samedi 4 décembre 2010

Eric Cantona

Eric Cantona appuyé par la presse et les réseaux sociaux va-t-il créer une panique bancaire ? L’effondrement de l’économie mondiale ? Peu probable. Mais pas déraisonnable.

Les banquiers ont détourné des sommes colossales. Ils ont fait faillite. Pour les sauver les États se sont massivement endettés, à tel point qu’ils doivent maintenant être démontés. Adieu la société d’opulence de nos parents, bonjour Dickens. Mais le banquier continue à s’enrichir. Et en plus il paralyse l’économie ou menace l'euro, parce qu'il a peur. Or aucun parti politique ne proteste. Pas même aux extrêmes !

Théorie et pratique disent pareil : on ne peut négocier de manière crédible que si l’on est prêt au sacrifice ultime. Le kamikaze, lui, est crédible.

Compléments :
  • Application des idées ci-dessus, et aperçu théorique : Efficacité de la grève.
  • Le garde-fou des extrémismes ayant disparu, va-t-on vers une vague d’attentats suicides ?

Euro et changement

Dans un précédent billet, j’expliquais le point de vue anglo-saxon concernant la dislocation de la zone euro.

Il existe une autre façon d’interpréter notre histoire, qui ne le contredit pas totalement. Si la zone euro est mal fichue – ce dont se gargarise l’économiste anglo-saxon ou assimilé, c’est par dessin. Ses créateurs ont profité d’un de nos moments d’inattention pour nous balancer dans un changement dont ils ne savaient pas comment nous pourrions nous tirer, mais dont ils étaient sûrs que, si nous y survivions, nous serions unis. (S'ils avaient essayé de créer une union fiscale du type de celle des USA, ils auraient été défaits par les résistances nationalistes.)

Or, c’est effectivement ce qui pourrait nous arriver. Qu’ils le veuillent ou non, les endettés perdent de plus en plus de leur autonomie, et l’Allemagne se trouve ligotée à leur sort. Il pourrait arriver un moment où il faudra choisir entre le chaos à l’anglo-saxonne, la fin de la zone euro, et le renoncement à l’égoïsme nationaliste mesquin, qui a le vent en poupe actuellement. 

The swimmer

Film de Frank Perry, 1968.

Le héros de l'oeuvre est un membre fêté d'une vallée de riches (Connecticut paraît-il). Famille modèle en surface. En fait, il a des liaisons multiples et ses filles sont des monstres. Victime d’un retournement de fortune, il s’agrippe aux apparences – qui, au fond, étaient ce qui comptait vraiment pour lui. Et aussi à la croyance américaine que tout est possible à celui qui le veut. Que le monde est à celui qui le rêve. Bref, il sombre dans la démence (et la poésie – ce qui est infiniment plus inquiétant pour un Américain).

Influence de 68 sur la production cinématographique ? 

vendredi 3 décembre 2010

Donatien Laurent

Hier, j’entends des bribes des recherches de Donatien Laurent, ethnologue de la Bretagne, chez France culture.

Les chants bretons retiendraient avec précision de très anciens événements. Raison : s’il y a oubli du chanteur, il est corrigé par l’assistance.

Ceci rejoint-il une remarque de Michel Villey sur le droit romain ? Les règles de droit se sont multipliées à partir du moment où elles ont été écrites…

L’écrit serait-il favorable au changement ? (On a tellement bonne conscience d’avoir écrit, qu’on peut oublier ce que l'on a écrit et inventer autre chose ? Nous pensons que l'écrit est miraculeusement respecté ?) Un monde de l’oral aurait-il eu une meilleure mémoire ? Non seulement les histoires doivent être apprises par tous, ce qui limite les pertes, mais, pour la même raison, le sens des mots doit se maintenir ? Non évoluer à grande vitesse comme il le fait maintenant - à tel point que l’on peine à comprendre un texte qui a quelques siècles ?

Compléments :
  • VILLEY, Michel, Le droit romain, Que sais-je, 2005.

Fin de l’euro

Vu de l’intérieur de la zone euro, il est curieux à quel point le sort de la dite zone semble faire peu de doute pour le journaliste ou économiste anglo-saxon. D’ailleurs, il n’y a plus que cette nationalité qui ait le droit de penser. Et elle a une courte mémoire.

