lundi 27 décembre 2010

Facebook

Parmi les révisions de fin d’année, il a celle de l’histoire de Facebook telle que racontée par The social network.

Si je comprends bien le film, le fondateur de Facebook vole l’idée à d’autres étudiants de Harvard. Or, cette idée est principalement d’utiliser la notoriété de Harvard. Ce qui me semble déjà un vol.

Mécontents, ils rencontrent le président de Harvard, Larry Summers (le grand déréglementeur), en lui demandant de faire appliquer le code de bonne conduite de Harvard. En gros, il leur répond que Facebook n’a aucun avenir, d’aller chercher d’autres innovations ailleurs : Harvard en est plein.

Drôle d’image d’une certaine société américaine : la science ne sert plus qu’à gagner de l’argent, et tous les coups sont permis, il n’y a plus de règles et de morale.

Trotskysme et révolution

Dans mon enquête sur le Trotskysme, j’ai manqué quelque-chose.

Je me suis montré étonné de trouver les Trotskystes partout au sein des mouvements anti-gouvernementaux. Mais c’est normal. Le principe fondamental du Trotskysme est la révolution mondiale. Il est donc logique qu’il soit devenu l’animateur de l’agitation populaire.

Compléments :

Le tombeau des lucioles

Film de Isao Takahata, 1988.

Un film fort triste. Mais très honnête. Il n’y a pas de bons et de méchants. La population est unanime dans son partage du projet patriotique. Le jeune héros-victime aurait dû devenir en toute bonne conscience un militaire fanatique. Le Japon n’est pas non plus un pays d’entraide. Comme ailleurs beaucoup y sont mesquins, jaloux et ont le cœur froid.

Dans ce film, on subit de très impressionnants bombardements. Ce qui était inattendu d’un dessin animé. Vue du sol, au milieu d’une population civile, il est bien difficile de croire que l’aviation américaine a la justice de son côté.

Le tombeau des lucioles est certainement la plus terrible des plaidoiries contre la guerre.

Compléments :
  • Au Japon, n’y a-t-il de lien humain qu’au sein d’une communauté ? Ce qui expliquerait qu’il y ait des exclus ?
  • Ce que je retiens de ce film, curieusement du Nom des gens, et aussi de l’expérience de ceux qui ont été les victimes d’une guerre, c’est qu’elle détruit les survivants, les ampute d’une partie de leur être. Il faut être bien stupide pour penser qu’elle fait des héros. 

dimanche 26 décembre 2010

Union soviétique

L’Union européenne deviendrait-elle soviétique ? Le pouvoir hongrois semble avoir décidé que son expérience démocratique était finie.

Curieusement, l’Europe ne réagit pas à cette violation de ses principes fondateurs. Et l’Angleterre, qui avait cru que les ex-soviétiques l’aideraient à rénover la vieille Europe, s’en désintéresse maintenant.

Les nations européennes se sont engourdies dans un individualisme mesquin, parviendront-elles à réveiller leur projet commun ?

RP et manipulation

Ce qu’il y a de curieux dans l’histoire des relations publiques, c’est qu’on y parle immédiatement de manipulation. Un de ses pères fondateurs aurait même été un neveu de Freud, un certain Edward Bernays.

Comment la science peut-elle amener les masses où entreprises et gouvernements veulent qu’elles aillent ? se demande-t-on. Déjà, on repère la sensibilité de l’esprit humain aux émotions, aux images, à l’influence des leaders d’opinion.

Pourquoi l’entreprise n’a-t-elle pas cherché à s’adresser à la rationalité humaine ?

Parce que le capitalisme n’a pas attendu la révolution russe pour avoir mauvaise presse. Ses origines sont marquées par un affrontement avec syndicats et salariés. Inquiète pour sa situation, son élite dirigeante était prête à tous les coups. 

Que signifie que la publicité ressortisse toujours à de la manipulation ? Plus qu’un marché, le dirigeant nous voit comme une populace révolutionnaire qui en veut à ses richesses ?

Hamlet

Film de Laurence Olivier, 1948.

Quelques jours après avoir vu ce film, j’ai entendu la BBC dire qu’il était 100% inspiré par Freud. (Je me demandais aussi pourquoi il y avait autant de plans lourdement insistants sur le lit de la mère d’Hamlet…)

Dommage, je l’avais trouvé fort bon (en dehors d’une Ophélie grasse et mièvre). Shakespeare serait-il insubmersible ?

Toujours est-il que ses ratés lâches et incertains nous parlent bien plus que les héros du drame français de la même époque. Serions-nous tous anglais maintenant ? Greed and fear ?

samedi 25 décembre 2010

Berlusconi l’insubmersible ?

Les entreprises télévisuelles de M.Berlusconi affrontent le plus terrible des fléaux inventés par le capitalisme libéral : Ruppert Murdoch.

Or, elles se défendraient bien  mieux que l’élite économique fréquentable. Cela ne serait pas dû uniquement à des manipulations des lois de la République. Elles sauraient séduire le marché.

L’Angleterre juge la France

Les siècles n’ont pas changé l’opinion de l’Anglais sur le Français. Voici ce que dit John Stuart Mill (Representative Government) :
(Les Anglais) ont le plus grand dégoût pour la lutte des partis politiques ou des individus pour une charge ; et il y a peu de choses pour lesquelles ils aient plus d’aversion que pour la multiplication des emplois publics ; quelque chose qui est, au contraire, toujours fort populaire chez les membres des nations criblées de bureaucratie du continent, qui préféreraient payer plus d’impôts que de réduire par la plus infime fraction leur chance d’obtenir une charge pour eux-mêmes ou leurs proches, et parmi lesquels une demande d’économie ne signifie jamais l’abolition des charges, mais la réduction des salaires de celles qui sont trop considérables pour que le citoyen ordinaire ait la moindre chance d’y être nommé.
Je crois que la classe supérieure anglaise se trouve toutes les qualités, et estime que sa position est due à son mérite. En outre ses rangs sont ouverts à ceux qui parviennent à s’y hisser. Celui qui l’envie et veut l’éliminer, en conséquence, n’est qu’un paresseux.

Le Français, du fait de son histoire, voit les choses différemment. Pour lui la classe supérieure doit sa position à l’hérédité, et non au mérite. Et quand on y pénètre de son vivant, c’est par quelque magouille que la morale réprouve. (Dans les deux cas, effectivement, il n’y a pas d’intrigue indécente pour obtenir une charge : l’un la reçoit du fait de ses relations, et l’autre la dérobe par son « esprit d’entreprise ».)

Compléments :
  • Cette admiration de la classe supérieure anglaise pour elle-même s’exprime peut-être dans ses sports nationaux, qui la donnent en spectacle à la nation : Sport et identité nationale.

vendredi 24 décembre 2010

Recherchons terroristes, Bac+5

« Le terrorisme est une activité complexe ». Les terroristes recrutent leurs suicidaires sur diplômes. Décidément nous appartenons bien à une économie de la connaissance.

Et l’intellectuel est beaucoup plus sensible à la séduction du terrorisme que le peuple. (Exploding misconceptions.)

(Les premiers terroristes, ceux de 89, et les trotskystes étaient tous des intellectuels, d’ailleurs !) 

Triste Amérique

L’Amérique n’est pas faite pour connaître le chômage. Or il est devenu très élevé (9,8%), et il semble parti pour s’éterniser.

L’Américain moyen commence à être terriblement touché. Il se retrouve bien vite sans chômage et sans sécurité sociale. Triste spectacle. 

Esprit d’ISO 26000

Ma lecture de la norme ISO 26000. À l’origine, je vois une double idée :
  1. Disparition du service public. Il faut que quelqu’un récupère les responsabilités abandonnées par l’État. La Responsabilité Sociétale de l’Entreprise accompagne la déresponsabilisation de l’État.
  2. Globalisation et interdépendance (conséquence de la fameuse mode de la « supply chain » ?) conduisent à un impact mondial de décisions locales. La responsabilité de l’entreprise s’est massivement amplifiée.
À tout ceci vient s’ajouter des « groupes vulnérables » particulièrement susceptibles aux crises économiques et dont il faut d’autant plus prendre soin que l’État n’assure plus son rôle. Mais la norme l’avertit qu’il doit se ressaisir et assumer ses responsabilités. Le rôle des services publics est « primordial », notamment en ce qui concerne les susdits « groupes vulnérables ». (Attention : que l’entreprise devienne responsable ne signifie pas que l’Etat ne doit plus l’être : leurs rôles et responsabilités sont différents, non substituables.)

