samedi 10 octobre 2009

Hold up ?

Les revenus aux USA :

le "Top 1 %" a accaparé sous Clinton 45 % de la croissance des revenus, un pourcentage évidemment déjà élevé mais qui a bondi à 65 % sous George W. Bush (…) en 2007 le Top 1 % a accaparé 23,5 % des revenus, un record depuis 1913 à l'exception de... 1928 (23,9 %) (…) le Top 0,01 %, c'est-à-dire les 14 998 familles qui ont déclaré plus de 11,5 millions de dollars de revenus, possédait 6,04 % du total, soit davantage qu'en 1928 (5,04 %). (…) "Ce ne sont pas des rentiers qui tirent leurs revenus d'une fortune passée, mais plutôt des "working rich", des salariés très bien payés ou des nouveaux entrepreneurs."

Vu l’état de l’économie américaine, on peut se demander si les riches américains méritaient vraiment leur fortune, si une partie de la société n’a pas réussi à en dépecer une autre et si son arme n’a pas été, plutôt que ses compétences supérieures, une habile manipulation des esprits.

Compléments :

Public contre privé

Une étude a été menée pour comparer l’efficacité des entreprises privées employées par l’état et du public (ANPE) dans le replacement des chômeurs.

D’un côté le CVE (public), de l’autre l’OPP (privé)

Par rapport à un accompagnement classique, expliquent les auteurs, "CVE permet d'augmenter de 9 points les taux de sortie dès le troisième mois, tandis qu'à cet horizon, l'effet des OPP est toujours non-significatif. A douze mois, CVE a un impact de 8,5 points et les OPP un impact de 6,4 points". Avantage pour le public, donc. En y regardant de plus près, les chercheurs du Crest ont remarqué que l'accompagnement par un OPP bénéficiait, en revanche, de meilleurs résultats si l'on considérait la reprise d'une activité réduite et non la sortie complète des listes du chômage.

(…) Ils se sont aperçus que l'accompagnement par les OPP, à l'inverse du programme public, ne réduisait pas le nombre de journées d'indemnisation payées. Comment se fait-il que les chômeurs trouvent plus rapidement du travail sans toutefois engendrer d'économie ? "La raison, explique M. Crépon, est que les OPP diminuent les sorties des listes du chômage pour des motifs autres que le retour à l'emploi – maladie, radiation, formation, etc." Le programme fonctionne puisqu'il "apporte une plus-value pour le chômeur", mais du point de vue de l'Unédic, "cette opération a vraisemblablement été coûteuse, puisqu'elle n'a pas réduit le nombre de jours passés en chômage et qu'il a bien fallu payer les OPP", reconnaît M. Crépon.

Le privé serait efficace (mais moins que l’ANPE ?) parce qu'il sait jouer sur la lettre (sortie des listes de chômeurs) pour trahir l’esprit de son contrat (le retour à l’emploi) ?

En outre, on n’a aucune idée des coûts comparés des programmes.

vendredi 9 octobre 2009

Obama prix Nobel

Surprenant. M.Obama est dans une situation très difficile (réforme de la santé, Afghanistan), et il reçoit le prix Nobel.

D’après Barack Obama Prix Nobel de la paix, il aurait été récompensé pour ne pas être George Bush :

En poste depuis moins d'un an, il a déjà fortement infléchi la politique étrangère américaine en optant pour une approche plus consensuelle et multilatérale. "En tant que président, Obama a créé un nouveau climat dans la politique internationale", a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, soulignant sa quête de solutions négociées.

Le Comité Nobel aurait-il tellement peur d’un retour au statu quo ante qu’il a décidé de noter dans la mémoire du monde, avant que l’histoire présidentielle ne tourne mal, qu’elle avait été marquée par des intentions louables, qui doivent impérativement inspirer les successeurs de M.Obama ?

En tout cas, il semblerait équitable qu’il partage le montant de son prix avec son prédécesseur.

Complément postérieur :

  • Le correspondant de la BBC me semble confirmer que ce prix est un encouragement à M.Obama dans son combat pour faire de l'Amérique un pays civilisé. D'ailleurs, il partage entièrement mon point de vue selon lequel c'est un prix anti-Bush.