Elle s’apitoie sur le sort de l’Allemagne, par exemple. Triste : elle doit sauver l’Europe après l’épreuve, traversée seule, de l’absorption de sa partie est… (Mais qu’attend-elle pour s’extraire de cette masse de parasites ?)

Pas tout à fait juste, malheureusement. La stratégie qu’elle a adoptée pour sa réunification, fort intelligente ?, a coûté extrêmement cher au reste de l’Europe, notamment à la France. C’est à ce moment que l’Angleterre est sortie de la course à l’euro. Et a profité d’une dévaluation qui a beaucoup aidé le libéralisme de Mme Thatcher et de M.Blair. Stratégie si efficace qu’elle la réutilise aujourd’hui.

La France est devenue un pays sympathique. Elle prend tous les coups sans en rendre aucun. Elle aurait même tendance à en rajouter. Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à ce que disaient mes amis Québécois de leur passé. L’Eglise aurait collaboré activement avec le pouvoir anglais pour maintenir les francophones dans le servage.

Compléments :

Instabilité de la démocratie ?

Jusqu’à très peu j’estimais la démocratie comme un bien absolu. Petit à petit je me suis mis à douter.
  • La démocratie grecque d’Aristote est éminemment inégalitaire. Elle a besoin pour se nourrir d’une masse d’esclaves. Il en a été de même de l’Angleterre, fondement de la démocratie moderne.
  • Il me semble maintenant que notre amour de la démocratie est le résultat d’un lavage de cerveau, fait des élites anglo-saxonnes. (Il n’y a que les Français pour penser qu’ils ont inventé la démocratie !). La démocratie bénéficie massivement à celles-ci, intellectuels ou barons de l’économie. Si les leaders d’opinion anglo-saxons ont fait de tels bogeymen de Mao, Staline ou de Gaulle, n’est-ce pas parce qu’ils défendaient une vision non démocratique du monde, favorable au peuple (cf. les purges d’intellectuels des deux premiers) ?
  • Dès que les oppositions aux démocraties se sont effondrées, celles-ci ont été emportées, comme la démocratie romaine, dans une lutte fratricide pour se partager leurs richesses. D’où dislocation et dictature. La chute de l’URSS a eu un effet curieusement similaire sur l’Amérique (Le développement durable contre les pauvres). La démocratie future pourrait ne pas être aussi aimable que celle que nous avons connue...
Tocqueville disait que chaque régime avait un vice, par construction, et que le rôle du législateur était d’en prendre le contre-pied…

jeudi 2 décembre 2010

Réforme des impôts

La France voudrait aligner son système d’imposition sur l’allemand. Officiellement, nos entreprises seraient défavorisées. Il se pourrait aussi que ce soit pour supprimer l’ISF et le bouclier fiscal.

Mais le système allemand semble aussi beaucoup plus complexe que le nôtre (déclarations d’impôts de 24 pages !), avec une TVA et une imposition du particulier plus élevée…

Et si notre gouvernement ne voulait toucher qu’à la fiscalité désavantageuse, et pas à l’avantageuse ? Et s’il voulait réduire les ressources de l’État au bénéfice de celles des entreprises et des fortunés ?

Si c’est le cas nous nous allons bientôt rivaliser avec les Grecs et les Irlandais en termes de rigueur… 

Ségolène et Nicolas

Au hasard d’un livre de Jeanne Bordeau (Les nouveaux codes du langage), je découvre son analyse du discours des finalistes de l’élection présidentielle. Je  n’avais rien compris à ce que disaient les candidats.
  • N.Sarkozy parle du « travail pour tous », il veut « impliquer tous les Français ». « Idéal de l’action ». Effectivement, c’est bien lui. Mais ne nous disait-il pas qu’il voulait nous transformer à son image ? Je ne crois pas que nous étions d’accord… Par ailleurs il cherche une « identification à sa personne ». Nous devions lui faire une confiance aveugle, pendant qu’il transformait le pays ? À notre réveil il aurait été neuf et beau, et nous aurions remercié notre président ? Mais nous ne pouvions comprendre le génie de ses intentions ?
  • S.Royal voulait des « régions qui piloteront des aides économiques ». Plus curieux : elle « délaisse « socialisme » », « elle ne l’emploiera pas une fois dans son discours d’investiture »… Sorte de libéralisme régionaliste de gauche ?
Les candidats disent effectivement ce qu’ils sont, mais nous ne les entendons pas. Vive l’analyse de langage ! 

