samedi 8 mai 2010

Changement en Grèce

La presse anglo-saxonne s’inquiète de l’avenir de l’Europe. Paul Krugman invite la Grèce à quitter l’euro. D’autres économistes renommés constatent que la défaillance massive des États a été la norme de tous les temps, non l’exception.

Le plus intéressant est, peut-être, l’état de la Grèce : totalement dysfonctionnel (Grèce, corruption à tous les étages). La fraude est la norme du pays (30md€ par an ?), et l’administration participe méthodiquement au détournement du bien public.

La Grèce peut-elle payer ses dettes sans transformer radicalement les comportements nationaux ? Un changement aussi gigantesque est-il possible ?  Avec une administration corrompue ?

Et si la Grèce était révélatrice d’une question générale ? Un État bien rangé, bien géré est-il quelque chose qui va de soi ou, au contraire, un idéal théorique ? Un rêve qui cherche à nous transformer à son image ?

Compléments :
  • Sur l’interaction entre nature et culture : Coévolution.

Magot chinois

L’excédent chinois a fait le malheur mondial, dit-on parfois. Une théorie sur son origine :
  • Le système financier fonctionnerait fort mal, ce qui ferait que les entreprises privées vivraient sur fonds propres. À ceci viendrait s’ajouter une épargne forte. Donc, les banques déborderaient de ressources qu’elles ne pourraient placer que dans des entreprises d’État vacillantes, ou dans des bons du trésor américains.
  • Si l’on veut remettre les finances mondiales en ordre, il faudrait donc aider les Chinois à améliorer le financement de leurs entreprises et à réduire l’épargne populaire, probablement en développant un système de sécurité sociale. 

vendredi 7 mai 2010

Complexité anglaise

Le système électoral anglais est conçu pour donner la majorité au parti qui reçoit le plus de votes. Cette fois-ci ça n’a pas marché. Les curiosités du dispositif :
  • Gordon Brown pourrait rester en poste, simplement parce qu’il est le premier ministre en place. Pour y demeurer, il peut construire une coalition à long terme, ou au coup par coup, pour chaque vote de la chambre.
  • Les conservateurs (36% des voix) devraient, cependant, gouverner l’Angleterre. Bien qu’une coalition avec le lib-dem ait moins de chances de tenir qu’une alliance « lib-lab ».
  • Qu’est-ce qui nous garantit qu’une coalition émergera ? De nouvelles élections seraient peu goûtées par l’électeur.
  • Le lib-dem, qui semblait devoir profiter de l’événement, a moins de députés (5 au dernier comptage) que lors de la précédente élection… Et avec près de 80% du nombre de votes des travaillistes, il a un peu plus d’un cinquième de ses députés.

ADN

Voici ce que dit l’ADN d’une personne morte il y a 4000 ans :
Male, short and stout, with dark skin, brown eyes, shovel-shaped teeth, type A+ blood and coarse, dark brown hair giving way to pattern baldness. 
Ce qui me semble étonnamment précis…

Homme, femme et orientation


C’est ce qui expliquerait que les hommes tendent à construire des cartes mentales, alors que les femmes retiennent des repères. Et que les femmes ramassent autant de champignons que les hommes, mais en se fatigant beaucoup moins…

Dans ce domaine, j’ai, curieusement, des caractéristiques féminines. 

jeudi 6 mai 2010

Roue magique

Heureux effet du hasard : je découvre une fonctionnalité de Google qui s’appelle la « roue magique ».

Votre recherche est représentée par un cercle dont sortent des rayons associés à ce qui doivent-être les recherches les mieux corrélées avec elle (mais je n’en suis pas sûr : une brève enquête ne m’a pas fait trouver le mode d’emploi de la fonction). On peut cliquer sur chaque rayon, qui donne un nouveau cercle avec de nouveaux rayons...

Pour la recherche « christophe faurie », cela donne :
  • Une émission que j’anime : Trouble shooter.
  • Mon premier employeur : Dassault Systèmes.
  • Des diplômes : Insead mba, m.phil et Université de Cambridge. (Ces deux derniers sont un peu inattendus.)
  • Les thèmes de mes livres : conduite du changement, l’effet de levier, les gestes qui sauvent.
Pour Nicolas Sarkozy (en vrac) : Ségolène Royale (sic), Jean Sarkozy, Cecilia Sarkozy, Carla Bruni Sarkozy,  Nicolas Sarkozy facebook, Nicolas Sarkozy juif, Nicolas Sarkozy taille. Critères de recherche « people » ?

Spéculation

Il est de bon ton de dénoncer les « spéculateurs », mais à quoi cela sert-il ?

La « spéculation » est un aspect inhérent aux marchés financiers, un « fait social » au sens de Durkheim. Chaque membre de la profession financière est prisonnier de règles dont il ne peut pas sortir, de la pression de ses pairs, de la concurrence entre établissements…

Plus généralement, nous sommes pris dans de grands mouvements auxquels nous ne pouvons pas faire grand-chose. Exemple. On nous dit aussi qu’une partie de l’Europe a vécu au dessus de ses moyens, que le système financier (par exemple allemand, pour l’Espagne) a alimenté les bulles immobilières… Personne n’est alors descendu dans la rue pour dénoncer les dangers que son enrichissement personnel, ou ses placements, faisaient courir à l’équilibre de la planète.

