lundi 6 décembre 2010

Las Obama

B.Obama ne serait pas dans son assiette. Président un peu zombie. Penserait-il que l’Amérique ne le mérite pas ?

Que N.Sarkozy, du billet précédent, conviendrait mieux à une nation de morons ? 

Sarkozy l’Américain

Les fuites de Wikileaks parlent de « Sarkozy l’Américain ». À un diplomate : N.Sarkozy « a dit combien il se reconnaissait dans les valeurs américaines ». Ce qui n’empêche pas les Américains de le trouver insupportable. « Un roi nu ».

Curieuse contradiction tout de même. Un président qui ne partage pas les valeurs de sa nation. Beaucoup de pays accepteraient-ils un tel paradoxe ? La France a perdu son identité ?

Compléments :
  • S’il est tel que le présentent les dites fuites (« le simple fait d’être dans la même pièce que Sarkozy est suffisant pour faire augmenter le niveau de stress de n’importe qui ». « Il est décrit comme autocratique, hyper susceptible à la critique, il s’entoure de béni-oui-oui. »), cela en dit long sur les politiciens. 

Wikileaks (suite)

Au fond ce qui nuit le plus à Wikileaks est que ce qu’il dit n’est pas nouveau. Il sera inattaquable le jour où ce sera un Canard enchaîné mondial.

Sinon, Wikileaks, comme la presse en général, répond à un besoin fondamental. À savoir qu’aucun individu, ou groupe d’individus, ne peut être laissé s’occuper de l’intérêt général sans contrôle. L’intérêt général n’est pas dans l’intérêt individuel. Et l’intelligence humaine est faible.

L’alimentation de Wikileaks se fait d’ailleurs par un mécanisme propre à la culture anglo-saxonne : celui du « wistle blower ». Un individu révolté par une mesure injuste la dénonce. 

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Nouvelles du mois :

dimanche 5 décembre 2010

Du progrès

Dans les années 40, l’économiste Schumpeter (Capitalisme, socialisme et démocratie) expliquait que la croissance allait se poursuivre. Ce à quoi personne ne croyait. Et cet enrichissement allait donc nous permettre de liquider la pauvreté ! De tous être heureux. Mon enfance a été marquée par cette idée. C’était le progrès. Nous étions riches et nous le serions encore plus demain. Notre gloire collective était d’apporter le confort à chacun.

Or, la croissance s’est poursuivie, mais il y a maintenant chômage énorme et durable. Et les économistes nous démontrent : « vous ne pouvez plus vous offrir votre protection sociale ». Curieusement, l’homme s’est effacé. Le bien c’est désormais l’efficacité d’une économie, qui ne croît presque plus depuis qu’on lui sacrifie tout. Et, N.Sarkozy de nous dire « travaillez, ne vous posez pas de questions ». Arbeit macht frei ?

Compléments :

Wikileaks et démocratie

The Economist déplore que Wikileaks complexifie le travail des diplomates, remarque qu’il échappe à toutes les lois (il n’appartient à aucun pays), et note que, de toute manière, c’est un résultat de l’évolution sociale et technologique contre laquelle nous sommes impuissants. Les gouvernements devront apprendre à garder leurs secrets. (Read cables and red faces.)

Je suis surpris que ce journal libéral ne voie pas là une « innovation », forcément bien, en dehors de quelques aspects négatifs à court terme. Je suis certain que son opinion aurait été moins nuancée si l’application avait été commerciale (cf. les OGM). 

Justice statistique

Proposition d’un scientifique américain : identifier le risque social présenté par un criminel, et le condamner en fonction.

Plus précisément : si l’histoire a montré que ses caractéristiques sont associées, chez d’autres, à des actes violents, il prendra perpète. Sinon peu. Résultat : réduction des coûts d’incarcération.

Curieuse approche : elle semble dire que l’on peut distinguer des sous-espèces humaines. En outre, elle nie le rôle de la société. Seul un individualiste anglo-saxon pouvait avoir une telle idée ?

samedi 4 décembre 2010

Eric Cantona

Eric Cantona appuyé par la presse et les réseaux sociaux va-t-il créer une panique bancaire ? L’effondrement de l’économie mondiale ? Peu probable. Mais pas déraisonnable.

Les banquiers ont détourné des sommes colossales. Ils ont fait faillite. Pour les sauver les États se sont massivement endettés, à tel point qu’ils doivent maintenant être démontés. Adieu la société d’opulence de nos parents, bonjour Dickens. Mais le banquier continue à s’enrichir. Et en plus il paralyse l’économie ou menace l'euro, parce qu'il a peur. Or aucun parti politique ne proteste. Pas même aux extrêmes !

Théorie et pratique disent pareil : on ne peut négocier de manière crédible que si l’on est prêt au sacrifice ultime. Le kamikaze, lui, est crédible.

Compléments :
  • Application des idées ci-dessus, et aperçu théorique : Efficacité de la grève.
  • Le garde-fou des extrémismes ayant disparu, va-t-on vers une vague d’attentats suicides ?

Euro et changement

Dans un précédent billet, j’expliquais le point de vue anglo-saxon concernant la dislocation de la zone euro.

Il existe une autre façon d’interpréter notre histoire, qui ne le contredit pas totalement. Si la zone euro est mal fichue – ce dont se gargarise l’économiste anglo-saxon ou assimilé, c’est par dessin. Ses créateurs ont profité d’un de nos moments d’inattention pour nous balancer dans un changement dont ils ne savaient pas comment nous pourrions nous tirer, mais dont ils étaient sûrs que, si nous y survivions, nous serions unis. (S'ils avaient essayé de créer une union fiscale du type de celle des USA, ils auraient été défaits par les résistances nationalistes.)

Or, c’est effectivement ce qui pourrait nous arriver. Qu’ils le veuillent ou non, les endettés perdent de plus en plus de leur autonomie, et l’Allemagne se trouve ligotée à leur sort. Il pourrait arriver un moment où il faudra choisir entre le chaos à l’anglo-saxonne, la fin de la zone euro, et le renoncement à l’égoïsme nationaliste mesquin, qui a le vent en poupe actuellement. 

The swimmer

Film de Frank Perry, 1968.

Le héros de l'oeuvre est un membre fêté d'une vallée de riches (Connecticut paraît-il). Famille modèle en surface. En fait, il a des liaisons multiples et ses filles sont des monstres. Victime d’un retournement de fortune, il s’agrippe aux apparences – qui, au fond, étaient ce qui comptait vraiment pour lui. Et aussi à la croyance américaine que tout est possible à celui qui le veut. Que le monde est à celui qui le rêve. Bref, il sombre dans la démence (et la poésie – ce qui est infiniment plus inquiétant pour un Américain).

Influence de 68 sur la production cinématographique ? 

vendredi 3 décembre 2010

Donatien Laurent

Hier, j’entends des bribes des recherches de Donatien Laurent, ethnologue de la Bretagne, chez France culture.

Les chants bretons retiendraient avec précision de très anciens événements. Raison : s’il y a oubli du chanteur, il est corrigé par l’assistance.

Ceci rejoint-il une remarque de Michel Villey sur le droit romain ? Les règles de droit se sont multipliées à partir du moment où elles ont été écrites…

L’écrit serait-il favorable au changement ? (On a tellement bonne conscience d’avoir écrit, qu’on peut oublier ce que l'on a écrit et inventer autre chose ? Nous pensons que l'écrit est miraculeusement respecté ?) Un monde de l’oral aurait-il eu une meilleure mémoire ? Non seulement les histoires doivent être apprises par tous, ce qui limite les pertes, mais, pour la même raison, le sens des mots doit se maintenir ? Non évoluer à grande vitesse comme il le fait maintenant - à tel point que l’on peine à comprendre un texte qui a quelques siècles ?

