samedi 6 novembre 2010

Chine et christianisme

Reportage de la BBC : le protestantisme serait bienvenu en Chine. (Du moins tant qu’il accepte l’organisation actuelle du pays).

Il semblerait que les dirigeants chinois aient lu Max Weber et pensent que le protestantisme est bon pour le capitalisme. En particulier le Chrétien serait responsable. 

Electeur contre idéologue ?

USA. La défaite démocrate n’aurait rien d’exceptionnel. Ce serait le reflux d’un flux précédent. Lors de la précédente manche le peuple avait puni les républicains d’être partis (beaucoup) trop loin dans « hyperlibéralisme », cette fois ci il punit les démocrates d’être allés (beaucoup) trop loin dans un intellectualisme bienpensant dirigiste et arrogant.
Une restructuration massive du système de santé par le gouvernement. Une relance de plus de 800md$ qui n’a pas arrêté la croissance du chômage. Et un système de droits à émettre du carbone honni en dehors des enclaves libérales côtières qui se délectent de droiture écologique.
Enseignement de l’élection : le peuple renie les idéologues ? Il veut être gouverné par un bon sens mesuré ?

Compléments :
  • De l’avis général, B.Obama n’aurait rien compris à l’avertissement populaire et pense que l’histoire lui donnera raison.
  • La leçon pourrait être mal comprise : les idéologues d'un bord me semblent penser que la rossée qu'ont prise les idéologues adverses est un encouragement à l’extrémisme. 
  • Cet enseignement ne devrait-il pas être entendu par les idéologues français qui vont bientôt s’affronter pour notre vote ? 

ISO 26000 (suite)

Il y a beaucoup de choses curieuses au sujet d’ISO 26000 :
  • Son objet est d’aider l’entreprise à tenir sa place en société. Mais pourquoi l’entreprise aurait-elle besoin d’une norme pour cela ? Est-elle née irresponsable et découvre-t-elle qu’il existe un monde autour d’elle ?
  • Pourquoi, alors, parle-t-on autant du coût de l’application d’ISO 26000, alors qu’il s’agit de faire son devoir ? Proteste-t-on de ce que notre vie est bousillée par plusieurs décennies d’éducation nationale ?
  • En creux : et si la fortune des entreprises de ces dernières décennies avait été cette amnésie, et si « l’innovation » économique des Trente piteuses avait été là : ne pas tenir son rôle permet de gagner de l’argent facilement ?
  • Dans le même esprit : ISO explique à l’entreprise qu’en découvrant qu’il y a une société autour d’elle, elle pourrait y trouver quelques belles opportunités, qui la dédommageront de ses efforts. Mais n’est-ce pas la base même du fonctionnement d’une entreprise ? Un cours de stratégie appelle cela un « SWOT ».  On croirait la fable du laboureur de La Fontaine.
  • Pourquoi une norme ? Avant tout pour s’assurer que toutes les nations entendent la même chose par « responsabilité ».
Compléments :

Another day in paradise

Film de Larry Clark, 1998.

C’est extrêmement violent, on nage dans la drogue, dans une moindre mesure l’alcool et la cigarette, la caméra bouge n’importe comment. Je me suis demandé si cette plongée en enfer n’était pas un acte esthétique gratuit.

Il semblerait que non. C’est en partie l’histoire du réalisateur, et ça reflète peut-être une réalité américaine. 

vendredi 5 novembre 2010

Biocarburants

Beaucoup de rebondissements dans la vie des biocarburants. Ont-ils un avenir ?

Peut-être, mais pas sous la forme d’éthanol. D’un côté la biomasse pourrait être utilisée par des centrales qui alimenteraient en énergie de futures voitures électriques. D’un autre, le sucre tiré de la cellulose fournirait des carburants proches du diesel, donc employables par l’aviation. Cette énergie serait produite à partir de déchets (bois, paille, tiges de maïs…). Pas de concurrence avec l’alimentation humaine.

Meilleur des mondes ? Quand on réfléchit un peu, on trouve des solutions qui résolvent tous les problèmes ?

Compléments :
  • Intérêt de la biomasse ? Le « bilan carbone » pourrait être nul. Peut-être aussi un bon rendement : l’énergie solaire est directement utilisée par la plante. 

BBC en grève

Ce matin la BBC était en grève.

Depuis quelques temps, je sentais une certaine fébrilité. Ses informations relayaient beaucoup d’études pessimistes quant au succès des mesures gouvernementales.

