samedi 10 juillet 2010

Intelligence et pauvreté

Les habitants des pays pauvres seraient moins intelligents que ceux des pays riches.

Explication : les conditions de vie des pauvres empêchent leur cerveau de se développer correctement.

Cependant l’article définit l’intelligence par le QI. Ce qui me pose des questions : qu’est-ce que l’intelligence ? Y a-t-il corrélation entre le QI et une capacité utile ? Et si le QI, avec sa très bizarre mesure, était un produit culturel ?...
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Compléments
  • Une vie trop protégée n’a pas que des bénéfices : faute d’infections, le système immunitaire se retourne contre le corps. D’où asthme et allergies. (Même article.)

vendredi 9 juillet 2010

Monde des bonnes nouvelles

Enfin. Réaction à l’humeur massacrante de la presse, qui ne se réjouit que de ce qui condamne notre raison de vivre, et pourrit notre existence.

Une artiste a eu l’idée de créer un exemplaire du monde qui ne contienne que de bonnes nouvelles. Pour cela elle a dû travailler pendant 3 mois. 1% du Monde est optimiste ?

Relations humaines en France

Étude ethnologique de Minter Dial : le service en France. Pourquoi est-il aussi détestable ?

Ce qui m’a rappelé plusieurs conversations récentes traitant de cas identiques. Ils se ramènent tous à une observation de M.Crozier : le Français utilise son rôle social pour prendre la société en otage, un peu comme les banques américaines avec l’économie ou Enron aves l’État de Californie.

À la réflexion, je crois que nous commettons une erreur. Nous pensons que nous avons le droit d’avoir un service. Alors que le Français estime, avec raison, que sans lui nous ne pouvons rien ; bref, qu’il nous rend service en accomplissant son rôle ; donc que celui-ci lui donne un droit, non un devoir. Ainsi un directeur technique que je cite dans un livre avait-il monté un centre d’appels sur le principe « ils sont en panne, ils peuvent attendre ».

Deux conséquences de cette théorie :
  1. Elle explique pourquoi le Français a toujours l’air fatigué et de mauvaise humeur. En effet, il n’arrête pas de rendre service, sans même qu’on lui en soit gré. Il est exploité.
  2. La logique de la relation de service en France est non d’exiger, sous peine de ne pas être – ou d’être mal - servi, mais d’appeler à l’aide, gentiment. 

Facebook

Intéressante conférence d’Hervé Kabla traitant du web social et dont il ressort, notamment, que Facebook est en passe de créer un Internet à lui, vivant en autarcie.

Défi pour les monstres d’Internet, Google et Amazon, par exemple, qui peuvent voir leur échapper ce monde et s’y reconstituer des monopoles locaux. 

Génétique et âge

Suite des travaux sur le génome. Comment prévoir l’espérance de vie à partir de sa composition ?

Il semblerait que l’on ait trouvé quelques gènes favorables, mais que l'on explique pas tout.

Cette recherche me semble décidément curieuse. Attendu que la société du moment est de plus en plus le principal facteur de « sélection naturelle » (que l’on ait le droit ou non de travailler selon son degré de « qualification » par exemple), il est douteux que nos gênes, qui regardent vers le passé, soient d’une grande utilité. 

jeudi 8 juillet 2010

Contre Internet

Hier j’entendais des politiques incriminer Internet. Faillite du journalisme, nid de rumeurs non vérifiées… 

Surprenant. Ne condamnent-ils pas le mécanisme même de la démocratie ? me suis-je demandé. Une tactique pour ouvrir un contre-feu ? Sorte de communication de crise ?

Mais il y a peut être effectivement du nouveau dans le paysage médiatique français. Jusqu’ici notre conception de la liberté de la presse garantissait les journalistes des pressions du marché, d’autant mieux que l’État la subventionnait et eux avec. La presse doit maintenant se préoccuper de ses revenus. Et un des moyens les plus efficaces de faire des ventes est le scandale. C’est cela l’économie de marché. Il va falloir s'y adapter. 

Compléments :

Douleur d’être parents

Déjeuner avec un ami, qui me dit s’inquiéter pour l’avenir de ses enfants, alors qu’il est d’un naturel exceptionnellement optimiste. Ce qui m’a rappelé un billet parlant de l’Amérique. Là aussi, les parents sont malheureux.

