samedi 12 juin 2010

Iran et la bombe ?


Augmenter, énormément, le coût de la mise au point d’une bombe atomique. 

La crise comme folie

Une étude sur les causes de la crise financière montre que les autorités de régulation américaines ont vu les dangers auxquels s’exposait l’économie, pouvaient empêcher la catastrophe, et ont choisi de ne rien faire, et même de démanteler leurs moyens d’intervention.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette défaite de la raison ? Illusion collective selon laquelle les marchés s’autoréguleraient ? La rationalité de l’homme se débranche-t-elle lorsqu’il croit que ses rêves les plus fous sont réalisés ? Sommes-nous tous des illuminés suicidaires en puissance ?

Compléments :
  • Je repense à un ancien billet, et je m’interroge : et si la marée noire de BP venait d’une absence délibérée de contrôle par les instances concernées ? Et si la folie ci-dessus avait atteint l’ensemble de l’économie ?

Un condamné à mort s’est échappé

Film de Robert Bresson, 1956.

Ce qui est étonnant n’est pas tant que le condamné à mort parvienne à s’échapper, mais qu’il le fasse avec si peu de moyens. Mais c’est un officier. Et l’officier de l’époque avait l’évasion dans le sang. C’est probablement cette préparation psychologique qui lui permet de saisir les infimes chances qui se présentent à lui.

Les personnages de Bresson semblent à la fois fragiles et poussés par une force qui les dépasse, et que rien ne peut décourager. On parle de « dépouillement » pour ses films, mais je me demande si ce ne sont pas ses personnages qui sont dépouillés. Ils ne sont plus que ce qu’ils croient. 

vendredi 11 juin 2010

Affaire Kerviel

À ses débuts je soupçonnais l’affaire Kerviel de n’être que le simple effet d’une culture fautive (je faisais alors un parallèle avec celle de BP…).

Pour le moment, ce que dit le procès ne semble pas vraiment contredire mon a priori. Un trader en litige avec la SG dit que les résultats de J.Kerviel ne correspondaient pas à ce qu’aurait dû dégager son activité, et que le comportement de la société était marqué par « une prise de risque grandissante au fil des années ».

Et, en ce qui concerne plus précisément la culture de la société, une note interne précise : « consigne générale : ne pas reconnaître une quelconque déficience interne, même sous vive pression, en les (?) noyant dans les éléments positifs et en utilisant la complexité technique ». 

BP à nouveau

BP cause d'une guerre entre Américains et Anglais ?

En tout cas, on apprend que la société, distribue beaucoup de dividendes, qu’elle investit moins que ses concurrents (70% des investissements de Shell), qu’elle a une histoire récente peu reluisante, qu’elle risque de perdre 40md$ du fait de la marée noire dont elle est la cause, et que la sécurité des forages de grande profondeur n’est pas maîtrisée par les pétroliers, ce qui ne semble avoir suscité aucune inquiétude, nulle part…

Manque de culture américain

Curieusement Paul Krugman compare le projet européen à la fondation des États-Unis d’Amérique et l’Euro à la guerre de sécession (le premier un échec, la seconde une réussite).

Effrayant manque de culture ? L’Europe est faite de nations aux histoires séparées et dont les composants ont connu des guerres incessantes depuis plus d’un millénaire, les USA ont été immédiatement une nation.

Et qu’ils aient subir une guerre intestine d'une férocité sans précédent n’est pas à leur gloire.

Quant à l’euro, c’est une construction qui a l’avenir devant elle. 

Construction de l’Afghanistan ?

Contrairement à ce que je croyais, l’ISAF tenterait de construire un Afghanistan qui fonctionne. En remplaçant les gouvernements Talibans, construisant des routes et des écoles, et en assurant la sécurité.

Mais l’Afghan ne s’exprime pas. Et ce qui est allié à l’ISAF (la famille Karzaï) est peu reluisant. Peut-on conduire un tel changement en étant aussi peu familier de la culture locale ? En ayant aussi peu de prise sur elle ?

jeudi 10 juin 2010

Adolescent et mobile

Les adolescents américains semblent vissés à leur téléphone mobile : 1/3 envoie plus de 100 SMS par jour, et c’est le moyen le plus utilisé pour entrer en contact avec quelqu’un. 1/3 de ceux qui ont à la fois une voiture et un mobile ont envoyé au moins un SMS en conduisant… 

Turquie et Europe

Le ministre de la défense américain et une partie de l’élite locale semblent penser que l’Europe est la cause des récents malheurs israéliens. En n’admettant pas la Turquie en son sein, l’UE a poussé la Turquie au radicalisme, d’où flottille de la paix, qui a contraint Israël à faire usage de la force…

Comportements anglais et français

Un parasite passe du chat à la souris. La souris l’attrape en consommant les déjections du chat. Le parasite brouille son comportement, l’amenant à rechercher les chats…

L’homme est aussi affecté par ce parasite. Ici aussi altération du comportement : névrose, baisse de la rapidité des réflexes, peu d’intérêt pour la nouveauté, schizophrénie.

