mardi 13 avril 2010

La fortune de Sarah Palin


L’Amérique est un pays où la célébrité rend extrêmement riche. Ventes de livres, mais aussi beaucoup de gens prêts à payer cher quelqu’un qui leur amène une foule, qui, elle même, est habituée à payer cher. 

Politique industrielle

Elle est fort à la mode et McKinsey est son prophète. Conseils de Dani Rodrik  pour bien la mener :
Premièrement, une politique industrielle est davantage un état d’esprit qu’une liste de politiques spécifiques. Ceux qui la mettent en œuvre avec succès savent qu’il est plus important de créer un climat de confiance entre le gouvernement et le secteur privé que de fournir des incitations financières. Par le biais de comités de réflexion, de forums de développement fournisseurs, de comités consultatifs sur les investissements, de tables rondes sectorielles et de fonds d’investissements mixtes privé-public, la collaboration a pour objectif de compiler les informations sur les possibilités d’investissement et les goulots d’étranglement. Il faut pour cela un gouvernement qui ait un pied dans le secteur privé, sans pour autant être à sa solde
Deuxièmement, une politique industrielle doit user à la fois de la carotte et du bâton. Compte tenu des risques et du décalage entre les avantages sociaux et privés, l’innovation doit s’accompagner d’une rentabilité – de retours sur investissements supérieurs à ceux que produisent les marchés. C’est pour cette raison que tous les pays ont un système de brevets. Mais des incitations sans restrictions ont aussi leurs coûts : elles peuvent provoquer une hausse des prix pour les consommateurs et bloquer des ressources dans des activités improductives. C’est pour cette raison que les brevets ont une durée limitée. Le même principe doit s’appliquer à toutes les mesures prises par un gouvernement pour donner naissance à de nouvelles industries. Les incitations doivent être temporaires et conditionnées aux résultats.
Troisièmement, les acteurs d’une politique industrielle doivent se souvenir qu’elle a pour but de servir la société dans son ensemble, et pas seulement les bureaucrates qui la gèrent ou les entreprises qui en sont bénéficiaires. Pour éviter les abus et l’appropriation, une politique industrielle doit être mise en ouvre de manière transparente et responsable, et être accessible autant à de nouveaux candidats qu’aux bénéficiaires en cours.
L’argument habituel contre l’adoption d’une politique industrielle est que les gouvernements ne sont pas en mesure de choisir les gagnants. Ils n’en sont évidemment pas capables, mais là n’est pas la question. Ce qui détermine le succès d’une politique industrielle n’est pas la capacité de distinguer les gagnants, mais la capacité de pouvoir se séparer des perdants – une exigence moins insurmontable. Le principe d’incertitude veut que même les politiques les plus optimales produisent des erreurs. L’idée est que les gouvernements reconnaissent ces erreurs et retirent leur soutien avant qu’elles ne deviennent trop coûteuses.

L’Asie se ferme ?

L’Asie se couvre de pipelines et de TGV. Ces nouveaux réseaux économiques semblent aussi de forts moyens d’influence. Et l’Amérique n’y participe pas.
Les pressions américaines sur l’Iran ont été sapées par les intérêts énergétiques chinois et russes.
Tandis que l’Amérique a essayé à la fois l’encerclement et l’offensive pour influencer le régime voyou de Myanmar, La Chine et l’Inde ont utilisé leurs meilleurs contacts principalement pour avancer leurs intérêts commerciaux.

Changeons la France

En expliquant la technique de « communication en environnement incertain » à des dirigeants, j’ai pensé qu’elle pouvait s’appliquer à la France. Je n’ai pas consacré beaucoup de temps à la question. Mais ce qui suit devrait donner une bonne idée de l’esprit de la méthode.

Étape 1. Revenir à ce qui est certain.

Évolutions positives :
  • La fin des idéologies (Libéralisme anglo-saxon, Communisme russe, différents mouvements gauchistes…) – une inquiétude qui rend les gens intelligents.
  • Une France et une Europe potentiellement fortes, parce qu’elles ont ce qui est nécessaire pour être fort dans les règles actuelles du jeu mondial (qui sont les nôtres !) : une société solide et un savoir-faire économique ancien et riche.
Etape 2. Un avenir motivant

La solution aux erreurs que nous avons détectées (et dont le rappel quotidien nous pourrit la vie !) :
  • Une croissante « verte » et durable, le renforcement du lien social, vecteur du « bien être » humain, et le reflux de l’obsession matérialiste.
  • Un monde équilibré, égal dans ses différences, qui commerce entre blocs.
  • L’Europe comme force, culturelle et économique, nécessaire à l’équilibre des blocs mondiaux.
  • La France comme constituant, culturel et économique, décisif de l’Europe.

Étape 3. Nous avons les capacités de réussir le changement, nous nous en donnons les moyens

Étape 3. 1 - Les problèmes à résoudre
  • Chômage endémique, souffrance au travail, inégalités croissantes, SDF, Europe divisée et vieillissante, menace des retraites, dettes structurelles croissantes, perte de compétitivité du fait d’une faiblesse de l’innovation (symptôme du vieillissement).

Étape 3.2 - Les solutions
  • Ce n’est pas parce que notre espérance de vie augmente que nous nous affaiblissons. Prendre de l’âge, c’est acquérir de l’expérience. La population occidentale peut être aussi dynamique que la population orientale, pour peu qu’elle en ait envie, et que ses conditions de travail soient adaptées à un physique plus faible, mais à une maturité supérieure.
  • Développer notre avantage concurrentiel demande de « créer de la valeur sur place » (fondement des techniques Lean), ce qui recréera le lien social (savoir-faire humain levier du développement économique / homme n’est plus un facteur de coût). Ce pourquoi nous avons les outils.
  • Quant à l’Europe et au chômage, ce n’est qu’une question de volonté et de conduite du changement. En particulier la « flexisécurité » nordique peut être adaptée chez nous et garantir une rapide adaptation de la main d’œuvre aux évolutions de l’économie.

lundi 12 avril 2010

Mercedes et Renault

Modeste rapprochement entre Mercedes et Renault. Ce que chacun y gagnerait :
  • Mercedes : un moyen de faire gagner de l’argent à ces petits modèles (pertes de 7md€ en 10 ans ?).
  • Renault : « Peut-être le plus important pour M.Ghosn est l’apparent vote de confiance de Daimler. Pendant la plus grande partie de la dernière décennie Renault a été un acteur d’une médiocrité décevante, soutenu par de substantiels dividendes du plus prospère Nissan. »

Exemple Kirghiz

Le gouvernement Kirghiz a poussé si loin l’oppression que son peuple s’est soulevé.

Pourtant le dit gouvernement avait l’appui des Russes et des Américains. Et s’il était une mauvaise idée de s’allier à un État qui fait le malheur populaire, puisqu’il n’est pas stable ?

Exemple : Vietnam, Afghanistan et quelques autres ?

Heureux comme un noir en Amérique ?

USA. « Entre les âges de 20 et 29 ans, un noir sur neuf et derrière les barreaux ».

Sur une vie, la probabilité de s’y trouver s’élève à 1/3. Conséquence les noires américaines doivent se battre pour ce qui reste.

Avec une telle incitation à rester dans le droit chemin, qu’autant de noirs finissent en prison indique clairement que la société américain est victime d’un très gros dysfonctionnement. 

Affaires en Chine

Pour faire des affaires avec la Chine : relation personnelle et respect des traditions. Et ça coûte cher : 
les dirigeants locaux des multinationales doivent dépenser 30 à 40% de leur temps à passer de la pommade aux officiels et aux régulateurs.
À ce sujet, on dit souvent que le Chinois ne comprend que la force. Je me demande si le fonctionnement de la société ne repose pas plutôt sur la dépendance réciproque. Si l’on cherche à vous nuire, vous pouvez alors menacer de ne plus donner ce à quoi on s’est habitué. C’est comme cela que procédaient les Chinois anciens avec leurs barbares frontaliers (GERNET, Jacques, Le monde chinois, Armand Colin, 4ème édition). 

dimanche 11 avril 2010

Stéphane Richard

  • Il aurait fait fortune dans un LBO de Nexity.
  • Il aurait aidé Iliad à obtenir une licence mobile.
  • Il semblerait vouloir transformer FT en une entreprise normale.
Outre les malaises sociaux actuels, il devra aussi redresser les affaires de « sa vache à lait » française : 2/3 du chiffre d’affaires attaqués par la concurrence.

