samedi 15 mai 2010

Évolution de la femme

L’apparition de nouveaux journaux féminins signalerait une évolution de la société :

Après avoir été libérée et hypocrite, et avoir lu Elle, la femme découvrirait la différence des sexes, la féminité et la séduction, et la consommation impulsive (mais maitrisée ?).  

France anglo-saxonne

Il y a peu, je cherchais à me renseigner sur Nick Klegg, lorsque je suis tombé sur cette citation :
I believe every single person is extraordinary. The tragedy is that we have a society where too many people never get to fulfil that extraordinary potential. My view – the liberal view – is that government’s job is to help them to do it. Not to tell people how to live their lives. But to make their choices possible, to release their potential, no matter who they are. The way to do that is to take power away from those who hoard it. To challenge vested interests. To break down privilege. To clear out the bottlenecks in our society that block opportunity and block progress. And so give everyone a chance to live the life they want.
Cette opinion est aussi celle de J.S.Mill, de la pyramide d’Abraham Maslow, et, plus curieusement, l’avenir de la France selon Alain Ehrenberg. Allons-nous devenir des Anglo-saxons ?

Je crois qu’effectivement nous devons prendre notre sort en main, et qu’un rôle de la société est de nous y aider. Mais la société ce n’est pas que cela, c’est aussi un réceptacle de savoir-faire, un « capital » social, une « organisation » qui coordonne notre comportement collectif et nous permet de changer sans nous en rendre compte. Tout ceci est indépendant des individus qui la composent. 

L’élite de New York

Film d’Antoine Fuqua.

La police de New York est-elle vraiment comme cela ? Métier dangereux et mal payé, favorable à tous les écarts ? Et la communauté noire ? Société hors de la société, culture du désœuvrement et du trafic ?

Y a-t-il une morale dans cette histoire, sinon l’absurde de ces vies ?

Pas de héros américain non plus. Et pas de magnifiques ratés. Une sorte d’ordinaire médiocrité rare à Hollywood. Surprenant Richard Gere, en particulier.

vendredi 14 mai 2010

Il est bien d'être égoïste ?

Il semblerait que l’Amérique ressemble à la France : le chômage y atteint des sommets, mais ça ne préoccupe plus personne. Dans les années 80 on s’en serait ému.

Ceci pourrait illustrer une idée fixe de ce blog : ce que nous croyons bien évolue avant nos comportements. De ce fait, ceux qui veulent changer la société cherchent d'abord à influencer notre pensée.

S’il est certain qu’il y a eu un effort délibéré pour nous « recoder » (le néoconservatisme), il est possible que le terrain ait été favorable.

Compléments :
  • Culture et changement : BCE, hypothèses fondamentales, valeurs officielles.
  • Je pense aussi que notre attitude à l’emploi a changé. Par exemple, je me trouvais il y a peu dans une queue SNCF ; des jeunes discutaient : l’un venait de donner sa démission ; il était émerveillé de savoir qu’il allait maintenant être payé à ne rien faire pendant 335 jours. 
  • Complément tardif : Paul Krugman semble penser qu'aucun argument économique ne justifiait la remise en cause du système économique d'après guerre, si l'on est convaincu qu'il a fait faillite, c'est du fait d'une manipulation des esprits. 

Qu’est-ce qu’un expert ?

Je suis entouré de gens que je qualifie « d’experts », et ce pour une particularité de leur comportement : ils « savent », ils émettent mais ne reçoivent pas. C’est au monde de s’adapter à leurs idées, pas l’inverse. Surtout, ils ne peuvent faire quelque chose que dans un ordre donné, et ne peuvent concevoir qu’on le fasse autrement.

Ce qui m’a fait penser à une modélisation de Max Weber, qui appelle ce type de comportement « ritualiste », et à ce que disaient les anciens Chinois : « celui qui ne connaît pas les rites est un barbare ». Pour l’expert, celui qui ne connaît pas le rite, effectivement, ne mérite pas de vivre.

L’inverse du ritualisme est la rationalité. Être rationnel est poursuivre une fin (le rite étant la glorification du moyen, dont on ne connaît pas la fin).

Une classification de Robert Merton identifie deux types de rationalités. La rationalité innovante, pour laquelle la fin justifie le moyen (arriver à l’heure à un rendez-vous autorise à rouler en sens interdit), et la rationalité conforme, qui sait atteindre un objectif en respectant les règles acceptées (les rites). 

jeudi 13 mai 2010

Obama anime le changement européen ?

