samedi 5 février 2011

Néoconservateur Cameron ?

J’entends dire que M.Cameron a déclaré que le multiculuralisme avait échoué et qu’il fallait en revenir à une identité nationale vigoureuse.

Serge Audier aurait-il raison ? L’Europe serait-elle en proie à un néo-conservatisme (une forme de fondamentalisme occidental) galopant ?

Compléments :
  • AUDIER, Serge, La pensée anti 68, La Découverte, 2009. 

Croissance illusoire

Les trois secteurs qui ont cru le plus vite aux USA sont la santé, l’éducation et les services financiers.

Or, dans ces trois cas, la qualité des services rendus a stagné, voir régressé ! L’investissement s’est fait à perte !

Phénomène de « destruction de valeur » dont parle L.Habib ? Un exemple de fausse croissance ?

Compléments :
  • Il n’y a pas de raison de penser que la France ait suivi un chemin très différent. En particulier, en ce qui concerne la santé, l’augmentation de son coût ne s’accompagne pas de son amélioration (voir PALIER, Bruno, La réforme des systèmes de santé, Que sais-je, 2010.)

Pension d’artistes

Film de Gregory La Cava, 1937.

Pendant la Grande dépression, une héritière décide d’imiter son grand père, conquérant de l’Ouest, et faire fortune en partant de rien. C'est-à-dire devenir une vedette de théâtre.

À son insu, son père lui obtient la place d’une prolétaire aux abois. La peine que lui inspire le suicide de cette dernière révèle le talent de l’héritière. Hautement moral. 

vendredi 4 février 2011

Stagflation

L’économiste Nouriel « doom » Roubini pense que nous pourrions affronter des temps difficiles.

Les biens de consommation sont en forte croissance. Inflation partout. L’économiste se réjouit : le chômage fait que les salaires n’ont pas la capacité de suivre et de provoquer une inflation durable. Mais voilà, une révolution en Égypte pourrait provoquer un nouveau choc pétrolier. Cette fois-ci ce serait la plongée. Comme en 74 : dépression et inflation.

(Ce qui serait curieux serait que les révolutions du Moyen-Orient viennent, au moins en partie, de l’augmentation du prix des biens de consommation…)

Pauvreté aux USA

Curieux phénomène. Les États ensoleillés d’Amérique dont la population s’était beaucoup accrue ces dernières années connaissent un chômage explosif. Ils n’ont pas les moyens financiers de s’occuper de ceux qui ont tout perdu.
Une des raisons pour lesquelles ils ont crû si vite pendant les années fastes était leurs faibles taxes, qui laissent peu d’argent pour les programmes sociaux. Les sans domicile fixe sont souvent vus comme une menace à la migration et au tourisme. 

Inside job

Film de Charles H. Ferguson, 2010.

Un documentaire dans lequel on retrouve de mêmes sources et thèmes que dans ce blog.

On y voit la capture par les financiers de l’État américain et de tout ce qui aurait dû les contrôler (y compris les économistes). Conclusion : ils sont coupables de la crise. Pourquoi sont-ils toujours en liberté ?

Je ne suis pas sûr d’être d’accord. Il est extrêmement difficile pour un individu pris dans un mouvement aussi général de s’en dégager, ou même de pouvoir avoir la liberté de pensée nécessaire pour envisager une rébellion. Les cadres supérieurs d’une entreprise passent beaucoup de temps ensemble, et leur vie privée se déroule loin du monde, dans un luxe difficilement imaginable, ou chez les prostituées (frais professionnel si l’on en croit le film). Ils habitent un univers à part.

La capture de l’État par les financiers me semble s’expliquer par un effondrement des contre-pouvoirs qui s’opposaient à leur poussée. Inside Job participe à la reconstitution de ces contre-pouvoirs.

jeudi 3 février 2011

État et pauvreté

La rigueur budgétaire anglaise pourrait entraîner la suppression de lignes de bus non rentables. Ce qui aurait un impact décisif sur l’existence des pauvres (notamment de leurs écoliers) et des vieux. (Info de la BBC du précédent billet.)

Curieux comme l’existence d’une partie de la population tient à peu de choses, et à quel point les services publics sont importants pour elle.

Alors, le libéral a-t-il raison de dire que le pauvre vit aux crochets de l’État ? Peut-être pas. Grâce à l’État le pauvre ne se rend pas compte qu’il est pauvre. S’il le savait il serait peut-être autrement exigeant avec les riches ?

Ambulance et consommation

Les ambulances anglaises doivent être reconçues, et renforcées, pour pouvoir s’accommoder de l’obésité nationale. Voilà ce que disaient les informations de BBC 4 ce matin.

Triomphe de la société de consommation ? 

Réforme aux USA

Les Démocrates restent mariés aux dépenses, et les Républicains allergiques aux taxes, si bien que rien ne se passe. À la fin, il faudra peut-être un choc externe pour rendre la raison à des politiciens dans l’impasse. (Crunch time)
Est-il possible de se réformer en dehors des crises ? Si oui est-ce un avantage d’être un pays aussi privilégié que les USA ? Plus le privilège est grand plus la crise doit l’être ?