Compléments :
  • D’après Wikipédia, son parcours prodigieusement rapide, et sa fortune, seraient liés à l’aventure de Jean-Marie Messier, qu’il rejoint à 31 ans. 
  • Sa carrière est une alternance de postes ministériels et de directions de grandes entreprises (il a commencé avec DSK).

Âge de la retraite

L’attitude à l’âge de la retraite ne serait pas une question d’âge mais de culture :
Presque 9 personnes interrogées sur 10, en Angleterre, Danemark, Finlande et aux Pays Bas disent qu'il faut aider les papys à travailler, s’ils le désirent. À l’autre extrême, 55% des Grecs y sont opposés.
Dans les pays nordiques l’âge de la retraite est de plus en plus lié à l’espérance de vie.

Rentabilité excessive ?

Les 500 plus grandes entreprises américaines ont licencié 821.000 personnes tout en triplant leurs bénéfices : 391md$.

En imaginant que chaque personne vaille 50K€, ne pas licencier n’aurait coûté aux dites entreprises qu’un peu plus de 10% de leurs bénéfices… (en fait, moins : ceci suppose qu’elles aient été licenciées début 2009).

Il semblerait donc que la crise a continué à massivement enrichir les riches et à appauvrir les pauvres.
Mais est-ce durable ? Qui sont les personnes qui ont été licenciées ? Étaient-elles réellement inutiles ou est-ce l’avenir des entreprises qui a été raccourci, pour cause de rentabilité ? 

Compétitivité française

On m’a donné un ancien rapport de McKinsey Donner un nouvel élan à l’industrie en France (Octobre 2006). Ce qu’il dit est curieux :

Rappel. L’industrie est importante pour nous parce qu’elle produit une grosse partie des exportations (330 md, contre 10 pour l’agriculture ; le tourisme rapporte 33md). Tout compris (services liés), c’est 22% de l’emploi, et 2 emplois sur 5 travaillent pour l’exportation.

Or, l’industrie française a perdu en compétitivité à la fois sur les marchés intérieurs et extérieurs, apparemment depuis 2000. La perte serait majeure : si l’industrie française avait conservé son ancien niveau d’efficacité, elle emploierait 720.000 personnes de plus ! (En 2006.)

Pourquoi cette perte de compétitivité ? Pas clair. Elle ne s’expliquerait pas par la concurrence des pays émergents (autrement dit ce ne serait pas un problème de coût de main d’œuvre). Une piste ? Les Allemands auraient reconçu leur système de production en développant leurs avantages concurrentiels et en procédant à des délocalisations ciblées.

Ce qui est étrange, c’est que les journaux attribuent la dégradation des conditions de travail à la quête incessante de la productivité ; et qu’au même moment les bonus des dirigeants (donc leur mérite) ont fortement augmenté.

Parmi les experts avec qui j’ai discuté du sujet, deux hypothèses sont avancées :
  1. Dégradation de l’efficacité de la grande entreprise, qui aurait gagné le reste de l’économie.
  2. Un manque d’investissement dans l’innovation : selon Eurostat nos dépenses de RetD ne progresseraient pas (augmentation de 40% par an en Chine).
Compléments :
  • Il semblerait aussi que les grandes entreprises françaises délocalisent leur RetD, et que le Crédit Impôt Recherche serait employé à cette fin ! D’où pas d’effets bénéfiques pour notre tissu social + transfert de savoir-faire aux économies concurrentes. L’idée dominante d’avant crise était que l’innovation nous permettrait de maintenir notre niveau de vie : pourquoi l’élite dirigeante a-t-elle fait l’inverse de ce qu’elle prêchait ?
  • McKinsey suggère aux entreprises d'utiliser les techniques de Lean manufacturing pour retrouver leur compétitivité et de profiter de la proximité clients / marchés européenne. 

Malheurs mongols

Bitter toll. Les aléas climatiques déciment le cheptel mongol, et réduisent les hommes à la famine. Bouleversement post communiste :
La privatisation a signifié le démembrement des grandes coopératives et les propriétaires de troupeaux regrettent maintenant quelques-uns des bénéfices, sous-estimés, liés à leur taille  – sans parler, dans de nombreux cas, de l’accès au savoir-faire technique et de gestion (soviétiques) qui facilitaient l’exploitation pendant les hivers difficiles.
Mais le regret serait mal à propos. Le communisme maintenait un équilibre contre nature.

En tout cas, comme les réformes russes, ce changement a été particulièrement mal mené. 

samedi 10 avril 2010

Angela Merkel

Depuis qu’elle a un allié à son goût, rien ne va plus pour Angela Merkel :
Paradoxalement, la coalition de droite qu'elle espérait et qu'elle dirige depuis quelques mois est un piège. Elle place la chancelière conservatrice dans une situation plus délicate qu'elle ne l'était lors de son premier mandat, à la tête d'une grande coalition avec son traditionnel adversaire social-démocrate (SPD). Elle qui excellait dans l'art du grand écart prenait prétexte de son adversaire-partenaire pour justifier son équilibre indécis. Elle y gagnait l'appui des puissants syndicats. Elle se trouve désormais titillée sur la droite par deux alliés encombrants : les libéraux du FDP et les conservateurs non-libéraux de l'Union chrétienne-sociale (CSU).
Ces difficultés expliqueraient son intransigeance à l’endroit de la Grèce : elle veut regagner l’estime populaire.

Curieux. La pensée de Mme Merkel aurait-elle besoin d’opposition et de temps pour se former ? Elle utilise le groupe pour penser ?

Compléments :

Sauver l’Amérique

The Economist se demande comment sauver l’Amérique.

L’Amérique est présentée non comme le pays dont le comportement irresponsable est à l’origine de la crise – opinion du gros de la planète, mais comme celui qui a tiré le monde par sa consommation. Nous avons tous profité de sa générosité.

Maintenant, l’Amérique doit exporter. Elle redécouvre les bénéfices de l’industrie, le protectionnisme et le rôle de l’État, et la fragilité des activités de service, menacées par des concurrents émergents. Des raisonnements que l’on avait oubliés resurgissent :
les (coûts du travail) comptent beaucoup moins dans les processus qui demandent des investissements lourds tels que la fabrication où la valeur d’un technicien ou d’un ingénieur pourrait dépendre de son efficacité à utiliser un outil de 70m$. Si un ingénieur plus productif peut obtenir 2% de plus de cet outil « ça vaut beaucoup d’employés ».
Alors, comment relancer l’économie américaine ?
  • À court terme, ce sont les entreprises qui exportent déjà beaucoup qui doivent exporter encore plus. L’État doit repérer celles à qui il manque peu pour pouvoir exporter, et leur donner un coup de pouce. Rares sont celles qui réussiront, mais elles suffiront au bonheur du pays.
  • Il serait plus efficace de jouer sur l’offre que sur la demande : s’il y a de la demande pour un produit (par exemple clean tech), l’industrie qui doit la satisfaire se développe. Le gouvernement devrait subventionner la demande et favoriser une baisse des taux de change, pour pousser les exportations.
Recettes qui ne doivent pas marcher que pour l'Amérique...

Compléments :
  • Un dossier est consacré au sujet. Action de l’Etat : Work to be done. Sources de performance économique : Trying harder. Export or die, la question des exportations. Introduction: Time to rebalance
  • Un graphique montre que le taux de change effectif du dollar est déjà quasiment au plus bas depuis plus de 30 ans…

vendredi 9 avril 2010

Pathologie organisationnelle

L’avocat du syndicat SUD, semble retrouver le raisonnement de Durkheim : le suicide est un fait social. Il en déduit que ceux qui sont à l’origine de l’organisation de France Télécom sont à l’origine de la vague de suicides qui y a eu lieu.

