samedi 20 mars 2010

Shabbat

Le correspondant de Libération s’emporte contre Lady Ashton. Ne prétend-elle pas consacrer son week-end à sa famille ?

Madame Ashton est différente des politiciens ordinaires. Elle bâtit. Elle construit l’infrastructure européenne.
Le politicien ordinaire, comme le dirigeant d’ailleurs, a fait de sa vie privée une vie publique. Il s'étale dans les journaux, il a une opinion sur tout, il ne pense pas, il ne fait rien, il parle. Il réagit aux courants d’air, aux idées du dernier gourou sans lendemain ou à la prétendue « volonté » de la bourse. C’est une girouette, un pantin.

Je souhaite beaucoup de succès à Mme Ashton. Il montrera peut-être que l’agitation fébrile qui a gagné l’État et l’entreprise, que l’on a glorifiée comme comme efficacité ultime, et que l’on prétend nous imposer, est grossièrement stupide ; qu’une vie équilibrée est favorable au développement sain de l'individu et aux intérêts de la société.

Compléments :
  • L’économiste Galbraith estimait il y a déjà fort longtemps que les puissants de ce monde étaient parvenus à nous faire prendre leur vie sociale pour un travail, et à nous la faire richement subventionner. 

Origines de la pensée rationnelle

VERNANT, Jean-Pierre, Les origines de la pensée grecque, PUF, 2009. Les invasions doriennes mettent fin à l’ère mycénienne. C’est de là que naît la civilisation grecque. La société mycénienne obéit à un ordre hiérarchique rigide. Le roi a tous les pouvoirs, il contrôle tout dans le plus petit détail. Au contraire, la civilisation grecque est bâtie sur le conflit d’intérêts, mais sur le même plan. Conséquences inattendues :


Pensée grecque

Alors que les Mycéniens avaient construit un panthéon de dieux hiérarchisé identique à leur organisation sociale, les Grecs ne gardent de cet édifice qu’un souvenir vague, leurs dieux sont loin de leur vie. Leur société est faite sur le principe de l’égalité, de la complémentarité entre fonctions spécialisées et de l’affrontement d’intérêts individuels. Leur souci est d’assurer l’équilibre de cet édifice instable, dont l’ennemi est « l’hubris » (surtout vu comme soif d'enrichissement, mais que j’interprète, plus généralement, comme la folie de démesure de l’individu, qui oublie qu’il n’est rien sans la société).

Ils confient les anciennes prérogatives du roi à l’État, qui représente la communauté, le « bien commun ».
Le roi ne dit plus le droit, c’est la loi qui s’en charge, et le débat, dont le principe est la parole, la démonstration. De même, la monnaie, la force, l’écriture, la religion deviennent l’apanage de l’État, donc de tous.

La stabilité de ce monde, fait de forces antagonistes, est assurée par des principes géométriques, visant à équilibrer ces influences, et non plus par des mythes. C’est en cela que l’on peut parler de pensée « rationnelle ».

Cependant cette pensée, la philosophie, contrairement à la nôtre, ne cherche pas à agir sur la nature, mais seulement sur le groupe humain. Sa matérialisation est la cité, qui est l’image de l’équilibre. En son centre est l’Agora, symbole de l’État et du bien commun, qui appartient à tous et à personne en particulier. C’est là que se décident les affaires de l’État, et de l’individu. Autour d’elle, les citoyens (pour le Grec citoyen = homme) occupent des positions interchangeables et symétriques.


Commentaires

Je retiens de ce livre le lien entre la pensée individuelle et la structure de notre société. Notre édifice social est accompagné « de modélisations » (mythes ou science) qui en justifient l’organisation. Par conséquent, l’émergence de toutes les grandes pensées et religions, il y a 25 siècles, s’explique peut-être par l’avènement de modèles « modernes » d’organisations sociales.

D’ailleurs, inversement, comme le montre l’exemple des Lumières, l’évolution de la pensée d’une société conduit à celle de son organisation (marquée par la Révolution, dans ce cas).

