samedi 26 juin 2010

Football et France

Dominique Moïsi parle de la dépression française et de la faillite de son équipe de football. Elle le fait penser aux raisons de la défaite française d’avant guerre.

Drôle de pays. Depuis plusieurs décennies, réforme après réforme, il ne semble capable que de s’enfoncer. Plus d’idéaux, plus personne d’admirable, surtout pas les hommes politiques, encore moins les sportifs. Nous traversons une époque de doute. 

Risque prénatal

Les conditions prénatales (épidémie, pollution…) semblent avoir un fort impact sur l’avenir de l’homme fait.

Par conséquent, il est important de prendre soin des femmes enceintes.

vendredi 25 juin 2010

Obama et McChrystal

Le général McChrystal manque à son devoir de réserve, et le président Obama le licencie.

Ce qui confirme que le dit président est un homme de décisions rapides.

Capitalisme au grand coeur

Bill Gates et Warren Buffett tentent de convaincre les milliardaires américains de donner la moitié de leur fortune pour de bonnes œuvres.

S’ils réussissent, elles gagneront plus de 600md$.

Tradition américaine de la vocation sociale de l’entrepreneur, qui semble avoir été laissée pour compte par le tournant libéral qu’a connu récemment l’Europe. 

jeudi 24 juin 2010

Chine communiste

The permanent party se pose deux questions que je me posais : comment se fait-il que le parti communiste chinois soit toujours solidement au pouvoir après tous les dégâts qu’il a commis, et comment peut-il encore s’appeler « communiste » ?

Pour la seconde, réponse élégante : c’est le parti qui définit ce que signifie « communisme ».

En dépit d’une sorte d’économie de marché, la Chine semble totalement sous son contrôle. Ses représentants dirigent les entreprises, et l’armée est là pour le protéger. La corruption même serait « la colle qui rend solidaire le système ». D’où « paradoxe fondamental » : « Qu’un parti fort et tout puissant donne un gouvernement faible et des institutions douteuses ».

Il semblerait que le changement qui s’annonce (une économie tirée par la consommation intérieure et protégée par un système de sécurité sociale), ne puisse se faire sans « s’en prendre aux intérêts acquis qui profitent actuellement des distorsions ». Changement délicat, vraisemblablement… 



Ennui des réunions

Des sociologues se demandent pourquoi les réunions sont ennuyeuses.

Selon moi, elles ne devraient pas l’être. Spencer Wells explique que l’originalité de l’espèce humaine est d’avoir la capacité sociale à créer. La société est une sorte de machine à innover. Et l’outil de l’innovation est une petite assemblée identique à celle que formaient les chasseurs cueilleurs le soir autour du feu. C’était déjà là qu’ils échangeaient ce qu’ils avaient appris de leur journée et qu’ils avaient des idées nouvelles.

Depuis, les groupes sont demeurés de formidables outils de création. Débats démocratiques, jugement par jury, « focus group » marketing, mode projet de l’industrie…

Mais, si la créativité de groupe est l’acte différenciateur de notre espèce, pourquoi certaines réunions sont elles mortelles ? Justement parce qu’elles ne se veulent pas créatives ? Qu’un ou plusieurs participants pensent détenir le savoir et veut l’imposer aux autres ?...

mercredi 23 juin 2010

195 km/h

Compte rendu d’audience de l’affaire Kerviel. M.Bouton dit à M.Kerviel qu’il est coupable d’avoir roulé à 195km/h sur une route au seul motif qu’elle n’avait pas de radars. Ce qui est probablement juste.

Mais c’est une accusation bien plus grave pour M.Bouton que pour M.Kerviel.

En effet, elle signifie que M.Bouton n’avait pas construit les contrôles nécessaires dans son entreprise. Or le rôle d’un dirigeant c’est cela. Surtout dans une industrie aussi risquée que la banque.

D’ailleurs, le gouvernement l’a bien compris, qui a mis des radars partout, pour réduire la vitesse des automobilistes et les dangers qu’ils représentaient. Et je doute que la population ne soit pas encline à le condamner si elle apprend qu’il a laissé un chauffard rouler pendant plusieurs années sans l’arrêter, chauffard qui a écrasé quelques innocentes familles…  

Prix de la marée

Complément à un précédent billet concernant le coût de la marée noire produite par BP :
Les autorités estiment que le pétrole s’écoule au rythme de 60.000 barils par jour (…) l’équivalent d’un Exxon Valdez tous les quatre jours.
Effectivement, ça risque de coûter cher.

Compléments :
  • En me renseignant sur l’Exxon Valdez, j’ai découvert qu’il naviguait toujours, mais sous pavillon panaméen, et avec un propriétaire chinois…

Gouvernement anglais

Hier, le gouvernement anglais annonçait un plan de rigueur qui semble sévère. Bien que difficile à juger.

