samedi 27 février 2010

Obama négocie

B.Obama était adoré de la foule. Il avait une majorité absolue partout. Son opposition était ridiculisée et désorganisée. Or sa première année de mandature a tourné à la Bérézina. Aujourd'hui, les Démocrates se sabordent plutôt que de se présenter aux prochaines élections. Obama devient impopulaire. Les ténors de son camp l’insultent. Comment en est-on arrivé là ? Voici ce que j’ai retenu de ce que j'ai lu :


La déroute
  • Ses partisans ont fait des caprices, se sont montrés peu unis, d’où frein au processus de réforme, mais aussi réformes encombrées par des demandes populistes ou idéologiques, qui les vident de leur efficacité et inquiètent les foules.
  • « Tea party ». Ce mouvement populaire dénonce la remise en cause des valeurs de la nation américaine. Il voit du « socialisme » dans les réformes d’Obama et elles menacent d’augmenter la taille de l’État.
Ce mécontentement produit la perte d’un siège de sénateur. Fin de la « super majorité » démocrate. Échec et mat ?


Stratégie des Républicains

Curieuse position des Républicains.
  • Leur stratégie depuis Reagan est « d’affamer la bête », d’éliminer les ressources de l’État pour le forcer à se réformer. Mais, le gros de ses coûts, c’est l’armée et la protection sociale, des dépenses auxquelles les Américains tiennent plus qu’à tout. Si les Républicains sont contraints à expliquer comment réduire la taille de l’État, ils seront fatalement impopulaires (et on découvrira qu’ils ont énormément contribué aux dépenses).
  • Leur jeu est donc d’empêcher le processus de réforme d’en arriver là. Ils attisent le procès d’intention populaire.
Le succès est grand. Les prochaines élections sénatoriales vont-être fatales aux démocrates. N’ont-ils pas collaboré à une réforme honnie ? Les sénateurs démocrates, terrorisés, annoncent leur retraite. Ça devient une épidémie.

Pas encore convaincu que l’Américain est un veau seulement digne de la dictature ? Le coup de grâce :
Pourquoi le Massachussetts, état hyper démocrate, vient-il d’élire un Républicain ? Par peur que la réforme du système de santé compromette le sien. Or le principe même de cette réforme est d’étendre le système de santé du Massachussetts aux USA !


Obama aux nerfs d’acier ?

Mais B.Obama ne perd pas son calme, et ne claque pas la porte. Il a réuni les deux camps et leur a demandé d’identifier leurs accords et désaccords :
  • Comme on peut s’y attendre, il y a accord sur les objectifs de la réforme. Il ne reste plus à B.Obama qu’à demander aux Républicains comment ils comptent les mettre en œuvre. Un piège dans lequel ils ne veulent pas tomber. Ils recourent à des sophismes (notre système est le meilleur : le premier ministre canadien se fait soigner chez nous), qu’il n’est pas difficile à l’esprit rationnel d’Obama de ridiculiser (je ne parle pas d’une personne, riche, mais de toute la population, pauvre). Encore faut-il que cela soit perçu par l’électeur. Et c’est là qu’Obama semble retourner la situation :
  • Une sorte de gentleman agreement voulait que le vote d'une loi au Sénat demande une « super majorité ». En droit, une majorité simple suffit. B.Obama estime que, contrairement à ce que l’on croyait, le peuple ne lui tiendra pas rigueur du procédé : il veut des résultats.
  • On disait que, le peuple n’aimant pas la réforme de la santé, les chances de réélection de celui qui y contribuait étaient nulles. B.Obama explique qu’une absence de réformes est une preuve d’impuissance bien plus dangereuse.
Et si le peuple récompensait les démocrates d’avoir fait passer une loi servant le bien public ? Et s'il finissait par tenir rigueur du refus tactique de collaboration des Républicains ? L’union sacrée pour servir la cause commune n’est-elle pas une valeur américaine ?

B.Obama va-t-il amener les Démocrates à moins d’idéologie ? Les Républicains à moins de tactique politicienne ? Va-t-il les amener à la raison ?


Commentaires

B.Obama semble changer de stratégie. Il a joué la séduction, il a démontré son manque de charisme. C’est un calculateur à sang froid. Aujourd’hui il paraît attirer ses opposants sur son terrain. Celui de la rationalité.
Ce qui précède est caricatural. J’ai « surinterprété » les événements. Mais, au moins, c’est une position de départ pour décoder la suite de la négociation.

Compléments :
  • Ce qui peut expliquer un éventuel biais de mon interprétation, est que ce que j’écris ici ressemble beaucoup à ce que je dis, de par ma profession :
  1. Ce qui bloque une négociation est que l’on s’affronte sur le moyen, pas la fin. Il faut donc savoir revenir à cette dernière. Une fois que l’on a un objectif commun, il faut chercher une solution qui satisfasse les contraintes des deux camps. La démarche s’exprime en deux principes : passer de l’émotionnel au rationnel et du face-à-face au côte-à-côte. (FISHER, Roger, URY, William L., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin, 1991.)
  2. La remise en cause d’hypothèses inconscientes, que B.Obama semble avoir provoquée, est l’étape initiale de tout changement (« insight » des psychologues).
  3. B.Obama serait-il un optimiste ?

Quai Branly

De l’extérieur le musée me fait penser à un porte-conteneurs. Et ça ne donne pas l’impression d’un bon état. À un endroit la pluie traversait le toit et tombait sur l’œuvre d’aborigènes australiens.

Jadis, chaque roi ou empereur donnait un nom au style de son époque. Il faudrait reprendre la tradition. La Grande bibliothèque, le Front de Seine, le Musée du Quai Branly… sont du style Vème République. À l’image du goût de nos présidents : laid et prétentieux. Probablement le style que Tocqueville avait en tête lorsqu’il prévoyait la disparition de ce que son époque avait de beau et de grand.

L’intérieur est sombre. Lugubre même. J’ai trouvé les objets petits et tristes. Un peu comme si l’on avait pris les jouets de nos ancêtres pauvres.

S’il y a musée, c’est que l’on s’attend de nous que nous nous émerveillions. Que nous trouvions ce qui y est aussi beau que ce que nous avons produit. Ne sommes nous pas la quintessence de la bienpensance ?

Mais que sont ces objets sans la société qui était autour d’eux, sans la signification et l’amour qu’elle leur apportait ? Pas beaucoup plus que le jouet qui a fait le bonheur de nos ancêtres ?

vendredi 26 février 2010

L’invention d’Israël

Pierre Assouline fait état d’une thèse selon laquelle, si j’ai bien compris, le peuple juif actuel ne résulterait pas d’une migration venue de Palestine mais de la conversion de multiples populations. Les juifs des origines seraient restés sur place, et se seraient convertis aux religions dominantes.

La thèse officielle aurait été inventée au 19ème siècle pour justifier le droit des juifs à faire d’Israël leur pays.

Ces travaux, qui semblent fort discutés, peuvent-ils remettre en cause la légitimité d’Israël ?

Le 19ème siècle a vu « l’invention » de la notion de nation, en Europe. C’est à cette période que nous avons décidé que nous descendions des Gaulois. Que ce mythe soit maintenant tourné en ridicule n’a pas pour autant déséquilibré le pays. Et qui croit encore à la pureté génétique des nations ?

Et si le but de ces travaux était, plutôt, de montrer que les peuples qui vivent en Palestine n’ont pas de raison de s’affronter ?

Compléments :

  • THIESSE Anne-Marie, La création des identités nationales, Seuil, 2001.

jeudi 25 février 2010

Tournant mondial ?

Curieux. Il y a peu, on était ridicule si l’on n’affirmait pas que l’avenir était aux services. Or, voilà que Coca-Cola, machine de marketing, achète les usines qui produisent ses boissons. Ce qu’avait déjà fait Pepsi.

Raison ?