Il semblerait que B.Obama joue les catalyseurs du changement, en appelant les dirigeants européens et en les amenant à décider de politiques communes et de politiques d’austérité nationales (billet précédent). Deux réflexions :
  1. B.Obama prend les dirigeants européens pour des gamins ? Et il a raison ?
  2. Importance du rôle de l’animateur du changement, et difficulté du changement entre égaux. 

Rigueur ?

M.Zapatero, que The Economist trouvait velléitaire, décide d’un plan de rigueur. Coup de tonnerre. Les économistes pensent que la remise en ordre des finances publiques ne doit pas survenir trop tôt. Certains estiment que les mesures de secours à la Grèce vont durablement l’enfoncer dans l’hiver nucléaire. Mais le poids des dettes publiques inquiète. Que faire ?

L’idée qui guide ce qui suit vient de la physique. On n’a aucun moyen de savoir où ira une sonde interplanétaire laissée à ses propres moyens, le monde (et la physique newtonienne) est « chaotique ». Pour la maintenir sur la trajectoire désirée, il faut procéder à un contrôle permanent. Application :
  • Les économistes prétendent prévoir l’avenir, qu’il suffit de suivre leurs recommandations et leurs modèles pour connaître le succès. Mais si la physique ne peut donner la trajectoire d’une sonde, pourquoi l’économie, qui n’est pas une science, pourrait-elle prévoir quoi que ce soit ? A-t-on l’exemple d’un économiste qui ait fait une prévision juste ? Robert Shiller, qui pourrait presque entrer dans cette catégorie, pour avoir distingué les précédentes spéculations, observe lui aussi que le monde est « chaotique ». Futur insondable.
  • Mon expérience du changement me dit cependant que « quand on veut on peut ». Si l’on ne sait prévoir l’avenir, du moins peut-on, en partie, choisir le sien. D’ailleurs l’histoire de l’Estonie ou de l’Allemagne montrent que les nations peuvent se réformer, si elles le désirent.
Lorsque l’on regarde l’histoire récente, il me semble que les nations ont essayé de fixer le cours relatif de leurs monnaies. Peut-être avaient-elles des raisons fortes pour cela ? Cette stabilité serait-elle une condition nécessaire de crises moins violentes ? Alors, faut-il condamner les efforts de la zone euro comme donquichottesques, ou, au contraire, faire tout pour qu’ils réussissent, parce qu’elle est le creuset d’une économie durable ?

Compléments :
  • Hypothèse personnelle (biaisée certainement par mon métier). La zone euro tenterait d’acquérir des techniques de conduite du changement. C'est-à-dire chercherait à adapter son tissu social aux mouvements de l’économie, en abandonnant l’usage exclusif des mesures macroéconomiques.
  • Exemples d’événements imprévisibles qui peuvent brouiller toutes les prévisions : Greekman brothers.

    Blogger contre Wordpress (2)

    Un peu par hasard, j’ai découvert qu’il existait dans Blogger des fonctionnalités en cours de mise au point qui ressemblent à celles de Wordpress.
    • Il est possible d’avoir des thèmes un peu plus variés et un peu plus beaux que par le passé et de créer des « pages » (voir les onglets).
    • Jusque-là il était fort difficile de placer des « widgets » dans la colonne latérale. Le bug a été corrigé.
    • Il demeure que l’éditeur de texte est rudimentaire, que les thèmes sont relativement peu nombreux, et, surtout, que la zone commentaire ne permet pas de saisie très confortable.
    Mais Blogspot a gagné une manche contre Wordpress.

    Jeune et innocent

    Film d’Hitchcock, 1937.

    Pas de doute, c’est un film d’Hitchcock. On y fait preuve de présence d’esprit aux moments les plus désespérés, et, on y voit le héros retenir d’une main l’héroïne qui s’enfonce dans un gouffre.

    Sinon, c’est un agréable retour vers l’Angleterre des années 30, en un temps où la vie et les mœurs semblaient moins compliquées qu’aujourd’hui. Mais ce n’est probablement qu’une impression. 

    mercredi 12 mai 2010

    Estonie et euro

    Les journalistes anglais sont décontenancés par le comportement estonien. L’Estonie rejoint la zone euro. Or l’euro n’a-t-il pas fait la preuve de son ridicule ? L’Estonie se serait-elle tirée par un miracle de rigueur de la crise pour se jeter dans le piège euro ?

