samedi 13 mars 2010

John Wayne et Clint Eastwood

Ils seraient l’Amérique de leur époque :

Wayne, celle qui est sûre d’elle-même et n’a peur de rien. Eastwood, l’Amérique méfiante, qui tire sur tout ce qui bouge, pour se rassurer.

Recherche du temps passé

Mon premier employeur invite son club d’anciens. Je retrouve une société laissée il y a 17 ans :

Grand succès de la soirée : bonheur inattendu de rencontrer d’anciens collègues, qui n’ont pas changés. Ils ont l’air bien dans leur fonction.

En les voyant, je me suis demandé pourquoi j’ai eu plus d’exigence qu’eux vis-à-vis de mes employeurs. Pourquoi leur ai-je demandé de me fournir un travail passionnant ? Pourquoi en ai-je épuisé si vite les charmes ? D’ailleurs pourquoi suis-je devenu si difficile à satisfaire ?

Le DS pour lequel je travaillais était minuscule et pourtant je le trouvais épatant. Je m’enthousiasmais pour un rien. Je pensais que nous allions révolutionner la construction navale, le placement de robots, l’usinage des pièces de tôleries… Aujourd’hui, DS est un gros succès qui emploiera sous peu 10.000 personnes, pourtant ça me laisse tiède. Ai-je vu trop de multinationales ? Je ne perçois plus que banalisation, « commoditization ». Le siège de la société évoque celui de Microsoft, son marché inclut la grande consommation, ses rapports annuels parlent de développement durable, les titres de ses dirigeants s’allongent comme ailleurs (« senior executive vice president » !)...

Quand aux applications informatiques elles me paraissent plus tirées par les effets spéciaux du cinéma, ou inspirées par la gestion, que par la conception de produits. Une vidéo qui parle de prêt-à-porter : on clique sans arrêt sur des lignes « coût », on entraperçoit à peine deux ou trois dessins, et encore c’est un 2D qui ne fait pas rêver. Jadis, je voulais transformer le métier de nos clients.

Étonnant aussi de trouver des gens de Procter et Gamble dans ce qui fut le temple de l’ingénierie française. La poudre à laver a défait les mathématiques ? Ou bonne nouvelle ? La culture si imperméable de DS (le langage y était codé : on y parlait en jeux de mots sur les noms de programme) laisse-t-elle enfin entrer des étrangers ? Beaucoup de noms américains en effet. Mais, au sommet, une équipe d’amis soudés par 25 ans de vie commune.

À force de vivre de crises et de changement, je ne sais plus apprécier le calme et le succès ?

vendredi 12 mars 2010

Le PS contre l’État ?

Déclaration de Jean-Paul Huchon, à l’occasion des élections régionales. Je n'ai rien compris. Je suis incapable de raccorder ses mots à quelque chose de concret. Quelles en seront les conséquences ? Bien, pas bien ? En tout cas un bout de la déclaration était totalement inattendu :

il me semble que face à un Etat jacobin, centralisateur, autoritaire et qui veut imposer en Ile-de-France les recettes que Nicolas Sarkozy applique à la France, il fallait un président expérimenté, rompu au dialogue avec l'Etat, capable de lui résister et surtout, capable de rassembler autour de lui non seulement toute la gauche, mais l'ensemble des élus qui croient que la décentralisation, la proximité, la démocratie locale sont des valeurs modernes, des valeurs d'avenir.

J’en étais resté à l’État jacobin. Qui l’a liquidé ? Quand ? Avons-nous été consultés ? Par quoi est-il remplacé ? Par une « démocratie locale » ? Sans plus d’explications (c’est moderne !? qui le dit ?), ça me semble léger, voire inquiétant. Surtout lorsque l’on y ajoute cette vision du « dialogue avec l’État » : « capable de lui résister ». Ni Dieu ni maître, l'anarchie vaincra ?

Gordon Brown

Pourquoi Gordon Brown revient-il (de très loin) dans l’estime populaire ?

  • La façon dont ses opposants exploitent les faiblesses et maladresses de Gordon Brown le rendent sympathique.
  • Les conservateurs ont voulu proposer un plan dont les défauts se retournent contre eux.
  • Curieusement, le parti travailliste est parvenu à se placer en position de contre.

Leçon de judo ? Il vaut mieux être attaqué qu’attaquant ? Alors on peut utiliser l’énergie de l’adversaire contre lui ?

jeudi 11 mars 2010

Dictature en Irak ?

La dictature est un scénario d’avenir pour l’Irak :

Plus probable qu’un coup d’état est une prise de pouvoir par des politiciens et des généraux agissant de concert.

Aurait-on fait une guerre et tué autant de gens pour revenir au statu quo ?

No promised land at the end of all this.

CCI

Vendredi, un P-DG me demande : à quoi servent les CCI ? J’ai eu deux jours pour me faire une opinion.

  • Elles savent mettre en œuvre le changement. C’est quasiment unique en France, pays où l’on dirige par ordonnance, à coups de principes théoriques et sans souci des conséquences de ses actes – qui annulent l’effet de ses intentions. (L'étrange changement de M.Sarkozy).
  • C’est elles qui développent le tissu économique français. Pas la grande entreprise, qui n’a pas besoin d’aide (sauf lorsqu’elle consomme les diplômés de leurs écoles), mais la PME et la TPE. Les CCI leur apportent les compétences qu’elles ne peuvent se payer, et dont le principal bénéficiaire est, en dernière analyse, la grande entreprise.
  • La CCI est le seul organisme potentiellement capable de construire une filière de formation professionnelle, le point faible endémique de la France, et la source de la domination économique allemande. (Transformation de l’entreprise française.)
  • La CCI est le relai naturel de la politique économique régionale de l’État. (Le changement de l’économie française.)

Mais le gouvernement n’a vu, dans ce qui semblerait devoir être un allié capital, qu’une source de coût. Il cherche à la réduire, à l’inimitable manière française.

Beau fixe sur New York

Film de Stanley Donen et Gene Kelly, 1955.

Temps éternellement froid et nouvelles constamment détestables, pourquoi ne pas voir une comédie musicale ? Me suis-je dit.

Réussite incomplète. Le film a un je ne sais quoi d’un peu triste. Et pourtant il devrait être vraiment sympathique. Son sujet est l’amitié, l’importance d’être fidèle à soi même, et le courage d’affronter ses fantômes. Et puis il y a quelques moments techniquement étonnants : Gene Kelly faisant des claquettes sur patins à roulette et Cyd Charisse soulevée d’un côté à l’autre des cordes d’un ring, au milieu d'un numéro de danse, un défi aux lois de la physique.

mercredi 10 mars 2010

Précieuses ridicules

René de Obaldia parle de sa vie. J’apprends que le « figurant » s’appelle maintenant « acteur de complément ».

Je ne sais pas qui a eu l’idée de ce nom, certainement de Précieuses ridicules. L’hypocrisie a le vent en poupe.

(Idée américaine ? « L’extra » y est maintenant « background actor ».)

Lady Ashton

Pensant qu’il est ridicule de commenter un changement en cours, je n’ai rien dit des aventures de Lady Ashton et des critiques qu’elle suscitait. Dommage, c’est une illustration édifiante du changement tel que conçu par l’UE.

Voici comment a été recruté le « leader du changement », et comment tout a commencé :

For anyone it would be a big ask. But for someone with little or no experience of foreign affairs to be tasked with setting up a diplomatic service and to expound foreign policy on behalf of 500 million people the hurdle is immense. Welcome to the world of Catherine Ashton.
She did not seek the job of EU foreign minister and she was not first choice. She emerged from the chrysalis of a euro-compromise

Et maintenant, le changement :

One of Catherine Ashton's main tasks is to build a diplomatic service or what the EU calls its External Action Service. What it would entail was left surprisingly vague by the Lisbon Treaty and Catherine Ashton has to set out her plans at the beginning of April.

Autrement dit, le changement a été de nommer Lady Ashton. Pour le reste, c'est à elle de décider, et à ce qui faisait office de service diplomatique, et qui demeure. Et il n’y en avait pas un, mais deux : la Commission et le Conseil de l’Europe ayant chacun le sien. D'ailleurs les nations continuent à gérer leurs affaires comme si de rien n'était.