Wal-Mart Stores’ emergence as the dominant retailer, new trends in consumer tastes and the onset of hundreds of new beverage brands have chipped away at the benefits Coke and PepsiCo enjoyed in keeping their biggest bottlers at arms’ length.
The separation gave bottlers little incentive to take risks with new products, and left the two sides haggling over how to share sales.

Après les achats par Boeing, hier encore champion de l’idéologie de la délocalisation, de ses sous-traitants, serait-on en face d’une phase d’intégration verticale ? Avec, en plus, la fin des délocalisations à tour de bras ?

Compléments :

  • Je soupçonne que l’on va brutalement découvrir que les pays émergents ne sont pas sûrs

Lutte des sexes

Une étude montre qu’il y a une nette amélioration de le performance économique d’une entreprise, si son encadrement est féminin à plus de 35%.

Ce seuil correspondrait à celui qui permet à une minorité de se faire entendre.

L’homme pourrait donc connaître le chômage de manière disproportionnée. Comme cela est déjà le cas d’ailleurs. Son destin, s’il veut éviter d’être SDF : homme au foyer ?

Compléments :

  • L'homme doit se rendre désirable ? Marché d'avenir : la cosmétique masculine ?

Ethnologie du journalisme

Je suis réveillé par le journal de France Musique. Le présentateur se réjouit de l’augmentation du chômage : N.Sarkozy n’a pas tenu ses promesses.

Un ami me disait il y a peu qu’il trouvait les nouvelles déprimantes. Pas étonnant : les journalistes veulent nous démontrer l’incompétence de ceux qui nous gouvernent. Ce serait bien s’ils pensaient à nous expliquer pourquoi leurs élus vont faire notre bonheur. Mais non. Au mieux ce qu’ils nous en disent annonce l’avènement d'une morale sévère et de la contrition : nous paierons pour nos crimes.

Je ne suis pas honnête : j’écoute la radio publique, affiliée au PS, pas représentative de tous les journalismes. Mais la radio privée est-elle différente ? Les journalistes pensent que le capitalisme c’est l’homme loup pour l’homme. Ceux restés à gauche se battent contre son avènement ; ceux qui ont retourné leur veste se comportent selon les règles qu’ils prêtent à leur maître.

Compléments :

Cicéron

Les philosophes des Lumières admiraient Cicéron, pourquoi ? me suis-je demandé. GRIMAL, Pierre, Cicéron, Fayard, 1986.

Résistant
Cicéron fut un grand résistant au changement, il s’est arcbouté pour que la République romaine ne devienne pas un Empire. Paradoxalement, sa pensée aurait été à l’origine de l’idéologie sur laquelle s’est reposé, et qui a justifié, l’Empire. Mais aussi ses conquêtes : Rome ayant pour mission d’étendre la justice au monde.
Cicéron voulait que la République romaine soit éternelle. Ses principes fondateurs étaient parfaits, il suffisait de bien les utiliser.
Pour lui, Rome était une combinaison idéale entre monarchie, oligarchie (aristocratie) et démocratie. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients, les combiner judicieusement permettait de profiter des premiers sans avoir les seconds. Pour cela il devait y avoir dans la cité des sages qui l’orientent dans la bonne direction, qui lui donnent de bonnes lois. Plutôt des intermédiaires que des dirigeants. Leurs choix devaient être guidés par la philosophie, héritage des pensées grecques et romaines (chaque courant philosophique ayant son utilité).
Est-ce l’égoïsme qui a fait s’effondrer l’édifice ? Les Romains, ne ressentant plus la nécessité d’une solidarité justifiée par la menace extérieure, ont commencé à se disputer pour ses acquis. Le Sénat, paralysé par les intérêts des familles qui le constituaient, semblait incapable de diriger la nation. Les tentatives de coup de force se multiplient jusqu’à ce que César, et surtout Auguste, installent définitivement l'Empire.
Ce qui est peut-être le plus surprenant est que Cicéron ait pu leur tenir tête et qu’il ait même semblé un moment sur le point de défaire Antoine. Avait-il compris quelque chose de fondamental sur le fonctionnement de Rome, qui lui permettait de faire jeu égal avec les généraux ? Était-ce son art oratoire (« éloquence (…) perfection d’une pensée sage »), qui semble avoir été sans égal ?

Lumières
Que lui trouvaient les Lumières ?
  • Son œuvre fait la synthèse de la pensée, notamment grecque, qui le précède. Première raison possible d’estime ?
  • Surtout son combat est celui de la raison, de la loi, de la morale, de la société, contre la force, la cupidité, l’égoïsme, les instincts les plus primaires de l’individu. Sous cet aspect sa pensée, plutôt stoïcienne, rappelle le Confucianisme. Certains grands hommes, après avoir cultivé leur esprit (philosophie), ont accès à la raison universelle (dont tout individu a reçu une étincelle). C’est ainsi qu’ils peuvent prendre des décisions justes. Car si la nature guide l’humanité, elle laisse au libre arbitre humain le choix (bon ou mauvais) de l’embranchement à suivre. « Le pilote d’un navire cède au vent (…) mais peut en même temps (…) amener son bateau au port ». D’ailleurs les décisions de ces sages participent à l’équilibre de l’univers. Il est aussi question, comme en Chine, de l’intangibilité des rites, antidote contre l’arbitraire.
En tout cas, ses aventures laissent penser que, quand une société est viciée, la raison a bien du mal à la régénérer. Peut-être alors n’y a-t-il d’issue que dans la dislocation, afin de pouvoir rebâtir des fondations plus solides ?

mercredi 24 février 2010

Repentance

J’écoute distraitement RFI. Une journaliste reproche à la France de ne pas s’être repentie de ses actes en Afrique. Elle répète « repentance », « repentance »… et en contre-point on entend la voix de N.Sarkozy dire (en substance) : « pourquoi se repentir de son histoire » ?

C’est curieux que cette journaliste emploie un vocabulaire religieux et ne fasse pas appel à notre raison. Pourquoi ne répond-elle pas à N.Sarkozy ? S’il y a eu pêché, la « repentance » est elle suffisante pour l’effacer ? Ou y a-t-il risque de tartufferie ? D’ailleurs puisque nous sommes concernés par l’affaire pourquoi ne pas lui consacrer un grand débat public, qui nous permettrait de comprendre la nature de notre culpabilité, et les décisions qui doivent en résulter ?...

Ségolène Royal avait aussi fait acte de repentance, au nom de la France, je ne sais plus pourquoi. La « repentance » serait-elle une valeur socialiste ?

Mais comment expliquer cette intimité entre Christianisme et Socialisme ? Simple coïncidence ?

À creuser.

Ali Soumaré

Des candidats UMP aux régionales affirment qu’un candidat du PS a subi de multiples condamnations. Ils auraient eu accès à des informations secrètes (en partie erronées). En outre, ils violeraient les principes du droit français. Les fondements de notre démocratie. Le PS peut pavoiser. Mais, voici ce que l’on apprend :

Concernant une infraction pour conduite sans permis relevée par M.Delattre, "aucune ordonnance n'a été signifiée à M. Soumaré. Le dossier est en cours", a-t-elle ajouté. Enfin, M.Soumaré ayant fait appel des deux mois de prison ferme auquel il a été condamné en 2009 pour rébellion à agent de la force publique, "il est donc présumé innocent. C'est un principe de notre droit", a rappelé Mme de Givry.

Reste une accusation de "violence" contre deux femmes en 2008. M. Soumaré nie en être l'auteur. Le candidat PS reconnaît, en revanche, un vol en 1999 pour lequel il a écopé de six mois de prison ferme. Selon son avocat, Jean-Pierre Mignard, "comme le prévoit la loi, cinq ans après l'exécution d'une peine, M.Soumaré a été réhabilité. Il est donc interdit d'en faire état".

Le PS se met-il à la place de la personne non avertie qui reçoit cette information ? Que va-t-elle penser de la combinaison d’un nom étranger avec autant d’accusations, récentes en plus, même si elles sont couvertes par la présomption d’innocence ?