    Et s’il existait des raisons que la raison calculatrice anglaise ne pouvait pas comprendre ?

    Compléments :

      Effet pervers de la subvention

      Histoire entendue il y a quelques temps : un fournisseur étranger décroche un appel d’offres à pertes auprès d’un client français, grâce aux subventions touchées pour implanter une usine sur le territoire d’un département. Ce qui met l’ancien titulaire du contrat, qui avait une usine à proximité, en situation difficile. Commentaire : « on a déshabillé Pierre pour habiller Paul ».

      Ce qui me ramène à une observation de C.K.Prahalad : la microrégulation produit la corruption. Ici il est vraisemblable que la conséquence de la subvention n'était pas mesurée, du moins immédiatement. J'imagine cependant que la subvention visait à faire de la publicité au pouvoir politique local. Il avait donc une faible incitation à en considérer les externalités. Bref, l’intérêt individuel a été plus fort que l’intérêt collectif. Une variante du dilemme du prisonnier.

      Or, le gouvernement semble microréguler dans tous les domaines. Un dirigeant, par exemple, me disait que chaque fait divers se produisant dans un secteur particulier lui valait un fonds d’aide particulier. Curieusement ce dont il parlait ressemblait à la « législation au fait divers » dont on se plaint dans le domaine public. Serions-nous en train de plomber notre économie ? Tomberions-nous dans le travers de la précédente administration américaine dont ce type de microrégulation est accusé d’avoir criminellement alourdi les dépenses de l’État ?

      Mais il y a une manière positive de voir les choses : suffirait-il à la France de rationaliser sa réglementation pour libérer de grandes richesses ?

      Équipementier automobile

      Un passage chez un équipementier me laisse croire qu’une énorme quantité de petits sous-traitants a disparu, ne laissant qu’un petit nombre de grandes sociétés dont la rentabilité s’est fort améliorée pendant la crise.

      Serais-je capable de faire des prévisions ? Il semblerait que Gros équipementier automobile : avenir radieux ? ait vu juste...

      Chasse à la potiche

      Une loi devrait forcer les conseils d’administration des entreprises cotées à être composés de plus de 40% de femmes.

      Les dites entreprises semblent chercher les femmes les moins gênantes, et les moins expérimentées, possible. Ce qui devrait avoir un triste effet sur leur gouvernance. (La vie en rose.)

      Voici l’exemple parfait du changement mal « conduit ». Quand on ne contrôle pas un changement, on obtient le contraire de ce que l’on désire. 

      mardi 11 mai 2010

      EDF

      "Faute d'investissements suffisants, le réseau de distribution d'EDF est en piteux état. Particulièrement en zone rurale. Pis, son mauvais entretien le rend de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques"
      A périmètre et change constants, l'activité recule de 1,6 %, en raison d'une baisse des prix de l'électricité et du gaz à l'étranger. En France, le chiffre d'affaires progresse au contraire de 1,4 %, la demande ayant été stimulée par un climat rigoureux.
      Était-il judicieux d’accumuler autant de dettes pour un tel résultat ? 

      Nicolas le Grec ?

      Lors d’une formation récente, j’expliquais que les techniques de conduite du changement de Nicolas Sarkozy laissaient à désirer, mais qu’il était un animateur du changement exceptionnel. J’avais peut-être vu juste en pensant qu’il allait jouer un rôle décisif dans la réunion du week-end dernier.

      Un article du Guardian dit, effectivement, que le plan qui en sort est français :
      The Germans are sticklers for rigour, peer pressure and discipline, against coming to the aid of the stragglers, devoted to absolute independence for the central bank whose brief is confined to ensuring the stability of the currency and guarding against inflation.
      The French push a more political, expansive approach, arguing the euro rules be geared to economic growth and jobs, tighter co-ordination of national policies, and greater harmonisation of, for example, tax and spending policies.
      The Germans won in the 1990s when the euro rule book was being written. But yesterday's game changer was a French script.
      In the fighting of the past several months, Chancellor Angela Merkel of Germany has won most of the battles, but has lost this particular war. Berlin dictated the terms for the €110bn euro Greek bailout agreed last week, but had to bow to the bailout itself, which it did not want. Ditto at the weekend.
      Angela Merkel, dont la faiblesse est la lenteur de décision, a-t-elle été prise de vitesse ? En tout cas, il se pourrait que la relation franco-allemande soit abîmée.

