samedi 5 juin 2010

Démographie russe

Les années 90 ont dû être terribles en Russie : le taux de natalité y est tombé à 1,2. (Le taux de mortalité, lui, augmentant nettement.)

La situation s’améliorerait timidement. La cause en serait un programme d'encouragement à la natalité, et peut-être surtout l’amélioration de la stabilité du pays. D’ailleurs ce serait, contrairement à ailleurs, les diplômés qui auraient le plus d’enfants, justement parce que leur situation est plus solide que celle des autres catégories de la population.

Artiste et entreprise

Curieusement, je rencontre beaucoup d’artistes ces temps derniers. Ils utilisent l’art pour illustrer les mécanismes du changement. Pourquoi pas ?

Cet échantillon peu significatif me fait me poser quelques questions. L’artiste comprendrait-il qu’il doit sortir de son existence d’intermittent ? Que s’il veut gagner sa vie, il doit se rapprocher de l’entreprise ? Effet de la défaillance de l’État providence, une fois de plus ?

Intéressant changement aussi, qui ressemble à ceux dont parle ce blog. Il s’agit pour ces artistes de continuer à faire ce qu’ils aiment, dans un environnement qui n'est pas prévu à cet effet. Changer pour ne pas changer. 

vendredi 4 juin 2010

Israël : drame du désespoir ?

Israël pris au piège d’un cercle vicieux ?
(Les dirigeants israéliens) se comportent comme s’ils pensaient (…) que le monde dans son intégralité hait les Juifs et qu’il n’y a rien à y faire.
Compléments :

Électronique chinoise

Taiwan domine le marché de l’électronique mondiale (« plus de 50% des puces électroniques, près de 70% des écrans d’ordinateurs, plus de 90% des ordinateurs portables »). Son tissu économique (« un réseau de centaines d’entreprises spécialisées ») et la qualification de sa main d’œuvre sont exceptionnels. Ils sont les fruits d’une politique à long terme de l’État. Pourtant, ceci est peu rentable, car l’industrie taiwanaise est écrasée par ses clients occidentaux et japonais.

Ce qui la pousse dans les bras de la Chine continentale.

Je me demande si l’Occident fera toujours d’aussi bonnes affaires le jour ou l’électronique mondiale sera entre les mains de la Chine. 

jeudi 3 juin 2010

Moody’s et Warren Buffett

J’entendais ce matin Warren Buffett, qui possède un gros morceau de Moody’s, dire que les agences de notation se sont trompées comme tout le monde.

Mais à quoi servent-elles si elles ne font pas mieux que nous ?

Il y a quelques années, M.Buffett et ses collègues rêvaient d’un monde merveilleux où notre vie serait entre les mains de l’entreprise, qui tiendrait infiniment mieux que lui le rôle de l’État. Illusion en faillite ?

Prudential et AIG

Depuis quelques temps l’assureur Prudential veut acheter la partie asiatique d’AIG. Après plusieurs rebondissements, échec : les actionnaires de Prudential ont trouvé le prix d’achat trop élevé. Résultat : Prudential doit payer 660m$ pour différents frais liés à cette tentative avortée.

660 million reasons to be angry décompose cette somme et découvre qu’une grosse partie ira aux intermédiaires financiers. Il y aurait collusion entre dirigeants et financiers :
Le secteur financier « trait » l’entreprise, et les patrons ont peu de raisons de l’arrêter.
Ce qui rejoint une idée qui m’est venue ce matin, en écrivant sur le changement. Quand on conduit un changement on découvre que l’entreprise manque cruellement de compétences. D’une certaine façon elle semble optimisée pour faire toujours la même chose. Pour prendre ses virages, elle a maintenant l’habitude d'utiliser de très grosses équipes de consultants extrêmement chers, et terriblement peu efficaces (voire totalement inefficaces). De ce fait les cabinets de conseil internationaux sont devenus monstrueux.

L’économie aurait-elle été mise en coupe-réglée par l’élite universitaire, qu’elle dirige l’entreprise ou les cabinets de conseil en management, ou encore le secteur financier ? L’entreprise sortant de ce traitement réduite au minimum, sans plus de savoir-faire, transformée en une machine à exploiter une position dominante (et donc à nous essorer) ?

Compléments :

Relance keynésienne

Pourquoi notre relance ne fonctionne pas, alors qu’elle a réussi sous Roosevelt ? se demande The Economist.
Peut-être parce que la guerre imminente atténuait la peur des déficits, et qu’après les privations de la guerre, étaient ivres de consommation et surtout avaient des produits séduisants à acheter. Aujourd’hui, il n’y a plus rien de tentant. Ou ce qui l’est est du ressort de l’investissement d’État (santé, transport…), pour lequel plus personne ne veut payer.

