samedi 13 mars 2010

John Wayne et Clint Eastwood

Ils seraient l’Amérique de leur époque :

Wayne, celle qui est sûre d’elle-même et n’a peur de rien. Eastwood, l’Amérique méfiante, qui tire sur tout ce qui bouge, pour se rassurer.

Recherche du temps passé

Mon premier employeur invite son club d’anciens. Je retrouve une société laissée il y a 17 ans :

Grand succès de la soirée : bonheur inattendu de rencontrer d’anciens collègues, qui n’ont pas changés. Ils ont l’air bien dans leur fonction.

En les voyant, je me suis demandé pourquoi j’ai eu plus d’exigence qu’eux vis-à-vis de mes employeurs. Pourquoi leur ai-je demandé de me fournir un travail passionnant ? Pourquoi en ai-je épuisé si vite les charmes ? D’ailleurs pourquoi suis-je devenu si difficile à satisfaire ?

Le DS pour lequel je travaillais était minuscule et pourtant je le trouvais épatant. Je m’enthousiasmais pour un rien. Je pensais que nous allions révolutionner la construction navale, le placement de robots, l’usinage des pièces de tôleries… Aujourd’hui, DS est un gros succès qui emploiera sous peu 10.000 personnes, pourtant ça me laisse tiède. Ai-je vu trop de multinationales ? Je ne perçois plus que banalisation, « commoditization ». Le siège de la société évoque celui de Microsoft, son marché inclut la grande consommation, ses rapports annuels parlent de développement durable, les titres de ses dirigeants s’allongent comme ailleurs (« senior executive vice president » !)...

Quand aux applications informatiques elles me paraissent plus tirées par les effets spéciaux du cinéma, ou inspirées par la gestion, que par la conception de produits. Une vidéo qui parle de prêt-à-porter : on clique sans arrêt sur des lignes « coût », on entraperçoit à peine deux ou trois dessins, et encore c’est un 2D qui ne fait pas rêver. Jadis, je voulais transformer le métier de nos clients.

Étonnant aussi de trouver des gens de Procter et Gamble dans ce qui fut le temple de l’ingénierie française. La poudre à laver a défait les mathématiques ? Ou bonne nouvelle ? La culture si imperméable de DS (le langage y était codé : on y parlait en jeux de mots sur les noms de programme) laisse-t-elle enfin entrer des étrangers ? Beaucoup de noms américains en effet. Mais, au sommet, une équipe d’amis soudés par 25 ans de vie commune.

À force de vivre de crises et de changement, je ne sais plus apprécier le calme et le succès ?

vendredi 12 mars 2010

Le PS contre l’État ?

Déclaration de Jean-Paul Huchon, à l’occasion des élections régionales. Je n'ai rien compris. Je suis incapable de raccorder ses mots à quelque chose de concret. Quelles en seront les conséquences ? Bien, pas bien ? En tout cas un bout de la déclaration était totalement inattendu :

il me semble que face à un Etat jacobin, centralisateur, autoritaire et qui veut imposer en Ile-de-France les recettes que Nicolas Sarkozy applique à la France, il fallait un président expérimenté, rompu au dialogue avec l'Etat, capable de lui résister et surtout, capable de rassembler autour de lui non seulement toute la gauche, mais l'ensemble des élus qui croient que la décentralisation, la proximité, la démocratie locale sont des valeurs modernes, des valeurs d'avenir.

J’en étais resté à l’État jacobin. Qui l’a liquidé ? Quand ? Avons-nous été consultés ? Par quoi est-il remplacé ? Par une « démocratie locale » ? Sans plus d’explications (c’est moderne !? qui le dit ?), ça me semble léger, voire inquiétant. Surtout lorsque l’on y ajoute cette vision du « dialogue avec l’État » : « capable de lui résister ». Ni Dieu ni maître, l'anarchie vaincra ?

Gordon Brown

Pourquoi Gordon Brown revient-il (de très loin) dans l’estime populaire ?

  • La façon dont ses opposants exploitent les faiblesses et maladresses de Gordon Brown le rendent sympathique.
  • Les conservateurs ont voulu proposer un plan dont les défauts se retournent contre eux.
  • Curieusement, le parti travailliste est parvenu à se placer en position de contre.

