mardi 25 janvier 2011

Dangers de la médecine

Avant-hier j’entendais l’histoire suivante de la BBC :

Une femme souffrant de crises d’épilepsie prend un médicament pour ne pas faire courir de risque à son enfant pendant sa grossesse. Il naît intellectuellement handicapé. La mère attaque le fabricant du médicament.

Je me suis demandé s’il ne serait pas temps de comprendre que la médecine est, avant tout, dangereuse. Elle traite le mal par le mal. Il ne faut y avoir recours qu’en dernière urgence.

Ceci exige peut-être une réévaluation de notre attitude vis-à-vis de la science et du progrès. Nous avons cru qu’ils n’avaient que des bénéfices. Nous faisions une confiance aveugle aux « experts ». Nous étions devenus des irresponsables.

Mais la science a des effets secondaires, parfois redoutables. Dorénavant il faudra apprendre à peser avantages et inconvénients. Nous entrons dans une ère de responsabilité ?

Françafrique

Il semblerait que la stratégie de la France vis-à-vis de l’Afrique soit en plein changement.

Après des décennies de paternalisme le pays aurait choisi d’affronter le terrorisme islamiste en plaçant sur le terrain des unités d’intervention. (Ties across the Mediterranean.)

Alignement sur les intérêts des USA ? Mais, alors, pourquoi ne nous aiment-ils pas ?

Le canardeur

Film de Michael Cimino, 1974.

Un des personnages achève le film en déclarant qu’il est très fier d’avoir réussi un vol particulièrement innovant. Effectivement on y voit l’esprit d’entreprise et le professionnalisme américains à leur meilleur. (Comme c’est le cas généralement dans ce type de film.)

L’art comme apprentissage des valeurs fondamentales d’une culture ? Mais n'est-il pas triste que  des gens bien n'aient d'autre ressource pour manifester leur talent que de dévaliser leur société ?

Quant à Clint Eastwood, il est effacé par les autres acteurs. Il lui faut un one man show pour exister à l'écran ?

lundi 24 janvier 2011

NHS (suite)

L’histoire à venir des réformes anglaises s’annonce passionnante, pour l'observateur :

Le plan de transformation que propose M.Cameron est bien plus radical que celui de Mme Thatcher. Contrairement à elle il n’y a pas préparé le pays (qui attendait un plan de rigueur, mais pas une transformation libérale). En admettant que sur le long terme elle soit bénéfique, comment va-t-il réagir aux mises au point intermédiaires ? En particulier que dira-t-il s’il est privé de soin par la défaillance d’un des groupements de médecins que crée la réforme, ou si un fournisseur de soins décide de les supprimer pour cause de non rentabilité… ? (Where Thatcher feared to tread.)

Comment va tenir le composant libdem de la coalition qui a un électorat à sensibilité travailliste ?

Que fera le chômage, pas très bon en dépit d’un plan de relance et d’une dévaluation forte de la livre, lorsque commenceront les licenciements massifs ? (Voir billet précédent.)

Pauvres Anglais

L’inflation anglaise décolle mais ce pourrait être sans lendemain. Les salaires ne la suivent pas.
Avec des centaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public et leur contrecoup privé, la tendance semble à la déflation. (The long blip.)

Pauvres pauvres Anglais ? 

Monnaie chinoise

Comme d’habitude les Chinois critiquent l’avantage que les USA tirent de leur dollar, monnaie de réserve.

Il voudrait aussi avoir une monnaie dans laquelle il peut prêter (à pas cher). Mais, pour cela, il faut que sa monnaie puisse fluctuer… (The rise of the redback.)

dimanche 23 janvier 2011

BP pactise avec le diable

BP fait un partenariat avec une entreprise d’État russe. Bénéfice attendu : exploiter de vastes champs pétrolifères, glacés.

L’affaire est risquée. Le comportement du gouvernement russe est imprévisible. Et surtout cela semble un mauvais coup pour la démocratie russe. La fameuse société a été prise à l’oligarque Khodorkovsky, qui est maintenant embastillé, et un héros du libéralisme mondial. L’opération valide l’expropriation et montre que pour l’Occident la démocratie pèse peu à côté des intérêts économiques. (Dancing with Mr Putin.)

Mais The Economist ne désapprouve pas BP : « Le rôle d’une entreprise est de gagner de l’argent pour ses actionnaires, légalement. La moralité est la province de l’individu privé et des gouvernements. » (How bad is BP?)

Ce qui me semble fort peu RSE.

En fait, je tends à penser comme The Economist. Pour qu’une entreprise soit efficace elle doit probablement être concentrée sur sa tâche, elle ne doit pas s’occuper excessivement de morale. Mais cela demande un État fort. 

Tunisie

Où va la Tunisie ? Peu de gens semblent le savoir. Les forces en présence sont mal connues. A priori, il n’y a pas d’homme fort en vue, le courant islamiste paraît impréparé à une offensive, les mouvements démocratiques sont faibles, d’ailleurs le terrain leur est-il favorable ? Une intervention de l’armée serait-elle possible ?

Le mouvement va-t-il s’étendre ailleurs ? Notamment à l’Égypte ? Et faire basculer dans le chaos tout le Moyen-Orient ? Mais là le pouvoir ne se laissera probablement pas facilement faire.

En tout cas, je ne crois pas qu’il faille penser qu’un mouvement démocratique débouche fatalement sur une démocratie. Comme l’ont montré les révolutions russe et iranienne, le démocrate est un être fragile, il est facilement évincé par des mouvements beaucoup plus robustes, représentant des intérêts profonds du peuple, pas des élites.

Compléments :

Inégalité et crise

La société américaine a atteint un niveau d’inégalité qui n’a qu’un seul précédent : 1929. Les économistes s’interrogent : est-ce la cause de la crise ? 

Si ça ne l’est pas, au moins ce serait corrélé. Autrement dit, il y a des chances pour qu’une économie saine et prospère soit relativement égalitaire.

Il est curieux que ce débat n’ait pas touché notre pays. Pourtant, dans une conférence à laquelle je participais il y a quelques temps, un intervenant remarquait que la France avait plus de milliardaires par habitant que les USA…

samedi 22 janvier 2011

Le luxe rend asocial ?

« Le simple fait d’exposer quelqu’un au luxe fait qu’il pense plus à lui-même qu’aux autres. » Dit un chercheur.

Concrètement, lui montrer des chaussures de luxe lui fait prendre des décisions socialement irresponsables !

Mais, il suffit d’une mauvaise passe pour que ressurgissent des réflexes de solidarité.

De l’effet des bonus et de comment bien rémunérer les dirigeants ? 

Avocat et création d’entreprise

Conférence sur les statuts d’entreprises. J’en retiens que s’il n’est pas compliqué de monter une société lorsque l’on est seul (comme moi), les difficultés commencent :
  • Si l’on a plusieurs associés.
  • Quand, une fois la société montée, on veut la faire évoluer.
  • Quand on veut ouvrir une représentation à l’étranger.
Alors, il faut probablement le secours d’un avocat. 

Oligarque et libéralisme

On me raconte l’histoire suivante. L’État remet en cause une délégation de service public que possédait une vieille association. Raison pas évidente. Elle ne demande apparemment rien à l’État. Les services de l’association coûtent peu aux usagers (ça se chiffre en euros). Le libéralisme pour le libéralisme ?

La réponse à l’appel d’offres qui résulte de la dite remise en cause doit l’amener à se rapprocher d’une seconde association, qui, elle, est présidée par quelqu’un qui recherche une sinécure. Il surclasse aisément le président de la première association, et le roule dans la farine. On me dit qu’il y a de bonnes probabilités pour que le résultat de l’affaire conduise à la liquidation de la « vieille association » et à une dégradation du service rendu au public.