Éducation nationale

Cinéma, dimanche dernier. J’entends quelqu’un raconter ses visites d’écoles. Une première, dans le 17ème, Pereire, des enseignants vieux et désagréables, des enfants « tous blonds » impeccablement éduqués. La seconde, 19ème, une équipe pédagogique jeune, soudée et sympathique, des enfants tout sauf blancs, ambiance de « centre aéré ». La personne s’inquiète de l’avenir de cette marmaille qui ne sait rien.

Il me semble qu’hier les « hussards de la République » diffusaient un enseignement uniforme. L’Éducation nationale a changé, à qui a profité le crime ?

Compléments :

mercredi 1 décembre 2010

Anglais de C.Lagarde

Madame Lagarde parle à la BBC. Parole rapide, d’une femme de poigne décidée. Ce n’est pas l’anglais des Anglais, il y a des sons français. Mais ce n’est pas du tout l’Anglais habituel, et ridicule, du français.

J’apprends aussi que DSK est courant en Anglais, et en Allemand… Décidément la France n’est plus ce qu’elle était. 

Thomas Krän

Thomas Krän est un américano-suédois, marié à une française. Après une carrière dans le marketing international, il s’est spécialisé dans la gestion des différences culturelles. C’est sa passion.

Il aide les entreprises pluriculturelles à résoudre les questions que pose le différentiel de repères de pensée ainsi induit. Mais cette approche défensive n’est pas ce qui l’intéresse. Pour lui une multiplicité de cultures est une richesse. Ça rend l’entreprise exceptionnellement créative !

Et il a certainement raison. À une époque, j’organisais des groupes de créativité. Et j’ai constaté que pour que la créativité puisse démarrer, il faut composer le groupe de gens très différents. Mélanger des cultures nationales doit conduire à des coups de génie ! Brillante idée.

Sa technique est sophistiquée, aussi : par exemple, il procède par une sorte d’amélioration continue (non pas des sessions sans lendemain), jusqu’à amener l’individu à jouer naturellement des différences culturelles (après les avoir rejetées comme irrationnelles !).

Compléments :
  • Il a une bien meilleure opinion de nous que nous-mêmes. Il voit le Français comme ouvert aux autres, alors que beaucoup de pays européens, que nous tendons à admirer, seraient séduits par un nationalisme étroit et médiocre.  
  • Il aide aussi les managers français à acquérir des techniques de présentation en anglais. Là aussi beaucoup de bon sens. Le Français fait une erreur fatale : il écrit l’anglais comme le français. D’où un langage complexe, incompréhensible et surtout arrogant. En en prenant conscience, et avec une préparation correcte on parvient à faire passer son message.

Lois et espérance de vie

Il semblerait que les lois sur l’héritage aient un impact sur la vie de l'individu à héritage.

Sa durée est directement affectée par leur modification.

mardi 30 novembre 2010

Stratégie iranienne

Curieuse situation iranienne.
  • Obama tente une politique d’isolement, en nouant des alliances avec ses voisins.
  • Mais il a besoin de l’Iran pour stabiliser la région. Ce qui n’est pas dans l’intérêt de celle-ci.
  • L’Iran semble mal géré et pourrir de l’intérieur. S’il devenait une démocratie, cela débloquerait son potentiel économique. Mais ça ennuierait fortement les dictatures du Golfe…
Cela ressemble à la question de l’URSS. Et si l'Iran était un contrepoids aux tendances des puissants locaux et internationaux d’opprimer un peu trop les populations de la région ? (cf. la thèse de Le développement durable contre les pauvres.)

Durabilité de Wikileaks

Wikileaks aurait dit que la Chine était pour la fusion des deux Corée.

