samedi 2 octobre 2010

Bill Clinton

Demander des sacrifices ne fait pas un programme politique, remarque Bill Clinton, il faut trouver un moyen de promettre un « nouvel investissement et l’espoir ».

Il y a quelque chose de curieux. Les États européens doivent dégrader les conditions de vie du citoyen, parce qu’ils ont accumulé des dettes pour sauver l’économie de ses propres inconséquences. Pourquoi la population ne proteste-t-elle pas ?

Parce qu’une société individualiste n’a pas les mécanismes sociaux nécessaires pour cela ?  Parce que les politiques ne savent pas faire ce que leur demande Bill Clinton : comprendre nos problèmes et leur chercher des solutions ? Ils sont enfermés dans des dogmes d’une autre ère ?

Compléments :
  • De même qu’Internet a permis au opérateurs de télécom de détrousser les fournisseurs de contenu en leur faisant croire que leur fortune était dans la gratuité, je me demande si l’État n'a pas vécu des revenus d’une bulle spéculative, qui permettait à certains de s’enrichir sans que les autres, protégés par le dit État, s’en rendent compte. La poussière retombe. Un petit groupe a gagné, le grand nombre a perdu. Mais c'est maintenant qu'il faut payer l’addition. Et à l’avenir ce sera chacun pour soi. 

Intelligence collective

Ce qui rend un groupe intelligent n’est pas l’intelligence moyenne de ses membres, ou l’intelligence particulière d’un de ceux-ci, mais leur « sensibilité sociale », une forme d’empathie. Compter une majorité de femmes est aussi recommandé.

Un pavé de plus dans la marre de la guerre des talents qui a conduit à augmenter considérablement le salaire des dirigeants ? (L’économie s’en est-elle mieux portée, d’ailleurs ?)

Compléments :
  • Curieusement, j’étais arrivé à ce type de conclusion en ce qui concerne mon ancienne équipe d’aviron : lorsque ses membres ont pris conscience qu’ils ramaient avec des êtres humains fort susceptibles, elle est devenue compétitive.

Flatter pour réussir

Des universitaires ont cherché à connaître les qualités qui portaient aux sommets de l’entreprise.

Il faut maîtriser un art extrêmement sophistiqué de la flatterie, de la manipulation indétectable.

Il n’y a pas meilleur entraînement que d’appartenir à une culture pour laquelle la flatterie est une seconde nature, c'est-à-dire venir du monde de la vente, du droit, ou de la politique, ou encore de la haute société.

Compléments :

Apprendre à manager

Le rapport sur le bien être au travail porte la souffrance de l’employé au compte d’un management qui n’a ni pouvoir ni capacité à diriger. L’Éducation nationale devrait enseigner le management, poursuit-il. Alors, pour avoir un peu de bien être, faudra-t-il attendre une réforme de l’Éducation nationale, et le départ à la retraite de tous ceux qu’elle aura formés jusque-là ?

Je me demande si être un manager acceptable ne tient pas simplement à éviter quelques d’erreurs :

Erreur 1 : vouloir avoir le dernier mot

Le principal défaut du mauvais manager, et du Français en particulier, est qu’il veut décider de tout. Ce qui a des inconvénients sérieux : il connaît moins bien leur métier que ses collaborateurs : il est en grand danger de se ridiculiser ; ses décisions se contredisent ; vouloir penser à la place des autres s’appelle le totalitarisme, ce n’est pas économiquement efficace (cela fait de ses collaborateurs des pantins).

En fait, le manager devrait ressembler au capitaine d’un navire. Il doit donner le cap, et faire ce qu’il faut pour que le navire soit en bon état de marche. Il ne doit pas dire comment mettre du charbon dans la chaudière. Le rôle du manager est de faire fonctionner, et respecter, les procédures qui permettent à son organisation et à ses collaborateurs d’accomplir le rôle pour lequel ils ont été choisis.

Erreur 2 : voir le mal partout

On reproche au management de « hurler avec les loups ». Étant incapable de défendre les orientations prises par la direction de la société, il se fait l’écho des critiques de ses équipes. Il pense ainsi en être le champion, alors qu’elles le méprisent.

Explication. Il croit, comme beaucoup de Français, qu’il est dirigé par l’incompétence et le mal. Par conséquent c’est ainsi qu’il interprète les messages confus qui lui parviennent. Pas étonnant alors qu’il ne sache rien en faire.