Que le PS ait choisit un candidat aussi facilement attaquable montre à quel point les calculs politiques sont loin de lui, et à quel point il tient à ses principes. C’est courageux.

Mais, nos partis de gouvernement (aveuglés par les coups qu’ils se portent ?) se rendent-ils compte du spectacle qu’ils nous offrent ?

Ancien testament

Il semblerait qu’il n’y ait pas de version originale de l’ancien testament, mais différentes variantes qui auraient cohabité.

Il faut douter de tout, rien n'est assurément certain !

Always

Film de Spielberg, 1989.

Les films obéissent à des modes, à l’époque c’était celle des morts protégeant les vivants : l’année d’après Ghost a connu un gros succès. Peut-être y avait-il alors un climat favorable ?

Ce film m’a semblé surtout très « pro », très américain, suite de grands moments d’émotion et d’effroi (on traverse les arbres, l’eau et les flammes). Ça m’a ne m’a pas enthousiasmé. Aurais-je vu trop de films ?

mardi 23 février 2010

Jean-Paul Delevoye

J’entends parler le médiateur de la République à plusieurs reprises. Tristes propos. Notamment :

J'estime à 15 millions le nombre de personnes pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près. Je suis inquiet de voir que des personnes surendettées peuvent se retrouver en plan de redressement personnel (PRP) pour la deuxième ou troisième fois parce que leurs dépenses dépassent structurellement le montant de leurs ressources.

Je suis frappé par la cohabitation de deux types de sociétés : l'une officielle, que nous connaissons tous, l'autre plus souterraine qui vit d'aides, de travail au noir et de réseaux. Ces deux sociétés ont des fonctionnements parallèles, elles ont leur propre langage, leur propre hiérarchie, leur propre chaîne de responsabilité.

Depuis des décennies, nos gouvernements successifs ont réformé la France en silence, parce que nous étions les ennemis de notre bien. Pensaient-ils arriver à ce résultat ? N’aurait-il pas été au moins aussi efficace de respecter les principes de la démocratie ?

Compléments :

  • La France en mutation.
  • Ce que j’ai entendu de ses idées sur le management des entreprises retrouvait le ton du rapport sur le « bien-être et l’efficacité au travail ».

Euro dupes ?

Une étude sur l’UE disait que, pour parvenir à faire entrer des opinions divergentes dans de mêmes traités, ils étaient bâtis sur l’ambigüité. Il semblerait que ce soit la même chose pour l’euro :

L’Allemagne voulait quelque chose qui ressemble à l’Allemagne, en particulier une BCE – Bundesbank, et la France quelque chose qui ressemble à la France, c'est-à-dire un « gouvernement économique européen » dans lequel la BCE aurait tenu compte de l’avis d’élus du peuple.

Ai-je raison de penser que l’Allemagne a gagné ? Penserais-je différemment si j’étais allemand ? D’ailleurs une victoire est-elle définitive ? Un système ne tend-il pas à s’ajuster en fonction des événements ?

Logique de la gauche

Un tortueux enchaînement de pensées m’a amené à me demander si la gauche n’est pas une machine à nous imposer de beaux principes théoriques. Mais y a-t-il une logique derrière ces principes ?

L’insistance sur le droit des immigrés signifie probablement que la gauche pourrait en avoir contre la notion de citoyen, donc de nation. « Droits de l’homme » signifiant l’impossibilité de tout édifice social ? Idéal d’Hegel et de Marx d’une fin de l’histoire où tous les hommes seraient frères ? Mais pourquoi alors cette insistance sur la culture, concept social par excellence ? La gauche penserait-elle qu’il y a une culture unique, qui serait celle de la société finale ?

À creuser

Compléments :

Le retour de la raison

Ce blog ne connaît que des méandres : ma réflexion sur ce qui guide la gauche me fait approuver les néoconservateurs :

Ils avaient sans doute raison de penser que la gauche, ayant instrumentalisé le bien et le mal, était parvenue à faire que notre morale soit de son bord. Mais, je continue à leur reprocher d’avoir voulu utiliser les mêmes procédés à leur profit.

Bref, d’un côté comme dans l’autre, on ne nous croit bons qu’au sophisme et au lavage de cerveau. Que signifierait une humanité qui utilise sa raison, comme le voulaient les Lumières ?

Il faut sortir de l’éthique des valeurs, et analyser les conséquences que peuvent avoir nos beaux principes. Comment prévoir ? 4 idées :

  1. Pas de décision sans débat.
  2. Voir si la science n’a pas quelque chose à dire sur le sujet, si elle ne condamne pas certaines options.
  3. Identifier les principes sur lesquels repose notre société et regarder s’il n’y a pas incompatibilité entre nos décisions et eux. Et, si oui, chercher à les faire s’entendre. À défaut d’entente, l’élimination du principe initial sera faite en connaissance de cause.
  4. Surtout, dans la mesure du possible, contrôler que les conséquences désirées surviennent comme prévu.

lundi 22 février 2010

Obama se fait des amis ?

Les réformes de B.Obama sont dans une mauvaise passe. Non seulement son camp se comporte de manière irresponsable, mais il a perdu le sénateur sans lequel ses lois n’ont aucune chance. La situation semble si désespérée qu'une vague de sénateurs démocrates déclare forfait pour les prochaines élections.

Que faire quand on a besoin de la collaboration de l’ennemi, mais que celui-ci veut vous faire perdre ?

Rejouer la tactique chinoise, ou afghane, c'est-à-dire devenir méchant. Plutôt que de chercher à se faire des amis des Républicains, Obama semble vouloir leur faire perdre les prochaines élections.

But Mr Obama doesn't need many Republican defectors: having all the Democrats plus one Republican on his side would do the trick. The president badly needs something that either looks like a victory or, and perhaps this could be more important in an election year, something that allows him to paint the Republicans as the bad guys.

Ce qui pourrait les encourager à voter ses lois.

Au fond, je me demande si être méchant ne convient pas mieux à B.Obama, qu’on dit froid et calculateur, que son attitude « peace and love » initiale. Mais était-ce habile d’être immédiatement désagréable ? En tout cas, être gentil, puis méchant si l'autre l'est, est le meilleur moyen de se faire des amis selon Robert Axelrod (Théorie de la complexité).

Compléments :

Colonialisme paisible

Émission entendue hier matin sur RFI, dont je n’ai pas réussi à trouver la trace sur son site web, d’où le flou du propos :

Il était question d’un docteur de l’Islam africain, me semble-t-il, qui avait joué une sorte de rôle de préfet à l’époque coloniale. Une période qu’il aurait vécue avec bonheur : il pensait que l’Islam devait se nourrir du progrès occidental. Qu’il semblait voir comme une bénédiction.

Il se trouve qu’au même moment, je lisais la vie de Cicéron, et l’opinion que le Romain avait de la conquête : le conquis était le protégé du conquérant, des liens de dépendance se tissaient ainsi.

Je m’interroge de plus en plus : des deux lequel est le plus condamnable : le colonialisme occidental ou la décolonisation ?

Comme un torrent

Chef d’œuvre de Vincente Minelli (1958).

Mélo interminable. Frank Sinatra a 20 ans de plus que son personnage, et paraît plus vieux que son frère aîné, supposé nettement plus âgé. Chaque acteur caricature le rôle auquel il est ordinairement associé.

Sinatra est un intello qui se croyait raté jusqu’à ce qu’il rencontre une intello qui reconnaît son génie. Il arrête l’alcool et lui déclare sa passion. Mais elle n’est que théorie, elle a le cœur sec. Il est aussi follement aimé par une traînée au cœur d’or, qui n’a rien dans la tête. Choix cornélien. Et film moral : ceux que la société admire sont d’effroyables hypocrites ; les justes, des débauchés à l’espérance de vie réduite à rien. Appel à la révolution ?

dimanche 21 février 2010

Le miracle n’en était pas un

Ça se confirme : ce que l’on nous a présenté durant des années comme un renouveau de l’économie n’était que poudre aux yeux :

Pendant la dernière décennie, la croissance de l’emploi aux USA a été inférieure à celle de la population, en très net décalage par rapport aux précédentes périodes de croissance.