      Heureux cinéma

      Il me semble qu’il y a encore peu on craignait que la télévision ne tue le cinéma (la télévision ne diffusait pas de films certains jours pour lui laisser un peu de public). Or, le cinéma ne se serait jamais aussi bien porté (en Amérique du nord 2/3 des revenus produits par un film viendraient du cinéma) :

      Ce serait dû à la digitalisation des films et à leur diffusion par satellite, qui seraient favorable aux films high tech à grand spectacle - appréciés par toutes les cultures. (The box office strikes back.)

      L’avenir est imprévisible… 

      Amérique insubmersible

      Comment l’Amérique qui semble être à l’origine de la crise mondiale a-t-elle pu couler l’Europe, sans apparemment subir de dommages ? Une question que je me pose depuis longtemps. La seule explication que j’avais trouvée semble être approuvée par des gens sérieux :

      Le dollar étant une monnaie de réserve, l’Amérique peut emprunter à des taux extrêmement faibles et ce quel que soit l’état de son économie. D’ailleurs on se bat pour lui prêter. L’Amérique, contrairement à la Grèce, ne peut pas connaître la faillite. (Is the US too big to fail?)

      Compléments :

      lundi 10 mai 2010

      Capitalisme chinois

      Il est demandé aux entreprises installées en Chine d’adopter l’organisation syndicale chinoise.

      Ce qui signifie notamment que les représentants du personnel participent à la direction de l’entreprise et aux décisions affectant l’emploi. Bien entendu, ces représentants sont liés au gouvernement chinois.

      Preuve de leur acculturation grandissante, les multinationales étrangères arguent de dysfonctionnements internes pour ne pas appliquer la mesure. (Join the party!)

      La Chine serait-elle en passe de réinventer le capitalisme ?

      Modeste Chine

      Les dirigeants chinois semblent craindre que le moindre faux pas fasse dérailler leur fragile course en avant. En particulier :
      Ils sont profondément conscients de la susceptibilité américaine à tout discours suggérant l’émergence d’une puissance et d’une idéologie rivales – et un conflit avec l’Amérique pourrait faire échouer la croissance économique de la Chine. (The Beijing consensus is to keep quiet.)
      Ce qui semble confirmer que l’Occident a un énorme atout : une démocratie solide. 

      BOP

      PRAHALAD, C.K., The Fortune at the Bottom of the Pyramid, Wharton School Publishing, 2009. Les pays émergents ont mis au point les moyens de faire de leurs pauvres un marché. Qu’ont-ils à nous apprendre ?

      Réinventer l’économie

      Leur originalité décisive est, justement, d’avoir décidé que les pauvres étaient un marché. À partir de là, ils ont pris les contraintes de son environnement comme une donnée. Et ils ont trouvé le moyen de le rendre rentable.

      Je me demande s’ils n’ont pas repris les recettes d’Henri Ford, face à un problème similaire : pour rendre leur produits accessibles à tous et les fabriquer aevc une main d’œuvre non qualifiée, ils ont poussé le Taylorisme à ses limites, et l’ont implanté dans les services.

      Ils ont aussi fait de la société une partie intégrante de l’entreprise. Et les technologies de communication modernes (Internet et téléphonie mobile) l’ont aidée.

      Bureaucratie contre économie de marché

      C.K. Prahalad s’intéresse surtout à l’Inde et voit son développement comme la lutte entre le bien, une économie de marché pure à la Hayek, et le mal, une bureaucratie corrompue. Il en revient d’ailleurs, sans complexe, à un bien ancien débat, qui a défait les meilleurs économistes : comment implanter une économie de marché qui fonctionne ?

      Sans loi et sans contrat, et sans le pouvoir de les faire respecter, il n’y a pas d’économie de marché. Mais il ne doit pas y avoir trop de lois, des « micro réglementation », sans quoi certains peuvent en tirer un avantage personnel. Argument délicat : comment expliquer que la réglementation occidentale soit extrêmement complexe mais ne suscite pas la corruption ?

      Ceci va avec la nécessité de « transparence » : difficile de tricher au vu et au su de tous.

      Mais la loi écrite sous-entend la capacité à lire. Donc, l’arrivée de l’écrit rend la population pauvre, massivement illettrée, encore plus facilement exploitable que par le passé.

      Il remarque aussi que l’économie de marché donne une identité aux gens, ce sont des « individus », ils sont fichés par leurs fournisseurs, ils deviennent des numéros. Bizarrement, il semblerait que l’on puisse vivre dans les sociétés traditionnelles sans cette individualisation.