La France serait infectée à 45%, l’Angleterre à 6,6%...

mercredi 9 juin 2010

Budget de la défense

Parmi les divergences du moment voilà les budgets militaires. Les USA augmentent le leur, pour des raisons de relance. Les Européens le réduisent, pour des raisons de dettes (dont le niveau est inférieur à celui des USA).

Certes dépenser de l’argent en armées semble un gaspillage. Mais le monde est-il réellement sûr ? D’ailleurs l’économie obéit-elle à ce type de logique ? Quel est l’impact de l’industrie de l’armement sur l’économie ? Ne disait-on pas que c’était son moteur ?

La manière dont le changement est mené est curieuse :
Le risque est donc de disposer d’armes nouvelles et sophistiquées sans avoir les moyens de les gérer, comme c’est déjà le cas en Italie, où l’argent manque pour réparer les équipements endommagés en Afghanistan, mais aussi pour acheter le carburant des avions et des navires.
N'est-ce pas le procédé qu’utilise l’entrepreneur peu scrupuleux avant de vendre une entreprise : liquidation des investissements à long terme pour améliorer sa rentabilité apparente ? Nos gouvernants céderaient-ils à la panique ?

Compléments :
  • Souvenir d’une histoire que l’on se racontait dans la cours de l'école. Un petit Corse échange son revolver contre une montre. Son père : quand on te traitera d’imbécile, tu donneras l’heure ? L’État serait-il en passe de disparaître, nous laissant entre les mains du marché ?

Folie européenne ?

Nous vivons des temps incertains. Le monde financier se demande quel mal est le plus terrible : des déficits élevés, ou leur réduction massive, qui conduirait à une nouvelle crise ?
  • Les organismes de notation ont choisi leur camp : dette = danger.
  • Paul Krugman est inquiet de notre irrationalité. Selon lui un plan de rigueur européen devrait conduire à une baisse de l’euro, qui va, à son tour, affaiblir les autres économies.
Et si le monde était fait de multiples forces, qui n’apparaissent pas toutes dans les modèles des économiste ? Et si elles avaient une logique qui défie leur logique ?

Aviation et Golf

Les pays du Golf (Abou Dhabi, Doha et Dubaï) se spécialisent dans le transport aérien long courrier. Leur position semble un « hub » mondial idéal, et leurs déserts sans voisins se prêtent aux mégas aéroports. Tout ceci combiné à l’invention d’une aviation à longue distance et de gros transporteurs (Émirats a commandé 50 A380), à l’attaque des aéroports régionaux négligés par leurs concurrents et au développement des marchés asiatiques et africains semble leur garantir un avenir glorieux.(Super-duper-connectors from the Gulf, Rulers of the new silk road.)

Les compagnies aériennes traditionnelles, déjà peu rentables, et attaquées par les compagnies « low cost », devraient souffrir.

Question : n’y a-t-il pas de moyens de se différencier dans ce marché ?

mardi 8 juin 2010

Gouvernance européenne ?

On parle de gouvernance européenne, mais quelque chose avance-t-il dans ce domaine ?
  • Il y a un fonds de solidarité, qui promet des prêts peu coûteux aux États de l’UE en difficulté financière.
  • La zone euro devrait débattre des budgets respectifs de chaque pays avant leur adoption par les parlements nationaux. La mesure aurait pu être étendue à la totalité de l’UE, mais les Anglais n’en veulent pas.
  • La France parlerait d’un « comité de pilotage ». De quoi s’agit-il ?
Et, biais de notre information ?, Angela Merkel obéirait plus aux aléas qu’elle ne commanderait aux éléments, ce qui n’est pas propice à un débat efficace.

Compléments :
  • Panorama de ce qui semble être tenté pour régir la zone euro, l’aspect confus de l’ensemble et la perte de crédibilité de Mme Merkel, l’indignation des Anglais à l’idée de perdre leur souveraineté. 

Angleterre et Europe

No laughing matter : la France serait-elle en train de manœuvrer pour créer une double Europe ? Fédéraliste et fiscalement coordonnée au centre, et isolée, mais dépendante et sans pouvoirs à la périphérie ?

L’Angleterre, pas très habile au jeu politique européen, aurait-elle commis l’erreur de croire que la crise de l’euro ne la concernait pas, qu’elle sonnait le glas du fédéralisme, et qu’elle pouvait s’abstraire de l’Europe ?

lundi 7 juin 2010

Emploi des séniors

Le terme sénior a pris une connotation désagréable depuis quelques temps. Ce sont les vieux de plus de 50 ans (ou moins ?) qui pèsent sur l’économie. En France, le taux d’emploi des 50 – 64 ans serait particulièrement faible (53,2% en 2008), ce qui s’accommode mal de la réforme des retraites : allonger la durée de cotisation de personnes au chômage ne peut que garantir l’émergence d’une masse de retraités pauvres.