Mais il est dirigé par des gens intelligents, qui pensent bien. Il lui suffit d’interpréter ce qui lui parvient à la lumière de l’intérêt de l’entreprise pour en tirer une ligne directrice claire, que ses équipes lui diront comment mettre en œuvre. S’il demeure des obstacles, il pourra alors demander à ses supérieurs les informations et moyens manquants avec des arguments qui prouvent sa bonne volonté et sa compétence.

Erreur 3 : penser que l’incompétence de son manager est incurable

Éviter l’erreur 2 est compliqué quand on est placé à la base d’un empilage de gens qui n’ont pas lu ce billet : on reçoit des messages incompréhensibles. D’ailleurs, comment éviter que son initiative ne soit victime des mauvais réflexes des mauvais managers (qui veulent dicter leur conduite à leurs subalternes – cf. Erreur 1)  ?...

Il faut rechercher des canaux d’information fiables qui remontent le plus haut possible. Et, surtout, établir un lien étroit avec son propre manager. (De plus, en l’assistant dans ses décisions, on réduit les chances qu’il se laisse imposer une tâche infaisable, sans demander les moyens nécessaires. On peut aussi espérer que le lien s’étende au manager supérieur et que, de proche en proche, on atteigne l’origine des stratégies.)

Le pas décisif pour ce faire est de reconnaître des qualités à ce manager. Or, cela paraît au dessus des forces humaines : ses actes ne démontrent-ils pas tous les jours son incompétence ?

Erreur. La première qualité d’un manager est le poste qu’il occupe. La société lui a donné un pouvoir que nous n’avons pas. Ses compétences et son caractère ont une importance négligeable par rapport à ce pouvoir.

Une fois cette prise de conscience réalisée, les faiblesses de l’être supérieur prennent un visage nouveau. Sans elles, il n’aurait pas besoin d’aide, il n’y aurait pas de fondement à un partenariat !  

vendredi 1 octobre 2010

Tony Curtis

Hier soir j’entendais une ancienne interview de Tony Curtis. J’ai été frappé par sa voix. Celle d’un parrain de la mafia, sorti de la rue. Ça ne collait pas avec l’image du séducteur élégant et inconséquent que ses films m’ont laissée.

Les ravages de l’âge ?

J’ai découvert qu’il était né Bernard Schwarz, avait eu une enfance particulièrement difficile, et qu’il devait sa carrière à l’ascenseur social de la guerre, qui l’avait expédié à l’université, et à un « chasseur de talents ».

Relations inhumaines

Un ingénieur de France télécom témoigne sur ce qu’il a vécu. Kafkaïen. Surtout, il décrit un mécanisme implacable, scientifiquement conçu, méthodiquement appliqué (avec formation du management, harcèlement par lettre recommandée…) et qui a pour but de broyer les employés. Terriblement, irrationnellement ?,  ça m’évoque les deux mots « solution finale ».

Il y a quelque temps je lisais un article qui disait que le manager qui impose à son subordonné un traitement dégradant n’a aucune idée des dégâts psychologiques, parfois irréparables, qu’il lui inflige. (Il peut même penser le motiver.) Mais dans ce que montre cet ingénieur, il y a quelque chose de délibéré, de réfléchi, de froid. Comment est-il concevable que l’on puisse planifier la destruction d’êtres humains ?

Gide, je crois, disait qu’un « ennemi est un ami vu de dos ». Nous haïssons beaucoup de gens parce que nous ne les connaissons pas, parce que nous leur attribuons à tort les problèmes qui nous affectent. Ne sommes nous pas tous convaincus que l’autre (notre voisin bruyant, la gauche bienpensante, la droite la plus bête du monde, un patronat d’exploiteurs, les syndicats qui ne savent que paralyser le pays…) est « l’axe du mal » ? Qu’arriverait-il si nous avions les moyens de l’éliminer ? Or, il existe des gens qui possèdent effectivement ces moyens.

La conquête de l’Ouest

Film de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall, 1962.

Une quantité d’acteurs fameux, un écran divisé en trois (les restes d’un procédé cinématographique qui permettait d’utiliser un très grand écran), une succession continue d’affrontements de toutes sortes. Presque plus d’ailleurs avec des criminels qui exploitent leurs semblables qu’avec les Indiens.