À croire que ce changement a été conçu par un Français. Toujours est-il qu’à en juger par la maturité de ses techniques de conduite du changement, l’UE ne devrait pas être en état de lire mes travaux avant quelques siècles…

Compléments :

  • En dépit de ses malheurs, Catherine Ashton ne devrait pas échouer. Après s’être moqués d’elle, les États et les organes européens compétents découvrent qu’elle ne peut perdre sans qu’ils se ridiculisent :
What Catherine Ashton has going for her is that both MEPs and most of Europe's leaders have a vested interest in making her job work. The consequence of failure is not just humiliation for Catherine Ashton but recognition that the long years of arguing have failed to deliver a stronger voice for Europe on the world stage. Few want to see that.

  • Ceci est tiré des idées du correspondant européen de la BBC.

Validation sociale

On essaie trois types d’arguments sur une population : « gagnez de l’argent en économisant de l’énergie », « protégez l’environnement », « voici la consommation d’énergie de vos voisins ». Le dernier est le plus efficace pour réduire la consommation du groupe.

Ce qui semble un appui à la théorie de la « validation sociale » (nous tendons à imiter la société) de Robert Cialdini, qui est à l’origine de l’expérience.

Ce qui montre aussi qu’il existe des mécanismes invisibles qui « changent » le groupe humain.

Compléments :

  • CIALDINI, Robert B., Influence: Science and Practice, Allyn and Bacon, 4ème édition, 2000.

Goldman ou l’Arnaque ?

Décortiquer les techniques utilisées par Goldman Sachs pour s’enrichir est devenu un genre. Cette banque aurait acquis un curieux savoir-faire : escroquer ses clients et l’État.

  • Il aurait mis à terre AIG, de connivence avec la Société Générale (?), en lui demandant des remboursements en cash. (L’assureur a été sauvé par le gouvernement. Il a alors pu à nouveau dédommager Goldman Sachs de ses pertes.)
  • Il a adopté le statu de banque de détail, qui lui a permis l’accès à un financement quasiment à taux nul, qu’il a réinvesti dans des bons du trésor.
  • Mais, alors que la mesure précédente avait pour but l’aide à l’économie. Il a refusé d’obtempérer. Ce qui a forcé le gouvernement à une relance qui s’apparente à de la comptabilité créative. Et, aussi, à acheter des crédits hypothécaires pour soutenir le secteur immobilier. Nouveau marché juteux, et sans risques, pour les banques.
  • Les règles comptables ont été modifiées par le gouvernement, si bien que certains actifs à risque ne le paraissent plus. D’où des bénéfices (et des bonus) surévalués.
  • Le gouvernement a voulu débarrasser les banques des actifs risqués. Du coup elles en ont acheté, pour pouvoir les lui revendre.
  • Du fait de leurs multiples activités, les banques, et Goldman Sachs en particulier, utiliseraient les informations que leur donnent leurs clients contre eux (par exemple quand une entreprise veut passer un gros ordre, la banque le passe avant lui, de façon à pouvoir faire une revente avec une plus-value assurée).

Ainsi, Goldman Sachs profiterait de sa position par rapport à l’état et à ses clients pour se lancer spéculation de très grande ampleur.

Quelle est l’innovation qui explique fait sa fortune ? L’article propose une curieuse solution : « Le système suppose un certain niveau minimum de comportement éthique et d’instinct civique, en plus de se qui est exprimé par la réglementation ». Pour s’enrichir, il suffit de ne pas faire ce que la société attend de vous !

Compléments :

mardi 9 mars 2010

Le petit blanc contre Obama

La côte d’Obama est faible dans l’électorat masculin blanc (elle a reculé de 60 à 40%).

Les actions du gouvernement Obama « renforcent le stéréotype selon lesquels le parti démocrate favorise tout le monde sauf les mâles blancs ». Heureusement pour les Démocrates, les hommes blancs occupent une part de la population américaine en diminution rapide (« 36% en 2008, contre 43% en 1994 »).

Au fond, ce mécontentement n’a rien d’étonnant : qu’il s’agisse de discrimination positive ou d’égalité des sexes, les mesures que favorisent les démocrates tendent à retirer aux petits blancs les positions sociales qu’ils occupaient.

La conduite du changement c’est faire évoluer une société, sans faire de perdants. Les Démocrates ne lisent pas ce blog.

Compléments :

Taux de change

Une étude sur les durables écarts de prix entre livres vendus sur Internet :

Il semblerait que pour qu’un taux de change ait un impact sur les affaires d’un pays, il doive-t-être significativement et longuement abaissé par rapport à ceux des nations avec lesquelles il commerce.

J’observe que c’est le cas pour la Chine, vis-à-vis du dollar et de l’euro. Ça pourrait être donc le cas de la livre et du dollar par rapport à l’euro.

lundi 8 mars 2010

Qu’est-ce que le Lean ?

Échange avec Bill Belt, qui me fait comprendre que je n’ai rien compris au « Lean » et, d’ailleurs, à ce que j’ai lu (il y a fort longtemps) sur le sujet.

À la fin des années 80 une très célèbre étude menée par le MIT (et qui a donné le livre The Machine that Changed the World) a montré une évolution historique des techniques de production :
  1. « Craft production », fabrication artisanale.
  2. « Mass production » dont le pionnier est Ford et qui va être le mode de production qui va faire la fortune de l’Occident du 20ème siècle.
  3. les techniques japonaises, qui obéissent à une logique nouvelle. Par opposition à « Mass production », ils l’appellent « Lean production ».
D’après Bill Belt, la « Lean production » est la formalisation par les Occidentaux de ce qui était en fait partie intégrante intransportable de la culture industrielle japonaise, elle-même inspirée par les techniques du management scientifique.
Bref « Lean » est l’évolution moderne des techniques de production. En quelque sorte toute l’industrie tend à être « Lean ». Lean n’est donc pas une sorte de mode de management comme je le pensais, une technique très particulière. C’est une philosophie générale.
Selon Bill Belt, il ne faudrait pas entendre « Lean » sous sa traduction littérale « maigre ». Il signifierait « sans gaspillage », son objectif est l’utilisation optimale des ressources de l’entreprise. Or, la ressource la plus mal employée est l’homme. Aujourd’hui, c’est un facteur de production, qui « exécute », qui applique des procédures, et, donc, dont on cherche à réduire le coût par tous les moyens. Le point clé du « Lean » serait que c’est l’homme, ou plutôt le tissu social, qui accumule le savoir-faire. Plus on développe ses compétences plus l’avantage concurrentiel de l’entreprise grandit.
En relisant rapidement The Machine that Changed the World, je constate que, contrairement à ce que je pensais, les recommandations des chercheurs du MIT se retrouvent, plus ou moins bien appliquées, dans l’entreprise moderne (notamment dans l’industrie automobile).
Une exception : le rôle central de l’homme.
Serait-ce pour cela que les promesses du Lean n’ont pas été réalisées ?

Prix de la vertu

Suite de la série sur les taux de change. Les pays se livrent à une surenchère de dépréciation de leur monnaie.

Mais la vertu pourrait finir par être récompensée : l’inflation ne semble pas partie pour démarrer, mais les marchés financiers pourraient s’inquiéter de l’affaiblissement de certaines économies et exiger d’elles une augmentation de la rémunération de leur dette…

Exclusion scolaire

Recherches d’un économiste. Environ 25% des Américains ne finissent pas le collège, 35% pour les noirs et hispaniques. Les filles réussissent significativement mieux que les garçons. La situation s'est dégradée depuis les années 60.

Résultat : une main d’œuvre dont la qualité baisse nettement, et une économie qui en pâtit nécessairement.

Explication ? Probablement des familles fragiles.

Voilà qui ressemble beaucoup à la situation française. Avec un peu d’avance.

dimanche 7 mars 2010

Euro et Anglo-saxon

Depuis quelques semaines, et la crise grecque, l’Anglo-saxon discute des vertus de l’euro et de celles (qu’il préfère souvent) de taux de change flottants. Jusqu’ici la question me laissait inerte. Une idée émerge cependant :

Grèce, Irlande, Espagne et Portugal montrent en quoi un taux de change immuable est douloureux : s’y adapter demande une transformation du tissu social. Par opposition, un taux de change flottant produit, à quelques risques d’inflation près, un équilibrage automatique.