La question que pose ISO 26000 est simplement : quelles sont mes responsabilités d’homme ? La norme en elle-même est là pour aider cette réflexion en proposant une liste (minimale ?) de questions à se poser. Mais rien ne peut dégager l'homme de sa responsabilité, surtout pas une norme.

On découvre qu’être responsable c’est répondre de l’impact de ses décisions, ne rien cacher, connaître et respecter les lois (« primauté du droit », un point sur lequel la norme insiste lourdement), avoir un comportement éthique, respecter les normes de comportement international (coutumes, si possibles universelles…), respecter les intérêts de ses « parties prenantes », respecter les droits de l’homme.

Cela demande aussi (de manière un peu redondante ?) de connaître et de s’interroger sur les droits de l’homme, les droits des travailleurs (une partie des précédents), les droits des clients, les bonnes pratiques du métier, l’environnement et la société. Et de se donner la « gouvernance » qui permet de respecter ses engagements.

Technique centrale. Le dialogue avec les parties prenantes. Leur rôle : aider à trouver une solution aux questions ci-dessus. Mais attention. Elles ne dégagent pas la responsabilité de celui qu’elles aident. Elles peuvent ne pas penser à tout. Et surtout elles ne représentent pas tous les intérêts en cause. Il ne faut pas oublier ceux qui ne peuvent pas faire entendre leur voix (comme les générations futures ou la nature, ou encore les chômeurs, ou toute communauté mal organisée).

Le but de ce dialogue est aussi (essentiellement ?) d’éliminer les conflits entre intérêts. Entre parties prenantes, entre parties prenantes et sujet de la RSE, entre parties prenantes et société.

Commentaires

ISO 26000 c'est le monde à l'envers :
  • L’individualisme triomphant jusqu’ici (les droits de l’homme) est mâtiné d’une forte couche d'influence sociale. (Importance de « comprendre les attentes générales de la société » ; normes de comportement international, en particulier les coutumes qui dirigent les peuples – une pierre dans le jardin des Lumières.)
  • Le rappel permanent à la légalité contraste bizarrement avec le Far West que nous avons vécu. 
  • L’Etat est sommé de reprendre son rôle d'Etat. 
Le plus curieux, c'est le dialogue avec les parties prenantes. C’est la dialectique grecque qui cherche à établir une solution juste entre intérêts apparemment contradictoires (la norme parle de « conflits »). Mais contrairement au modèle grec (et anglo-saxon), les parties prenantes ne se limitent pas à celles qui ont un pouvoir de nuisance. La responsabilité de l’entreprise concerne aussi, surtout, ceux qui ne peuvent pas se faire entendre. D’ailleurs, même vis-à-vis des parties prenantes, son rôle n’est pas tant de les écouter que de les remettre, le cas échéant, sur le chemin de la vertu.
Les parties prenantes peuvent avoir des intérêts qui ne sont pas compatibles avec ceux de la société. 
En fait ce dialogue me semble l'opposé du diviser pour régner créateur d'un individualisme généralisé, c'est l'exercice central à la constitution et à la maintenance d'une société :
  • Le travail d’analyse préliminaire à ce dialogue montre que l’intermédiaire est pris dans une sorte d’injonction paradoxale. Son donneur d’ordre tend à le forcer (s’il ne veut pas perdre ses contrats) à mal faire son travail, c'est-à-dire à exploiter les faiblesses du marché. J’en suis arrivé à me demander si ce n’est pas comme cela qu’a fonctionné l’économie ces derniers temps. Elle a détroussé les faibles. Et si c’était cela qui rendait notre développement non durable ?
  • En mettant en lumière les conflits entre parties prenantes, le dialogue permet de sauver l’intermédiaire d’une situation non durable (l’injonction paradoxale n’est plus possible). Surtout, en confiant la résolution du problème à la société (non plus à quelques individus isolés, qui voient midi à leur porte), il permet de trouver des solutions honnêtes aux intérêts des uns et des autres.
ISO 26000, reconstitution du lien social ? Contrepied des décennies post 68 ?

Compléments :
  • Quelques observations pratiques résultant d’une première mise en œuvre. 

jeudi 23 décembre 2010

Ernst et Young et Lehman Brothers

Depuis quelques temps la presse parle d’Ernst et Young, accusé d’avoir contribué à tromper le marché sur la solidité de Lehman Brothers.

La BBC ce matin s’inquiétait de ce que 99 sur 100 des grandes entreprises anglaises sont auditées par des « big four » qui ne semblent rien avoir appris de l’histoire d’Enron et d’Arthur Andersen. Un interviewé expliquait qu'il ne leur est pas possible de mécontenter leurs clients, ils pèsent trop lourds dans leurs comptes, et que leurs employés peuplent leur organisme de contrôle.

Bulle financière américaine, Mediator français, recherche en économie financée par l’entreprise… Le secteur privé peut-il s’auto-contrôler ? Au fond il est curieux à quel point les intérêts du secteur privé tendent rapidement à s’aligner pour exploiter le « marché », qui, lui, est divisé et sans force. 

Réseau électrique français

Notre réseau électrique n’aurait pas été entretenu.

Effet inattendu de la transformation d’un service public en une entreprise en situation de monopole ?

Pourtant le livre d’économie pour débutant explique que le monopole n’innove pas, il exploite son marché.

Est-ce la raison qui a poussé à la déréglementation des services publics, et, surtout, à la façon dont elle a été menée ? « On n’a pas besoin de lumière, quand on est conduit par le ciel » ?

Heureux les vieux

Bonne nouvelle : les très vieux seraient très heureux. Après une chute continue, le bonheur repartirait à la hausse à partir de 46 ans.

Plusieurs explications s’affrontent. Pour ma part, j’y vois l’écho d’une de mes vieilles théories. Et si l’âge de 46 ans marquait le passage de la phase « jeune con », qui se tape la tête contre les murs, à celle de « vieux con », qui n’a plus que des certitudes ?

Achats et sous-traitance

Nouvel enseignement de l’année. J’ai eu la surprise de retrouver la situation que j’avais rencontrée dans l’automobile. À savoir des entreprises qui massacrent leur sous-traitance par une politique d’achats irréfléchie.

L’Automobile (essentiellement américaine et française) a poursuivi une politique qui l’a conduite à concentrer sa sous-traitance. Parallèlement elle l’a soumise à des appels d’offres extrêmement rigoureux. Résultat : la crise a balayé la plupart des équipementiers, ceux qui demeurent (secourus par l’État, pour la plupart), sont maintenant en situation de quasi monopole.

Cette politique d’achat s’est accompagnée d’un abandon de compétences. Les constructeurs ont éliminé les personnels qui savaient concevoir les équipements (jusqu’ici les sous-traitants ne faisaient que les fabriquer). Si bien qu’ils sont maintenant incapables de contrôler leurs fournisseurs.

J’ai donc été étonné de retrouver ce même phénomène dans d’autres industries. Concentration des fournisseurs, baisse des prix par un système d’injonction paradoxale, abandon des compétences du donneur d’ordre. Il est étonnant à quel point les entreprises sont incapables d’apprendre les unes des autres.

En fait, je crois que le phénomène est plus subtil que ce que je pensais. J’ai observé, du côté du marketing, une stratégie de recherche d’avantage par le prix et par l’inflation de fonctionnalités. (Au fond, c’était aussi vrai dans l’automobile. Les voitures sont maintenant pleines d’un bric-à-brac électronique inutile.) Ce qui conduit à en demander beaucoup plus au sous-traitant pour beaucoup moins cher. Le sous-traitant ne pouvant pas perdre un client qui assure l’essentiel de son chiffre d’affaires, il fait mal son métier.

À la réflexion, je ne pense pas que ce soit délibéré. Marketing et achats n’agissent pas de concert. Il y a perte de vision globale.

Le changement que doit subir la grande entreprise est sans doute ici. C’est ce que le marketing appelle l’exercice du « positionnement » : développer un avantage unique et durable pour lequel le marché est prêt à payer cher. Ce qui demande de comprendre ce qu’il veut, ce que peut faire l’entreprise et de la reprendre en main pour qu’elle coordonne ses efforts pour concevoir le produit ad hoc. Apple me semble illustrer cette idée. 

mercredi 22 décembre 2010

Soviétisation de l’Europe de l’est

Comme la Russie, l’Europe de l’Est retourne au modèle soviétique d’un pouvoir central fort, protecteur et peu démocratique.

Logique. Quelle séduction pourrait-elle trouver au modèle occidental ? 

