samedi 23 octobre 2010

Pensée chinoise et développement durable

Dans un billet je me demandais si nous n’étions pas manipulés par des idéologies erronées, si l’homme n’était pas moins nuisible qu’on ne le dit… Un ami me répond ceci :
Sur le sujet que l'homme est nécessaire à la biodiversité j'ai du mal à adhérer, l'homme est une espèces parmi d'autres qui a l'extrême désavantage d'avoir voulu s'affranchir des lois naturelles éprouvées depuis des millions d'années il a su se développer  à travers deux révolution : l'agriculture ce fut à l'échelle de l'espèce, la révolution industrielle, cette fois à l'échelle des nations-états avec la prise de puissance sur la nature et la globalisation jusqu'à menacer sa propre survie par le stress qu'il met sur la planète et ses ressources, la prochaine révolution ne peut être qu'à l'échelle de l'individu pour que la personne devienne soutenable car finalement qu'y a t il de plus urgent que le développement humain, car c'est l'humain qui est au centre du DD. L’homme disparu la nature poursuivra ses évolutions tranquillement selon ses lois habituelles. Pour revenir à la biodiversité, la surpopulation (la bombe de Paul Erlich date des années 80) est le premier vrai problème à traiter avec la menace sur les ressources naturelles et l'hygiène et la sécurité. Donc éduquons nos enfants sur ces bases.
En fait, mon billet avait juste été ébloui par une idée inattendue et élégante. Je crois qu’elle vaut mieux, finalement :

Ce que je disais du rôle de l’homme dans l’univers vient de la pensée chinoise. Cette pensée mérite peut être au moins autant de respect que la nôtre. Peut être même d’être explorée avec attention.

Ce que mon ami reproche à « l’homme » est le développement occidental. Or, lorsque l’on regarde la Chine d’avant l’Occident, elle maintenait une sorte d’équilibre avec ses voisins, et son développement était (peut-être) relativement peu destructeur. (Idem pour le Japon, replié sur lui-même.) Le grand principe de la culture chinoise est de ne pas inventer mais de se conformer à la logique de la nature, une posture qui paraît fort durable.

D’ailleurs, l’idée selon laquelle l’homme est une espèce comme les autres n’a rien d’évident. La particularité de l’homme est d’être un animal social. Il est possible que social ne s’entende pas au simple sens de l’homme, mais aussi à celui de la nature. Partout où il se trouve il réglemente son environnement.  Ce n’est pas mieux avec ou sans lui, mais c’est différent. Tout ce que nous apprécions dans la nature, que nous voulons conserver, vient peut-être de la main de l’homme. Pensée chinoise à nouveau, pour qui le monde ne tournerait pas sans lui.

Mon ami ajoute que, contrairement à l’abeille ou au ver de terre, l’homme n’a pas de fonction dans la nature. Et si sa fonction était d’assurer la cohésion d’un tout qui n’existerait pas sans lui ? Et si le coup de génie occidental avait été de faillir à cette fonction pour en tirer des bénéfices à court terme ?

Pensées élégantes et sans substance, à nouveau ? (à creuser, en tout cas.)

vendredi 22 octobre 2010

Prix du logiciel

L’éditeur dont je parle dans le billet précédent me semble être en face d’une question bien compliquée. Ce logiciel demande une importante « conduite du changement », or, il n’est pas cher.

Je pense que le prix d’un logiciel doit être fonction du coût de la conduite du changement nécessaire à son adoption (au sens commercial du terme). Un changement important requiert un prix élevé (ERP). Pour une adoption facile (bureautique), le prix peut être bas. Ce qui détermine la complexité du changement est certainement sa dimension sociale. Modifie-t-il le mode de collaboration entre hommes, ou n’intéresse-t-il que l’individu ?

Cependant, les logiciels qui pénètrent facilement l’entreprise devraient eux aussi être accompagnés de conduite du changement. Un des participants à la démonstration du logiciel a mesuré que, dans son ancienne société, les personnels consommaient un tiers de leur temps à lire leurs mails… Si l’on veut introduire une innovation dans une entreprise, il faut d’abord dire ce que l’on en attend, et ensuite se donner les moyens de contrôler que l’on atteint bien cet objectif, sans dommage collatéral. 

Je continue à croire que cette absence de conduite du changement accompagnant les projets informatiques explique le paradoxe de Solow (i.e. l’informatique ne fait pas gagner l’économie en productivité).

Compléments :
  • Citation de Robert Solow : « You can see the computer age everywhere but in the productivity statistics. »

Réseau social et libéralisme

Démonstration d’un logiciel d’entreprise. Il permet d’installer des fonctionnalités de type Facebook. Bénéfice : en permettant à chacun de communiquer avec chacun il en émergera une créativité spontanée.