Voici ce que l’on disait de cette organisation :
(…) c'est l'individualisation à tout crin qui a coupé la coordination [entre personnels, qui aurait pu éviter des changements néfastes]. Quelques exemples (…). Une décision sans concertation dit qu'un service est réorganisé, tout le personnel de ce service doit postuler sur le poste qu'il occupe s'il veut rester dans le service. Dans cette restructuration on supprime un ou deux postes. Résultat chacun postule et le collègue devient un adversaire pour le poste. Au final, les plus faibles sont exclus du service et on recommence.
D'autre part, la loi dit que l'employeur doit fournir du travail à ses salariés, chez (France Télécom) c'est l'inverse, la direction demande de chercher du travail. Tout est individualisé (évidemment les salaires, promotions, primes, formation, etc.) ce qui rend encore plus difficile ce changement pour des fonctionnaires habitués aux grilles indiciaires.
Pour la coordination, la moyenne d'âge de FT est de 51 ans, avec les services nationaux (...)  qui ont une moyenne d'âge de 41 ans. Ceci veut dire que les services des directions territoriales ont des moyennes de 53 ou 54 ans avec majoritairement des fonctionnaires. Les principaux problèmes de souffrance et de suicides sont dans ces services (…). Dans tous les projets de réorganisation la partie d'accompagnement se limite à la formation. Un exemple sur une réorganisation, ou un site était fermé et le service envoyé à 30km. Dans les personnes impactées se trouvaient des divorcés avec une garde alternée. Du fait de la mobilité ils perdaient cette garde alternée. La direction est tombée des nues quand les syndicats ont présenté le cas. Elle n'avait pas imaginé ce type de problèmes.
[Des syndicats] À FT, les salariés sont plus syndiqués que dans la moyenne nationale, les grèves sont souvent suivies (taux de plus de 25% de grévistes) mais (…) le personnel (et les syndicats) pense qu'il ne peut pas changer les choses, la machine à broyer est trop puissante, les décisions ne sont jamais arrêtées ou amendées, les syndicats n'obtiennent jamais rien dans les négociations (…). Cela a affaibli les syndicats, à quoi peuvent-ils servir, ils n'ont pas de contre-pouvoir dans les négociations?
La seule arme des syndicats et ils l'utilisent et elle fonctionne, c'est l'inspection du travail et la justice. FT est régulièrement condamnée pour des pratiques illégales, les inspecteurs du travail viennent de plus en plus aux réunions de CHSCT et dès qu'ils reçoivent des courriers des syndicats sur des problèmes, ils interviennent très rapidement dans l'entreprise.
Ces techniques de management rappellent celles qui avaient cours à la même époque aux USA. Leur idée directrice, telle qu’exprimée par les consultants et les universitaires, était d’installer le marché dans l’entreprise. C’est ce que l’on voit ici : d’un côté la demande, de l'autre l'offre. Ces techniques dissolvent le lien social et rendent donc impossible la résistance au changement. (D'où leur efficacité.)

Indirectement, SUD chercherait-il à faire condamner le marché comme pouvant nuire au bien être humain ?

Compléments :

La science tuée par l’évaluation

« Partout où il y a indicateurs de performance, il y a encouragement à produire l’indicateur plutôt que la performance (…) beaucoup d’articles publiés dans les meilleurs journaux (scientifiques) sont écrits pour être comptés plutôt que pour être lus ».

Effets pervers : copinage, conformisme, autocitation (auteurs et journaux), résultats tronqués. Les premières victimes du système sont les politiques, qui croient pouvoir s’appuyer sur les experts que désigne ce système d’évaluation.

Compléments :
  • Curieux à quel point le ritualisme peut s’emparer des activités humaines, y compris de celles dont la raison d’être est la rationalité.
  • L’OMS en aurait-il été victime ? H1N1 : pandémie négative.

jeudi 8 avril 2010

Mauvais temps pour les éditeurs

Les éditeurs sont attaqués par les livres électroniques (« 25% des ventes aux USA dans 3 à 5 ans » ?), les téléphones mobiles… Bouleversements en perspective...
Les éditeurs qui survivront à ce qui s’annonce comme une transition périlleuse seront ceux dont les patrons et les employés peuvent apprendre vite à penser comme des impresarios multimédias plutôt que comme des fournisseurs de prose parfaite.
Pas tout à fait d’accord. Comme pour la presse, je crois que les survivants de l’édition auront redécouvert l’essence de leur métier. Et ce métier, s’il n’est pas le papier, c’est la qualité du contenu. En quelque sorte, c’est la « prose parfaite ». C'est aussi la promotion de cette prose.

Et c'est justement ce que certains (http://www.tor.com/) semblent avoir compris : ils utilisent le web social pour créer des communautés de passionnés.

Compléments
  • L’article : E-publish or perish. Les techniques qui s’appliquent aux environnements incertains : Se diriger dans l’incertain.
  • Les libraires, sont eux aussi dans une mauvaise posture. En plus des supports électroniques, ils doivent affronter Amazon (qui aurait saisi 19% du marché américain) et ses concurrents. Le salut serait dans l’offre de nouveaux services (exemple d’un centre de vacances littéraire). Edited out.

L’Angleterre et l’Europe

« Durant mon existence, tous nos problèmes sont venus de l’Europe continentale, et toutes les solutions sont venues des nations anglophones du monde » (Margaret Thatcher). 

Pour l'Anglais, l’UE est une puissance bureaucratique malfaisante qui emprisonne sa liberté. D’ailleurs, l’Angleterre, à commencer par son élite, ignore tout de l’Europe : « Les gens peuvent arriver au sommet dans les médias, dans les affaires ou à la Cité sans ne rien savoir de l’Union Européenne ». Et les conservateurs, qui pourraient bientôt gagner les élections, sont particulièrement mal équipés pour y travailler. Non seulement le système de compromis qui est le mode de fonctionnement naturel de l’Europe leur semble « étrange », mais, en s’étant placés dans un parti eurosceptique, ils se sont coupés de leurs équivalents européens.

Il est difficile de comprendre pourquoi les Anglais ne font pas sécession. En tout cas, s'ils y demeurent, ils veulent l’élargissement de l’Europe, afin d'en faire une zone de libre échange (l’entrée des très libéraux pays de l’Est fut une bénédiction). Ils veulent protéger la Cité de toute réglementation. Ils veulent que leur « parlement ait l’autorité ultime » (pas l’Europe). Ils veulent une exemption de la législation sociale et de l'emploi, de la charte des droits fondamentaux…

Ceci est non seulement contre l’esprit européen, mais, s’il était accepté (et il l’est au moins en partie !), on aurait là une concurrence déloyale vis-à-vis des autres populations européennes.

Je soupçonne que pendant longtemps les gouvernements européens se sont accommodés de cette position, qui leur convenait. Mais que la crise les force à un retour aux valeurs sociales de l’Europe.

L'Europe est un jeu de dupes, entre peuples, et entre électeurs et élus. Elle a été construite à la manière où la politique se conduit en France : en introduisant en douce des mesures qui vont à l’encontre des idées de la nation. Et, comme en France, on se retrouve avec un résultat bancal. Ne serait-il pas temps
  1. que chaque camp se demande s’il est mieux seul ou avec les autres ?
  2. Et, s’il veut appartenir au groupe, qu’il y ait enfin un débat sur ce que nous croyons les uns et les autres, mais aussi gouvernements et peuples. Par exemple, voulons-nous faire de l’Europe une zone de libre échange, voulons-nous renoncer aux droits de l’homme ?... Pourquoi ?

Compléments :

Un carnet de bal

Film de Julien Duvivier, 1937.

Mon vernis culturel me faisait croire à un classique. Mais ai-je vu un chef d’œuvre ? C’est une succession de sketches par des super stars de l’époque. Chacune joue son rôle favori (mon préféré est Jouvet). Et c’est interminable. Alors qu’il me semble que ça se voulait désabusé et léger. 

mercredi 7 avril 2010

Sources de la haine française ?

Je tire le fil de mon idée précédente. Qu’est-ce qui explique la haine que le Français voue au Français ?

Si j’en crois mon expérience du changement, ce que je vois dans l’entreprise, cette haine vient d’un dysfonctionnement organisationnel de notre société. Nous ne parvenons pas à faire ce que nous croyons être notre mission, et nous accusons les autres de nos échecs.

Quel dysfonctionnement ? Une piste à creuser. J’anime un club de dirigeants. J’avais imaginé un fonctionnement extrêmement simple qui permette des rencontres sans demander aucun travail, aucun engagement à chacun. À ma grande surprise, les membres du club veulent en faire une communauté, s’engager dans des actions ambitieuses. Et arrive ce qui devait arriver : personne ne faisant rien, échec piteux des grandes idées, et l’on accuse les autres de nous avoir déçus. (Et l'on m'encourage à sévir.)

Le Français est un homme de théories élégantes et pas de pratique. Il est formé pour être ainsi. Du coup, il en veut à ses semblables de l’échec de ce qui lui semblait évident.