Changement en Angleterre

Le gouvernement anglais renverserait la centralisation de Margaret Thatcher. Il donnerait aux collectivités locales la conduite de la réforme qu’il a entreprise. C’est logique : son projet de « Big society » signifie que c’est au peuple de prendre son sort en main. Et qui est plus près du peuple qu’une collectivité locale ? En tout cas pas l’État.

Mais les raisons de la centralisation (donner des conditions identiques à tous) n’ont pas disparu, et les moyens financiers des collectivités locales seront sérieusement réduits. (Careful what you wish for.)

Vont-elles se trouver en position d’injonction paradoxale : on leur demande d’en faire plus avec moins ? Si elles ne veulent pas sombrer dans une forme de folie, elles doivent définir un plan d’action qu’elles savent réaliser, avec les moyens dont elles disposent ? Et le faire signer à M.Cameron ?

Compléments :
  • Que va faire le gouvernement français, qui semble appliquer le modèle de centralisation Thatchérienne ? 

Sophisme de l’actionnaire

Un dirigeant fondateur de société me dit du mal de ses actionnaires. Pourquoi auraient-ils droit aux revenus de l’entreprise alors qu’ils n’y travaillent pas ?

Une histoire similaire serait arrivée chez Facebook. Son fondateur avait donné 30% de la société en échange de 1000$ à un ami. Mais, qu’était cet argent en comparaison des nuits et des jours que consacraient au projet Mark Zuckerberg et ses premiers collaborateurs, et surtout de son potentiel (si j’en crois The social network) ?

Pendant des années on nous a dit que l’entreprise devait maximiser les gains de l’actionnaire. Ça nous est apparu comme évident. Mais, au fond, ça ne l’est pas du tout. L’intuition commune est que l’entreprise appartient à celui qui « crée de la valeur », qui lui apporte son génie, les plus belles années de sa vie, pas son argent.

Ce doit être cela un sophisme : il parle à la raison, et la raison est aisément manipulable si elle n’est pas appuyée sur l’expérience.

Compléments :
  • Marx disait que le capitaliste était un exploiteur. Les beaux esprits l’approuvaient. Puis l’université américaine a présenté la thèse inverse. Ils ont gobé sans broncher.
  • Ma solution au divorce entre membre de la société et actionnaire est de démontrer l’utilité de l’actionnaire. Un actionnaire (de petite entreprise) doit être un conseiller et un vendeur, avec un gros carnet d’adresses. C’est d’ailleurs comme ceci que se présentent les fonds d’investissement américains.  L’investisseur doit s’investir dans l’entreprise. 

mardi 21 décembre 2010

Fin du microcrédit ?

Le microcrédit, comme tous les crédits, serait victime de bulles spéculatives. D’où surendettement et suicide. Et les taux demeurent très élevés (plus de 30%). Les gouvernements s’en émeuvent. (Under water.)

C’est peut-être une mauvaise nouvelle pour l’idéologie libérale. Je soupçonne que l’Inde et les pays de sa région, avec leurs légions d’économistes, offraient au monde un capitalisme nouveau qui aurait trouvé un antidote à sa malédiction : la pauvreté. 

Eh bien la pauvreté ne semble pas prête à disparaître par miracle. 

La France innove ?

Au détour d’un article, je découvre que le Rafale, partant d’un porte-avion, pourrait lancer ou détruire des satellites. (Endangered birds.)

Ce serait une première.

La France de l’armement aurait-elle encore des choses à dire au monde ?

Le nom des gens

Film de Michel Leclerc, 2010.

Enfin un film optimiste, où il n’y a pas de bons et de mauvais. On y découvre même un Lionel Jospin fort sympathique. Et que les vrais drames sont muets. 

lundi 20 décembre 2010

L’État et l’Anglo-saxon

Et si l’État était une excuse à l’irresponsabilité ? me fait penser mon billet sur le systèmes de retraite américain.

L’Américain a remarqué que lorsqu’il commettait un acte que la morale réprouve, l’État se charge de redresser le tort. Dès lors le plan de marche est simple : je détruis, l’État répare et s’endette, je l’attaque pour son incompétence. En effet, si je ne le faisais pas, je plaiderais coupable.

Quand l’État est trop endetté, personne ne voulant, bien entendu, le renflouer, il ne peut que faire défaut. (Explication de Amérique éternelle ?)

Et si cela justifiait aussi l’euroscepticisme anglais : la bureaucratie européenne a un double intérêt, c’est un État et il n’est même pas anglais. Bouc émissaire idéal ! 

Miracle irlandais

Paul Krugman a déniché une interview de George Osborne, datant de 2006. L’actuel ministre des finances anglais y explique le succès irlandais. Démonstration scientifique : l’Irlande est un miracle de l’économie de marché. Ses fondamentaux (recherche et développement, enseignement, etc.) résultent de lourds investissements et lui garantissent une prospérité durable. Il faut l’imiter.

Cet homme a-t-il tiré du même type de raisonnement imparable la réforme qu’il applique à son pays ?

Chine économique

L’évolution économique de la Chine se ferait par phases. À partir de 79, capitalisme financier avec acquisition de tous les composants nécessaires (bourses, banques, etc.) Reflux dès 2006. Le système financier chinois se referme sur lui-même.

Par ailleurs, « Le gouvernement chinois est en train de retirer les subventions à l’industrie et d’assouplir le contrôle du prix de l’énergie. Les employés demandent des hausses de salaire. Les normes environnementales, aussi, sont renforcées. Toutes ces tendances affectent les profits, mais le gouvernement est heureux de les laisser se développer ». (Where are the profits?)

Ferait-il meilleur vivre en Chine ? A-t-il fallu, pour cela, se protéger de l’irrationalité du « marché » ? Avec la disparition de ceux qui avaient voulu le capitalisme financier chinois s’est enfui « le désir de la direction du pays de supporter la brutale volatilité des systèmes basés sur le marché ».

Avenir du nucléaire

L’avenir du nucléaire ne semble pas aussi prometteur qu’il y a quelques temps. (Thinking small.)

Le marché américain se serait fermé. Et les petits réacteurs, ressemblant à ceux qui propulsent les bateaux, pourraient être préférés aux grands.

La chance sourirait-elle à DCNS plutôt qu’à AREVA ? En tout cas, sur le marché du petit réacteur, la concurrence s’annonce féroce.

Compléments :
  • En voyant les difficultés d’AREVA à construire ses centrales, je me demande si elle n’a pas perdu son métier. Après tout elle n’avait plus de pratique depuis longtemps. Et puis le nucléaire n’attire plus les ingénieurs. 

Retraites américaines

Une discussion avec un dirigeant de mutuelle m’a fait comprendre que notre système de protection sociale était sérieusement menacé (ce qui est bon pour ses affaires). Où allons-nous ? Début d’enquête sur les USA. HAWTHORNE, Fran, Pension dumping, Bloomberg, 2008.

Si je comprends bien, aux USA, ce sont les entreprises qui paient les retraites. Soit elles constituent des plans permettant au retraité de recevoir un montant prédéfini (comme chez nous), soit, de plus en plus, elles aident l’employé à constituer un pécule qu’il gère lui-même (401(k)). Cette dernière formule serait plus économique que la première pour l’entreprise, mais moins susceptible de retenir ses personnels qualifiés (et moins favorable au retraité, dont le montant de la retraite est incertain). C’est de la première que parle le livre. Elle concerne environ 13% de la population américaine. (28% en 1979.)

En fait, elle a été l’objet d’une sorte de nettoyage ethnique. Les entreprises et les fonds « charognards » (spécialisés dans la récupération des entreprises en faillite) ont découvert qu’il n’y avait dans cet engagement rien de sacré. En fait, c’était une dette ! Et la dette la moins bien protégée de toutes puisqu’elle appartient à des retraités qui n’ont plus aucun pouvoir de nuisance. Ils l’ont donc liquidée à la moindre faillite. Et, aux USA, la faillite n’est plus une honte depuis longtemps, mais une technique de management. (Le livre a été écrit avant la crise.) 

Bien sûr le retraité n’est pas laissé sans rien. À la suite de l'indignation produite par les premières liquidations, l’État fédéral a constitué une assurance qui prend en charge une partie des retraites non versées. On peut donc liquider la conscience tranquille.