Je trouve cet exemple fascinant. Le président de la seconde association surclasse de la tête et des épaules ceux qui dirigent la vieille association. En outre ils n’avaient pas été élus pour affronter une déréglementation libérale (ce sont des « militants »), ou même un appel d’offres. Ils ne savent même plus pourquoi leur association fait ce qu’elle fait. Ils ne sont que des rouages dans un mécanisme. Dans ces conditions, ils ne peuvent que se faire tailler en pièces par quelqu’un qui n’est poussé que par son intérêt. Bref, il me semble que l’on a là une illustration de la raison pour laquelle le libéralisme conduit à une destruction accélérée du capital économique d’une nation, et à l’émergence d’oligarques, qui croient objectivement devoir leur succès à leur seul talent.

Compléments :

vendredi 21 janvier 2011

Nous sommes un marché !

J’en suis arrivé à penser que si l’ère d’après guerre a été technocratique, la nôtre est celle du marché. En fait, nous sommes un marché. Ce qui explique que nous soyons ballottés de manière brownienne, et, accessoirement, que notre président change aléatoirement d’opinion.

D’ailleurs, nos grands prêtres ne sont plus les technocrates, mais les économistes.

Eh bien, ça se confirme : en quelques années, les économistes européens sont parvenus à publier presqu’autant d’articles que les Américains… 

Respect

« Ceux qui marchent avec la tête haute non seulement attirent le respect des autres, ils semblent aussi se respecter ». (The power of posture)

jeudi 20 janvier 2011

Berlusconi fini ?

Et si S.Berlusconi avait rencontré, finalement, son maître : le ridicule ?

NHS

Il se confirme que la réforme du système de santé anglais est un changement bâclé :

Ce serait surtout la rapidité du changement qui lui ferait courir un grave danger. Les organismes existants perdraient leurs personnels alors que leur compétence est nécessaire ; « les médecins seraient préoccupés par le cadre juridique des groupements et la possibilité de faillite » ; certains fournisseurs privés pourraient vendre à perte pour couler leurs concurrents publics… (The final frontier.)

Néoconservatisme

N.Sarkozy a toutes les caractéristiques du néo-conservateur américain. Comment peut-il alors parler de capitalisme voyou, de régulation financière… ? Pure manœuvre ?

Les néo-conservateurs américains sont très attachés aux valeurs d’après, et d’avant, guerre : famille, religion… Ils estiment que la seule raison pour laquelle le capitalisme peut dériver est le non respect de ces valeurs. Exemple : 68. Les soixante-huitards ont rejeté les règles de la société. C’était des paresseux. Cette paresse, qu’ils ont infiltrée dans notre société explique chômage et déclin économique.

Mais comment les neocons peuvent-ils parler d’un côté de famille, de religion… et de l’autre de libre échange, l’élimination de toutes les contraintes, de toutes les règles, de ce qui fait la société ?

Parce qu’ils ne sont pas soumis au marché ? Dans leur univers protégé, il est possible de vivre en société ?

mercredi 19 janvier 2011

Perte de compétitivité

Les esprits supérieurs qui nous gouvernent s’interrogent sur la perte de compétitivité de l’entreprise française par rapport à l’Allemande. Et ils ont eu un éclair de génie : c’est une question de coûts !

Mais, bien entendu, ça ne peut-être que cela ! Voilà pourquoi l’Allemagne exporte massivement vers les pays émergents, des Mercedes, et que ses PME sont en situation de quasi monopoles sur leur marché mondial ! 

Réforme de l’Europe

Il semblerait que les gouvernements européens commencent à envisager une intégration fiscale renforcée. Ils chercheraient à trouver un mécanisme qui ne leur demande pas de consulter leur peuple. Et à préparer l'opinion au changement. 

Le correspondant européen de la BBC trouve la pratique peu démocratique, donc risquée : les peuples ne sont-ils pas déjà insatisfaits de leurs gouvernements ? N'y a-t-il pas des tentations extrêmes ?

Je crois que son point de vue reflète un biais anglo-saxon. L’Anglo-saxon pense que l’État le prive de son oxygène, même. En Europe continentale le mécontentement populaire, vient, au contraire, de gouvernements qui n’on pas suffisamment défendu l’individu contre les forces du marché (cf. la réaction soviétique des pays de l’Est).

Je me demande si une sorte de renforcement de la sociale-démocratie continentale, donc du pouvoir de régulation sociale de l’UE, ou de la zone euro ?, ne serait pas, paradoxalement, quelque chose qui plairait à l’électeur. 

Fukuyama et Aristote

Francis Fukuyama semble penser, comme Aristote, que le communisme chinois n’est pas le mal absolu mais un mode de gouvernement approprié à des conditions particulières et qui peut être durable.

Comme Aristote, il en est venu à croire que l’histoire n’est pas achevée, qu’elle ne converge pas vers un type d’organisation (libéral) particulier, mais qu’elle n’est que changement. 

La pensée solidariste

AUDIER, Serge, La pensée solidariste, PUF, 2010. Le solidarisme a été un courant majeur de la pensée française du tournant 19ème / 20ème. Il est à la fois scientifique (sociologie), philosophique et politique. Il est associé au radical-socialisme et au protestantisme. Il légitimera les premières lois d’assistance sociale de notre pays.

Le débat qu’il induit apparaît étonnamment moderne. Il attaque frontalement le libéralisme, et celui-ci déploie exactement les mêmes arguments qu’aujourd’hui. Or ils étaient bien plus clairement exprimés alors que maintenant :

Les libéraux expliquent qu’il existe des lois naturelles auxquelles il ne faut pas toucher, puisqu’elles garantissent que l’homme ne peut asservir l’homme (c’est la définition originale de libéralisme). Parmi ces lois, il y a le contrat. L’État doit en assurer le respect, c’est tout son travail.

Léon Bourgeois, homme politique majeur et champion du solidarisme, prend l’argument à contre. Il montre que l’homme doit tout à la société, à la fois ses maux (épidémies) et ce qui lui est essentiel. Par conséquent, en naissant l’homme hérite d’une dette envers elle. Qui dit dette dit contrat. On est ramené au cas, libéral, précédent.

Conséquence ? Il faut socialiser les risques sociaux par mutualisation. La richesse étant vue comme un effet heureux (injuste) de l’héritage collectif, plutôt que comme le résultat unique de son effort personnel, chaque associé contribue à cette assurance en fonction de sa (bonne) fortune.

Mise en œuvre ? Bourgeois paraît hostile à l’État et favorable à une forme d’autoassurance (mutuelle). Une solution qui semble difficile à réaliser. Finalement c’est l’Etat qui a joué le rôle d’assureur, l’impôt (progressif) étant la contribution de chacun.

Il existe d’autres nuances de cette doctrine. Notamment celle, plus humaine, morale, moins calculatrice et mécanique, de Charles Gide, protestant promoteur de la coopérative et de l’économie sociale. Mais, elles semblent toutes vouloir faire une synthèse entre libéralisme et socialisme. Elles affirment que la société est la condition de la réelle liberté individuelle. Car, un homme qui doit se prostituer pour vivre, ne peut pas être libre. Surtout, l’individu ne naît pas fini. Il a besoin de la société pour se développer et donner son plein potentiel.

Il n’est donc pas uniquement question d’assurance sociale. Il faut aussi s’assurer que la société fournit à l’homme ce dont il a besoin pour se développer harmonieusement (l’école), et apprendre à jouer son rôle d’associé (altruisme), et qu’elle transmet plus aux générations suivantes qu’elle n’a reçu.

Par ailleurs ce débat fait surgir les raisons de ce dont on ne perçoit plus aujourd’hui que les conséquences. Par exemple, le libéral prône la charité (ONG, Téléthon…), le solidariste lui répond justice. Car la charité est le fait de l’individu, et la justice est de la responsabilité de la société, elle sous-entend l’État.

On y parle aussi de « mondialisation ». Le progrès de la mondialisation est celui de l’interdépendance de la race humaine, donc du solidarisme ! On évoque aussi ce que l’on appelle maintenant « dumping social ». Mais, contrairement à aujourd’hui, il n’est pas vu comme une fatalité. Il faut construire une entente internationale pour faire respecter les mêmes lois partout. Puisque le contrat qui lie les hommes est désormais mondial !  