Aujourd’hui, le chômage long a atteint un niveau inconnu depuis près de 40 ans (le double du précédent maximum).

Bug de l’eurozone ?

Le problème que l’Allemagne pose à la zone euro :

Durant la dernière décennie, ses entreprises se sont modernisées et ses salariés ont accepté des augmentations de salaire misérables, ce qui a stimulé sa compétitivité. Dans une Europe sans euro, ses partenaires commerciaux auraient pu effacer une partie de cet avantage en dévaluant leur monnaie.

Et l’Allemagne a pour stratégie d’exporter et de maintenir des excédents commerciaux. Ce qui signifie mécaniquement que le reste du monde doit être en déficit.

La zone euro serait-elle, par conception, bancale : l’Allemagne en excédent, les autres membres, qui absorbent une grande partie de ses exportations, en pertes ?

La situation est-elle durable ? L’Allemagne ne risque-t-elle pas de mettre en faillite ses clients ? Pour l’éviter, ne devrait-elle pas leur ouvrir ses marchés ?

Compléments :

War of generations

Le problème de la guerre des générations semble se poser en Angleterre dans les mêmes termes que chez nous. Les baby boomers ont la puissance et la gloire, ils nous laissent une terre dévastée, et leur imprévoyance est en partie coupable de la crise actuelle :

En comparant la richesse financière et immobilière des différents groupes d’âges entre 1995 et 2005, la Banque d’Angleterre a découvert que les 25 – 34 ans avaient vu leur richesse chuter, tandis que les 55 – 64 ans avaient vu la leur tripler.

Un résultat d’un taux d’épargne (des baby boomers) au plus bas, fut que les banques britanniques (...) se mirent en danger en s’appuyant trop fortement sur le marché de gros pour leur argent.

À mesure que la société connaît une ségrégation croissante par âge, certains lotissements sociaux ont maintenant des ratios adultes – adolescents débordants d’hormones plus typiques des violents Yémen ou Somalie que d’un pays occidental développé.

Une question demeure : « les baby boomers sont-ils une génération chanceuse ou égoïste ? ».

Et s'ils avaient été innovants. Ils ont cru qu’ils se devaient ce qu’ils possédaient, pas qu’ils l’avaient emprunté aux générations futures ?

Banque et risque

La gestion prudente du risque par une banque serait une question de culture observe The Economist (et aussi : A matter of principle). Ce qui rejoint les conclusions d’un des premiers billets de ce blog (Société Générale et contrôle culturel).

Ce qui est plus inattendu, c’est que Goldman Sachs, un des méchants préférés des journalistes, a une très solide culture de gestion des risques.

Ce qui nous ramène à une remarque de Galbraith concernant le crash de 29. Les banques (dont Goldman Sachs) qui s’étaient lancées dans la spéculation dont il résulte étaient confiantes qu’elles tireraient profit du retournement de la situation. Or, c’est ce que Goldman Sachs a fait lors de la dernière crise, il a été un des premiers à comprendre que les subprimes menaient au désastre, et, tout en les vendant à ses clients, il a parié contre.

Ces banques sont insubmersibles ? Elles sont programmées pour vivre du risque qu’elles font courir à la planète ? Définition du parasite ?

samedi 20 février 2010

La France découvre l'Homme

Propositions du rapport sur le « bien-être et l’efficacité au travail » (remis le 17 au Premier ministre) :
  1. L’implication de la direction générale et du conseil d’administration est indispensable.
  2. La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas.
  3. Il faut donner aux salariés les moyens de se réaliser dans leur travail.
  4. Il faut impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé.
  5. La mesure de la santé psychologique des salariés est une condition de son amélioration.
  6. Préparer et former les managers au rôle de manager doit faire partie intégrante de leur formation initiale.
  7. Il ne faut pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus.
  8. Tout projet de réorganisation ou de restructuration doit mesurer l’impact et la faisabilité humaine du changement.
  9. La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise, qui a un impact en particulier sur ses fournisseurs.
  10. La détection et l’accompagnement des situations de stress sont une nécessité.
La France découvre-t-elle que l'organisation n'est pas une machine mais un groupe d'hommes, et que ce groupe obéit à des règles qui ne vont pas de soi ? Qu'il faut les analyser et les prendre en compte pour concevoir la mise en œuvre d'un changement ? Que le changement n'est pas programmatique ?
Compléments :

vendredi 19 février 2010

Impasse européenne ?

Le fonctionnement de l’Europe ne semble pas être inspiré par la rigueur : les entorses grecques sont connues depuis longtemps, mais personne n’a sévi, car chacun à quelque chose à cacher. Conclusion :

C'est le péché originel de l'UE et de la zone euro : un système de confiance mutuelle, sans garde-fou, sans instances de surveillance, sans l'autorité d'arbitre dont bénéficie le Fonds monétaire international (FMI) pour remettre au carré la comptabilité des pays.
Mais les Européens accepteraient-ils de se doter d'une telle instance qui vienne se mêler de leurs affaires statistiques ? L'interventionnisme n'est pas tout à fait du goût de cette vieille maison, l'Union européenne, où l'on aime tant les petits arrangements entre amis.

Curieusement, il semblerait que l’Allemagne soit loin d’être au dessus de tout soupçon. Elle dissimulerait un système financier malsain ; le probable futur président de la BCE serait en partie coupable de ce triste état de faits, mais il aurait l’intention d’imposer à la zone euro la rigueur dont il n'a pas été capable dans ses affaires - pour le plus grand dommage de celle-ci :

More broadly, Germany and Mr. Weber have been central in building a version of the Bretton Woods fixed exchange rate system within Europe. The entire burden of adjustment is placed on deficit countries (talk to Greece); it is considered beyond the pale to even suggest that German fiscal policy may be too tight, that Germany needs to expand domestic demand, or – heaven forbid – that Germany’s intention to export its way back to growth (with a current account surplus, in their view) is not exactly a model of enlightened economic leadership.
On top of this, and unlike Bretton Woods, there is no mechanism for adjusting exchange rates within the currency union. Given what we have learned in the past two years, is this still such a bright idea?

Nos dirigeants semblent pris dans leurs contradictions. Peuvent-ils s’en sortir ? Et, nous, que devons-nous faire ? Cultiver notre jardin ?

Silence du PS

Élections régionales. Campagne silencieuse. En particulier pour le PS.

Depuis des mois je me demande pourquoi le PS a pour seule stratégie d’attendre la chute du gouvernement. Serait-ce sa stratégie ? La France en mutation dit que les partis politiques veulent nous dissimuler leurs projets parce qu’ils pensent que nous ne pouvons pas comprendre le bien qu’ils vont nous faire. Selon cette hypothèse le débat politique ne pourrait donc pas porter sur leur programme réel, dont nous ne voulons pas.

Elle expliquerait quelque chose que je n’ai toujours pas compris : pourquoi le PS a-t-il refusé de participer au débat sur l’identité française, en disant que c’était un piège ? Intuitivement, il me semble que tout débat est bon, et que même si ses intentions sont malfaisantes il donne la possibilité de faire entendre des opinions utiles. Or, si effectivement les idées du PS ne peuvent être entendues, tout devient clair : le débat était un piège.

Le problème que ceci pose n’est peut être pas tant que nous sommes représentés par des gens qui ne pensent pas partager nos valeurs ou que les idées de nos gouvernements ont fait la preuve de leur inefficacité, que le fait que tout ceci est la négation de la démocratie.

jeudi 18 février 2010

UE passoire

Has the EU escaped a Chinese rescue? : conseillée par Goldman Sachs, la Grèce semble avoir voulu emprunter 25md€ à la Chine. C’aurait été le prix de son véto dans les décisions européennes.

