation) ?
  • Globalement le monde me semble chercher un équilibre entre la liberté qui est due à l’homme (libéralisme) et la nécessaire solidarité humaine, le fait que l’homme est un animal social. L’histoire récente de l’humanité oscillerait entre le Charybde d’un individu qui nierait son appartenance sociale, et le Scylla du refus de l’individualité. La prochaine étape de la sinusoïde est probablement un accroissement de la dimension sociale. L’amplitude de la sinusoïde pourrait s’affaiblir ? C’est ce que j’espère.
  • Par définition, la vie épuise les ressources qui lui sont nécessaires. Elle est obligée périodiquement de s’adapter (Darwin). Mais le capitalisme a vraisemblablement poussé ce mouvement à l’extrême. Son principe fondamental (Adam Smith) est la croissance de la production d’une année sur l’autre. Une croissance exponentielle, qui explique peut-être la fréquence des crises que nous subissons. Peut-on éviter d’être brutalisés aussi souvent et aussi méchamment ? N’y a-t-il pas un risque que le capitalisme amène, en marche accélérée, l’individu aux limites de sa capacité d’adaptation ? Il me semble qu’en passant du matériel (le modèle de Smith) à l’immatériel (la valorisation du service que la société nous rend depuis la nuit des temps), le capitalisme pourrait, sans apparemment se renier, trouver une voie plus durable, réinventer le passé.

Compléments :

jeudi 19 février 2009

Réforme de la recherche (suite)

Le Monde apporte des témoignages qui donnent une image inattendue de la réforme de l’enseignement :

  1. Ce serait la plus importante réforme de la législature (François Fillon). Mais pourquoi ne pas le dire ? Quels vont en être les bénéfices ? Fin des crises, le plein emploi… ? Pourquoi Barak Obama n’y a-t-il pas pensé ?...
  2. Paradoxalement la réforme répondait aux attentes des universitaires. Laissés pour compte depuis des décennies, mal payés, pas de moyens, des conditions de travail qui se dégradaient, des élèves en surnombre… ils avaient besoin de secours. Oui, il faut « une modulation des services et des carrières », oui « des choses pourraient se régler à l’échelon local » (de l’université). Le gouvernement est parti de là pour accuser l’université des maux qu’elle subissait, et réduire ses effectifs (cause des déficits de la nation ?).
  3. Méconnaissance totale, incompréhensible, du dossier. Le gouvernement parle d’évaluation, alors qu’on apprend que la carrière de l’universitaire français est un parcours du combattant de concours, d’épreuves, d’évaluations ! On lui oppose le modèle anglo-saxon, que l’on ne connaît pas. Et a-t-on la moindre idée de la mission de la recherche ? La pensée gouvernementale est d’une indigence inconcevable : l’objectif du chercheur est de publier ! Pour rendre l’université performante il faut l’évaluer. Performance et évaluation, tout le programme tient en deux mots ! Rien d’étonnant que la recherche et l’université semblent inutiles à notre gouvernement. À quoi sert de chercher quand on connaît la vérité, et qu’elle est aussi simple ? à quoi sert l’éducation nationale, depuis la maternelle ?

Je trouve ici, non la preuve que notre démocratie porte l’idéologie la plus primitive au sommet de l’État, mais l'illustration fascinante d’une problématique importante de conduite du changement.

Les organisations ont une sorte de « système immunitaire », qui fonctionne comme celui du corps. Il rejette tout ce qui lui est étranger. À commencer par celui qui veut les transformer. Quels sont ceux qui le traversent ? Le « donneur d’aide », qui lui est nécessaire pour résoudre ses problèmes, ou le parasite.

Tous les deux sont empathiques. Ils ont compris les maux de l’organisation, et ils lui disent ce qu’elle ne savait même pas formuler. Mais le donneur d’aide a l’intérêt de l’organisation en tête ; le parasite, le sien propre. L’un apporte sa compétence d'aide à la résolution de difficultés, l’autre une solution préconçue.

Complément :

Nourrir l’humanité

Pour nourrir l'humanité, il suffirait de moins gaspiller vient à mon secours (Progrès à tout prix).

Grand argument en faveur des OGM : sans eux la planète va crever de faim. En fait, une quantité colossale de nourriture est perdue (les USA en gaspilleraient 100md$, à comparer à un programme alimentaire mondial de 3,5md$). Un meilleur usage permettrait de nourrir une population 50% plus nombreuse (monde de 2050). Et le recyclage des déchets éviterait que l’agriculture serve à des besoins autres qu’humains (alimentation du bétail, agrocarburants).