Compléments :
  • VILLEY, Michel, Le droit romain, Que sais-je, 2005.

Fin de l’euro

Vu de l’intérieur de la zone euro, il est curieux à quel point le sort de la dite zone semble faire peu de doute pour le journaliste ou économiste anglo-saxon. D’ailleurs, il n’y a plus que cette nationalité qui ait le droit de penser. Et elle a une courte mémoire.

Elle s’apitoie sur le sort de l’Allemagne, par exemple. Triste : elle doit sauver l’Europe après l’épreuve, traversée seule, de l’absorption de sa partie est… (Mais qu’attend-elle pour s’extraire de cette masse de parasites ?)

Pas tout à fait juste, malheureusement. La stratégie qu’elle a adoptée pour sa réunification, fort intelligente ?, a coûté extrêmement cher au reste de l’Europe, notamment à la France. C’est à ce moment que l’Angleterre est sortie de la course à l’euro. Et a profité d’une dévaluation qui a beaucoup aidé le libéralisme de Mme Thatcher et de M.Blair. Stratégie si efficace qu’elle la réutilise aujourd’hui.

La France est devenue un pays sympathique. Elle prend tous les coups sans en rendre aucun. Elle aurait même tendance à en rajouter. Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à ce que disaient mes amis Québécois de leur passé. L’Eglise aurait collaboré activement avec le pouvoir anglais pour maintenir les francophones dans le servage.

Compléments :

Instabilité de la démocratie ?

Jusqu’à très peu j’estimais la démocratie comme un bien absolu. Petit à petit je me suis mis à douter.
  • La démocratie grecque d’Aristote est éminemment inégalitaire. Elle a besoin pour se nourrir d’une masse d’esclaves. Il en a été de même de l’Angleterre, fondement de la démocratie moderne.
  • Il me semble maintenant que notre amour de la démocratie est le résultat d’un lavage de cerveau, fait des élites anglo-saxonnes. (Il n’y a que les Français pour penser qu’ils ont inventé la démocratie !). La démocratie bénéficie massivement à celles-ci, intellectuels ou barons de l’économie. Si les leaders d’opinion anglo-saxons ont fait de tels bogeymen de Mao, Staline ou de Gaulle, n’est-ce pas parce qu’ils défendaient une vision non démocratique du monde, favorable au peuple (cf. les purges d’intellectuels des deux premiers) ?
  • Dès que les oppositions aux démocraties se sont effondrées, celles-ci ont été emportées, comme la démocratie romaine, dans une lutte fratricide pour se partager leurs richesses. D’où dislocation et dictature. La chute de l’URSS a eu un effet curieusement similaire sur l’Amérique (Le développement durable contre les pauvres). La démocratie future pourrait ne pas être aussi aimable que celle que nous avons connue...
Tocqueville disait que chaque régime avait un vice, par construction, et que le rôle du législateur était d’en prendre le contre-pied…

jeudi 2 décembre 2010

Réforme des impôts

La France voudrait aligner son système d’imposition sur l’allemand. Officiellement, nos entreprises seraient défavorisées. Il se pourrait aussi que ce soit pour supprimer l’ISF et le bouclier fiscal.

Mais le système allemand semble aussi beaucoup plus complexe que le nôtre (déclarations d’impôts de 24 pages !), avec une TVA et une imposition du particulier plus élevée…

Et si notre gouvernement ne voulait toucher qu’à la fiscalité désavantageuse, et pas à l’avantageuse ? Et s’il voulait réduire les ressources de l’État au bénéfice de celles des entreprises et des fortunés ?

Si c’est le cas nous nous allons bientôt rivaliser avec les Grecs et les Irlandais en termes de rigueur… 

Ségolène et Nicolas

Au hasard d’un livre de Jeanne Bordeau (Les nouveaux codes du langage), je découvre son analyse du discours des finalistes de l’élection présidentielle. Je  n’avais rien compris à ce que disaient les candidats.
  • N.Sarkozy parle du « travail pour tous », il veut « impliquer tous les Français ». « Idéal de l’action ». Effectivement, c’est bien lui. Mais ne nous disait-il pas qu’il voulait nous transformer à son image ? Je ne crois pas que nous étions d’accord… Par ailleurs il cherche une « identification à sa personne ». Nous devions lui faire une confiance aveugle, pendant qu’il transformait le pays ? À notre réveil il aurait été neuf et beau, et nous aurions remercié notre président ? Mais nous ne pouvions comprendre le génie de ses intentions ?
  • S.Royal voulait des « régions qui piloteront des aides économiques ». Plus curieux : elle « délaisse « socialisme » », « elle ne l’emploiera pas une fois dans son discours d’investiture »… Sorte de libéralisme régionaliste de gauche ?
Les candidats disent effectivement ce qu’ils sont, mais nous ne les entendons pas. Vive l’analyse de langage ! 

Éducation nationale

Cinéma, dimanche dernier. J’entends quelqu’un raconter ses visites d’écoles. Une première, dans le 17ème, Pereire, des enseignants vieux et désagréables, des enfants « tous blonds » impeccablement éduqués. La seconde, 19ème, une équipe pédagogique jeune, soudée et sympathique, des enfants tout sauf blancs, ambiance de « centre aéré ». La personne s’inquiète de l’avenir de cette marmaille qui ne sait rien.

Il me semble qu’hier les « hussards de la République » diffusaient un enseignement uniforme. L’Éducation nationale a changé, à qui a profité le crime ?

Compléments :

mercredi 1 décembre 2010

Anglais de C.Lagarde

Madame Lagarde parle à la BBC. Parole rapide, d’une femme de poigne décidée. Ce n’est pas l’anglais des Anglais, il y a des sons français. Mais ce n’est pas du tout l’Anglais habituel, et ridicule, du français.

J’apprends aussi que DSK est courant en Anglais, et en Allemand… Décidément la France n’est plus ce qu’elle était. 

Thomas Krän

Thomas Krän est un américano-suédois, marié à une française. Après une carrière dans le marketing international, il s’est spécialisé dans la gestion des différences culturelles. C’est sa passion.

Il aide les entreprises pluriculturelles à résoudre les questions que pose le différentiel de repères de pensée ainsi induit. Mais cette approche défensive n’est pas ce qui l’intéresse. Pour lui une multiplicité de cultures est une richesse. Ça rend l’entreprise exceptionnellement créative !

Et il a certainement raison. À une époque, j’organisais des groupes de créativité. Et j’ai constaté que pour que la créativité puisse démarrer, il faut composer le groupe de gens très différents. Mélanger des cultures nationales doit conduire à des coups de génie ! Brillante idée.

Sa technique est sophistiquée, aussi : par exemple, il procède par une sorte d’amélioration continue (non pas des sessions sans lendemain), jusqu’à amener l’individu à jouer naturellement des différences culturelles (après les avoir rejetées comme irrationnelles !).

Compléments :
  • Il a une bien meilleure opinion de nous que nous-mêmes. Il voit le Français comme ouvert aux autres, alors que beaucoup de pays européens, que nous tendons à admirer, seraient séduits par un nationalisme étroit et médiocre.  
  • Il aide aussi les managers français à acquérir des techniques de présentation en anglais. Là aussi beaucoup de bon sens. Le Français fait une erreur fatale : il écrit l’anglais comme le français. D’où un langage complexe, incompréhensible et surtout arrogant. En en prenant conscience, et avec une préparation correcte on parvient à faire passer son message.

