samedi 27 mars 2010

Crash stratégie de Sarkozy ?

Dans un précédent billet je m’interrogeais sur les réactions de B.Obama et de N.Sarkozy face au revers. Je me demandais s’il n’y avait pas quelque-chose de culturel dans leur comportement :

B.Obama, comme un champion sportif américain, sort le grand jeu quand il est au plus mal. Alors que N.Sarkozy, comme le champion sportif français ?, perd ses moyens et s’enfonce dans la caricature ?

N.Sarkozy, qui semble un excellent animateur du changement, est un mauvais leader du changement. Il est trop impulsif, alors que tout le succès d’un changement est dans sa préparation. (Surtout lorsque l’on travaille avec une organisation aussi complexe qu’une nation !) Cette préparation consiste essentiellement à définir ce qui va mettre la nation en mouvement, et à construire l’infrastructure de contrôle du changement.

Il aurait besoin de quelqu’un, d’une équipe, qui lui apporte des propositions de réforme réfléchies, et qui fasse émerger, dans l’administration, les réseaux nécessaires à la mise en œuvre des dites réformes.

Comment va se terminer le mandat présidentiel ? Canard boiteux enfermé dans un bunker ? Renaissance une fois la logique fautive poussée à l’absurde, et le fonds de l’abîme de la déprime atteint ?...

Compléments :
  • D’ailleurs, je me demande si la nation n’a pas amélioré ses mécanismes de résistance au changement. En début de mandat, elle était surprise par la vitesse d’exécution du Président, maintenant, elle paraît voir dans chaque annonce présidentielle un coup de bluff. Elle cherche des contradictions et ridicules dans le discours, et elle les dénonce immédiatement, ce qui coupe l’élan présidentiel. Bricolage industriel.

Coût du travail

Encadré de la page 66 de L'Usine Nouvelle (n° 3184 du 18 mars 2010) :
Les états généraux (de l’industrie) ont permis de soulever le manque de compétitivité français. Le poids des charges sociales handicape les entreprises à l'export. La réflexion sur le financement de la protection sociale doit avoir lieu rapidement. Faute de quoi, inutile d'espérer un redressement de l'industrie française !
Bref, si la France ne se débarrasse pas de son système de protection sociale, ses entreprises ne seront pas performantes. L’article parle ensuite de primes de l’État et de robotisation. Voici comment un Américain lit cet article :
Cette réaction quasi-nationale quasi-unanime pourrait prendre racine dans l'absence de l'éthique protestante du salut par le travail et la domination par l'éthique catholique du salut par la grâce, de Dieu ou de l'État.  Si on met tout sur le dos des charges sociales, que personne ne pourra changer sans allumer une révolution dans les rues, c'est aussi une excuse pour ne rien faire. Appeler l'État pour légiférer OK, mais on attend toujours le salut d'en-haut. Ce qui conduit à inscrire l'assistanat jusque dans les chromosomes. La réaction d'un Américain est, "Nous n'avons pas les moyens ?  Eh bien, on va les créer... par la force de notre pensée et de notre travail." Malgré les charges sociales. Après tout, je crois savoir que les Allemands ont à peu près les mêmes charges, mais cela ne les bloque pas comme ici.
Compléments :

  • Le sus-nommé Américain ajoute ceci à sa déclaration :
Dans l'Usine Nouvelle du 11 mars, je lis à la page 22 que "Selon Eurostat en 2008 (les charges sociales) pèsent 42,5% des réumnérations brutes en France, contre 23,5% en Allemagne."  Mais le coût horaire des deux pays est le même: environ 33 euros l'heure. 

vendredi 26 mars 2010

Avantage de l’altruisme

À l’envers des théories qui prônent l’égoïsme, il semblerait qu’il soit un handicap économique :
Au fur et à mesure que les sociétés sont devenues plus complexes, celles qui ont développé des systèmes sanitaires, de transport, de fourniture d’énergie, etc. ont mieux réussi que celles qui ne l’avaient pas fait. Il se peut que la notion d’équité soit équivalente à ces systèmes.

Compléments :
  • L’égoïsme est à la base du modèle d’Adam Smith, de l’économie néoclassique (homme rationnel, qui optimise son intérêt), et des théories néoconservatrices

jeudi 25 mars 2010

Euro

La baisse de l’euro semble ébranler la journaliste qui m’annonce les nouvelles, ce matin. Je ne comprends pas. Le monde entier cherche à dévaluer sa monnaie, pour relancer son économie, pourquoi alors se lamenter d’un euro faible, qui ne peut qu’aider nos chômeurs ?