Bizarre. C’est tout le discours des gourous du management américain des années 90 et 2000 ! Ils voulaient créer le « chaos » dans l’entreprise, puis y installer la « destruction créatrice » du marché (illustrée par Enron !). La liberté des échanges allait faire le bonheur universel. C’était la « nouvelle économie ».

Mais, alors, Facebook serait-il tout simplement une illustration de cette idéologie : la plus parfaite liberté d’échanges ?

Mais c’est vrai : la justification de la nouvelle économie, c’était la fin de la guerre froide et Internet !

Mais, alors, le fondement de l’idéologie des élites qui ont conduit la planète n’est pas le capitalisme, mais le libre échange ? Quand le libre échange a semblé à porté de main, elles ont disjoncté : Dieu allait arriver sur terre ! C'est aussi simple que ça ?

Compléments :
  • Sur la nouvelle économie : 
  1. Kevin J. STIROH, Is There a New Economy?, Challenge, Vol. 42, No.4, Juillet - Août 1999. 
  2. Stephen B. SHEPARD, The New Economy : What It Really Means, Business Week, 17 Novembre 1997
  • Sur le chaos et sur Enron (les 6 premiers documents sont des tracts que m’a distribués l’Insead lors de mes études) :
  1. Rosabeth Moss Kanter. Power failure in management circuits. Harvard Business Review. Juillet-Août 1979.
  2. James Brian Quinn. Managing innovation controlled chaos. Harvard Business Review. Mai-Juin 1985
  3. The Bureaucracy busters, Newsweek. 17 juin 1991.
  4. Tom Peters. Get innovative or get dead. California Management Review. Hiver 1991
  5. Robert H. Waterman. The power of adhocracy. Chapitre de Adhocracy, the power to change, how to make innovation a way of life. W W Norton & Co Inc (1 septembre 1992).
  6. Peter F.Drucker. The Coming of the New Organization. Harvard Business Review. Janvier-Février 1988. Ce texte explique que l’organisation moderne va disparaître et être remplacée par une société de l’information peuplée de spécialistes.
  7. Gary Hamel. Reinvent your company. Fortune. 12 juin 2000.
  8. Richard N. Foster, Sarah Kaplan. Creative destruction. McKinsey Quaterly, 2001, n°3.
  9. Scott McNealy. Welcome to the Bazaar Harvard Business Review; Mars 2001. 

Angleterre et démocratie

Matthew Yglesias pense qu’un changement aussi suicidaire que celui qui est entrepris en Angleterre n’aurait aucune chance de démarrer aux USA. Un Etat démocratique ne l’aurait pas permis.

La démocratie a de grands défauts : elle réfléchit effroyablement lentement, et de manière apparemment irrationnelle et inefficace. Mais ce processus lui permet de simuler les conséquences de ses décisions, et d’en éviter les effets pervers.

Les pouvoirs dirigistes, comme les pouvoir anglais (ou français), n’ont pas de garde-fous. Ils ne tiennent compte des conséquences de leur décision que lorsqu’elles se sont matérialisées. Et encore, d’ordinaire ils les nient. Au fond, ils sont attentatoires aux libertés individuelles. C’est ce que disait Montesquieu.

Il pensait aussi que le principe des démocraties est la vertu. Or, nous ne sommes pas vertueux. Ce n’est pas ce que demande un État dirigiste. Devenir « plus démocratique » est un donc un apprentissage compliqué. On ne peut pas condamner l’Angleterre d’être ce qu’elle est. (Par contre on pourrait lui reprocher de ne pas vouloir se transformer.)

D’ailleurs, la démocratie ne garantit pas de tous les maux : elle peut s’engager comme un seul mouton dans une même illusion, comme le montre l’histoire récente américaine.

Il faut en baver pour apprendre

Plus l’apprentissage est difficile, plus il porte. Rendre un texte (presque) illisible, le rend mémorable. (Learning difficulties.)

De quoi je déduis que l’Éducation nationale a tout faux : depuis 68, elle cherche à simplifier son enseignement. Du coup elle l’a rendu inefficace.

Compléments :
  • Validation des propos de mon dernier livre :je disais que si l’on n’avait pas souffert à le lire, c’est qu’on ne l’avait pas compris.

jeudi 21 octobre 2010

Le Français parle aux Anglais

De temps à autres la BBC interviewe un manifestant français.