Qui a dit que l’euro ou l’UE étaient des inventions inutiles ? Les trahir peut rapporter beaucoup. Preuve qu’ils ont une valeur.

On voit aussi la complexité de la création d’un groupe (l'Europe), et que ses règles de fonctionnement ne se créent que dans la crise.

Compléments :

Souffrance au travail et management

Évolution de l’opinion. Après la souffrance au travail, on découvre la responsabilité du management :

Le document remis à Matignon ce mercredi pointe la responsabilité des dirigeants d'entreprise et préconise même de réformer l'enseignement dans les écoles de commerce et d'ingénieurs, où la formation dans ce domaine "est extrêmement pauvre"

En termes de soins, de maladies et de décès, le mal coûterait 2 à 3 md€ à la France par an. Tout ceci viendrait d’un excès de préoccupation pour la performance économique. Une explication que je trouve peu crédible, quand je regarde la suite de l'article :

plus d'un travailleur sur deux travaille dans l'urgence, plus d'un sur trois reçoit des ordres ou indications contradictoires, et plus d'un sur trois déclare vivre des situations de tension dans ses rapports avec ses collègues ou sa hiérarchie.

Description d’une entreprise bien gérée, qui « maximise » ses résultats ? Peut-on parler de « responsabilité » du management ? Ou, simplement, d'incompétence ?

Compléments :

Classement des économistes

L’université du Connecticut classe les économistes.

Ils sont évalués sous 32 critères. On peut même obtenir des classements par pays. Les USA placent 5 états dans les 10 premiers. Massachussetts premier, Angleterre seconde. En économie, le génie est anglo-saxon.

mercredi 17 février 2010

Vague socratique

Hier, émission de radio avec André Tubeuf. Constatant que les artistes ne savaient pas répondre à ses questions, il leur disait ce qu’il pensait qu’ils auraient dû lui dire ; et si ceux-ci l’approuvaient, il retranscrivait leurs propos, enfin intelligents. N’était-ce pas le procédé de Socrate ?

Ne sommes-nous pas tous de plus en plus socratiques ? À commencer par nos gouvernants. Ne nous font-ils pas aussi découvrir, par une suite de questions judicieuses, les lois naturelles ? Par exemple que les dirigeants doivent être honteusement payés ?

Pourquoi la famille ?

Une question que se posent 3 chercheurs.

Ils font l’hypothèse du « gène égoïste » selon laquelle nos gènes cherchent à se reproduire. Par ailleurs, le rôle du père est d’apporter des ressources à l’enfant. Dans ces conditions, les lois sociales qui favorisent la famille ont un avantage concurrentiel. Pour deux raisons. Lorsque plusieurs pères nourrissent une même famille, ils tendent à penser que c’est plus aux autres à le faire qu’à eux. Les enfants sont sous-alimentés. Ensuite, si un mâle doit protéger la reproductrice de ses gènes de concurrents, il n’a plus de temps pour travailler.

Les auteurs en déduisent l’utilité des religions qui favorisent la famille. Ils pensent aussi que le mauvais état des enfants des familles recomposées valide leur théorie : 2 pères tendent à apporter moins qu’un.

Théorie convaincante ? Pourquoi la religion catholique, qui promeut la famille, force certains de ses membres au célibat ? Pourquoi l’homosexualité est-elle défendue par notre société ? Pourquoi réduisons-nous le nombre de nos enfants, et envisageons-nous de comprimer la population mondiale ?

Le concurrent de la théorie du gène égoïste est la théorie de la complexité. Elle veut qu’une multitude d’êtres génèrent des « propriétés émergentes » qui ont une vie indépendante de celle des êtres qui sont à leur origine. Avec une telle théorie on peut imaginer un individu égoïste qui se moque de sa progéniture, et privilégie son intérêt à court terme par rapport à celui de la société, ou une société égoïste, qui amène certains de ses membres à se sacrifier pour ses intérêts.

Compléments :

  • Je soupçonne que la théorie du gène égoïste est idéologique : l’Anglo-saxon ne se voit pas comme le jouet de ses gènes, mais comme un surhomme dont les gènes sont sortis victorieux de la sélection naturelle. D'ailleurs cette étude montre les limites de la théorie : l'égoïsme du gène favorise l'établissement de lois sociales dont il va finir par pâtir (le célibat des prêtres).
  • DAWKINS, Richard, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2006.
  • Théorie de la complexité.

mardi 16 février 2010

AIR

France Culture parle de l’Agence Internationale de Remplacement. Si vous découvrez que vous avez pris deux engagements pour une même date, AIR peut vous remplacer à l’un de ces rendez-vous (aux deux ?).

Extraordinaire idée marketing ! Elle répond à notre principale caractéristique nationale : incapacité congénitale à tenir ses promesses.

L’euro comme cheval de Troie ?

À partir du moment où il y a solidarité dans la zone euro, les pays n’ont plus le droit de faire ce qu’ils veulent. Les autres nations peuvent leur demander des comptes.

Par conséquent, la zone euro n’a pas besoin que d’une économie commune, mais aussi d’une politique partagée…

L’économiste B.Eichengreen se demande si l’adoption de l’euro n’a pas été le Cheval de Troie du fédéralisme. Manœuvre d’un as du changement ?

Compléments :

  • Comme moi, il a l’air de dire que le Cheval est allemand, mais aussi qu’il serait malvenu que l’Allemagne oublie ses responsabilités dans la crise de l’euro :

But Germany is not innocent of responsibility for this crisis. It demanded an extraordinarily independent and unaccountable central bank that is now running an excessively tight monetary policy, aggravating the plight of the PIIGS (Portugal, Ireland, Italy, Greece, and Spain). Germany’s enormous current-account surplus aggravates their problems further. Germany has also done too little in terms of fiscal stimulus to support the European economy.
Germany has benefited enormously from the creation of the euro. It should repay the favor. It should push for the creation of an emergency lending facility, and for political integration to make that feasible. It should provide more fiscal support. And who better to press for a more accountable European Central Bank?

Armée turque

L’armée turque joue un rôle très particulier :

Elle semble dépositaire des valeurs fondatrices du pays. Et elle tend à penser, comme le gouvernement français, qu’elle sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Mais elle s’éloignerait de la politique.

Compléments :

  • En passante, je note que la Turquie est dans la rubrique « Europe » de The Economist (de même que la Russie).

Modèle nordique

Le modèle nordique semble mieux résister aux crises, et fournir à ses membres un cadre de vie plus civilisé, que le nôtre. Quelles en sont les caractéristiques ?

Contrairement au modèle anglo-saxon, qui joue sur les mécanismes monétaires pour adapter l’économie au changement, les pays nordiques comptent sur la plasticité du tissu social. Elle est rendue possible par un partage des risques (protection sociale) aussi large que possible, reposant sur un « contrat social » qui évite à la population de céder à la panique lors d’une crise, ce qui laisse à ses gouvernants le temps de réfléchir. La clé de voûte du système est « l’investissement dans le capital humain », une formation qui maintient en permanence la qualification des citoyens en fonction des besoins de l'économie. Quant au gouvernement, il doit « sauvegarder le compétitivité (du pays), et la durabilité des finances publiques », notamment en évitant déficits et dettes.

Compléments :

lundi 15 février 2010

Wall Street et la Grèce

L’Europe, que l'on croyait rétrograde, est à la pointe de l’innovation : depuis une décennie, Goldman Sachs et les banques américaines font des miracles pour masquer ses déficits :

Elles ont utilisé des techniques identiques à celles qui firent la notoriété d’Enron pour faire passer des emprunts pour des revenus.

En novembre dernier Goldman Sachs aurait proposé au gouvernement grec de réitérer l'exploit…

Compléments :

Grèce

Les Grecs vont-ils résister à la rigueur gouvernementale ?