Il y a plus subtil. La zone euro doit ajuster les salaires de ceux de ses membres qui se sont décalés par rapport à ceux de l’Allemagne (Euro erreur ?). Si j’en crois ce que disent Grecs et Irlandais, cet ajustement va porter principalement sur les moins fortunés (par exemple la masse des fonctionnaires). Or, moult statistiques (cf. Inégalités françaises ?) montrent que les dernières décennies ont vu une stagnation des revenus du gros de la population, et même un appauvrissement par rapport à des critères de bien être tels qu'emploi et accès au logement. Plus on était riche, plus on s’enrichissait. Alors, s’il y a eu perte de compétitivité c’est du fait des salaires les plus élevés ?

N’est-ce pas ce que risque de montrer les ajustements que va devoir subir la zone euro ?

L’avantage d’un taux de change adaptable serait-il là : il masque une vérité inconvenante ?

Compléments :

Drame de la Presse

Une méchante fée s’est penchée sur le berceau de la Presse dit Le Nouvel Économiste. L’État :

  • Pour qu’elle ne puisse pas tomber sous la coupe des puissances d’argent, après guerre, il en a fait une sorte de service public, subventionné à tort et à travers (12% de ses revenus plus une TVA de 2,1% qui couvre même les 90% de la presse qui ne s’intéressent pas à l’information – 2,9md€/an en tout). Mieux, elle l’a placée entre les mains « d’actionnaires sans capitaux ». Des idéologues qui ne comprenaient rien au fonctionnement d’une entreprise. Ils ont cru que leur indépendance passait par la possession des moyens de production, et ils ont manqué toutes les chances que leur ouvrait le marché (supplément du week-end, annonces). Internet est la dernière goutte : ils s’y sont jetés sans réfléchir. Et ils ont convaincu le marché que la presse devait être gratuite.
  • À cela s’ajoute des réglementations et protections dans tous les sens : ex NMPP, acquis sociaux du Syndicat du Livre, etc.

Alors comment s’en tire-t-on ? Le Nouvel Économiste n’est pas français pour rien. Il en appelle à l’État, pour « accompagner », voire « contraindre », « une profonde réforme dans tous les domaines ».

Je ne suis pas convaincu. Pour ma part, je crois que la Presse sera sauvée le jour où la France produira des journalistes dont on aura envie de lire les articles, ou d’écouter les reportages.

Compléments :

Faut-il voter?

Voyant arriver les élections régionales, je me suis demandé comment faire un choix rationnel. Voici où j’en suis de ma réflexion :

  • Quoi qu’il arrive, le choix politique en France se fera probablement entre un matamore ridicule et un groupe de Tartuffes qui se haïssent (Silvio Berlusconi). Ça ne tient pas aux hommes, certainement délicieux vus de près, mais à la nature de notre société. C’est un « fait social » au sens de Durkheim.
  • Gauche, droite même résultat. Ils sont victimes d’une sorte de fatalité qui fait que la France évolue indépendamment de qui nous dirige (La France en mutation).
  • Ce n’est pas pour autant qu’il faut se désintéresser de la politique. Nos gouvernants ont en tête des idées qui vont à contre courant de nos intérêts et de nos valeurs (N.Sarkozy dernier des libéraux?, Qu’est-ce qui pousse le PS ?). S’ils pensaient être légitimes, ils les appliqueraient. Nous sommes un nécessaire contre-pouvoir.
  • Ce n’est pas pour autant que le pays est paralysé. Nos gouvernants sont incapables de réflexion à long terme. Le mieux qu’ils puissent faire c’est le « coup médiatique », en espérant nous faire confondre lard et cochon (Bricolage industriel). Que nous n’ayons aucune confiance en eux nous force à prendre notre sort en main, à réfléchir. Une fois que la société aura une idée de ce qui est bon pour elle, elle saura l’imposer à ses dirigeants.
  • Finalement, je soupçonne qu’il est préférable, au moins dans l’état de maturité actuel de notre société, d’avoir un gouvernement en qui nous n’avons pas confiance. Ainsi nous sommes forcés de le contrôler, donc de penser. Car, aussi dévoué qu’il soit, l’homme ne peut pas diriger seul une nation. C'est trop compliqué.

L’inefficacité du système serait donc sa qualité : elle empêche toute décision insuffisamment réfléchie.

samedi 6 mars 2010

Hugo Boris

Entendu chez RFI. Roman enquête sur la vie d’un cosmonaute russe.

Pourquoi russe ? Parce que les Américains sont tout imprégnés du mythe de la conquête de l’espace. Ils ne savent que tenir un langage convenu. Les Russes eux ne masquent pas la réalité. Elle est effroyable. Le cosmonaute souffre, se déforme, perd tout ce qui fait le beau de l’existence, et tente de se suicider.

La conquête de l’espace est contre nature ?

Administrer un dirigeant

Un de mes anciens grands patrons est devenu administrateur de sociétés. Il se demande comment faire entendre raison à l’un de leurs P-DG.

Il est certain que la rentabilité de son entreprise pourrait être 5 fois ce qu’elle est. Mais voilà, le P-DG refuse qu’on lui donne des leçons. Il commence même à regarder de travers son administrateur. N'est-ce pas un cas de résistance au changement ? me demande mon ancien dirigeant.

Ce qu'il me semble :

  1. Quand un dirigeant est nommé pour contrebalancer un dirigeant, les deux hommes se battent pour le gouvernail. Un dirigeant n’est-il pas fait pour diriger ?
  2. Pour que quelqu’un vous écoute, il faut qu’entre vous se soit établie une « relation d’aide ». Vous devez en devenir le confident. Il vous parlera de ses inquiétudes. Et il y a de fortes chances pour qu’elles retrouvent, en d’autres mots, votre diagnostic. Mais, alors, la personne aimera vos conseils, qui arriveront à point.

Compléments :

  • Sur la constitution d’une « relation d’aide » : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

vendredi 5 mars 2010

Silvio Berlusconi

J’entends dire que la RAI ne diffusera pas de débats politiques. Ce qui réduit un peu plus l’espace d’expression de l’opposition à Silvio Berlusconi.

Bizarre. Silvio Berlusconi a une image internationale effroyable et pourtant il se maintient au pouvoir. Cela pose de curieuses questions :

  • Les Italiens sont-ils idiots ? L’opposition est en proie aux divisions. Berlusconi n’est peut-être pas un aussi mauvais choix qu’il y paraît.
  • Parallèle avec la France ? Une droite soumise à un « mâle dominant » fanfaron, qui donne au pays une image internationale ridicule, une gauche bien pensante victime d’une guerre des chefs incessante qui prépare mal au gouvernement ? (Et dont le seul programme est de dénoncer les malversations du dit « mâle dominant ».)
Qu’est-ce, dans nos cultures, qui peut expliquer ce bizarre équilibre ?