On croirait assister en direct au 14 juillet 1789. Mais le sans-culotte est désormais, presque, compréhensible. Et il a exactement l’accent qui traduit sa condition. Son hurlement grossier fait un contraste saisissant avec la maîtrise de soi britannique. J’imagine que l’Anglais doit sentir un délicieux frisson parcourir sa moelle épinière lorsqu’il réalise qu’il n’est qu’à un cours d’eau de la barbarie primitive.

Réforme en Angleterre

Le gouvernement anglais a annoncé hier le plan d’économie attendu (100md€ d’ici 2015). Pour le moment, aucune réaction notable :
  • Un rien de perfidie par ci. Les mesures s’en prenant aux riches et aux banques ont fait beaucoup de bruit. Cherchait-on à faire oublier que la réorganisation des services publics (effectifs réduits de 10% d’après la BBC) devrait démesurément toucher les pauvres ?
  • Quelques divergences entre gouvernants et gouvernés par là. Le peuple craint pour sa sécurité, le nombre de policiers et de pompiers est comprimé en priorité…
Le calme avant la tempête ?

Si les économistes éminents s’accordent à juger que la rigueur est une erreur. Il semble qu’il y ait consensus, entre économistes et non économistes, pour dire que l’expérience anglaise va être passionnante à observer.

Compléments :
  • Curieusement, j’entendais la BBC dire que la finance embauchait. Par ailleurs il semblerait qu’il y ait de la place dans les postes à forte qualification (informatique…). Ne restera-t-il que des non qualifiés dans la fonction publique ?
  • Les réformes anglaises vues des USA, et d'Angleterre (« ce serait une passionnante expérience à observer si autant d'existences n'étaient en jeu »).

Hormone et cancer du sein

Un traitement hormonal post ménopause semble augmenter le risque de cancer du sein chez la femme, et surtout d’un cancer mortel.

L’effet serait connu depuis quelques temps, aux USA au moins : de 110 millions en 2002, les prescriptions d’hormones y ont été ramenées à 40 millions en 2009.

Nouvelle illustration que la médecine est dangereuse et doit être utilisée avec discernement, de préférence pour des cas sérieux ? Et aussi limites de notre processus d’innovation, qui a beaucoup de mal à évaluer les conséquences à long terme de ses découvertes ?

(Article d’origine de ma réflexion : Post-menopausal hormones boost breast cancer risk, study finds.)

La vérité

Film d’Henri-Georges Clouzot, 1960.

Un film étonnant. Des répliques courtes, efficaces mais sobres. Des comédiens remarquables, à commencer par Brigitte Bardot. Et, finalement, une société française qui s’en tire plutôt bien. Pas si ringarde et figée dans ses certitudes que cela. Pas comme l'Amérique de Lenny ?

mercredi 20 octobre 2010

Théorie chaotique de l’évolution

Si je comprends bien, la théorie de Darwin serait fausse à long terme. Les espèces ne s’adapteraient que marginalement, mais resteraient substantiellement identiques à elles-mêmes, qu’il pleuve ou qu’il vente, jusqu’à ce que le hasard décide de les liquider :
L’extinction semble être un une réponse étonnamment rare aux changements climatiques importants.
Idem pour les écosystèmes, qui n’évoluent pas comme un tout, mais dans le chacun pour soi de leurs éléments constitutifs.

Le long terme serait commandé par la génétique dont la loi est la mutation aléatoire, qui ne répond pas à l’influence extérieure, et dont les résultats sont imprévisibles. L'évolution serait donc soumise, comme les planètes, à la théorie du chaos. Elle ne serait prévisible qu’a posteriori.

L'abandon de la sélection naturelle pourrait avoir de curieuses conséquences : « nous sommes incapables de prévoir comment les espèces répondront au changement climatique prévu durant le siècle prochain »   ; peut-on évoquer la sélection naturelle dans le règne humain, pour justifier des avantages acquis, si elle n'a pas de raison d'être dans la nature ?

Obama l'intellectuel

Voici ce que dit B.Obama à l'Amérique :
Nous sommes codés en dur pour ne pas toujours penser clairement quand nous avons peur. Et le pays a peur.
Autrement dit, vous êtes des peureux paniqués. Seul votre cerveau reptilien fonctionne encore. Pas étonnant que vous n’arriviez pas à saisir le bienfait de ma politique.

B.Obama fait une erreur commune à tous les esprits supérieurs. Il est incapable de voir au-delà de ce qui est dit. Or, ce l’on dit est une rationalisation de ses émotions. Ça n’a pas d’autre sens que : nous sommes inquiets, nous avons besoin d’aide.

Et, il se trouve que M.Obama a justement été élu pour aider les Américains. C’est son rôle de les écouter avec patience, de les comprendre et de leur proposer des solutions qui résoudront les problèmes qu’ils n’arrivent pas à formuler, parce qu’ils n’ont ni sa position, ni son QI exceptionnel.