Leçon de judo ? Il vaut mieux être attaqué qu’attaquant ? Alors on peut utiliser l’énergie de l’adversaire contre lui ?

jeudi 11 mars 2010

Dictature en Irak ?

La dictature est un scénario d’avenir pour l’Irak :

Plus probable qu’un coup d’état est une prise de pouvoir par des politiciens et des généraux agissant de concert.

Aurait-on fait une guerre et tué autant de gens pour revenir au statu quo ?

No promised land at the end of all this.

CCI

Vendredi, un P-DG me demande : à quoi servent les CCI ? J’ai eu deux jours pour me faire une opinion.

  • Elles savent mettre en œuvre le changement. C’est quasiment unique en France, pays où l’on dirige par ordonnance, à coups de principes théoriques et sans souci des conséquences de ses actes – qui annulent l’effet de ses intentions. (L'étrange changement de M.Sarkozy).
  • C’est elles qui développent le tissu économique français. Pas la grande entreprise, qui n’a pas besoin d’aide (sauf lorsqu’elle consomme les diplômés de leurs écoles), mais la PME et la TPE. Les CCI leur apportent les compétences qu’elles ne peuvent se payer, et dont le principal bénéficiaire est, en dernière analyse, la grande entreprise.
  • La CCI est le seul organisme potentiellement capable de construire une filière de formation professionnelle, le point faible endémique de la France, et la source de la domination économique allemande. (Transformation de l’entreprise française.)
  • La CCI est le relai naturel de la politique économique régionale de l’État. (Le changement de l’économie française.)

Mais le gouvernement n’a vu, dans ce qui semblerait devoir être un allié capital, qu’une source de coût. Il cherche à la réduire, à l’inimitable manière française.

Beau fixe sur New York

Film de Stanley Donen et Gene Kelly, 1955.

Temps éternellement froid et nouvelles constamment détestables, pourquoi ne pas voir une comédie musicale ? Me suis-je dit.

Réussite incomplète. Le film a un je ne sais quoi d’un peu triste. Et pourtant il devrait être vraiment sympathique. Son sujet est l’amitié, l’importance d’être fidèle à soi même, et le courage d’affronter ses fantômes. Et puis il y a quelques moments techniquement étonnants : Gene Kelly faisant des claquettes sur patins à roulette et Cyd Charisse soulevée d’un côté à l’autre des cordes d’un ring, au milieu d'un numéro de danse, un défi aux lois de la physique.

mercredi 10 mars 2010

Précieuses ridicules

René de Obaldia parle de sa vie. J’apprends que le « figurant » s’appelle maintenant « acteur de complément ».

Je ne sais pas qui a eu l’idée de ce nom, certainement de Précieuses ridicules. L’hypocrisie a le vent en poupe.

(Idée américaine ? « L’extra » y est maintenant « background actor ».)

Lady Ashton

Pensant qu’il est ridicule de commenter un changement en cours, je n’ai rien dit des aventures de Lady Ashton et des critiques qu’elle suscitait. Dommage, c’est une illustration édifiante du changement tel que conçu par l’UE.

Voici comment a été recruté le « leader du changement », et comment tout a commencé :

For anyone it would be a big ask. But for someone with little or no experience of foreign affairs to be tasked with setting up a diplomatic service and to expound foreign policy on behalf of 500 million people the hurdle is immense. Welcome to the world of Catherine Ashton.
She did not seek the job of EU foreign minister and she was not first choice. She emerged from the chrysalis of a euro-compromise

Et maintenant, le changement :

One of Catherine Ashton's main tasks is to build a diplomatic service or what the EU calls its External Action Service. What it would entail was left surprisingly vague by the Lisbon Treaty and Catherine Ashton has to set out her plans at the beginning of April.

Autrement dit, le changement a été de nommer Lady Ashton. Pour le reste, c'est à elle de décider, et à ce qui faisait office de service diplomatique, et qui demeure. Et il n’y en avait pas un, mais deux : la Commission et le Conseil de l’Europe ayant chacun le sien. D'ailleurs les nations continuent à gérer leurs affaires comme si de rien n'était.