Mais comment réaliser ce changement ? Les économistes affirment que l’entreprise est l’esclave de la main invisible du marché. Par conséquent, les gouvernements doivent piper les lois du marché pour qu’il serve les intérêts de la société (cf. taxes sur le carbone).

Compléments :

mercredi 18 février 2009

Le Français a-t-il besoin d’argent ?

Dans le billet précédent Nicolas Sarkozy semble chercher l’argent d’une relance par la consommation. Est-ce la solution au problème français ?

Ce qui grippe actuellement l’économie américaine et fait envisager la nationalisation des banques est l’incertitude : chacun ayant peur se recroqueville. Paradoxalement le phénomène paralyse toute la société, et non, seulement, la minorité susceptible d’être atteinte. D’où l’inefficacité d’une relance par la consommation : quand on a peur, on épargne.

Et s’il en était de même pour la consommation française ? De quoi les consommateurs ont-ils peur ? Du licenciement ? N’est-ce pas ce que dit le programme électoral de notre président ?

Un moyen de les rassurer ? Leur assurer un avenir. La flexisécurité prévue par le candidat Sarkozy pourrait être une bien meilleure solution que de distribuer de l’argent qui risque de ne pas être dépensé.

Compléments :

À qui appartient le profit ?

Débat. Pour Nicolas Sarkozy, l’entreprise doit partager ses revenus avec l’employé. Pour Madame Parisot, le salarié a son salaire, l’actionnaire doit garder son dividende. À qui appartient le profit ?

Historiquement, l’entreprise et son profit ont eu différents propriétaires.

  1. Pour Marx le détenteur du capital (des machines) possédait l’entreprise et non celui qui y trimait.
  2. Galbraith identifie le mécanisme suivant : l’actionnariat des grandes entreprises s’éparpille et le pouvoir effectif se concentre chez un minoritaire, qui s’en sert pour dépecer l’entreprise. Progressivement une « technostructure » de salariés s’empare de sa direction. Sa stratégie est d'anéantir toutes ses dépendances : au marché (en orientant ses choix), au capital (en vivant sur fonds propres et en réduisant les dividendes).
  3. Années 80, managers et organismes financiers prennent le pouvoir sur l’économie. Ils adoptent le modèle que l'on m'a enseigné en MBA : l’entreprise doit se vider de ses ressources pour les distribuer à ses actionnaires et à son management (eux).
2008. Sans réserves, les entreprises s'effondrent.

Pour l’économiste Frank Knight, l’entreprise appartient à celui qui en porte « l’incertitude », c'est-à-dire la partie du risque qui n’est pas assurable. Sa rémunération est le profit. Toutes les autres parties prenantes n’ont pas accès au profit, parce qu’elles ne risquent rien : l’employé reçoit un salaire, l’investisseur la rémunération de son capital (un intérêt).

Logiquement, celui qui possède l'entreprise doit réinjecter le profit accumulé en cas de difficulté. Application : le modèle des années 80 n’a pas fonctionné parce qu’il n’a pas restitué à l’entreprise ce dont elle avait besoin pour passer la crise. Elle n’a plus de propriétaires. Nous avons vécu une ère de parasitisme.

Alors, à qui appartient le profit ? Ça dépend. Quelques cas particuliers :

  • Si les actionnaires ne sont pas prêts à aider l’entreprise en cas de difficultés, il ne leur appartient pas. Il appartient beaucoup plus à ceux qui prennent le risque de licenciement.
  • Si l’entreprise reprend son autogestion pré années 80. C’est l’entité globale qui assume le risque, personne en particulier, les managers sont à nouveau des salariés, les actionnaires des rentiers.
  • Dans le modèle de l’économiste Ricardo Caballero, c’est l’état qui porte l’incertitude, c’est donc lui qui prend en charge l’entreprise (L’Etat comme assureur de l’économie). C’est le modèle français d’après guerre.
  • Les partisans les plus orthodoxes de l’économie de marché ont, depuis toujours, assigné un rôle social à l’entreprise. L’entreprise existe parce qu’elle rend à la société un service que personne d’autre ne peut mieux lui rendre. C’est ce que disent aussi bien Frank Knight que Warren Buffett. Dans ce modèle, l’entreprise appartient, en fait, à la société, qu’il ne faut pas confondre avec l’État. L’entrepreneur n’en a qu’une charge provisoire. S’il finit sa vie avec un profit, il le restitue à la société (tradition des entrepreneurs anglo-saxons).

Compléments :

mardi 17 février 2009

Surdité gouvernementale

La France a une image effroyable à l’étranger : des inconscients qui se révoltent pour un rien. Les événements actuels montrent que cela ne tient pas seulement à l’inconstance du peuple, mais à la façon dont il est dirigé.