Et si c’était un moyen, maladroit, de se plaindre du manque de solidarité européen, de l’égoïsme allemand ?
Mais pourquoi l’Allemagne n’aurait-elle pas le droit de donner son point de vue ? Pourquoi serait-il fatalement moins bon que le nôtre ? N’est-elle pas fondée à dire qu’il est anormal qu’un pays puisse trafiquer ses chiffres ?

Ce que l’Europe est en train de faire, c’est de créer une jurisprudence. Une fois construite, elle servira, immédiatement, lors d’une prochaine crise. Pour cela elle a besoin de réfléchir. Ce qui demande un échange d’idées. C'est cela la démocratie.

En fait, on reproche à l’Europe de ne pas être solidaire, alors qu’elle est en train de construire cette solidarité ! Mais quand aura-t-on fini de croire à la génération spontanée (autrement dit au père Noël) ?

Le mâle est démodé

Les femmes ont le choix entre :
  1. Des hommes virils, garants d’une descendance en bonne santé, mais qui sont infidèles.
  2. Des efféminés plus fidèles mais moins bons reproducteurs.
Le progrès scientifique serait nuisible aux premiers : « L’hygiène et les mauviettes, semble-t-il, vont main dans la main ». (Face off)

mercredi 24 mars 2010

Taxe carbone

Les mésaventures de la taxe carbone paraissent une illustration des « réformes ratées ». La réforme est lancée sans être très bien ficelée. Résistance de lobbies. Attaque par le camp du président. Les incompréhensions se multiplient. Elle est vidée de sa substance. Le conseil constitutionnel l'achève. Le président s'en désintéresse.

Cependant, les « réformes ratées » semblaient correspondre à des projets mûrement réfléchis. Celle-ci apparaît comme une improvisation opportuniste :
M.Sarkozy est victime de lui-même, d'un coup tenté au lendemain des élections européennes de juin2009. Europe Ecologie a réalisé un score historique de 16,3%. Se projetant sur les régionales de 2010 qui s'annoncent difficiles, M.Sarkozy exhume alors une idée de Nicolas Hulot, celle d'une taxe carbone, censée taxer l'énergie, pour récupérer l'électorat Vert. Le chef de l'Etat rêve aussi d'arriver fin décembre en champion de l'environnement au sommet de Copenhague sur le climat. L'enjeu est historique. Au Brésil, en septembre, M.Sarkozy compare cette révolution aux débats sur la décolonisation, l'élection du président de la République au suffrage universel… ou la peine de mort.
Bizarre contraste avec B.Obama. Le président américain, se transcende dans l’adversité, se transforme, et renaît triomphant. M.Sarkozy, lui, paraît perdre ses moyens. Jusqu’à caricaturer ses propres défauts. Différence culturelle ?

Nanoparticules

On s’inquiète de leur nocivité. On a des doutes.

Le plus curieux est à quel point elles sont répandues : chaussettes, ciment, sucre en poudre et sel, crème solaire. 

Les bénéfices associés semblent infimes, et surtout pouvoir être obtenus par d’autres moyens (par exemple modification de comportements, pour les chaussettes et les crèmes).

L’innovation est trop importante pour être laissée aux industriels ?

Compléments :

Combat aérien

Airbus et Boeing agiraient comme un oligopole, au moins en ce qui concerne les A320 / B737 (respectivement 81% et 77% des appareils vendus). Ils n’auraient pas envie de les remplacer.

Mais ils pourraient y être contraints : un nouveau type de moteurs ultra-performants est apparu, et il équipe une nouvelle génération d’avions : Mitsubishi, Bombardier, C919 chinois et Irkut MS-21 russe.

Compléments :

mardi 23 mars 2010

Réforme bancaire aux USA

Un des feuilletons de ce blog : comment contrôler le danger financier américain ? Point d’étape :

Il semblerait que l’on s’oriente vers un suivi par la Réserve Fédérale des établissements les plus dangereux. En cas de risque de faillite, l’établissement serait découpé en morceaux et remis en ordre (les actionnaires, en particulier, essuieraient les pertes). Ces grands établissements alimenteraient, aussi, ce qui semble un fonds d’assurance. Enfin les échanges de produits dérivés, aujourd’hui difficiles à connaître, se feraient par le biais d’une chambre de compensation.