Parapluie

Déjeuner un jour de pluie. Le tenancier du restaurant exige mon parapluie. À la sortie il ne l’a plus. Il l’a donné à un client. D’ailleurs il a un déficit de deux parapluies. Il me prête un moche à la place du mien. Que je lui rends le lendemain, après m’en être acheté un bien (même modèle que le disparu).

Et voilà la France. Notre art national est de rationaliser le vol. Notre conscience ne fonctionne que si nous risquons une sanction. Belle éducation. Et qu’arrive-t-il quand ce même Français est au sommet du pouvoir économique ou financier ? Qui vole un parapluie vole quoi ? Je préfère ne pas y penser.

jeudi 8 octobre 2009

Contrôler le banquier

Depuis la crise, les économistes se demandent comment maîtriser les banquiers. Nouvelle tentative :

  • Problème : le système de motivation des contrôleurs les encourage à ne rien contrôler, d’ailleurs leurs contacts fréquents avec les contrôlés leur fait partager leur point de vue.
  • Solution : un système de contrôle supranational, si possible une banque centrale.

Réflexion :

  • Une banque centrale a une structure hiérarchique ce qui donne un pouvoir disproportionné à un homme seul. Or l’erreur est humaine…
  • Toutes les crises aux USA viennent de ce que le pays croit en même temps au père Noël. Dégager le contrôleur de la culture nationale est sûrement une bonne idée. Mais évidemment pas applicable à l’Amérique (d’ailleurs la suggestion est faite pour l’Europe). Pourquoi ne pas créer une force de contrôle sur le modèle de la police ? Les policiers sont mal payés, mais ils ne deviennent généralement pas des voleurs, et ils les attrapent. Maslow observe que l’argent motive peu, et mal. Ce qui motive ultimement c’est « l’auto réalisation », l’éclosion de son identité. Or, cette identité est surtout sociale. Donc si la lutte contre le crime financier est une vertu nationale, s’il existe un organisme qui porte cette mission, il recrutera une élite efficace, motivée et incorruptible.

Culturellement impossible ? Seul moyen de contrôler la finance américaine c’est une crise si terrible qu’elle modifie sa culture, ou un affaiblissement tel du pays qu’il ne pose plus de risques ?

Compléments :

The September Issue

Ce film fut une déception. J’ai compris pourquoi :

Finalement ce que j’aime dans mon travail, c’est que j’y suis l’ethnologue de cultures mystérieuses, celles que développent les métiers un peu ancien. C'est ce que j'attendais de ce film. Je pensais qu'il me montrerait le monde de la mode. Mais rien du tout. Il s’agit juste de la conception d’un journal.

En plus je m’attendais à ce que ce soit beau, et ça ne l’est pas. Les images du film sont moches. Même les photos du magazine. Une mission chez Picto m’a laissé une tendresse pour le tirage photo. Une déception de plus. Les photos sortent d’imprimantes ! D’ailleurs tout est numérique et retouché, surtout les stars.

Au fond le sujet du film, et là il est probablement habile, c'est la relation entre une rédactrice en chef et sa directrice de la création. Tout les sépare.

  • La rédactrice en chef qui fait et défait les maisons de couture, qui est crainte, et qui semble fort riche est à l’image de notre crise : certains se sont placés à des goulots d’étranglement de la création de valeur (ici la publicité) mondiale, et, comme les traders, ils prélèvent une proportion démesurée de ce qui y passe. Dans ce capitalisme de Robber-barons, les classes dominantes sont éternelles : elle est la fille d’un rédacteur en chef de l’Evening standard, ses frères et sœur sont tous importants (dont le rédacteur en chef du Guardian), sa fille étudie le droit probablement dans la meilleure université. Et puis, si j’en crois Wikipedia, il y aurait un grand père général, et quelques ancêtres ducs ou autres. C'est une peste dont le titre de gloire aurait été d'avoir flairé la pipolisation avant l'heure et photographié des stars.
  • La directrice de la création. Elle est sortie du rang. Enfance pauvre, mannequin, accident de voiture puis début chez Vogue, tout en bas, et ascension. Absorbe l'arbitraire du rédacteur en chef pour pouvoir conserver un emploi où elle exprime son talent.
Compléments :

  • Occasion de découvrir une star inconnue : Sienna Miller. Le film ne l'avantage pas beaucoup. D'ailleurs les photos d'elles sont retouchées (sans compter qu'on lui demande de porter une perruque). Bizarrement, elle aussi est une fille de famille.

mercredi 7 octobre 2009

L’avenir est au service ?