Commentaire :

Curieusement, à l’époque le libéral n’était pas anglais, mais français. Les Solidaristes voyaient l’Angleterre comme un modèle pour la France. Raison ? Le solidarisme a été (aussi ou surtout ?) une réaction aux méfaits du libéralisme (les promoteurs du solidarisme arguent de son échec manifeste). Peut-être était-ce les avancées du libéralisme anglais qui avaient suscité ceux de son solidarisme ?

Dans un sens ce livre est un massacre du libéralisme. Tous les arguments de ce dernier y sont balayés de manière magistrale. Comment le libéralisme a-t-il pu renaître, sans que cette contre-argumentation ne soit, au moins, agitée ?

Certes, il n’a pas présenté ses fondations aussi clairement. Il les a noyées dans les théories des économistes et des universitaires du management. Il a aussi utilisé une forme de propagande en associant ce que la société considère comme le bien, avec ce qui lui est avantageux. Mais ces fondations demeuraient visibles.

Défaut majeur dans la cuirasse du solidarisme ? Nous n’héritons pas autant qu’il serait souhaitable de nos parents ? Nous avons besoin de commettre leurs erreurs pour apprendre ce qu’ils savaient ? Et leçon pour le libéralisme : s’il veut prospérer il doit liquider l’éducation ? Le libéralisme n’est pas compatible avec la raison ?...

Compléments :
  • Le solidarisme me semble proche de la thèse de John Stuart Mill. (Et de Maslow !)

mardi 18 janvier 2011

Réforme de la santé anglaise

Bribes d’une émission entendue par hasard hier (You and yours BBC 4). Une des réformes de M.Cameron consiste à supprimer, si j’ai bien compris, certaines unités parapubliques qui s’occupent des services de soin, et de confier leur travail à des groupements de médecins, qui mettraient hôpitaux et autres fournisseurs en concurrence (plus efficace ?).
  • Les médecins estimeraient que leur travail est de soigner, pas d’acheter.
  • La compétence nécessaire à l’achat des services de soin se trouve chez les unités actuelles. Elles pourraient donc se reconstituer, mais sous un autre nom.
  • Sera-ce la qualité ou le prix qui va dominer les décisions ?
  • Chaque zone géographique mettant au point une solution qui lui est propre, ne va-t-on pas avoir une médecine à une infinité de vitesses ? (Le gouvernement, ultralibéral !, répond qu’il va durement réglementer pour éviter les divergences.)
  • Certains groupes de médecins pourraient échouer, qu’arriverait-il alors aux communautés dont ils sont responsables ?...
Le succès est dans l’exécution aurait dit Napoléon…

Kinect et Xbox

Apparemment pas mal d’Anglais se plaignent d’un dysfonctionnement lié à l’ajout d’un composant à la Xbox. (Émission hier de la BBC.) Le centre d’appel de Microsoft répondrait que le client est en faute.

Qui n’a pas eu ce problème avec un centre d’appel ? D’ailleurs, peut-il faire autrement ? Nous sommes dans l’ère de la taylorisation des services. L’employé est payé pour dépanner aussi vite que possible. Si le matériel n’est pas dépannable, il est échec et mat. Peut-il dénoncer son employeur ou mener une enquête ?

Une entreprise conçoit-elle ses services de « relation client » en fonction de l’estime qu’elle a pour son marché ? 

Armes et USA

The Economist incrimine l’amour des armes américain. C’est la raison du carnage de Tucson. Citation :
Plus d’Américains ont été tués par des armes à feu en 18 ans, de 1979 à 1997, que durant les guerres étrangères, depuis l’indépendance.
30.000 personnes périssent chaque année. Ce qui est finalement peu en comparaison des 300 millions d’armes du pays.

Et si le carnage à l’arme à feu était un fait social (au sens de Durkheim). Un rite qui permet aux exclus d’attirer l’attention publique ? Un moyen de régulation, nécessaire à la survie de l’individualisme d’une société contre nature ? D’ailleurs que feraient les forcenés sans arme à feu, des attentats-suicides ? 

lundi 17 janvier 2011

Marine présidente ?

J’ai eu la surprise de trouver dans un journal une idée qui m’est venue il y a fort longtemps : la droite pourrait être éliminée au premier tour des présidentielles par le FN. Hypothèse improbable, mais certains hommes de droite la formulent.

Depuis sa création il semble à ce blog que nos partis politiques s’enferment dans un cercle vicieux. Le président mène une politique qui le fait exécrer. La gauche en déduit qu’elle n’a pas besoin de formuler un programme puisque la France va éjecter Sarkozy. (Peut-être d’ailleurs que l’écriture d’un programme est impossible ? Les divergences sont trop fortes chez les socialistes ? Ce qui les rapproche est inacceptable pour l’électeur ?...)  

Mme Le Pen pourrait résoudre la question. N’est-il pas mieux de voter pour l’original que pour la copie ? Avantage sur Sarkozy ? Et si la gauche est à nouveau divisée, les mêmes causes produiront les mêmes effets ? Mme Le Pen en tête au premier tour ? Un des partis traditionnels recevra-t-il à nouveau 80% des voix, au second, étouffant ainsi la voix de la protestation ? Pas sûr que certains n’aient pas envie de leur donner de nouveau une leçon qu’ils ne veulent pas entendre. Excellent score final du FN ?

Compléments :

Crise automobile

L’industrie automobile serait toujours en surcapacité. Or, non seulement les pays émergents vont réduire brutalement la croissance de leurs achats, mais ils vont surtout chercher à exporter massivement (y compris la production des marques occidentales installées chez eux). Danger ahead.

L’industrie automobile occidentale va-t-elle être balayée ? Où iront les personnels licenciés ?

Phénomène isolé, ou notre industrie doit-elle se préparer à un tsunami ? Qui, d’ailleurs, est le fait de ses oligarques ? (Exemple américain.)

Marché et libéral

Dans la pensée libérale, le marché est l’outil ultime de « destruction créatrice ». Le simple fait d’installer un marché garantit l’innovation, et le bonheur.

C’est ce qui permet de vider les entreprises de leurs réserves : si seul le marché crée, tout ce qu’entasse l’entreprise est volé. C’est pour cela que jamais l’entreprise occidentale n’a aussi peu investi.

Retour à une caractéristique fascinante de la pensée libérale : elle n’a pour seul objet que de  pousser les intérêts de ceux qui l’ont créée. Et ce sont des intérêts de parasites ?

Compléments :

dimanche 16 janvier 2011

Wikipedia a 10 ans

Wikipedia aurait pris un coup de vieux. La ritualisation l’aurait gagné. Elle exclurait, par une forme de censure, les nouveaux contributeurs au profit des vieilles barbes au jargon incompréhensible. (Wiki birthday to you.)

Est-ce un exemple du « déplacement de but » dont parle Robert Merton ? Dans une bureaucratie, l’individu n’a pas d’influence sur la direction des événements. Alors il invente un sens autre à sa vie. Plus exactement il voue un culte aux processus de l’organisation. (Exemples : une direction technique fait de la technique pour la technique, une direction de la communication, des campagnes de pub pour faire des campagnes de pub…).

Par ailleurs le fait que ces rites éjectent les nouveaux n'est pas inattendu : tout groupe définit ses « frontières ».

Les fondateurs de Wikipedia devraient-ils redonner du sens à leur projet ? En commençant par demander à leur 30.000 bénévoles leurs suggestions quant au moyen de faciliter l’entrée de néophytes ?

Compléments :
  • Merton, Robert K., Social Theory and Social Structure, Free Press, 1968.
  • Sur la physiologie des groupes : SCHEIN, Edgar H., Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

Zone euro en faillite

The Economist suggère à la zone euro de mettre en faillite les pays de sa périphérie. Ils sont incapables de payer les dettes qu’ils entassent. En toute logique, il vaut mieux liquider maintenant que lorsque la situation aura empiré.

Je vois mal la technique de conduite du changement à adopter...

Même si le système bancaire européen est plus solide qu’il y a quelques temps (d'après The Economist), il est probable qu’il passera un mauvais quart d'heure (sans compter qu'il n'y a pas que les banques, il y a aussi les assurances vies et autres fonds de pension, ainsi que quelques nations !). Il demandera certainement un coup de main des pays encore solvables, qui s’enfonceront un peu plus dans le rouge. D’ailleurs comment éviter que certains ne refusent de payer l’addition et demandent à ceux qui ont voulu la faillite (ce ne peut être que la France et l’Allemagne) de les rembourser ? La zone euro c’est le dilemme du prisonnier fait continent.