Comment rendre le Français sympathique ? Pour que mon club fonctionne, il faudrait un infime effort de chacun (en gros contribuer à la vie d’un blog). Le jour où il s’y contraindra, le groupe fonctionnera et il donnera à ses membres infiniment plus que ce qu’ils lui ont donné. C’est peut-être pareil pour nous, Français : contribuer au bien de la nation, dans la mesure de nos capacités, corrigerait peut-être ses dysfonctionnements et permettrait la réalisation de nos belles idées. Nous aurions alors de l’estime pour notre équipe qui gagne. 

Logique du collabo ?

En ce moment je rencontre systématiquement l'étrange comportement suivant :

Réformes du gouvernement. Opposition farouche de barons. Soudainement un baron décide de jouer le jeu du gouvernement. On découvre alors qu’il demande de faire à des baronnets ce qu’il reprochait au gouvernement de lui faire.

Ce faisant, il s’est coupé de ses alliés naturels et peut avoir compromis définitivement ses chances de survie.

J’ai fini par me demander s’il n’y avait pas ici une caractéristique de la société française. La haine que nous ressentons pour notre prochain. Elle pourrait expliquer la logique du collabo, ce phénomène français que le monde a tant de mal à comprendre :

Le pouvoir est pris par un être haï, mais vengeur. Le dit pouvoir dénonce les turpitudes françaises et annonce qu’il va les punir : nous reconnaissons notre diagnostic dans le sien et lui indiquons sur qui frapper. 

mardi 6 avril 2010

L’homme plutôt que la société

Vieil article sur la « guerre des talents », doctrine de McKinsey, avec Enron pour champion. Elle voulait que l’homme soit tout, l’organisation rien.

Curieux, mais Enron fut décidément le pionnier de toutes les modes à l’origine de la crise, qu’il s’agisse des innovations financières (notamment des emprunts que l’on fait passer pour des revenus, ou des véhicules hors bilan), ou de traiter les employés comme des stars. Dommage que sa chute ait été jugée trop ignominieuse pour mériter d’être étudiée comme un mal national.

Amusant aussi comme les idées reçues peuvent évoluer rapidement. Au début de ma carrière on disait que « nul n’était irremplaçable »… 

Velib

Je vois le Velib avec des yeux neufs :

Dans un monde où l’on veut réduire la pollution, la production… tout ce que l’on possède et utilise peu pourrait être loué. Les emplois de production seraient ainsi transformés en emplois de service (opérateurs des systèmes d’information qui gèrent le système, réparateurs, livreurs…).

Compléments :

Laissez-faire anglais

L’Angleterre semble l’économie la moins protégée au monde. Ses entreprises se faisant absorber les unes après les autres, avec risque de délocalisation et de perte de savoir-faire national, elle s’interroge sur la validité de cette politique. Intéressantes considérations de The Economist :
  • Même les entreprises américaines sont plus difficiles à acheter que les anglaises.
  • L’Angleterre posséderait beaucoup de multinationales, héritage de son passé colonial. Mais l’actionnariat de celles-ci serait éparpillé (disparition depuis longtemps de l’actionnariat familial). Ce qui les rendrait à la fois prudentes dans leur gestion et des proies faciles.
  • Cependant, l’expérience semblerait indiquer que l’acquisition d’entreprises anglaises par des étrangers n’est pas mauvaise pour le tissu économique local. Certaines ont pour objet le marché en Angleterre et restent donc sur place. Les acquéreurs étrangers peuvent développer les compétences de leurs employés et apporter un savoir faire de gestion nouveau. L’Angleterre continue à attirer des quartiers généraux… Conclusion :
Éducation et compétences, plutôt que le protectionnisme, sont toujours la meilleure façon de sauvegarder les emplois anglais quand des acheteurs étrangers viennent nous rendre visite.  
  • Mais le réel argument en faveur du laissez-faire ne serait-il pas celui-là :
Empêcher les acquisitions pour protéger les emplois anglais saperait le soutien ancien du pays à un marché libre d’acquisition de sociétés, et à la liberté des marchés, plus généralement, ce qui ferait de l’Angleterre un endroit moins favorable aux affaires.
Idéologie ? Pas sûr. Ce n’est peut-être pas un argument absolu en faveur de la liberté des marchés. Mais plutôt un argument relatif. L’Angleterre est la porte d’entrée du marché européen, sans présenter les contraintes continentales. Pour les multinationales, l'Angleterre c’est les bénéfices de l’Europe, sans ses inconvénients. Si l'Angleterre est un pavillon de complaisance, elle n’a peut-être pas besoin de sa propre flotte. 

lundi 5 avril 2010

H1N1 : pandémie négative

Il semblerait que la grippe H1N1 ait pris la place de la grippe usuelle. Combinées elles ont tué moins de monde qu’à l’habitude.

Mais l’erreur a eu des conséquences économiques sérieuses et pourrait prédisposer la population à réagir incorrectement à la prochaine alarme.

Raison de cette déroute ? L’OMS n’a pas évalué le niveau exact du danger avant d’alerter la planète. Conclusion de l’article :
Les décisions contestables de l'OMS montrent que ses responsables sont soit trop rigides soit incompétents, soit les deux, pour apporter les modifications voulues au système d'alerte de pandémie - ce qui ne surprend plus d'une organisation critiquable sur le plan scientifique, arrogante et qui n'a de compte à rendre à personne. Elle est peut-être capable d'effectuer une surveillance sanitaire sur le plan mondial, mais son rôle politique doit être considérablement réduit.
L’OMS : nouvel exemple des méfaits du carriérisme ?

Tea party et web social


Il défend des valeurs conservatrices mais ne vote pas Républicain. En fait, il semble avant tout être « contre ». Il est contre l’establishment, et ne veut pas de leader. Il n’a pas de programme clair. Sa force vient surtout de ce qu’il sait mobiliser la foule (grâce au web social). Mais il n’a aucune organisation interne. Curieusement, s’organiser signifierait même la mort du mouvement. Son atout maître : être spontané ?

Parallèle avec les manifestations françaises ? Quand une mesure ne convient pas au peuple, il se manifeste et fait tomber un ministre. Peut-être en est-il de même aux USA ? Sorte de résistance au changement ? Quand certaines valeurs de la société sont menacées, il y a manifestation de mécontentement ? Moyen de manœuvrer une classe dirigeante qui n’a pas les mêmes intérêts que la classe populaire, mais qui a tous les pouvoirs ?

Compléments :
  • Contradiction avec les thèses de Mancur Olson, selon lequel seuls les petits groupes peuvent construire des coalitions, les grands ayant besoin de contrainte pour cela ? Le web 2.0 donne-t-il aux foules un moyen de coordination à coût si faible qu’il leur est possible de monter des rassemblements éphémères, mais efficaces parce qu’ils frappent à des instants critiques du processus démocratique (élections) ?

Europe de deuxième division

Dominique Strauss-Kahn aurait dit :
"Le risque pour les économies européennes, c'est qu'elles se retrouvent en deuxième division, et non pas en première, avec les Etats-Unis et l'Asie"
Ce qu’un article du monde explique ainsi :
57 % (des exportations) des Etats-Unis sont tournées vers les pays émergents à forte croissance, 23 % seulement vers la zone euro. Et du côté du marché du travail et de sa flexibilité. L'ajustement de l'emploi a été beaucoup plus rapide aux Etats-Unis qu'en Europe, ce qui permet d'y envisager une reprise plus soutenue (162000 emplois ont été créés en mars).
Très bien. Mais tout ceci est structurel. Les entreprises américaines sont conçues pour licencier et embaucher. Elles se renouvellent par la « destruction créatrice » (y compris la leur). Les nôtres sont conçues pour s’adapter au changement et demandent à leurs employés de se couler dans une culture forte. Du coup, les licenciés ne retrouvent plus d’emploi. Idem pour les exportations. Les entreprises ne peuvent par exporter du jour au lendemain, pour cela elles ont besoin, en particulier, de réseaux commerciaux préexistants, comme a su en construire l’Allemagne. Quant aux Anglo-saxons, leurs réseaux commerciaux couvrent le globe depuis des siècles.

Bref, un tel diagnostic est l’équivalent de dire que, pour être champions du monde de basket, il suffit d’avoir des joueurs qui mesurent 3m.

Si l’on veut éviter à l’Europe la seconde division, il faudra la transformer, ce qui demande une vision à long terme, et du temps. Je ne doute pas que nous bénéficierons bientôt des mesures prises par M.Strauss-Kahn, lorsqu’il était au gouvernement.