Au sujet des Indiens. Nous avions envie d’aller dans l’Ouest, il se trouve qu’ils y étaient. (On notera au passage que pour l’Anglo-saxon le droit de propriété est sacré.) Plus pacifiquement : ils devront faire ce que tous les immigrés ont fait, s’adapter à notre culture. 

jeudi 30 septembre 2010

Hélicoptère révolutionnaire

Il y a quelque temps, j’ai découvert l’existence d’une nouvelle génération d’hélicoptères, aux USA (le X2 de Sikorsky). Ils ont plusieurs rotors et peuvent atteindre 460km/h. Je me suis demandé ce qu’avait fait EADS en attendant.

Réponse : pareil. Il vient de présenter un hélicoptère à hélices (le X3 !), qui promet les mêmes performances que son concurrent (mais qui semble moins original, et les tests paraissent moins avancés).

Une fois de plus, l'innovation apparaît à plusieurs endroits à la fois. Phénomène social, dans lequel le génie individuel a une place mineure ?

France corrompue ?

Une étude traite de l’avantage injuste donné aux entreprises qui comptent des membres du gouvernement ou leurs proches dans leurs rangs, et dans le même souffle parle de corruption.

Ma première pensée est allée à la France avec sa tradition de passage du public au privé. Cela se justifiait à l’époque où l’État dirigeait l’économie. Mais est-ce toujours approprié ? Maintenant que l’État veut laisser libre cours à l’économie, ne doit-il pas, pour être cohérent, réinventer son fonctionnement pour ne pas sombrer dans l’oligarchie ? 

Les Runaways

Film de Floria Sigismondi. Scènes de concert remarquablement filmées. Cela change de l’ordinaire du cinéma qu’un film parle de musique.

Histoire ? Celle du premier groupe de (hard) rock féminin. Un groupe de filles d’une quinzaine d’années construit par un producteur (génial ?). Succès immédiat. Sa chanteuse sombre tout aussi vite dans la drogue. En un an le groupe est fini. Portrait de l’Amérique, aussi :

Je me suis souvenu de ma première rencontre avec une famille anglaise. Contrairement à chez nous, l’éducation compte peu, l’enfant est très vite laissé à lui-même. Ce qui conduit à une spécialisation précoce, rock star, futur prix Nobel, ou ouvrier non qualifié. En fait, à 15 ans, il est probablement beaucoup plus mur et adulte qu’un Français de 25 ans.

Ce qu’il y a de remarquable ici est aussi le producteur. Illustration parfaite du cours de MBA. Il a une « vision », il comprend que le marché attend un hard rock féminin porteur de sexe et de violence. La « mission » du groupe, c’est cela : sexe et violence. Comme hier celle des fabricants de tabac américains était la nicotine (voir le film Révélations). Il parle d’ailleurs de « produit ». Quant à sa stratégie, c’est une démonstration de marketing. Il demande au groupe fort peu de capacité musicale : il le façonne pour obtenir l’effet voulu. Et il lui ajoute une chanteuse, qu’il veut sur le modèle de Brigitte Bardot. C’est le « look » qui compte. Par chance elle parvient à chanter. Puis il joue du scandale pour faire une publicité fracassante. Elle disloquera, avec la drogue, le groupe.

Encore une fois, je note que ce que l’Amérique a déversé sur le monde n’est pas une science de l’efficacité de l’entreprise, mais ce qu’elle a dans le sang, sa culture. 

mercredi 29 septembre 2010

Stuxnet

Le virus informatique Stuxnet a l’intéressante caractéristique de jouer sur 4 failles de Windows pour ensuite pouvoir s’en prendre à un logiciel de Siemens, utilisé pour superviser les processus d’une centrale nucléaire. Il est particulièrement présent en Iran, mais aussi en Indonésie, en Inde, en Azerbaïdjan, et même aux USA.

Alors, doit-on se passer d’Internet et des logiciels du marché, pour certains systèmes critiques ? Ne serait-il pas justifié de développer des logiciels spécifiques, comme on le faisait jadis ? J’imagine que l’on me répondra non, ça coûterait trop cher. Oui, mais quel est le prix d’un accident nucléaire ou de l’arrêt de l’approvisionnement en énergie d’un pays ?