Explication : dans une société terriblement inégalitaire, toute la vie de l’homme se joue dans son enfance, dans les études qu’il suit. Il ne doit pas faire de faux pas. Le livre que cite un autre de mes billets, va jusqu’à dire que l’enfant devient un investissement capital pour ses parents, qui peut même justifier un renforcement de son potentiel génétique…

Il est possible que la France bascule dans cette voie, avec le désagrément supplémentaire qu’elle est un petit pays mal défendu des influences extérieures et que la formation que fournit l’Éducation nationale n’est pas ce que demande le monde actuel.

Mais cet ami s’inquiète plutôt pour l’avenir de l’humanité, dont il soupçonne qu’elle est guidée par une idéologie en crise, et qu’elle est dirigée par des incompétents. Il n’écoute plus la radio, qui ne sourit que quand il tonne.

J’ai essayé de le rassurer en lui disant que son impression de « rien ne va plus » était le symptôme d’un changement en cours, et que l’avenir était à ceux qui sauraient prendre leur sort en main. 

Changement au Japon (suite)

Au détour d’un article sur un scandale chez les sumotoris :
Le scandale en dit long sur le Japon d’aujourd’hui, un pays traversant une transition radicale, de règles informelles et implicites à des règles formelles et explicites. Des institutions longtemps interdites au regard du public doivent rendre plus de comptes. 

mercredi 7 juillet 2010

Chaîne logistique et changement

Bill Belt dit que la passion des entreprises pour les « chaînes logistiques » fut une brève folie. Il semblerait effectivement qu’elles soient en passe d’être démantelées.

Un article analyse celle de l’iPod. La part du lion dans la valeur de l’iPod est prise par Apple, ensuite, quelques fournisseurs de composants occidentaux, plus ou moins habiles, font probablement de beaux bénéfices. Tout en bas, de gigantesques entreprises (800.000 employés) assemblent. Elles vivent d’infimes marges et se déplacent continument vers les confins de la pauvreté au fur et à mesure que le salaire de leurs employés est gagné par une inflation galopante (dans certains cas, augmentation de 20 à 30% cette année).

Le changement est de plusieurs ordres.
  • La montée des salaires va attaquer les revenus des électroniciens qui vivent de petites marges (notamment les fabricants de PC).
  • La Chine, elle, ne veut plus être l’atelier du monde, la terre des exploités, et va donc attaquer le marché des électroniciens à grosse marge.
Bref, si c’est partout pareil, il s’annonce difficile. Beaucoup d’entreprises occidentales vont-elles traverser un gros trou d’air ? Faudra-t-il réinstaller chez nous ce que ne voudront plus faire les Chinois ?…

Eric Woerth

Depuis quelques temps la radio ne parle plus que d’Eric Woerth et de Madame Bettencourt. Qu’en penser ? Me dis-je.

La manœuvre est habile. Le gouvernement semblait en passe de réussir à faire accepter la réforme des retraites, maintenant l’exécutif pourrait être paralysé. D’autant plus que je soupçonne que cette tactique peut être utilisée contre tout homme politique, et même contre tout Français. Car nous sommes un peuple du système D, de petites entorses à la rigueur…

Donc si elle réussit cela signifie que les affaires succèderont aux affaires et le pays sera ingouvernable. Retour de la 3ème République. Nos politiques auront démontré qu'ils trichent avec le fonctionnement, bon ou mauvais, que s’est donné la démocratie française, qu’ils mettent leur médiocrité au dessus de l’intérêt collectif. Navrant.

Le marché des services

Il y a beaucoup d’interrogations concernant le marché des services. Notamment parce que, contrairement à ce que l’on a cru longtemps, il porte sur les qualifications élevées (études, recherche et développement…). À quoi ressemblent les entreprises qui font ce commerce ?