Compléments :
  • Autre idiotie : l'émerveillement de l'article devant le dynamisme chinois et indien. Pourquoi s’étonner de notre différence de croissance ? Veut-on maintenir les pays émergents dans la pauvreté ? 

Leader de Detroit

La ville de Detroit est dans un triste état. En quelques décennies elle a perdu la moitié de ses habitants, déficit (325m$), maisons abandonnées, fermetures d’écoles (45 en une année)…

Seule solution à ses malheurs, réduire la ville, réinventer son fonctionnement pour qu’il corresponde à son nouvel état. Curieusement, ses habitants considèrent cette réorganisation comme celle d’une entreprise, avec les mêmes termes. On parle d’ailleurs de « changement » comme s’il s’agissait d’entreprise, et on lui cherche un « leader », qui pourrait être le maire de la ville.

L’article : Thinking about shrinking. Et mes remarques :
  • Pourquoi les Américains parlent-ils donc systématiquement de « leaders » ? Ne sont-ils pas les apôtres du laisser-faire, de la main invisible ? Pourquoi leur faut-il quelqu’un pour les guider dès qu’ils envisagent un changement ?
  • Une hypothèse : c’est une société d’individualistes, avec fort peu de règles communes. Par conséquent, le changement les laisse désemparés, d’où risque de mouvement Brownien et nécessité d’un agent de la circulation pour organiser l’effort collectif ?
  • Cela expliquerait-il pourquoi les étudiants me disent sans arrêt que le changement ne peut réussir s’il n’est pas soutenu par le top management ? (Ce à quoi je réponds que je n’ai jamais vu un changement porté par son dirigeant.) Les livres traitant du changement viennent d’Amérique, avec leur contenu nous absorbons leurs biais culturels ?
Compléments :
  • La notion de leader semble effectivement liée à la culture anglo-saxonne, elle entendrait par là le « pasteur », celui qui guide le troupeau.  (Philippe d’IRIBARNE, La logique de l’honneur, Seuil 1993.)
  • Un aperçu de la théorie du leader : Mesurer la capacité au changement d’une entreprise.

dimanche 4 avril 2010

Mort du 3D ?

Il semblerait que Le choc des titans soit un 3D raté.

Notre mode du film 3D pourrait s’achever comme les 2 qui l’ont précédée (1950 et 1980). Les studios se sont jetés sur le 3D, parce qu’il permet d’enfler le prix des places. Or le film doit être conçu avec le 3D en tête, et, ça marche surtout avec l’animation. Conséquence : mort du 3D pour cause de navets ?

Compléments :
  • Je n’ai rien trouvé d’extraordinaire au 3D du Crime était presque parfait d’Hitchcock, et je ne suis pas subjugué par l’avancée technique survenue depuis. 

Geely achète Volvo

Illustration de la stratégie chinoise d’acquisition de compétence occidentale ? Geely, fabricant de voitures qui ne passent pas les normes de sécurité occidentales, achète Volvo, spécialiste de la sécurité, à coups de subventions gouvernementales.

Faut-il avoir peur du Chinois ? Ma théorie du moment est qu’il nous a rendu service.
  • La globalisation de ces dernières décennies ressemblait férocement à une tentative de prise de contrôle de la planète par des oligopoles. Par exemple, les constructeurs automobiles suivaient une même stratégie. C’était la mort de l’innovation. En empêchant cette entente, la Chine pourrait forcer l’industrie occidentale à redevenir intelligente.
  • La Chine semble incapable d’inventer, de nous proposer des produits que nous n’avons pas. D’ailleurs peut-être que le faire demande beaucoup de temps. En conséquence, elle a sans doute raison de partir de notre savoir-faire pour construire le sien. Ce n’est pas nécessairement dangereux pour nous. L’Allemagne et la France construisent toutes deux des voitures, et chacune a trouvé sa place sur le marché automobile. Il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même avec la Chine.
L’Occident doit sortir de sa léthargie, et ses patrons doivent montrer qu’ils méritent leur salaire.

Compléments :

The ghost writer

Film de Roman Polanski.

Exceptionnellement, je suis allé voir un film récent. Mais j’ai attendu un peu après sa sortie, que les salles se soient vidées.

Excellent moment. Film construit sur une idée d’une simplicité et d’une élégance surprenantes. Réécriture de l’histoire de Tony Blair, plus vraisemblable que la vraie. Mais qu'en pensera-t-on, une fois Tony Blair oublié ? (D’ailleurs, le film ne perd-il pas de son intérêt quand on ne connaît pas bien la vie de Blair, et de sa femme ?)

samedi 3 avril 2010

Berlusconi (suite)

Les dernières élections italiennes sont très favorables à S.Berlusconi. Y aurait-il deux façons de juger un homme politique ?
  1. Ce qu’il dit ou fait. Critère de jugement de l’intellectuel. Alors les triomphes durables de MM.Berlusconi et Reagan, ou de Mme Thatcher, sont quasi incompréhensibles.
  2. Ce qu’il est. Ce qui compte est son comportement. Il a quelque chose qui plaît.  

Heureuse Amérique

L’Amérique a un « privilège exorbitant » : ses dettes sont bon marché, et ses investissements étrangers lui rapportent plus qu’aux autres nations.

Aucune raison honnête (par exemple une rémunération d’une prise de risque) ne semble le justifier.
Seule explication : les bénéfices d’être une monnaie de réserve ?

Compléments :

vendredi 2 avril 2010

Pétrole d’Obama

B.Obama annonce qu’il va permettre les forages pétroliers au large des côtes américaines.

Ce serait idiot, à la fois écologiquement et économiquement. Mais pas politiquement : cela décoincerait un sénateur républicain nécessaire au vote des lois de réglementation des émissions et (surtout ?) cela priverait les Républicains d’un cri de guerre, juste avant les élections de Novembre. (Et, B.Obama moins inquiétant intello gauchiste, plus l’un des nôtres ?)

Illustration de l’irrationalité de la marche des sociétés ? Mais peut-être pas de celle d’Obama. Car si forer est idiot parce que n’apportant pas grand-chose, symboliquement c’est important, et, en prenant l’argument à l’envers, les dégâts sont aussi probablement secondaires. Il est idiot de le faire, mais encore plus de s’y opposer ?

Olivier Ferrand

Entendu ce matin, sur France Culture, ce qui semble être un membre du PS. Enfin quelqu’un qui parle des problèmes de la France :
  • Déficits structurels
  • Elle investit beaucoup trop peu.
C’était court, et je n’ai pas retenu grand-chose d’autre. Mais c’est bien. Nous avons besoin de poser clairement les problèmes avant de considérer quelles solutions nous devrions leur donner.

Compléments :
  • Le sujet de l’État et du rôle du service public me semblent aussi devoir être posés. Je soupçonne que, pour faire des économies, le gouvernement enlève actuellement le personnel de là où il est utile, sans attaquer les réelles causes d’inefficacité du système.
  • En outre, il faut mettre un terme au chômage, qui fait que 10% de notre population doit être alimentée sans qu’elle puisse contribuer à l’assurance sociale. Ce qui me semble passer par la flexisécurité. Elle est difficile à mettre en place, mais l’enjeu est colossal, et d'autres ont réussi (pays nordiques), pourquoi pas nous ? Mais là, j’avance des solutions. 

Homme multiple

Les modélisations économiques de l’homme le considéreraient comme 
une entité multi-systèmes (avec des objectifs conflictuels, une information réduite, etc.) et par conséquent le décideur doit être modélisé comme une organisation.
Ce qui semblerait expliquer pourquoi James March m’a suggéré de publier mes idées : j’avais justement fait cette hypothèse. (Qui, par ailleurs, s’oppose au modèle d’Herbert Simon, qui voit l’organisation comme un ensemble de moyens qui doivent satisfaire une fin.)

Compléments :
  • En tout cas, l’économie s’entête toujours à modéliser la société comme un ensemble d’individus, sans se rendre compte que des lois propres au groupe règlent ses comportements (cf. sociologie ou théorie de la complexité).

jeudi 1 avril 2010

Service gratuit

Depuis longtemps je me demande pourquoi les services sont comptés dans le PIB. Beaucoup de « services payants », ne sont-ils pas des services que la société fournissait gratuitement jusque-là ? Maslow ne disait-il pas que l’amitié était la psychanalyse de l’homme bien portant ? Si l’on paie pour la psychanalyse va-t-on payer pour l’amitié ? Création de « valeur » illusoire ?

