samedi 22 mai 2010

Robert Lafont et Bruno Coquatrix

Un billet parlant de Robert Lafont me fait penser à une émission sur Bruno Coquatrix (France Culture). Parallèles qui me frappent.

Ils comptaient mal, ils étaient poussés par leur passion. D’où une santé économique précaire, mais aussi des découvertes étonnantes : c’étaient en quelque sorte des « leaders d’opinion », au sens où ils repéraient avant tout le monde ce qui allait lui plaire.

Contraste avec aujourd’hui ? Tout est bien géré, mais aucun artiste remarquable à l’horizon ?

Sommes-nous capables de reconnaître les talents les plus exigeants, à condition qu’on nous les présente ? Est-ce la faiblesse de notre économie « sur managée » : incapable de prendre des risques, elle nous enferme dans la médiocrité, et elle empêche les réels talents d’émerger ?

Mais la culture sous cloche à la française ne donne pas de meilleurs résultats. Il semble que ce soit plus le conformisme que l’originalité qui soit encouragé.

Le mauvais artiste serait-il celui qui obéit à des règles préexistantes (de l’économie ou de l’establishment culturel français) ? Le bon artiste serait-il un éclaireur, qui nous ouvre des horizons que nous entrevoyions mais que nous étions incapables d’atteindre ?

Compléments :
  • Il en est peut-être de même de la science : c’est la société qui pense, mais il faut que quelques hommes en traduisent la pensée ? Après tout, y aurait-il des géants ? (Sur les mécanismes de stérilisation de leur talent : Égarement de l’économie.)

Darwin et subprime

Pourquoi, dans de mêmes conditions, certains emprunteurs américains n’ont pas pu rembourser leurs prêts alors que d’autres le faisaient ?

La réponse pourrait être qu’ils n’avaient pas une tête pour les chiffres.

Exemple d’interaction de la culture et de la génétique ? La « main invisible » de l’économie favorise la sélection, en particulier, de ceux qui savent compter ?

Compléments :
  • DAWKINS, Richard, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2006.
  • Jamais l’ex devise du blog d’Hervé Kabla n’a été aussi juste : il y a trois types de personnes : celles qui savent compter, et les autres

vendredi 21 mai 2010

Réforme de Wall Street

Les sénateurs américains ont voté un encadrement de l’industrie financière qui semble sévère.

J’ai du mal à savoir ce que l’on doit en penser. Ce qui me frappe particulièrement est qu’une telle réforme semblait impossible il y a encore quelques temps. Je me souviens en particulier de débats houleux au sujet d’une agence de protection du consommateur. Elle me semblait mal partie, et pourtant elle a été apparemment adoptée sans vagues.

Ce qui a fait ce miracle, ce sont les malheurs récents de Goldman Sachs. (Voir : Thank You, Lloyd Blankfein.)

« La chance ne sourit qu’à l’esprit bien préparé » semble être la citation exacte de Pasteur. Elle paraît vérifiée ici. Elle l’est aussi pour des entrepreneurs avec qui j’ai parlé récemment et qui ne voyaient que la chance comme raison de leur succès.

C’est peut-être ce qui explique l’optimisme américain : si l’on se prépare bien, même si l’avenir semble bouché, une occasion, imprévisible, surgira, que l’on saura exploiter pour faire pencher le sort en sa faveur ? 

Erreurs de Galbraith

Galbraith s’étonnait, dans les années 50, que l’économie soit restée la « dismal science » du 19ème siècle : le monde n’avait-il pas trouvé le secret de l’opulence ? Or la science économique qu’il condamnait est celle que nous utilisons aujourd’hui. Et elle semble avoir eu les conséquences prévues.

Je me demande s’il ne commettait pas une erreur. Cette science économique n’était pas une tentative scientifique, mais la rationalisation de l’humeur individualiste du moment. C’était une tentative, qui a réussi, d’influencer les « codes de loi » implicites qui guident notre comportement.