Compléments :
  • C'est curieux mais toutes les innovations semblent avoir un coût caché. Parfois monstrueux. Leur attrait vient de ce que nous ne le voyons pas. 
  • Hervé Kabla, sur le même sujet.

Des primaires

Les partis politiques français, toujours innovants, désirent choisir leurs candidats par des primaires, comme les Anglo-saxons. Mais est-ce judicieux ? Les travaillistes ne semblent pas avoir choisi le candidat le plus éligible. Idem pour les Républicains en ce qui concerne les prochaines sénatoriales.

D'ailleurs, pourquoi s'en étonner ? Les idées des fans d’un parti ne sont elles pas fatalement différentes de celles de la majorité du peuple ? Pire, ceux qui votent ne sont-ils pas les plus motivés (les candidats sénateurs américains sont choisis par quelques milliers de personnes, le leader du parti travailliste par un peu plus de 200.000 votants) ? Avec un avantage décisif aux minorités bien organisées (Tea Party aux USA, Syndicats en Angleterre) ?

Le système des primaires semble donc donner un candidat susceptible de plaire à la majorité de la population si le parti est relativement uni et ses membres pensent avant tout à son intérêt. S’il est divisé en factions, les chances de la victoire d’un extrémiste isolé sont sérieuses. Il dirigera le pays si l’opinion rejette son adversaire.

Compléments :

Éolien en panne

La crise a été fatale à l’éolien. Plus de crédits pour les petits entrepreneurs du vent (40% des installations), consommation électrique en baisse, amélioration des moyens de production traditionnels, et, par conséquent, plus aucune difficulté à remplir les quotas d’énergie renouvelable. Seuls les gros industriels du secteur devraient survivre.

Décidément, le secteur des énergies renouvelables est fort cyclique… 

mardi 28 septembre 2010

Stephen Hawking prix Nobel ?

Il se trouve que j’ai rencontré Stephen Hawking, il y a un quart de siècle. Lorsque j’ai demandé qui était cet handicapé que je croisais régulièrement, on m’a dit que c’était l’homme qui avait démontré que les trous noirs fuyaient et qu’il recevrait le prix Nobel le jour où l’on aurait observé le phénomène.

Eh bien il semblerait que ce soit le cas. Mais c’est un peu incertain…

Jeux du Commonwealth (suite)

Les premières équipes nationales qui ont reçu un logement à Delhi en disent du bien. Les rumeurs sur la désorganisation indienne étaient elles exagérées ?

En fait, les « grandes équipes » ont des appartements luxueux, les pays pauvres, eux, ont droit à du pas fini. Après tout n’y sont-ils pas habitués ?

Et il reste le problème de la sécurité, qui n’est pas résolu.

Mon billet sur Nungesser et Coli avait tort. Les peuples modernes n’ont pas perdu le goût du danger.

(D’après la BBC ce matin.)

Ed Miliband (suite)

Sondage : l’Anglais pense qu’Ed Miliband fera un nettement moins bon premier ministre que son frère (36% contre 53%). (Mais les travaillistes prennent le dessus sur les conservateurs.)
Explication : capacité à gérer l’économie.

J'ai entendu Benoit Hamon dire que l'élection travailliste montrait que le PS devait partir à gauche. Ça ne semble pas le cas. L’économie est devenue un élément majeur de notre vie. Aucun parti ne peut plus l’oublier.

Compléments :
  • L’information vient de la BBC. Quelques résultats du sondage.
  • Mon billet sur Ed Miliband, n’avait pas vu tous les aspects de l’équation. Un Ed trop à gauche peut être bon pour le gouvernement au pouvoir. 

Succession en Corée

La Chine serait le seul appui de la Corée, et désireuse de lui faire suivre le chemin chinois post Mao. Ce qui éviterait au pays l’effondrement. 

lundi 27 septembre 2010

Obama le visionnaire

Pour B.Obama, il n’y a que l’Asie qui compte. Pour sauver l’économie américaine, il faut vendre à l’Asie, seul marché en plein boom. Pourquoi diable ses prédécesseurs ont-ils passé autant de temps à s’occuper du Moyen-Orient ?

Court-termisme de l’homme qui n’est que raison ? Est-ce avec de telles stratégies que l’on bâtit une nation ?...En tout cas, le comportement de M.Obama semble suivre le scénario qu’avait prévu pour lui Et l’Amérique créa le monde à son image….