D’ailleurs, il est probable, comme le disent les économistes, que la spéculation est un aspect négatif d'un phénomène qui peut être bénéfique. La crise grecque ressemble beaucoup à une malversation Enronienne que les gouvernements européens gèrent de manière périlleuse. La spéculation ne nous dit-elle pas que nous devrions mettre notre maison en ordre ?

Les gouvernants doivent certainement penser comme moi. Mais faire fonctionner l’Europe est peut-être une tâche qui dépasse leur faible courage. Et la situation actuelle n’a pas que des inconvénients : la chute de l’euro pousse nos exportations, et peut relancer notre économie. Mais peut-on le dire ?

Hurler avec les loups est un moyen aussi vieux que le monde, mais toujours aussi efficace, de donner le change au petit peuple, sans fatigue.  

Évolution du journalisme

Tentative de faire un « reengineering » de la production d’articles pour Internet, qui soit rentable en dépit du peu d’argent que l’on peut y gagner :
  • des logiciels repèrent les intérêts du marché, et des hordes de pigistes produisent du contenu pas cher.
Serions-nous en train d’adopter les techniques du « bas de la pyramide » ?

mercredi 5 mai 2010

École primaire

Rapport sur la réforme de l’école primaire.

Je tends à penser que les dysfonctionnements de l’éducation française ont pour cause la maternelle et l’école primaire, ce que semble dire ce rapport. Mais j’ai du mal à comprendre l’analyse qu’il fait des causes de ce problème, et, donc, si ses recommandations ont des chances de résoudre la question.

Je me demande surtout pourquoi le primaire semblait donner d’excellents résultats au temps de mes grands parents et du certificat d’étude, et qu’aujourd’hui l’école ne paraît plus capable d’enseigner correctement des connaissances fondamentales, y compris d’ailleurs à des gens qui poussent leurs études au maximum. Le certificat d’étude aurait-il été réservé à une petite élite ? Y a-t-il eu modification des méthodes d’enseignement ? Déclin des compétences des enseignants ?...

Héros américain

Ce blog me fait analyser des films. Un résultat : le héros américain.
  • L’homme idéal est un homme du peuple. La différence entre le riche et le pauvre est que le premier a réussi, le second pas encore. C’est probablement la marque d’une vraie démocratie : il n’y a rien de mieux qu’être un Américain.
  • En France, j’ai l’impression que la vie du peuple fait l’objet soit de films bienpensants et misérabilistes, soit d’une valorisation des défauts du Français, de type Astérix. Être pauvre demeure une tare ?
Sous cet angle, je suis peut-être Américain. Serait-ce pour cela que j’apprécie Rohmer ou Welcome ? 

New York Miami

Film de Frank Capra, 1934.

J’ai appris que c’était le premier exemple de « screwball comedy », et que Claudette Colbert était, comme son nom, d’origine française (je pensais qu’à l’époque il était à la mode de porter un nom français).

Le ver de terre finit par épouser l’héritière. Mais au fond ils se ressemblent. Ce sont deux vrais Américains, pleins de ressource et d’énergie, à l’opposé du bellâtre chasseur de dotes. 

mardi 4 mai 2010

Entreprise durable

Relecture de The Machine that Changed the World. Une remarque me frappe : les entreprises japonaises sont prises dans un écheveau de participations croisées. Si bien que, quand l’une va mal, elle est sûre qu’un de ses « actionnaires » saura l’aider à se redresser. Au contraire, quand une entreprise américaine connaît une mauvaise passe, son actionnariat fragmenté et financier ne peut rien faire pour elle.

Je ne sais pas si le modèle japonais est aussi efficace que le pensaient les auteurs du livre, cependant, je me demande s’ils n’ont pas trouvé une explication au phénomène bien connu et surprenant pour un Européen, du peu de durabilité de l’entreprise américaine.

L’explication habituelle est la « destruction créatrice » : les entreprises qui crèvent étaient les moins efficaces.

Mon expérience me dit qu’à quelques dinosaures près, les entreprises qui crèvent ne le font pas parce que leur savoir-faire est obsolète, mais parce qu’elles n’ont pas trouvé le moyen de l’appliquer intelligemment (ou parce qu’elles ont fait une erreur de gestion). Quand elles disparaissent, ce savoir-faire, qui aurait pu être utile à l’humanité, est perdu.

Compléments :

Coévolution

Comment avons-nous appris à manger ce que nous mangeons me demandé-je ? (Surtout ne pas manger ce qui est toxique.)

Je me suis rappelé avoir entendu parler de coévolution : les plantes à pollen se sont développées en même temps que les insectes qui leur étaient nécessaires.

Peut-être en est-il de même de nous ? Nous avons évolué avec ce qui nous sert de nourriture ?