En réalité, tout le monde a prêté la main à la liquidation des fonds de pension. Les entreprises ont utilisé des astuces comptables pour ne pas mettre l’argent nécessaire dans leurs fonds de pension, maintenant très déficitaires ; les syndicats défendent les actifs – non les retraités ; ils ont peut-être aidé à constituer des systèmes généreux parce qu’il était plus facile de promettre deux tu l’auras qu’un tien ; les tribunaux pour faillite font ce qu’ils peuvent pour reconstruire des entreprises les plus saines possibles ; si une société liquide son fonds de pension, ses concurrents ont intérêt à le faire ;  le management et les fonds charognards voient là une mesure d’économie rapide qui leur permet des gains de rentabilité immédiats ; les fonds de pension, eux-mêmes, sont clients de ces charognards. Et le phénomène n'est pas propre à l'entreprise : les fonds de pension des États de l’Union sont en sous-financement massif (381md$ en 2006) !

Le livre est aussi l’occasion d’une réflexion sur la retraite. En promettre une est nécessaire pour attirer un personnel qualifié et le conserver. Sans ces fonds de pension les entreprises qui en ont constitué n’auraient pu recruter. Par ailleurs, l’actif achète sa retraite : il accepte de réduire son salaire en échange d’elle.  (Bref, dans cette affaire, les retraités sont les dindons de la farce, on leur a promis quelque-chose qu’on ne voulait peut-être pas leur donner. Et en plus, ils ont payé pour !) La retraite permet aussi de se débarrasser des personnels âgés.

Commentaire

La rigueur intellectuelle, et morale, n’est décidément pas la caractéristique des USA. On y promet ce qu’on ne peut pas tenir. L’hypocrisie y va jusqu’à se décharger sur l’État de ses responsabilités, puis à l’accuser d’être trop gros, du fait d'une coupable mauvaise gestion !

Le plus curieux, grave ?, est peut-être notre propre attitude. Car depuis des décennies on nous donne l’Amérique comme modèle. Il est concevable que la culture Américaine trouve sain ce que décrit ce livre, mais est-ce compatible avec la nôtre ? Ne serait-il pas normal que l’on soit informé d’où on veut nous amener ?

Compléments :

dimanche 19 décembre 2010

Euro pas réparé

Les observateurs de désolent du manque de courage des dirigeants européens. Ils ont incapables trouver une solution durable aux défauts de fabrique de la zone euro. Ce serait même l’eurosceptique Angleterre qui tirerait les marrons du feu ! Les « marchés » vont-ils faire de la chair à pâté de l’euro ?

Et si c’était le marché qui faisait l’euro ? S’il fallait une crise pour stimuler le courage des politiques ? S’ils avaient besoin que l’Europe soit au bord du gouffre ? Et, si, entre-temps les insultes qu’ils reçoivent leur permettaient de juger de la motivation du peuple ? Et s’ils avaient besoin des idées qu’on leur jette à la figure pour construire les leurs ?

Compléments :

Amérique éternelle

« L’histoire financière de l’Amérique a été celle d’une succession de batailles perdues contre la dette et l’inflation » dit une revue de livre.

Et cela s’est fait par une série d’innovations qui ont permis de contourner l’esprit de la morale que l’Amérique s’était donnée. « La ruée vers l’or a créé une alternative à la notion puritaine de travail et d'épargne, qui avait caractérisé les débuts de la nation ». « La loi sur le cours légal, sous Abraham Lincoln, a pavé la voie à l’acceptation du déficit. Les mœurs monétaires se sont encore plus relâchées dans les années 20 avec l’explosion du crédit à la consommation (lié au développement de l’automobile) et de l’investissement spéculatif, alimenté par la dette ».
Un certain nombre de thèmes reviennent. Exubérance irrationnelle des marchés financiers, amenant à intervalle régulier le développement puis l’éclatement de bulles spéculatives de crédit. L’instabilité (et le pouvoir politique) des banques, et l’inconscience fiscale des États. La répugnance à la fois du gouvernement fédéral et de celui des États de collecter suffisamment d’impôts pour financer leurs engagements. La tentation de recourir à l’inflation comme solution des déficits publics et de laisser la dette croître plus vite que l’économie. (…) La faillite était utilisée pour favoriser les affaires des aventuriers de la fin du 19ème siècle, de la même façon qu'elle a été employée au profit d'objectifs politiques, avec General Motors et Chrysler. (…) le Fed a servi la Maison blanche et les grandes banques avant de servir le peuple – par exemple en fournissant régulièrement des liquidités pour stabiliser les marchés financiers sous couvert de sauver l’économie réelle. (…) Dès la fin des années 70, le logement a commencé à remplacer la défense comme moteur de croissance. Bien vite, le mythe que l’on n’a jamais suffisamment de quoi que ce soit s’était enraciné. Progressivement, la politique visant à rendre le logement plus accessible est devenue une entreprise géante englobant 1500 organisations publiques et privées. (L’auteur) n’est pas le seul à se demander comment l’économie américaine va faire sans un marché du logement florissant.
Peut-être a-t-on là une application d'une théorie de Durkheim ? Quand on est innovant on l'est pour le bien et pour le mal. Quand l'Amérique ne trouve pas de moyens honnêtes de se développer elle en cherche d'autres ?

Premier geste du changement

Le changement présente un risque majeur. Le cancer.

Le changement peut être pris pour un signal, par chacun, qu’il doit attaquer l’intérêt collectif. La maladie n’est pas volontaire. Chacun se protège en se débarrassant de ce qui le gène chez les autres. Or, ceux-ci son moins bien équipés que l’expéditeur pour les traiter. Et ils représentent des organes vitaux de l’organisation. S’ils crèvent, la société les suit.

Le geste qui sauve ? Montrer (plutôt que dire) que la règle du jeu est l’entraide. Identifier les problèmes majeurs, et aider à construire le processus collectif qui permettra de les résoudre. Surtout, être vigilant.

En cas de restructuration ? Si sa survie le demande, le groupe peut aider certains de ses membres à jouer leur rôle d’individu responsable et solidaire, qui les amènera à retrouver un emploi ailleurs. Il aura ainsi évité le cancer.

samedi 18 décembre 2010

Sortir des idéologies

Article sur le moyen-âge anglais. Surprise. L’homme de l’époque avait quasiment sa taille actuelle, il était solide et avait d’excellentes dents (peu de sucre). La déchéance physique serait le fait de l’ère victorienne ! Le « progrès » aurait-il plongé une énorme partie de la population dans l’abjection ?  

Ce qui m’a ramené curieusement à un texte de Serge Antoine, pionnier du développement durable. Il parlait des résidences secondaires. Dans mon enfance, le progrès c’était la résidence secondaire. Du coup, on bétonnait les littoraux, ce que l’on commençait à trouver extrêmement préoccupant. Je comprends aujourd’hui que nous découvrions que notre développement n’était pas durable.

Car, jusque-là, « développement » signifiait faire profiter toute la population de ce qu’avaient les plus fortunés. Ce n’était pas tenable, alors nous en sommes revenus à la solution victorienne ?

Cela aurait déprimé Aristote. Pour lui la démocratie, qui vise à faire de tous des égaux (communisme ?), et l’oligarchie, qui fait de l’inégalité la norme (néoconservatisme et Angleterre victorienne ?), sont instables. Elles veulent construire la société à partir d’un de ses composants, en éliminant l’autre, qui lui est nécessaire.

Autrement dit, il faut des riches sans ostentation, dévoués à l’État et qui ne considèrent pas le pauvre comme un mal à éradiquer, et une classe moyenne importante, satisfaite de son sort et qui ne voit pas d’injustice dans la différence. De l'importance de cette classe dépend la solidité de l’édifice social, dit Aristote.

Compléments :

Génial Berlusconi ?

S.Berlusconi aurait-il été plus malin que tout le monde ? Contrairement à nous, il a évité une relance qui l'aurait endetté et forcé à un plan de rigueur, destructeur des services publics. (Article.)

Or, les plans de rigueur sont loin d'avoir fait leurs preuves... Et on commence à se demander si le peuple va longtemps tolérer d’être le dindon de la farce.

L’auteur de l’article reproche à M.Berlusconi de ne pas avoir fait les réformes structurelles libérales dont la crise aurait facilité le passage.

Ça en dit peut-être plus long sur le libéralisme et sur l’esprit des réformes actuelles que sur M.Berlusconi. Elles ne sont pas une solution à la crise, mais la crise est leur excuse ? Elles sont idéologiques, et ultralibérales ? 

D’ailleurs M.Berlusconi est depuis toujours la bête noire de tous les libéraux, The Economist en tête. Et s'il y avait derrière cette haine autre chose qu’une réaction de la vertu outragée ?

Compléments :
  • Par ailleurs, j’ai constaté que les bons politiques sont des « survivants », ils savent que ce qui compte est de durer (cf. Clinton). Pour cela tous les coups sont permis. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire.