Je viens d’avoir l’idée suivante. Au fond ce que paie la société, c’est la spécialisation, la professionnalisation. C’est pour que des gens deviennent des amis spécialisés qu’il faut les payer pour qu’ils n’aient pas l’obligation de faire autre chose pour vivre (donc d’être des amis amateurs). L'innovation c'est cela : une spécialisation reconnue par la société. 

Ce qui semble aller dans la direction de l’idée d’Adam Smith selon laquelle la « la division du travail est limitée par l’étendue du marché » : pour maximiser la richesse du monde, il faut éliminer les barrières à l’échange, ainsi chacun pourra se concentrer sur son talent, et laisser le reste à d’autres, plus doués. C’est la justification de la globalisation.

Compléments :

Mondialisation

Guy Sorman conteste l’idée reçue d’un siècle asiatique :
  • L’Asie n’est pas homogène (peu de ses pays, même, le sont), elle est fort instable, la sécurité d’une partie de ses routes commerciales dépend de l’armée américaine. Surtout l’Asie est plus capable d’améliorer que d’innover. Et l’avenir de sa culture ne semble pas avoir trouvé d’autre option que l’absorption, contre nature ?, des valeurs occidentales.
  • Mais l’avenir n’est à personne en particulier. L’échange a fait disparaître l’identité des nations. Nous sommes mondialisés.
J’en doute. La Chine est attachée à sa culture, comme l’est le Japon. La crise économique me semble avoir été celle d’une illusion, occidentale, de la globalisation, d’un monde gagné au capitalisme. Les nations se replient sur elles-mêmes, à commencer par l’Amérique. L’avenir proche est au bloc, je soupçonne.

Dangers de l’innovation

L’innovation financière fut un grand coupable de la crise, dit-on. Elle aurait poussé au crime d’une curieuse façon :

Plus l’innovation rapporte moins ceux qui en sont responsables la mettent en œuvre correctement (par exemple les gestionnaires de fonds ne se préoccupent plus d’évaluer ce qu’ils vendent mais en laissent le soin aux agences de notation). L’innovation devient un moyen d’extraire de l’argent du public. Jusqu’à ce que ça ne soit plus viable. L'innovation disparaît alors avec le forfait.

En fait, en modifiant les règles du jeu, l’innovation désorganise le contrôle social, ce qui permet de tels phénomènes de parasitisme.

La science serait-elle devenue un moyen de détrousser la société ?

Compléments :
  • Je décris quelque chose comme cela dans un livre que j’ai failli publier. La mauvaise qualité du logiciel produit à partir des années 80 (notamment de Microsoft) me semble venir de ce que le « ni fait ni à faire » était devenu la meilleure stratégie de carrière. Là aussi il y avait eu détournement d’innovation.
  • OGM, science et démocratie.

mercredi 31 mars 2010

Invention de la société moderne

J. Bradford DeLong se demande quelles sont les raisons qui ont fait de notre société ce qu’elle est. Réponse :

Fin 19ème, invention du processus systématique d’invention et d’innovation (invention de l’inventeur et du laboratoire), permise par deux révolutions : des moyens de communication et de transport globaux. Désormais une nouvelle idée peut être connue partout, et un nouveau produit vendu partout, permettant ainsi des fortunes sans précédent.

Compléments :

Déséquilibre des échanges mondiaux (suite)

Certains disent que le déséquilibre des échanges mondiaux a été créé par une soudaine passion pour l’épargne. Désaccord de chercheurs :

Ils constatent que si les Chinois se sont mis à épargner, il n’y a pas eu augmentation de l’épargne mondiale. Par contre, là où il y a eu spéculation immobilière, il y a eu déficit. Pourquoi ? Parce que les peuples se sont crus riches, et qu’ils ont dépensé ce qu’ils ne possédaient pas.

En particulier, la corrélation semble se vérifier particulièrement bien pour les pays européens. Confirmation du point de vue allemand : le salut est dans la rigueur ?

Compléments :

mardi 30 mars 2010

Point Angleterre

Curieux. Mettant un terme à son pessimisme, The Economist voit à l’Angleterre des lendemains qui chantent.
  • Après avoir rappelé qu’il y a 3 ans « l’économie britannique était la plus forte d'Europe », il explique qu’elle n’est pas une seconde Grèce, mais qu’elle a de solides fondamentaux (dus à Margaret Thatcher), à savoir, des salaires modérés, des syndicats « petits et faibles » et un taux de change flottant. Bref le paradis sur terre.
  • Quant à l’économie, elle n’est pas aussi dévastée que d’autres articles le prétendaient, l’industrie « qui compte encore pour la moitié des exportations », demeure la 6ème du monde, et « les services financiers, même à leur pic, constituaient seulement 8% de l’économie, contre 12% pour l’industrie ».
  • Un seul point noir : le surpoids de l’État. Mais les conservateurs vont réduire sa taille (« les dépenses du gouvernement ont cru de 44% du PIB en 2006 à 52% en 2009, à comparer avec les 48% de la soi-disant étatiste Allemagne. »).
Compléments :

Point Grèce

L’Europe a mis au point un plan financier d'aide à la Grèce. La poussière retombe. Dans quel état est le pays ?
  • Apparemment, pas de révolte, gouvernement toujours populaire.
  • Quant à son plan de rigueur, il n’est réalisable que si la Grèce peut emprunter à un taux réduit. L’accord européen est arrivé à temps. Par contre il y aurait besoin de 3 fois plus d’argent qu’envisagé (75md€ et non 25) et de 5 ans au lieu de 3 pour arriver au niveau d’endettement voulu.
  • Dans quel état cela laissera-t-il le pays ? L’histoire ne le dit pas.
Compléments :

Jihad et Arabie Saoudite

Le Jihadisme saoudien semble avoir une curieuse histoire :

Naissance : conjonction d’intérêts favorables à l’Ouest et d’une volonté de quelques-uns d’accomplir des actions glorieuses au nom de l’Islam. Puis erreurs du pouvoir qui conduisent au conflit, et aussi révolte au spectacle des souffrances du monde musulman. Devenu plus adroit, le gouvernement saoudien ferait entrer la situation dans l’ordre.

Enseignement ? Dans la lutte contre Al Qaeda « il est plus urgent de se préoccuper des symboles de la souffrance musulmane, que de réformer économiquement et politiquement les pays arabes ».

lundi 29 mars 2010

Cyriaque Magloire Mongo Dzon

Entendu (partiellement) avant-hier chez RFI. Jugement sur la décolonisation.

Ce n’est pas la colonisation qui a pêché, mais la décolonisation. La France cheminait avec l’Afrique, pourquoi l’a-t-elle abandonnée aux mains d’élites corrompues et rétrogrades, qui ont mis un terme à son voyage vers la démocratie ? Voilà ce que j’ai cru comprendre.

Compléments :
  • Si mon interprétation est correcte, Cyriaque Magloire Mongo Dzon partagerait la vision de J.S.Mill d’un colonisateur qui guide le colonisé dans son évolution culturelle. 

Nouveau taylorisme

Dans l’émission que je cite dans le billet précédent, il est question d’un « nouveau taylorisme ».

Des employés d’un centre de recouvrement de FT témoignaient. Certains étaient d’anciens techniciens, qui avaient été fiers de leur état, et maîtres de leur sort et d’un petit royaume technique. Aujourd’hui, ils sont téléopérateurs, une pièce dans un rouage. Plus exactement, ils sont en bout d’un mécanisme dysfonctionnel qui crée l’incompréhension du client (les commerciaux de FT semblent vendre n’importe quoi), qui éclate sur eux.

Un des interviewés explique qu’il préférerait travailler à la chaîne, parce qu’au moins là il serait sûr de ne pas avoir de surprises. Dans le taylorisme des services la menace de la crise est permanente.

Et on ne parle que de rendement, de rentabilité. C’est étrange. Massacre des employés au nom de la rentabilité. Mais quel peut-être la qualité du service au client dans ces conditions ? Et l’avenir de l’entreprise ? Décidément, le culte de la rentabilité rend idiot.

Compléments :
  • Le rapport « Bien être et efficacité au travail », note : « La santé n’est pas l’absence de stress ou de maladie : c’est « un état de complet bien être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité », selon la définition donnée par l’organisation mondiale de la santé. » Autrement dit, si l’employé ne se sent pas bien à son travail, cela signifie qu’il est mauvais pour la santé.
  • Plus loin : « L’employeur est légalement responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés et a une obligation de résultat en la matière. » Bien lourde responsabilité, qui explique certainement des délocalisations vers des contrées où le travail dans les mines peut tuer des milliers de personnes, sans que qui que ce soit ne s’en préoccupe. 