Lois et espérance de vie

Il semblerait que les lois sur l’héritage aient un impact sur la vie de l'individu à héritage.

Sa durée est directement affectée par leur modification.

mardi 30 novembre 2010

Stratégie iranienne

Curieuse situation iranienne.
  • Obama tente une politique d’isolement, en nouant des alliances avec ses voisins.
  • Mais il a besoin de l’Iran pour stabiliser la région. Ce qui n’est pas dans l’intérêt de celle-ci.
  • L’Iran semble mal géré et pourrir de l’intérieur. S’il devenait une démocratie, cela débloquerait son potentiel économique. Mais ça ennuierait fortement les dictatures du Golfe…
Cela ressemble à la question de l’URSS. Et si l'Iran était un contrepoids aux tendances des puissants locaux et internationaux d’opprimer un peu trop les populations de la région ? (cf. la thèse de Le développement durable contre les pauvres.)

Durabilité de Wikileaks

Wikileaks aurait dit que la Chine était pour la fusion des deux Corée.

Oui, mais la source serait coréenne du sud. Et puis l’opinion serait celle de certaines personnes, pas forcément de tout le gouvernement chinois… (Informations de la BBC, ce matin.)
De l’avantage d’être impénétrable… D’ailleurs, la diplomatie l’est par nature. Elle a toujours dit tout et son contraire. Qu’aurait signifié une fuite venant de Talleyrand ?

Au fond, pour faire perdre toute crédibilité à Wikileaks, il suffit d’utiliser les tactiques de la guerre froide : lui transmettre quelques informations justes et beaucoup de fausses. Alternativement ce peut facilement devenir un outil de manipulation des foules. 

Lenny (2)

Lenny raconte l’histoire vraie d’un homme qui veut éliminer l’hypocrisie. Il démontre, à plusieurs reprises, que si l’on disait tout haut ce que l’on pense tout bas, la haine ne serait plus possible, et le monde serait harmonieux.

La question de l’hypocrisie est centrale dans toute conduite du changement. Le problème est assez curieux, et je ne suis pas sûr de bien le comprendre. Je me demande s'il ne peut pas se modéliser ainsi : 

Une personne n’est pas faite pour occuper une fonction (ou n’a pas les moyens de réussir), mais on ne le lui dit pas, ça ne se fait pas. Par contre on ne se prive pas de dénoncer, sous cape, son incompétence. En fait, elle fournit une excuse confortable pour ne pas faire correctement son propre travail. Nous sommes donc vus comme incompétent… Bref le problème est général.

Promettre de remettre chacun à la place où il est à l’aise (c’est l’objectif de tout changement) devrait susciter l'enthousiasme. Mais, comme l’illustre Lenny, c'est le contraire qui se produit. Pourquoi ? On en veut aux autres de leurs haines passées ? Nous sommes des drogués de l’hostilité ? La bien pensance est un mécanisme social déconnecté de la raison ?...

lundi 29 novembre 2010

Wikileaks pas intéressant

Je suis surpris à quel point les nouvelles fuites de Wikileaks sont de peu d’intérêt : Les révélations de WikiLeaks en quelques phrases-clés

Au fond, on n’y voit que de petites faiblesses humaines pas du tout surprenantes. On aurait le même type de citations si l’on trahissait ce que pense n’importe quel Français de n’importe qui d’autre.

Mittelstand

Le Mittelstand allemand est fait d’entreprises qui dominent des industries « démodées ». 90% vendent aux entreprises, et 70% sont installées à la campagne. Dirigeants anonymes, spécialisation, innovation permanente, service client impeccable et vendeurs amoureux de leurs produits. La globalisation leur a ouvert « d’énormes marchés globaux ». Mittel-management.

Inspiration pour l’entreprise française ?

Corruption en Inde

The Economist juge généralement que l’Inde est, plus que la Chine, la puissance de demain.

Mais comment pourra-t-elle l’être si « les de plus en plus matérialistes indiens deviennent complètement corrompus » ? Ce qui semblerait lié à l’exacerbation des inégalités amenée par la croissance économique.

Dernier scandale en date. Une mise aux enchères de fréquences télécom aurait fait perdre à l’État 40md$.

dimanche 28 novembre 2010

On est toujours trahi par les siens

D’après La zone euro rongée de l'intérieur, le « marché » qui s’en prend à l’euro n’est autre que les organismes financiers de la zone euro (par exemple les fonds d’assurance vie). Ils pourraient très bien mettre la dite zone en faillite, ce faisant coulant avec elle.

En fait, l’article tire cette conclusion de la nationalité des créditeurs d’un État. Comme le montre l’affaire irlandaise (billet précédent), c’est incorrect. Les États garantissent leurs banques, qui a prêté à la banque entre aussi en compte. Pour l’Irlande le problème vient de là. D'ailleurs, attaquer les « marchés » n’a pas grand sens. Chaque acteur, isolé, optimise son intérêt individuel, qui est de suivre le troupeau.

Un autre article remarque que, jusque là, la BCE garantissait les banques irlandaises. Si elles avaient fait faillite, elles l'auraient enterrée. 

Pas simple tout ça.

Où va l’argent du contribuable ?

L’affaire irlandaise est glauque. Elle ressemble à une énorme malversation par quelques individus. L’État irlandais a choisi de les aider, forçant la BCE, l’Europe et le FMI à le secourir.

Curieusement, alors que partout on entend le « contribuable » demander bruyamment la fin d’un État dispendieux, il n’a rien à dire sur la crise irlandaise. Aucun sens de l’honneur, pour commencer. Hier encore, on lui donnait l’Irlande en exemple. La France n’était-elle pas de la dernière ringardise ? Mais, surtout, son argent si difficilement gagné va dans des poches étrangères. Les banques irlandaises contiennent 203md€ de fonds non irlandais, dont 179 extérieurs à la zone euro ! Et ils prennent la poudre d’escampette (d'où la crise actuelle !!). (Plugging the hole.) Plus amusant : en aidant l’Irlande, nous creusons nos déficits français. Et si, demain, les si vertueux marchés financiers nous faisaient subir le sort de l’Irlande ?

L’Anglais, lui, a vu venir l’entourloupe. Il ne se sent aucune solidarité avec la zone euro. D’ailleurs, il pense, avec une grande satisfaction, qu’elle va exploser. Pourtant, en partie très significative, ses fonds sont en Irlande et en Espagne. Et l’Irlande est pour lui un plus gros partenaire commercial que les BRIC, tous ensemble ! Et la relance anglaise profite magnifiquement d’une massive dévaluation de la livre par rapport à l’euro…

C’est cela l’art du parasitisme : rendre le parasité coupable de ce qu’on lui vole ?

Compléments :
  • Le pire dans l’affaire est que l’Irlande elle-même semble vouloir, en partie ?, reconstruire sa prospérité en parasitant ses voisins…
  • Ce qu’en pense Paul Krugman : This Is The Way The Euro Ends.

Changement en Allemagne

Allemagne et crise. 2 caractéristiques marquantes.
  • Kurzarbeit. Il permet à l’entreprise de payer l’employé à temps partiel, l’État prenant en charge ce qu'elle ne paie pas. Semble particulièrement habile : évite chômage et déqualification.
  • Paupérisation. 6,7m de travailleurs « mal payés ».
A vrai dire, on frôle même les abus et l'exploitation en ce qui concerne les temps partiels et les bas salaires. Postes en intérims, CDD, ou même les mini-jobs, ces emplois de quelques heures hebdomadaires rémunérés 400 euros par mois sans charges sociales pour le salarié ont été, ces dernières années, la règle pour un nombre important de travailleurs du tertiaire. [Les "mini-jobs" concernent encore 12 % de la population active.]
Mais, lumière au bout du tunnel ? Prise de conscience générale de la situation. Bientôt meilleurs salaires et meilleure protection sociale ? (L’article du Monde.)