      Il explique enfin comment un État Indien a cherché à rendre son fonctionnement efficace en dépit d’une bureaucratie corrompue. Cela en utilisant Internet pour que chacun ait accès à une information honnête, en effectuant une gestion par objectif de l’administration, et en la soumettant au contrôle de tous.

      Étrangement, ce qu’il décrit ressemble beaucoup au degré zéro de la conduite du changement, au passage en force. Par exemple, les bureaucrates sont ridiculisés en public. Et le changement semble donner ce que donne tout changement raté : il explique lui-même qu’il n’est pas possible au peuple d’avoir accès aux données informatiques ; les intermédiaires véreux ont de beaux jours devant eux.

      Efficacité de l’économie de marché

      Démonstration de l’efficacité de l’économie de marché, qui prouve sa fascinante rapidité et sa capacité d’adaptation aux conditions les plus difficiles.

      Mais, pour autant, l’économie de marché peut-elle être laissée à elle-même ? Très bien lorsqu’elle enrichit les pauvres, mais que serait une société taylorienne, dont les entreprises forment le peuple pour être consommateur (les filiales des multinationales lui expliquent que leurs produits sont bons pour sa santé) ?

      D’ailleurs, qu’est-ce qui a corrompu la bureaucratie, sinon l’économie de marché, dont elle a été la première à profiter ?

      Ce que raconte ce livre est peut-être l’histoire d’un changement. La société traditionnelle indienne, reposant sur l’oral, le groupe, et la coutume, absorbe la culture occidentale, une culture de règles, d’écrit et d’individualisme. Cette nouvelle société ne ressemblera pas à l’ancienne, mais elle peut être équilibrée et solidaire. L’économie de marché peut l’aider à le devenir, mais il est capital qu’un État efficace fasse rapidement contrepoids au marché, avant tout en éduquant la population.

      Retrouverais-je le raisonnement des dirigeants chinois ?

      Compléments :

      dimanche 9 mai 2010

      Crise de l’emploi

      Aux USA (et en Europe) la classe moyenne aurait été laminée par la technologie : il n’y aurait d’emploi que pour les plus diplômés.

      Comment éviter un chômage permanent à une partie croissante de la population ? (Avec l’impact que cela peut avoir sur le reste de l’économie.) Augmenter sa qualification ? (As jobs fade away.)

      Je doute que ce soit possible. Mon intuition est plutôt que nous devons développer des secteurs économiques qui fassent de la place à tout homme, comme l’industrie.

      Compléments :
      • Des bénéfices de l’industrie : FINGLETON, Eamonn, Unsustainable: How Economic Dogma Is Destroying U.S. Prosperity, Nation Books, 2003.

      Pauvre Angleterre ?

      Un de mes précédents billets disait que l’Angleterre devrait éviter le sort de la Grèce, grâce à son taux de change flottant.

      Elle en a habilement usé, puisque le taux de change effectif de la livre serait 25% plus bas que mi 2007. Ses exportateurs ont d’abord profité de cette baisse pour augmenter leurs prix, maintenant ils attendent que la demande s’affirme pour investir. Malheureusement voici la crise grecque et la chute de l’euro. (A lamentable legacy.)

      Une question me vient en tête : une telle politique monétaire est-elle habile ? Les Américains et les Anglais pensent relancer leur économie en nous exportant leur crise, mais si nous nous effondrons, ils risquent d’en pâtir, puisque nous demeurons leurs principaux clients… 

      Changement en Europe

      « Un changement de comportement a toujours fait parti du projet euro. Mario Monti (…) voulait que son pays rejoigne l’euro précisément pour qu’il soit forcé à une vision plus germanique de l’emprunt et des dépenses ». The euro's existential worries.

      Ce qui semble confirmer ce que je soupçonnais. Nous en voulons à la Grèce d’être désorganisée, mais c’est parce qu’elle était désorganisée qu’elle est avec nous. Et c’est un raisonnement qui s’applique probablement à toute la zone euro. Par conséquent, la crise actuelle n’est pas l’exception mais la règle. Le changement est devant nous. En créant la zone euro, ses pères fondateurs ont voulu brûler nos bateaux, de façon à ce nous soyons contraints à réaliser le rêve qu’ils avaient pour nous. Leur technique de conduite du changement était probablement « tout ce qui ne tue pas renforce ».