Big Mac et inflation

Pourquoi ne pas mesurer l’inflation en suivant le prix du Big Mac ?
Consistant de nourriture, de matériels, de salaires et de location, le Big Mac de McDonald offre un panier de prix à la consommation pratique, dont la composition change peu au cours du temps.

mercredi 2 février 2011

Changement en Orient

Il y a quelques temps, Michel Rocard disait que la révolution tunisienne était une révolution bourgeoise. Les manifestations égyptiennes pourraient être avant tout une question de droit à la parole. (« souffrance mal définie d’avoir été longtemps humilié par un régime sourd, refusant tout contrôle et cyniquement manipulateur »)

Et si les agitateurs étaient toujours des intellectuels bourgeois, probablement partisans de la démocratie ? Et si celui qui gagnait finalement était un quasi dictateur porteur d’une idéologie simpliste et soutenu par un peuple agissant comme une « masse » ? Et si la révolution russe de 17 était une meilleure modélisation des événements actuels que la révolution française de 89 ?

Et si le premier changement à opérer était en Occident non en Orient ? Ne va-t-il pas falloir que les USA comprennent que la real politik à courte vue finit toujours par retomber sur le nez du monde ? Ne va-t-il pas falloir que nos élites intellectuelles découvrent que la démocratie ne s’installe pas par miracle, parce qu'elle est une aspiration naturelle de l'homme, mais se construit sur une culture préparée ? 

Internet, défaite du marché ?

L’économiste juge que Google est un monopole dont on ferait bien de s’occuper.

Ce qui est curieux dans cette affaire est qu’à l’époque de la « Nouvelle économie », Internet était vu comme le don de Dieu à l’Humanité, annonce de la Victoire Finale, et imminente, du Marché. Or, la particularité d’Internet est d’installer des monopoles quasiment absolus.

Et si c’était cela le marché ? Des effets-réseaux tellement forts qu’ils donnent des vainqueurs absolus ?

Compléments :
  • Internet et ses effets vus par deux économistes : SHAPIRO, Carl, VARIAN, Hal R.,Information Rules: A Strategic Guide to the Network Economy, Harvard Business School Press, 1999.

Aide aux pays pauvres

Depuis lors la fondation (de Bill Gates) a donné 1,4md$ de subvention aux fermiers du tiers monde, son programme est maintenant comparable à celui de l’Amérique.
Mais ce n’est pas suffisant. La charité ne peut pas guérir les maux du monde, les États sont nécessaires. Il faut les réinventer ?

Retard islamique

Pourquoi le développement économique des pays islamiques a il décroché de celui de l’Occident ?

Peut-être parce que ce dernier a su inventer un type d’entreprises, et de gestion, adapté à (générant ?) un mode d’échanges complexe (et risqué ?). (The crescent and the company.)

mardi 1 février 2011

Changement en Europe ?

L’Allemagne proposerait une réduction des dettes des pays de la zone euro en difficulté, en échange de l’adoption par tous ses membres du modèle allemand.

Solution imprévue aux problèmes du moment ?

Retraite et capitalisation

« la moitié des fonds des fonds de pension d’Europe continentale sont investis en obligations d’État ». Le phénomène est général. Il pose plusieurs intéressantes questions.

Est-il possible, dans ces conditions, à un pays de faire faillite (comme on le recommande à la Grèce, l’Irlande ou au Portugal) ? Le système par capitalisation en est venu à ressembler au système par répartition : une génération prête à la suivante, qui nourrit la première par l’intérêt qu’elle paie. (In debt to Grandpa)

La pensée anti 68

Pourquoi autant de gens en veulent-ils à la « pensée » de mai 68 ? AUDIER, Serge, La pensée anti 68, La Découverte, 2009. 

Parce qu’ils estiment qu’elle a torpillé un paradis auquel il convient de revenir.

En fait, 68 fut une révolte contre un carcan technocratique étouffant. Si cette révolte a eu des conséquences déplorables (individualisme et libéralisme débridés, bien pensance…), ses aspirations sont fondamentales et doivent être prises en compte dans une réflexion sur l’avenir de notre modèle social.

Le livre montre que la France est parcourue d’un puissant courant néoconservateur. Il ne dit pas son nom mais il est authentique. Il n’est pas copié sur l’américain, mais a les mêmes racines, et partage les mêmes penseurs. C’est un mouvement venu de gauche. Sa vision du monde est celle d’une bataille idéologique pour l’esprit du peuple. Il s’agit de remplacer dans sa tête des valeurs perverses par une juste morale. L’arme, qu’il revendique, est la propagande, le lavage de cerveau.