Le gouvernement fait le diagnostic que la cause de faible emploi est le coût. Il propose d’éliminer les charges sur les salaires des séniors. Parallèlement, il va encourager le tutorat, transfert des connaissances des vieux vers les jeunes. Logique ?
  • L’élimination des charges sociales est une attaque au principe même de notre système « bismarckien ». Une attaque contre un principe aussi fondamental demande un minimum de débat démocratique. Ce n’est pas à l’exécutif de prendre l’initiative de détruire ce qui fonde une démocratie.
  • Tous nos patrons et gouvernants sont des ultra-séniors qui ne se considèrent pas comme des déchets bons pour la poubelle. (Pour preuve : ils n’arrêtent pas d’augmenter le coût qu’ils représentent.) Pourquoi ? Parce qu’ils jugent qu’ils ont appris de leur carrière. La solution est là : si l’entreprise sait utiliser la capacité d’apprentissage humaine, elle tirera bien plus des « séniors » qu’ils ne lui coûtent. Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est le processus de déqualification dans lequel elle s’est engagée.

Compléments :
  • Le gouvernement a-t-il intérêt à débattre des principes de notre système d’assurance sociale ? Probablement pas : il montrerait que nos gouvernants sont bien mal placés pour nous critiquer, ils ont été incapables de défendre le système auquel nous tenons. Sont-ils trop âgés pour être compétents ?
  • Je soupçonne que le mal de la nation tient à des croyances nocives et contre nature, qui ont perverti notre pensée.

Curieux Japon

Le Japon a perdu un nouveau premier ministre. Et la situation ne semble pas se clarifier. Le monde politique japonais a l’air peu propice à l’émergence de fortes personnalités, ou même d’une pensée originale. (Leaderless Japan.)

Faisons-nous l’erreur d’attendre du Japon qu’il se comporte comme une nation occidentale ? En tout cas, il ne semble toujours pas prêt à sortir de son mouvement de contraction… 

Banques européennes

Bizarre, on parle peu des banques européennes, et pourtant elles semblent dans un état aussi (plus ?) précaire que celui des banques américaines :
Elles peuvent facilement emprunter à la BCE et investir cet argent dans des obligations d’état à taux plus élevé
Les banques ont aussi réduit la maturité de leurs propres emprunts, plutôt que de payer des taux plus élevés pour des fonds à long terme plus sûrs. Quand toutes les banques prennent la même décision, c’est une forme de folie collective, parce que cela rend le système vulnérable à une défaillance du marché. 

dimanche 6 juin 2010

Fortune bancaire ?

Pourquoi la rentabilité des banques a-t-elle brutalement cru ces dernières décennies ? Situation de monopole :
  • Elles sont implicitement soutenues par l’Etat, ce qui réduirait massivement le coût de leur financement (une subvention supérieure à leurs bénéfices, en Angleterre…).
  • L’adoption de taux de changes flottants a conduit à la création d’une industrie du produit dérivé, produit d’une telle complexité qu’il est difficile d’en juger le prix.
  • Le plus curieux peut-être est que les grands fonds (notamment de pension) possèdent le marché, et que leurs achats / ventes incessants (qui cherchent à augmenter la valeur de leur portefeuille) ne servent à rien, sinon à enrichir les intermédiaires.

iPad

J’ai eu en main il y a quelques temps un iPad. J’ai été un peu déçu. En tout cas, il semble bien se vendre. Usages possibles ? vidéo interactive et magazines (ce que j’envisageais, effectivement).

Il a suscité une foule de produits concurrents. 0 innovation chez eux, me semble-t-il. L’objectif des concurrents d’Apple serait simplement d’être présents sur le marché. (Not written in stone.) C’est ce que j’appelle dans mes cours la « stratégie de l’option ».

C’est triste. J’ai l’impression que l’entreprise, à l’exception d’Apple, ne cherche plus à inventer ce que nous aurions envie d’acheter. Elle ne parle plus que de prix et de coûts. A la réflexion, et contrairement à ce que j’ai dit dans un précédent billet, il y a peut-être là une des raisons de la crise actuelle. La demande n’est tirée par rien.

Moyen orient compliqué

Le blocus de Gaza aurait donné un résultat inattendu. Sa population se serait installée dans une mentalité de siège. Le territoire serait stable, bien géré, bien organisé, ne manquerait de rien, grâce à ses tunnels. Il serait dirigé d’une main de fer par le Hamas, qui créerait un peuple « à son image ».

La férocité de la répression israélienne aurait fait cesser les tirs de rockets (encouragement à user de la force ?). Et Israël serait satisfait d’avoir une Palestine divisée. (Israel's siege mentality, How Israel plays into Hamas's hands.)

En dépit des crises récurrentes, la situation serait-elle relativement stable ? La crise serait-elle un élément de l’équilibre ?