L’anxiété de survie des nations n’est pas suffisante pour qu’il y ait un mouvement collectif, me semble-t-il. D’ailleurs la défaillance n’est pas la seule solution possible. Nous pourrions nous demander comment relancer notre croissance collective, notamment par le commerce interne à l’UE. Et il existe aussi la solution anglo-saxonne : une dévaluation massive, accompagnée d’une inflation forte. 

Mogambo

Film de John Ford, 1953.

Chasse au gorille (joué par Clark Gable). C’est Ava Gardner qui le capturera.

Répétition d’un thème central du cinéma hollywoodien. L’Américaine au passé que la morale réprouve décroche le gros lot à la barbe de l’européenne perfide et cultivée (Grace Kelly). Dans un film européen la fille perdue aurait trouvé la rédemption dans le sacrifice… En Amérique la fin justifie les moyens, et le passé. 

samedi 15 janvier 2011

Mots tristes

Jeanne Bordeau expose ses tableaux de mots (à la galerie Verneuil Saint Pères, 13 rue des Saints Pères à Paris). C’est le résultat de sa lecture de la presse française. Comme l’année dernière ce n’est pas gai.

J’en retire l’image d’une nation passive, sans idée, sans projet, sans rien. Elle fait le dos rond en espérant que les éclairs tomberont ailleurs. Elle ne désire pas. Sinon de ne pas choir un peu plus. « Learned helplessness » disent les psychologues anglo-saxons. Les nations aussi peuvent être déprimées.

Quel changement nous faudrait-il ? Et si nous redevenions le foyer révolutionnaire du monde ? Et si nos idées faisaient à nouveau trembler la planète ?

Indicateur de succès ? Que la presse anglo-saxonne parle à nouveau de nous avec stupeur et tremblement !

Renversante Tunisie

Un gouvernement qui a tous les pouvoirs, et, pourtant, qui est renversé par des manifestants pacifiques. Le jeu des forces sociales n’obéit pas à la rationalité des modèles d’économie…

Qu’est-ce qui rend inquiétant un peuple désarmé ? La démonstration qu’il est désespéré ? C’est celui qui fait preuve de la plus ferme détermination qui gagne ?

Compléments :
  • La famille dirigeante tunisienne semble avoir mis le pays en coupe réglée. Coutume tunisienne ou l’oligarchie est elle tendance ?

Ronald Reagan

Curieusement l’Américain a gardé un souvenir ému de Ronald Reagan. « Comment se fait-il qu’on se souvienne de si peu de ses échecs ? ». Surtout qu’ils ont été étonnamment nombreux. (Avoir été là pour voir s'effondrer l'URSS serait-il sa seule réussite ?)

La réponse pourrait être sa confiance absolue dans les vertus de l’Amérique.

Quant à B.Obama, il aurait le tort de tendre un miroir à la société américaine. Et elle n’aimerait pas ce qu’elle y voit. 

Exemple même de la question du « déchet toxique » ?

vendredi 14 janvier 2011

Comportement néoclassique

Histoire qui m’est racontée. Travail d’une commission. Suivi par quelques uns de ses membres seulement. Conclusion unanime d’une réunion de travail : chacun doit contribuer à un document commun. Après un dernier rendez-vous de mise au point, le document sera diffusé à toute l’organisation. Les dates du projet sont arrêtées.

Rien ne se passe. Seul le leader du groupe fait le travail prévu. Au moment de se rendre à la réunion finale. Il découvre, à la dernière minute, que personne ne peut être présent. Il transmet ce qu’il a fait en demandant à ses collègues de l’annoter afin que le processus parvienne à son terme, malgré tout. Surprise. Tout le monde veut maintenant une réunion. Y compris ceux qui n’ont jamais assisté à aucune. Ce qui est étrange est que personne n’a tenu parole, or, c’est le seul à avoir respecté ses engagements (en fait les idées des autres !) qui se sent en position d’accusé !

Une interprétation possible. Modèle de l’optimisation de l’utilité (cf. théorie économique néoclassique).

Nous cherchons en permanence à exploiter les événements à notre bénéfice. C’est pour cela que nous avons avantage à ce que les autres prennent l’initiative. De ce fait, ils dégagent notre responsabilité. Et, en leur opposant notre inertie, nous pouvons leur imposer nos conditions. (C’est la stratégie qu’ont opposée les banques américaines à leur gouvernement.)

La subtilité de cette tactique est qu’elle ne peut pas nous être reprochée. De même que l’on ne peut pas signaler à un cycliste qu’il passe au rouge, sans se faire insulter. De même, il n’est pas possible de faire remarquer à quelqu’un qu’il a trahi sa parole, ce serait un manque d’éducation grossier.

Quant à la situation du leader, on peut la comprendre ainsi. Si chacun pense l’autre calculateur, il évaluera ses actes comme manifestation de son intérêt personnel. Que le leader du groupe ait fait un travail aussi rigoureux signifie certainement qu’il prépare un mauvais coup. D’ailleurs ne profite-t-il pas de l’annulation de la réunion pour passer en force ? Il est temps de l’annihiler. 

Irrationalité des marchés

Il semblerait que plus le prix d’une action augmente plus il ait de chances d’augmenter (« inertie »).

Ce qui est contradictoire avec l’hypothèse des marchés efficaces – au centre de la politique de déréglementation des dernières années (cf. les idées de M.Summers). En effet celle-ci part du principe que l’avenir est imprévisible.

L’effet ne serait pas expliqué. Mais serait corrigé, à long terme, par une seconde irrationalité. « Les investisseurs tendent à être trop pessimistes en ce qui concerne les entreprises en difficulté ». Une entreprise en mauvaise forme serait anormalement pénalisée. 

jeudi 13 janvier 2011

Le libéral et le marché

Voici ce que disaient deux anciens éminents membres du plus prestigieux cabinet de conseil mondial, McKinsey, il y a quelques années :
les marchés n’ayant pas de culture, de leadership et d’émotion ne subissent pas les explosions de désespoir, de dépression, de refus et d’espoir auxquelles les entreprises doivent faire face (…) les entreprises ont été conçues pour (produire) plutôt que pour évoluer (…) nous pensons que l’entreprise doit être reconçue de haut en bas sur l’hypothèse de la discontinuité (…) l’idée est de donner les commandes au marché partout où c’est possible (…) notre prescription est d’élever le taux de destruction créatrice (de l’entreprise) au niveau de celui du marché sans perdre le contrôle des opérations. (FOSTER, Richard N., KAPLAN, Sarah, Creative destruction, McKinsey Quaterly, 2001, n°3.)
Je me demande s’il n’y a pas dans cette phrase la théorie libérale du marché. Il faut transformer la planète en marché, tout en en gardant le contrôle. De cette façon on en tire les bénéfices, sans en subir les inconvénients – i.e. être transformé en chose.

Compléments :
  • Cette théorie est probablement toujours celle de l’élite mondiale.
  • Une histoire de la « guerre contre la terreur » américaine montre qu’elle a été motivée par le « préjugé » et des « pulsions stratégiques », non par la raison. Serait-ce cela le libéralisme : la pulsion de l’intérêt à l’état brut, qui manipule la science pour se justifier ? 

Épigénétique

Comment se fait-il que l’on parle tant d’épigénétique, la capacité de transmettre des caractéristiques acquises (billet précédent) ? Logique du libéralisme en donnerait-il une explication ?

La science libérale nous explique que le monde est réglé par des lois de la nature avec lesquelles il ne faut pas interférer. En particulier sa théorie de la sélection naturelle affirme qu’elle ne choisit que les meilleurs. Pourquoi remettre en cause leur règne, et celui de leurs enfants ?

La nouvelle (en fait plus ancienne) théorie répond que notre génome possède un moyen d'apprendre des événements. Pire, il pourrait y avoir une dose de hasard dans la production de notre descendance.