Similarités avec la radio publique française ? La vertueuse Angleterre pourrait-elle être gagnée par le Mal français : des grèves sauvages ?

Droit romain

VILLEY, Michel, Le droit romain, Que sais-je, 2005. Ce que nous appelons droit romain remonte à 150 avant JC. En quelques décennies les Romains sont à la tête d’un empire. Il leur faut un nouveau régime politique. Pragmatiques et utilitaristes, ils abandonnent leur droit archaïque et adoptent la pensée (philosophie) grecque. Ils lui donnent l’application pratique qui l’intéressait peu.

L’objet de la justice pour le Grec est d’établir une « égalité proportionnelle aux qualités et à l’importance de chacun ». « Comment bien répartir les choses entre les hommes (…) c’est là le problème du droit ».

Le droit est un « art », « né de l’expérience » et « soumis au contrôle de l’expérience ». C’est une « recherche », une « vie ». Une observation patiente et minutieuse, « une poursuite incessante du juste ». Son principe est que « naturellement se forment de justes rapports sociaux », il faut les « observer pour y découvrir les bonnes solutions juridiques. » (« Loi naturelle » selon la définition d’Aristote.)

En pratique, le droit est une « pyramide » de concepts structurés. L’objet du droit – la justice au sens grec - étant à son fait. En outre, comme le droit archaïque, il est tempéré par la morale. (Le droit étant « certitude » et « précision », la morale « nuance » et « complexité ».)

Notre droit est nourri de droit romain. En particulier, il fait de la propriété la « base de la liberté individuelle ». D’ailleurs dès la période archaïque le chef de famille y jouit d’une liberté au sens occidental du terme : « posséder une sphère d’activité indépendante ».

Mais, si nous nous sommes inspirés de ses concepts, nous avons trahi son esprit. Alors qu’il était un droit pragmatique du rapport social, le nôtre est un droit dogmatique de l’individu. La transformation s’est faite du XVIème au XIXème siècle. Elle a cherché à construire un « système » (au sens de Descartes), une « science », basée sur un édifice idéologique artificiel, en particulier la loi naturelle telle que réinterprétée par les Lumières. D’où des « formules absolutistes », pour le moins maladroites.

Commentaires :

Curieux livre. Une fois de plus on y voit les méfaits de la science qui a été utilisée pour justifier une idéologie. Avant le management scientifique de Taylor et le socialisme scientifique de Marx, c’était notre droit qui avait subi ce traitement ? Bizarrerie supplémentaire : le droit grec et romain était, au fond, beaucoup plus scientifique que notre droit moderne. 

jeudi 4 novembre 2010

Changement en Chine

Correspondant de la BBC, ce matin : qu’est-ce qui a changé en Chine ? Les vélos ont été remplacés par des voitures. On peut poser n’importe quelle question aux gens dans la rue. Mais il y a un parti unique.

Ce n’est peut-être pas à déplorer. Les changements d’adaptation, dont l’objectif est clair et ne fait pas débat, sont plus efficacement menés par le dirigisme que par la démocratie. Pendant les guerres, le processus démocratique est réduit au minimum. Plus exactement, la démocratie s’accorde à suivre les décisions d’un chef.

L’avantage de la démocratie sur le dirigisme se voit lors des périodes d’incertitudes dans lesquelles la société n’a pas d’objectif clair (comme actuellement). Il y a alors besoin d’impliquer le maximum d’esprits dans la recherche de la prochaine direction à suivre. 

Gouvernance des entreprises

Le scandale d’Enron a fait de la « gouvernance » des entreprises le sujet de toutes les attentions. Aujourd’hui, on découvre que les mesures prises n’ont pas d’effet sur la performance de l’entreprise.

En fait, il faut « mettre en place de meilleurs contrôles des risques ». « Une bonne gouvernance d’entreprise ne peut pas compenser une culture toxique ». Les réformes doivent maintenant porter sur des « choses intangibles telles que les valeurs et les traditions des entreprises ».

Découvririons-nous que la valeur de l’entreprise n’est pas exclusivement le fait de ses dirigeants ?

Compléments :

Hypersarkozysme

J’explique que nous interprétons les ordres d’un dirigeant en fonction d’un stéréotype simpliste que nous avons de lui. Un DG qui travaille avec l’administration me dit qu’elle fait de « l’hypersakozysme ». Elle perçoit notre président comme le diable et s’applique à reproduire ce qu’elle croit être son intention.