Fondamentaux

Ce billet récapitule quelques billets illustrant les sciences du changement.
  • Changement : définition. Qu’appelle-t-on changement ? Généralement pas ce que nous entendons par ce mot.
  • Erreurs qui tuent le changement. Curieusement, le changement étant inhérent à la vie, nous savons tous conduire le changement. Ses échecs viennent de quelques erreurs « grossières », inscrites dans notre culture. Apprendre à conduire le changement, c’est avant tout apprendre à ne pas faire ces erreurs. (En particulier, le changement est souvent pour nous une vengeance ou une punition : La punition est inefficace.)
  • Contrôlez le changement ! S’il n’y a qu’une chose à retenir sur le changement, c’est qu’il faut le contrôler. Le facteur clé de succès du changement c’est cela. Et la clé de voûte du contrôle, c’est l’animateur du changement. Comment le reconnaître ? Donneur d'aide et animateur du changement.
  • L’objet du contrôle de gestion est, justement, de contrôler le comportement de l’organisation. Mais, au fait, de quoi parle-t-on ? PME et contrôle de gestion.
  • Vaincre sa résistance au changement. Le « grand théorème du changement ». Le changement est une question d’anxiétés.
  • Les résistances organisationnelles au changement. L’organisation est un tissu de mécanismes de contrôles invisibles. S’ils résistent, c’est que le changement veut détruire l’édifice. Ce qui paraît contre-intuitif dans les techniques de conduite du changement devient évident quand on a compris cela.
  • Effet de levier. Le changement se fait « à effet de levier », c’est-à-dire qu’il ne demande aucun moyen. Et ce pour la bonne raison que les organisations sont faites pour changer (sinon elles crèveraient !). Seulement le mécanisme qui le permet est caché.
  • Ordinateur social. Le changement est une prise de judo. On ne peut pas faire changer une organisation si elle ne veut pas changer. Pour cela on doit l’utiliser en « ordinateur social », c'est-à-dire l’utiliser pour concevoir la nouvelle organisation que demande le changement.
  • Que faire dans l'incertain ? L’incertain désoriente l’individu, le dirigeant en particulier. Soit il est paralysé, soit il s’accroche à une décision, sans vouloir rien entendre. Catastrophe assurée. Solution ? Transformer l’incertain en certain.
  • Culture et changement. Ce que les ethnologues appellent « culture », c'est-à-dire les règles (essentiellement implicites) qui guident nos comportements (cf. la politesse), joue un rôle capital dans le changement. Exemple et techniques.
  • Technique du paradoxe. Le paradoxe est la boussole du changement. L’idée est de repérer ce qui est « bizarre ». Cela signifie une logique qui n’est pas la nôtre. Si l’on arrive à reconstituer cette logique, il ne reste plus qu’à concevoir le changement de façon à ce qu’il s’y conforme et le tour et joué.
  • Ce que vous avez toujours voulu savoir. Quelques questions habituelles sur le changement.
  • Consultant en conduite du changement. Y a-t-il un marché pour le conseil en conduite du changement ?
  • Changer de changement. Les techniques de conduite du changement enseignées et utilisées le plus couramment appartiennent à deux familles : dirigisme bureaucratique et marché. À quoi ressembleraient des techniques inspirées de la démocratie ?
  • Pourquoi l’univers peut-il changer, sans que ce changement ne soit une anarchie ? Autrement dit, pourquoi la vie ? Le changement est la question la mieux étudiée par les sciences. Quelques références bibliographiques : Changement : textes de référence (début) et Changement : textes de référence (thèse).

jeudi 4 mars 2010

Bricolage industriel

"Je lis parfois des interrogations sur ma politique économique : est-elle libérale ? Est-elle interventionniste ? Protectionniste ? A ceux qui s'interrogent, je livre aujourd'hui un principe fondateur de toute la politique que j'ai voulu mener, dès avant 2007, et plus encore depuis : la priorité absolue donnée au redressement de l'industrie française"
Le Président de la République annonce que l’industrie française produira 25% de plus dans 5 ans. Ce qui, semble-t-il, correspond à la remettre au niveau d’avant crise (il y a deux ans).

Dans ces conditions, il n’est peut-être pas étonnant que les mesures prises laissent dubitatifs les observateurs. L’industrie devrait se remettre d’elle-même.

D’ailleurs, comment un gouvernement peut-il relancer tout un secteur ? À moins, peut-être, d’une politique industrielle à l’Allemande. Et cela demande plus qu'une réflexion de cinq minutes.

Compléments :
  • Quelqu’un qui défendait l’industrie à l’époque où cela n’était pas bien vu : FINGLETON, Eamonn, Unsustainable: How Economic Dogma Is Destroying U.S. Prosperity, Nation Books, 2003.

Revues de livres

Liste des principaux commentaires de livres que j’ai faits depuis que ce blog existe. (Jusque-là cette liste occupait la marge de droite du blog.) On trouvera d’autres commentaires de livres, mais moins détaillés, sur Amazon.fr.

Économie
USA
Chine
Inde
Russie
Europe
France
Civilisation romaine
  • Cicéron / Grimal. Biographie de Cicéron, qui en synthétisant les pensées grecques et romaines à peut-être posé les bases de la nôtre.

Civilisation grecque
Sociologie
Philosophie

mercredi 3 mars 2010

Disparition de l’industrie ?

J’entends vaguement une journaliste expliquer les malheurs de l’industrie française. N’étant pas concentré, j’ai dû faire appel à mon inconscient pour écrire ce qui suit :

L’industrie représenterait 13% de l’emploi (25% en Allemagne). Elle aurait fondu. Mais ce pourrait être essentiellement une question de mesure.

En effet, dès que le marketing ou les études sont externalisés, ils deviennent des services. Ce type de « services » aurait cru de 7 à 13% (?) de l’emploi national. Et l’industrie utilise 50% des intérimaires, qui sont aussi considérés comme des services… (Les intérimaires étaient 624.000 en 2008, 405.000 en 2009 ; en 2008, il y avait 28m d’actifs dont 2m de chômeurs d’après l’INSEE).

La crise va-t-elle se poursuivre ?

Jean-Hervé Lorenzi, important économiste, résume notre situation – critique - d’une manière qui a le mérite d’être claire, et propose quelques solutions qui ont le mérite de ne pas être compliquées :

  • Cela devrait mal se passer au second semestre 2010 : les effets de la relance se seront essoufflés et rien n’aura repris. Non seulement les banques ne prêtent pas mais il y a surcapacité de production, d’où guerre des prix et délocalisations. Curieusement il y a beaucoup de liquidités, d’où peu de risque d’inflation, mais gros risque de spéculation…
  • Dans ces conditions une politique de rigueur budgétaire ne ferait qu’accélérer le cercle vicieux. Par conséquent, il faut continuer à aider l’économie tout en rassurant les marchés financiers quant à la capacité de l’État à éliminer les déficits publics.
  • Suggestions : généralisation de la LOLF et suppression des barrières entre corps de fonctionnaires ; résoudre le problème des chômeurs (massivement) en fin de droits (comment ?) ; prévenir le (massif) chômage des nouveaux arrivants sur le marché du travail – et son effet destructeur du talent national - en amenant les grandes entreprises (qui ne recrutent pas) à offrir des formations professionnelles ; relancer la construction de logements (fournit immédiatement des emplois) ; adosser Oséo à la Banque Postale pour prendre le relai d’un secteur bancaire défaillant.

Curieux bilan. Il donne l’impression que l’État doit empêcher de nuire une économie de marché qui a créée la crise (non seulement la crise est financière, mais la surproduction vient du crédit facile). Ainsi, le secteur financier est « inquiet » de l’endettement des États, dont il est la cause ; il faut le rassurer ; il ne joue plus son rôle : il spécule mais n’alimente plus les entreprises ; entreprises qui ont augmenté leurs capacités de manière irréfléchie et qui maintenant réduisent leurs coûts de la même façon (ce qui ne donne à personne d'avantage), ce faisant démolissant leur marché...

Victoire du court-termisme

Un cadre qui faisait apparemment une carrière exceptionnelle dans une apparemment très belle multinationale démissionne, à la surprise de son directeur général, qui l’estimait beaucoup. Voici ses raisons :

Depuis que je suis arrivé je n'ai eu aucun parcours d'intégration, de formation [à ma nouvelle spécialité] (j'ai été « livré à moi-même »), de visite d'usine, de visite de [distributeur] ou de formation quelconque, toutes ces choses qui donnent un sentiment d'appartenance à une entreprise. Pas une seule fois je n'ai eu une discussion avec les RH pour parler d'un plan de carrière éventuel. A aucun moment je n'ai été convoqué à un amphithéâtre pour que les dirigeants me parlent de ce qu'ils attendent de moi ou en quoi notre force de travail est importante pour l'entreprise.

Ce n'est que depuis [mon dernier poste] que je découvre cela avec mon nouveau DG et je vois à quel point il est important de développer un sentiment d'appartenance. Même si cela a un coût, et c'est la raison pour laquelle l'Entreprise réduit autant ce type de prestations, je pense que le retour sur investissement est élevé pour qui souhaite conserver ses compétences.

Je ne remets pas en question tout ce que [la société] m'a appris (car j'ai énormément appris) mais j'estime ne rien devoir car j'ai rendu service en échange.

Enfin, mes conditions financières actuelles, pour des raisons de réductions de coût et de moyenne d'âge et en aucun cas de prise en compte d'un facteur performance, ont également contribué à dégrader ce sentiment d'appartenance.

À quoi l'on peut ajouter que le dit cadre avait pris la place d’un autre cadre qui avait démissionné. Une entreprise dont les employés partent à peine formés peut-elle prétendre qu’elle réduit ses coûts au maximum ? Ou n’est-elle plus que coûts et zéro activité ?