Oui, mais la source serait coréenne du sud. Et puis l’opinion serait celle de certaines personnes, pas forcément de tout le gouvernement chinois… (Informations de la BBC, ce matin.)
De l’avantage d’être impénétrable… D’ailleurs, la diplomatie l’est par nature. Elle a toujours dit tout et son contraire. Qu’aurait signifié une fuite venant de Talleyrand ?

Au fond, pour faire perdre toute crédibilité à Wikileaks, il suffit d’utiliser les tactiques de la guerre froide : lui transmettre quelques informations justes et beaucoup de fausses. Alternativement ce peut facilement devenir un outil de manipulation des foules. 

Lenny (2)

Lenny raconte l’histoire vraie d’un homme qui veut éliminer l’hypocrisie. Il démontre, à plusieurs reprises, que si l’on disait tout haut ce que l’on pense tout bas, la haine ne serait plus possible, et le monde serait harmonieux.

La question de l’hypocrisie est centrale dans toute conduite du changement. Le problème est assez curieux, et je ne suis pas sûr de bien le comprendre. Je me demande s'il ne peut pas se modéliser ainsi : 

Une personne n’est pas faite pour occuper une fonction (ou n’a pas les moyens de réussir), mais on ne le lui dit pas, ça ne se fait pas. Par contre on ne se prive pas de dénoncer, sous cape, son incompétence. En fait, elle fournit une excuse confortable pour ne pas faire correctement son propre travail. Nous sommes donc vus comme incompétent… Bref le problème est général.

Promettre de remettre chacun à la place où il est à l’aise (c’est l’objectif de tout changement) devrait susciter l'enthousiasme. Mais, comme l’illustre Lenny, c'est le contraire qui se produit. Pourquoi ? On en veut aux autres de leurs haines passées ? Nous sommes des drogués de l’hostilité ? La bien pensance est un mécanisme social déconnecté de la raison ?...

lundi 29 novembre 2010

Wikileaks pas intéressant

Je suis surpris à quel point les nouvelles fuites de Wikileaks sont de peu d’intérêt : Les révélations de WikiLeaks en quelques phrases-clés

Au fond, on n’y voit que de petites faiblesses humaines pas du tout surprenantes. On aurait le même type de citations si l’on trahissait ce que pense n’importe quel Français de n’importe qui d’autre.

Mittelstand

Le Mittelstand allemand est fait d’entreprises qui dominent des industries « démodées ». 90% vendent aux entreprises, et 70% sont installées à la campagne. Dirigeants anonymes, spécialisation, innovation permanente, service client impeccable et vendeurs amoureux de leurs produits. La globalisation leur a ouvert « d’énormes marchés globaux ». Mittel-management.

Inspiration pour l’entreprise française ?

Corruption en Inde

The Economist juge généralement que l’Inde est, plus que la Chine, la puissance de demain.

Mais comment pourra-t-elle l’être si « les de plus en plus matérialistes indiens deviennent complètement corrompus » ? Ce qui semblerait lié à l’exacerbation des inégalités amenée par la croissance économique.

Dernier scandale en date. Une mise aux enchères de fréquences télécom aurait fait perdre à l’État 40md$.

dimanche 28 novembre 2010

On est toujours trahi par les siens

D’après La zone euro rongée de l'intérieur, le « marché » qui s’en prend à l’euro n’est autre que les organismes financiers de la zone euro (par exemple les fonds d’assurance vie). Ils pourraient très bien mettre la dite zone en faillite, ce faisant coulant avec elle.

En fait, l’article tire cette conclusion de la nationalité des créditeurs d’un État. Comme le montre l’affaire irlandaise (billet précédent), c’est incorrect. Les États garantissent leurs banques, qui a prêté à la banque entre aussi en compte. Pour l’Irlande le problème vient de là. D'ailleurs, attaquer les « marchés » n’a pas grand sens. Chaque acteur, isolé, optimise son intérêt individuel, qui est de suivre le troupeau.

Un autre article remarque que, jusque là, la BCE garantissait les banques irlandaises. Si elles avaient fait faillite, elles l'auraient enterrée. 

Pas simple tout ça.

Où va l’argent du contribuable ?

L’affaire irlandaise est glauque. Elle ressemble à une énorme malversation par quelques individus. L’État irlandais a choisi de les aider, forçant la BCE, l’Europe et le FMI à le secourir.