En Angleterre, elles sont extrêmement concentrées « 0,039% des entreprises du Royaume uni expliquent près de 80% des importations de services du pays ». Elles emploient plus de personnel, et un personnel plus qualifié que les autres entreprises.

mardi 6 juillet 2010

Stratégie de France Télécom

Annonce par la nouvelle direction de FT de sa stratégie. Difficile de juger. Mais ça ne donne pas une image très flatteuse du passé.
  • Baisse de chiffre d’affaires, mais « taux de rentabilité en progression de 35,5% ». Stratégie de « vache à lait » ? (Serait-ce nous, les Français, la vache à lait ?)
  • Services clients qui n’ont pas l’air brillants, mais où il y a de l’argent à gagner.
  • Marché des entreprises sous exploité et potentiellement énorme. Surprise. C’est déjà ce qui me paraissait évident quand je faisais des études de marché sur le sujet, il y a plus de dix ans.
  • Dans beaucoup de domaines, présentés comme désormais stratégiques, ce qui domine semble être le « trop tard » : mobile, fibre haut débit, marchés émergents (comment entrer sur des marchés certes en grosse croissance, mais coupe-gorge, où la productivité me semble poussée à l’extrême, quand on vient de l’étranger, et sans préparation à l’esprit combattif qui les caractérise ?).
  • La seule chose un peu innovante dans la politique de l’équipe sortante, « les contenus audiovisuels », passerait à la trappe. Était-ce une erreur ?
France Télécom semble donc partir de très loin, en étant très abîmée. Que faire ? 2 idées :
  • Reconstruction de l’entreprise, de sa culture, et de ses hommes. La direction ne peut avoir une stratégie ambitieuse si ses collaborateurs ne sont pas en état de la suivre, et de mettre en œuvre ses décisions avec intelligence et efficacité.
  • Apprendre. FT semble distancé par son marché. Pour reconstruire des « compétences clés », l’achat d’entreprises est probablement moins efficace que l’expérimentation avec des clients dont les besoins sont en avance sur leur temps.
Tout cela se fait par projets pilotes, éventuellement en parallèle de développements plus ambitieux. Mais changement bien difficile à mener d’en haut, quand on n’est pas aussi familier du métier, du marché et de l’entreprise que Steve Jobs. Espérons qu’il existe encore au sein de FT des « hommes clés », sur lesquels la nouvelle direction pourra s’appuyer pour renouveler ses avantages concurrentiels. 

Compléments :

Sport et identité nationale

Pour Chris Riddell (The sporting life, CAM n°60), quand nous assistons à une représentation de notre sport national, nous affirmons notre adhésion à ce que notre pays prétend être. Rome et les jeux du cirque :
les spectateurs donnaient un gage d’allégeance publique à une certaine image de Rome, à une citoyenneté hiérarchique mais en interaction, chacun se regardant et étant regardé. Faire partie d’un groupe, un moment, simplifie un monde complexe et y rend la vie plus facile.
Le Super Bowl est le grand moment sportif américain, un moment lors duquel la publicité compte au moins autant que le sport :
l’Amérique et le football américain sont relativement jeunes mais obsédés par la célébration de leur propre histoire ; ils parlent hautement d’idéaux et de caractère tout en affichant ouvertement leur préoccupation de gagner de l’argent. Le Super Bowl fait comme si le reste du monde n’existait pas.
La compétition d’aviron entre Oxford et Cambridge marque l’année anglaise : selon les interprétations, elle signifie « équité, persévérance et subordonner l’intérêt personnel à celui du groupe » ou est « un symbole d’élitisme et de privilège ».

La sport national français serait le Tour de France. Lui ne parle ni d’élite ni d’une nation repliée sur elle-même : « Le Tour de France accueille le monde et le rend français », « Les coureurs du Tour viennent traditionnellement de milieux pauvres, et les gens s’identifient à eux ». Ce symbole vient des profondeurs de l'histoire. « Le Tour a ses origines dans les processions monarchiques, qui démontraient la grandeur de la France ; dans le tour de France du compagnon ; et dans la technique pédagogique qui permettait d’enseigner la France aux élèves grâce à un tour de France virtuel ». Il se réinventerait sans cesse en fonction des aspirations de la nation.

Tout ceci me surprend. Le Tour de France, avec ses coureurs surdopés, est-il une communion nationale ? N’est-il pas dénoncé comme ringard par Canal+ qui lui préfère le football et ses revenus ?

Si le mythe fondateur de notre nation est quelque chose qui s’appelle la « France », détentrice bienveillante de valeurs universelles, je comprends mieux notre dépression actuelle : si la France n’existait pas, tout serait permis ? Sans ce qui nous faisait nous transcender dans les grands moments, sans ce que Montesquieu appelait « honneur »,  plus rien ne fait oublier notre médiocrité mesquine, que nous renvoient en miroir notre gouvernement et notre équipe de football ? 