Droite et gauche

Je crois que l’homme de droite pense qu’il se doit tout. L’homme de gauche, lui, croit que la société doit tout à l’individu. La droite crée l’exclusion, la gauche l’assistanat.

À mi chemin, il y a la constatation que l’homme n’est rien sans la société, mais que c’est à lui de se tirer de ses problèmes personnels. Il ne doit confier son sort à personne, sans être absolument sûr de ce qu’il fait. La guerre est trop importante pour être laissée aux militaires… 

vendredi 17 décembre 2010

Hôpital modèle

Des jeunes économistes prometteurs analysent la performance des hôpitaux. Ce sont les américains et les anglais qui sont les meilleurs.  La France, l’Italie et le Canada devraient les copier.

Comment ces économistes définissent-ils la performance ? Leurs critères :
Gestion opérationnelle. Degré de standardisation des procédures cliniques, et qualité de la formation du personnel à ces procédures.
Gestion des objectifs et de la performance. Comment l’hôpital se donne-t-il et suit-il ses objectifs ? Revue de ces indicateurs ? Quelles sont les conséquences de ne pas atteindre les objectifs ?
Gestion du personnel. Quel est le système de recrutement du personnel ? Est-ce que l’hôpital évalue ses employés et les rémunère par rapport à leur performance ? Existe-t-il un système de promotion qui cherche à conserver et à motiver les employés ?
Mais ce sont des critères culturels ! Pas étonnant qu’ils classent l’Amérique au premier rang ! Qu'est-ce qui les justifie ?
Dans de précédentes études nous avons montré comme les pratiques de gestion sont associées à la productivité et des indicateurs de performance tels que le taux de retour sur capital, la croissance des ventes et le taux de survie de l’entreprise.
Visiblement l’homme n’est pas une préoccupation de l’économiste supérieur. Devons-nous nous précipiter pour imiter l’excellence américaine ?

Compléments :
  • Je doute de ce qu'a montré la précédente étude des auteurs de l'article. L'excellence américaine semble plus médiocre que la médiocrité française sur le plan économique. (Mais peut-être que nos économistes nous disent simplement que l'hôpital français gagnerait beaucoup d'argent s'il était américain ?) Et l’espérance de vie américaine est faible pour un pays « développé ». Mais pourquoi donc les économistes se compliquent-ils la vie avec des équations. Pourquoi ne nous disent-ils pas simplement que l’Amérique c’est le bien ? Et que le reste du monde, c’est le mal ?
  • Une raison possible du désastre américain : le marché.

L’Américain et l’Europe

À force de voir des films américains un de leurs aspects m’a frappé.

Le héros est souvent un homme du peuple. Lorsqu’il rencontre la haute société européenne, il montre qu’il en aurait pu être le phénix. En smoking ou en robe du soir il vaut tous les ducs et les duchesses. Mais il a mieux, et plus honnête, à faire. Entreprendre. Message : ce que l’Europe appelle « culture » n’est que complexité gratuite. Miroir aux alouettes. Pas étonnant qu’il n’arrive pas à la comprendre : elle est incompréhensible.

Le billet précédent en donne un exemple. Mais, peut-être, plus curieusement, Kingdom of Heaven aussi. Ce film récent montre des croisés en pionniers du Far West et un forgeron bien meilleur chef de guerre que les nobles, surtout lorsqu’il introduit la démocratie à Jérusalem.  

La baronne de minuit

Film de Mitchell Leisen, 1939.

Une Américaine dans la mouise vient faire fortune dans la haute société française. Heureusement elle est sauvée de cette culture vaine et dégénérée par un noble hongrois qui s’est élevé à la condition de taxi. L’avenir sourit à leur esprit d'entreprise. 

Les valeurs de l'Amérique à leur meilleur. 

jeudi 16 décembre 2010

On redécouvre l’hélice

Pour une armée, l’avion à hélices est infiniment moins cher que le jet (de l’ordre de 2m$ contre 80m$), il est particulièrement résistant, bien armé il est redoutable. Et il n’a pas l’inconvénient de la télécommande du drone. Et il aurait de multiples avantages sur l’hélicoptère.

Même les sulfateuses volantes ont des vertus militaires. (Air power on the cheap.)

Voilà qui va bouleverser l’industrie aéronautique ?

Paradoxale Russie

The Economist décrit une Russie mafieuse, mise en coupe réglée par une bureaucratie assoiffée d’argent et des forces de l’ordre qui tirent le meilleur de leur pouvoir de nuisance. Le tout ne fonctionnerait que grâce aux revenus du pétrole, qui permettrait d’acheter le peuple. Mais l’élite serait mécontente. Chaos imminent ?

Pourtant 70% de la population a une opinion favorable du couple présidentiel (MM. Poutine et Medvedev). (Frost at the core.)

Y aurait-il quelque chose du besoin populaire que des gens aussi peu fréquentables que MM.Poutine ou Berlusconi auraient compris et qui échapperait à des personnes aussi admirables que M.Obama, et l’intelligentsia occidentale ?

Droite et entreprise

Le hasard fait que j’entends beaucoup parler de l’homme politique de droite (nouveau ?), particulièrement depuis un an. Je viens de réaliser que ces conversations, venant d'horizons pourtant fort différents, finissent par dessiner une image simple et cohérente :
  • Bien qu’issu d’un appareil politique, ou de l’administration, il se prend pour un grand patron. En termes de gestion d’entreprise, il n’a de leçons à recevoir de personne. Surtout pas de ceux qui y ont passé leur vie. D’ailleurs, il parle avec des mots anglais. Le « kick off » voisine avec les ors des palais de la République.
  • Il a une obsession. L’État c’est le mal. Il faut éliminer le maximum de fonctionnaires. Quels qu’ils soient, de toute manière, ils n’apportent rien. Bizarrement, les meubles précieux, les tableaux et les tapisseries anciennes, les immenses bureaux, les interminables couloirs, les huissiers oisifs dans l’attente de leur désir… ne sont pas vus comme des coûts.
  • Comment faire le bien ? Avec énormément d’argent. On attirera les talents, qui généreront encore plus d’argent. C’est ainsi qu’il réinvente l’économie sociale à coup de subventions. Il fait avec beaucoup de moyens ce que des militants désintéressés (donc inquiétants ?) réalisaient grâce à leur débrouillardise. C’est cela l’entrepreneuriat social.
  • Mais il a très peur de ce peuple révolutionnaire et paresseux. À la moindre alerte, il fait des concessions exagérées, ou prend ses jambes à son cou. Ah, s’il était à la tête d’une entreprise ! Là il montrerait ce dont il est capable ! Attention, cependant, il n’est pas inactif. Il élimine, sous le manteau, tout ce qui ne résiste pas. Les piliers de l’édifice social dont on a oublié l’utilité. « Ils n’ont pas vu ce que je leur ai fait », dit-il avec contentement. Voilà sa contribution à l’histoire ?
Compléments :
    • Si cette analyse est juste, les problèmes qui se sont posés à France Télécom ne seraient pas isolés. 
    • Je me demande si l'histoire de l'université Léonard de Vinci (que l'on appelait à un moment « Fac Pasqua ») n'illustre pas ces idées. On m'a raconté, il y a quelques années, qu'elle avait bénéficié d'énormes subventions, et que l'on y avait croisé des stars internationales de l'enseignement. Apparemment, ça n'a pas suffi pour en faire un nouvel Harvard. 

    mercredi 15 décembre 2010

    L’économie en 2011

    Zone euro en mode rigueur et ne parvenant pas à restructurer ses dettes nationales. Amérique qui ne sait que dépenser et qui va finir par le payer. Pays émergents en surchauffe.

    Tout ceci pousse les flux financiers dans le mauvais sens. Ils empirent la situation.

    « Une économie mondiale divisée pourrait faire de 2011 une année de chocs destructeurs ». (Three-way split.)

    Compléments :

    Génération Y

    Synthèse manageris, n°180a, La génération Y au travail, 2009.

    La génération Y = petits Américains ? Consommation, bons sentiments, utilitarisme, incapacité au long terme, aucune profondeur.

    Ils semblent revendicatifs et agressifs, alors que ce sont de bons petits, facilement manipulables, qui ont besoin d’une attention permanente. Ils ont une prétention à une totale liberté, alors qu’ils ne peuvent être autonomes faute de savoir penser à long terme, donc de s’organiser.

    La perspective de leur laisser les commandes du pays serait-elle une plus efficace incitation à ne pas prendre sa retraite que les réformes du président Sarkozy ?