Galbraith s’étonnait que la consommation soit la seule chose qui échappe à la loi des rendements décroissants. Et s’il avait vu juste ?

Et s'il fallait le moteur de l’État à l’économie ? Ce que disait aussi Galbraith, qui croyait que ce qui faisait la stabilité des 30 glorieuses était les dépenses militaires (il aurait préféré, d’ailleurs, qu’elles soient remplacées par un investissement moins dangereux, comme la recherche spatiale).

Compléments :

Omega 3

Fish and no chips : je viens de comprendre ce qu’était l’Omega 3 :

Il transforme la lumière en électricité, et serait à l’origine d’une « forme grossière de vision ». Sa présence aurait un impact fort sur l’intelligence, la tendance à « la dépression, au suicide et au meurtre ».

Les huiles de cuisine contiennent de l’Omega 6 qui « déplace » l’Omega 3. L’Omega-6 stimule l’appétit, et « comme (…) la nourriture riche en Omega 6 est moins chère que celle riche en Omega 3, c’est elle (que les hommes) sont susceptibles de consommer ». Donc, en plus d’un QI réduit, de la dépression, du suicide et du meurtre, il y a obésité. 

Mais l’Omega 6 est bon pour les affaires, c'est certainement pour cela que la main invisible du marché en fait un tel usage. 

mercredi 2 juin 2010

Valeur de BP

La valorisation boursière de BP aurait baissé de 1/3 ce qui correspond à beaucoup plus que l’évaluation pessimiste des pertes que la société devra essuyer.

Le marché penserait-il que l’entreprise va subir d’autres dommages que les réparations des effets de la marée noire ? Ou l’investisseur vend-il parce que ses collègues vendent ?

Compléments :

Salaire du haut fonctionnaire

Les Anglais viennent de découvrir que plus d’une centaine de hauts fonctionnaires étaient mieux payés que leur premier ministre (le plus haut salaire serait de 280.000£, 400.000 l’année dernière).

La justification de ces paies serait, comme ailleurs, le « talent ». Ce qui est nouveau est que l’on s’en préoccupe, alors que la pratique date d’une quinzaine d’années. On lui reprocherait de ne pas correspondre aux restrictions budgétaires du moment. Mais n’est-ce pas justement quand tout va mal que le dirigeant doit être récompensé pour ses efforts ?

Nos critères de jugement sont-ils en train d’évoluer ? Va-t-on finir par penser que le salaire ne fait pas le talent ? 

iCar

Audi aurait en projet une voiture que l’on pourrait concevoir à son goût en téléchargeant des applications informatiques. Un type d’iPod.

Curieux qu’Apple n’y ait pas pensé le premier.

Retraite et changement

Comme tout Français, je pense que la réforme est fatale et que le gouvernement la mènera comme il le fait en de telles circonstances : en rallongeant le temps de travail. Mon fatalisme est coupable.

Le problème de fond n’est pas une question d’argent, mais notre attitude à l’âge et à notre avenir. L’Europe se croit vieille, et se pense finie. Or, ceci ne repose sur aucune raison physique, comme le répète ce blog quasiment depuis sa création.

On a jeté les gens à la rue (droite), on les a mis à la retraite anticipée (gauche), de plus en plus tôt. L’idée que seul le jeune est efficace s’est installée. Comme si, comme au 19ème siècle, il ne s’agissait que de force de travail, et que nous étions des prolétaires sans instruction. Et l’on découvre, effectivement, que les entreprises sont devenues tayloriennes ! Qu’elles ont « déqualifié » leurs personnels. Or, ceux qui ont mené cette politique sont des gérontocrates si l’on s’en tient aux critères qu’ils nous fixent ! Nouveau parallèle avec le 19ème siècle : la classe dirigeante jugeait que la classe ouvrière n’était pas de même nature qu’elle. Le monde devait sa richesse à l’élite. Le peuple, c’était la racaille.

Ce qui explique les déclarations de gauche et de droite. Si le travail est taylorien, le patron doit contraindre l’employé au travail, et le socialisme doit défendre l’exploité. Le progrès social c’est l’abolition du travail.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la pensée individualiste du 19ème siècle anglais nous a contaminés et elle a eu les mêmes conséquences qu’alors, et elle a été accompagnée de la même idéologie – « l’économie néo-classique ».

Si l’on veut faire de l’Europe un champion, il faut changer d’état d’esprit. Non, il n’y a pas une élite et une masse de prolo à la tête vide. Il y a des gens remarquables qui deviennent de plus en plus efficaces avec l’expérience. Et notre tissu économique a accumulé un « capital social » sans équivalent ailleurs dans le monde.