Si j’en crois Max Weber, le rôle du savant est non d’entrer dans le débat idéologique (comme le font Paul Krugman et la plupart des économistes), mais d’indiquer ce que l’idéologie a d’objectivement inefficace. Cependant, la science aurait-elle pu s’opposer à la transformation désirée par tous ? Peut-être aurait-elle dû l’orienter, de façon à en réduire les effets négatifs ?

Compléments :
  • Sur le mécanisme de changement de la société qui fait que nous modifions ce que nous croyons avant de transformer notre comportement : Norbert Elias.

jeudi 20 mai 2010

BP : culpabilité culturelle ?

Mon hypothèse sur la culture d’entreprise de BP comme cause de la marée noire américaine pourrait avoir quelques arguments pour elle : les travaux sur la plate-forme pétrolière avaient du retard, les pertes s’accumulaient, les responsables du projet semblent avoir voulu terminer à tout prix.

Ce qui est surprenant, par contre, est qu’ils aient été insensibles aux conséquences de leurs actes, qui semblaient raisonnablement prévisibles. D’ordinaire ce type de comportement se trouve chez des gens qui ne sont pas susceptibles de payer pour leurs fautes (cf. financiers, concepteurs de projets informatiques…). Les responsables du projet auraient agi de manière quasi suicidaire ?

Explication possible ? Robert Cialdini (Influence : science and practice), effectivement, explique que la rareté (ici le manque de temps) rend l'homme fou, lui fait perdre tout sens commun. 

Compléments :

Crise grecque ou allemande ?

L’Allemagne a un problème avec l’Europe. Les banques allemandes étant jusqu’au cou dans la dette grecque, il n’était pas question que l'Allemagne n’aide pas la Grèce. Les bruits bizarres qu'elle fait seraient les signes annonciateurs d’un changement, colossal :
  • L’Europe et l’euro ressemblaient trait pour trait à l’Allemagne. L’Allemagne y était donc comme un poisson dans l’eau, d’autant plus qu’elle y gagnait beaucoup (en 8 ans les exportations de l’Allemagne vers la zone euro seraient passées de 19 à 25% du PIB allemand !). Or, elle découvre qu’Europe et zone euro ne se dirigent pas vers ce modèle, qui ne marche pas.
  • Son modèle même est en crise. Or, elle veut conserver inchangé ce qui a fait sa grandeur (formation, industrie lourde, exportation), alors que la réforme est nécessaire.
L’Allemagne serait-elle en face d’un changement d’identité ? Ferait-elle ce que nous faisons tous dans ce cas : ultra-fondamentalisme ? Attribuer ses échecs à la trahison d’un modèle sanctifié ?

Amis et épidémies

On aurait trouvé un moyen de repérer l’arrivée d’une épidémie :
  • Les personnes qui ont beaucoup d’amis sont les premières à attraper une nouvelle maladie. Comment constituer le groupe à surveiller ? Prendre un échantillon de personnes, au hasard, leur demander quels sont leurs amis, et chercher parmi ceux-ci ceux qui ont le plus d’amis. (Infectious personalities.)
Question : en est-il de même des épidémies sociales, par exemple des modes ?

mercredi 19 mai 2010

Inégalités émergentes

Les idées de C.K.Prahalad ne semblent pas suffisantes pour sortir la population des pays émergents de la pauvreté (« échec abjecte de l’Inde à créer assez d’emplois »). L’accentuation des inégalités serait même peut-être le plus grave risque que courent ces contrées (« l’exclusion soulève des tensions politiques et sociales. La preuve n’en est pas uniquement les conflits persistants, en particulier en Asie du Sud. »). Elle expliquerait que Hu Jintao ait pris comme ligne directrice la création d’une « société harmonieuse ».

La solution serait le développement de régimes de solidarité sociale (« La Chine tente une expansion radicale de la sécurité sociale et autres aides sociales »). (The elusive fruits of inclusive growth.)

Compte-tenu du manque d’organisation de ces nations, le changement s’annonce difficile. Mais j’ai l’impression que l’on n’a toujours pas trouvé mieux que l’État pour le mener.