Les fabricants de matériels informatiques (Xerox, Dell, sur les pas de HP) achètent des entreprises de service, seul moyen de protéger leur rentabilité. Le matériel est en voie de banalisation, à commencer par les « smartphones ».

  • Que va-t-il arriver à Apple ? Répétition du scénario Mac : un début tonitruant puis niche rentable ? Le gros du marché étant occupé par des dumbphones équivalents du PC ?
  • Pourquoi en arriver à une stratégie de service ? D’ordinaire les avantages industriels sont indestructibles et peuvent se maintenir des décennies (jusqu’à une innovation majeure). Comment se fait-il que les terminaux aient échappé à cette règle ? Stratégie financière exclusive qui ne comprend rien au marché et ne sait que copier en moins cher et en moins fiable ? Pas seulement : il suffit qu’un fabricant s’acoquine à une entreprise de service pour que les autres soient obligés de l’imiter : il réduit mécaniquement le marché ouvert à concurrence (HP aurait vendu 4md$ de matériel avec son service, son partenaire, EDS, recommandant jusque-là des produits concurrents).
  • Les entreprises ont-elles quelque chose à y gagner ? Dorénavant lorsqu’elles choisiront un cabinet de conseil, il arrivera avec ses équipements. Pas sûr que ce soit une bonne affaire : l’offre matérielle étant ainsi protégée de la concurrence risque aussi d’être oubliée de l’innovation.
  • L’affrontement ne portant plus que sur le service, va-t-il être soumis à une guerre des coûts ? Indiens ou salaires indiens partout ?

Compléments :

Les amours d’une blonde

Un des premiers films de Milos Forman.

C’est gris. Et c’est une histoire ordinaire dans le monde ordinaire des années 60, qui semble avoir été assez identique à l’Est et à l’Ouest. Cela se voulait-il léger et gentiment amusant, et impertinent à l'endroit du régime communiste ? Je n'ai pas accroché. Pour apprécier ce film fallait-il vivre en Tchécoslovaquie en 1965 ?

mardi 6 octobre 2009

PNUD

Hier, j’entends parler d’un rapport du PNUD sur l’immigration. Dans ce rapport, l’immigration n’avait que du bon. Ce qui enchantait France Culture.

Ça me paraît idiot. L’entrée dans un groupe humain est un processus extrêmement complexe, dont l’examen fait d’ailleurs l’objet de nombreux travaux scientifiques. Les entreprises, par exemple, recrutent en fonction de valeurs partagées plus que pour une performance objective (elles choisissent des gens qui leur ressemblent). L’immigration, comme toute entrée dans une communauté, pose des problèmes « culturels » (sens ethnologique) : les aspirations des immigrés et des indigènes peuvent ne pas cohabiter harmonieusement. Et l’histoire ne fait que nous le répéter.

Ça ne signifie pas que l’immigration est interdite, mais qu’elle ne doit pas être faite n’importe comment.

Pourquoi le PNUD ne s’en rend pas compte ? Deux hypothèses me viennent en tête :

  1. Vision « ultralibérale » du sujet : il n’aperçoit que l’aspect économique de la question. Hommes = « facteurs de production », 0 sentiment, culture… D’ailleurs les arguments que l’on emploie pour justifier l’immigration sont assez fallacieux. Par exemple, on nous parle du vieillissement de la population. Certes, mais nous avons un énorme chômage avec, à côté, des emplois qui ne trouvent pas preneurs. Une réorganisation des emplois, des aspirations et des carrières peut modifier nettement le besoin d’immigration, comme ont essayé de le faire les Japonais.
  2. Norbert Elias a montré la force de nos rêves sur notre existence. Nous commençons par imaginer le désirable avant de nous y conformer. Je me demande si l’Occident n’a pas fini par croire que tout ce qui lui passait par la tête pouvait être imposé à l’humanité. C’est comme cela qu’il a conçu « la déclaration des droits de l’homme ». Eh bien non, il y a des lois de la nature qui ne peuvent pas être transgressées.