Apparemment non : il semblerait qu’il y ait accord sur le fait qu’il faut réformer le pays ; une réforme serait acceptable si elle est juste (notamment si elle frappe le citoyen en fonction des avantages qu’il a tirés de l’ancien système). Le danger viendrait de minorités extrémistes.

Avenir de l’Europe

D’après Paul Krugman, rétablir l’équilibre entre les économies de la zone euro nous promet quelques années effroyables :

What we’ll probably see over the next few years is a painful process of muddling through: bailouts accompanied by demands for savage austerity, all against a background of very high unemployment, perpetuated by the grinding deflation I already mentioned.
It’s an ugly picture. But it’s important to understand the nature of Europe’s fatal flaw. Yes, some governments were irresponsible; but the fundamental problem was hubris, the arrogant belief that Europe could make a single currency work despite strong reasons to believe that it wasn’t ready.

L’euro, nouvel exemple de l’éthique de la conviction, qui ignore les conséquences de ses actes ?

Jeunes et alcool

N’ayant pas d’enfant, j’ai échappé aux maux de la jeunesse. Mais je suis rattrapé par ce que l’on m’en dit. Les jeunes se shooteraient à l’alcool bon marché. Cela expliquerait-il le comportement un peu bizarre et absent de mes élèves que me signalent aussi d’autres enseignants ? D’où vient ce problème nouveau pour moi ?

Les jeunes ont adopté un mode de consommation d’alcool « anglo-saxon ». En fait ce ne serait que l’expression juvénile de l’inquiétude d’une société qui fait une des plus grosses consommations d’antidépresseurs au monde. Leurs parents, et leurs exigences, sont un agent majeur de cette anxiété. La famille l’est aussi du réconfort : la fête familiale c’est l’alcool. Consommer de l’alcool c’est appartenir au groupe.

Pour soulager l’enfant de sa dépression, le « marché » fait preuve de merveilles d’inventivité marketing (cf. les « alcopops »). Il transforme en un consommateur de plus en plus gros, un client de plus en plus jeune.

Compléments :

  • Le moteur du (de notre) capitalisme serait-il la crainte ? Je me pose à nouveau la question. Grippe médiatique.

dimanche 14 février 2010

Tensions européennes

Et si le pire ennemi de l’eurozone était l’Allemagne ?

Il y a quelques années elle est parvenue à réduire les salaires de sa population de façon à prendre l’avantage sur ses concurrents. En fait, plus généralement, les pays de la zone euro ont vu les salaires de leurs ressortissants augmenter de manière très différente. Ce qui semble à l'origine des problèmes qu'elle connaît actuellement. Et ce qui semble promettre des ajustements douloureux, y compris pour la France.

Illustration : un graphique donné par Paul Krugman, qui pense que le meilleur moyen de nous tirer de ce mauvais pas serait un peu d’inflation.

Compléments :

1618

J’ai pris du retard sur ma centaine. Qu’est-ce qui l’a marquée ?

Son grand moment aura été l’étude, chapitre après chapitre, de La France en mutation. J’en retiens que mes théories sont plus justes que mon instinct. La France ne s’est probablement pas effondrée du fait d’une conspiration, mais parce qu’elle ne pouvait faire autrement. La mise en cause de Bretton Woods a produit une crise que notre système d’État providence bismarckien et surtout son mode de fonctionnement issu de l’Ancien régime ne savaient pas résoudre. L’individualisme forcené et ses théories de droite ou de gauche ne l’a pas démoli mais elles se sont trouvées être la seule solution de remplacement qui s’est présentée alors. Contrairement à ce que nous croyons, nos gouvernants seraient plus bêtes que méchants ? Quelques illustrations :

D’ailleurs le pouvoir nuit gravement à l'honnêteté intellectuelle : Hypocrisie des puissants.

L’Europe serait elle aussi en mutation ? Le monde prend conscience que sa désorganisation, qui était favorable à la régulation par le marché, lui est nuisible. Elle a besoin de devenir une puissance solidaire vis-à-vis de ses membres, coordonnée par un débat démocratique, qui conçoit des stratégies et qui les met en œuvre. Une Europe fédérale à l’Américaine. Bizarrement ce sont les Anglo-saxons qui sont les moteurs de la transformation :

  • L’élite anglaise pensait dominer un monde globalisé. La crise a fait rater son décollage. Et elle se retrouve dans une Angleterre pluvieuse et ruinée (par ses soins). Elle compte maintenant sur l’Europe comme marche-pied vers son destin.
  • B.Obama ridiculise les gouvernants européens, pour les contraindre à parler d’une seule voix.

Quant au reste du monde développé, il n’a rien à nous envier :

Les malheurs d’Haïti m'a fait me demander pourquoi la décolonisation a produit des pays qui ne se développent pas. Parce que nous ne sommes pas des « donneurs d’aide » ?

J'ai aussi suivi des travaux sur la réglementation de la finance : Basel 3. En fait, la meilleure santé des banques est un leurre. Va-t-on vers la réinvention d’un nouveau système de régulation mondiale, après destruction : Ça va péter ?

Le feuilleton Obama s'est poursuivi. La perte d’un sénateur amène un changement de stratégie à 180°. Populisme à l’intérieur et mercantilisme à l’extérieur ? Est-il vexé du revers qu’il a subi et veut-il se venger d’une planète indigne de lui, en caricaturant N.Sarkozy ?

La chronique culturelle pour finir :

  • Les Lumières. Notre société serait-elle renouvelée par des idées innocentes dont nous ne voyons pas les conséquences avant qu'elles l'aient mise sens dessus dessous ?
  • Tristes Tropiques : Claude Lévi-Strauss, don Quichotte bien de son temps ?

La France en mutation

J’ai commenté chapitre après chapitre, La France en mutation, 1980 – 2005 (Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006), une collaboration entre Harvard et Sciences Po. Qu'est-ce que j’en retire ?

Comment sommes-nous passés de ce que Galbraith appelait « la société d’abondance », à la souffrance au travail, la crise du logement, l'acceptation qu'une partie de la population est définitivement inemployable ? Un monde qui ressemble étonnamment à une société qu’il croyait révolue, celle qui avait valu à l’économie, qui la décrivait, le nom de « dismal science ». Une science lugubre qui ne prévoyait que la pénurie.
Dans cette histoire, il n’y a ni héros, ni coupables. C’est tout le système français qui s’est effondré, un système bâti sur le modèle d’Ancien régime. Avec un État omnipotent et théoricien, qui nous considère comme des assistés incapables de savoir ce qui est bon pour eux, veut tout régler et croit à la solution miracle. Faute de conscience de la complexité de la réalité, ses décisions ont une fin calamiteuse. Avec des hauts fonctionnaires qui gèrent des « champions nationaux » sans en connaître le métier. Avec une population d’exécutants sous-qualifiés fruits d’une Éducation nationale incompatible avec l’économie.
De ce fait, notre système d’État providence, basé sur l’école, l’armée, le plein emploi, qui garantissait l’intégration, un revenu, le logement, la protection sociale, l’égalité et plus généralement le respect de nos valeurs fondamentales, a sombré. Il était incompatible avec le coût d’un chômage durable. Il en a résulté un modèle proche du modèle anglo-saxon, parce que notre structure sociale est proche du modèle anglo-saxon.
Cependant la transformation n’a pas été complète : les vestiges de l’ancien système sont demeurés, parce qu’il représente ce à quoi nous croyons. Ce qui rend le fonctionnement de notre société particulièrement difficile.
De là, où faudrait-il aller ? Le Français ne ressemble pas au portrait qu’en font les journalistes et les politiques. Il est « progressiste » et ouvert. Il veut une « économie sociale », qui permette l’initiative individuelle tout en protégeant l’homme de l’anarchie du laissez-faire. Pour atteindre cet objectif, il semble qu’il faille reconstruire une sorte d’Etat providence à l’ancienne mode. En corrigeant ses failles : il doit être capable de résister aux aléas de l’économie. Probablement une forme de la flexisécurité qui a la faveur actuelle des économistes. Donc il faut des Français adaptables parce que bien formés, des dirigeants qui leur ressemblent, et un gouvernement qui apprend à mettre en œuvre les volontés de la nation, selon le modèle de la démocratie représentative.
L’Europe a certainement un rôle à jouer dans cette transformation. Elle doit évoluer vers un modèle fédéral de type américain qui permette de définir démocratiquement des politiques globales et non plus sectorielles.
Compléments :
  • Les 12 chapitres du livre tels que je les ai commentés :
  1. Protection sociale
  2. France et immigration
  3. L’Éducation nationale change
  4. France : guerre des générations
  5. Les relations de travail en France
  6. Le changement de l’économie française
  7. 5ème République et partis politiques
  8. Crise de la représentation politique
  9. Chaos européen
  10. France : crise de gouvernance ?
  11. La régionalisation de la France
  12. Transformation de l’entreprise française

samedi 13 février 2010

Allongement des retraites

Arrivée en masse de retraités, la durée de vie augmente, catastrophe imminente. Sondage : 59% des Français ne veulent pas d’un allongement du temps de travail. Pourtant c’est une solution évidente à la question. Paresse et résistance au changement ?