Probablement une entreprise comme beaucoup d’autres. Le management moderne voit certainement l’entreprise comme une collection d’individus que l’on juge en fonction de leur coût. Et le personnel a bien saisi le message : il prend ce qu’il peut, et quitte l’entreprise au plus vite. Pas sûr qu’elle y gagne.

Il n’est plus question de tout ce qui fait le groupe humain, c’est-à-dire d’un capital social, d’un savoir-faire – informel – partagé. C’est pourtant ça la valeur de l’entreprise, son avantage concurrentiel. Les dirigeants ne soupçonnent certainement pas qu’ils dissipent leur héritage et que le jour où il se sera évaporé, il ne restera rien de l’entreprise.

Shutter Island

Je vois généralement des films anciens. Tentative pour être de mon temps. Dernier film de Martin Scorsese.

Première impression : mais pourquoi di Caprio a-t-il cette barbe mal rasée, miteuse, mais toujours de même longueur, inconcevable en 1950 ?

Sinon ça ressemble au dernier Lynch, une sorte de spirale qui transforme notre perception du monde sans qu’elle puisse retomber sur ses pieds – tout n’est qu’illusion ? Éléments déchaînés, puis calme après la tempête. Ça donne l’occasion à de grands acteurs de jouer des rôles de grands acteurs, c'est-à-dire double, voire triple, jeu.

Ce film est-il le grand drame, avec un rebondissement de rebondissement inattendu, qu’il prétend être ? Pour que je le pense, il aurait fallu que je ne sois pas rebuté par une vision, américaine et bien pensante (i.e. repentante), de Dachau, et que j’éprouve de la sympathie pour le héros, et surtout pour son épouse.

Les bons sentiments, le professionnalisme et le métier ne sont pas suffisants pour faire un bon film.

mardi 2 mars 2010

Blues anglais

La livre est faiblarde, la presse anglaise est dépressive :

La situation des finances publiques ne serait pas meilleure que celle de la Grèce. Son gouvernement aurait dépensé inconsidérément pendant les belles années et aurait eu recours à une comptabilité créative enronienne. Il n’aurait pas su contenir un secteur bancaire, maintenant hypertrophié (4 fois le PIB du pays), et que la nation s'est épuisée à remettre à flot.

La Grande Bretagne a quatre caractéristiques inconsistantes. C’est une petite économie, ouverte, avec un secteur financier important et internationalement exposé, une monnaie de seconde division qui lui est propre, et une capacité fiscale de secours limitée. Cela lui donne une vulnérabilité unique.

À cela s’ajoute des sondages qui annoncent de plus en plus un parlement de coalition, promesse d’indécision selon les marchés.

Thomas Legrand

Avant-hier, Thomas Legrand, chroniqueur de France Inter, parlait de son dernier livre. Selon lui N.Sarkozy serait un « Chirac en sueur » : un président qui s’agite mais fait peu.

C’est ce que disait déjà Les réformes ratées du président Sarkozy. Ce qui ne signifie pas d’ailleurs une totale innocuité de l’effort : Édouard Balladur observait dimanche sur France Culture que les déficits structurels de la France avaient une tendance naturelle, indépendante de la couleur du gouvernement, à empirer. (Voir aussi : L'étrange changement de M.Sarkozy.)

Le plus curieux peut-être est que l’image d’un Sarkozy efficace serait poussée par l’opposition, qui l’utiliserait pour faire peur à l’opinion publique.

Si c’est le cas, c’est franchement affligeant. À quand une opposition qui s’intéresse à nos problèmes et nous explique que nous devons voter pour elle parce qu’elle sait les résoudre mieux que le gouvernement ?

Compléments :

Corée du Nord

Une sorte d’ingénieux équilibre de la famine :

  • La Corée du Nord aurait emprunté l’idéologie du Japon d’avant guerre. Le gouvernant serait la mère du peuple.
  • Il ne lui promettrait pas la satisfaction de ses besoins (ce dont il est incapable) mais la protection contre l’ennemi américain, dont il s’assure de l’hostilité grâce à ses provocations.
  • L’aide internationale serait interprétée comme tribut à la supériorité coréenne.

lundi 1 mars 2010

Afghanistan : bout du tunnel ?

L’OTAN tiendrait le haut du pavé en Afghanistan :

  • Les Talibans seraient soutenus par une minorité (30% des Pashtouns qui représentent 2/5ème de la population) et honnis par une majorité.
  • La majorité du peuple désirerait un minimum de confort matériel et de risques de se faire tuer. Et l’OTAN serait vu comme meilleur que les Talibans pour chaque critère de satisfaction (en particulier, il tuerait beaucoup moins de civils).
  • L’offensive en cours vise à éliminer le cœur du dispositif taliban.

Les calculs du général McChrystal auraient-ils été corrects ?

Comment Toyota perdit son âme

L’erreur de Toyota est d’avoir voulu être plus gros que GM.

Course en avant. La méthode qui faisait la gloire de Toyota ne peut suivre. Croissance excessive du nombre de sous-traitants, qui ne partagent plus la culture très particulière de Toyota. Pas assez de personnels qualifiés pour les encadrer. Une centralisation excessive qui paralyse la communication.

Dissuasif Obama

Les dirigeants d’Al Caïda sont poursuivis et éliminés, sans arrière pensée (y compris pour les éventuelles bavures qui accompagnent les exécutions). En Irak et en Afghanistan, la conduite de la guerre s’apparente à de la gestion de projet.

Pour B.Obama les guerres seraient-elles des équations ?

Is Barack Obama tough enough?

dimanche 28 février 2010

Liberté de la Presse

Deux journalistes français sont prisonniers des Talibans. Alain Genestar se plaint de l’attitude de l’armée et du gouvernement français. Ceux-ci semblent dire que les journalistes sont tombés dans un piège qui leur avait été signalé et que, pour les en sortir, cela coûte cher, et des hommes risquent leur vie.

Alain Genestar observe un changement d’attitude : hier encore télévision ou radio commençaient leurs journaux en rappelant le sort de journalistes otages ; les présidents étaient compatissants. D’ailleurs, pourquoi ce reproche « d’imprudence » ? La liberté de la presse n’exige-t-elle pas du journaliste d’être imprudent, comme le fut Robert Capa, qui débarqua en Normandie en première ligne ?

Questions :

  • Si l’otage était un diplomate, un touriste, un homme d’affaires, aurait-il droit à autant d'égards ?
  • Nous nous plaignons tous de la presse, qui ne nous informe pas. Comment se fait-il que les journalistes mènent des enquêtes imprudentes, sans que rien n’en sorte ?
  • Des militaires meurent en Afghanistan, pour une guerre qui n’est pas du tout populaire, or, non seulement on n’en parle pas, mais ils ne demandent pas qu’on rappelle leur sacrifice à chaque journal télé. Pourquoi un tel écart de comportement entre deux professions ?

Est-ce que ce qui donne tant de prix au journaliste, c’est qu’il représente la « liberté de la presse » ? Voilà pourquoi dès que quoi que ce soit survient à un membre de sa corporation, on en fait une affaire d’État ? Et, s’il ne ramène rien de ses enquêtes, est-ce parce qu’il n’y cherche que la confirmation de ce qu’il sait ? Pense-t-il représenter l’information – devoir nous dire le bien, qu'il tient de Dieu ? L’enquête serait-elle devenue un rite ?

De qui Robert Capa était-il le plus proche ? Des militaires ou des journalistes modernes ? Ne risquait-il pas sa vie pour une mission ? Se croyait-il des droits particuliers ? Alors qu’il devrait la servir, le journaliste pense-t-il maintenant être la presse ?

Georges Frêche

Comme Louis XVIII, je m’informe sur la France dans la presse anglaise.

J’y apprends que l’offensive du PS contre Georges Frêche fait un flop : 6 à 31 (% d’intentions de vote).

La raison en serait un réflexe « anti-parisianiste », le rejet par l’électeur régional du diktat de l’élite du PS, donneuse de leçons et « bien pensante ».

Y aurait-il deux socialismes ? Un socialisme régional, apprécié des électeurs ; un socialisme national qui ne l'est pas ?

Crise Afghane ?