Indicateurs de crise

Comment savoir si un pays va être méchamment touché par une crise ? Une étude trouve dans l’histoire quelques indicateurs significatifs :
  1. Le niveau (bas) de réserve de devises étrangères comparé aux dettes à court terme.
  2. Le taux de change effectif (monnaie surévaluée, danger).
  3. Déficit de la balance des paiements.
  4. Une nation qui économise peu.
Ce qui semble les conclusions d’une étude sur les risques de l’entreprise : l’entreprise à risque est celle qui a peu de fonds propres (Crise : que faire ? rendre l’entreprise flexible).

lundi 5 juillet 2010

Les entreprises amassent

Il semblerait que les entreprises, au moins anglo-saxonnes, amassent le cash et n’investissent plus… Reprise en difficulté. Raisons évoquées :
  • Il demeurerait des dettes importantes, de l’ère des dépenses inconsidérées (achats d’entreprises ou d’actions propres). L’entreprise accumulerait des réserves.
  • « Les entreprises semblent en manque d’idées de développement. La technologie n’est plus l’investissement essentiel qu’il fut à la fin des années 90. » Les entreprises avaient-elles fini par voir leur métier comme une éternelle réduction de coûts ? Plus besoin de chercher ce dont nous avons besoin ?
  • Elles sont inquiètes de l’inquiétude du marché, qu’elles provoquent...
Les entreprises ont l'air d'être des moutons de Panurge, ne faudrait-il pas leur faire connaître des exemples de consoeurs qui investissent avec succès, pour leur donner les idées qui leur manquent ?

Compléments :

L’État perd 100md€

Il semblerait qu’en 10 ans, l’État français soit à l’origine de 100 à 120md€ de pertes de recettes, non compensées. Funeste idée, que nous payons cher aujourd’hui. Stupidité ?

Je soupçonne que non. Il est possible que gauche et droite aient pensé, avec le reste du monde, que moins de pression fiscale signifiait une économie plus saine, un pays plus riche et donc plus de revenus pour l’État.  

Dois-je en déduire une fois de plus que les techniques de conduite du changement de nos gouvernements pêchent ? Ils croient que la société évolue par miracle ? Alors que les structures sociales tendent à maintenir le statu quo, et qu’il n’y a pas de changement sans « contrôle du changement » ?

Guerre et Internet

Une guerre touchant Internet pourrait arrêter le fonctionnement de l’humanité, semble-t-il. On commencerait à s’en préoccuper.

Si l’on ne l’a pas fait plus tôt, c’est parce que ceux qui ont le plus à y perdre (notamment les USA) étaient aussi ceux qui avaient le plus à y gagner. (voir Cyberwar et War in the fifth domain).

La société féodale

BLOCH, Marc, La société féodale, Albin Michel, 1989. « L’Europe fut une création du haut moyen-âge ». Écrit en 1939, ce livre semble rechercher, à son origine, ce qui caractérise les cultures des nations qui vont s’affronter. « L’époque (…) ne vit pas seulement se former les États. Elle vit aussi se confirmer ou se constituer (…) les patries. » Car, après une période de chaos marquée par les offensives des Musulmans des Hongrois et des Scandinaves, l’Europe connaît un arrêt définitif des invasions « d’où la possibilité d’une évolution culturelle et sociale beaucoup plus régulière, sans la brisure d’aucune attaque extérieure ni d’aucun afflux humain étranger. »

Le premier âge féodal (900 – 1050) est pauvre, peu peuplé, sans institutions capables de structurer une société. Faute d’argent, le salariat est impossible. C’est une société d’échange en nature, de lien direct. C’est, pour la classe supérieure, la vassalité, pour la classe inférieure, le servage.

Le second âge féodal (1050 -1200) est celui d’une « révolution économique ». « L’Occident s’est fait puissant exportateur de produits ouvrés », « les draps jouèrent le même rôle directeur qu’au XIXème siècle, dans celle de l’Angleterre, la métallurgie et les cotonnades. » La population croît, les lois se développent, les liens qui tiennent ensemble la société, le fief en particulier, deviennent financiers, les villes et la bourgeoisie – antithèse de la féodalité – apparaissent.