Avant d’allonger leur temps de travail, il faut mettre les gens au travail. Sinon la mesure revient à réduire, massivement, le montant des retraites. Or, nous avons un des plus faibles taux d’emploi des plus de 50 ans des pays « développés ». Ensuite, il faut adapter les conditions de travail à l'âge des travailleurs. Aussi, peuvent entrer en jeu des raisons de justice sociale, la fameuse guerre des générations dont on parle de plus en plus.

Toucher aux retraites n'est jamais facile. Mais les pays qui ont mené à bien une ou plusieurs réformes importantes ont pris le temps de négocier (quatorze ans en Suède pour la réforme de 1998). Ils ont proposé des compensations pour les perdants potentiels, notamment les personnes ayant des carrières atypiques (principalement des femmes et les personnes les moins qualifiées). Et ils ont clairement posé la question de la solidarité entre les générations qui appelle un effort des plus jeunes retraités, relativement aisés.

Message des sondages : le gouvernement doit apprendre à réformer le pays autrement que par décret ?

Compléments :

Changement et crise

La période actuelle est peut-être une démonstration des vertus de la crise :

  • L’Europe est critiquée de toute part : Obama méprise sa désorganisation, les Chinois l’ont ridiculisée à Copenhague, la zone euro n’arrive pas à tenir en équilibre
  • Du coup, elle est obligée de se réformer. Sortira-t-elle de la crise plus unie et plus efficace ?

Compléments :

Transformation de l’entreprise française

Après-guerre l’économie française est dominée par des conglomérats, des « champions nationaux », qui sont une extension de l’État. Peu capitalisés et fortement endettés, ils sont étroitement contrôlés par l’État, qui régule les flux financiers. Leurs activités rentables épongent les pertes d'activités non concurrentielles dont elles protègent les employés. Le rôle des hauts fonctionnaires, leurs dirigeants, est plus d’appliquer une politique économique, en se coordonnant entre eux, que de développer des entreprises qu’ils connaissent mal.

Ces conglomérats sous-capitalisés et sous-managés sont inadaptés au changement des règles du capitalisme des années 80. Déréglementation et globalisation. La bourse remplace les banques comme moyen de financement, l’échange d’actions devient un véhicule d’acquisition, les investisseurs américains envahissent le monde…

Les conglomérats avaient deux moyens de devenir performants dans un monde dirigé par la valeur actionnaire :

  1. La solution allemande : rendre transparente la structure du conglomérat. Ce qui permet une protection des actionnaires et une allocation optimale des ressources.
  2. La solution française : disloquer les conglomérats en unités spécialisées ; en laissant périr les activités non rentables. Ce choix s’explique par nos caractéristiques nationales. En Allemagne, le personnel est autonome, polyvalent donc facilement adaptable au changement, et bien formé par une formation professionnelle nationale, l’entreprise est, d’une certaine façon, « cogérée ». La France obéit au modèle taylorien : des cols blancs définissent des règles qu’appliquent des cols bleus spécialisés et formés par l’entreprise selon ses besoins. En outre il y a de multiples conflits : les dirigeants et les actionnaires majoritaires n’ont pas intérêt à la transparence allemande : elle profiterait aux employés et aux actionnaires minoritaires. L’entrée en force des investisseurs étrangers, américains surtout (en 2001, plus de 41% du CAC40 appartenait à l’étranger), qui sont favorables à la spécialisation, a accéléré la mutation.

L’État français, qui, jusque-là, réglementait fermement les relations de travail (autorisations de licenciement...), s’est brutalement retiré. Ce qui a permis aux dirigeants de réformer leurs entreprises comme ils le désiraient, sans contrepoids. L’État semble aussi avoir fait une erreur : en essayant de constituer des noyaux durs, des participations croisées susceptibles de protéger les entreprises françaises de prise de contrôle extérieur, il les a affaiblies. Elles manquaient de capital, il l’a immobilisé dans des participations sans intérêt stratégique. Ce qui a facilité les prises de participation étrangères.

Commentaires

Une partie de la population française a fait les frais de cette transformation, mais était-elle parable ? Les faiblesses de l’édifice français sont structurelles : au fond, la France suit le modèle de l’Ancien régime, avec un État qui veut tout gérer, et qui est dépassé par la complexité de sa tâche, une élite superficielle, et une population peu qualifiée, du fait d’un système éducatif inadapté.

Compléments :

  • Ces idées viennent de GOYER, Michel, La transformation du gouvernement d’entreprise (in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006).
  • La remis en cause du système de Bretton Woods a-t-il été le déclencheur de tous ces bouleversements ?
  • En fait, le gouvernement semble avoir tenté un changement qui aurait permis le sauvetage du modèle français, au moins dans son esprit : Le changement de l’économie française.

vendredi 12 février 2010

Salaires des patrons (suite)

J’ai l'intuition que les grands patrons ont considérablement augmenté leurs salaires ces dernières décennies. Juste ? En tout cas, probablement vrai pour les USA :

Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 1960 et 1969, ce ratio était tombé à 39. Mais, après l'élection de Ronald Reagan, en 1980, ce ratio est remonté en flèche, pour atteindre 187 durant la décennie 1990 et culminer à 367 au début des années 2000 ! Cette envolée est liée en particulier au développement d'un mécanisme de rémunération qui n'existait quasiment pas avant les années 1950, mais qui concerne aujourd'hui 90 % des patrons américains : les stock-options.

Pour les patrons français, je n’ai pu rien trouver d’équivalent, mais la tendance est au moins similaire :

En 1989, la révélation du salaire du président de Peugeot - 36 fois le smic - avait créée une onde de choc à travers la France. Vingt ans et une crise financière plus tard, les 50 principaux dirigeants du CAC 40 touchent en moyenne 240 fois le smic, révèle jeudi une étude du cabinet d’analyse financière PrimeView pour le magazine économique "Capital".

Ces augmentations ne seraient dues à rien d’autre qu’à un rapport de forces favorable aux grands dirigeants (et à certains de leurs salariés, comme les traders) :

Les managers (ont fait) alliance avec les investisseurs institutionnels, acceptant notamment, via les stock-options, de lier leur sort à celui du cours des actions.

Sort lié à l’action ? Il semblerait surtout qu'il y ait corrélation négative. Une analyse d’un échantillon de 90 sociétés :

Les 9 actions qui ont le plus progressé depuis 2001 (+ 640 % d'appréciation moyenne) sont celles des 9 patrons les moins bien payés (203.000 euros en 2008) Et les 9 actions suivantes, pour leur gain au cours de la même période (+ 160 %) correspondent au deuxième groupe des patrons les moins bien rémunérés (236.000 euros en 2008). A l'autre extrême : les 9 actions les moins performantes (76 % de dépréciation moyenne depuis 2001) sont celles des 9 patrons les mieux payés en 2008, avec 675.000 euros en moyenne. Et le deuxième groupe des actions les moins performantes (-54 %), rassemble le deuxième groupe des patrons les mieux payés (438.000 euros ).