Le soutien à l’intervention de nos troupes en Afghanistan est très au dessous des niveaux qui causent ailleurs les crises gouvernementales. Pourquoi n’avons-nous pas la nôtre ?

Explication de l’article : l’opposition ne s’est pas saisie de la question.

Alors, sans relai politique, nos mécontentements ne peuvent exister ? L’histoire me semble dire le contraire.

Il est plus vraisemblable que la population française a un faible intérêt pour la question, sans quoi elle serait déjà dans la rue. Par contre, il est possible que les politiques aient, quand ils le désirent, la capacité de transformer ses velléités en insurrection.

Industrie, avenir de l’Occident ?

Un économiste met sens dessus dessous le dogme selon lequel les nations doivent cheminer de l’industrie aux services.

Par des arguments relativement simples il semble montrer que la productivité des pays émergents croit plus vite dans les services que dans l’industrie. Par conséquent, utilisant un des plus vieux principes de l’économie, il estime qu’ils ont un « avantage comparatif » dans les services. Ils devraient donc s’y concentrer (ou s’y diriger, pour les pays africains).

À l’inverse ceci signifierait que l’avantage comparatif des vieilles nations industrielles est l’industrie…

samedi 27 février 2010

Obama négocie

B.Obama était adoré de la foule. Il avait une majorité absolue partout. Son opposition était ridiculisée et désorganisée. Or sa première année de mandature a tourné à la Bérézina. Aujourd'hui, les Démocrates se sabordent plutôt que de se présenter aux prochaines élections. Obama devient impopulaire. Les ténors de son camp l’insultent. Comment en est-on arrivé là ? Voici ce que j’ai retenu de ce que j'ai lu :


La déroute
  • Ses partisans ont fait des caprices, se sont montrés peu unis, d’où frein au processus de réforme, mais aussi réformes encombrées par des demandes populistes ou idéologiques, qui les vident de leur efficacité et inquiètent les foules.
  • « Tea party ». Ce mouvement populaire dénonce la remise en cause des valeurs de la nation américaine. Il voit du « socialisme » dans les réformes d’Obama et elles menacent d’augmenter la taille de l’État.
Ce mécontentement produit la perte d’un siège de sénateur. Fin de la « super majorité » démocrate. Échec et mat ?


Stratégie des Républicains

Curieuse position des Républicains.
  • Leur stratégie depuis Reagan est « d’affamer la bête », d’éliminer les ressources de l’État pour le forcer à se réformer. Mais, le gros de ses coûts, c’est l’armée et la protection sociale, des dépenses auxquelles les Américains tiennent plus qu’à tout. Si les Républicains sont contraints à expliquer comment réduire la taille de l’État, ils seront fatalement impopulaires (et on découvrira qu’ils ont énormément contribué aux dépenses).
  • Leur jeu est donc d’empêcher le processus de réforme d’en arriver là. Ils attisent le procès d’intention populaire.
Le succès est grand. Les prochaines élections sénatoriales vont-être fatales aux démocrates. N’ont-ils pas collaboré à une réforme honnie ? Les sénateurs démocrates, terrorisés, annoncent leur retraite. Ça devient une épidémie.

Pas encore convaincu que l’Américain est un veau seulement digne de la dictature ? Le coup de grâce :
Pourquoi le Massachussetts, état hyper démocrate, vient-il d’élire un Républicain ? Par peur que la réforme du système de santé compromette le sien. Or le principe même de cette réforme est d’étendre le système de santé du Massachussetts aux USA !


Obama aux nerfs d’acier ?

Mais B.Obama ne perd pas son calme, et ne claque pas la porte. Il a réuni les deux camps et leur a demandé d’identifier leurs accords et désaccords :
  • Comme on peut s’y attendre, il y a accord sur les objectifs de la réforme. Il ne reste plus à B.Obama qu’à demander aux Républicains comment ils comptent les mettre en œuvre. Un piège dans lequel ils ne veulent pas tomber. Ils recourent à des sophismes (notre système est le meilleur : le premier ministre canadien se fait soigner chez nous), qu’il n’est pas difficile à l’esprit rationnel d’Obama de ridiculiser (je ne parle pas d’une personne, riche, mais de toute la population, pauvre). Encore faut-il que cela soit perçu par l’électeur. Et c’est là qu’Obama semble retourner la situation :
  • Une sorte de gentleman agreement voulait que le vote d'une loi au Sénat demande une « super majorité ». En droit, une majorité simple suffit. B.Obama estime que, contrairement à ce que l’on croyait, le peuple ne lui tiendra pas rigueur du procédé : il veut des résultats.
  • On disait que, le peuple n’aimant pas la réforme de la santé, les chances de réélection de celui qui y contribuait étaient nulles. B.Obama explique qu’une absence de réformes est une preuve d’impuissance bien plus dangereuse.
Et si le peuple récompensait les démocrates d’avoir fait passer une loi servant le bien public ? Et s'il finissait par tenir rigueur du refus tactique de collaboration des Républicains ? L’union sacrée pour servir la cause commune n’est-elle pas une valeur américaine ?

B.Obama va-t-il amener les Démocrates à moins d’idéologie ? Les Républicains à moins de tactique politicienne ? Va-t-il les amener à la raison ?


Commentaires

B.Obama semble changer de stratégie. Il a joué la séduction, il a démontré son manque de charisme. C’est un calculateur à sang froid. Aujourd’hui il paraît attirer ses opposants sur son terrain. Celui de la rationalité.
Ce qui précède est caricatural. J’ai « surinterprété » les événements. Mais, au moins, c’est une position de départ pour décoder la suite de la négociation.

Compléments :
  • Ce qui peut expliquer un éventuel biais de mon interprétation, est que ce que j’écris ici ressemble beaucoup à ce que je dis, de par ma profession :
  1. Ce qui bloque une négociation est que l’on s’affronte sur le moyen, pas la fin. Il faut donc savoir revenir à cette dernière. Une fois que l’on a un objectif commun, il faut chercher une solution qui satisfasse les contraintes des deux camps. La démarche s’exprime en deux principes : passer de l’émotionnel au rationnel et du face-à-face au côte-à-côte. (FISHER, Roger, URY, William L., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin, 1991.)
  2. La remise en cause d’hypothèses inconscientes, que B.Obama semble avoir provoquée, est l’étape initiale de tout changement (« insight » des psychologues).
  3. B.Obama serait-il un optimiste ?

Quai Branly

De l’extérieur le musée me fait penser à un porte-conteneurs. Et ça ne donne pas l’impression d’un bon état. À un endroit la pluie traversait le toit et tombait sur l’œuvre d’aborigènes australiens.

Jadis, chaque roi ou empereur donnait un nom au style de son époque. Il faudrait reprendre la tradition. La Grande bibliothèque, le Front de Seine, le Musée du Quai Branly… sont du style Vème République. À l’image du goût de nos présidents : laid et prétentieux. Probablement le style que Tocqueville avait en tête lorsqu’il prévoyait la disparition de ce que son époque avait de beau et de grand.

L’intérieur est sombre. Lugubre même. J’ai trouvé les objets petits et tristes. Un peu comme si l’on avait pris les jouets de nos ancêtres pauvres.

S’il y a musée, c’est que l’on s’attend de nous que nous nous émerveillions. Que nous trouvions ce qui y est aussi beau que ce que nous avons produit. Ne sommes nous pas la quintessence de la bienpensance ?

Mais que sont ces objets sans la société qui était autour d’eux, sans la signification et l’amour qu’elle leur apportait ? Pas beaucoup plus que le jouet qui a fait le bonheur de nos ancêtres ?

vendredi 26 février 2010

L’invention d’Israël

Pierre Assouline fait état d’une thèse selon laquelle, si j’ai bien compris, le peuple juif actuel ne résulterait pas d’une migration venue de Palestine mais de la conversion de multiples populations. Les juifs des origines seraient restés sur place, et se seraient convertis aux religions dominantes.

La thèse officielle aurait été inventée au 19ème siècle pour justifier le droit des juifs à faire d’Israël leur pays.

Ces travaux, qui semblent fort discutés, peuvent-ils remettre en cause la légitimité d’Israël ?