Conditions de travail

J’ai lu le rapport « Bien être et efficacité au travail » remis au premier ministre le mois dernier. Le diagnostic initial est particulièrement déprimant :
Les grandes « familles » de facteurs de stress ont fait l’objet de nombreux travaux d’experts. Dans notre perspective de praticiens, nous retenons en particulier :
- la fréquence accrue des réorganisations, restructurations et changements de périmètre des entreprises, qui impactent tout ou partie de l’organisation et modifient parfois brutalement les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur activité ;
- la peur du chômage et l’incertitude sur l’avenir, qui génèrent chez les salariés un sentiment d’insécurité et les rendent plus démunis face aux difficultés rencontrées sur le lieu de travail ;
- l’accélération et l’augmentation des exigences des clients dans une économie fortement tertiarisée depuis trente ans, marquée par de nouveaux modes de services (call centers, guichets, caissières…) ;
- l’utilisation parfois à mauvais escient des nouvelles technologies, qui « cannibalise » les relations humaines : elle fragilise la frontière entre vie privée et vie professionnelle, dépersonnalise la relation de travail au profit d’échanges virtuels et accélère le rapport au temps de travail – introduisant une confusion entre ce qui est urgent et ce qui est important. En une génération, on est passé d’un collectif de travail physiquement réuni
à une communauté d’individus connectés mais isolés et éloignés les uns des autres ;
- le développement de nouvelles formes de taylorisme dans le domaine tertiaire. Caractérisées par la standardisation et la parcellisation des tâches et des relations, elles peuvent faire perdre le sens du travail. Lorsque les méthodes de management incitentsimultanément à la prise d’initiative, les salariés se trouvent en situation d’injonction paradoxale. Les process doivent rester un moyen : ils ne règlent pas les enjeux humains, qui se jouent dans la proximité du management ;
- l’intériorisation par le management de la financiarisation accrue de l’économie. Elle fait de la performance financière la seule échelle de valeur dans les comportements managériaux et dans la mesure de la performance, sans prise en compte suffisante de la performance sociale ;
- la mondialisation, conjuguée avec une centralisation des organisations, qui éloigne les salariés des centres de décision, décrédibilise le management de proximité et crée un sentiment d’impuissance collective et individuelle ;
- le développement des organisations matricielles et du reporting permanent, ainsi que certains comportements managériaux, qui contribuent au sentiment de perte d’autonomie, d’efficacité et d’utilité des équipes ;
- les difficultés dans les relations de travail, au sein d’une équipe ou avec le supérieur hiérarchique, notamment lorsque l’isolement réduit les occasions d’échange ou d’écoute ;
- les contraintes de transport, notamment dans les grandes agglomérations ou dans les zones géographiques mal desservies, qui créent de nouvelles tensions – surtout lorsqu’elles se cumulent avec des questions d’organisation personnelle qui pèsent particulièrement sur les femmes (modes de garde des enfants etc.) ;
- l’augmentation des attentes en matière de lien social vis-à-vis des entreprises, avec la diminution des autres formes de lien social (famille, école, cité, églises…), qui devient critique lorsque difficultés personnelles et professionnelles se cumulent.
Suivent des recommandations. Mais j’ai du mal à imaginer qu’une situation aussi catastrophique puisse être corrigée facilement.

Cette liste me donne le même sentiment qu'un reportage sur le travail chez France Télécom entendu tout à l'heure (Les pieds sur terre, de France culture). L’entreprise marche sur la tête, parce que ses dirigeants se sont coupés de la réalité.

Je crois que tout rentrera dans l’ordre le jour où ils comprendront que leurs salariés sont au cœur des processus critiques de l’entreprise et que ce sont eux qui savent comment les transformer pour l'enrichir. Quand les salariés seront à nouveau devenus une richesse, toute cette irrationalité suicidaire disparaîtra.

Changement chez les dinosaures

Le changement biologique :
L'ordre ancien est détruit. Il y a une période de confusion. Alors un nouvel écosystème émerge, qui ressemble de manière surprenante à l’ancien, mais avec des acteurs différents.
Easy come, easy go.

Compléments :
  • Les révolutions procèdent de même dit l'article. Tocqueville aurait approuvé (L'Ancien régime et la Révolution).

dimanche 28 mars 2010

Journée du changement

Comme deux fois par an, nous subissons aujourd’hui un décalage horaire.

Cela a-t-il la moindre utilité ? Je n’ai jamais rien  vu qui le démontre indubitablement. Mais je suis attaché à cette journée, parce qu’elle est symbolique. C’est notre journée du changement, comme il y a une journée de la femme. Deux fois par an nous sommes amenés à réfléchir à ce qu’est un changement technocratique. Ma contribution :
  • Le changement technocratique est conçu par un être supérieur. Il modélise le monde par une équation, et en déduit ce qui va faire son bonheur. Si mes souvenirs sont bons, le changement d’horaire devait faire gagner à la France « 100.000 tonnes de pétrole ». De même, pour créer des dizaines de milliers d’emplois, il suffisait de mettre les taxis en concurrence parfaite, et la taxe carbone élimine l’effet de serre. (Les 35h auraient dû supprimer définitivement le chômage.)
  • Le secret du changement technocratique, c’est de faire abstraction de tout ce qui n’est pas mesurable. C'est-à-dire de la réalité de la vie. C’est d’ailleurs pour cela que le changement paraît aussi miraculeux : on en a oublié le coût réel ! C’est aussi pour cela que l’échec de la mesure est incompréhensible : le gain n’était-il pas évident ? Seule explication : malveillance d’un peuple de retardés. 

Reengineering gouvernemental

Nathalie Segaunes a mené une enquête auprès de nos ministres. L’agitation de l’omniprésident les laisse désœuvrés. Tout leur effort consiste à imaginer des actions de communication qui les fassent remarquer. N’y a-t-il pas que cela qui compte pour le président ?

Alors qu’il n’est question que de réduction de déficit, pourquoi le gouvernement ne réduit-il pas le nombre de ses ministres et secrétaires d’État ? Ce serait fort et symbolique, non ?

Il pourrait suivre les recommandations de Michael Hammer, le gourou du reengineering : un reengineering doit viser à diviser par deux les effectifs d’une entreprise. Deux fois moins de ministères, donc. Cela ferait de grosses économies : car les ministres sont fort bien payés, et s’entourent de gens qui le sont aussi.

Compléments :
  • Il y a ici une méthode extrêmement efficace de réduction de coût, que j’ai utilisée quelques fois, mais qui semble peu connue : réduire le haut de la pyramide. Ça touche relativement peu de monde, mais ça diminue massivement les dépenses de personnel. Il y a probablement quelque chose de culturel dans notre imperméabilité à cette idée. Il y a quelques années j’ai demandé au patron des achats de PSA pourquoi son service n’était pas fait de « low cost people ». C’était dans sa logique et ces personnes, à proximité des fournisseurs, auraient été idéalement placées pour négocier avec eux. Bizarrement, il n’a pas semblé comprendre ce que je lui disais. 

Archéologie culturelle


Les migrations au sein de l’Allemagne se feraient toujours en fonction des zones d’implantation des dialectes anciens.

Faiblesse de l’intégration allemande qui n’a pas su constituer de culture unique ? Ou les cultures anciennes se maintiennent-elles longtemps, et influencent-elles nos comportements à notre insu ? 

samedi 27 mars 2010

Crash stratégie de Sarkozy ?

Dans un précédent billet je m’interrogeais sur les réactions de B.Obama et de N.Sarkozy face au revers. Je me demandais s’il n’y avait pas quelque-chose de culturel dans leur comportement :

B.Obama, comme un champion sportif américain, sort le grand jeu quand il est au plus mal. Alors que N.Sarkozy, comme le champion sportif français ?, perd ses moyens et s’enfonce dans la caricature ?

N.Sarkozy, qui semble un excellent animateur du changement, est un mauvais leader du changement. Il est trop impulsif, alors que tout le succès d’un changement est dans sa préparation. (Surtout lorsque l’on travaille avec une organisation aussi complexe qu’une nation !) Cette préparation consiste essentiellement à définir ce qui va mettre la nation en mouvement, et à construire l’infrastructure de contrôle du changement.

Il aurait besoin de quelqu’un, d’une équipe, qui lui apporte des propositions de réforme réfléchies, et qui fasse émerger, dans l’administration, les réseaux nécessaires à la mise en œuvre des dites réformes.