Changement en Europe

Article sur la formation par Lady Ashton du corps diplomatique européen :
la Commission européenne est en guerre avec les gouvernements et les services diplomatiques des pays membres ; en demandant le respect dont il est avide, le Parlement européen menace d’utiliser le pouvoir qu’il a gagné pour retarder ou bloquer la création du nouveau service ; les nouveaux pays membres sont en désaccord avec les anciens ; les petits pays s’unissent contre les gros durs ; et quant aux grands ils complotent les uns contre les autres.
Quelques autres extraits : « l’affrontement fondamental a été entre la Commission et les États membres. Le combat porte sur le pouvoir, l’argent, les places et les privilèges. », « la commission s’est battue bec et ongles pour ne rien lâcher » ; « les Français ont passé le plus gros de l’année à torpiller Ashton ».

Nouvelle exemple de l’anarchie européenne, qui fait de nous la risée du monde depuis quelques temps ?

Ou changement ordinaire ? Ce qui est dit ici est que chacun défend ses intérêts, ce qui est normal. D’ailleurs la faiblesse apparente de Lady Ashton ne peut qu’amplifier le phénomène. Bien plus que l’envie d’en tirer partie (ou de lui apprendre son métier, comme semble vouloir le faire la France), c’est la peur que l’autre n’en profite à ses dépens qui donne une tel esprit combattif à chaque parti.

Si cela se voit autant c’est faute d’une technique adéquate de conduite du changement, en particulier de deux composants :
  1. Un « schéma directeur » qui définisse les grandes lignes, acceptées par tous, de ce que doit être un service diplomatique européen. Ces grandes lignes auraient été précisées, dans un second temps, par négociation. Du coup Lady Ashton serait passée du rôle d’ennemi public à celui de « donneur d’aide ».
  2. Une animation du changement. Un petit nombre de gens habitués à jouer la navette entre « hommes clés » du débat. C’est aussi ce type d’initiés qui peut identifier les lignes directrices acceptables par tous.
D’ailleurs, il semblerait que depuis que Mme Ashton a fait entrer un diplomate européen expérimenté dans son équipe, les différends se soient calmés et des compromis aient été trouvés. 

À qui profite la baisse de l’euro ?

Il y a une curieuse corrélation entre les discours et les intérêts :
  • La baisse de l’euro profite à la zone euro, et, massivement, à l’Allemagne. Elle gène considérablement les USA, qui avaient dévalué leur monnaie pour favoriser leur économie. D’autant plus que la Chine a maintenant des raisons de ne pas opérer de réévaluation.
  • Curieusement, ce sont les maladresses d’Angela Merkel qui sont accusées d’avoir créé le désastre, et c’est l’étranger qui se lamente le plus des turpitudes européennes. Turpitudes qui, étrangement, ne sont pas nouvelles (c’était le but du traité de Lisbon de les combattre !). D’ailleurs, B.Obama, qui affiche son mépris pour l’Europe, aurait été obligé de venir au secours de l’incompétence locale.
Y a-t-il de la duplicité là dedans ? Pas forcément. Beaucoup de monde en Allemagne est probablement navré du manque de rigueur européen, et comme les conséquences de ce discours ne contrarient aucun intérêt, il ne rencontre aucune opposition.

Quant à B.Obama, il est certainement agacé que la santé de son économie soit menacée par la dépression européenne, et il maudit notre incompétence, sans forcément réaliser qu’elle est en notre intérêt.

Un exemple de la rationalité de la résistance au changement, et des curieux mécanismes qu’elle emprunte ? 

Jeanne d’Arc

Comment quelqu’un d’humble extraction, comme Jeanne d'Arc, a-t-il pu gagner des batailles, me suis-je demandé ?

Mais y a-t-il besoin d’une formation, d’un talent particuliers, pour cela ? Peut-être que ce qui nuisait à la France de l’époque était les dissensions entre guerriers, pas l’incompétence de ceux-ci. Une fois d’accord pour se battre ensemble, ils savaient comment livrer bataille.