    Transporter des immeubles

    Un moyen pour transporter 150 tonnes dans les lieux oubliés par la civilisation : un dirigeable qui ressemble à une soucoupe volante de 150m de diamètre. (Flying saucers.)

    mardi 14 décembre 2010

    Diaspora contre Facebook ?

    Des universitaires construiraient un anti-Facebook (en termes d'esprit).

    Si je comprends bien, il n’appartiendrait à personne – logiciel libre, permettrait de stocker ses données chez soi (non sur le « cloud »), de communiquer aussi facilement que possible avec les applications qui comptent sur Internet (par exemple Facebook). Notamment.

    Demander une invitation (en français !).

    Larry Summers

    Larry Summers est un économiste exceptionnellement précoce et supérieurement intelligent. Sa famille compte plus de prix Nobel d’économie que bien des nations. Et il est l’architecte de la déréglementation des marchés financiers de l’ère Clinton, et de toute la politique de M.Obama.

    Que croit-il ? Que les marchés financiers sont efficaces - c’est pour cela qu’il les a déréglementés dans un premier temps, et qu’il les a secourus massivement dans un second ; que les marchés de biens ne le sont pas, que l’État doit leur fournir une assurance pour qu’ils puissent prendre des risques (risque = innovation pour l’économiste). D’où une série de plans de relance (le dernier en date, par réduction des impôts – 280md$). 

    Ne dort-on pas mieux, lorsque l'on découvre que le monde est aux mains de tels hommes de science ?

    Fin de Berlusconi

    Depuis quelques temps je lis que la fin de S.Berlusconi est imminente.

    Mais une instabilité italienne ne signifierait-elle pas une nouvelle crise de l’euro ?

    Illustration des techniques de négociation ? Le bon négociateur se place dans une situation dans laquelle nous n’avons qu’une seule possibilité d’action, qui est à son avantage. Sinon c’est l’apocalypse. 

    Harceleur et harcelé

    Brève conversation avec une psychologue. Ce que je retiens :
    • Le harceleur ne harcèle pas n’importe qui mais certaines personnes ayant un profil psychologique particulier (par exemple ayant besoin d’être aimées). Il pourrait aussi avoir des caractéristiques qui attireraient le harcelé. Par contre, il est inoffensif pour le reste de la société.
    • On ne peut pas transformer le harceleur (par exemple par coaching). Mais on peut lui rappeler la loi et les risques que son comportement peut lui faire courir. (Il serait sensible à ce type d’argument.)
    • Il faut surtout déplacer le harcelé. Un coaching peut l’aider à prendre conscience de la situation et l’amener à réfléchir à son histoire et à ce qui fait qu’elle le prédispose au harcèlement.
    • Les médecins généralistes seraient sensibilisés à la question et sauraient y apporter des solutions. 

    ISO 26000 : mise en œuvre

    Problème : une profession voit son salut dans le développement durable. ISO 26000 a été conçu pour guider ce changement. Premières réflexions sur sa mise en œuvre.
    • ISO 26000 est une méthode lourde et exhaustive, qui ne colle pas au peu de temps dont nous disposons mes interlocuteurs et moi. Du coup, j’ai décidé d’utiliser ISO 26000 pour guider l’amélioration continue du comportement de l’organisation. (Idée 0.) En attendant, il faut franchir, vite, une première étape marquante, qui donne très envie de poursuivre, en montrant où l’on va. Comment faire ?
    • Première idée. Décrire son rôle. La question fondamentale de la RSE (développement durable appliqué à l’entreprise) est : quelle est ma responsabilité (par rapport à la société et à la nature) ? Comment dois-je modifier mon comportement pour l’assumer ? Eh bien, notre première responsabilité est de tenir notre rang dans la société !
    • Seconde idée. Quelles sont les forces qui transforment le monde ? Quelles sont les impacts qu'elles peuvent avoir sur mes « parties prenantes », sur la nature et la société ? Quelle peut être mon influence sur leur sort ? Dans quel sens pensé-je qu’il est bien, moral, que je l’exerce ? Cette simple question permet d’obtenir un résultat rapide, sans appliquer l’usine à gaz 26000. (Mais c’est l’esprit d’ISO 26000.)
    • Troisième idée. Comment dois-je faire évoluer ma « gouvernance », avec les moyens du bord, pour mettre en œuvre les actions envisagées ?
    Tout cela a une conséquence imprévue. En travaillant à long terme, on voit apparaître d’inattendues opportunités économiques. On en tire une stratégie, qui conduit fermement la décision quotidienne. Du coup, plus de tentation de décision aveugle et suicidaire imposée par « le marché ».

    Compléments :
    • Remarque. L'esprit de cette démarche s’oppose à celle des deux idéologies qui ont fait notre histoire récente. Le communisme voulait recréer la société. L’idéologie occidentale du progrès donnait la nature à l’homme pour qu’il la façonne. Ici on observe dans quel sens va l’histoire. Puis on cherche à lui faire emprunter l’embranchement qui nous convient le mieux. Pour cela on utilise les outils et techniques apportés par le « progrès ». Il n’aura pas été vain ?

    lundi 13 décembre 2010

    Malheur des fonds d’investissement

    Le taux de retour sur investissement réalisé par les fonds de capital investissement européens serait tombé à -20% en 2008, en dépit de ce qu’ils s’achètent leurs participations les uns aux autres. Ce qui augure mal de leur avenir.

    (Une chance pour de nouveaux entrants ?) 

    Réduire les dettes avant la tempête ?

    D’après une étude de McKinsey citée par The Economist, les taux d’intérêt devraient revenir à leurs niveaux historiques – beaucoup plus hauts qu’aujourd’hui. Ce qui signifie que les nations endettées vont avoir de sérieuses difficultés.

    Raison ? Pendant les dernières décennies les pays riches ont peu investi. Le décollage des émergents fait repartir l’investissement, or l’épargne ne suit pas.

    Ça pourrait commencer à poser des problèmes aux USA, en particulier. Les Républicains, qui avaient été élus pour comprimer le train de vie de l’État ont réduit les impôts et B.Obama est allé au-delà de leurs espérances. (La France n’est guère mieux.)

    Compléments :
    • L’article lie le faible investissement au faible taux de croissance. Mais, si c’était le contraire, et si les pays occidentaux avaient plus exploité l’existant qu’ils n’avaient cherché à le développer ? Validation de la théorie de Mancur Olson ?

    Qu’elle était verte ma vallée

    Film de John Ford, 1941. La salle a applaudi.

    La mine détruit la vallée, tue les hommes, les réduit à la misère puis à l’émigration. Fatalité de l’économie ? Ne serait-il pas temps que l’on cherche à la maîtriser ?

    dimanche 12 décembre 2010

    Wikileaks ou les dangers de l’innovation

    Les aventures de Wikileaks révèlent un risque inattendu. Les données secrètes des entreprises sont en grand danger d’être divulguées.

    D’une part, pour des raisons d’économie, elles naviguent sur le « cloud », bien loin du contrôle de l’entreprise ; d’autre part, beaucoup de gens y ont accès et ont des moyens puissants de les diffuser, ne serait-ce que parce qu’ils pratiquent les réseaux sociaux. (Be afraid.)

    Retour à une de mes vieilles idées ? Pour qu’elle soit bénéfique l’innovation doit être maîtrisée. 

    Méfions nous des idéologues de l’innovation ? Ils ont un intérêt à ce que nous n’apercevions pas les conséquences négatives de ce qu’ils nous vendent ?

    Aspirine et cancer

    Depuis pas mal de temps j’entends le monde anglais s'intéresser à une étude prouvant que l’aspirine réduit sérieusement les risques de cancer.

    D’après la BBC, elle tuerait les jeunes cellules cancéreuses. Un article dit qu’elle bloque une enzyme qui favorise le développement du cancer (Short Sharp Science: Does an aspirin a day keep cancer at bay?)

    Plus curieux, l’aspirine est connue depuis toujours. Elle est extraite du saule. (C’est de l’acide salicylique, un papyrus en parle déjà en 1550 avant JC.) Histoire, éternelle redécouverte ?