À croire que ce changement a été conçu par un Français. Toujours est-il qu’à en juger par la maturité de ses techniques de conduite du changement, l’UE ne devrait pas être en état de lire mes travaux avant quelques siècles…

Compléments :

  • En dépit de ses malheurs, Catherine Ashton ne devrait pas échouer. Après s’être moqués d’elle, les États et les organes européens compétents découvrent qu’elle ne peut perdre sans qu’ils se ridiculisent :
What Catherine Ashton has going for her is that both MEPs and most of Europe's leaders have a vested interest in making her job work. The consequence of failure is not just humiliation for Catherine Ashton but recognition that the long years of arguing have failed to deliver a stronger voice for Europe on the world stage. Few want to see that.

  • Ceci est tiré des idées du correspondant européen de la BBC.

Validation sociale

On essaie trois types d’arguments sur une population : « gagnez de l’argent en économisant de l’énergie », « protégez l’environnement », « voici la consommation d’énergie de vos voisins ». Le dernier est le plus efficace pour réduire la consommation du groupe.

Ce qui semble un appui à la théorie de la « validation sociale » (nous tendons à imiter la société) de Robert Cialdini, qui est à l’origine de l’expérience.

Ce qui montre aussi qu’il existe des mécanismes invisibles qui « changent » le groupe humain.

Compléments :

  • CIALDINI, Robert B., Influence: Science and Practice, Allyn and Bacon, 4ème édition, 2000.

Goldman ou l’Arnaque ?

Décortiquer les techniques utilisées par Goldman Sachs pour s’enrichir est devenu un genre. Cette banque aurait acquis un curieux savoir-faire : escroquer ses clients et l’État.

  • Il aurait mis à terre AIG, de connivence avec la Société Générale (?), en lui demandant des remboursements en cash. (L’assureur a été sauvé par le gouvernement. Il a alors pu à nouveau dédommager Goldman Sachs de ses pertes.)
  • Il a adopté le statu de banque de détail, qui lui a permis l’accès à un financement quasiment à taux nul, qu’il a réinvesti dans des bons du trésor.
  • Mais, alors que la mesure précédente avait pour but l’aide à l’économie. Il a refusé d’obtempérer. Ce qui a forcé le gouvernement à une relance qui s’apparente à de la comptabilité créative. Et, aussi, à acheter des crédits hypothécaires pour soutenir le secteur immobilier. Nouveau marché juteux, et sans risques, pour les banques.
  • Les règles comptables ont été modifiées par le gouvernement, si bien que certains actifs à risque ne le paraissent plus. D’où des bénéfices (et des bonus) surévalués.
  • Le gouvernement a voulu débarrasser les banques des actifs risqués. Du coup elles en ont acheté, pour pouvoir les lui revendre.
  • Du fait de leurs multiples activités, les banques, et Goldman Sachs en particulier, utiliseraient les informations que leur donnent leurs clients contre eux (par exemple quand une entreprise veut passer un gros ordre, la banque le passe avant lui, de façon à pouvoir faire une revente avec une plus-value assurée).

Ainsi, Goldman Sachs profiterait de sa position par rapport à l’état et à ses clients pour se lancer spéculation de très grande ampleur.

Quelle est l’innovation qui explique fait sa fortune ? L’article propose une curieuse solution : « Le système suppose un certain niveau minimum de comportement éthique et d’instinct civique, en plus de se qui est exprimé par la réglementation ». Pour s’enrichir, il suffit de ne pas faire ce que la société attend de vous !

Compléments :

mardi 9 mars 2010

Le petit blanc contre Obama

La côte d’Obama est faible dans l’électorat masculin blanc (elle a reculé de 60 à 40%).

Les actions du gouvernement Obama « renforcent le stéréotype selon lesquels le parti démocrate favorise tout le monde sauf les mâles blancs ». Heureusement pour les Démocrates, les hommes blancs occupent une part de la population américaine en diminution rapide (« 36% en 2008, contre 43% en 1994 »).

Au fond, ce mécontentement n’a rien d’étonnant : qu’il s’agisse de discrimination positive ou d’égalité des sexes, les mesures que favorisent les démocrates tendent à retirer aux petits blancs les positions sociales qu’ils occupaient.

La conduite du changement c’est faire évoluer une société, sans faire de perdants. Les Démocrates ne lisent pas ce blog.