Médiocrité du roi de France, incapable d'unir ses troupes ?

En est-il de même des dirigeants ? Leur première qualité est de fournir les conditions qui permettent à leurs collaborateurs de faire ce qu’ils savent faire ? Ce n’est qu’ensuite, qu’ils peuvent, et encore subsidiairement, faire preuve de génie ?

Compléments :
  • Sur la même idée : À l’origine.
  • Galbraith observait que les dirigeants des multinationales des trente glorieuses n’avaient aucune des prétentions modernes au talent, ils administraient des « technostructures » dont la complexité les dépassait. 

mardi 18 mai 2010

Actionnariat dispersé

Article du Monde. Un des arguments majeurs utilisés par les économistes, le FMI et autres institutions respectables, pour exiger l’ouverture du capital des sociétés était, semble-t-il, que la raison de la supériorité de l’entreprise américaine sur l’entreprise européenne venait de là.

Or, une étude a montré qu’il n’y avait, en fait, pas de différence. Sur quoi se basaient donc les économistes, se demande l’article ?

Mais, au fond, n’étaient-ils pas sûrs d’avoir raison ? La validité de la preuve n’était-elle pas secondaire, comme pour le cas des armes de destruction massives irakiennes ?

Compléments :

Sanctions et Iran

Il y a quelques temps, la radio semblait se réjouir d’un succès des négociateurs turco-brésiliens dans l’affaire nucléaire iranienne.

En fait, ce serait un succès pour l’Iran, qui aurait obtenu le petit peu d’appui qui lui permettrait de diviser le front de plus en plus uni de ceux qui voulaient le sanctionner. 

In memory

Il semblerait que l’évolution des capacités de stockage en mémoire vive des PC rende beaucoup moins utile les bases de données. SAP parierait sur cette évolution et sur les moyens de l’exploiter (in-memory) pour transformer son offre.

Mauvaise nouvelle pour les éditeurs de bases de données ?

Dictature du court terme ?

Discussion avec des amis consultants. Ils reprochent aux entreprises de mal faire leur travail, de ne s’intéresser qu’à des mesures à court terme, alors qu’eux savent ce qui est bon pour elles. Mon expérience me fait les désapprouver :
  • La première chose que doit faire une personne qui entre dans une organisation est « d’acquérir une légitimité ».   C'est-à-dire de comprendre ce qu’attend d’elle l’organisation et d’y répondre.
  • En ce sens, « traiter le court terme » c’est peut-être passer un test, qui détermine si l’on peut nous faire confiance pour traiter le long terme.
Il y a quelque chose comme cela, je crois, au Japon : les nouveaux embauchés, à commencer par les surdiplômés, doivent faire des tâches stupides, le but étant de vérifier s’ils mettent bien l’intérêt du groupe avant le leur.

Compléments :

lundi 17 mai 2010

Chômage aux USA

Nouvelle tentative d’explication de la persistance du chômage aux USA (The perils of being small) :

Les PME, privées de crédit, licencieraient beaucoup. Mais la situation s’améliorerait.

Compléments :

Rationalité estonienne

Un précédent billet se demandait pourquoi l’Estonie rejoignait la zone euro, en plein doute existentiel. La réponse serait évidente : l’Estonie s’impose la rigueur qu’il faut pour vivre dans la zone euro, sans en avoir les bénéfices… (Euro not bust.)

Épaules de géants

Il y a quelques temps, un économiste important, venu présenter un livre, a commencé son intervention en disant qu’il était « un nain sur des épaules de géants ». Citation qu’il me semble avoir attribué à Pascal, que les Anglo-saxons donnent à Newton, mais qui paraît avoir son origine bien plus tôt.