Compléments :
  • Ce qui pourrait aussi être bon pour le reste de l’Europe. Beaucoup de nos problèmes viennent de la dégradation des salaires allemands (il faut rappeler que cela a conduit à une diminution de 20 % des salaires. Et que ceux-ci, depuis dix ans, ont globalement stagné en Allemagne, contrairement aux autres pays européens). D'ailleurs, si l’Allemagne se mettait à un peu plus consommer ça apporterait à la Grèce et à d'autres les moyens de rembourser leurs dettes… 

Dilemme du prisonnier

J’explique habituellement que le changement ordinaire provoque le « dilemme du prisonnier ». Il casse les règles de coordinations entre individus et les amène à décider en fonction de leur seul intérêt.

L’expression vient de la théorie des jeux. Elle montre deux garnements qui ont fait un mauvais coup. Ils sont interrogés par la police. Si aucun ne parle, ils s’en tirent bien. Or, leur intérêt individuel est d’avouer. Résultat : prison.

En fait, je crois que le dilemme du prisonnier est au dessous de la vérité. Dans cette situation, l’homme ne va pas se contenter d’avouer, il va chercher à enfoncer son partenaire en allant jusqu’à inventer des crimes qu’il n’a pas commis. Les deux faisant la même chose, ils vont écoper de beaucoup plus que ce qu’ils méritaient.

Il me semble que c’est cela que provoque un changement mal mené. Une destruction étonnamment accélérée de l’organisation qui le subit. Curieusement, cela ressemble au cancer. 

samedi 27 novembre 2010

Francis Bernard

Impressionnante présentation de Francis Bernard, le fondateur de Dassault Systèmes. Et très élégant hommage à l’équipe dirigeante qui l’a remplacé (et qu’il a recrutée). Son explication du succès de DS m’a rappelé la pensée chinoise.
  • D’abord, il y eut une formidable conjonction de phénomènes favorables. La guerre froide faisait que Dassault sortait un nouvel avion par an, d’où course en avant technologique. Puis fin de la guerre froide et globalisation qui a répandu l’innovante CFAO (et l'anglais que ni DS ni la plupart de ses clients ne parlaient alors !) partout dans le monde. Il y eut l’alliance avec IBM, alors plus grande entreprise mondiale. Elle a apporté un colossal réseau commercial et son savoir-faire de génie logiciel, puis s’est effacée, après 30 ans sans beaucoup de nuages. Il y eut la culture mathématique française...
  • Mais DS a aussi su construire un formidable navire pour profiter de ce tsunami.

vendredi 26 novembre 2010

Accor

Les investisseurs qui dirigent le groupe Accor ont fait un intéressant choix stratégique.

Plutôt que de posséder leurs hôtels, ils préfèrent la franchise. La franchise fait courir un risque à l’image de marque de la société (difficulté à contrôler la qualité du service), et l’immobilier est porteur. Mais cela n’est pas bien mesuré par le marché.

Exemple d’enrichissement d’actionnaire par « destruction de valeur » ?

Compléments :

Qu’est-ce que la valeur ?

Pour L.Habib, les dernières décennies ont vu une destruction massive de « valeur ». Mais qu’est-ce que cette mystérieuse valeur ?

Le cas de la marque. Selon JN Kapferer, « Marque » est à prendre au sens premier de l’expression : il s’agit d’un repère. A ce repère est associé par le marché des expériences, qui le conduisent à lui donner une signification. La marque matérialise la réputation d’une société, d’un produit. Le risque que l’on court en la fréquentant / l’utilisant. La valeur de la marque, c’est le « capital de marque ». Progressivement la société décide de payer les produits de l’entreprise plus qu’ils ne semblent valoir. Et elle s’en porte bien. Cette « valeur » est impalpable et pourtant elle existe.

le phénomène peut aussi s'appréhender à l’envers. Lorsque la valeur de la fonction présidentielle est détruite, par exemple, le président, qui transcendait la nation, perd non seulement son prestige, mais est brutalement traité avec infiniment moins de respect qu’un autre homme. De sur-homme à sous-homme.

Compléments :
  • Destruction idéologique ? Le fondement de l’économie moderne, et de la culture anglo-saxonne, est l’homme rationnel, c'est-à-dire qui optimise son intérêt (ou utilité) en temps réel. Un calculateur permanent et parfait. Or, la valeur semble un phénomène social, « qui a des raisons que la raison ne comprend pas ». En appliquant l’idéologie anglo-saxonne nous avons démontré qu’elle détruisait ce qui faisait le prix de la vie ? 

Dire pourquoi

Problème principal du dirigeant face au changement. Il ne dit pas le pourquoi du changement. Que le comment. D’où méfiance, incompréhension, résistance, méprise… échec.

Pourquoi ne dit-on pas pourquoi ? Comment va réagir quelqu’un qui apprend qu’il va être licencié, alors que l’entreprise est prospère. Ou qu’il paie pour ce qui n’est pas de son fait ? Les conséquences du pourquoi font  peur.

Il y a une solution à ce mat apparent. Parler de l’intérêt général de l’entreprise. Cet intérêt peut être égoïste : « nous sommes sortis de notre marché », « nous sommes dans le rouge ». Mais il peut aussi concerner la « mission » de la société, son rôle social : « notre mission est la solidarité » (assurances parlant du retrait de l’État).

Ce pourquoi a besoin d’un autre pourquoi. Il doit expliquer, indirectement et en peu de mots, pourquoi l’on va réussir (capacités prouvées de l’organisation, moyens mis à sa disposition), mais aussi pourquoi le changement se fera selon des règles équitables. L’injustice est le plus formidable moteur de résistance changement.

Effets du changement

Une unité subit un changement. Avant, les équipes s’entraidaient. Maintenant c’est pire que le contraire.

Non seulement c’est chacun pour soi, mais on profite de la faiblesse de ses collègues (notamment des nouveaux embauchés). Par exemple, à leur insu, on leur délègue ce dont on ne veut pas. Et lorsqu’ils s’égarent, on ne le leur dit surtout pas.  

Cela peut envoyer très rapidement un employé par le fond. Lorsque celui-ci gère les clients de la société, on risque de vite le rejoindre.

Je n’avais jamais réalisé à quel point un changement mal mené pouvait être vicieusement destructeur. Et combien l’entraide était la condition nécessaire de son succès. 

jeudi 25 novembre 2010

Démocratie et science

Les scientifiques reprochent aux politiciens de l’Utah de vouloir influencer la conception des prochaines fusées habitées, pour maintenir l’emploi chez eux.

Politics should not dictate design of NASA rockets dit un article. Car la technologie proposée peut être dangereuse pour l’astronaute. Et il en existe d’autres, un peu plus anciennes, un peu plus difficiles à mettre au point, ou étrangères (mais là, même pour un scientifique, c’est inacceptable). Mort au politicien et à la démocratie ?

Mais comment s'assurer que les scientifiques, laissés à eux-mêmes, oeuvrent dans l'intérêt général ? Eux aussi ont leurs intérêts catégoriels. N'avons-nous pas surtout besoin d'un mécanisme démocratique efficace, qui prenne en compte les avis des uns et des autres, et qui leur trouve une solution qui satisfasse tout le monde ? Ici, qui réduise au mieux les risques humains, et qui facilite les problèmes d’emploi des travailleurs menacés ?

Keynes contre Marx

J’entends un dirigeant communiste parler à France Culture.