Enseignement ? Penser c’est transformer l’organisation sociale. Travail de titan ! Plutôt que de prétendre penser par ses propres moyens (hubris ?), serait-il plus habile de chercher à convaincre la société de s’en charger ? De son évolution résultera, sans efforts, une pensée neuve ?

vendredi 19 mars 2010

Santé d’Obama

La réforme de la santé proposée par B.Obama a suscité la haine spontanée d’une partie de l’Amérique qui juge qu’elle bafoue ses valeurs, et, qu’en outre, le président ne tient pas ses promesses électorales (des débats transparents) :

Le président a laissé aux élus la liberté de lui proposer le texte de la réforme. Les Démocrates, en particulier, firent preuve d'une grande indiscipline (n’est-ce pas des demandes inconsidérées de leur gauche, se croyant en force, qui a suscité les inquiétudes du peuple ?). Pour obtenir les derniers votes, il a fallu faire des concessions, en douce. Opacité et texte emberlificoté. Arrive le vote final, les élus démocrates ont peur pour leur réélection. Vont-ils voter le texte ?

MM les démocrates, vous semblez ne pas voir plus loin que votre intérêt immédiat. (Mais les Républicains n’ont rien à vous envier.)

Mais c’est B.Obama le coupable en chef : en n’encadrant pas l’écriture du texte (« en ne contrôlant pas le changement »), il a laissé s’installer le chaos, dont il a beaucoup de mal à se tirer. Cependant, l'erreur est humaine, et ce qui ne tue pas renforce…

Compléments :
  • La description de la situation vient en grande partie d’un billet du correspondant local de la BBC.

FMI et Grèce

Il semblerait qu’il y ait un différend entre gouvernants européens sur quel organisme doit apporter des fonds à la Grèce.
  • Depuis le début de la crise, les économistes anglo-saxons semblent favorables au FMI.
  • Les gouvernants français préféreraient semble-t-il une solution européenne, au motif que la zone euro se ridiculisera si elle n’est pas capable de régler ses propres problèmes.
Mais, l’Europe ne se ridiculise-t-elle pas tous les jours, du fait de sa désorganisation, de son absence de ligne directrice, d’armées, de tout ? Alors, un peu plus, un peu moins ?

Compléments :

Israël et Obama (suite)

Poursuite du feuilleton. D’après un nouveau billet, M.Obama aurait marqué des points contre M. Netanyahu (ce qui irait dans le sens de mes thèses).

Les forces américaines pro-Israël n’auraient pas réagi très vigoureusement au mouvement d’humeur américain, et l’opinion israélienne n’aurait pas fait bloc.

M.Obama aurait remporté une manche.

Discrimination positive

Beaucoup de pays européens (dont la France) imposent maintenant aux grandes entreprises que 40% de leurs administrateurs soient des femmes (la moyenne actuelle est autour de 10%).

Problème : du fait du type de carrière que connaissent les femmes, le nombre de celles qui ont pu acquérir l’expérience nécessaire à la fonction est réduit. À tel point que les Norvégiens, qui ont pris les devants, se sont mis à recruter des étrangères.

The Economist pense qu’il aurait été moins dangereux, mais tout aussi efficace, de procéder différemment :

Le meilleur moyen d’augmenter le nombre de femmes dans les conseils d’administration est de s’assurer que plus de femmes acquièrent la bonne expérience plus bas dans la hiérarchie de l’entreprise.

jeudi 18 mars 2010

Israël et Obama

Une de mes théories est que B.Obama a modifié sa stratégie internationale. La gentillesse ayant échoué, il deviendrait méchant, pour retrouver une position de négociation favorable. Qu’en est-il en ce qui concerne Israël ? Compliqué :
  • Comme je le disais dans un ancien billet, les camouflets à répétition que B.Obama essuie des Israélien sont dangereux pour Israël. Ils montrent que son principal allié (son assurance sur la vie ?) est faible.
  • Mais le gouvernement israélien serait prisonnier d’une aile droite sans laquelle il ne peut pas grand-chose.
  • B.Obama serait particulièrement remonté contre les Israéliens, mais il ne peut s’aliéner le lobby juif américain, au moment où l'avenir de sa réforme de la santé tient à quelques voix, ni son opinion, majoritairement favorable à Israël. Selon certains, il manœuvrerait pour amener Israël à adopter une coalition gouvernementale un peu plus « pliante ».
Idées tirées des articles cités par Morning Brief (18-3) de Global Europe.

Évolution sociale

Beaucoup de foyers recrutant des hommes à tout faire emploient déjà une petite armée de nourrices, de personnels de ménage et de jardiniers.
La société anglaise a connu une intéressante évolution en quelques décennies. Si elle ne s’est pas globalement enrichie, les riches se portent bien mieux, et les pauvres ont retrouvé une situation qu’ils n’auraient jamais dû quitter : serviteurs.

Loulou

Pialat 1980.

Impression d’une histoire d’extraterrestres. Plus de repères connus. Les années 80 sont-elles si loin de moi ?