Robert Merton a étudié la genèse des découvertes. Il observe (au moins) deux phénomènes curieux :
  1. Toutes les découvertes ont été faites en multiple. Ce qui distingue un « géant », au mieux, est qu’il a participé à un très grand nombre de découvertes multiples. Autrement dit, c’est la société qui produit les découvertes, tel ou tel individu ne fait qu’exprimer synthétiquement le travail de tous. (J’observe aussi qu’au cours des siècles la nationalité des découvreurs à changé, preuve que sans une bonne équipe l’intellect individuel est de peu de conséquence.)
  2. L’effet Matthew : on donne aux riches, on prend aux pauvres. Dès qu’un scientifique commence à avoir un peu de notoriété, un grand nombre de phénomènes se conjuguent pour lui en donner de plus en plus. Inversement, un homme, éventuellement d’un mérite supérieur, qui aurait mal démarré dans la vie, s’enfonce dans l'obscurité et se décourage de publier. Ce phénomène peut expliquer pourquoi certains noms paraissent avoir été sans égal.
Pasteur disait (en substance) que « la chance sourit à l’esprit éclairé ». Les grands découvreurs ont su modéliser ce que les circonstances très particulières de leur vie, et de leur milieu, leur a fait rencontrer. Ils avaient certes des prédispositions particulières, mais ce sont les mouvements de la société qui les ont faits ce qu’ils sont devenus. Et puis, comment une découverte pourrait-elle être retenue par l’histoire si la société ne peut la comprendre ?

En tout cas, voilà qui prouve, une fois de plus, que les économistes sont des individualistes forcenés qui ignorent la sociologie.

Compléments :
  • MERTON, Robert K., On Social Structure and Science, The university of Chicago press, 1996.
  • L'idée de découverte est probablement propre à la culture de l'Occident. Traditionnellement, la Chine tend à attribuer la nouveauté à un glorieux ancien. 

dimanche 16 mai 2010

Assassinats en Chine

Il semblerait que la Chine soit victime d’une épidémie de massacre d’écoliers, à l’arme blanche.

Symptôme d’un malaise social ? Une explication : « tuer les faibles était vu par les attaquants comme un moyen de revanche sur une société « qui n’a pas de sortie » ». Lone madmen without guns.

Air France

J’entendais hier un dirigeant d’Air France dire que la compagnie cherchait systématiquement à alléger ses avions, par exemple en réduisant le poids de sa moquette ou de ses chariots.

J’ai cru comprendre qu’à une époque elle avait décidé de faire passer tous ses avions par un « hub », cette politique a-t-elle été revue ? 

Twitter

Twitter vaudrait 1md$, sans avoir démontré qu’il pouvait gagner de l’argent. Ses dirigeants commencent juste à s’en préoccuper. Pas d’une façon très rassurante. (Up for promotion.)

Que de telles sociétés aient pu naître démontre la rationalité de la spéculation. Un investisseur met de l’argent dans une start up, parce qu’il sait que d’autres investisseurs seront prêts à lui acheter ses actions, et qu’ils feront de même avec d’autres collègues. L’investissement est rentable jusqu’à ce que l’on ait épuisé les capitaux disponibles. Le perdant de l’affaire est le dernier à posséder des parts de la société. Ce jeu ne crée rien, mais il redistribue l’argent de la communauté au plus habile. D’ailleurs, pouvoir perdre gros rend ce jeu follement excitant, comme me le disait un trader.

Compléments :
  • C’est en grande partie parce qu’il a créé ce mode de spéculation moderne que Goldman Sachs a connu sa fortune actuelle (Dr Strangelove and Mr Goldman Sachs.) En fait monter un mécanisme spéculatif est extrêmement complexe puisqu’il faut créer et faire connaître une sorte de signal qui, lorsqu’il est déclenché annonce à la société qu’une phase spéculative a démarré. Le signal du web social est probablement la capacité, pour une innovation, d’être adoptée gratuitement par un grand nombre de personnes. Une telle innovation trouvera des fonds, sans avoir besoin de démontrer sa rentabilité. Mécanisme identique, les mini spéculations de 29 : Crash de 29 : mécanisme.
  • Hervé Kabla, l’ethnologue du web social, définit Twitter comme « un café du commerce mondial » (voir commentaires du billet).