Compléments :

  • Le PNUD veut "bousculer" les idées reçues
  • Et la mise en échec de l’idéologie PNUDienne : Fondamentalisme et libéralisme.
  • En fait, ma conclusion est un peu fausse : les droits de l’homme ne sont pas fatalement une impossibilité, mais ils demandent pour être mis en œuvre une « conduite du changement » qui respecte les lois culturelles. Les ultralibéraux et France Culture croient le monde simple, vide, transparent, malléable. En fait il est d’une extrême complexité. (Théorie de la complexité.)
  • L’idéologie qui a précédé les droits de l’homme (version moderne) a été le nationalisme, elle aussi a fait de fameux dégâts : Turcs et Arméniens.

François Hollande

Il était interviewé hier par France Culture. Souvenirs :
  • Une remarque assassine sur le référendum organisé par Martine Aubry (moins de 50% de participation) semble laisser entendre qu’il n’est pas de son bord. D’après ce que je retiens de précédents épisodes, il n’est pas non plus de celui de Ségolène Royal. Pas grande unité au PS. Que des individualistes ?
  • Que pense-t-il du cumul des mandats ? Attendons une loi. Car, si le PS bouge le premier ses élus seront défavorisés par rapport à ceux de l’UMP. Logique inaccessible à mon esprit. Ce qui l’est moins est que M.Holland a deux mandats.
  • Le plus beau pour la fin : la stratégie. C’est l’alternance. Les Français vont se lasser de l’UMP. Ça c’est un programme. Je me demandais à quoi un politique pouvait occuper ses années d’opposition. J’ai compris : c’est à s’interroger sur le sort du pays. Une inquiétude toutefois : la dette nationale. Quand le PS sera au pouvoir, il ne pourra plus dépenser.
Avec des gens comme cela, on est bien parti.

Protestants

Pour Bsa ce que je dis du nouvel ordre mondial qu’a voulu imposer l’Amérique semble résulter de la pensée protestante.

Ce qui m’a fait penser à Tawney qui voyait le protestantisme, ou au moins ses tendances anglo-saxonnes, comme une adaptation du Christianisme par les classes commerçantes. Alors qu’il refusait leurs valeurs (par exemple l’emprunt à intérêt), d’une certaine manière ils ont construit une religion qui reconnaissait l’évident : que leur succès était d'essence divine.

Il semble qu’il existe une population de personnes, bien représentée dans l’élite anglo-saxonne, qui possède l’absolue certitude d’avoir raison, ou, de manière équivalente, que le monde appartient au plus fort. Tout, alors, n’est que moyen d’imposer son point de vue : religion, science…

On comprend que cette population ait eu en sainte horreur l’Église catholique et continue à en conserver un souvenir inquiet. Car l’Église a l’ambition d’asservir les âmes. Du pape au prêtre la vocation des hommes d’Église est de dire au fidèle ce qu’il doit penser. Contrôle par l’homme de l’âme de l’homme. Et l’Église a été une pieuvre : les nations qu’elle conquérait se liguaient pour en convertir de nouvelles. C’est pour cela que les Russes en ont toujours eu une peur bleue.

Compléments :

In other words, models succeed because they meet the needs of real human beings, and VaR was just what they needed during the boom. And we should assume that a profit-seeking financial sector will continue to invent models that further the objectives of the individuals and institutions that use them. The implication is that regulators need to resist the group think of large financial institutions. If everyone involved is using the same roadmap of risks, we will all drive off the cliff again together.

lundi 5 octobre 2009

Défilé chinois

Le 60ème anniversaire de la Révolution Populaire s’est résumé à un défilé militaire (Party like it's '49). Mais à un défilé qui mérite une réflexion. Car tout l’armement qui parade est chinois, et il est au top mondial.

C’est étrange, me suis-je dit, mais la Chine n’est qu’au début de son ascension et déjà son armement est bien meilleur que le nôtre. Et en plus elle paraît remarquablement innovante dans des industries stratégiques, mais qui ont disparu ou disparaissent de nos territoires (cf. l’électronique).