Il veut un « plan de relance ». Curieux : l’inégalité sociale n’a-t-elle pas été l’idée fixe du PC ? Or, tout montre qu’en 30 ans elle a crû, massivement (cf. accès aux grandes écoles, à la propriété, au travail…).

Keynes aurait-il tué Marx ?

Gouverner les masses

Quelque chose m’a frappé dans ma carrière. Une entreprise peut s’opposer à un changement, alors qu’elle lui est massivement favorable.

La psychologie explique ainsi ce paradoxe : l’homme suit ce qu’il pense être l’opinion générale (« validation sociale »). Même s’il n’est pas d’accord avec cette opinion.

Le plus curieux est que cela permet à une minorité déterminée d’imposer sa ligne de pensée aux masses. Il lui suffit de s’emparer, en quelque sorte, des moyens de communication. Cette minorité est fatalement petite, sans quoi, elle n’arriverait pas à coordonner ses intérêts divergents.

Le changement se produit lorsque la communication entre les hommes isolés s’établit et qu’ils découvrent l’identité de leur pensée. La minorité doit alors se fondre dans la masse.

Compléments :
  • De la validation sociale et de la théorie de l’influence : CIALDINI, Robert B., Influence: Science and Practice, Allyn and Bacon, 4ème édition, 2000.
  • L’économie explique le pouvoir des minorités : The logic of collective action.
  • Le changement ressemble à une transition de phases, en physique. De même que l’on peut amener la température de l’eau au dessous de zéro, sans congélation, de même les individus qui constituent un groupe peuvent changer d’avis, sans que le groupe ne se transforme. Dans les deux cas, la transition a besoin d’un catalyseur. 

mercredi 24 novembre 2010

Taliban victorieux

D’après la BBC, le Taliban serait stimulé par la perspective d’un départ rapide des forces de l’OTAN.

B.Obama aurait-il fait une erreur, grave, en annonçant une date de retrait ?
S’il y a retrait, effectivement. Mais peut-être pas sinon. Si le Taliban met toute son énergie dans la bataille et découvre qu’elle n’a servi à rien, il peut se décourager.

Compléments :
  • Au hasard d’une émission de radio, j’ai entendu quelques idées de Georges Lefeuvre, un ethnologue. Il semble dire que le problème afghan vient du peuple pachtoune, qui serait séparé entre l’Afghanistan et le Pakistan. D’après ce que je comprends, il faudrait trouver un moyen pour qu’il ait une libre capacité de déplacement. 

Perfide Albion

La croissance anglaise se porte bien (+ 0,8% au dernier trimestre d’après la BBC). Explication : exportation.

Comme quoi avoir la capacité de dévaluer sa monnaie est un grand avantage. Particulièrement quand on a un gros bloc à côté de soi qui est extrêmement fier de faire le contraire. 

Japon en déclin (toujours)

Une fois de plus, The Economist déplore le sort du Japon. Mais pourquoi diantre ne pas sortir la femme de son foyer et le retraité de sa retraite, appeler des immigrés, déréglementer, encourager la concurrence… ?

Que la culture japonaise est inutilement compliquée ! Qu’est belle la simplicité du libre échange ! Surtout quand elle s’applique aux autres. 

mardi 23 novembre 2010

Homéostasie et euro

Quand les marchés s’inquiètent pour les dettes de la périphérie de la zone euro, l’euro baisse et les exportations de la dite zone augmentent. Mes livres expliquent que la règle de la nature est l’homéostasie. Et si l’euro en donnait un exemple ?

Curieusement, à chaque fois, c’est l’Allemagne qui réveille les marchés et tire les marrons du feu.

Amérique polarisée

Le revenu médian américain a reculé de 7% en 9 ans. En Arizona, 83% des âgés sont blancs, 42% des moins de 25 ans sont hispaniques. Certaines villes attirent des diplômés, d’autres les perdent. Les blancs font des études de plus en plus longues, pas les minorités…

L’Amérique semble de moins en moins homogène. Se préparerait-elle à une grande lutte d’intérêts divergents ?

Austère Amérique

L’austérité en Amérique est une question de flux et de reflux. Le président Reagan fut l’origine de la précédente vague. Elle s’est échouée dans l’euphorie de la bulle Internet.

S’il est à nouveau question de rigueur, cette fois-ci « un consensus a émergé au sein des pays riches selon lequel l’austérité signifiait des réductions de dépenses plutôt qu’une augmentation d’impôts. » (Confronting the monster.)

Curieux « consensus ».  Les riches qui dirigent les pays riches ne voient pas à quoi leur servent les services publics ? 

lundi 22 novembre 2010

Politique française

The Economist pense que la droite française s’est repliée en ordre de bataille. Et que M.Fillon vise les élections de 2017. D’ailleurs, en remettant l’UMP à M.Copé, M.Sarkozy a divisé ses rivaux.

Mais pourquoi ne s’uniraient-ils, comme l’ont fait MM.Brown et Blair, en se partageant le pouvoir ?

Compléments :
  • Quant à la gauche, elle semble plus divisée que jamais. Il est vrai qu’elle avait envisagé de réfléchir à un programme. Tout était certainement préférable à cette perspective effrayante. 

De la solidité du mariage

Kate Middleton résistera-t-elle mieux que Diana ? se demande The Economist. (Just the job.)

Il propose une théorie, certainement généralisable, du mariage. Ce qui fait sa durabilité est un solide intérêt matériel. Or, Kate Middleton veut « l’emploi » de Reine depuis son enfance, et elle a l’expérience de l’âge.

Quant au prince William, on ne s’intéresse pas à son opinion. L’homme, surtout quand il est roi, est le jouet de la femme ?

Compléments :
  • J’entendais que le mariage royal pourrait rapporter 1md£ pour un investissement de 50m. Bien mieux que les Jeux Olympiques. L’Angleterre ne devrait-elle pas systématiquement exploiter les bénéfices financiers de cet aspect original de sa culture : la royauté ?

Tous des imbéciles

Pourquoi prend-on les ingénieurs (des télécoms) pour de petites têtes ? se demande Hervé Kabla.

James March et Herbert Simon (Organizations) se sont eux aussi posé la question quand ils ont découvert que la théorie des organisations pensait qu’un groupe d’hommes est une machine : il obéit aux ordres.

Hypothèse fondamentale de la culture occidentale ? Nous prenons l’homme pour un benêt. Nous n’avons pas compris qu’il avait un intellect. Cela vient peut-être de notre individualisme. Nous pensons que nous connaissons la seule bonne solution. Ceux qui n’y adhèrent pas sont stupides et doivent être traités comme tels ? 

dimanche 21 novembre 2010

Déclin intellectuel français

La domination intellectuelle du monde par la France a cessé. Pourquoi ?
(Les intellectuels français ont) « propagé des doctrines – monarchisme, fascisme, anti-sémitisme, communisme, et même le maoïsme – qui offraient des explications et des solutions à tout. » Du fait que ces doctrines ont échoué à apporter l’Utopie, « politiquement parlant, les artistes et les écrivains sont peut-être moins influents aujourd’hui, mais ils sont aussi moins dangereux ».
Compléments :
  • La citation oublie le « laisser-faire » (les économistes des Lumières), et le trotskysme. Parmi d’autres, probablement.
  • L’intellectuel français explique son déclin. 

État anglais

BBC 4 traitait hier de victimes d’inondations et d’assurances qui ne veulent pas assurer. Or l’État réduit ses moyens de lutte contre les inondations. Pourtant le risque augmente. Le ministre concerné explique qu’il faudra que l’initiative privée remplace l'État.