Compléments :
  • Aux USA comme en Angleterre, « Politique étrangère » signifie maintenant promouvoir les produits locaux. 

Avantage compétitif de l’individualisme

Les cultures individualistes sont plus innovantes que les autres, et croissent plus. (Culture can determine long-run growth.)

Mais les cultures collectivistes ne sont pas sans qualités. Elles sont meilleures dans la « coordination des processus de production ». Elles sont surtout plus adaptées aux périodes difficiles, « Malthusiennes » où l’homme n’a pas de quoi manger.

Plus curieux (mais y a-t-il indépendance ?), les cultures collectives sont associées à des populations susceptibles au « risque de dépression », « à un fort stress en cas de rejet social », « à certaines maladies graves » (une population fermée offre moins de prise à l’épidémie, liée aux migrations).

En résumé il apparaît que l'individualisme c'est l'attaque, le collectivisme la défense. 

Observations en vrac :
  • Pour que l’individualisme puisse surnager, il faut qu’il y ait eu une phase de collectivisme qui ait procuré un niveau de sécurité suffisant ? Ce serait un peu notre histoire récente, crises, guerre et chaos, phase collectiviste puis 68 et victoire de l’individualisme…
  • La notion de « croissance » est une notion culturelle, anglo-saxonne. Juger les cultures par rapport à ce critère est donc quelque peu déplacé. (Pour beaucoup de monde, le bien matériel est ruine de l’âme.)
  • Si les innovations individualistes se diffusent dans les cultures collectivistes, ces dernières devraient avoir un avantage, puisqu’elles tendent à enrichir uniformément leur population.
  • Comme le dit régulièrement ce blog, le parasitisme est une forme d'innovation. Je me demande si une grande partie de la croissance récente des pays anglo-saxons, qui ont connu une succession de bulles spéculatives et vivent à crédit, ne vient pas de là.
Compléments :

Carrefour vend

Carrefour vend ses unités d'Asie. Il n’y avait pas atteint la taille critique, paraît-il. Mais le marché est en plein boom, probablement pour longtemps. (Exit Carrefour.)

Stratégie bien pensée ou volonté « d’investisseurs activistes » de dépecer une bête dont ils n’arrivent pas à se débarrasser ?

Complément :

Nungesser et Coli

Au hasard d’un coup d’œil donné à Wikipedia, je découvre l’histoire de Nungesser et Coli, qui ont disparu en tentant de traverser l’Atlantique en avion quelques semaines avant Lindbergh.

Le plus surprenant n’est peut-être pas les risques qu’ils ont pris (pour des raisons symboliques ils avaient choisi le sens de traversée le moins favorable, sachant en outre qu’ils volaient très bas), que l'histoire de ces deux as de la guerre de 14. Nungesser avait été victime d’un très grave accident d’avion, mais avait continué à combattre, tout en suivant un traitement à l’hôpital. Coli était devenu aviateur après avoir perdu un œil.

En ces temps là, le risque n’était pas vu de la même façon qu’aujourd’hui. 

dimanche 26 septembre 2010

L’économie découvre l’habitude

Grande avancée de l’économie mondiale. On vient de comprendre que les hommes consommaient selon des habitudes qu’ils acquièrent très tôt et qu’ils conservent, presque inchangées, toute leur vie.

Ça pourrait paraître ridicule, si ça ne mettait pas au jour un curieux phénomène. Pour l’économie, sous quelque angle que l’on regarde l’échange, il ne peut qu’enrichir ceux qui s’y livrent. Mais l’échange tend à conduire à un enchérissement de ce que les gens ont l’habitude de consommer. Jusque là la théorie voulait qu’ils y substituent d’autres choses, et qu’ils s’en trouvent mieux. Or, au moins à l’échelle d’une vie, ce n'est pas le cas.

Voilà un énorme argument en faveur du protectionnisme.

Compléments :
  • En des termes familiers à ce blog, démarrer des échanges est un changement, et il faut « conduire le changement », si l’on veut qu’il ne fasse des malheureux.
  • On peut espérer qu’une prochaine avancée de la science économique découvrira que les ajustements que l’économie demande à l’homme sont douloureux, parce qu’il a été formé pour faire un certain type de travail, pour voir sa vie d’une certaine façon. Une autre forme d’habitude. 