Commentaire :

Nombre d’économistes pensaient que le système financier américain aurait dû subir ce traitement lors de la crise. Mais le gouvernement américain a choisi de le renflouer sans contrepartie, d’où réémergence des comportements criminels antérieurs. Or, le combat n’est pas perdu. Le législateur semble se préparer à utiliser les prochaines crises pour faire entrer, les uns après les autres, les contrevenants dans le rang. Le procédé n’est peut-être pas idiot : une crise imprévue n’est pas un bon moment de réforme. En agissant en deux temps le gouvernement américain peut avoir évité une crise dévastatrice, sans pour autant avoir renoncé à civiliser le système financier.

Encore faut-il que le nouveau mécanisme d’intervention soit bien conçu.

Compléments :

Police russe

Le système policier russe serait bâti sur un modèle original :
  • Il serait dirigé par l’ex KGB, qui exerce la « fonction de répression de l’État », hors de tout contrôle, et dont le fonctionnement « repose sur ses liens traditionnels avec le crime organisé ».
  • « La fonction principale des agences de respect de la loi en Russie n’est pas de protéger le public du crime et de la corruption, mais de protéger la bureaucratie (dont elles-mêmes) du public ».
  • « Pour s’assurer la loyauté, le système permet aux services de police et de sécurité de gagner de l’argent avec leur permis de violence ».
  • Résultat : « les services policiers, judiciaires et pénitenciers sont des composants d’une industrie dont le métier et la violence légitime et qui utilise les gens comme matière première ».
Après Goldman Sachs, le KGB ? Nouvel exemple de parasitisme, d’un organe social qui se retourne contre la société ? 

lundi 22 mars 2010

Concurrence internationale

Le Monde consacre un article à la conquête du marché des centrales nucléaires par les pays émergents. Un extrait :
"Les Chinois sont capables de les construire", constatait Hervé Machenaud, le nouveau responsable de la production et de l'ingénierie d'EDF, quand il dirigeait sa branche Asie-Pacifique. Le directeur général de CGNPC, Quian Zhimin, n'en fait pas mystère. Aux journalistes qu'il rencontre, il glisse un document sans ambiguïté sur ses ambitions : "Acquérir la technologie grâce à l'ouverture du marché, importer la technologie avancée de l'étranger, en coordonner l'assimilation et favoriser l'innovation afin de devenir autonome dans la conception." La CGNPC doit, selon lui, "acquérir les compétences nécessaires pour construire des centrales 100 % chinoises". C'est cette capitalisation des savoir-faire, à partir des technologies françaises en particulier, qui a permis à Séoul de s'imposer face aux Français.
Ce qui pose de curieux problèmes. Par exemple, le savoir-faire français nous a coûté des décennies de recherche, de longs investissements à perte, et beaucoup de risques humains. Quel prix cela a-t-il été payé par nos clients émergents ?

Ils semblent vouloir utiliser ce que nous leur avons vendu pour nous éliminer du marché : que ferons-nous quand tous nos savoir-faire auront été rayés de la carte ? Un autre article (voir page 40) dit :
Leurs champions (des pays émergents) réécrivent les règles du jeu en se battant sur l’innovation, la carte maîtresse qui était supposée permettre aux entreprises européennes et américaines de rester concurrentielles en dépit de coûts élevés, du poids énorme des retraites futures, et de contrats sociaux douillets.
Plus loin
Ceux qui affrontent la concurrence directe (ou indirecte) du (…) grand nombre de diplômés que produisent la Chine et l’Inde souffrent. (…) Les personnes qui sont dans les 40% du bas de la distribution des revenus aux USA n’ont connu aucune amélioration dans leurs conditions de vie réelles en 20 ans – en dépit de la plus longue période de croissance économique connue en un siècle.
Serait-il temps de mettre un terme à la politique qui a consisté à laisser faire tout et n’importe quoi aux dirigeants de nos grandes entreprises, et de réfléchir à comment affronter un monde émergent peu amical ?

Raisons de l’euro

The Economist raconte une curieuse histoire :

Mario Soares convoque les meilleurs économistes portugais et leur demande ce qu’ils pensent de l’adhésion à l’UE. Tous sont contre. Il leur dit alors qu’il vient d’envoyer une demande d’adhésion. Pourquoi leur avoir demandé leur avis ? Pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’une décision économique. Dans l’UE, le Portugal ne sera jamais plus une dictature.

N’a-t-on pas tort de juger la zone euro en termes économiques ? Comme l’UE n’a-t-elle pas été créée pour nous débarrasser de nos vices ? Une monnaie commune ne devait-elle pas imposer une homogénéisation sociale, de ce fait éliminant notre pêché capital : la guerre ?