Compléments :

Taux de change

Une étude sur les durables écarts de prix entre livres vendus sur Internet :

Il semblerait que pour qu’un taux de change ait un impact sur les affaires d’un pays, il doive-t-être significativement et longuement abaissé par rapport à ceux des nations avec lesquelles il commerce.

J’observe que c’est le cas pour la Chine, vis-à-vis du dollar et de l’euro. Ça pourrait être donc le cas de la livre et du dollar par rapport à l’euro.

lundi 8 mars 2010

Qu’est-ce que le Lean ?

Échange avec Bill Belt, qui me fait comprendre que je n’ai rien compris au « Lean » et, d’ailleurs, à ce que j’ai lu (il y a fort longtemps) sur le sujet.

À la fin des années 80 une très célèbre étude menée par le MIT (et qui a donné le livre The Machine that Changed the World) a montré une évolution historique des techniques de production :
  1. « Craft production », fabrication artisanale.
  2. « Mass production » dont le pionnier est Ford et qui va être le mode de production qui va faire la fortune de l’Occident du 20ème siècle.
  3. les techniques japonaises, qui obéissent à une logique nouvelle. Par opposition à « Mass production », ils l’appellent « Lean production ».
D’après Bill Belt, la « Lean production » est la formalisation par les Occidentaux de ce qui était en fait partie intégrante intransportable de la culture industrielle japonaise, elle-même inspirée par les techniques du management scientifique.
Bref « Lean » est l’évolution moderne des techniques de production. En quelque sorte toute l’industrie tend à être « Lean ». Lean n’est donc pas une sorte de mode de management comme je le pensais, une technique très particulière. C’est une philosophie générale.
Selon Bill Belt, il ne faudrait pas entendre « Lean » sous sa traduction littérale « maigre ». Il signifierait « sans gaspillage », son objectif est l’utilisation optimale des ressources de l’entreprise. Or, la ressource la plus mal employée est l’homme. Aujourd’hui, c’est un facteur de production, qui « exécute », qui applique des procédures, et, donc, dont on cherche à réduire le coût par tous les moyens. Le point clé du « Lean » serait que c’est l’homme, ou plutôt le tissu social, qui accumule le savoir-faire. Plus on développe ses compétences plus l’avantage concurrentiel de l’entreprise grandit.
En relisant rapidement The Machine that Changed the World, je constate que, contrairement à ce que je pensais, les recommandations des chercheurs du MIT se retrouvent, plus ou moins bien appliquées, dans l’entreprise moderne (notamment dans l’industrie automobile).
Une exception : le rôle central de l’homme.
Serait-ce pour cela que les promesses du Lean n’ont pas été réalisées ?

Prix de la vertu

Suite de la série sur les taux de change. Les pays se livrent à une surenchère de dépréciation de leur monnaie.

Mais la vertu pourrait finir par être récompensée : l’inflation ne semble pas partie pour démarrer, mais les marchés financiers pourraient s’inquiéter de l’affaiblissement de certaines économies et exiger d’elles une augmentation de la rémunération de leur dette…

Exclusion scolaire

Recherches d’un économiste. Environ 25% des Américains ne finissent pas le collège, 35% pour les noirs et hispaniques. Les filles réussissent significativement mieux que les garçons. La situation s'est dégradée depuis les années 60.

Résultat : une main d’œuvre dont la qualité baisse nettement, et une économie qui en pâtit nécessairement.

Explication ? Probablement des familles fragiles.

Voilà qui ressemble beaucoup à la situation française. Avec un peu d’avance.

dimanche 7 mars 2010

Euro et Anglo-saxon

Depuis quelques semaines, et la crise grecque, l’Anglo-saxon discute des vertus de l’euro et de celles (qu’il préfère souvent) de taux de change flottants. Jusqu’ici la question me laissait inerte. Une idée émerge cependant :

Grèce, Irlande, Espagne et Portugal montrent en quoi un taux de change immuable est douloureux : s’y adapter demande une transformation du tissu social. Par opposition, un taux de change flottant produit, à quelques risques d’inflation près, un équilibrage automatique.