Cette théorie aurait-elle été censurée jusqu’ici ?

Compléments :

Héritage génétique

Il semblerait que les conditions que nous rencontrons dans notre environnement (par exemple une disette) soient capables d’allumer ou d’éteindre un gène, et que nous passions le gène et son état à nos enfants.

Ce qui nous ramène à la théorie discréditée de la transmission de caractère acquis (Lamarck) ?

mercredi 12 janvier 2011

Élite de surhommes

Un spécialiste de la recherche d’entreprises pour cadre voulant s’en offrir une me raconte une rencontre avec un extra-terrestre.

Celui-ci vient d’un fonds d’investissement. Il désire acheter n’importe quelle entreprise. Sans préciser le secteur. Ni d’ailleurs la compétence qu’il peut lui apporter. Il recrutera ce dont il a besoin.

Et si cette attitude était significative de celle ne notre élite internationale ? Elle se croit supérieure pour la seule raison qu’elle est ? Ce qu’elle pense est génial, pour la seule raison que nous sommes tous des demeurés ?

Ce qui m’a ramené à une enquête sur la faillite d’Enron (EICHENWALD, Kurt, Conspiracy of Fools: A True Story, Broadway Books, 2005). Les employés d’Enron correspondaient complètement à ce portrait. Ils se croyaient des génies et ils ont agi comme des idiots.

Serait-ce ce que produit notre système de sélection ? Des gens qui n’ont rien appris mais qui se pensent surhommes ?  

Palin et Zhuge Liang

Les difficultés de Sarah Palin (billet précédent) illustrent peut-être une tactique de Zhuge Liang le stratège du Roman des trois royaumes.

Il place ses adversaires dans un environnement dans lequel l’atout qui fait leur supériorité devient un handicap.

Sarah Palin représente un concept très américain. Une personne qui porte une idée simplissime qu’elle croit devoir à Dieu. De telles dispositions donnent parfois un avantage décisif sur les doutes d’un intellect supérieur. Mais elle a une faille : elle n’est pas adaptable ; sa logique inflexible peut l’enfoncer dans l’auto-destruction lorsqu’elle rencontre un terrain hostile. 

Palin et l’irresponsabilité

Débat dans la presse américaine : Mme Palin est elle responsable de la boucherie de Tucson ?

Probablement pas. Les accusations contre elles sont injustes. Mais la leçon qu’elle reçoit, elle, ne l'est pas. « all they that take the sword shall perish with the sword. » Comme dit l’Anglo-saxon.

Les Républicains ont laissé entendre que M.Obama était un musulman né à l’étranger, un socialiste, qu’il voulait organiser « des tribunaux de la mort »... Et ils ont magnifiquement profité de ces calomnies. Maintenant elles se retournent contre eux.

Cela pourrait être fatal à Mme Palin : son fonds de commerce est un discours guerrier, macho, et irresponsable. Elle aura désormais du mal à le tenir.

Compléments :
  • Décidément l’assassinat de l’homme politique est, depuis toujours, un sport national aux USA. Un nouvel exemple

Changement permanent

Situation régulièrement embarrassante : on affirme qu’il faut changer en permanence, et on s’attend à ce que j’approuve. Ne suis-je pas un spécialiste du changement ? 

Nous confondons changement et mouvement brownien. Le vrai changement est une transformation structurelle majeure qui donne un avantage tel qu’il n’y a plus ensuite besoin de changement, mais plutôt d’une forme d’apprentissage.

Mais pourquoi alors nous parle-t-on tant de changement ? Parce que nos entreprises et notre pays sont incapables d’une vision à long terme, encore moins de la mettre en œuvre. Alors nous subissons les événements. Comme la girouette, nous devons nous ajuster à chaque coup de vent.

« Nous » est d’ailleurs incorrect. Nos dirigeants, eux, ne changent pas. Ils suivent le vent, et configurent leur organisation en fonction. C'est pourquoi ils aiment le changement. 

mardi 11 janvier 2011

Goldman Sachs et Facebook

Facebook a de bonnes chances d’être une bulle. Mais Goldman peut avoir bien fait d’y investir : elle a gagnée une lucrative entrée en bourse. (Is Facebook really worth $50 billion?)

C’est un retour aux origines pour Goldman Sachs dont la fortune a commencé avec la bulle Internet, durant laquelle cette banque a réussi à nous faire croire que les start up Internet étaient d’une valeur énorme.   

Deepwater Horizon

Rapport d’enquête sur l’explosion de la plateforme pétrolière de BP. Il confirme ce qui semblait évident depuis longtemps : BP a une culture d’entreprise abjecte.

Ce qui est plus surprenant est que BP semble la partager avec ses sous-traitants. Toute la profession serait-elle dans le même état ?

Réputation et Internet

La réputation des dirigeants et des entreprises semble désormais se jouer sur Internet. Et les agences de relation publique semblent croire qu’il y a là un marché pour elle. (Ego goes solo.)

lundi 10 janvier 2011

Taxi driver

Le massacre de Tucson me rappelle Taxi driver. J’ai enquêté. Ce film est basé sur des faits réels. Il aurait aussi servi de modèle à un attentat contre Ronald Reagan.

Dans tous les cas, le coupable est un solitaire qui n’arrive pas à trouver sa place dans la société. Sans pour autant être sans moyens.

Cela disculperait Sarah Palin et la crise. Mais pas la société américaine. Il semble qu’il y soit naturel, quand on s’y trouve mal, de faire une grande hécatombe, à l’arme à feu, d’écoliers ou de politiciens.

Michael Moore avait-il vu juste, dans Bowling for Columbine ? La culture américaine serait une culture de la peur, qui verrait la violence armée comme rédemptrice ?

Le rapport entre le nombre de morts par arme à feu, et pour 100.000 habitants, aux USA et au Japon  (plus de 120), me fait me demander s’il ne faut pas ajouter à tout cela une faiblesse de lien social qui favorise la mal adaptation

Somalie divisée

La division somalienne soulève une question existentielle.

L’Afrique est constituée d’États artificiels, issus de la colonisation. Les ethnies, tribus… s’y agitent. Problème. Il serait peu judicieux d’empêcher des peuples qui se reconnaissent comme tels, et qui ne s’entendent pas, de se séparer. Mais si certains font sécession, les autres suivront et l’Afrique se disloquera. (A necessary secession.)

Instable Pakistan

Les fondateurs du Pakistan voulaient un pays de tolérance. Aujourd’hui les tolérants sont assassinés.

Curieusement ce sont les militaires qui ont favorisé le sectarisme religieux. Au moins en partie pour des raisons de guerre avec l’Inde. Les hommes politiques actuels, par ailleurs corrompus, semblent s’accommoder fort bien des forces obscures de la nation. (A good man who did something.)

Malédiction du pays en développement ? Quel fut le rôle de l’Occident ? Y a-t-il un lien entre la situation du Pakistan et le réveil du fondamentalisme musulman par l’Amérique, à des fins de guerre froide ? 

Éthique de l’économiste

Les économistes ont vendu leur âme aux financiers. Ils se demandent maintenant comment la racheter. Peut-être un code d’éthique ?

Comment ont-ils pu prêcher que l’homme suivait son intérêt sans réaliser qu’ils étaient des hommes ? Comment n’ont-ils pas compris l’étendue de leur responsabilité, alors que leurs idées affectent la planète entière, faisant des gagnants et surtout des perdants ? D’autant plus qu’ils n’avaient pas compris que le monde était infiniment plus complexe que leurs équations, pavant ainsi l’enfer de leurs bonnes intentions ?...  Voici quelques remords qui les rongent.

Truman désirait des économistes manchots. Il n’en pouvait plus de leur indécision : « d’un côté… de l’autre » (on one hand, on the other). L’économiste moderne est effectivement manchot. Sa quête d'éthique n'est-elle pas celle du bras manquant ?

Compléments :
  • Par ailleurs je vois là la formulation d’un problème de RS(E). Une question pour ISO 26000 ?

dimanche 9 janvier 2011

Fragile Brésil ?

Le Brésil serait essentiellement un pays de matières premières et de bas salaires. Les Chinois feraient le bonheur des premières et le malheur des seconds.