En passant, on aura résolu la question de la retraite : quand on se plait à travailler on ne veut pas s’arrêter, et on crée des choses que le monde trouve utile, le pays s’enrichit donc, et les caisses de l’État se remplissent.

Compléments :
  • Exemple de néo taylorisme : Taylorisme chez FT
  • Sur le 19ème siècle anglais : THOMPSON, E.P., The Making of the English Working Class, Vintage Books USA, 1966.
  • Au passage, on notera un enseignement de conduite du changement. Le changement se fait en jouant sur les règles de la culture (non sur des curseurs physiques, comme l’âge de la retraite), par une réinterprétation, mais non en les niant. SCHEIN, Edgar H., The Corporate Culture Survival Guide, Jossey-Bass, 1999.

mardi 1 juin 2010

Decommedia

« Le théâtre pour sensibiliser à l’accueil, l’intégration et le management des personnes en situation de handicap » : présentation de Decommedia à laquelle j’étais convié ce matin. Beaucoup de monde. L'entreprise s'intéresserait-elle au théâtre ?

J’en retiens que handicap a eu d’abord le sens d’un échange entre biens de différentes valeurs (le procédé s'appelait hand in cap), puis l’acception sportive : une difficulté imposée au meilleur. Le handicapé nous serait supérieur ? Probablement : pour compenser un handicap, il faut développer ses capacités au-delà de la normale.

Je retiens surtout que nous ne connaissons rien au handicap (il va bien au delà de ce que je pensais) et à la législation qui l’accompagne. Les gouvernements votent des lois et semblent s’attendre à ce qu’elles soient mises en œuvre par miracle. Idem pour les dirigeants qui recrutent des handicapés sans se préoccuper de leur accueil dans l’entreprise, et de préparer leurs personnels. Éternelle et déprimante question de notre incapacité génétique à la mise en œuvre du changement.

En fait, Decommedia, c’est le changement par le théâtre. Et ce changement se fait en utilisant la technique que j’ai appelée « ordinateur social » dans mon dernier livre. La pièce de théâtre provoque l’identification, met au jour un problème qu’on ne voulait pas voir, parce qu’on ne savait pas le résoudre (le handicap n’est qu’une des questions que traite Decommedia). C’est alors à la salle, aux membres de l’entreprise, de lui trouver une solution. Solution fatalement unique, puisque la culture de l’entreprise est unique. Pour animer ce changement, un expert – donneur d’aide - est là. Il apporte une information (sur la réglementation, sur ce qu’est le handicap…) et il anime le processus de résolution collective en lui apportant la ligne directrice d’une méthodologie.

Paix en Israël

L’attaque par l’armée israélienne de la flottille d’aide à Gaza est difficile à comprendre. J’avais entendu parler de l’opération quelques temps avant et il semblait évident que la flottille serait bloquée, mais pas attaquée, de peur de la mauvaise publicité que subirait Israël.

Une revue de presse ne m’éclaire pas beaucoup plus. Il semblerait qu’Israël ait pensé que ne pas réagir aurait été une preuve de faiblesse.

Ce qui me ramènerait à une ancienne théorie (le « mur de fer ») : une des valeurs fondatrices de l’État israélien serait que sa force est son assurance sur la vie… 

USA : nouvelle relance

L’économie américaine est en bien plus mauvais état que celle de la zone euro, avec un déficit structurel estimé à 6% (contre 4 pour la zone euro). Surtout, sa politique de relance par l’exportation a été victime de la baisse de l’euro.

Résultat : nouvelle relance, et augmentation des déficits. Car les conditions sont bonnes pour une telle politique : la crise de l’euro ramène les capitaux vers les USA, le dollar est monnaie de réserve, le pays emprunte très bon marché.

Très curieusement, son économie dépend à nouveau de la consommation intérieure, et a cessé d’économiser. On en est revenu à la situation d’avant la crise. Bombe à retardement ?

lundi 31 mai 2010

Rationalité des marchés

Je crois simplement que certains investisseurs internationaux peinent à comprendre l'Europe et ses mécanismes de décisions. Ils ont du mal à prendre la mesure de la dimension historique de la construction européenne et à anticiper la capacité des Européens à prendre des décisions aussi importantes que celles qui ont été prises il y a quelques jours.
Effectivement, il semble que les investisseurs anglo-saxons ne comprennent rien à la zone euro et s’imaginent, probablement comme ils l’ont toujours cru, qu’elle va voler en éclats.