C’est probablement ce qu’a compris le Président brésilien : à quoi lui serviraient nos Rafales, même si on lui fait cadeau du savoir-faire de notre industrie aéronautique, comme le veut notre Président ?

EDF

Energetic manoeuvres : y aurait-il lieu de se préoccuper de l’état d’EDF ?

  • La société se serait engagée dans une très ambitieuses stratégie d’expansion internationale (ce qui ferait monter les intérêts de sa dette à 2,5md€) : achat de British Energy (£12,5md) + Constellation (4,5md$).
  • Ses centrales marchent moins bien que celles de ses concurrents (âge, grèves…). Ce qui force EDF à leur acheter de l’énergie.

Retour d’un des vieux démons français, le champion national ? On l’élève à coup d’achats ruineux, dont la société n’a pas les moyens. On pense à France Télécom et à ses 70md€ de dettes, au Crédit Lyonnais et à sa faillite, mais aussi à Thomson que M.Juppé voulait vendre pour 1F. Et à quelques autres.

EDF n’aurait-il pas mieux fait d’investir dans ses installations et de s’occuper de son personnel ?

Compléments :

  • L'article dit aussi que le nouveau dirigeant d’EDF présente l’avantage d’être un ami de N.Sarkozy, mais l’inconvénient de vouloir conserver la direction de Veolia, ce qui pourrait présenter un conflit d’intérêts.
  • Faut il voir dans le peu d’efficacité de la production d’EDF une répétition des problèmes que l’on prête à FT (Efficacité de France Télécom) ?

Désert industriel américain

Vision d’horreur :

  • L’industrie américaine n’emploie plus que 12m de personnes.
  • Sa production vise surtout la consommation intérieure du pays (voitures, BTP), bien qu’il importe 37% de celle-ci (notamment électronique).
  • Des 15 principales économies industrielles elle est la moins tournée vers l’exportation.

Tout ceci à un moment où les USA doivent passer d'une économie de la consommation à une économie de l'exportation. Ils ont commencé à rapatrier les emplois délocalisés. Et maintenant c'est au tour du protectionnisme :

“To keep manufacturing, and manufacturing jobs, in the country, it is essential that the US government vigorously enforce our trade laws, especially during hard economic times like we are experiencing now,” said Nucor’s lawyer.

Compléments :

  • Informations et citation de Wanted: new customers ?
  • Comment on en est arrivé là : Grande illusion.
  • La chronique du démantèlement de l’industrie américaine, pour cause idéologique : FINGLETON, Eamonn,Unsustainable: How Economic Dogma Is Destroying U.S. Prosperity, Nation Books, 2003.

dimanche 4 octobre 2009

Limites d’Obama

Obama a plaidé pour la candidature de Chicago et a été immédiatement éliminé. Chicago n’avait aucune chance de victoire finale, mais les commentateurs se demandent si ce n’est pas un revers pour B.Obama.

En tout cas, ils estiment tous qu’il compte trop, voire exclusivement, sur son charisme. Étant trop impliqué dans les politiques qu’il veut, dès que l’une s’enlise, plus rien n’avance. La réforme de la santé pourrait être son Vietnam.

Compléments :

  • Conseil. Le président Obama est face à un problème de mise en œuvre du changement. Il existe d’excellents livres sur le sujet.
  • Un des multiples commentaires sur le flop olympique : The boundaries of Brand Obama.
  • Une conséquence de l’inexistence d’Obama : The Atlantic gap.

Élections allemandes

A black-yellow (and purple) triumph :

  • Il y a peu de chances qu’il se passe quoi que ce soit de neuf en Allemagne dans le proche avenir. Les commentateurs britanniques semblent s’être donné le mot : ce qui caractérise Angela Merkel, c’est la « prudence ». Or, son parti a perdu pas mal de voix aux dernières élections (seule la popularité personnelle de Mme Merkel a évité désastre ?), elle doit se méfier de tout ce qui lui ferait perdre de l’altitude dans les prochaines élections (calme plat jusqu’en mai, si je comprends bien), et il y aurait un consensus selon lequel la politique qu’elle a menée jusque-là est là bonne.
  • Ses nouveaux alliés ont surtout été élus pour leurs compétences de gestionnaires, meilleures que celles des socialistes de la précédente coalition.