C’est du moins ce que semblait dire la BBC, hier.

Le miracle économique est-il solide ?

Inflation en Angleterre

Le prix des vêtements et de la nourriture augmente énormément en Angleterre. 

Si j’en crois la BBC, hier matin, le pays serait touché par un triple (au moins) phénomène : la forte dévaluation de la livre, la croissance de la population mondiale et une offre de nourriture insuffisante, l’augmentation des salaires de Chinois las de se faire exploiter (ils fabriquent les vêtements anglais).

Le chiffre global de l’inflation (un peu plus de trois pourcents) ne refléterait-il pas ce que subit le pauvre (le prix de certaines denrées alimentaires aurait augmenté de 4% en un mois, 20% pour les vêtements sur un an) ?

Combiné aux réformes des services publics de M.Cameron cela signifie-t-il que le dit pauvre est démesurément affecté par la réformes du gouvernement anglais ?

Tucson, Arizona

Tentative d’assassinat d’une élue démocrate. Une balle lui a traversé la tête, mais elle serait encore en vie. Par contre 6 personnes, dont un enfant, sont mortes. Le tueur serait un marginal de 22 ans, un complice serait en fuite.

Il se trouve que la dite élue avait soutenu la réforme de la santé de B.Obama. Elle avait été désignée comme personne à abattre par Sarah Palin.

Le maire de Tucson, interrogé par la BBC, évoquait la férocité de la crise, qui affecte, terriblement, beaucoup d’Américains. Conditions favorables à des actes irrationnels.

Il aurait pu aussi parler de fusils d’assaut quasiment en vente libre et d’hommes politiques qui préfèrent en appeler à la haine plutôt que d’essayer de réparer les maux d’un pays. Et peut-être aussi d’un individualisme qui a fini par liquider tout instinct de solidarité. 

Logique du libéralisme

Ce que dit Georges Kurnatowski en 1907 :
Le principe moral du libéralisme, c’est la liberté. L’homme ne dépend pas d’un autre homme, mais il dépend des lois sociales qui sont aussi inéluctables que les lois physiques. Si nous réservons le mot esclavage à la seule dépendance d’un homme par rapport à un autre, alors l’homme délivré de cette dépendance est libre.
Donc, toute l’argumentation du libéral est de dire que rien ne peut aller contre ces lois (le contrat et la concurrence). Or, bien loin d’être naturelles, elles sont sociales, et l’avantagent.

Compléments :
  • Texte trouvé dans : AUDIER, Serge, La pensée solidariste, PUF, 2010.
  • Voir aussi, pour une version plus large du libéralisme : MANENT, Pierre : Histoire intellectuelle du libéralisme, Hachette Littérature, 1997.

samedi 8 janvier 2011

Avantage concurrentiel du fanatisme

Pourquoi un intellect sévèrement limité est-il devenu un avantage concurrentiel ? (Cf. hommes politiques, « nerd » américain…) Le billet précédent me ramène à cette question.

Eh bien, il y a un intérêt imparable à avoir un QI négatif. Surtout si l’on se croit élu de Dieu et si l’on en veut à l’intérêt collectif :

Notre monde n’est pas conçu pour des comportements idiots, ils le prennent par surprise. (« Plus le mensonge est gros, plus il passe. » aurait dit Joseph Goebbels.) Mieux, si ce comportement fait des dégâts humains (cf. la crise financière), le principe de solidarité de la société les répare. Que coûte-t-il de licencier ? L’État paiera la note ! Encore mieux : le système immunitaire social peut repousser autant de fois qu’il veut le forcené, de toute manière il le remettra à chaque fois sur pieds. Et il attaquera de plus belle. L’illuminé est increvable. Nouvel avantage !

Imaginons maintenant qu’il n’y ait pas un seul fanatique mais un essaim, partant dans tous les sens, tous convaincus d’avoir raison. L’un ne finira-t-il pas fatalement par traverser les mécanismes de protection de la société ?

Compléments :
  • Dans l’essaim on retrouvera toute la cohorte des scientifiques hyperspécialisés, tels que les forment les USA. Ils ont tout pour avoir des œillères, la conviction d’avoir raison, et un formidable pouvoir destructeur.
  • Plus curieusement, cette description sied parfaitement au héros hollywoodien (et à Sarah Palin). 

Les causes du succès

Dans l’article cité par le billet précédent l’oligarque Khodorkovsky explique ainsi qu’il mérite son argent : les conditions de départ étaient identiques pour tous. Deux autres possibilités :
  1. Soit une population qui subit une succession d’épreuves. À chaque fois la moitié de l’échantillon est éliminé, de manière aléatoire. Au bout de 20 épisodes, la population à été divisée par un million. Ceux qui survivent en déduisent, logiquement, qu’ils ont été désignés par Dieu.
  2. Les Jeux Olympiques. Chaque sport est égalitaire. Mais les caractéristiques du vainqueur diffèrent colossalement entre le sprint, l’escrime, le judo, le basket… Autrement dit, ce sont les circonstances sociales qui font le champion.
M.Khodorkovsky a probablement un intellect limité. Le fait qu’il joue les martyrs aujourd’hui montre, aussi, qu’il pense certainement avoir une mission divine. Le fondamentaliste à œillère, produit de l'économie de marché ?

Compléments :
  • Khodorkosvsky a fait fortune à une époque dramatique pour la Russie. Selon lui, ceux qui y ont perdu la vie n’ont eu que ce qu’ils méritaient ? Ce ne serait pas surprenant qu'il le pense : les ultra-riches accusent le comportement irresponsable du peuple d’avoir causé la crise actuelle.
  • Une étude scientifique sur les raisons de la réussite en entreprise.

Qui sont les ultra-riches ?

Les ultrariches sont des diplômés qui ont réussi dit une enquête de The Atlantic.

Comme Khodorkovsky, avant son emprisonnement, ils pensent que leur succès est dû à leur intelligence supérieure. Pour eux la valeur de l’homme est représentée par son salaire, tel que déterminé par le marché. Le salarié américain, par exemple, vole le monde, puisqu’il est mieux payé que l’indien.

Ils passent beaucoup de temps à leur travail et dans les avions ; leurs loisirs sont studieux : ils côtoient les grands esprits ; ils possèdent des fondations dont la mission est d’appliquer leur génie aux problèmes planétaires.

Ils forment une classe apatride et voient l’humanité comme une masse d’êtres indiscernables (sinon par leurs salaires, qui doivent être le plus bas possible). Que leur chaut que l’Américain s’appauvrisse puisque la Chine et l’Inde se développent : globalement le marché grossit.

vendredi 7 janvier 2011

La France résiste au changement ?

La revue de la DFCG (« échanges »), d’août-septembre cite une étude de l’Ifop pour BcomBest (portant sur CAC 40 et SBF 120), qui parle de changement.

Je suis surpris d’y voir que les interviewés sont massivement bien disposés vis-à-vis du changement.

Par contre « 89 % des salariés avouent ne pas avoir adhéré entièrement à la dernière évolution de leur entreprise » ! Surtout, « De nombreux salariés estiment que la conjoncture difficile a servi de prétexte à la mise en place très rapide d’un changement plus porteur de tension que de progrès. »

Le problème du changement en France est-il une question d’attitude de la population ou de technique de mise en œuvre ? 

Bon et mauvais marché ?

En poursuivant ma réflexion sur notre société-marché, j’arrive à une nouvelle curieuse idée.

Que désirons-nous ? Une économie prospère, c'est-à-dire qui crée et qui produise. Nous en avons besoin pour faire vivre notre modèle de solidarité sociale.

Une telle société, qui crée et qui produit, est une société de l’innovation. Or, l’innovation, c’est une idée unique qui donne un avantage unique, donc durable (cf. Apple). Du fait de cette différenciation, l’entreprise, le secteur industriel, ou la nation ne subissent plus les contraintes de marchés irrationnels. Ils travaillent au long terme. (Ce qui n’exclut pas les crises structurelles.)