La zone euro aurait-elle était créée, non parce qu’on a sous-estimé la complexité de son établissement, mais justement à cause de l’effort qu’elle allait demander ?

Entreprise citoyenne

Discussion avec un avocat fiscaliste très occupé d’acquisitions : les entreprises sont riches et s’achètent les unes les autres.

Je venais juste de voir un article qui disait : « Beaucoup d’entreprises sont sorties de la crise avec des niveaux record de liquidités, cependant elles voient peu de possibilités de croissance interne ». D’où dividendes, croissance externe ou achat de leurs propres actions…

Victoire de la gestion financière ? Les entreprises ne créent plus : elles licencient quand ça va mal, et inquiètes du peu de dynamisme d’un marché au chômage, dépensent leur argent en usages improductifs, ensuite ? Cercle vicieux ?

Compléments :
IF YOU need an explanation as to why political discontent is so widespread on both sides of the Atlantic, take a look at figures compiled by Dhaval Joshi of the hedge fund RAB Capital. This recovery has benefited companies a lot and workers not at all.  In the US, Joshi calculates that, in cash terms, national income has risen $200 billion since the depths of the recession in March 2009. But corporate profits have risen by $280 billion over that period, while wages are down by $90 billion. One would have to go back to the 1950s to find profits outperforming wages in absolute (cash) terms, and even then it was on a much smaller scale. In Britain, national income rose $27 billion in the last two quarters of last year. Profits were up £24 billion and wages just £2 billion.

Réforme de santé américaine : point

Point sur la réforme de la santé aux USA :
  1. Le problème qu’elle doit résoudre résulte du « vice » de l’économie de marché et de la culture américaine. Pour l’Anglo-saxon, économie de marché = innovation. Plus souvent, économie de marché = monopole. Dans ce cas : pas de concurrence entre hôpitaux, ou entre assurances, qui assurent de moins en moins de monde. En outre, les hommes de la santé font payer cher à leurs patients l’habitude locale d’intenter des procès et de réclamer des « dommages punitifs ».
  2. La réforme semble mal fichue, mais elle répare une injustice sociale (le nombre de non assurés est de l’ordre de grandeur de notre population), elle pourrait lancer un processus d’amélioration continue (véhicule nécessaire aux projets républicains ?). Surtout, pas de réforme maintenant aurait signifié réforme dos au mur, en situation de crise.
Compléments :
  • Du « vice » : Montesquieu, Tocqueville, et plus récemment, Crozier et d’Iribarne, ont dit que tout modèle social a des vices de construction, l’inverse de leurs forces (leur logique constitutive poussée à l’absurde ?).
  • Cette réforme a illustré l’abjection de l'élu américain, qui ne voit pas plus loin que son intérêt personnel, et surtout une erreur de débutant de B.Obama, excusable.
  • Mes informations viennent de : Pass the bill.

Espoir à l’Est ?

Dans mon bilan de santé des économies de début de crise, j’avais laissé l’Europe de l’Est dans une situation quasi désespérée (Europe de l’est : bombe à retardement ?). Que lui est-il arrivé ?

Cette situation n’était pas homogène, mais une menace planait sur beaucoup d'États : leur économie dépendait des banques étrangères, qui risquaient de se replier sur leur territoire d’origine. Vu de loin, la question semblait bien plus critique que celle de la Grèce.

Mais il n’y a pas eu de drame. Exemple de solidarité sociale, même internationale ?
  • Les États les plus touchés ont procédé à des plans de rigueur redoutables. Mais le peuple n’a pas bronché, pas plus que les fragiles coalitions gouvernementales.
  • Le FMI et la BCE, notamment, sont venus au secours des banques européennes, afin d’éviter leur désertion.
Grâce à la chance, à un sain jugement, et à une aide amicale, l’Europe de l’Est a conjuré le désastre.

dimanche 21 mars 2010

Christine Lagarde

J'ai appris que Christine Lagarde est le meilleur ministre des finances européen selon le Financial Times. (Ancienne nouvelle, à laquelle je n’avais pas fait attention – ou qui n’a pas fait de bruit.)

Je sais peu de choses de Mme Lagarde, sinon qu’elle parle parfaitement anglais et que ses propos sont dans la logique de ceux de la presse anglo-saxonne. Même si je la perçois plutôt du côté de ceux qui lisent l’information que de ceux qui la font, c’est une première en France.