Il ressemble à un médecin qui refuserait de soigner ses malades, au motif qu’ils attribuent leurs souffrances à des causes ridicules. 

Lenny

Film de Bob Fosse, 1974. Pour une fois Dustin Hoffman ne cabotine pas.

Lenny Bruce fut un comique fameux des années 60. Il semblait convaincu que s'il n'y avait plus d'hypocrisie, il n'y aurait plus de haine entre hommes. Mais dire tout haut ce que tout le monde savait et disait en cachette (et dit tout haut, maintenant) a été vu comme une audace sulfureuse. Soit elle faisait frissonner d'un plaisir coupable, soit elle faisait peur.

Il ne demandait pourtant qu'à discuter de ses idées, qui lui semblaient marquées au coin du bon sens. Mais un tel échange était inconcevable pour ses contemporains. En particulier pour la justice. 

mardi 19 octobre 2010

Drôle de grève

La Tribune titre « drôle de grève ». Curieux, c’était le titre d’un de mes billets. Serais-je lu par la Tribune ?

J’en doute. Ce titre illustre plutôt le fait que nous subissons l’influence de la société, qui fait que nous pensons la même chose au même moment ; que les découvertes scientifiques sont faites en simultané ; que les mamans trouvent indépendamment le même nom, original, pour leurs enfants ; que les travaux des philosophes paraissent évidents à leurs contemporains alors qu'ils ne parlent qu'aux élites intellectuelles des siècles suivants… 

Équation de la retraite

L’âge pose décidément des difficultés à l’économie. Il y a la retraite et les soins aux personnes âgées. Ils devraient nous coûter plus de 30% de notre PIB d’ici 2050. 
L’économie avancée médiane devrait avoir un déficit de 24,5% de son PIB d’ici 2050 ; 12 pays, y compris les USA et la Grande Bretagne, auront des déficits de plus de 30%. Le rapport de la dette au PIB devrait avoir dépassé les 400%.
Parmi les solutions envisagées : l’inflation qui grignote les retraites, réduire le montant des retraites, avoir des enfants, immigration, augmenter l’âge de la retraite. Cette dernière solution aurait le vent en poupe.

Internet et communisme

La propriété serait out, et la location in. Combinaison de préoccupations écologiques et d’Internet, de plus en plus de biens sont partagés, et construits pour durer. Le modèle Vélib c'est l'avenir. The business of sharing.

Curieux. Je croyais la propriété une valeur fondamentale de la culture anglo-saxonne. Irait-on vers une forme de communisme prévu ni par Marx, ni par Schumpeter : un communisme où plus rien n’appartiendrait à personne, y compris l’État ? À l’exemple des entreprises dont la propriété est éparpillée entre des nuées d’actionnaires ? 

N.Sarkozy et le trotskysme

J’ai été surpris des réactions violentes, immédiates, que suscitait N.Sarkozy lorsqu’il est arrivé au pouvoir. Il était vu comme un dictateur, comme une forme de mal absolu. Je me souviens de Marie NDiaye expliquant à un France Culture approbateur pourquoi elle avait demandé l’asile politique à l’Allemagne.

Petit à petit j’en suis arrivé à l’hypothèse suivante. Il n’y a pas eu erreur, il est bien l’ennemi héréditaire de certains groupes de la population. Ils l’ont instinctivement reconnu comme tel. Comment les décrire ? Ils sont petits mais ont le pouvoir de nous faire nous entretuer pour leurs idéaux. Ils sont aux nœuds de la société. Un terme revient lorsqu’on parle d’eux : trotskysme. Cette doctrine, qui jusque-là me semblait une curiosité exotique oubliée par l’histoire, paraît être associée à une forme d’individualisme exacerbé.

Curieusement, on me parle d’hyper sarkozystes qui sont d’anciens trotskystes. S'agirait-il de frères ennemis ayant beaucoup en commun ? Après tout le néoconservatisme n’est qu’un bolchevisme de droite.

(à creuser)

lundi 18 octobre 2010

Fusion Angleterre-France

Il semblerait que la France et l’Angleterre envisagent de fusionner, au moins en partie, leurs forces armées. Histoire de réaliser des économies. (Entente or bust.)

Curieux point final à mille ans d’hostilités, de projets démesurés et de conquêtes de tous les continents.

Curieux aussi à quel point la logique économique domine tout, désormais. Transformer un pays en entreprise le rendra-t-il plus durable que le Royaume de France ?