Pour s'enrichir significativement, le patron doit dépecer sa société ?

Compléments :

  • Ce qui a suscité la réflexion : Salaire des patrons, Sarkozy et les salaires. Au passage j’apprends que les arguments de MM Sarkozy et Obama sont de bien vieilles ficelles. Pour que le supérieurement honnête et intelligent Obama utilise de tels sophismes grossiers, c’est qu’il doit désespérer de l'intelligence humaine…

L'un des arguments les plus utilisés pour justifier les niveaux de rémunération très élevés des PDG consiste à considérer qu'ils jouent désormais dans la même catégorie que les acteurs, les chanteurs ou les sportifs. Ce raisonnement ne tient guère la route. Tout d'abord, à de rares exceptions près, les PDG les mieux payés, gagnent nettement plus que les people les mieux rémunérés. Mais surtout, si les stars gagnent beaucoup d'argent, c'est en fonction de leur capacité à engendrer des flux de revenus colossaux sur leur seule activité, sous forme de billets de cinéma, de spectacle ou encore en associant leur image à des publicités. Rien à voir, même s'il y a aussi toujours des "petites mains" derrière le succès des stars, avec le succès d'une entreprise fondée sur le travail, la créativité, l'engagement et l'efficacité de dizaines de milliers de personnes.

Performance scolaire et composition des classes

En quoi la composition d’une classe influe-t-elle sur les résultats d’un élève ?

  1. Y a-t-il ou non présence importante du segment le moins doué de la population (les 5% les plus bas) ? Si oui, il y a une nette baisse des résultats de tous les élèves.
  2. Y a-t-il a beaucoup d’élèves brillants ? Si oui, c’est favorable aux filles brillantes et défavorable aux garçons brillants.

Ce dernier résultat s’expliquerait par une aptitude naturelle aux stratégies sociales chez les femmes, non présente chez les hommes.

Compléments :

jeudi 11 février 2010

Salaire des patrons

B.Obama reprenant les propos de N.Sarkozy justifie le bonus d’un patron de banque en le comparant à celui d’un sportif.

Les commentateurs locaux notent que les dits athlètes n’ont ni créé une crise mondiale, ni été sauvés par les contribuables, pas plus qu’ils ne vivent grâce aux subventions de l’État.

Nos hommes politiques sont-ils capables de réfléchir, ou ne font-ils que capter des modes qui courent ça et là ?

Christophe Faurie

Il y a quelques mois Thomas Blard a fait de moi une interview. Je ne me souvenais pas de ce que j'avais dit, l’entretien n’ayant pas été préparé, et moi ayant répondu sans beaucoup de réflexion aux questions posées, un peu surprenantes. Y avait-il un thème à ressortir de mes propos ? me suis-je demandé. J'ai donc regardé la vidéo de l'interview.

En fait, je n’en sais toujours rien. Je ne me suis pas vraiment écouté. J’étais tout au spectacle. C’est extraordinaire à quel point Thomas passe bien. On ne s’invente pas journaliste. Quant à moi, je me trouve beaucoup mieux que ce que j'attendais. Un peu savant nimbus, certes, mais s’il fallait refaire cet entretien, je ne suis pas sûr que je répondrais aussi bien. Suis-je le seul à en comprendre le sens ? Je finis par croire, comme le groupe Anvil, que dans certains cas on n'a de responsabilité que vis-à-vis de soi...


Trouble shooter par DECIDEURS TV

mercredi 10 février 2010

La régionalisation de la France

LE GALÈS, Patrick, Les deux moteurs de la décentralisation, concurrences politiques et restructuration de l’État jacobin, in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006. Difficile de savoir quoi penser de la régionalisation française :

C’est un mouvement paradoxal. On pourrait le croire issu d’une pensée libérale, visant à dissoudre l’organisation bien propre de l’État jacobin pour donner le pouvoir à l’individu. Or, commencé dans les années 60, il a été majoritairement porté par la gauche, et il a conduit à un alourdissement préoccupant du poids public. Car, si, ailleurs dans le monde, il y a eu « décentralisation de la pénurie », probablement du fait du poids politique de leurs élus, les collectivités locales ont obtenu les moyens de leurs nouvelles responsabilités. Aujourd’hui elles représentent « plus de 70% de l’investissement public ». Curieusement, la dislocation n’a pas signifié victoire du libéralisme : les pouvoirs locaux semblent être des mini  États providence cherchant à s’arroger les prérogatives de l’État. Avec peut-être l’émergence (préoccupante) « d’oligarchies » public-privé. L’État aurait été repoussé à un rôle de stratégie et de contrôle, surtout financier (le ministère des finances est un gagnant de la régionalisation). Cependant les structures traditionnelles (commune, département, Sénat) ont résisté, ce qui ne clarifie pas le paysage.

Commentaires

J’en suis réduit aux questions :
  • La régionalisation aurait-elle été l’expression des ambitions des potentats locaux, désireux de se constituer une République personnelle ? Reflète-t-elle un besoin de la population ?
  • La régionalisation semble avoir augmenté le poids des dépenses publiques. Mais ces dépenses sont devenues difficilement contrôlables, du fait de leur dispersion. Ce système délocalisé est-il efficient, n’aurait-on pas de synergies à réaliser en recentralisant un peu la France ?
  • N’y a-t-il pas risque de déséquilibre entre acteurs locaux, les plus forts accroissant sans arrêt leur avantage au détriment des plus démunis ?
À creuser.

Pauvre Angleterre

Après l’Amérique, c’est un autre modèle du libéralisme qui semble en un peu moins bonne forme qu’on ne le croyait :

Les Britanniques sont depuis des siècles des soulards et des bagarreurs, mais aujourd’hui leur comportement autodestructeur reflète en partie la perception que leur vie ne vaut pas beaucoup. Quand aux enfants qui ont des enfants, il y a des preuves ailleurs que si les filles reçoivent une meilleure éducation – pas seulement sexuelle, mais aussi dans des domaines susceptibles d’améliorer leurs chances de trouver un travail – elles ont moins de chances d’être enceintes avant 16 ans. Cependant, en dépit du discours officiel sur l’amélioration continue des résultats d’examen, la Grande Bretagne commence à chuter dans les classements internationaux d’efficacité éducative.

How broken is Britain?

Compléments :

mardi 9 février 2010

Qu’est-ce qui pousse le PS ?

France et immigration m’a fait découvrir que pour la gauche la lutte contre la discrimination vis-à-vis des immigrants était une cause quasiment religieuse.

J’en suis même arrivé à me demander si elle n’inventerait pas cette discrimination si elle n’existait pas. J’ai été particulièrement surpris de la sorte de Blitzkrieg menée par Martine Aubry, convaincant l’Europe de voter une loi sur la discrimination, qu’elle a cherché ensuite à nous imposer. Pour ne pas nous avoir consultés, elle devait être particulièrement sûre de son fait.

Ce soir j’entendais le fondateur de L’Harmattan, qui parlait de son engagement, lui aussi quasi religieux, dans la décolonisation. Et l’idée suivante m’est venue : est-ce que ce qui pousse l’intellectuel socialiste n’est pas une vision du « bien », des valeurs à faire entrer dans la société quel qu’en soit le coût pour les peuples du monde ?

N’est-ce pas pour cela que la décolonisation a joué un rôle aussi fondamental dans l’imaginaire de gauche : les anciennes colonies étaient des terrains d'expérimentation de son idéologie ?

Mais alors n’y a-t-il pas contradiction entre un PS qui se voit comme devant nous apporter la lumière, et le rôle d’un parti de gouvernement qui doit représenter la volonté du peuple ? À moins que l’intellectuel socialiste ne pense que cette volonté ne s’exprime qu’un instant : quand nous lui donnons notre vote ?

Compléments :