Mais, c’est là où arrive l’idée curieuse, si tout le monde innove, il n’y a plus de marchés irrationnels, mais des marchés pacifiés, nécessaires à l’échange de produits. Et si l’irrationalité des marchés résultait de l’incapacité de l’entreprise à faire son métier ? Si le vice du système ne venait pas du marché mais d'un libre échange qui veut balayer toutes les différences (commoditization des Anglo-saxons) ?

jeudi 6 janvier 2011

Que produit le libéralisme ?

Une surprenante métaphore de Charles Gide (lors d’un cours au Collège de France en 1927-28) :
Quant à croire que la concurrence assurera par la voie naturelle la sélection des meilleurs c’est faire (...) comme un jardinier qui dans son jardin laisserait pousser tout, pensant que les bonnes espèces sauront bien prendre le dessus. Qu’arriverait-il ? il aurait son jardin rempli de ronces et de chiendent.
Compléments :
  • AUDIER, Serge, La pensée solidariste, PUF, 2010.

Stratégie d’Obama

Le changement est une forme de judo, il est avantageux d’être en position basse. Il est possible que M.Obama ait découvert ce principe et qu’il profite de la furia républicaine pour se faire réélire. Exemples de tactiques :
  • Les Républicains veulent voter des politiques irresponsables qui plaisent au peuple, dans l’espoir que M.Obama les bloque et donc s’attire le mécontentement populaire. M.Obama a intérêt, au contraire, à les laisser passer, en arguant d’un intérêt supérieur et du pragmatisme : en contrepartie il a obtenu une réforme de justice sociale (il vient justement d’appliquer cette tactique). Ainsi le pays sera en faillite, du fait des Républicains, et M.Obama sera parvenu à mener une politique démocrate. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
  • Obamacare pourrait devenir le Vietnam des Républicains. Ils se sont engagés à s’en débarrasser. M.Obama peut les contraindre à une guerre d’attrition qui épuisera leurs efforts loin de ce qui compte réellement pour l’électeur : le chômage. Ils feront, à l’envers, l’erreur commise par B.Obama. La sanction sera identique. 

Tensions aux USA ?

La démographie rendrait, à moyen terme, les USA plus républicains que par le passé.
  • Mise à la retraite du baby boom, des retraité dont l’opinion s’est formée à l’époque de Reagan. Ils auraient un fort pouvoir de lobbying qu'ils utiliseraient essentiellement pour faire augmenter les dépenses qui les concernent et éviter celles destinées aux autres classes de la population (d’où leur hostilité aux réformes d’Obama).
  • Les États républicains ayant vu leur population croître vont avoir un pouvoir électoral accru.
Quelle conséquence cela aura-t-il ? La seule stratégie des Républicains actuels semble être de liquider M.Obama. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, il est possible que le système législatif ne soit pas paralysé : il y a accord unanime sur ce qui est nuisible pour le pays. (Variante du dilemme du prisonnier ?)

La situation sera-t-elle longtemps tenable ? Les marchés vont-ils longtemps tolérer que le pays ne réduise pas son déficit ? « L’état déplorable des finances des Etats et des municipalités pourrait être le déclencheur d’une perte de confiance. »

Compléments :

mercredi 5 janvier 2011

Goldman Sachs innove

Goldman Sachs apporte 1,5md€ à Facebook. En fait, ce montant est rassemblé par 500 investisseurs représentés par Goldman Sachs. Ce qui permet à Facebook de dépasser le nombre d’actionnaires qui exigerait une entrée en bourse, sans avoir à entrer en bourse.

Décidément la compétence clé de Goldman Sachs est bien « l’innovation », c’est-à-dire trahir l’esprit des lois en respectant leur lettre. 

Facebook connect

Si je comprends bien, Facebook désire proposer une carte d’identité aux utilisateurs d’Internet.

Facebook connect est un bouton que n’importe quel site web peut afficher et qui permet à quelqu’un qui veut l’utiliser de se faire connaître comme s’il arrivait chez Facebook.

Est-ce un moyen pour Facebook de conjurer « la malédiction de la dérivée seconde », dont parle Hervé Kabla ? Ainsi, le nombre de comptes Facebook ne serait plus limité que par le nombre d’utilisateurs d’Internet ?

En tout cas, protéger autant de comptes est une énorme responsabilité (de l’ordre d’un pourcent des utilisateurs de Facebook auraient déjà rencontré des problèmes de sécurité).

L’Amérique quitte le Moyen-Orient

Je retiens d’un long article sur le Moyen-Orient, que si les lois de l’économie s’appliquent à la politique américaine, l’engagement de l’Amérique au Moyen-Orient ne devrait pas durer.

En effet, il lui rapporte moins qu’il lui coûte. Le pétrole Irakien ne représente que 10% de son approvisionnement, ce qui va chuter. Pas de quoi couvrir les frais militaires qu’elle a engagés (1100md$ jusqu’ici). Pour le reste la présence américaine profite aux intérêts de ses concurrents (Chine) et nourrit l’anti-américanisme local (une autre forme de protection d’intérêt).

Réflexion personnelle : n’est-ce pas parce que l’Amérique a agi en tuteur de la région que cette dernière se comporte de manière irresponsable ?

Compléments :

Les mystères de Lisbonne

Film de Raul Ruiz, 2010.

C’est très très long, surtout dans une salle où il fait froid et avec un projecteur qui a des absences. C’est une reconstitution étonnante de fidélité d’un roman du 19ème siècle.  Une époque où l’on s’apitoyait sur les malheurs des nobles et où les romans étaient faits d’histoires (ici de drames) qui s’emboitaient les unes dans les autres, sans fin.

Problème posé par la retranscription d’une œuvre ancienne. Peut-on ressentir la passion qu’elle a suscitée lorsque l’on n’appartient plus à sa culture ? Et, le plus beau d’un roman, n’est-ce pas ce qu’imagine le lecteur ? Le film ne doit-il pas trahir la lettre pour retrouver l’esprit ? 

mardi 4 janvier 2011

Réforme du système électoral anglais

Les Libdem anglais sont face à un curieux problème.

Pour montrer que leur participation au gouvernement anglais n’est pas vaine, ils doivent faire adopter une réforme du système électoral, qui les défavorise. Mais la trahison de leurs idéaux qu’a entraînée cette participation risque de transformer le référendum en l’occasion d’une sanction…


Compléments :
  • La réforme consiste à donner à l’électeur la possibilité de voter pour plusieurs candidats, si le premier choix n’est pas élu, les choix suivants sont pris en compte. 

Transports anglais

La déréglementation des transports anglais ne semble pas avoir été un succès.

La route est saturée et « les trains sont maintenant de l’ordre de 50% plus chers, en valeur réelle, qu’en 1980 ». Mais leurs tarifs continuent à exploser  (+ 6,2%, en moyenne, en janvier).

Facteurs culturels du développement israélien

L'adversité serait le moteur du développement économique d’Israël.
  • Des voisins hostiles, qui auraient créé son armée. Elle forme ses élites techniques et leur donne des idées qu’elles transforment en start up. 
  • Des conditions de vie difficiles, qui lui apprennent à faire beaucoup avec peu (eau, agriculture, énergie…), conditions idéales pour profiter de l’économie du développement durable.
Ce qui lui est moins favorable est une armée qui s’intéresse plus au contenant d’Internet qu’à son contenu, une culture propre au commerce plutôt qu’à la construction d’empires économiques, des liens naturels avec l’Occident plutôt qu’avec l’Orient, et une grosse partie de sa population qui ne participe pas à son économie (Arabes israéliens ou Juifs orthodoxes).

lundi 3 janvier 2011

Homo Oeconomicus ?

Une idée curieuse vient de me traverser l’esprit. Les journaux relèvent les contradictions permanentes du discours de Nicolas Sarkozy. On en déduit que c’est un malfaisant qui cherche à nous tromper, en bafouant les règles les plus sacrées de la morale. Et si ce comportement avait sa dignité ?

Dans un précédent billet, j’expliquais que notre société se comportait comme un marché. Or, comme le disent les Anglo-saxons, le marché, c’est le chaos. Il oscille entre « greed » et « fear », entre la cupidité et la peur.