La contestation universitaire vient d’horizons inattendus. Un ami professeur émérite, jusque-là très favorable au gouvernement, me dit que les universitaires ont le sentiment d’avoir été personnellement insultés. Les Antillais semblent partager ce sentiment.

Ce matin un pontife socialiste explique, à la radio, que le gouvernement n’entend que la crise, et que celui-ci est particulièrement sourd.

Notre président n’aurait-il pas mal interprété l’histoire : il a reproché à ses très sourds prédécesseurs, de n’avoir pas été assez « courageux », c'est-à-dire pas assez sourds ? De Gaulle, d’ailleurs, lui avait montré la voie. Il avait réformé l’état pour qu’il puisse imposer ses idées au peuple, en muselant tout ce qui pouvait ressembler à un contrepouvoir.

Et si la France n’était pas ingouvernable parce qu’anarchique, mais parce que considérée comme anarchique ?

Compléments :

Progrès à tout prix

Le principe d'anxiété, par Gérard Courtois : France stupidement anxieuse ?

Deux pièces à charge : les OGM qui ont été démontrées sans risque, et un démontage d’une antenne de Bouygues Télécom ordonné par un juge, qui estimait que bien que le risque ne soit pas démontré :

Dès lors que les plaideurs "ne peuvent se voir garantir une absence de risque", leur "sentiment d'angoisse" est donc légitime et le "préjudice moral" avéré, affirme ce jugement.

Conclusion :

Sauf à admettre une société craintive, affolée par la moindre innovation scientifique, minée par le sentiment de vulnérabilité, obsédée par le risque zéro. Bref, taraudée par la mort, puisque la vie elle-même, que l'on sache, présente quelque risque !

La France est peureuse, elle refuse le progrès ? Argument faible, j'en ai peur. Les Lumières appelaient progrès la prise de pouvoir de la raison sur les affaires humaines. Insensiblement le progrès est devenu avancée technologique, et on s'en sert dorénavant pour écraser toute velléité de débat démocratique (ce qu'est un jugement), toute tentative d'usage de la raison ! 

Qui aimerait avoir des antennes de téléphonie mobile à côté de chez soi ? L’histoire a montré que l’anxiété scientifique avait ses raisons d’être. Le cancer, par exemple, demande des décennies pour se manifester (cf. l’amiante, la radioactivité qui a été mise à toutes les sauces lors de sa découverte, ou même la cigarette).

D'ailleurs, ne peut-on pas avoir un progrès technologique avec un risque raisonnable : il y a sûrement un moyen d’éviter de placer des antennes à proximité d’habitations ? The Economist affirme que le capitalisme, et le progrès technologique, ont donné tort à Malthus : ils se sont renouvelés à chaque crise. Pourquoi seraient-ils incapables de trouver des moyens à risque minimal de nous nourrir ou de nous informer ? Serions-nous, et nos scientifiques les premiers, prisonniers d'une énorme paresse intellectuelle ? Les Lumières : une illusion ? Nouveaux âges des ténèbres ?

Compléments :

La banque torpille l’entreprise

La crise et sa créativité infinie en effets pervers, aujourd’hui la catégorie LBO.

Beaucoup d’entreprises sont surendettées. Les banques laissent vivoter les moins solides. Elles ne peuvent rien en tirer. Par contre elles utilisent la moindre excuse pour retirer leurs prêts des plus solvables, les condamnant de ce fait (Return to earth).

Fonds de LBO : temps difficiles

Famille et religion

Dans le même journal (billet précédent), je trouve une idée inattendue (Why do believers have more babies ?) : certains scientifiques pensent que de grandes familles prêtent au sentiment religieux.

Mary Eberstadt, a research fellow at the Hoover Institution in Stanford, California, has suggested several ways in which the experience of forming a family might stimulate religious feelings among parents, at least some of the time. She notes that pregnancy and birth, the business of caring for children, and the horror of contemplating their death, can stimulate an intensity of purpose that might make parents more open to religious sentiments. Many common family events, she reasons, might encourage a broadly spiritual turn of mind, from selfless care for a sick relation to sacrifices for the sake of a child’s adulthood that one might never see.   

Nouveau cercle vertueux : plus il y a de grandes familles plus la religion gagne du terrain et plus les familles s’étendent. Et inversement : dès que la famille se disloque la religion régresse.

Compléments :

Déchets nucléaires (suite)

Nouveaux déchets nucléaires :

Commentaire d’une photo d’un article d’Intelligent Life (The big chill) : « à Mourmansk, au moins 100 sous-marins nucléaires équipés de têtes nucléaires chargées gisent dans le port ».