Après un difficile travail de modélisation, je me suis demandé si ce n’était pas une histoire de rencontre entre classes sociales. D’un côté la bourgeoisie, violente, irrationnelle, et impuissante, de l’autre le prolétariat, riche d’instincts primaires et d’inconséquence.

J’ai enquêté alors sur Pialat. On le disait violent, imprévisible, et cinéaste de la « vérité ». J’imagine que sa violence se retrouve dans les scènes bourgeoises. Quant à la partie populaire du film, j’ai du mal à y voir de la vérité. La « vérité » serait-elle la vision qu’a le bourgeois du peuple ?

Compléments :

mercredi 17 mars 2010

Herman Van Rompuy

Son expérience de la Belgique, pays cimenté par la haine que se portent ses composants, semble avoir été un terrain d’entraînement idéal. M. Van Rompuy pourrait être l’homme qu'attendait l’Europe.

Contrairement à ceux qu’on lui préférait jadis, il ne semble pas vouloir imposer son point de vue à l’Europe, sur tel ou tel sujet. Ce qu’il semble désirer, c’est faire de l’Europe quelque chose qui marche.

M.Van Rompuy est-il un homme d’ambitions désireux de pousser les gouvernements nationaux vers une plus forte intégration européenne ? Ou est-il un pragmatique, soucieux de ne pas imposer des idées à des gouvernements élus ? Les deux : il est un homme de compromis.

Juggling Europe's stars.

Portrait de l’Allemagne

Une étude sur l’état actuel de l’Allemagne :

  • La force du modèle allemand semble venir de ses PME, qui fabriquent des composants critiques, de son personnel hautement qualifié et autonome, de ses dirigeants qui réinvestissent le gros de leurs bénéfices, d’une vision nationale à long terme dont la dernière version est un mouvement combiné écologie / ingénierie vers les technologies vertes.
  • Difficulté démographique : En 2050, la population allemande devrait avoir diminué de 8 à 14 m d’habitants, la moitié de ce qui restera sera d'origine immigrée. De surcroît, le coût de la protection sociale, aujourd’hui de 65% du PIB, devrait atteindre 250% si rien n’est fait.
  • Son mécanisme de formation qui explique « pourquoi (l’Allemagne est) le champion du monde de l’exportation », et qui donne une « identité » tout autant qu’une formation à ses élèves, serait en panne. Il est divisé en trois morceaux, l’un forme les cols bleus, un autre les cols blancs, le troisième envoie à l’université. En dépit d’une égalité de revenus certaine, la position sociale tendrait à être héréditaire (« castes »). En outre ce système intègre mal les immigrés, et son principe fondamental, la formation en alternance, est victime d’un manque croissant d’offre des entreprises. Une partie de la population (particulièrement immigrés, Allemands de l’est) vivrait de la solidarité nationale, sans espoir de travail.
  • L’unification est / ouest aurait mis à terre le miracle économique de la RFA (« nettoyage économique »). Son coût social aurait forcé à une terrible politique de rigueur, à l’origine de l’efficacité économique allemande actuelle, mais aussi de tensions internes, qui rendent difficiles de nouvelles réformes (selon un sondage « 61% des votants désiraient plus de protection sociale et juste 21% plus de marché »).

Les Allemands semblent fiers de leur modèle, pourtant il paraît bien fragile…

Compléments :

  • Ces considérations viennent d’un dossier de The Economist : Older and wiser.

Les trois jours du Condor

Film de Sidney Pollack de 1975.

Un film illustrant une des caractéristiques culturelles de l’Amérique : la fin justifie le coup tordu, y compris de flinguer ses propres collègues, dont le travail menace ce que l'on juge être le bien supérieur.

Malheureusement pour l’intérêt du film, il est très en deçà de la réalité. Car c’est généralement avec la planète que jouent les « innovations » de l’élite américaine bien pensante. Les armes de destruction massive irakiennes et la relance du fondamentalisme musulman, n’en sont que de modestes exemples.