Hypersarkozysme fait réagir un universitaire. Son président est un « ancien Trotskyste », « qui se prend pour un patron d’entreprise », et qui dirige l’université en tyran, dans une joyeuse confusion (il est à la fois président de l’université et de sa fondation, les moyens de l’une et de l’autre n’étant plus très bien séparés). Son obsession est de trouver de l’argent (« tout le monde doit payer ») pour recruter des « stars ». Il s’était adjoint un spécialiste du talent universitaire, mais lorsque ce dernier a découvert que l’université en était riche, qu’il suffisait de le faire connaître, il fut « vidé ».

Le président divise pour régner. « il a monté les quadra contre les autres ». Mais il rencontre « une opposition systématique » d’une minorité qui conteste pour contester. Quant à la majorité, elle est silencieuse : « on ne peut pas être complètement contre », mais elle a peur d’un coup de Jarnac.

On se croirait en France. 

mercredi 3 novembre 2010

Politique économique américaine

Tentative de caractérisation de la politique économique américaine :

La Chine serait un épouvantail commode. Elle donne à l’Amérique une excuse pour ne pas remettre sa maison en ordre. Or, non seulement elle n’attaque pas ses problèmes structurels mais elle les maintient en vie, à l’image de ses banques et de ses foyers surendettés, qui ne peuvent pas vendre leur maison pour aller chercher un emploi. Elle fait marcher la planche à billets, qui, au lieu d’alimenter la nation, nourrit des spéculations dangereuses chez les pays, émergents notamment, qui ne peuvent pas se protéger.

Compléments :

Élection aux USA

Les élections de mi mandat aux USA ont donné ce qui était prévu. Défaite démocrate. L’électorat demande toujours le changement que lui avait promis B.Obama.

Comme N.Sarkozy, B.Obama pensait qu’on l’avait élu pour appliquer son programme, alors qu’on s’attendait à ce qu’il rompe avec le passé ? Réforme de la santé, symbolique de cette maladresse : dogmatisme et manque d’écoute ? Le problème urgent des Américains n’était pas leur santé, mais la transformation d’un modèle de société qui n’est plus américain ? (Le raisonnement s'étend probablement à la France.)

Enseignement : ce n'est pas un programme que l'on élit, c'est un homme ?

Compléments : 
  • L’expérience du changement montre que le mieux est de laisser ceux que l’on veut aider suivre leurs envies, et de profiter de l’expérience qu’ils acquièrent ainsi. Ce n’est qu’alors qu’on peut les aider efficacement. Et, lorsque l’on n’a pas le pouvoir, on apprend à écouter et à observer. L'Amérique a rendu un service à son président ?

Financement privé de la recherche

L’économiste Barry Eichengreen se demande pourquoi « nous » avons pu croire que « la politique monétaire avait apprivoisé le cycle économique », alors que des légions de prix Nobel d’économie savaient que les hypothèses sur lesquelles reposait cette idée étaient fausses.

Réponse : parce que ce sont les banques qui paient les recherches des économistes, les enseignants de MBA, et embauchent leurs étudiants.

Plus subtile : l’économie (la vraie) a montré qu’il y avait un « coût psychologique » à ne pas suivre le troupeau. Dès qu’une mode s’installe dans la société, le scientifique ne peut que s'y conformer. Il est victime d’une « capture cognitive ». 

mardi 2 novembre 2010

L’énigme du paysan

A chaque vacance, je me demande pourquoi les paysans n’en ont pas besoin. Et si c’était, comme le dit un précédent billet, une question de sens.

Leur travail avait du sens, il ne les fatiguait pas, autrement que physiquement. Le travail moderne a perdu ce sens, il est usant.

Cela explique aussi peut-être pourquoi je n’ai pas besoin de vacances. Et pourquoi, j’ai choisi mon curieux mode de vie.

Compléments :

Coup de Trafalgar pour Nelson

La BBC commentait ce matin la fusion entre armées française et anglaise. Elle citait Nelson : « we should hate the French as the Devil ». Nelson torpillé par les siens ?

Les mêmes informations parlaient d'une étude, qui porte  l’augmentation du chômage anglais, pour cause de rigueur, à 1,5m de personnes. Et si M.Cameron voulait réaliser la société de loisirs dont rêve Mme Aubry ? 