Société Générale et recrutement

Un avocat m’explique la stratégie de la Société Générale dans l’Affaire Kerviel : en faisant sauter toute la hiérarchie de J.Kerviel elle a cherché à démontrer qu’elle avait été abusée. Ce qui prouvait son innocence. Comme le disait mon père, « le Français invente le droit ». Eh bien, j’ai inventé le droit en pensant que supprimer tous ces gens était plaider coupable.

Cette histoire m’a aussi rappelé des discussions récentes avec des entrepreneurs. Tous m’ont dit qu’ils devaient leur succès à la chance, et que leur plus grosse peur était un mauvais recrutement ; qu’ils avaient apporté un soin particulier au processus de recherche et d’intégration des nouveaux, qu’ils suivaient personnellement. Pourquoi la Société Générale n’a-t-elle pas paru obsédée, comme eux, par les risques d’un mauvais recrutement, sachant que le dit recrutement manipulait 50md€ ?

Selon mon interlocuteur, une évolution du principe du management en est la cause. Il est devenu financier. Il a oublié le métier de l’entreprise. C’est cette disjonction qui est à l’origine des suicides et, plus généralement, des problèmes de santé au travail et de harcèlement. En effet, elle l’amène à demander ce qui n’est pas possible à ses employés. Il me dit que l’entreprise s’est « déresponsabilisée » au sens où elle prend des décisions dont elle ne comprend pas (et assume encore mois) les conséquences. 

Compléments : 
  • Article 1382 du Code civil. Créé par Loi 1804-02-09 promulguée le 19 février 1804 : 
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

L’homme est nécessaire à la nature ?

L’homme serait un facteur favorable à la biodiversité. C’est l’idée la plus surprenante que je retiens du Développement durable de Sylvie Brunel.

Du coup, j’en viens à me demander si nous sommes manipulés par des idéologies erronées. L'idéologie anglo-saxonne de la nature vierge et de l’homme nuisible. Mais aussi la doctrine rousseauiste qui veut que la société corrompe tout et qui pleure sur une communauté initiale et bénie de chasseurs cueilleurs, après laquelle Lévi-Strauss a couru toute sa vie.

Et si, comme dans la pensée chinoise, l’homme était au centre du monde, au sens ou il est essentiel pour son bon équilibre ? Et si les inquiétudes de Rousseau et des écologistes anglo-saxons tenaient non à un vice de l’homme en général, mais à celui de leur société propre : une forme de parasitisme, non durable ?

dimanche 17 octobre 2010

Nobel contre Républicains ?

Les 3 Nobel d’économie ont étudié le chômage et montré qu’il obéissait à des lois bien plus complexes que celles de la théorie économique acceptée – mais bien plus simples que ce que vit le chômeur.

Les gouvernants n’écoutent que les économistes. L’économiste ne comprend que les mathématiques. Par conséquent, il faut lui traduire mathématiquement notre réalité pour qu’elle lui soit accessible. Et qu’il ne pousse pas les nations à faire notre malheur.

Curieusement, l’un des élus, appelé à un poste élevé dans l’administration américaine, voyait ses compétences mises en cause par l’opposition républicaine. (Search and employ.)

Après les prix de MM.Obama et Krugman, les jurés du Nobel combattraient-ils l’obscurantisme républicain ?

Guerre des changes

Les Américains accusent les Chinois de sous évaluer leur monnaie. Les Chinois accusent les Américains d’un « quantitative easing » (ce que fait aussi l’Angleterre) qui projette des fonds vers l’étranger et fait s’envoler les taux de change. On accuse ceux qui veulent résister à ces manœuvres de protectionnisme. (How to stop a currency war.)

Curieusement la zone euro n’accuse personne. Pourtant sa monnaie est au moins aussi surévaluée par rapport au dollar et à la livre que ne l’est le dollar par rapport au yuan, et elle ne fait pas de quantitative easing, pas plus qu'elle n'est protectionniste. (An indigestible problem.)

Tout ceci nous dit que les tours de passe-passe monétaires sont impuissants. Il faut restructurer en profondeur les économies mondiales. (Par exemple, réévaluer le yuan force à réorienter les Chinois qui travaillent pour l’exportation.) L’Allemagne a probablement raison. Il faut que nous nous attelions à une conduite du changement… 

Les facteurs sociaux du bonheur

Jusqu’ici les scientifiques pensaient que nos gènes déterminaient notre bonheur. Ils commencent à en douter. D’autres facteurs ont été identifiés :

Un compagnon névrosé, un poids qui n’est pas correct, le carriérisme et le matérialisme plutôt que l’altruisme et les valeurs familiales… pourraient nuire gravement à votre santé.

Compléments :