Le 19ème siècle a vu « l’invention » de la notion de nation, en Europe. C’est à cette période que nous avons décidé que nous descendions des Gaulois. Que ce mythe soit maintenant tourné en ridicule n’a pas pour autant déséquilibré le pays. Et qui croit encore à la pureté génétique des nations ?

Et si le but de ces travaux était, plutôt, de montrer que les peuples qui vivent en Palestine n’ont pas de raison de s’affronter ?

Compléments :

  • THIESSE Anne-Marie, La création des identités nationales, Seuil, 2001.

jeudi 25 février 2010

Tournant mondial ?

Curieux. Il y a peu, on était ridicule si l’on n’affirmait pas que l’avenir était aux services. Or, voilà que Coca-Cola, machine de marketing, achète les usines qui produisent ses boissons. Ce qu’avait déjà fait Pepsi.

Raison ?

Wal-Mart Stores’ emergence as the dominant retailer, new trends in consumer tastes and the onset of hundreds of new beverage brands have chipped away at the benefits Coke and PepsiCo enjoyed in keeping their biggest bottlers at arms’ length.
The separation gave bottlers little incentive to take risks with new products, and left the two sides haggling over how to share sales.

Après les achats par Boeing, hier encore champion de l’idéologie de la délocalisation, de ses sous-traitants, serait-on en face d’une phase d’intégration verticale ? Avec, en plus, la fin des délocalisations à tour de bras ?

Compléments :

  • Je soupçonne que l’on va brutalement découvrir que les pays émergents ne sont pas sûrs

Lutte des sexes

Une étude montre qu’il y a une nette amélioration de le performance économique d’une entreprise, si son encadrement est féminin à plus de 35%.

Ce seuil correspondrait à celui qui permet à une minorité de se faire entendre.

L’homme pourrait donc connaître le chômage de manière disproportionnée. Comme cela est déjà le cas d’ailleurs. Son destin, s’il veut éviter d’être SDF : homme au foyer ?

Compléments :

  • L'homme doit se rendre désirable ? Marché d'avenir : la cosmétique masculine ?

Ethnologie du journalisme

Je suis réveillé par le journal de France Musique. Le présentateur se réjouit de l’augmentation du chômage : N.Sarkozy n’a pas tenu ses promesses.

Un ami me disait il y a peu qu’il trouvait les nouvelles déprimantes. Pas étonnant : les journalistes veulent nous démontrer l’incompétence de ceux qui nous gouvernent. Ce serait bien s’ils pensaient à nous expliquer pourquoi leurs élus vont faire notre bonheur. Mais non. Au mieux ce qu’ils nous en disent annonce l’avènement d'une morale sévère et de la contrition : nous paierons pour nos crimes.

Je ne suis pas honnête : j’écoute la radio publique, affiliée au PS, pas représentative de tous les journalismes. Mais la radio privée est-elle différente ? Les journalistes pensent que le capitalisme c’est l’homme loup pour l’homme. Ceux restés à gauche se battent contre son avènement ; ceux qui ont retourné leur veste se comportent selon les règles qu’ils prêtent à leur maître.

Compléments :

Cicéron

Les philosophes des Lumières admiraient Cicéron, pourquoi ? me suis-je demandé. GRIMAL, Pierre, Cicéron, Fayard, 1986.

Résistant
Cicéron fut un grand résistant au changement, il s’est arcbouté pour que la République romaine ne devienne pas un Empire. Paradoxalement, sa pensée aurait été à l’origine de l’idéologie sur laquelle s’est reposé, et qui a justifié, l’Empire. Mais aussi ses conquêtes : Rome ayant pour mission d’étendre la justice au monde.
Cicéron voulait que la République romaine soit éternelle. Ses principes fondateurs étaient parfaits, il suffisait de bien les utiliser.
Pour lui, Rome était une combinaison idéale entre monarchie, oligarchie (aristocratie) et démocratie. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients, les combiner judicieusement permettait de profiter des premiers sans avoir les seconds. Pour cela il devait y avoir dans la cité des sages qui l’orientent dans la bonne direction, qui lui donnent de bonnes lois. Plutôt des intermédiaires que des dirigeants. Leurs choix devaient être guidés par la philosophie, héritage des pensées grecques et romaines (chaque courant philosophique ayant son utilité).
Est-ce l’égoïsme qui a fait s’effondrer l’édifice ? Les Romains, ne ressentant plus la nécessité d’une solidarité justifiée par la menace extérieure, ont commencé à se disputer pour ses acquis. Le Sénat, paralysé par les intérêts des familles qui le constituaient, semblait incapable de diriger la nation. Les tentatives de coup de force se multiplient jusqu’à ce que César, et surtout Auguste, installent définitivement l'Empire.
Ce qui est peut-être le plus surprenant est que Cicéron ait pu leur tenir tête et qu’il ait même semblé un moment sur le point de défaire Antoine. Avait-il compris quelque chose de fondamental sur le fonctionnement de Rome, qui lui permettait de faire jeu égal avec les généraux ? Était-ce son art oratoire (« éloquence (…) perfection d’une pensée sage »), qui semble avoir été sans égal ?

Lumières
Que lui trouvaient les Lumières ?
  • Son œuvre fait la synthèse de la pensée, notamment grecque, qui le précède. Première raison possible d’estime ?
  • Surtout son combat est celui de la raison, de la loi, de la morale, de la société, contre la force, la cupidité, l’égoïsme, les instincts les plus primaires de l’individu. Sous cet aspect sa pensée, plutôt stoïcienne, rappelle le Confucianisme. Certains grands hommes, après avoir cultivé leur esprit (philosophie), ont accès à la raison universelle (dont tout individu a reçu une étincelle). C’est ainsi qu’ils peuvent prendre des décisions justes. Car si la nature guide l’humanité, elle laisse au libre arbitre humain le choix (bon ou mauvais) de l’embranchement à suivre. « Le pilote d’un navire cède au vent (…) mais peut en même temps (…) amener son bateau au port ». D’ailleurs les décisions de ces sages participent à l’équilibre de l’univers. Il est aussi question, comme en Chine, de l’intangibilité des rites, antidote contre l’arbitraire.
En tout cas, ses aventures laissent penser que, quand une société est viciée, la raison a bien du mal à la régénérer. Peut-être alors n’y a-t-il d’issue que dans la dislocation, afin de pouvoir rebâtir des fondations plus solides ?

mercredi 24 février 2010

Repentance

J’écoute distraitement RFI. Une journaliste reproche à la France de ne pas s’être repentie de ses actes en Afrique. Elle répète « repentance », « repentance »… et en contre-point on entend la voix de N.Sarkozy dire (en substance) : « pourquoi se repentir de son histoire » ?

C’est curieux que cette journaliste emploie un vocabulaire religieux et ne fasse pas appel à notre raison. Pourquoi ne répond-elle pas à N.Sarkozy ? S’il y a eu pêché, la « repentance » est elle suffisante pour l’effacer ? Ou y a-t-il risque de tartufferie ? D’ailleurs puisque nous sommes concernés par l’affaire pourquoi ne pas lui consacrer un grand débat public, qui nous permettrait de comprendre la nature de notre culpabilité, et les décisions qui doivent en résulter ?...

Ségolène Royal avait aussi fait acte de repentance, au nom de la France, je ne sais plus pourquoi. La « repentance » serait-elle une valeur socialiste ?

Mais comment expliquer cette intimité entre Christianisme et Socialisme ? Simple coïncidence ?

À creuser.

Ali Soumaré

Des candidats UMP aux régionales affirment qu’un candidat du PS a subi de multiples condamnations. Ils auraient eu accès à des informations secrètes (en partie erronées). En outre, ils violeraient les principes du droit français. Les fondements de notre démocratie. Le PS peut pavoiser. Mais, voici ce que l’on apprend :

Concernant une infraction pour conduite sans permis relevée par M.Delattre, "aucune ordonnance n'a été signifiée à M. Soumaré. Le dossier est en cours", a-t-elle ajouté. Enfin, M.Soumaré ayant fait appel des deux mois de prison ferme auquel il a été condamné en 2009 pour rébellion à agent de la force publique, "il est donc présumé innocent. C'est un principe de notre droit", a rappelé Mme de Givry.