Peut-être ce type de lien existe-t-il aussi entre l’homme et sa culture ? Nous définissons ce qui nous paraît bien, et ce qui nous paraît bien contraint ensuite notre comportement et nous transforme physiquement ? Par exemple la fidélité qui est maintenant attendue du mâle s’accompagne d’une accentuation de son caractère féminin.

Compléments :

Chômage américain


Causes structurelles : les compétences licenciées ne sont pas celles réclamées par les secteurs en hausse, en outre beaucoup d’Américains seraient incapables de se déplacer du fait des dettes qui pèsent sur leur habitation.

Une raison qui est plus saine que celle que j’avais imaginée (une économie qui vit des subventions de l’État), mais qui a des implications tout aussi destructrices : existences définitivement fragilisées, et appauvrissement des talents nationaux. 

Compléments : 
  • Cette expérience pourrait-elle inciter les Américains à demander un modèle social de type européen ? se demande l'article.

lundi 3 mai 2010

Construction navale

  • Le gros du marché est dominé par l’Orient. Mais il y aurait eu bulle. Donc chantiers durablement en difficulté.
  • L’Occident aurait adopté une stratégie de niche plus robuste aux crises.
Y aurait-il quelque-chose à imiter ici ?

Cellule de crise

  • Si le prêt que demande la Grèce est maintenant de 100md€, c’est qu’elle ne peut plus trouver d’argent sur les marchés financiers.
  • Il faut créer une cellule de crise pour traiter ce type d’événements et éviter que les hésitations européennes n’en fasse des désastres.
Intéressante idée. Une cellule de crise ne demande par à l’Europe une transformation dont elle n’est pas capable.

dimanche 2 mai 2010

Génération perdue ?

Les mésaventures de Fabrice Tourre me remettent en tête le souvenir suivant :

Il y a quelques années j’ai travaillé avec des ingénieurs de la génération de Fabrice Tourre. Eux aussi étaient des financiers. Certains avaient même changé leurs plans de carrière pour cela. On leur avait dit que « c’était ce qu’il fallait faire ». Une mode, en somme.

Un nombre considérable d’ingénieurs a dû faire comme eux. Quel a été le coût de ce détournement de talents ? 

Faut-il y voir la cause du manque de compétitivité française, de son peu de créativité ? Ou les ingénieurs perdus ont-ils été remplacés par d’autres, sortis d’écoles moins prestigieuses, mais tout aussi utiles ?

Goldman émissaire ?

Les journalistes donnent du témoignage des dirigeants de Goldman Sachs l’image de gens surpris d’être victimes d’une sorte de procès en sorcellerie.

J’ai tendance à penser comme eux. Il y a probablement disproportion entre ce qui leur est reproché et leurs éventuels torts, dont ils n’étaient d’ailleurs probablement pas conscients. Au fond, ils ressemblent aux gens que je côtoie tous les jours (JP Morgan a même cherché à me recruter, il y a fort longtemps !). Des gens respectables.

Les banquiers de Goldman seraient-ils les Templiers modernes ? Leur succès les a conduits à s’approprier une part démesurée des richesses des nations. Celles-ci n’entendent pas se laisser faire et ont recours pour cela à une sorte de « licence politique », une certaine mauvaise foi. Ainsi, le possible écart de Goldman, subtilement mis en scène, permet à l’administration américaine de faciliter le passage de ses mesures de réglementation des banques, auxquelles le peuple semble favorable. La fin justifie les moyens ?

C’est habile. Et c’est probablement le type de procédé que les banquiers appelaient « innovation » et pour concevoir lesquels ils recrutaient les meilleurs esprits. Quelques-uns de ces derniers leur auraient-ils échappé ?

Compléments :

Crise de la zone euro ?

Grèce et Angleterre : deux situations comparables, et pourtant l’une va connaître une décennie de purgatoire, alors que l’autre émergera de la crise plus dynamique que jamais. Raison ? Le carcan de l’euro répond Paul Krugman.

D’autres chroniqueurs anglo-saxons déplorent l’injustice grecque, qui prive de pain les bouches allemandes.

Illustration d’un double a priori ? Individualisme et économie comme maître absolu ?

Or, l’adhésion à l’euro n’a pas que des raisons d’opportunisme économique. Pour le Portugal et, peut-être aussi pour la Grèce, c’était la garantie qu’une dictature ne reviendrait pas. De même que l’adhésion à l’UE de l’Allemagne devait marquer la fin des querelles européennes fratricides.

Compléments :

Stimuler la création d’entreprise

Recettes pour susciter la création d’entreprises :
  • Aux USA de 0,1 à 0,2% des start up sont financées par capital risque. Comment pousser le reste ?
  • Il est quasiment impossible d’identifier les entreprises qui ont le plus de potentiel, donc les subventions directes ne sont pas efficaces. Sans compter qu’elles pourraient être contreproductives : les subventionnés ayant tendance à se reposer sur leurs lauriers.
  • Le mieux serait de laisser la loi de la jungle choisir les entreprises à potentiel. Pour cela il suffirait d’améliorer l’accès au crédit traditionnel, en stimulant l’efficacité du secteur financier traditionnel par plus de concurrence.