Il n’y a pas de rationalité là dedans, juste des préjugés. Parce que les marchés sont faits d’individus isolés, ils ne peuvent accumuler de savoir partagé, comme les peuples, ils sont stupides et obéissent à la mode du moment ?

Compléments :

Les insectes au secours de l’homme

Dans notre alimentation, les animaux vont-ils être remplacés par des insectes ? Manger des insectes semble bon pour la santé, et leur élevage demanderait infiniment moins de nourriture et d’eau que celui des vaches.

En tout cas, cela montre que l’homme n’est pas encore au bout de ses ressources. 

Droit du plus fort

Curieuse coutume américaine. Pour remplir ses coffres, la police peut saisir les biens des suspects.

Elle n’aurait d’ailleurs pas à prouver leur culpabilité. Et elle est habile : un tiers des billets de banque portant des traces de cocaïne, ses chiens identifient beaucoup de suspects. Généralement des pauvres : n’ayant pas de cartes de crédit, ils transportent du liquide, qui peut-être saisi.

dimanche 30 mai 2010

N.Sarkozy showman mondial ?

The Economist tremble. N.Sarkozy va transformer le monde en une salle de spectacle à sa gloire. Hold up sur le G20 et le G8, dont la France devrait prendre la tête prochainement. Deux raisons pour cela :
  • Lorsque notre Président tente de réformer la France, sa côte de popularité baisse, elle repart quand il s’éloigne de chez nous. (La réforme des retraites serait la dernière grande réforme, et elle devrait utiliser la couverture du mondial de foot pour passer inaperçue.)
  • M.Strauss-Kahn l’inquiète, il aimerait se créer une stature internationale comme la sienne.
Cependant, il y a un inconvénient pour nous dans cette stratégie : lorsque M.Sarkozy gesticule en notre direction, pour faire admirer ses exploits, il donne du pays une image ridicule…


BBC 4

Les mauvaises nouvelles de la radio d’Etat m’usent. J’écoute, quand la météo le permet, BBC 4.

BBC 4 ne change pas. Toujours les mêmes émissions. Desert Island Disks, You and Yours, Any Questions, The Archers, feuilleton qui a commencé dans les années 50... et les tests matches de cricket (monde mystérieux et fascinant de termes incompréhensibles : LBW, Off stump, leg off...), grands drames d'émotion...

Même la société ne semble pas bouger, depuis quelques temps j’entends parler d’un nouveau « Jack l’éventreur », qui aurait assassiné plusieurs prostituées (quand il ne tuait pas il écrivait une thèse de criminologie, semble-t-il). Comme à l’époque de Victoria. Hier un ministre lib-dem était accusé d’avoir fait payer à l’État le loyer de son amant, dont il voulait taire l’existence (pour vivre avec lui il le faisait passer pour son logeur), lui-même ayant un foyer officiel, tout à fait respectable…La classe supérieure anglaise demeurera éternellement au dessus des règles de la société.

Tocqueville admirait l’Angleterre, et cette classe supérieure, d’avoir su ne pas changer. Il avait certainement raison. Elle s'est adaptée aux temps pour ne pas avoir à toucher à ce qui comptait réellement pour elle. On lui appartient de parent en enfant. En fait, plus qu’une différence de fortunes, pourtant colossale, ce qui sépare riches et pauvres est une différence de cultures.

Compléments :
  • Le ministre (David Laws) ci-dessus a démissionné presque immédiatement après l'annonce.


Entreprise citoyenne

Un collègue m’écrit :
Le Magazine l'Entreprise vient de faire un sondage sur la trésorerie des entreprises. Les priorités 2010-2011 des DG :
- Garnir le carnet de commandes (bien sûr, car chute du CA de 20 à 40% en 2009)
- Maîtriser les coûts (éternel sujet)
- Se renforcer sur le cœur de métier
- Trouver de nouvelles sources de financement
- Sécuriser les ventes (fidélisation, qualité de services, ...)
- Rester focaliser sur le core-business
- Se déployer à l'International
- Investir en RetD
- Investir en équipements
NB : les trois derniers points sont dramatiquement classés en fin de liste ...  et les actions sur la transformation des organisations ne ressortent pas directement (lié probablement au questionnaire du magazine L'Entreprise).
Toute la crise en un sondage : tant que l’entreprise se repliera sur elle-même, l’économie la suivra.

Compléments :
  • On serait même au coeur du mal français : l'entreprise est dans un cercle vicieux, parce qu'elle n'investit pas suffisamment, sa position concurrentielle s'érode, et elle peut encore moins investir. Le succès de l'Allemagne serait d'avoir fait l'inverse. Le danger chinois viendrait plus de son innovation que de ses coûts... (La France est en passe de faire moins bien, et plus cher... brillant !)