Résumé de la crise du socialisme en Europe ?

  • La majorité d’entre nous est d’accord pour dire que, faute d’avoir trouvé une meilleure idée, nous sommes dans un monde régi par les lois de l’économie. Ce qui pose deux problèmes : la performance économique, et sa victime naturelle, la solidarité.
  • Les partis de « droite » apportent les seules réponses à peu près crédibles à ces deux problèmes.
  • Les partis de gauche semblent totalement absents, agrippés à une éthique des valeurs qui n’intéresse qu’eux.

Compléments :

Représentativité

J’entends dire : 86% des Français en faveur de l’euthanasie, les députés sont majoritairement contre, le sujet est entre les mains d’experts (médecins).

Je ne sais pas ce que valent ces statistiques mais elles semblent d'accord avec John Stuart Mill : nos représentants ne nous représentent pas. Au mieux, ils se représentent, eux, des gens issus d’un milieu très particulier, celui des politiciens professionnels, qui ne connaissent de la vie que les appareils des partis.

La poursuite de ma pensée confucianiste me fait me demander si le malaise actuel ne vient pas de ce que les membres de la société n’occupent pas la place qu’ils méritent. D’ailleurs c’est ce que l’on observe dans l’entreprise : quand ses membres ne font pas ce qu’ils devraient, elle va mal. Les dirigeants pensent que leur rôle est de dire à leurs équipes comment faire leur travail, alors qu’elles sont plus compétentes qu’eux. Du coup, logiquement, elles en déduisent qu’elles sont dirigées par un imposteur. En fait, ce que l’on demande au dirigeant c’est qu’il « organise » le travail de ses équipes, en particulier qu’il ôte ce qui pourrait les gêner. Comme un gendarme qui facilite la circulation (mais qui ne prétend pas nous enseigner la conduite).

Il en est probablement de même de la politique : nous ne voulons pas prendre leur poste aux puissants, nous leur demandons seulement d’organiser la nation de manière à éliminer ses dysfonctionnements, et de ne plus nous donner de leçons.

Compléments :

On vient de découvrir le patron de PME

Annonce d’un séminaire de l’École de Paris :

Pour leur mémoire de fin de scolarité au Corps des mines, trois jeunes sont partis en enquête : qu'est-ce donc qu'un patron de PME ? En effet, si la littérature est prolixe sur les PME, le patron de PME est, lui, mal connu. Ayant pu rencontrer de nombreux patrons, ils ont pris conscience des contradictions que ceux-ci doivent surmonter, entre narcissisme et altruisme, proximité avec le personnel et poids des relations sociales, rôles d'homme-orchestre et risque d'incompétence, volonté d'autonomie et dépendances de toutes sortes. Il semble alors que les patrons s'installent à la longue dans une zone de confort, un puits de potentiel, dont il est difficile de sortir. Cela les amène à s'accommoder, contrairement aux patrons allemands, d'une petite taille et d'une faible croissance. Comme Peter Pan, se refusent-ils à grandir pour ne pas perdre les avantages de la petitesse et de la sympathie que cela permet d'attirer ?

Ces trois ingénieurs m’ont fait penser à Arielle Dombasle dans un film de Rohmer : « oh une laitue ! ».

Après les Indiens découverts par Christophe Colomb, les laitues par Arielle Dombasle, maintenant c’est au patron de PME d’avoir le droit d’exister. Car rien ne vit s’il n’a pas été découvert par l’élite de l’élite de notre nation (le Corps des Mines : les dix premiers du classement de sortie de Polytechnique).

Ceux sans qui rien n'est viennent juste de finir leurs études. Près d’un quart de siècle avec pour seule compagnie des livres. Leur horizon va désormais être l’administration. C’est probablement pour cela que si la « littérature » ne parle pas du patron de PME, celui-ci n’existe pas. Ce sont les livres qui définissent la réalité. Et c’est pour cela que cette élite intellectuelle, que la conscience du caractère miraculeux de ses dons rend humble, peut juger les petits ridicules d’hommes qui ont passé leur vie à transformer le monde.

Grand souffle d’air frais pour un blog qui ne parle que de changement : fenêtre sur un groupe social qui, mieux que la vénérable société chinoise, s’est maintenu à l’état fossile.