Reste une accusation de "violence" contre deux femmes en 2008. M. Soumaré nie en être l'auteur. Le candidat PS reconnaît, en revanche, un vol en 1999 pour lequel il a écopé de six mois de prison ferme. Selon son avocat, Jean-Pierre Mignard, "comme le prévoit la loi, cinq ans après l'exécution d'une peine, M.Soumaré a été réhabilité. Il est donc interdit d'en faire état".

Le PS se met-il à la place de la personne non avertie qui reçoit cette information ? Que va-t-elle penser de la combinaison d’un nom étranger avec autant d’accusations, récentes en plus, même si elles sont couvertes par la présomption d’innocence ?

Que le PS ait choisit un candidat aussi facilement attaquable montre à quel point les calculs politiques sont loin de lui, et à quel point il tient à ses principes. C’est courageux.

Mais, nos partis de gouvernement (aveuglés par les coups qu’ils se portent ?) se rendent-ils compte du spectacle qu’ils nous offrent ?

Ancien testament

Il semblerait qu’il n’y ait pas de version originale de l’ancien testament, mais différentes variantes qui auraient cohabité.

Il faut douter de tout, rien n'est assurément certain !

Always

Film de Spielberg, 1989.

Les films obéissent à des modes, à l’époque c’était celle des morts protégeant les vivants : l’année d’après Ghost a connu un gros succès. Peut-être y avait-il alors un climat favorable ?

Ce film m’a semblé surtout très « pro », très américain, suite de grands moments d’émotion et d’effroi (on traverse les arbres, l’eau et les flammes). Ça m’a ne m’a pas enthousiasmé. Aurais-je vu trop de films ?

mardi 23 février 2010

Jean-Paul Delevoye

J’entends parler le médiateur de la République à plusieurs reprises. Tristes propos. Notamment :

J'estime à 15 millions le nombre de personnes pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près. Je suis inquiet de voir que des personnes surendettées peuvent se retrouver en plan de redressement personnel (PRP) pour la deuxième ou troisième fois parce que leurs dépenses dépassent structurellement le montant de leurs ressources.

Je suis frappé par la cohabitation de deux types de sociétés : l'une officielle, que nous connaissons tous, l'autre plus souterraine qui vit d'aides, de travail au noir et de réseaux. Ces deux sociétés ont des fonctionnements parallèles, elles ont leur propre langage, leur propre hiérarchie, leur propre chaîne de responsabilité.

Depuis des décennies, nos gouvernements successifs ont réformé la France en silence, parce que nous étions les ennemis de notre bien. Pensaient-ils arriver à ce résultat ? N’aurait-il pas été au moins aussi efficace de respecter les principes de la démocratie ?

Compléments :

  • La France en mutation.
  • Ce que j’ai entendu de ses idées sur le management des entreprises retrouvait le ton du rapport sur le « bien-être et l’efficacité au travail ».

Euro dupes ?

Une étude sur l’UE disait que, pour parvenir à faire entrer des opinions divergentes dans de mêmes traités, ils étaient bâtis sur l’ambigüité. Il semblerait que ce soit la même chose pour l’euro :

L’Allemagne voulait quelque chose qui ressemble à l’Allemagne, en particulier une BCE – Bundesbank, et la France quelque chose qui ressemble à la France, c'est-à-dire un « gouvernement économique européen » dans lequel la BCE aurait tenu compte de l’avis d’élus du peuple.

Ai-je raison de penser que l’Allemagne a gagné ? Penserais-je différemment si j’étais allemand ? D’ailleurs une victoire est-elle définitive ? Un système ne tend-il pas à s’ajuster en fonction des événements ?

Logique de la gauche

Un tortueux enchaînement de pensées m’a amené à me demander si la gauche n’est pas une machine à nous imposer de beaux principes théoriques. Mais y a-t-il une logique derrière ces principes ?

L’insistance sur le droit des immigrés signifie probablement que la gauche pourrait en avoir contre la notion de citoyen, donc de nation. « Droits de l’homme » signifiant l’impossibilité de tout édifice social ? Idéal d’Hegel et de Marx d’une fin de l’histoire où tous les hommes seraient frères ? Mais pourquoi alors cette insistance sur la culture, concept social par excellence ? La gauche penserait-elle qu’il y a une culture unique, qui serait celle de la société finale ?

À creuser

Compléments :

Le retour de la raison

Ce blog ne connaît que des méandres : ma réflexion sur ce qui guide la gauche me fait approuver les néoconservateurs :

Ils avaient sans doute raison de penser que la gauche, ayant instrumentalisé le bien et le mal, était parvenue à faire que notre morale soit de son bord. Mais, je continue à leur reprocher d’avoir voulu utiliser les mêmes procédés à leur profit.

Bref, d’un côté comme dans l’autre, on ne nous croit bons qu’au sophisme et au lavage de cerveau. Que signifierait une humanité qui utilise sa raison, comme le voulaient les Lumières ?

Il faut sortir de l’éthique des valeurs, et analyser les conséquences que peuvent avoir nos beaux principes. Comment prévoir ? 4 idées :

  1. Pas de décision sans débat.
  2. Voir si la science n’a pas quelque chose à dire sur le sujet, si elle ne condamne pas certaines options.
  3. Identifier les principes sur lesquels repose notre société et regarder s’il n’y a pas incompatibilité entre nos décisions et eux. Et, si oui, chercher à les faire s’entendre. À défaut d’entente, l’élimination du principe initial sera faite en connaissance de cause.
  4. Surtout, dans la mesure du possible, contrôler que les conséquences désirées surviennent comme prévu.

lundi 22 février 2010

Obama se fait des amis ?

Les réformes de B.Obama sont dans une mauvaise passe. Non seulement son camp se comporte de manière irresponsable, mais il a perdu le sénateur sans lequel ses lois n’ont aucune chance. La situation semble si désespérée qu'une vague de sénateurs démocrates déclare forfait pour les prochaines élections.

Que faire quand on a besoin de la collaboration de l’ennemi, mais que celui-ci veut vous faire perdre ?

Rejouer la tactique chinoise, ou afghane, c'est-à-dire devenir méchant. Plutôt que de chercher à se faire des amis des Républicains, Obama semble vouloir leur faire perdre les prochaines élections.

But Mr Obama doesn't need many Republican defectors: having all the Democrats plus one Republican on his side would do the trick. The president badly needs something that either looks like a victory or, and perhaps this could be more important in an election year, something that allows him to paint the Republicans as the bad guys.

Ce qui pourrait les encourager à voter ses lois.

Au fond, je me demande si être méchant ne convient pas mieux à B.Obama, qu’on dit froid et calculateur, que son attitude « peace and love » initiale. Mais était-ce habile d’être immédiatement désagréable ? En tout cas, être gentil, puis méchant si l'autre l'est, est le meilleur moyen de se faire des amis selon Robert Axelrod (Théorie de la complexité).

Compléments :

Colonialisme paisible

Émission entendue hier matin sur RFI, dont je n’ai pas réussi à trouver la trace sur son site web, d’où le flou du propos :

Il était question d’un docteur de l’Islam africain, me semble-t-il, qui avait joué une sorte de rôle de préfet à l’époque coloniale. Une période qu’il aurait vécue avec bonheur : il pensait que l’Islam devait se nourrir du progrès occidental. Qu’il semblait voir comme une bénédiction.

Il se trouve qu’au même moment, je lisais la vie de Cicéron, et l’opinion que le Romain avait de la conquête : le conquis était le protégé du conquérant, des liens de dépendance se tissaient ainsi.

Je m’interroge de plus en plus : des deux lequel est le plus condamnable : le colonialisme occidental ou la décolonisation ?

Comme un torrent

Chef d’œuvre de Vincente Minelli (1958).

Mélo interminable. Frank Sinatra a 20 ans de plus que son personnage, et paraît plus vieux que son frère aîné, supposé nettement plus âgé. Chaque acteur caricature le rôle auquel il est ordinairement associé.

Sinatra est un intello qui se croyait raté jusqu’à ce qu’il rencontre une intello qui reconnaît son génie. Il arrête l’alcool et lui déclare sa passion. Mais elle n’est que théorie, elle a le cœur sec. Il est aussi follement aimé par une traînée au cœur d’or, qui n’a rien dans la tête. Choix cornélien. Et film moral : ceux que la société admire sont d’effroyables hypocrites ; les justes, des débauchés à l’espérance de vie réduite à rien. Appel à la révolution ?