Compléments :

  • Comment Al-Qaïda et quelques guerres au cœur de l’Europe ont résulté du désir d’ennuyer l’URSS en Afghanistan : ELSÄSSER, Jürgen, Comment le Djihad est arrivé en Europe, Xenia, 2006. La Burqa en aurait été une conséquence imprévue : Voile intégral.
  • Le même trait culturel, ailleurs : Lehman Brothers.
  • Mon billet Liberté de la presse relate une histoire qui entre dans la catégorie de celle du Condor : coup tordu monté par un sous-traitant de l'armée, responsable de la collecte d'informations sur l'ennemi. Contrairement à ce que dit le film, il n'y a pas une (autre) CIA au sein de la CIA, il semble que chaque Américain soit potentiellement une CIA à lui seul.

mardi 16 mars 2010

Condamnation par contumace

Pourquoi les dirigeants de Lehman Brothers sont-ils susceptibles de poursuite, pourquoi ceux d’ENRON sont en prison, pourquoi Goldman Sachs est-il inattaquable ?

Parce que, compte-tenu de ses moyens, un procès serait trop coûteux. La justice ne s’en prend qu’aux dirigeants à terre, post faillite.

Incitation à ne pas faillir. Mais aussi explication des dissimulations de plus en plus gigantesques que font les entreprises américaines dans leurs derniers instants.

Compléments :

  • Comme le fait remarquer aussi l'article, le dirigeant n'est pas le seul à tomber, mais aussi ses complices, notamment les cabinets d'audit qui auraient dû contrôler l'entreprise (Ernst et Young pour Lehman, Andersen pour Enron).
  • A notre modeste échelle, c'est aussi ce qui se passe chez nous : c'est lorsqu'une entreprise est en faillite que les forces du bien, emmenées par le Fisc, se déchaînent sur elle. Elles la soumettent à un check up complet du droit français. MIELLET, Dominique, RICHARD, Bertrand, Dirigeant de société : un métier à risques, Editions d'Organisation, 1995.

Expulsions

D’après ce que j’entends, les locataires qui ne paient pas leurs loyers peuvent désormais être expulsés. Les journalistes semblent indignés. Cela me paraît soulever un problème qui n’a pas l’air d’être perçu :

  • Le droit de propriété n’est-il pas un droit fondamental ? Ne plus permettre d’expulsions ne signifie-t-il pas la fin de ce droit ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas aussi dire comment réorganiser une société sans droit de propriété, et surtout comment opérer la transition vers cette nouvelle organisation ?
  • Si le droit à l’expulsion n’existait plus, n’y aurait-il pas beaucoup de gens qui ne paieraient plus leur loyer ?
  • Le droit donné aux locataires qui ne paient pas de ne pas être expulsés, n’a-t-il pas des conséquences sur l’offre de logements, restreinte et prudente ? N’empiète-t-il pas sur d’autres droits, notamment ceux d’avoir une offre de logement de location correcte ?
  • Pourquoi n’entend-on pas s’exprimer les partisans des « propriétaires » ? Ont-ils honte ? Ne sont-ils pas organisés ? Pourquoi, de ce fait, ne peut-on pas avoir de débat sur le sujet ?
  • Si l’on décide que tout le monde a droit à un logement, pourquoi faire payer ce droit au (petit ?) propriétaire, et pas à la collectivité ? D’ailleurs pourquoi tolère-t-on les SDF ?
  • Pourquoi n’en vient-on pas à la cause ultime : le chômage, et son maintien à un niveau élevé, et ne se demande-t-on pas comment l’éliminer ?

1705

Je complète le billet précédent par un type de réflexion que j’ai abandonné trop vite : qu’ai-je appris de mon blog ?

Ce qui le fait avancer, ce sont mes réactions aux nouvelles, généralement désagréables. J’ai fini par croire que le changement auquel équivalait son écriture c’était cela : survivre aux désagréments de l’actualité. En quelque sorte, la déminer sans se recroqueviller. Au fond, ce blog me force peut-être simplement à penser, c'est-à-dire à utiliser un semblant de raison plutôt que d'évacuer ce qui choque par quelques expédients faciles.

Le changement est-il réussi ? Non. Je ne suis pas curieux et je tends à ne pas lire les articles qui s’annoncent sinistres. Autrement dit, je ne suis pas « optimiste » au sens de Seligman : l’imprévu n’est pas promesse d’aventures délicieuses. Et l'optimisme est le seul indicateur du changement réussi, si l'on en croit mes livres...

En fait, tout dans ce blog est marqué par l'égoïsme. Il ne dit plus grand chose sur les techniques de changement. L'important, pour moi, c'est d'enregistrer des événements, marques-pages d'un raisonnement en construction. De même, mes chroniques de livre séparent de plus en plus ce que j'en ai retenu de mes commentaires - qui m'ennuient à la relecture.