En conséquence le procès qui est fait à 68 est (délibérément ?) truqué. L’ouvrage s’applique à le démontrer en analysant ses arguments et en montrant qu’ils ne sont pas fondés. D’où 400 pages d’une enquête minutieuse. Cet homme a tout lu ! Tour de force : la lecture n'est pas un calvaire. C'est une exploration des travaux des philosophes qui ont fait la pensée française du dernier demi-siècle, et de ceux qui les ont influencés. Cette pensée évolue par des sortes de modes, en bloc. Ainsi, par exemple, l’ère technocratique a eu sa philosophie d’un homme marionnette des forces sociales.

lundi 31 janvier 2011

Thèmes du mois

Fragile Angleterre ?

File on Four de BBC4, hier soir. La rigueur anglaise pourrait-elle déclencher une crise immobilière ?

Les banques semblent faire des profits exceptionnels (3% contre nettement moins de 1% en temps normal) sur leurs prêts à l’accession à la propriété – histoire de reconstituer leurs réserves. Du coup, les maisons ne se vendent plus. Il est aussi étonnant à quel point ceux qui rencontrent un pépin (maladie, chômage...) peuvent se retrouver, instantanément, dans une situation désespérée  par la moindre réduction du budget de l’État. Qu’arrivera-t-il lorsque les premières vagues de licenciements surviendront ?

L’émission remarque aussi que la partie supérieure de la population est totalement isolée du phénomène. 

Impérialisme

Lors de la dernière guerre, Trotski encourageait les colonisés à secouer le joug de l’impérialisme, plutôt qu’à l’aider à affronter le nazisme. Pour Trotski l’impérialisme c’était le mal absolu :
Hailé Sélassié était sans aucun doute un tyran semi-féodal qui soutenait les résidus non négligeables de l’esclavage dans son pays. Néanmoins la guerre d’Éthiopie contre l’impérialisme italien était une guerre juste d’indépendance nationale.
Curieuse chose que l’impérialisme. N'est-ce pas une nation en asservissant une autre ? Or le concept de nation est occidental. L’Inde, par exemple, ne s’est considérée comme une nation que récemment. Et le « colonialisme » anglais s’est inscrit dans les mouvements naturels – internes ou externes - qui avaient fait l’histoire du pays. D’ailleurs, de tous temps, les peuples se sont envahis, les uns et les autres se mélangeant plus ou moins.

Nos colonies se sont constituées et libérées au nom de nos principes. J’espère que c’est parce qu’elles les ont trouvés utiles. Sinon elles auraient été victimes de la pire forme d’impérialisme : le lavage de cerveau du totalitarisme.

Réflexion qui vient de MANDEL, Ernest, La pensée politique de Léon Trotsky, La Découverte, 2003.

dimanche 30 janvier 2011

L’avenir est au charbon

« Nous vivons un nouvel âge du charbon ». C’est l’énergie préférée des pays émergents, 

Ils devraient développer colossalement leur consommation (peut-être 500GW de plus, en Chine, dès 2015). Ce qui ouvre un énorme marché aux pays qui détiennent des ressources facilement exploitables, notamment les USA, la Russie et l’Australie, et au transport maritime.

Cela devrait faire beaucoup d’heureux. Quid de l’environnement ? (Burning ambitions)

Wikipedia

À la réflexion, je pense que Wikipedia n’est pas parfait.
  • D’une certaine façon il est excellent pour tout ce qui concerne les « people ». C'est-à-dire des gens plus ou moins connus. Ces people sont d’ailleurs de tous temps. On trouve chez Wikipedia de très bonnes biographies de seconds couteaux de l’histoire, fille illégitime du dernier des Stuart, brigands du Far West ou généraux américains de la guerre de sécession.
  • Wikipedia est aussi très bien pour renseigner sur ce qui fait notre vie, mais n’entre pas, du moins avec un tel détail, dans un dictionnaire. Par exemple sur une rue de paris, une demeure ancienne anglaise, une mode passagère.
  • Mais il n’est pas bon pour traiter de sujets de fond, qui demandent un travail de compréhension en profondeur. On trouve dans les articles en question des affirmations souvent discutables, anecdotiques ou idéologiques.
Wikipedia, travail d’amateur (au sens noble du terme) ? Les professionnels consacrent leur temps aux dictionnaires ou aux livres ?

Sarkozy profil bas ?

N.Sarkozy désirait utiliser ses présidences internationales comme campagne de communication vis-à-vis de nous. Mais la montagne de ses intentions initiales pourrait accoucher d’une souris : il en aurait beaucoup rabattu sur ses ambitions de réformer le monde.

Plus curieux, il chercherait à manipuler les Chinois (notamment), en utilisant une technique bien connue des livres de management :
Il en est même arrivé à l’idée de sous-traiter des sujets épineux à d’autres, afin d’essayer de les faire « s’approprier » un éventuel changement.
Pathétique ?

Compléments :
  • Ce que découvre M.Sarkozy est probablement qu’il est plus facile de manœuvrer le monde quand il est en crise que quand il est en paix.