Ingénieur mal aimé

Une émission de la BBC, ce matin, se demandait pourquoi l’ingénieur, qui a fait la fortune de l’Angleterre, n’est plus aimé.Réponse d’un interviewé : « faire » n’intéresse plus.

Il me semble effectivement que ce qui plaît, notamment au surdiplômé, n’est plus de créer, mais de diriger. D’où le développement spectaculaire des écoles de commerce et des MBA.

Cause de cette mode ? Il est tentant de voir un parallèle avec le triomphe de l’individualisme. Pour celui qui ne pense qu’à son intérêt, une carrière de dirigeant rapporte bien plus et avec beaucoup moins d’efforts que le parcours du combattant de l’innovateur ou de l’entrepreneur - qui doivent transformer la société pour réussir. En outre, elle gratifie immédiatement la soif matérialiste moderne.

Compléments :
  • Exemple annonciateur de la victoire de ceux qui exploitent sur ceux qui font : La fiancée du pirate.
  • Dans un monde ou « faire » n’est pas noble, on ne travaille que sous la contrainte. D'où lutte des classes peu créative, et pauvre humanité. 

Ed Miliband

Ed Miliband est élu leader du parti travailliste, d’un cheveu. Il a défait son frère aîné, qui était favori, et qui a été en tête de chaque tour de l’élection. Car on ne comptabilisait pas seulement les premiers choix, mais les seconds, troisièmes, quatrièmes… Or les supporters des autres candidats avaient en majorité placé le petit frère devant le grand.

Conséquence de l’élection ? La particularité d’Ed Miliband est d’avoir l’appui des syndicats, celle de David Miliband, celui des milieux d’affaires (il était le favori de The Economist, par exemple). Il est donc probable que les Travaillistes reviennent à leurs origines, et s’éloignent, un peu, du libéralisme économique dans lequel Tony Blair les avait emmenés.

Conséquence ? Compliqué. Ce sur quoi se jouera l’avenir politique de la Grande Bretagne semble dépendre du succès des réformes à la hussarde annoncées par le gouvernement de coalition. Dans ces conditions, un travaillisme de gauche sous-entend probablement des conflits sociaux durs. Ce qui peut favoriser la débâcle gouvernementale ou faire peur à l’opinion. Et quid du pouvoir d’attraction d’un travaillisme de gauche sur les Lib-dem de la coalition ?

Compléments :
  • Si j’ai bien compris, ce mode d'élection tend à retenir celui des candidats qui a le moins d’électeurs contre lui. Lorsque je l'ai rencontré pour la première fois, c’était chez John Stuart Mill. J’avais cru que c’avait été une idée originale sans lendemain. Mais depuis j’en ai entendu parler à plusieurs reprises. (Notamment au sujet de l'Australie ?)

Tea Party et fondamentalisme

Le Tea Party vénère la Déclaration d’Indépendance et la constitution américaine, vestige de la « plus grande expérimentation d’autogestion au monde, écrasée par un Léviathan monstrueux ». Sans se préoccuper du fait qu’elles avaient pour but une centralisation de l’État et que les pères fondateurs étaient des « aristocrates, gens de leur temps, inquiets de ce que les États étaient saisis de ce qu’ils considéraient comme un excès de démocratie ». (The perils of constitution-worship.)

Les Allemands d’avant guerre vénéraient le Moyen-âge de Charlemagne. Il semble que l’individu qui souffre excessivement du changement ait besoin d’un paradis perdu. Le fondamentalisme est un appel à l’aide, qu’il ne faut surtout par prendre au pied de la lettre ?

Compléments :

Je ne peux pas vivre sans toi

Un film de Léon Dai, 2009, que je n’ai pas vu.

Le film raconte un fait divers : l’histoire d’un père célibataire pauvre, mais heureux jusque-là, qui se heurte à l’administration kafkaïenne taïwanaise pour conserver le droit d’élever sa fille. Il a si bien ému Taïwan, qu’il a entraîné des « réformes de l’administration publique, sommée de « s’humaniser » face à la détresse des citoyens ordinaires ».

Ou comment l’art sait jouer sur les forces invisibles qui contrôlent la société, pour la transformer.

Compléments :
  • J’ai découvert ce « mega hit » du cinéma taïwanais grâce à celui qui le distribue en France.
  • Entreprise et art.