Compléments :

1704

Quelques sujets traités cette centaine :

  1. Décidément la reconfiguration d’après guerre a été un montage théorique, anticapitaliste ?, qui ne tenait aucun cas des lois de l’économie (Drame de la Presse). Notre avenir immédiat n’est pas rose : La crise va-t-elle se poursuivre ? Ce qui ne devrait qu’augmenter l’anxiété ambiante, qui a des conséquences préoccupantes (Jeunes et alcool). Peut-être, quand même, une lueur au bout du tunnel ? Prendrions-nous conscience que l’homme n’est pas une machine, et que le changement doit tenir compte de sa complexité ? La France découvre l'Homme. Autre raison d’espérer : et si les CCI étaient le moyen qui avait manqué à l’État pour mettre en œuvre la transformation économique de la nation, qui désormais passe par la région ?
  2. Réflexion sur le rôle de l’industrie dans l’avenir de notre économie. Je n’avais pas compris ce qu’était la « lean production », orientation actuelle des techniques de production. Ensuite, l’industrie, contrairement à ce que l’on nous a seriné pendant des décennies, pourrait être l’avantage comparatif de l’Occident. Enfin, ce sont peut-être les « petits boulots », ceux que l’on délocalise les premiers, qui seraient le rempart de l’avantage concurrentiel d’une nation, et des « grands boulots », ceux de service et de direction, qui sont les plus faciles à acquérir pour un nouvel entrant.
  3. Conséquences des élections régionales. Le PS et ce qui le pousse me préoccupent. Serait-ce le « parti du bien », une machine à nous imposer ce que dicte la bien-pensance, sans se soucier de ses conséquences (Repentance) ? Par ailleurs, le spectacle, apparemment lamentable, de nos partis politiques cache-t-il un fait social qui pourrait être un bien pour le pays ? J’en suis arrivé à une idée fort surprenante

  • Les malheurs de la Grèce m’ont fait voir la zone euro comme l’effet d’un changement approximatif (une coutume locale : Lady Ashton), et à me pencher sur ses vertus, comparées à celles de taux de change variables. Si la zone euro veut tenir, elle devra apprendre à faire évoluer son tissu économique à l’unisson, donc à « conduire le changement ». (Voir notamment : Euro et Anglo-saxon.)
  • La conquête de l’espace serait-elle contre nature ? Hugo Boris.
  • Aux origines de la pensée occidentale : Cicéron.

lundi 15 mars 2010

Liberté de la presse

L’armée américaine aurait utilisé des journalistes, à leur insu, pour collecter des informations sur les Talibans.

Voici une nouvelle « innovation » américaine : détourner la liberté de la presse au profit de ce que quelques individus estiment une cause juste.

Le lombric d’Hollywood

De nombreux états et pays attirent les tournages de film à coups de subventions. À Hollywood, l’hémorragie est sévère (« la part de la Californie du marché mondial des films de studio (…) est tombée de 66% en 2003 à 34% en 2008 »).

Raison ? En moyenne 566 emplois créés par film, mais aussi « à chaque fois qu’un film est tourné dans un autre État, les gens du coin acquièrent des compétences qui rendent les tournages suivants plus faciles ».

Va-t-on assister à une reprise de la « théorie du lombric » dont parle Hervé Kabla ? Les décideurs d’Hollywood, trouvant qu’ils peuvent avoir le « petit boulot » moins cher ailleurs, vont laisser péricliter les compétences locales ? Puis ce sera au tour des acteurs, et enfin des « décideurs » remplacés par une génération spontanée de volontaires apparue là où les « petits boulots » se seront implantés ?

Et si, ici comme ailleurs, le « petit boulot » sans grade était le défenseur du savoir-faire national ? Le meilleur ami du grand ponte, qui pourtant le massacre, pensant ainsi augmenter ses bénéfices ?

Élections régionales (fin)

Avant d’aller voter, j’ai lu les dépliants des candidats. Comparaison UMP / PS :

Découverte. Les régions sont riches (4,5md de budget dit l’UMP) et ont une impressionnante capacité d’intervention (le PS parle d’investir un md€ pour la santé), y compris en appui de l’économie (le PS veut investir dans des PME, l’UMP annonce un « plan de relance »). Tout cela aurait dû donner un débat passionnant : pour une fois, il est question de sujets qui nous concernent tous les jours (par exemple la ligne 13 du métro, repérée par PS et UMP). Pourquoi n’a-t-on rien entendu ?