Peut-être faudra-t-il envisager, un jour, de s’intéresser à ce type de déchets ?

(Déchets nucléaires.)

Stratégie de la Chine

La Chine semble vouloir s’assurer un accès sûr aux matières premières. Prise de participation dans Rio Tinto d’abord, mines en Afrique

La Chine aurait-elle peur des mécanismes du marché ? Tentative pour s’en extraire ?

Je tends à croire qu’elle cherche à stabiliser le monde, comme elle l’a fait jadis de l’Asie (Démocratie ou dirigisme ?). Autre possibilité : un monde à part avec une grande muraille autour ?

Mais ces stratégies peuvent-elles réussir dans un jeu dont les règles ont été créées par d’autres et pour d’autres ? (Dynamique Grande Bretagne, Méfiez-vous de l’Occident.)

lundi 16 février 2009

Dynamique Grande Bretagne

J’ai probablement sous-estimé la vitalité anglaise.

Un commentaire à un billet sur la Grande Bretagne laissait entendre qu’elle se sortirait rapidement de ses difficultés actuelles du fait de sa flexibilité. J’en doutais.

Or, il semble que l’économie du pays serait beaucoup moins financière que je le pensais : Industrie : le Royaume-Uni devant la France, explique que je faisais la même erreur que le président de la République. L’économie locale est diversifiée et inventive.

Britain's fallen star  prédit même une rapide sortie de crise. On a eu tort de comparer l’Angleterre à l’Islande (Waterloo anglais ?). Les banques pèsent lourd, certes, mais elles sont pour beaucoup étrangères. Leur mauvaise santé n’affecterait que modérément le pays.

Si le prix de la dette anglaise (ici aussi, sa situation initiale était meilleure que celle de la France) reste faible, l’Angleterre pourrait sauver son système financier, et profiter d’une grosse dévaluation de la Livre pour relancer son économie et exporter ses difficultés à l’étranger.  

Ne pas intégrer la zone Euro, pari risqué mais brillant ? La perfide Albion a plus d’un tour dans son sac ? 

dimanche 15 février 2009

Déchets nucléaires

Où sont passés les déchets nucléaires ?

Le nucléaire a le vent en poupe (Boum nucléaire). Jadis on s’inquiétait de ses déchets. Le problème serait-il résolu ?

Non. Il semblerait que l’on n’ait pas trouvé mieux que de les stocker. Mais, on ne sait pas où les mettre. On les laisse provisoirement à proximité des centrales. Un moyen de stockage qui ne résiste pas trop mal au temps (au moins sur un siècle) et aux terroristes (les centrales sont gardées et bétonnées)… 

Angleterre nombriliste

L’adoption de l’Anglais par la planète a un effet inattendu sur le citoyen britannique (English is coming) :

Notamment parce qu’il n’a plus à apprendre de langues étrangères, lui et ses journaux se désintéressent du monde extérieur, qu’ils perçoivent comme délicieusement hostile. 

Salaire des banquiers

Thomas Philippon étudie les banquiers et leur salaire.

  • Parallèle frappant entre les années 20 et maintenant. La déréglementation attire vers les banques l’élite universitaire, qui y donne libre cours à son génie inventif : « la régulation inhibe la possibilité d’utiliser la créativité et l’innovation de travailleurs éduqués et qualifiés ».  
  • Toutes choses égales par ailleurs, on a gagné, en moyenne, 40% de plus dans la banque qu’ailleurs.
  • Pourquoi les organismes de contrôle n’ont-ils pas été à la hauteur de leur mission ? Ils ne pouvaient pas payer autant que les banques et donc recruter des gens compétents.

L’individu est-il mécaniquement attiré par l’argent ? Pourquoi M.Philippon reste-t-il dans son université ? Ne pourrait-il pas gagner plus ailleurs ? Ou  pense-t-il qu’il n'y trouverait pas un travail aussi intéressant ? Pourquoi y a-t-il de pauvres gendarmes qui attrapent de riches trafiquants de drogue ?

Nos objectifs nous sont en grande partie enseignés par la société. Chester Barnard pensait que l’Amérique avait inculqué l’amour de l’argent à ses ressortissants pour les rendre malléables. Ça n’a pas eu que des avantages.

Compléments :

  • BARNARD, Chester, The Functions of the Executive, Harvard University Press, 2005.
  • Sur la modélisation par Merton de la décision humaine : Braquage à l'anglaise.