    Réforme des CCI

    Je me suis fait aspirer par la réforme des CCI. Voilà ce que j'ai appris :
    • Cette réforme traduite dans la réalité des entreprises : prendre une dizaine de PME et en faire une grande entreprise. Bien entendu il faut fusionner tout cela, à commencer par des SI inhomogènes. Or, c'est un dirigeant régional qui avait un rôle représentatif jusque-là, pas de management, qui doit mener le changement. Et, contrairement à ce qui lui arriverait s’il était à la tête d’une holding, il n’a aucun argent à investir pour obtenir ces synergies. (On lui a même en partie coupé les vivres.) Une entreprise n’aurait aucune chance de réussir un tel changement.
    • Mais il n’en sera pas ainsi des CCI. Leurs disputes ont été un mode de négociation. En s’affrontant elles ont construit un plan de mise en oeuvre du changement. Mieux, elles ont des cultures similaires, ce qui facilite les fusions. D’ailleurs elles se concentraient depuis des décennies. Elles ont de l’expérience. Surtout, leurs équipes ont le sens du devoir. Pas question pour elles de sacrifier le long terme au court terme, par quelque petite entourloupe, comme le ferait une entreprise.
    Risque ? Peut-être, vouloir appliquer au changement les techniques de l'entreprise privée ; casser le contrat implicite qui lie les employés des CCI à leur organisation, et qui justifie leur sens du devoir. 

    samedi 11 décembre 2010

    L’Angleterre manifeste

    Le gouvernement anglais porte les frais de scolarité pour une licence à 9000£ (niveau supérieur), par an. Violentes manifestations, dont le prince de Galles a failli être un dommage collatéral.

    The Economist pense que de telles expressions de mécontentement vont se multiplier. Les pauvres ne vont pas accepter de faire les frais de la rigueur, alors que les riches continuent à s’enrichir. (When things turn ugly.)

    Résultat du changement de ces dernières décennies ? Une partie de la population s’est enrichie aux dépens de l’autre. Seulement, c’est maintenant qu’il faut payer l’addition... Chomsky trouve à l’Amérique un air d’Allemagne d’avant guerre.

    Alors, aussi, la population était mécontente de changements qui l’avaient ruinée. Que s’est-il passé ? Les bénéficiaires de ces changements ayant le pouvoir, il n’était pas question de toucher à leurs intérêts. L’Allemagne a donc trouvé un expédient qui a fait croire à la majorité qu’elle avait résolu ses problèmes (le coupable était juif).

    Les événements qui en ont résulté ont convaincu les puissants de rééquilibrer la situation en faveur des plus faibles (Le développement durable contre les pauvres). Ce qui a profité à tous. The Economist a tort de s'inquiéter !

    Cercle vicieux des retraites

    Il semblerait que le travailleur attende de sa retraite 70% de son salaire. Il n’en obtiendra vraisemblablement que de 35 à 55%.

    De ce fait, il peut être incité à investir dans un fonds de pension, pour combler l’écart. Cette épargne excessive pénaliserait l’économie. L’État serait donc amené à prélever sur les dits fonds son manque à gagner… (Hands off our pensions.)

    The lodger

    Film d’Hitchcock, 1927.

    Intrigue habile, mais personnages pas très attachants. Il y a des foules comme dans le cinéma allemand de l’époque. Mais ce n’est pas Fritz Lang, ni Murnau.

    Que faut-il pour être un bon cinéaste du muet ? Être capable de transmettre un sentiment par sa seule apparence ? Hitchcock cinéaste d’histoire et pas de sentiment ?

    vendredi 10 décembre 2010

    Chaos neigeux

    Un peu de neige. La France est paralysée. Cause ? 
    • Un interviewé par la radio, hier. RGPP, les services de l’État n’ont plus de moyens.
    • Ce matin, on me dit que les services de l’État voulaient montrer qu’ils n’avaient plus de moyens.
    Cela illustrerait-il ma version du dilemme du prisonnier, résultat d’un changement mal mené ? Non seulement le changement démolit l’organisation collective, mais, surtout, il donne le signal de la destruction à ceux qui en sont membres ?

    Compléments :
    • Hervé Kabla observe des comportements anarchiques, chaos immédiat. Ce matin une personne m’expliquait comment elle avait organisé la sortie en bon ordre d’une autoroute bloquée. Le secret du succès du changement : l’entraide. 

    Wikileaks et l’hypocrisie

    L’Occident est offusqué. Le prix Nobel de la paix est bouclé par la Chine. Quelle honte.

    Mais comment l’Occident peut-il donner la moindre leçon à la Chine quand lui-même veut clore, par des moyens totalement illégaux, le site de Wikileaks ? 

    Au passage, on découvre qu’Internet rend les services pour lesquels il a été conçu : il est indestructible. Tout comme l’hypocrisie des USA ?

    Compléments :
    • Mieux : les USA protestent contre la censure d’Internet par la Chine ! Et c’est Mme Clinton qui, dans les deux cas, est l'exécuteur de leurs basses oeuvres ! Les Indiens anciens auraient dit qu'elle avait une langue fourchue. Comme tous les Blancs d'ailleurs.

    Économie américaine

    Au début de la crise Mme Lagarde disait que l’Amérique, si admirable et si dynamique, se relèverait évidemment avant l’Europe.

    Pas évident pour le moment. Elle produit autant qu’en 2007, avec 7,5m de travailleurs en moins. Les entreprises nagent dans le cash, mais n’investissent pas et ne recrutent pas, ou recrutent à l’étranger. (Gimme a “V”.) Et l’innovation qui va faire jaillir un nouveau secteur économique est toujours invisible.

    L’odeur de tout ce cash aurait requinqué les fonds « activistes ». Ils s’introduisent dans les entreprises, les découpent en morceaux et s’enrichissent ainsi. Ils se seraient alliés aux fonds de pension, histoire de redorer leur image. Ils s’en prendraient maintenant aux salaires des dirigeants. (Ready, set, dough.)

    Vont-ils aller jusqu’à les recruter dans les pays émergents ?

    Xoogle

    Google se serait bureaucratisé et perdrait, en conséquence, ses employés. (Xoogle = ex Google.)

    Cela expliquerait ses curieux projets (énergie éolienne, voiture sans pilote…) : ils cherchent à dérider ses cadres à haut potentiel. (How long will Google's magic last?)

    Compléments :
    • Soutien à une de mes vieilles théories : l’entreprise américaine devient bureaucratique en vieillissant ? Incapacité à créer une culture d’entreprise autre que taylorienne ? Malédiction de l’individualisme ?

    Unicité de l’homme

    Si l’homme a quelque chose d’unique, qu’est-ce ?

    Pas ses gènes, ni le fait que son ADN a été en partie apportée par des virus (auraient-ils une utilité ?).

    Peut-être son « épigénome ». Nos gènes peuvent être activés ou non. Un état qui est culturellement acquis et qui est transmissible par l’hérédité. Autrement dit, l’homme est culturellement malléable.

    Mais l’effet de la société ne s’arrête pas là. Globalement, elle accumule et transmet des connaissances collectives (la culture), dont nous sommes le support inconscient.

    Ce qui rend l’homme unique, c’est sa capacité à créer des sociétés, un tout différend de ses parties ?

    (What a peace of work is a man, revue de l’université de Cambridge.)

    jeudi 9 décembre 2010

    Keynes

    Analyse lumineuse de la théorie de Keynes :
    • Pour les monétaristes, l’individu a une vision parfaite de l’avenir, et investit toujours de manière optimale.
    • Pour Keynes l’avenir est imprévisible. L’individu amasse de l’argent pour se protéger. C’est cela le rôle de l’argent : protection contre l’incertitude. Plus elle grandit, plus il empile, et plus l’économie se rétrécit. D’où la relance keynésienne : en dépensant, l’État rend à nouveau le monde prévisible.
    Je m’interroge : n’y a-t-il pas d’autres moyens que l’argent de ce faire ? 

    Inde corrompue

    Décidément, la corruption indienne semble plus inquiétante tous les jours. L’économie souterraine représenterait 50% de l’économie officielle. Bien entendu on fraude le fisc, et l’argent illégal part à l’étranger. (Dynamic but dirty)

    Hier soir un industriel me disait à quel point il était agréable de travailler en Chine, en comparaison. 

    Montrer sa reconnaissance

    Problème culturel français. Le salarié se sent considéré comme une chose par son patron. Jamais aucun signe de reconnaissance. Son interprétation ? Hostilité. Avec un tel état d’esprit, peu de chances qu’il se donne à son travail.

    En fait, il y a méprise. Je constate que le dirigeant français connaît ses collaborateurs extraordinairement bien. (Serions-nous culturellement empathiques ?) Seulement il y a quelque chose d’indécent à exprimer son estime. Le dirigeant cache sa timidité sous des manières brusques et désagréables.