L’UMP semble proposer pas mal de choses en commun avec le PS, mais plus vague, plus brouillon, moins de chiffres, tentation de jouer sur la crainte (vidéo protection) ? Surtout une brochette d’extraterrestres, des « people » parachutés de ministères ou de secrétariats d’État (qu’ils occupent pour une raison difficile à saisir).

Je me suis demandé si l’UMP avait parié sur la communication, plutôt que sur le fond.

Compléments :

  • Un de mes anciens collègues, qui vit aujourd’hui à Montpellier, m’a dit que l’immense force de Georges Frêche était de croire en sa région, d’avoir de grands projets pour elle.
  • Je ne suis pas sûr que le poids des régions soit pris en compte dans le fonctionnement du pays. Quid du bon usage, et du contrôle démocratique, de leurs ressources énormes ? De l’articulation des actions nationales et régionales ?...

Fracture numérique

Il y a une dizaine d’années notre élite pensante s’effrayait que le peuple puisse être coupé des merveilles des nouvelles technologies. Ses craintes étaient elles vérifiées ? Les générations qui vivent d’Internet ont-elles un avantage concurrentiel décisif ? Font-elles passer leurs parents pour des dinosaures ?

Il semblerait qu’il soit difficile de distinguer les bénéfices d’être né en face d’un écran. Par contre cela pourrait annoncer une génération superficielle. L’exemple des questions politiques : elle abreuve les réseaux sociaux de ses avis. Mais aucune action n’en résulte.

Plutôt que d’être sincèrement plus engagés politiquement, il se peut qu’ils désirent simplement faire connaître leur activisme à leurs pairs.

dimanche 14 mars 2010

Lehman Brothers

Rapport d’enquête sur la faillite de Lehman Brothers :

Une fois de plus on a fait passer, légalement, des emprunts pour des entrées d’argent (une astuce dissimulait le remboursement). 50md$ tout de même. Ce qui était supposé être liquide, et mobilisable en cas de crise, ne l’était que très peu. Et plus l’on s’approchait d’une issue fatale, plus Lehman brassait de subprimes. Son désir d’être toujours plus gros lui avait fait oublier tout sens commun.

Pénible air de déjà vu. Ambitions invraisemblables d’une part et, d’autre part, quand ça commence à roussir, course en avant de dissimulation créative, qui trahit l’esprit en respectant la lettre.

Ce cercle vicieux est le mal américain, susceptible d’atteindre tout natif ?

Compléments :

  • Sur ENRON, exemple du coup de folie américain : EICHENWALD, Kurt, Conspiracy of Fools: A True Story, Broadway Books, 2005.

Élections régionales (suite)

Un complément à mon billet précédent :

Le résultat des régionales serait aussi une question d’hommes. Ceux du PS sont forts en région, faibles nationalement. C’est le contraire pour l’UMP.

Il y aurait en outre une question de tactique, M.Fillon se serait habilement placé dans la roue de M.Sarkozy, qui essuierait la bourrasque.

Le temps court du mandat présidentiel combiné avec ce que l'on a appelé "l'hyperprésidence" exposent davantage le président de la République. Celui-ci, d'ailleurs, n'est plus protégé comme il l'était traditionnellement sous la Ve République par le premier ministre. On assiste à une quasi-inversion : le président est au premier plan de la gestion de multiples dossiers, et c'est lui qui cristallise les mouvements d'humeur, alors que le premier ministre est davantage épargné. S'y ajoute le fait que le mode d'exercice de la fonction par Nicolas Sarkozy peut provoquer un trouble qui n'est pas essentiel mais qui peut brouiller les repères de certains électeurs de droite.

Il reste que l’électeur chercherait une « troisième » voie, hors des partis actuels. (Mais comment y parvenir : ceux-ci semblent sourds à l’appel, et vouloir tuer toute velléité de concurrence ?)

Élections régionales

On annonce que l’électorat va sanctionner le gouvernement. Raison : chômage fort, supérieur à ce qu’il est ailleurs. Malgré une plutôt bonne résistance à la crise.

Alors pourquoi n’a-t-on pas parlé de chômage lors de ces élections ? C’est surtout de discrimination qu’il me semble avoir été question. Un moyen de noyer le poisson ?

En tout cas, voilà qui contredit M.Huchon. Le peuple ne demande pas plus de démocratie locale, mais, au contraire, un État fort. À tel point que la « sanction », un conseil régional de gauche, est sans conséquence !

Mais, donc, pourquoi avoir constitué des régions ? Était-ce pour le bien de la nation, ou pour trouver un petit boulot à des hommes politiques en surnombre ? à creuser.

Compléments :