Il y a plus subtil. La zone euro doit ajuster les salaires de ceux de ses membres qui se sont décalés par rapport à ceux de l’Allemagne (Euro erreur ?). Si j’en crois ce que disent Grecs et Irlandais, cet ajustement va porter principalement sur les moins fortunés (par exemple la masse des fonctionnaires). Or, moult statistiques (cf. Inégalités françaises ?) montrent que les dernières décennies ont vu une stagnation des revenus du gros de la population, et même un appauvrissement par rapport à des critères de bien être tels qu'emploi et accès au logement. Plus on était riche, plus on s’enrichissait. Alors, s’il y a eu perte de compétitivité c’est du fait des salaires les plus élevés ?

N’est-ce pas ce que risque de montrer les ajustements que va devoir subir la zone euro ?

L’avantage d’un taux de change adaptable serait-il là : il masque une vérité inconvenante ?

Compléments :

Drame de la Presse

Une méchante fée s’est penchée sur le berceau de la Presse dit Le Nouvel Économiste. L’État :

  • Pour qu’elle ne puisse pas tomber sous la coupe des puissances d’argent, après guerre, il en a fait une sorte de service public, subventionné à tort et à travers (12% de ses revenus plus une TVA de 2,1% qui couvre même les 90% de la presse qui ne s’intéressent pas à l’information – 2,9md€/an en tout). Mieux, elle l’a placée entre les mains « d’actionnaires sans capitaux ». Des idéologues qui ne comprenaient rien au fonctionnement d’une entreprise. Ils ont cru que leur indépendance passait par la possession des moyens de production, et ils ont manqué toutes les chances que leur ouvrait le marché (supplément du week-end, annonces). Internet est la dernière goutte : ils s’y sont jetés sans réfléchir. Et ils ont convaincu le marché que la presse devait être gratuite.
  • À cela s’ajoute des réglementations et protections dans tous les sens : ex NMPP, acquis sociaux du Syndicat du Livre, etc.

Alors comment s’en tire-t-on ? Le Nouvel Économiste n’est pas français pour rien. Il en appelle à l’État, pour « accompagner », voire « contraindre », « une profonde réforme dans tous les domaines ».

Je ne suis pas convaincu. Pour ma part, je crois que la Presse sera sauvée le jour où la France produira des journalistes dont on aura envie de lire les articles, ou d’écouter les reportages.

Compléments :

Faut-il voter?

Voyant arriver les élections régionales, je me suis demandé comment faire un choix rationnel. Voici où j’en suis de ma réflexion :

  • Quoi qu’il arrive, le choix politique en France se fera probablement entre un matamore ridicule et un groupe de Tartuffes qui se haïssent (Silvio Berlusconi). Ça ne tient pas aux hommes, certainement délicieux vus de près, mais à la nature de notre société. C’est un « fait social » au sens de Durkheim.
  • Gauche, droite même résultat. Ils sont victimes d’une sorte de fatalité qui fait que la France évolue indépendamment de qui nous dirige (La France en mutation).
  • Ce n’est pas pour autant qu’il faut se désintéresser de la politique. Nos gouvernants ont en tête des idées qui vont à contre courant de nos intérêts et de nos valeurs (N.Sarkozy dernier des libéraux?, Qu’est-ce qui pousse le PS ?). S’ils pensaient être légitimes, ils les appliqueraient. Nous sommes un nécessaire contre-pouvoir.
  • Ce n’est pas pour autant que le pays est paralysé. Nos gouvernants sont incapables de réflexion à long terme. Le mieux qu’ils puissent faire c’est le « coup médiatique », en espérant nous faire confondre lard et cochon (Bricolage industriel). Que nous n’ayons aucune confiance en eux nous force à prendre notre sort en main, à réfléchir. Une fois que la société aura une idée de ce qui est bon pour elle, elle saura l’imposer à ses dirigeants.
  • Finalement, je soupçonne qu’il est préférable, au moins dans l’état de maturité actuel de notre société, d’avoir un gouvernement en qui nous n’avons pas confiance. Ainsi nous sommes forcés de le contrôler, donc de penser. Car, aussi dévoué qu’il soit, l’homme ne peut pas diriger seul une nation. C'est trop compliqué.

L’inefficacité du système serait donc sa qualité : elle empêche toute décision insuffisamment réfléchie.