Nouveau « Nobel Obama » ? On récompense un ressortissant d’un peuple de sauvages pour sembler, presque, être « l’un des nôtres » ?

Chômage :

Cette semaine j’ai parlé de chômage. Qu’en sais-je ?
  • Ce dont on nous a rebattu les oreilles depuis 30 ans est faux. On nous a dit qu’une économie performante créerait de l’emploi. Or, les économistes les plus orthodoxes affirment qu’il y a un taux naturel de chômage (courbe de Phillips), et qu’il est élevé. Or, chacun d’entre nous, et les économistes de plus en plus, sait que si un homme ne trouve pas un emploi à son entrée dans la vie active, ou si sa vie professionnelle est troublée, il a de fortes chances de devenir éternellement inemployable. L’économie de marché créerait naturellement l’exclusion.
  • Une erreur commune est de penser que plus l’on produit de richesses, moins il y a de pauvres. En imaginant que le PIB soit autre chose qu’une vue de l’esprit, nous sommes beaucoup plus riches que nos parents. Pourtant ils connaissaient le plein emploi, nous connaissons la précarité.
  • En fait, le chômage est une question d'entraide sociale. S’il y avait de l’emploi pour tous dans les années 60, c’est simplement que l’État le répartissait. Mais ce système n’a pas su s’adapter aux transformations de l’économie mondiale.
Conclusions provisoires :
  • En l’absence d’une organisation mondiale viable, la nation demeure le niveau pertinent de solidarité sociale, de protection de l’individu.
  • Si elle juge que le chômage est un fléau, elle doit s’organiser pour répartir le travail, mais en le faisant de manière à ce que, globalement, elle résiste à la dislocation de la moins disance internationale.
  • Cela passe probablement, en interne, par la mise au point d’un système de « flexisécurité », et, en externe, en l’imposition aux États concurrents de systèmes de protection sociale équivalents aux nôtres.
Compléments :

Maîtriser le parasite

Quel que soit le problème auquel B.Obama est confronté, à commencer par celui du système financier, il semble qu’il ne rencontre que des individus qui jouent leur intérêt à court terme contre celui de la société. Parasitisme. (Ou peut-être « hubris » grec, le vice qui disloque les sociétés ?)

Je me souviens d’une caricature de l’époque de la « Nouvelle économie », où l’on voyait un informaticien travaillant à son ordinateur et se demandant à quoi lui servait la vieille économie. Image suivante : coupure de courant (on était à l’époque où Enron rançonnait le marché de l’électricité californienne). Application :
  • Le mécanisme du parasitisme, tel qu’illustré par Goldman Sachs, c’est ne pas jouer son rôle social, afin de tirer un profit de la société. Exemple pratique : la banque que vous dirigez adopte un comportement suicidaire, qui vous enrichit incalculablement. Au bord du précipice, l'État doit la sauver sous peine d'une crise mondiale (too big to fail). Il vous donne de l'argent qu'il s'attend à ce que vous utilisiez pour faire accomplir votre rôle social, financer les entreprises. Vous refusez d'obtempérer, vous vous versez cet argent...
  • Que Goldman Sachs ou que les Démocrates le veuillent ou non, ils appartiennent à une société, et une société c’est l’interdépendance. Pour ramener un contrevenant à l’ordre, il suffit de trouver ce qui lui est essentiel, et qu’il croit, inconsciemment, un acquis, et de l’en priver. De ce fait, on s’est donné un moyen de négociation : nuisance contre nuisance.  

Compléments :

Abstention

L'abstention serait devenue une manifestation politique. Elle dit à nos éligibles que nous ne les aimons pas, qu’ils ne sont pas légitimes, que nous voudrions élire d'autres qu'eux, mais que notre démocratie ne les laisse pas naître.

Il me semble depuis longtemps que nos éligibles sont des individualistes, des « libéraux », qui ne partagent pas les valeurs, essentiellement sociales, du pays (France : crise de gouvernance ?). Ils croient que notre vote leur prouve notre confiance. Alors que, pour nous, le choix se fait entre peste et choléra.

Cependant, esprit de contradiction ?, je me demande si nous devons leur en vouloir. Quel homme bien constitué voudrait d’une vie de pouvoir ? Ne sommes-nous pas contraints à le donner à des extraterrestres ? D’ailleurs ces extraterrestres parviennent-ils à mener des politiques d’extraterrestres ? La société ne réussit-elle pas, malgré leurs efforts et à la longue, à les faire marcher droit, à les orienter dans le sens du bien commun (« res publica » comme disaient les Romains) ?

Compléments :