L’Angleterre s’affirme comme une société de classes. En haut, une classe assez égale et solidaire d’hommes libres qui jouissent de la justice du roi. Elle est ouverte et proche des « réalités », ce qui lui assurera une survie jusqu’à notre époque. En bas une classe laborieuse « abandonnée à l’arbitraire seigneurial ». Le fief y est entendu comme le droit réel de l’homme libre. L’autorité royale y est relativement forte et indépendante des puissants, elle déploie des institutions nationales, sheriffs, chartes, assemblées d’hommes libres origine de la chambre des communes. Déjà l’île se veut tête de pont d’un empire.

C’est en France que l’on trouve la féodalité la plus pure. L’État y est faible, « les abus de force des maîtres n’avaient plus guère d’autre contrepoids  (…) que la merveilleuse capacité à l’inertie de la masse rurale et le désordre de leur propre administration », et ne parviendra jamais à créer l’unité anglaise « les rois rassemblèrent la France bien plus qu’ils ne l’unifièrent », d’où multitudes de particularismes locaux. La France est un pays de seigneurs, chevaliers, hommes de guerres et de droit, ancêtres des nobles, qui existent dans un tissu incertain et changeant de relations les uns aux autres. Ce « lien humain caractéristique (…) attache du subordonné à un chef tout proche » est certainement la marque de fabrique d’une époque « résultat de la brutale dissolution de sociétés plus anciennes ». « L’hommage vassalique (est un) vrai contrat (…) bilatéral (qui accorde notamment) un droit de résistance ».

L’Allemagne est la moins bien définie des trois nations étudiées. Elle semble adopter les solutions trouvées en France avec deux siècles de retard. Mais elle a aussi ses particularités. Elle respecte la hiérarchie. Elle se constitue en duchés « fonctionnarisés » plus grands et solides que les seigneuries françaises, mais sans lien fort entre eux. Enfin, au droit réel anglais, elle préfère un droit de la société.

Commentaires :
  • Cette étude comme d’autres (Histoire du mariage, Les Lumières, Chine et Occident : dialogue de sourds) montre une société dont les règles directrices, jamais sans exceptions, vivent et meurent, et sont remplacées par de nouvelles, ou réinterprétées – et trahies.
  • Plus curieusement, elle semble dire que certaines caractéristiques culturelles définissent nos sociétés depuis fort longtemps.  

dimanche 4 juillet 2010

Crédits d’impôts pétroliers

Le gouvernement américain tente d’utiliser les fuites de BP pour récupérer 4md$ de crédit d’impôts qu’il donne chaque année aux compagnies pétrolières.

Ceux-ci viennent de lois qui remontent à la nuit des temps, et d’astuces comptables. Pourquoi continuer à les octroyer à des entreprises aussi riches ? Parce que, depuis 2008, elles ont dépensé 340m$ en lobbying… 

Compléments :

Rouille et blé

La terre dépend du blé, or, il serait attaqué par la rouille, maladie que l’on croyait éteinte depuis un demi-siècle. On avait trouvé une variante à haut rendement, qui semblait inattaquable. Du coup, on ne plantait plus que celle-là. Mais la rouille aurait trouvé une faille.

Il y aurait des parades approximatives (des variétés moins productives, et des pesticides), mais il n’est pas certain que les pays pauvres y aient accès à temps. Et les ressources des institutions d’État compétentes ont été fortement réduites, depuis longtemps. (Détail : The disease eating away our daily bread, Rust in the bread basket.)

Notre économie de marché n’aurait-elle pas la fâcheuse tendance de tuer la diversité ? De parier un peu trop vite sur ce qui semble réussir à court terme, et d’éliminer tous les garde-fous, jugés trop coûteux ? En particulier, nous sommes devenus colossalement dépendants du blé, et lui-même ne tient qu’à une seule espèce…

Ce qui est étrange, aussi,  est que les écologistes se soient autant émus du sort des ours des Pyrénées, et aussi peu de celui des plantes et du nôtre. 

Du bon usage du Front national

Hier j’écoutais la Rumeur du monde. On y parlait stratégie des partis politiques français.

L’UMP est menacé par le Front national, qui n’est plus séduit par N.Sarkozy. Or, plus les Français sont mécontents de leurs politiques plus ils tendent à voter FN.

La conséquence que j’en tire, et que je n’avais pas vue jusque-là, est que, tactiquement parlant, N.Sarkozy a intérêt à émettre des idées qui plaisent au FN, et le PS à dénoncer bruyamment les turpitudes réelles ou imaginées du gouvernement.

C’est un cercle vicieux de ce type qui a dû jouer en Allemagne avant guerre.