    Comment transformer le dirigeant sans bouleverser sa nature ? Quelques idées :
    • « Perdre du temps ». Simplement, suivre les règles de la politesse. Demander comment ça va quand on rencontre quelqu’un, et s’intéresser à la réponse (pas plus). Se débrouiller pour entrapercevoir ses collaborateurs, et, mieux, échanger quelques banalités avec eux. Communiquer en face à face, en évitant le mail comme la peste…
    • C’est ainsi que son équipe découvre qu’il n’est pas un ennemi dont il convient de faire échouer les décisions. Et qu’en recollant ensemble toutes les banalités que l’on a échangées, il comprendra la nature réelle de ceux qui l’entourent, leur logique, leur mode de fonctionnement, et qu’il saura leur dire ce qui les motive quand viendra l’heure du changement… 
    Et si la politesse avait une fonction économique capitale ? 

    mercredi 8 décembre 2010

    Humanités et art

    J’entendais la BBC dire que son gouvernement, qui réduit sévèrement ses dépenses éducatives, aidera, au mieux, les pauvres faisant des études scientifiques. Rien pour les humanités et l’art.

    En Angleterre, j'ai été frappé de voir que l’élite intellectuelle étudiait l’art et les humanités. N’est-ce pas supposé ouvrir l’esprit, aider à penser ? (David Cameron, lui même, aurait été intéressé par l’art avant d’étudier la philosophie, la politique et l’économie à Oxford.)

    Chacun à sa place : le pauvre méritant ne sera jamais qu’un sous fifrelin ? 

    Wikileaks revu

    J’ai tort de comparer Wikileaks au Canard enchaîné et de le trouver décevant, parce qu’il ne dénonce pas de grande malversation.

    Car, au fond, il est intéressant de connaître ce que le diplomate bien informé pense des grands. Que David Cameron « manque de profondeur » et que Silvio Berlusconi soit épuisé par sa vie nocturne n’est pas sans intérêt quand on veut comprendre leurs politiques.

    Compléments :

    Langage d’entreprise

    BORDEAU, Jeanne, Entreprises et marques, les nouveaux langages d’entreprise. Eyrolles, 2010.

    Il y a « perte de sens » dans l’entreprise. Avec, corrélativement, « perte de confiance généralisée ».

    Redonner du sens c’est apprendre à « argumenter », c'est-à-dire « organiser sa pensée pour amener quelqu’un où l’on veut l’amener ». C’est nécessairement donner des preuves et des garanties. C’est l’art de la rhétorique d’Aristote. 

    Cette idée se décline à chaque niveau de l’entreprise. En premier dans la nécessaire « vision » à long terme du dirigeant. Elle permet à « chacun de se situer» et d'orienter son comportement. Comment concevoir cette vision ? Il y a un « lien étroit entre stratégie et identité » ; « la créativité revient lorsque l’on essaie de repenser le geste premier qui était à l’origine de la création de l’entreprise ».

    Le point critique de l’affaire est la « cohérence ». Il faut que ceux qui communiquent le fassent de manière homogène. Pour ce faire, il faut une « planification stratégique en langage ». Un audit de la communication de l’entreprise donne une charte sémantique (« les idées, mots, structures d’argumentation et images qui forment le code de comportement linguistique de l’entreprise »). D’où « socle commun » à partir duquel chacun construit sa communication. 

    Dans l’argumentation le storytelling joue un rôle clé. (Là aussi Aristote est un guide.) C’est le meilleur outil pour transmettre l’émotion, composante fondamentale du langage : « comme si l’émotion libérait l’intelligence », « en suivant les étapes d’une métaphore on réussit à évoluer sans traumatisme ». (Curieuse idée qui m’est aussi venue en travaillant avec Decommedia : la raison aurait-elle besoin d’émotion pour avancer ? Et si c’était l’art le meilleur véhicule de cette émotion nécessaire à la raison ?)

    Attention, la communication doit tenir compte de celui à qui elle est destinée. Le client : « s’appuyer sur le fil conducteur d’arguments rationnels (…) fiables », « choisir dans le lexique que possède la marque les mots qui seront les mieux perçus par le client ». Le journaliste « saturé d’informations », à qui l’on envoie trop souvent une information marketing, qui n’est pas son besoin : « donner une vision, pour composer un regard sur les étapes fondatrices de l’entreprise ». Les employés, « qui doutent », « redoutent la langue de bois », « demandent à être convaincus par des faits, des preuves concrètes, des mesures utiles mais équitables » : les dirigeants doivent « réapprendre à partager leur stratégie avec leurs cadres ». Les protagonistes d’une crise qui affecte l’entreprise : « matrice argumentaire pour lister vos arguments et faire face aux arguments des opposants », « codes sémantiques par thème de crise ». 

    mardi 7 décembre 2010

    Pauvre école

    « la France est le pays du grand écart scolaire et d'un "élitisme républicain", selon la formule consacrée, qui profite à l'élite plus qu'à la République » dit le Monde.

    La dislocation de notre système scolaire s’accélère. Mais la gauche et la droite n’ont jamais été aussi vissées dans leurs certitudes : si cela va aussi mal c’est que l’école n’a pas reçu suffisamment de leurs excellentes méthodes.

    Curieusement, les systèmes scolaires qui fonctionnent, ne semblent pas les suivre… D’ailleurs ils ont fait de l’éducation un secteur prioritaire d’investissement, contrairement à la France et à l’Angleterre qui la jugent source de coûts.  

    Côte d’Ivoire

    Affrontement culturel en Côte d’Ivoire :

    Le nord (Ouattara) est essentiellement constitué par les descendants d’immigrés venus y chercher du travail le siècle dernier. Le sud (Gbagbo) représente la population traditionnelle.

    MBA intelligent

    Le MBA de Cambridge semble avoir mis en œuvre une de mes vieilles idées : utiliser de vrais scientifiques pour former ses étudiants.

    Lorsque j’étudiais en MBA, j’ai été frappé par la médiocrité des enseignants et la totale absence de rigueur scientifique de leurs cours. Depuis j’ai compris que la science était réinventée par l’idéologie anglo-saxonne. Un optimiste dirait que j’ai été aux avant postes de l’émergence des idées qui dévastent la planète depuis quelques décennies.

    J’avais proposé à Dauphine de suivre les traces d’Herbert Simon, qui, à son arrivée à Carnegie, avait créé un programme de recherche scientifique qu’il a poursuivi toute sa vie (voir Models of my life). Ayant abandonné la voie de l'enseignement, l’idée est tombée à l’eau.

    J’espère qu’elle sera reprise ailleurs. Et peut-être aussi qu’elle conduira à la liquidation des nombreuses formations en management qui se sont développées spontanément un peu partout, loin de toute influence scientifique.

    (An education in complexity, revue de l’université de Cambridge.)

    lundi 6 décembre 2010

    Las Obama

    B.Obama ne serait pas dans son assiette. Président un peu zombie. Penserait-il que l’Amérique ne le mérite pas ?

    Que N.Sarkozy, du billet précédent, conviendrait mieux à une nation de morons ? 

    Sarkozy l’Américain

    Les fuites de Wikileaks parlent de « Sarkozy l’Américain ». À un diplomate : N.Sarkozy « a dit combien il se reconnaissait dans les valeurs américaines ». Ce qui n’empêche pas les Américains de le trouver insupportable. « Un roi nu ».

    Curieuse contradiction tout de même. Un président qui ne partage pas les valeurs de sa nation. Beaucoup de pays accepteraient-ils un tel paradoxe ? La France a perdu son identité ?

    Compléments :
    • S’il est tel que le présentent les dites fuites (« le simple fait d’être dans la même pièce que Sarkozy est suffisant pour faire augmenter le niveau de stress de n’importe qui ». « Il est décrit comme autocratique, hyper susceptible à la critique, il s’entoure de béni-oui-oui. »), cela en dit long sur les politiciens. 

    Wikileaks (suite)

    Au fond ce qui nuit le plus à Wikileaks est que ce qu’il dit n’est pas nouveau. Il sera inattaquable le jour où ce sera un Canard enchaîné mondial.

    Sinon, Wikileaks, comme la presse en général, répond à un besoin fondamental. À savoir qu’aucun individu, ou groupe d’individus, ne peut être laissé s’occuper de l’intérêt général sans contrôle. L’intérêt général n’est pas dans l’intérêt individuel. Et l’intelligence humaine est faible.

    L’alimentation de Wikileaks se fait d’ailleurs par un mécanisme propre à la culture anglo-saxonne : celui du « wistle blower ». Un individu révolté par une mesure injuste la dénonce. 

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    Nouvelles du mois :