Comment va se terminer le mandat présidentiel ? Canard boiteux enfermé dans un bunker ? Renaissance une fois la logique fautive poussée à l’absurde, et le fonds de l’abîme de la déprime atteint ?...

Compléments :
  • D’ailleurs, je me demande si la nation n’a pas amélioré ses mécanismes de résistance au changement. En début de mandat, elle était surprise par la vitesse d’exécution du Président, maintenant, elle paraît voir dans chaque annonce présidentielle un coup de bluff. Elle cherche des contradictions et ridicules dans le discours, et elle les dénonce immédiatement, ce qui coupe l’élan présidentiel. Bricolage industriel.

Coût du travail

Encadré de la page 66 de L'Usine Nouvelle (n° 3184 du 18 mars 2010) :
Les états généraux (de l’industrie) ont permis de soulever le manque de compétitivité français. Le poids des charges sociales handicape les entreprises à l'export. La réflexion sur le financement de la protection sociale doit avoir lieu rapidement. Faute de quoi, inutile d'espérer un redressement de l'industrie française !
Bref, si la France ne se débarrasse pas de son système de protection sociale, ses entreprises ne seront pas performantes. L’article parle ensuite de primes de l’État et de robotisation. Voici comment un Américain lit cet article :
Cette réaction quasi-nationale quasi-unanime pourrait prendre racine dans l'absence de l'éthique protestante du salut par le travail et la domination par l'éthique catholique du salut par la grâce, de Dieu ou de l'État.  Si on met tout sur le dos des charges sociales, que personne ne pourra changer sans allumer une révolution dans les rues, c'est aussi une excuse pour ne rien faire. Appeler l'État pour légiférer OK, mais on attend toujours le salut d'en-haut. Ce qui conduit à inscrire l'assistanat jusque dans les chromosomes. La réaction d'un Américain est, "Nous n'avons pas les moyens ?  Eh bien, on va les créer... par la force de notre pensée et de notre travail." Malgré les charges sociales. Après tout, je crois savoir que les Allemands ont à peu près les mêmes charges, mais cela ne les bloque pas comme ici.
Compléments :

  • Le sus-nommé Américain ajoute ceci à sa déclaration :
Dans l'Usine Nouvelle du 11 mars, je lis à la page 22 que "Selon Eurostat en 2008 (les charges sociales) pèsent 42,5% des réumnérations brutes en France, contre 23,5% en Allemagne."  Mais le coût horaire des deux pays est le même: environ 33 euros l'heure. 

vendredi 26 mars 2010

Avantage de l’altruisme

À l’envers des théories qui prônent l’égoïsme, il semblerait qu’il soit un handicap économique :
Au fur et à mesure que les sociétés sont devenues plus complexes, celles qui ont développé des systèmes sanitaires, de transport, de fourniture d’énergie, etc. ont mieux réussi que celles qui ne l’avaient pas fait. Il se peut que la notion d’équité soit équivalente à ces systèmes.

Compléments :
  • L’égoïsme est à la base du modèle d’Adam Smith, de l’économie néoclassique (homme rationnel, qui optimise son intérêt), et des théories néoconservatrices

jeudi 25 mars 2010

Euro

La baisse de l’euro semble ébranler la journaliste qui m’annonce les nouvelles, ce matin. Je ne comprends pas. Le monde entier cherche à dévaluer sa monnaie, pour relancer son économie, pourquoi alors se lamenter d’un euro faible, qui ne peut qu’aider nos chômeurs ?

Et si c’était un moyen, maladroit, de se plaindre du manque de solidarité européen, de l’égoïsme allemand ?
Mais pourquoi l’Allemagne n’aurait-elle pas le droit de donner son point de vue ? Pourquoi serait-il fatalement moins bon que le nôtre ? N’est-elle pas fondée à dire qu’il est anormal qu’un pays puisse trafiquer ses chiffres ?

Ce que l’Europe est en train de faire, c’est de créer une jurisprudence. Une fois construite, elle servira, immédiatement, lors d’une prochaine crise. Pour cela elle a besoin de réfléchir. Ce qui demande un échange d’idées. C'est cela la démocratie.

En fait, on reproche à l’Europe de ne pas être solidaire, alors qu’elle est en train de construire cette solidarité ! Mais quand aura-t-on fini de croire à la génération spontanée (autrement dit au père Noël) ?

Le mâle est démodé

Les femmes ont le choix entre :
  1. Des hommes virils, garants d’une descendance en bonne santé, mais qui sont infidèles.
  2. Des efféminés plus fidèles mais moins bons reproducteurs.
Le progrès scientifique serait nuisible aux premiers : « L’hygiène et les mauviettes, semble-t-il, vont main dans la main ». (Face off)

mercredi 24 mars 2010

Taxe carbone

Les mésaventures de la taxe carbone paraissent une illustration des « réformes ratées ». La réforme est lancée sans être très bien ficelée. Résistance de lobbies. Attaque par le camp du président. Les incompréhensions se multiplient. Elle est vidée de sa substance. Le conseil constitutionnel l'achève. Le président s'en désintéresse.

Cependant, les « réformes ratées » semblaient correspondre à des projets mûrement réfléchis. Celle-ci apparaît comme une improvisation opportuniste :
M.Sarkozy est victime de lui-même, d'un coup tenté au lendemain des élections européennes de juin2009. Europe Ecologie a réalisé un score historique de 16,3%. Se projetant sur les régionales de 2010 qui s'annoncent difficiles, M.Sarkozy exhume alors une idée de Nicolas Hulot, celle d'une taxe carbone, censée taxer l'énergie, pour récupérer l'électorat Vert. Le chef de l'Etat rêve aussi d'arriver fin décembre en champion de l'environnement au sommet de Copenhague sur le climat. L'enjeu est historique. Au Brésil, en septembre, M.Sarkozy compare cette révolution aux débats sur la décolonisation, l'élection du président de la République au suffrage universel… ou la peine de mort.
Bizarre contraste avec B.Obama. Le président américain, se transcende dans l’adversité, se transforme, et renaît triomphant. M.Sarkozy, lui, paraît perdre ses moyens. Jusqu’à caricaturer ses propres défauts. Différence culturelle ?

Nanoparticules

On s’inquiète de leur nocivité. On a des doutes.

Le plus curieux est à quel point elles sont répandues : chaussettes, ciment, sucre en poudre et sel, crème solaire. 

Les bénéfices associés semblent infimes, et surtout pouvoir être obtenus par d’autres moyens (par exemple modification de comportements, pour les chaussettes et les crèmes).

L’innovation est trop importante pour être laissée aux industriels ?

Compléments :

Combat aérien

Airbus et Boeing agiraient comme un oligopole, au moins en ce qui concerne les A320 / B737 (respectivement 81% et 77% des appareils vendus). Ils n’auraient pas envie de les remplacer.

Mais ils pourraient y être contraints : un nouveau type de moteurs ultra-performants est apparu, et il équipe une nouvelle génération d’avions : Mitsubishi, Bombardier, C919 chinois et Irkut MS-21 russe.

Compléments :

mardi 23 mars 2010

Réforme bancaire aux USA

Un des feuilletons de ce blog : comment contrôler le danger financier américain ? Point d’étape :

Il semblerait que l’on s’oriente vers un suivi par la Réserve Fédérale des établissements les plus dangereux. En cas de risque de faillite, l’établissement serait découpé en morceaux et remis en ordre (les actionnaires, en particulier, essuieraient les pertes). Ces grands établissements alimenteraient, aussi, ce qui semble un fonds d’assurance. Enfin les échanges de produits dérivés, aujourd’hui difficiles à connaître, se feraient par le biais d’une chambre de compensation.

Commentaire :

Nombre d’économistes pensaient que le système financier américain aurait dû subir ce traitement lors de la crise. Mais le gouvernement américain a choisi de le renflouer sans contrepartie, d’où réémergence des comportements criminels antérieurs. Or, le combat n’est pas perdu. Le législateur semble se préparer à utiliser les prochaines crises pour faire entrer, les uns après les autres, les contrevenants dans le rang. Le procédé n’est peut-être pas idiot : une crise imprévue n’est pas un bon moment de réforme. En agissant en deux temps le gouvernement américain peut avoir évité une crise dévastatrice, sans pour autant avoir renoncé à civiliser le système financier.

Encore faut-il que le nouveau mécanisme d’intervention soit bien conçu.

Compléments :