Jadis les intérêts du peuple passaient avant tout. Maintenant, ils sont secondaires. En fait, une petite partie de la société a acquis une grosse partie de la richesse nationale. Puisqu’on ne peut rien lui reprendre, il reste moins à répartir entre les membres de la société. Mais Tony Blair a cru à un miracle économique. Il a pensé que son pays était riche et a voulu en faire profiter les pauvres. Ce faisant il a endetté l’État.

Compléments :
  • Le même phénomène aux USA.
  • Peut-être n’y a-t-il ici qu’un mouvement naturel des choses ? De tous temps les riches ont voulu s’enrichir. Mais la guerre froide rendait dangereux un mécontentement populaire. Il l’est beaucoup moins depuis que l’URSS n’est plus. 

Succès irlandais

L’émigration irlandaise a recommencé. Une émission que j’écoutais hier disait que les jeunes, en particulier les étudiants, envisagent massivement de quitter leur pays. Irlande éternelle.

Le succès irlandais nous a émerveillés. Mais sur quoi était-il construit ?

Indice ? Le taux d’imposition des entreprises y demeure de 12,5%. Si bien qu’en dépit de la crise, elles se bousculent pour s’y implanter. L’Irlande a-t-elle été construite sur des expédients à court terme ? Trompé par un enrichissement facile, son peuple a-t-il basculé dans la recherche de moyens de plus en plus hasardeux de gagner de l’argent ? 

Compléments :
  • Deutschland über Alles ? L'Allemagne aurait-elle raison de nous dire que le succès se mérite par un travail continu de développement de son patrimoine productif ? 
  • Why 'Yes' is so hard for the Irish.

Attaque de la banque centrale

Amusante vidéo. La politique de la banque centrale américaine nuit à tous. Elle est dirigée par Goldman Sachs. Obama diffère de Bush en ce qu’il veut couler le monde, pas seulement les USA. 

Y aurait-il un mouvement de rejet de la banque centrale indépendante, une des grandes inventions de la mode monétariste ? (Fin de siecle.)

Compléments :

samedi 20 novembre 2010

Richard Florida

Apparition d’un gourou de l’économie aux côtés de David Cameron, Richard Florida. Idées :

Le moteur de la croissance de l’Ouest est la créativité. Le créatif est l’homme « ouvert aux idées nouvelles ». Pour qu’il s’épanouisse, il faut lui donner de « l’espace et de la flexibilité ». Pour l’attirer, les villes doivent être « vertes, propres, tolérantes et cultivées, typiquement avec d’importantes minorités homosexuelles et étrangères ». (Bring me sunshine.)

Théorie scientifique ou élite sociale justifiant sa domination ?   

Juriste américain

Le docteur en droit américain est payé 160.000$/an à la fin de ses études. S’il rejoint un grand cabinet.

Et en plus, il semblerait avoir reçu une formation relativement peu pratique. Ce qui force son employeur à lui fournir une éducation complémentaire.

Le juriste américain traverserait une mauvaise passe. (Trouble with the law.) Mais il est difficile de comprendre la rationalité de tels salaires (sinon en prenant en compte le prix de la formation). Défaillance du marché ?

vendredi 19 novembre 2010

Curieuse Irlande

Le problème de l’Irlande semble demeurer celui de ses banques, qui ont prêté à une bulle immobilière. Elles paraissent encore capables de faire capoter le pays. Elles menacent l’Europe du même coup. (Irlande: l'UE doit demander des comptes aux banques.)

C’est quand même étrange que quelques personnes aient eu assez de pouvoir pour ébranler un pays, et même un continent.

Le plus curieux est que ça ne suscite qu’une indifférence polie de la part de l’opinion. 

Train anglais

Il coûte très cher de prendre le train en Angleterre. Souvent deux fois plus qu’en France, qui est déjà, semble-t-il, le pays le plus cher du continent. Raison ? Les opérateurs privés qui assurent ce service n’ont pas assez de capacité, et donc (!), ont augmenté les prix pour réduire la demande. Ce manque de capacité vient du régulateur public qui aurait tardé à décider de nouveaux matériels.

Les dits opérateurs réduisent leurs tarifs en dehors des heures de pointe (ce qui permet de diminuer l’écart moyen de prix de ses billets avec ceux des continentaux). Mais, le système semble peu pratique : on peut se retrouver avec un billet à tarif réduit en heure de pointe, sans le savoir.

Curieuse déréglementation : initialement elle semble avoir donné une joyeuse anarchie, qui a amené le gouvernement à la réglementer fermement. La qualité et la ponctualité sont revenues, elles ont attiré les voyageurs. Maintenant ils sont trop nombreux, et la régulation étatique se révèle excessive.

L’Europe a connu une grande fièvre libéralisatrice à partir des années 80. Ne serait-il pas judicieux d’analyser ses résultats et de se demander s’ils ont été à la hauteur de nos attentes ?

Compléments :
  • Informations venant de File on 4, de BBC 4.

Villey, contre les droits de l’homme

VILLEY, Michel, Le droit et les droits de l’homme, puf, 1983.

Nos droits de l’homme sont absurdes. Ils se contredisent entre-eux. D’ailleurs ils sont illogiques par construction : comment peuvent-ils être absolus, alors que le droit est par nature relation ?

Il n’en a pas été toujours ainsi. A l’origine étaient les Grecs. Ils pensaient que le monde avait un ordre, modelé sur celui du cosmos. La justice c’était, lors d’un différend, rechercher cet ordre par une discussion (dialectique) entre partis concernés. Car chaque parti représente un aspect de la vérité. Un monde juste était un monde où chacun avait son dû. La justice est une répartition équitable.

Cette vision s’est heurtée à celle de la Bible. Les hommes sont égaux et il n’y a pas d’ordre cosmique. Exit la relation sociale comme chose concrète, seul compte l’individu. Puis arrivent les Lumières. Elles érigent l’homme en principe premier et veulent en déduire « scientifiquement » le droit. Les droits de l’homme modernes sont formulés par  Hobbes et Locke. 

Hobbes veut justifier l’absolutisme des Stuart, Locke le statut de la classe fortunée. Jusqu’à nos jours les droits de l’homme ont servi à défendre des avantages acquis. Ce qui ne s’est pas fait sans victimes.

Commentaires

Il est important de rappeler les vices d’une lecture littérale des droits de l’homme. Notamment le danger de penser que l’individu est tout et de nier la dimension sociale de l’humanité. Cependant je ne suis pas sûr que M.Villey ne trahisse pas leur esprit. Ils ne sont pas présentés comme une loi de la nature, mais comme un idéal, un désir de l’humanité.

Comme la science ils ont été manipulés. Mais l’hypocrisie de ceux qui les détournent ne peut être longtemps masquée. Elle érode progressivement leur légitimité.

D'ailleurs, la déclaration de 1948 parle de devoirs, d’ordre public, de morale, de bien-être général, pas uniquement de droits individuels.

Surtout, je crois que M.Villey pêche contre l’esprit du droit grec et romain, la dialectique. Et si nous devions construire un édifice à partir des revendications, apparemment contradictoires mais justifiées, de l’Homme et de la Société, non prendre l’un ou l’autre comme absolu ?

Compléments :

jeudi 18 novembre 2010

Logique financière

Beaucoup d’entreprises ont adopté une logique financière. Elle désoriente leurs équipes, car il y a incommunicabilité. Le management prend des décisions déconnectées des contingences de la réalité. Et il n’a aucune envie d’entendre parler de questions pratiques. L’échec est certain.

En fait, il est possible de s’adapter à un management financier si on en comprend la logique. Or, cette logique est contenue dans les fondements du contrôle de gestion, qui puisent aux sources de la culture anglo-saxonne.