Géographie et histoire


Dans les mêmes conditions les communautés humaines ont trouvé de mêmes solutions. Les sociétés agricoles se sont constituées partout où les conditions étaient favorables. La complexification de ces sociétés a été à l'origine de tous les grands courants de pensée. Les Moyens-âges ont été partout suivis par des renaissances et leurs intellectuels. L’avantage géographique a migré avec le temps d’une contrée à une autre. Aujourd’hui, il pourrait avoir disparu : les problèmes sont désormais globaux.

L’humanité a opéré sa jonction, et est un tout ?

Compléments :
  • Un détail curieux : pourquoi les fermiers ont-ils liquidé les chasseurs cueilleurs ? Les conditions de vie des premiers étaient bien moins bonnes que celles des seconds, mais elles leur permettaient d’entretenir de grandes communautés. Et ces communautés ont développé un armement sophistiqué du fait de leurs tiraillements internes incessants. Surtout, ils ont généré de nouveaux types de maladies contre lesquelles leurs confrères sauvages n’étaient pas immunisés. Et si nos pestes étaient nos meilleures alliées ?
  • La société contre l’homme.

lundi 1 novembre 2010

Changement et lois

Aristote (Les politiques) pensait que ce qui comptait le plus dans une loi, c’est qu’elle soit appliquée, non qu’elle soit le plus juste possible. Par conséquent, il fallait se garder de la faire évoluer trop souvent.

Le législateur français n’a pas lu Aristote. Il ne se préoccupe pas le moins du monde de la mise en œuvre de ses textes. Si bien que nous ne connaissons pas nos lois, qui non seulement sont inefficaces, mais aussi souvent invraisemblablement répressives (tentative désespérée de secouer l’indifférence de la nation ?).

Wikileaks


Cela semble fonctionner comme le Canard Enchaîné. Ou, plus exactement être un Canard Enchaîné de gros qui livre des détaillants, les journaux, qui ont les moyens de trier et d’analyser les masses d’informations qu’il reçoit.

Sinon, Wikileaks est financé comme Wikipédia, par des donations.

Bref, pas grand-chose de nouveau, ou de condamnable, au fond. 

2409

Thèmes du mois dernier :

Les transformations de l’Angleterre, de la France et de l’Amérique expliquées par leurs structures sociales.
Dans la veine inépuisable des errements de l'esprit occidental :
Enquête sur le développement durable (suite).
Parmi les changements divers. 
Pour conclure, quelques notes pratiques (Comment reconnaître une spéculation ?Négociation patronat syndicat) et un retour à mon métier d’origine : Prix du logiciel. Et aussi : Google investit dans le vent, ses dirigeants font ce qui leur chantent ; ceux de Microsoft auraient perdu le nord (Microsoft et smartphone).

dimanche 31 octobre 2010

L'économie patine ?

Il y a quelques jours le gouvernement britannique pavoisait : la croissance était plus forte que prévue, sa rigueur ne créerait pas une nouvelle récession.

Certes, mais, d’après ce que j’ai compris de l’explication de la BBC, la dite croissance serait en partie due aux mesures keynésiennes du précédent gouvernement… Qu’arrivera-t-il quand elles se seront dissipées ?

D’ailleurs, le phénomène serait général, en Europe : l’économie est anémique… 

Le Sénat en avance sur son temps

Hier, je traverse le jardin du Luxembourg. L’horloge du Sénat a une heure de retard.

Souci d’économie ? Il était moins cher de faire travailler l'horloger le samedi, voire le vendredi, que le dimanche ? Souci du bien être du travailleur, que l’on ne veut pas arracher à son foyer le dimanche ?…

Intéressant précédent. Le Sénat n’est-il pas notre modèle à tous, en termes de respect des lois ? Alors, si nul n’est sensé ignorer les lois, leur respect n’est nullement impératif ?

Compléments :

  • Ayant confondu avance et retard, et passage à l'heure d'hiver en avance..., dans la première version du billet, je l'ai modifié. (D'où commentaire - que je remercie !).

Injustice

Aurais-je trouvé une définition pour « injustice » ?

Ce serait ne voir que ses qualités et les défauts des autres. Du coup le monde est insupportable : le pouvoir et la richesse sont à l’incapable. Le génie est brimé.

Celui qui a le défaut inverse est béni des dieux : il remercie le ciel qu’un monde aussi merveilleux tolère son insondable médiocrité.