Si c’est le vent qui détient la vérité, alors la girouette a raison de changer. Et si l’Homo Oeconomicus, pur et dur, était une honnête girouette ? Et si notre président en était l’idéal-type ?

Mauvais euro

L’Estonie entre dans la zone euro disent les informations. Ses voisins ne trouvent pas que c’est une bonne idée.

Curieux, à lire la presse étrangère on a l’impression que rejoindre la zone euro est un cadeau qu’on lui fait.

Les seules personnes auxquelles on ne demande pas leur avis sont les membres de la dite zone. Et pourtant ce sont elles qui, depuis 20 ans, essuient crise sur crise pour parvenir à la réaliser. Étonnant qu’elles ne trouvent aucun défenseur, pas plus à l’extérieur que, surtout, chez leurs gouvernants.

Régulation américaine

L’économiste nous dit que nous devons déréglementer pour vivre heureux, et nous montre l’exemple américain.

Or, j’apprends que l’Amérique est un pays ou la grande entreprise a une capacité innée à capturer l’Etat afin de tuer la concurrence et l’innovation. (Résultat, par exemple : « c’est le pays développé avec le marché de l’accès Internet le moins concurrentiel ».)

EADS

Changements chez EADS (Peace on the Rhine) :
  • Sa gouvernance aurait évolué, lui permettant d’éviter désormais un affrontement franco-allemand.
  • La société chercherait à diversifier ses revenus, essentiellement liés à une aéronautique civile cyclique. La défense (pourtant mal en point) serait son nouveau marché, plus généralement la « sécurité » (y compris web), et les services « à marge élevée ». Elle devrait installer ses usines aux USA, histoire de s’y faire des amis dans la politique. 

dimanche 2 janvier 2011

Dettes de Dubaï

Les prêteurs de Dubaï ont accepté une « restructuration » radicale de ses dettes. Ils estiment que le pays a l’avenir pour lui et qu’il est bon pour leurs prochaines affaires qu’il soit un ami.

Si l’Europe n’a pas utilisé de tels arguments, est-ce parce qu’elle doute de son avenir ?

Compléments :
  • L’Islande a procédé comme Doubaï, et s’en porte bien. En tout cas mieux que l’Irlande ou la Grèce. Ce qui va finir par poser un problème d’équilibre entre l’intérêt du financier et celui du citoyen ? 

Ernst et Young et Lehman Brothers (suite)

Affaire Lehman Brothers. Finalement « personne ne veut être la cause de la disparition d’un autre grand cabinet d’audit » (puisqu’il n’en reste que 4). 

Le procès que le gouvernement américain intente à Ernst et Young aurait pour objectif de l’amener à balancer ses complices, les dirigeants de Lehman Brothers.

Compléments :

Guerre au Moyen-Orient ?

Israël et ses opposants désireraient « une deuxième manche décisive ».
  • Les Palestiniens seraient bien mieux armés que lors de la première et pourraient infliger de très sérieux dommages à la population israélienne.
  • Les extrémistes de chaque bord seraient trop forts pour qu’une guerre puisse être évitée sans intervention pacificatrice extérieure.

Les guerriers de la nuit

Film de Walter Hill de 1979.

La trame du film reprendrait L’Anabase de Xénophon. Une bande de voyous new-yorkais, pour revenir sur son territoire, doit traverser celui de tribus hostiles. Le plus grand danger qu’ils courent ne vient d’ailleurs ni des battes de baseball des loubards, ni des matraques de la police, mais des sirènes et Circée qu’ils croisent en fin de parcours.

Il n’y a qu’aux USA que l’on puisse appeler Cyrus ou Cléon des personnages, sans que cela paraisse curieux. Par contre ce qui l’est est à quel point les « voyous » sont peu inquiétants. Ce sont des romantiques désespérés, bien élevés et au physique agréable. Leur modèle est à chercher chez West side story, ou chez James Dean plutôt que parmi les bandes modernes. Et ils n’ont pas inventé l’arme à feu.  

Compléments :
  • Ce film, ou Xénophon, semble avoir aussi servi de modèle à Wassup Rockers, dans lequel un groupe de Latinos de Los Angeles devait rejoindre ses terres en partant de Berverly Hills (l’un d’entre eux, d’ailleurs, était exécuté d’une balle dans le dos par Clint Eastwood). Ce type de voyage initiatique est aussi le principe de l’Odyssée. 

samedi 1 janvier 2011

Syndrome du pays en développement ?

La Biélorussie a connu des élections trafiquées. Et semble partie pour devenir un régime peu fréquentable. Son exemple pourrait contaminer les pays de la région. (A nasty surprise in Belarus.)

Curieusement cela m’a rappelé l’histoire des pays en développement. Eux aussi ont été séduits par l’idéologie libérale. Eux aussi ont vu ce qui leur faisait office d’État détruit, et des dictateurs peu reluisants prendre leur direction.

Peut-être devrions-nous essayer d’éviter que cela arrive près de chez-nous ? Ce faisant nous serions peut-être capables de trouver une recette qui s’applique ailleurs ? 

L’économie dupe l’homme

Les économistes du billet précédent disaient que les financiers avaient dupé le marché, en concevant des produits exotiques qui lui faisaient prendre des vessies pour des lanternes.
Mais sont-ils les seuls à nous duper ?

Les coupe-faims sont des coupe-vies. L’agro-alimentaire vend de l’obésité. Les assureurs américains n’assurent que le bien-portant. Depuis ses origines l’industrie de la communication s’est spécialisée dans la manipulation

Et si le fonds de commerce de l’industrie était devenu la duperie ?

De l’économie au changement

Réunion d’économistes ce matin chez France Culture. L’économiste, si possible formé aux USA, est devenu notre maître à penser.

Ça n’a pas été toujours comme cela. Pendant longtemps l’économie a été une spécialité, obscure, du droit ! Et lorsque Raymond Barre a été présenté comme « meilleur économiste de France », cela n’a pas suscité d’admiration. Alors nous admirions les technocrates.

Le règne de l’économiste montre que nous sommes devenus une économie de marché.

C'est pour cela que nous vivons un mouvement brownien. Le marché c'est cela. Nous ne savons plus ou nous allons, nous changeons pour changer – comme une girouette, nous ne créons plus, nous confondons manipulation et action… Diagnostic de Laurent Habib et de Jeanne Bordeau.

Comment se tirer de ce tourbillon vain ? Rêver. Quelle société voulons-nous ? Si le rêve ne viole pas les lois de la nature, le réaliser n’est qu’une question de technique ! De « conduite du changement » !

Nouvel an

Ce blog vient de traverser sa troisième année.

Il paraît que Napoléon choisissait ses généraux parmi les personnes qui avaient de la chance. Eh bien, ce blog a eu de la chance. Il a démarré sa vie avec une crise majeure, sociale bien plus qu’économique. Et la crise c’est le changement à son plus fondamental.

Quel enseignement tirer de ses premières années ? Encore et toujours que Kurt Lewin avait raison. Le changement est le dégel des certitudes. Il montre que ce que l’on croyait, inconsciemment, est faux. Ce blog est la chronique de mes a priori erronés. 

C’est peut-être aussi un réveil. Non seulement nous croyions des balivernes, mais, surtout, nous avions arrêté de penser. N’étions-nous pas en possession de la connaissance ultime ? Je prédis un réveil de la philosophie.

Compléments :
  • Un calcul approximatif me montre que ce blog représente de l'ordre de 2200 pages, si je prends pour référence la taille moyenne de la page de mon dernier livre.

vendredi 31 décembre 2010

Thèmes du mois

Innovation. Au lieu de faire un point à chaque centaine de billets, je le fais maintenant en fin de  mois (ce qui revient à peu près au même, mais est plus simple pour moi).

Une idée surnage du résumé ci-dessous. Le monde s’éveille doucement. Progressivement, il découvre que ce qu’il croyait, l’idéologie libérale pour faire simple, était une illusion. Ou plutôt une anesthésie. Un à un, les démons que l’on pensait ensevelis ressurgissent. Plus grave, on ne sait plus si ce sont de vrais démons, ou s'ils ont été diabolisés.