Technique de réforme de la France

S’il est parfois maladroit (Réforme de l’université), le gouvernement n’est pas toujours un réformateur inefficace. L’exemple de l’autonomie des Universités :

L'autonomie s'est trouvée alors parée des atours contradictoires que chacun voulait y voir. Les nostalgiques de 1968 et les rêveurs impénitents caressaient le mythe d'une autogestion enfin accordée. Les modernistes, de droite comme de gauche, se voyaient déjà à la tête de pôles d'excellence, délivrés d'une tutelle tatillonne et technocratique, les empêchant de grimper dans le classement de Shanghaï.

La France est une société d’individualistes qui se haïssent. Jouer sur ses divisions permet d’obtenir d’elle ce que l’on veut. On peut ainsi, par exemple, transformer la majorité en minorités hostiles les unes aux autres que l’on écrase les unes après les autres.

Est-ce la technique qui est employée aux Antilles ? Va-t-elle être dorénavant utilisée systématiquement ? En tout cas, elle est aussi vieille que le monde. Elle est fondamentale dans l’art du pouvoir chinois et elle a été poussée à un degré de sophistication étonnant par l’empire britannique. Elle est typique de l’individualisme.

Compléments :

Alain Bauer

J’aperçois deux articles parlant d’un certain Alain Bauer, dans le Monde. Puis, par hasard, je tombe sur une fiche biographique. Qui est donc cet Alain Bauer ?

Je m’attendais qu’on parle de lui à l’occasion d’une nomination considérable. Pas du tout. Il s’agit d’une chaire du CNAM ! Mais le cas est intéressant. Il me semble illustrer certaines de mes thèses :

I – il faut juger sur les actes pas sur les paroles

On se demandait ce qu’entendait le gouvernement par sa réforme de l’Université. En faire une copie conforme de l’Université américaine ? Pas du tout : la présidence crée une chaire d’université et nomme à sa tête une personne qui suscite la contestation de certains de ses pairs (Nous contestons la nomination de M. Bauer, par Michel Lallement, Christine Lazerges et Philip Milburn).

De la surdité, Surdité collective

II – Comment arriver à la tête d’un appareil

Alain Bauer a toutes les caractéristiques d’un champion de la conduite du changement. Il a une capacité admirable à arriver au sommet de toutes les organisations dans lesquelles il entre. Il est ou a été membre de tellement d’organisations que les citer revient à réécrire sa fiche biographique qui est d’une longueur et d’une densité sans beaucoup d’équivalents. L’exemple de ses postes d’enseignement, une infime partie de son activité (il a été notamment Grand maître du Grand Orient) :

De 1990 à aujourd'hui, Alain Bauer assure parallèlement des fonctions d'enseignant à l'Institut de criminologie de Paris (université Paris II-Panthéon Assas), aux universités Paris I-Panthéon Sorbonne et Paris V-René Descartes, à l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Paris, à l'Ecole Nationale de la Magistrature, au Centre National de Formation Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, à l'Ecole Nationale Supérieure de la Police, au Centre National de Protection et de Prévention (CNPP), au Center of Terrorism du John Jay College of Criminal Justice de New York (États-Unis), à l'Académie de Police criminelle de Chine et à l'Université de droit de Pékin. Depuis 2003-2004, il est également Secrétaire général de l'Institut des Hautes Études de Sécurité Intérieures (IHESI, devenu INHES, Institut National des Hautes Études de Sécurité), de l'Institut Alfred Fournier et de l'Institut Européen des Sciences du Religieux (IESR). Il est ou a été aussi Administrateur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et de la Fédération des Professionnels de l'Intelligence Économique (FEPIE). Valérie Pecresse, ministre de l'enseignement supérieur du gouvernement Sarkozy-Fillon, vient en outre de créer au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) une Chaire de criminologie qui lui a été immédiatement attribuée.

Et, à seulement 46 ans, il a publié une trentaine de livres.

Je dis parfois (Les appareils créent l’idéologie) que ne pas être alourdi par une pensée trop complexe est une condition favorable à une ascension rapide. Serait-ce le cas ici ?

Américanophile, il effectue au début des années '90 un stage de six mois à la Science Application International Corporation (SAIC), dont il est devenu par la suite Vice-président pour l'Europe. La SAIC, considérée comme une vitrine des services secrets américains, est un groupe administré par d'anciens directeurs de la CIA et travaillant essentiellement pour le Pentagone. Spécialisée dans les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, elle contrôlait notamment à l'époque la société "Network Solutions" qui gérait seule l'ensemble des noms de domaine sur Internet. Depuis cette période de "formation", Alain Bauer prône des méthodes policières répressives inspirées par certaines thèses sécuritaires en vigueur dans les milieux néo-conservateurs américains, parfois très peu compatibles avec le respect des libertés et le droit à la vie privée.