Le principe du contrôle de gestion est « le centre de responsabilité ». L’entreprise est divisée en de tels centres, parfaitement autonomes. (Plutôt qu’autonomie, il faut entendre « liberté », au sens « liberté de conscience » – principe fondamental de la culture anglo-saxonne.)

Le dirigeant de l’entreprise passe un contrat avec ce centre. Ils se mettent d’accord sur un objectif, sur les moyens de réussir, sur des « facteurs clés de succès » (sur ce qu’il faut absolument faire pour atteindre les dits objectifs), et sur des « indicateurs », qui permettent de savoir si oui ou non on progresse dans la bonne direction. (Si non, on s’arrête et on repense son plan d’action. Les indicateurs sont des alertes non une mesure de mérite.)

Application. Dans cette logique le dirigeant donne des objectifs financiers au centre de responsabilité mais ne lui dit pas comment faire son travail. Ce dernier doit proposer un contrat : il accepte l’objectif à un certain nombre de conditions. Après négociation, le contrat est signé.

Le système d’indicateurs, et le « reporting » qui va avec, est la langue de communication de l’entreprise. Il ne s’agit pas que de chiffres. Il signifie aussi une explication synthétique du fonctionnement de l’organisation. De cette façon, le dirigeant transmet ses préoccupations financières, et l’opérationnel forme son manager aux réalités essentielles.

Pour entrer dans cette logique, le managé doit sortir de la nôtre. La culture française considère le dirigeant comme un tuteur, et le dirigé comme un assisté. L’employé doit devenir « responsable », et « prendre son sort en main ». (Dans la logique anglo-saxonne, il n’y a pas de supérieur et d’inférieur, mais des égaux.) S’il en est capable, sa fonction gagnera en intérêt.

Compléments :
  • BOUQUIN, Henri, Le Contrôle de gestion : Contrôle de gestion, contrôle d'entreprise, PUF, 5ème édition, 2001.
  • SLOAN, Alfred, My years with general motors, Penguin, 1986.

Trotskysmes

BENSAÏD, Daniel, Les Trotskysmes, Que-sais-je ?, 2002. L’aventure trotskiste vue par un de ses acteurs.

Il y a eu Trotski, esprit élégant et libre, et ses orphelins, les Trotskistes, une poignée d’intellectuels querelleurs et teigneux. Alors qu’il était tout sauf un messie, ils se sont évertués à construire sa parole en dogme. D’où une série ininterrompue de conflits et d’interprétations à contre sens de l’histoire.

Que pensait-il ? Que la révolution devait être mondiale. Mais aussi qu’il n’y aurait pas de grand soir, mais un changement long, incertain, soumis au coup de théâtre. Il pensait que le prolétariat était fait d’opinions différentes et qu’elles devaient être démocratiquement représentées. Et il s’inquiétait de la bureaucratisation de la société. Et si le peuple se montrait incapable de diriger le monde et laissait sa place à une bureaucratie privilégiée ? Surtout, il était pragmatique, et sa pensée évoluait au gré des événements, la rendant difficile à suivre. 

Le Trotskisme est devenu à sa mort le repère des jeunes intellectuels révoltés. En dehors de cette révolte, tout les séparait. Il s’est réduit à chercher « l’effet de levier » qui modifierait les « rapports de force » et mettrait en mouvement la « masse ». Croyant sans cesse à l'imminence de la révolution, incapables de ne rien construire à long terme, ils se sont aigris ou sont allés chercher ailleurs la reconnaissance due à leur mérite, exceptionnel.

Commentaires

Le trotskysme serait-il simplement un mouvement de revendication pour intellectuels individualistes ? Un moyen de faire reconnaître des talents hors norme lorsqu’ils ne se prêtent pas aux mécanismes traditionnels de promotion sociale ?  (Ce qu’a peut-être compris F.Mitterrand, qui a fait entrer de nombreux Trotskystes au PS.)

Curieusement, la vision de Trotski de la bureaucratisation de la société rejoint celle de Schumpeter. Ce dernier y voyait une réalisation du communisme par des moyens non marxistes. Galbraith pensait que cette bureaucratisation avait créé une société d’opulence.

Compléments :
  • Mon début d’enquête sur le Trotskysme et les Trotskystes.

mercredi 17 novembre 2010

Mariage royal

Écouter la BBC, c’est apprendre que le probable futur roi anglais, William, va se marier à une roturière. (Riche tout de même.)

C’est un changement de milieu, qui n’a pas réussi à la mère du dit prince. Pourtant non roturière. D’après ce que j’ai compris, il a décidé d’en tirer les leçons.

Mais il est possible que ce ne soient pas eux qui aient à conduire le changement le plus difficile, mais leurs enfants.

J’ai noté que les enfants de parents très différents en termes de caractère, d’origine… avaient souvent du mal à trouver un cap propre. Le divorce de leurs parents ne faisant que compliquer les choses. 

Fusions et acquisitions

Il est bien connu que les acquisitions réussissent rarement. Moins pourquoi elles ratent. Une observation :
  • Plusieurs unités fusionnent. Dégradation nette de marges. Pourquoi ? On découvre qu’avant les « meilleurs employés » aidaient les « moins bons ». Maintenant, ce n’est plus possible. Parallèlement, le mode de management de tous les niveaux hiérarchiques, paternaliste ?, s’épuise. Les contremaîtres n’arrivent plus à suivre des équipes qui ont grandi. Faute d’encadrement suffisant, elles font des erreurs que l’on découvre par hasard. Elles sont inconcevables : les fondamentaux du métier ne sont plus respectés.
  • Les centres d’appels, pour les mêmes raisons, fonctionnent en dépit du bon sens. Mais faire évoluer un centre d’appel est un métier. Les managers d’unités n’y sont pas préparés. D’une manière générale la fusion les met devant un nombre étonnant de questions qui demandent des compétences qu’ils n’ont pas.
Résumé : l’entreprise tend à perdre le mode d’emploi de ses processus vitaux. L’acquisition est torpillée par ces disparitions.  

Compléments :
  • Étrangement, ces dysfonctionnements ont des raisons infimes – apparemment ridicules. Ils peuvent se corriger par des « petits trucs » et être identifiés par des tableaux de bord. Avec eux, les managers savent remédier à ce qui pêche le plus. On en arrive au résultat paradoxal que la différence entre une fusion qui rate et une fusion qui réussit tient à un rien.

Aristote et la démocratie

Au fond, Aristote est très moderne. Un problème le préoccupe (Les politiques) : pour s’occuper des affaires de la cité, il faut être oisif, or seul le riche peut l’être. Ce n’est pas bien, il faudrait rendre oisif le capable.

J’imagine que beaucoup d’Américains diraient à Aristote que le riche a mérité son oisiveté, et que sa richesse montre sa compétence. Mais Aristote était un intellectuel et voyait midi à sa porte.

L’affrontement éternel entre intellectuels (généralement des philosophes, d’ailleurs) et néoconservateurs se répéterait-il depuis les origines de l’histoire ? L'intellectuel est-il nécessairement de gauche, parce qu'il veut gouverner et qu'il n'a pas d'argent ?

Aussi, pour que tout ce monde débatte, il lui fallait des esclaves. Ce qu’Aristote trouvait naturel. Aujourd’hui, on ne parle plus d’esclaves mais de « masses laborieuses ». Et elles ne sont toujours pas supposées posséder des fonctions cognitives évoluées.  

mardi 16 novembre 2010

Capture pharmaceutique

Les économistes ont expliqué l’inefficacité des organismes de contrôle américains lors de notre dernière crise par le fait qu’ils avaient été « capturés » par les banques.