A-t-il profité d’une sorte d’état de grâce ? C’était maintenant ou jamais ? Toujours est-il qu’il paraît jouer profil bas, dans ses relations internationales :
à l’étranger, l’estime pour et l’influence de la Grande-Bretagne ont été dégonflés par la fin désastreuse de son boom économique. Le tant vanté miracle du capitalisme anglo-saxon s’est révélé un mirage. (…) Dans de telles circonstances politiques et économiques, la modestie et la gentillesse sont des stratégies sensées. 
Ah, si nous pouvions avoir un tel gouvernement, modeste et discret, me dis-je !

Inégalités et marchés

Une étude sur la réduction des inégalités en Amérique latine.

Elle serait principalement due à l’amélioration de l’éducation primaire de la population, à « l’échec du changement vers une technologie de hautes qualifications, des années 90, qui était associé à l’ouverture au commerce et à l’investissement, qui profitait de manière disproportionnée à ceux qui avaient une bonne éducation », et à des transferts en direction des plus pauvres.

Décidément, les marchés semblent avoir besoin d’un coup de pouce pour faire la prospérité collective. 

mardi 22 juin 2010

Bérézina footballistique

Hervé Kabla a bien joué, mais il a perdu. Il avait vu que le Mexique et l’Uruguay ne feraient pas match nul, ce qui laisserait la place à la France de se qualifier. Le début était juste, mais pas la fin.

En tout cas, le spectacle international qu’a donné l’équipe nationale est affligeant. Y a-t-il là quelque chose de la situation de notre pays ?

J’écoutais ce soir un morceau d’émission sur la défaite de 40 que la France de l’époque avait vue comme la sanction méritée des désordres de la troisième république (et même de la république tout court), et je me demandais si l’on n’était pas à nouveau aux prises de mêmes forces de dislocation… 

Néo Sarko

Je suis amené à me pencher sur la réforme des retraites, et à revoir mes positions sur le sujet :
  1. Augmenter l’âge de la retraite est injuste : les personnes qui ont commencé jeune doivent travailler plus, accentuation des privilèges des retraités actuels, à la solidarité desquels il n’est pas fait appel, par rapport aux (fort peu) actifs… Vers une guerre des générations ?
  2. Économiquement, ça paraît inefficace : cela ne peut qu’augmenter le coût du chômage, et déprimer un peu plus un marché intérieur dont dépend massivement l’entreprise. Il y a fort à parier que cette réforme ne fera qu’accentuer les problèmes du pays, qui ne vont qu’en s’amplifiant depuis 40 ans.
En tout cas cela serait conforme à l’hypothèse selon laquelle N.Sarkozy applique, volontairement ou non, un programme néo conservateur. Dont la logique est qu'être pauvre est une tare. Chaque occasion serait exploitée pour faire passer des mesures favorables aux riches, vus comme créateurs de richesse parasités par une racaille pauvre ? Programme diamétralement opposé à celui de M.Aubry, tout aussi idéologique ?

Mais alors pourquoi M.Sarkozy est-il aussi haï par la presse anglo-saxonne, qui le voit comme un pourfendeur du capitalisme ? Serait-ce une simple gesticulation dans notre direction pour masquer la réalité de ses manœuvres ?...

Efficacité allemande

Une partie des problèmes de la zone euro vient de l’efficacité allemande. Elle aurait deux causes :
  1. Une très nette baisse de salaires (20% par rapport à l’UE, entre 1994 et 2007).
  2. Des délocalisations vers l’est de l’Europe, qui auraient à la fois abaissé ses coûts, contribué au phénomène ci-dessus (concurrence avec la main d’œuvre allemande), mais aussi corrigé son déficit démographique. 

Deux mille

Ce blog a 2000 billets. Curieux. Lorsque j’ai franchi le centième billet j’étais tellement surpris que j’ai décidé de marquer toutes les centaines. Il était alors inconcevable que j’atteigne 2000.

L’intérêt du blog est de me forcer à réfléchir. Pour l’écrire, j’ai besoin d’être stimulé par la nouveauté. Et ce travail m’oblige à une réflexion qui procède par une sorte d’accumulation. D’une vitrine pour mes travaux sur le changement, ce blog s’est transformé en une enquête sur les changements que subit la société humaine depuis ses origines, et les lois qu’ils semblent suivre.

Le plus difficile est de faire entrer lecture et écriture dans ma vie. J’ai procédé selon les techniques que j’utilise pour l’entreprise : par le gain de productivité et le rite. J’écris de manière asynchrone : certains moments de la semaine sont réservés au blog. Les billets sont ensuite étalés sur les jours suivants. Il m’arrive aussi de réagir à l’actualité, n’ayant pas totalement réussi à me déconnecter d’Internet quand je travaille.

Parmi les changements dus à ce blog : je ne lis plus un livre ni ne regarde un film de la même façon que par le passé… 

lundi 21 juin 2010

Risque et alimentation

Les gens qui mangent mal ou fument beaucoup tendent à « percevoir récompenses et gratifications immédiates comme plus importantes que leurs coûts à venir ». (Are you what you eat?)