Curieusement, alors que partout on entend le « contribuable » demander bruyamment la fin d’un État dispendieux, il n’a rien à dire sur la crise irlandaise. Aucun sens de l’honneur, pour commencer. Hier encore, on lui donnait l’Irlande en exemple. La France n’était-elle pas de la dernière ringardise ? Mais, surtout, son argent si difficilement gagné va dans des poches étrangères. Les banques irlandaises contiennent 203md€ de fonds non irlandais, dont 179 extérieurs à la zone euro ! Et ils prennent la poudre d’escampette (d'où la crise actuelle !!). (Plugging the hole.) Plus amusant : en aidant l’Irlande, nous creusons nos déficits français. Et si, demain, les si vertueux marchés financiers nous faisaient subir le sort de l’Irlande ?

L’Anglais, lui, a vu venir l’entourloupe. Il ne se sent aucune solidarité avec la zone euro. D’ailleurs, il pense, avec une grande satisfaction, qu’elle va exploser. Pourtant, en partie très significative, ses fonds sont en Irlande et en Espagne. Et l’Irlande est pour lui un plus gros partenaire commercial que les BRIC, tous ensemble ! Et la relance anglaise profite magnifiquement d’une massive dévaluation de la livre par rapport à l’euro…

C’est cela l’art du parasitisme : rendre le parasité coupable de ce qu’on lui vole ?

Compléments :
  • Le pire dans l’affaire est que l’Irlande elle-même semble vouloir, en partie ?, reconstruire sa prospérité en parasitant ses voisins…
  • Ce qu’en pense Paul Krugman : This Is The Way The Euro Ends.

Changement en Allemagne

Allemagne et crise. 2 caractéristiques marquantes.
  • Kurzarbeit. Il permet à l’entreprise de payer l’employé à temps partiel, l’État prenant en charge ce qu'elle ne paie pas. Semble particulièrement habile : évite chômage et déqualification.
  • Paupérisation. 6,7m de travailleurs « mal payés ».
A vrai dire, on frôle même les abus et l'exploitation en ce qui concerne les temps partiels et les bas salaires. Postes en intérims, CDD, ou même les mini-jobs, ces emplois de quelques heures hebdomadaires rémunérés 400 euros par mois sans charges sociales pour le salarié ont été, ces dernières années, la règle pour un nombre important de travailleurs du tertiaire. [Les "mini-jobs" concernent encore 12 % de la population active.]
Mais, lumière au bout du tunnel ? Prise de conscience générale de la situation. Bientôt meilleurs salaires et meilleure protection sociale ? (L’article du Monde.)

Compléments :
  • Ce qui pourrait aussi être bon pour le reste de l’Europe. Beaucoup de nos problèmes viennent de la dégradation des salaires allemands (il faut rappeler que cela a conduit à une diminution de 20 % des salaires. Et que ceux-ci, depuis dix ans, ont globalement stagné en Allemagne, contrairement aux autres pays européens). D'ailleurs, si l’Allemagne se mettait à un peu plus consommer ça apporterait à la Grèce et à d'autres les moyens de rembourser leurs dettes… 

Dilemme du prisonnier

J’explique habituellement que le changement ordinaire provoque le « dilemme du prisonnier ». Il casse les règles de coordinations entre individus et les amène à décider en fonction de leur seul intérêt.

L’expression vient de la théorie des jeux. Elle montre deux garnements qui ont fait un mauvais coup. Ils sont interrogés par la police. Si aucun ne parle, ils s’en tirent bien. Or, leur intérêt individuel est d’avouer. Résultat : prison.

En fait, je crois que le dilemme du prisonnier est au dessous de la vérité. Dans cette situation, l’homme ne va pas se contenter d’avouer, il va chercher à enfoncer son partenaire en allant jusqu’à inventer des crimes qu’il n’a pas commis. Les deux faisant la même chose, ils vont écoper de beaucoup plus que ce qu’ils méritaient.

Il me semble que c’est cela que provoque un changement mal mené. Une destruction étonnamment accélérée de l’organisation qui le subit. Curieusement, cela ressemble au cancer.