En France, ce serait les laboratoires pharmaceutiques qui auraient capturé leur organisme de contrôle. Comme semble le montrer l’affaire d’un coupe-faim fatal, interdit partout sauf chez nous, et remboursé par l’euphémistiquement nommée « assurance maladie ».

Compléments :
  • Le contrôleur a des circonstances atténuantes : il est extrêmement « coûteux » de penser différemment de ses collègues. 

Fragile Europe

Pourquoi l’Irlande, la Grèce et le Portugal sont-ils à nouveau en situation difficile ?

Outre la dégradation de leurs comptes, Mme Merkel a laissé entendre que le futur système de contrôle de gestion des États européens ne rembourserait pas totalement les créditeurs d’un pays en difficulté. Ce qui a fait peur aux dits créditeurs…

Dilemme du prisonnier ? Mme Merkel est probablement plus préoccupée de l’opinion et de la cour suprême allemandes que des intérêts européens. Mais en cherchant à plaire aux siens, elle affaiblit les pays les plus fragiles de l’union, ce qui pourrait amener les Allemands (et quelques autres) à devoir les renflouer.

Compléments :

Développement en Afrique

La performance économique des États africains serait probablement plus liée aux structures tribales qui préexistaient à la colonisation qu’à celle-ci.

De l’importance des structures sociales… 

Nettoyage à sec

HABIB, Laurent, La communication transformative, puf, 2010. Apparemment, un livre pour publicitaire sur la communication. En fait, étonnant bilan de l’évolution de notre société.

Le basculement d’un capitalisme entrepreneurial à un capitalisme financier a coïncidé avec une destruction de valeur systématique. Un nettoyage à sec, version solution finale. Tout y est passé. La valeur boursière, le travail – remplacé par le chômage, la légitimité de l’entreprise et de ses produits… Symbole le plus frappant de cette destruction : la fonction présidentielle.

Résultat : cynisme et méfiance.

La communication a été l’agent des basses œuvres du changement. Après guerre, elle faisait découvrir de nouveaux produits, montrait comment les utiliser. Puis elle a mis en relief ce qu’ils avaient d’unique ou de rare. Mais, progressivement, elle est devenue manipulation. Elle a parlé à l’émotion. Elle a exploité les mécanismes d’influence sociaux pour modifier nos comportements. Elle nous a dit ce qui était le bien et le mal. Elle a si bien réussi que nos gouvernants et dirigeants confondent maintenant communication et action.

Comment rompre ce cercle vicieux ? Gouvernants et dirigeants doivent proposer à la société, dans leur domaine de légitimité, un projet de transformation, à long terme. Répondre aux bouleversements sociaux au moyen de ce que le patrimoine de l’organisation a d’unique. Effet vertueux : notre adhésion à ce projet le fera profiter de notre enthousiasme de consommateur, d’électeur, mais aussi de contributeur.

Commentaire 

Démonstration courte, simple, impeccable, agréablement écrite.

Retour aux livres de cours de la stratégie (la communication transformative c’est « strategy as stretch » d'Hamel et Prahalad), du marketing et de la gestion de marque (Kapferer). Pas de conduite du changement. Le changement des comportements organisationnels va-t-il se faire par miracle ?

D’ailleurs je ne crois pas que la communication transformationnelle soit bonne pour le publicitaire, comme le dit L.Habib. Si l’entreprise apporte quelque chose d’unique et d’important à la société, elle n’aura plus besoin d’une communication sophistiquée.

Surtout, la transformation qu’exige L.Habib n’est-elle que communication ? Ne demande-t-elle pas un changement d’attitude de nos dirigeants ? L.Habib les enjoint de nous dire où ils veulent nous emmener. Mais est-ce dans leur intérêt ? La destruction de valeur dont il parle tant n'a pas fait que des victimes…

lundi 15 novembre 2010

Comment se répandent les idées

Un algorithme serait capable de repérer comment naissent et se répandent les nouveaux concepts, d’un document (d’un article scientifique, d’un blog…) à un autre.

Premier résultat : ce ne serait pas systématiquement les articles les plus cités qui seraient les plus influents – contrairement à ce que pensent les méthodes d’évaluation des chercheurs.  

Le plus cité peut avoir exploité une idée qui n’est pas la sienne, mais qui n’a pas su se faire connaître. Il est possible qu’en science comme ailleurs, ceux qui aient les idées ne soient pas les meilleurs pour les vulgariser.

Accorderie

La MACIF a importé de Quebec l’entraide. Des populations pauvres peuvent ainsi échanger heure pour heure leurs compétences respectives.

Ce qui me rappelle la récente crise russe. Les Russes, eux-aussi, ont eu recours au troc pour survivre.

Une telle situation, la pauvreté en France, était-elle seulement concevable dans les années 60 ? Le progrès dont nous étions si fiers n’a-t-il pas depuis longtemps arrêté sa marche ?

Compléments :

Discrimination

J’ai cru comprendre que Bruxelles avait expliqué aux assureurs anglais qu’ils n’avaient pas le droit à la discrimination : c'est-à-dire de faire payer les automobilistes mâles plus cher que les femelles.

N’est-ce pas idiot, puisqu’il est statistiquement démontré qu’il y a une très nette différence de risques entre ces deux populations ?

L’argument est en fait tendancieux : hommes et femmes ne sont pas des espèces différentes qui auraient des caractéristiques homogènes. Il y a des hommes qui conduisent prudemment et des femmes qui sont dangereuses. Vue de ces populations, la discrimination fonctionne à l’envers, en amplifié

C’est pour la même raison que l’on trouve gênant que la police interpelle au faciès.

Compléments :
  • Le système de bonus porte sur le comportement avéré de l’individu. 

dimanche 14 novembre 2010

Beauté moderne

Jeanne Bordeau analyse l’idéal moderne de la beauté. (Du moins ce qu’en dit l’industrie de la cosmétique.)

Résultat : une peau lisse et sans ride.

La beauté a inspiré leurs plus grandes œuvres aux plus grands génies. Elle a produit ce que l’art et la littérature ont connu de plus extraordinaire. Et voilà ce que nous en avons fait ?

C’est cela le paradis qu’a créé le triomphe de l’économie de marché ?

Acheté par des Chinois

The Economist se demande ce que cela fait d’appartenir à une entreprise achetée par des Chinois.

La Chine achète pour des objectifs stratégiques nationaux, et sans vraiment compter. Culture compliquée, qui semble tuer les meilleures volontés et provoquer le départ rapide des équipes acquises (« à plus long terme l’ADN des entreprises chinoises – un certain sens d’une mission, consensus, déférence, et opacité – peut poser des problèmes ». « Les décisions prenaient des moins même pour les choses les plus simples. »). Résultat : des acquisitions qui doivent lui coûter excessivement cher.

Curieusement, ce que dit l’article ressemble beaucoup à ce que l’Amérique percevait de la France il  a quelques décennies. La France aussi achetait pour des motifs stratégiques, et avec peu de succès. Elle aussi était représentée par des nuées de grands commis de l’État non décisionnaires, peu familiers des affaires et obéissant à des rituels déroutants. 

Psychopathes

Il y aurait deux destinations pour le psychopathe. La prison et la direction d’entreprise.

Le psychopathe souffre d’une insensibilité au risque et à la morale. Morale et risque seraient gérés par des « modules cognitifs » du cerveau. Ils ne fonctionneraient pas chez les psychopathes.

Il se pourrait que ce défaut ait été maintenu par la sélection naturelle, pour son utilité (aux conseils d’administration ?). (Socially challenging.)