Une population désespérée ferait-elle une économie prospère ?

Culture et football

Henry Kissinger parlant du football allemand :
L’équipe nationale allemande joue de la façon dont son état major s’est préparée pour la guerre ; les matchs sont méticuleusement planifiés, chaque joueur est qualifié à la fois en attaque et en défense. Des combinaisons de passes complexes évoluent, partant juste en face de la cage du gardien de but allemand. Tout ce qui est possible par la prévoyance humaine, la préparation et le travail acharné est pris en compte.
La particularité de l’Allemagne est aussi de « vouloir gagner quelque en soit le prix », ce qui fait qu’elle peut marquer des buts quand tout semble perdu, au risque d’en encaisser.

Astaxanthine

Le saumon d’élevage n’est pas rose comme le saumon en liberté.

Alors, on lui fait ingérer un ingrédient artificiel, « tiré de dérivés pétroliers, au moyen d’un processus chimique complexe », qui fait croire au consommateur qu’il mange l’espèce d’origine.

Le consommateur est-il informé de ce tour de passe-passe ? Le manque de sens civique de l’entreprise est curieux.

(Information venant de WELLS, Spencer, Pandora’s seed, Random House, 2010.)

dimanche 20 juin 2010

Lobbying et démocratie

Le lobbying américain a quelque chose d’inquiétant.
  • La réforme du système financier inquiète la profession concernée. Elle aurait « dépensé 125m$ en lobbying ». Rien que les services financiers emploieraient plus de 3000 lobbyistes. Plus inquiétants : les 12 sénateurs qui doivent concevoir la loi définitive « ont reçu plus de 57m$ des secteurs en question pendant leur carrière ». Et un sénateur qui vient de proposer un assouplissement de la loi compte parmi ses plus gros donateurs KKR, un fonds d’investissement gigantesque. (Cheques and imbalances.)
  • L’entreprise américaine possède des techniques extrêmement efficaces pour faire douter le public des travaux scientifiques qui la desservent. Elles auraient été mises au point dans les années 50, à l’époque où les fabricants de cigarettes étaient menacés. « Les techniques utilisées incluaient différents types de désinformation combinés à une durable et honteuse habitude de coller aux arguments discrédités qui semblaient bien marcher ». (All guns blazing.)
Le plus étrange, peut-être, et que la démocratie américaine fonctionne en dépit de tout cela…

Obama le rouge (bis)

Un article confirme le malaise que suscite B.Obama chez beaucoup d’Américains :
La droite américaine n’a pas vu le vrai défaut de M.Obama. Il n’est pas un « socialiste », mais il ne comprend pas le monde des affaires. Même les directeurs généraux de gauche se plaignent qu’il n’exprime pas assez d’estime pour le capitalisme, et qu’il n’est pas sur la longueur d’onde de ceux qui le pratiquent. On fait entrer les patrons pour la photo, puis on les oublie. C’est une chose d’exiger des réparations de BP, c’en est une autre de le traiter comme un envahisseur étranger. Il a de l’intérêt pour l’économie et la technologie, mais pas pour la manière de gagner de l’argent.  
En fait, tout ceci me frappe comme étant un peu communiste. Le communisme c’est un capitalisme d’État. C’est un grand intérêt pour la science et la technologie, pour une production à outrance, mais une défiance envers l’enrichissement privé. C’est aussi très français : après guerre l’administration gérait l’économie et la petite entreprise était vue comme une sorte de « variable d’ajustement » un peu magouilleuse et pas très propre (cf. les travaux de M.Crozier sur la bureaucratie). B.Obama serait-il de l’espèce des planificateurs d’après-guerre ?

De la soumission de la femme

Le livre dont je parlais dernièrement dit ceci des sociétés à forte culture paternaliste :
La meilleure stratégie pour une femme qui veut soulager sa subordination à son mari, beau-père ou belle-mère est d’élever beaucoup de garçons et d’établir une relation forte de telle façon à ce que, lorsqu’ils amèneront leur épouse à la maison, elle puisse exercer son autorité sur ses belles-filles.
L’observation d’un de mes anciens collègues libanais m’a amené à cette même conclusion. Sa mère l’avait réduit en une sorte de dépendance totale, qui faisait qu’à 35 ans il se précipitait dans ses bras dès qu’il soupçonnait l’attaque du plus innocent microbe. À quoi s’ajoutait le mépris absolu de la femme, considérée comme un objet. Il me décrivait la France, avec ses femmes libérées mais en déficit d’affection, comme une gigantesque maison de passe, gratuite.

Ce qu’il y a de surprenant dans ce modèle, c’est comment il se perpétue : par la femme, qui fait de l’homme un pantin ridicule, arme de sa vengeance contre une société injuste.