samedi 19 février 2011

18 février

En regardant les prévisions à 15j de La chaîne météo, j’avais noté que le 18 devait être une date de refroidissement climatique. On annonçait 1°. Puis j’ai vu la prévision augmenter jour après jour, jusqu’à atteindre 13° le 16, le 17 elle reculait, finalement le 18 on annonçait 7°.

Je me demande si le problème de la météo à long terme n’est pas celui de la prévision des changements de masses d’air, qui doit être quasi impossible. Entre deux changements, demain aura le même ordre de températures qu’aujourd’hui. 

L’argent rend asocial

La conclusion (de ces expériences scientifiques) est que le simple fait de penser à l’argent – même inconsciemment - rend les gens plus auto-suffisants, moins soucieux de la société, et moins coopératifs.
L’auteur du billet constate que ce résultat s’applique à son cas. Parce qu’il parle d’économie, il tend à être un solitaire qui voit la société comme une perte de temps.

Je fournis peut-être un autre exemple, mais à l’envers, de ce phénomène. Me parler d’argent produit chez moi une forme de démotivation radicale et curieuse. Du type de celle que subit l’écolier ordinaire à qui on parle de devoirs. Or, je suis convaincu de l’efficacité ultime de la société en ce qui concerne la résolution de problèmes.

Question, laissée au lecteur à titre d’application : un homme bling-bling est-il prédisposé à servir l’intérêt collectif ? 

Impacts économiques de l’invention de l’imprimerie

L'imprimerie s’est répandue de ville en ville, au fur et à mesure que les apprentis de Gutenberg, et leurs apprentis, s’y installaient et leur apportaient les secrets de leur savoir-faire. Ces villes ont toutes connu une croissance de leur population très nettement supérieure à celle des villes sans imprimerie.

Miracle des technologies de l’information, la diffusion du savoir enrichissant la ville, comme le dit l’auteur de l'étude ?

Je ne suis pas convaincu. J’ai l’impression qu’avant tout ce fut une innovation comme les autres (cf. la révolution industrielle). Elle a créé une industrie et des biens (les livres sont difficilement transportables à l’époque) qui ont attiré du monde et rendu agréable la vie de la cité. Même si l’avantage était petit, il a peut-être été suffisant pour détourner les flux migratoires. Et même créer un cercle vertueux : les nouveaux arrivants favorisant le développement économique de la ville, ce qui les rendait encore plus séduisantes…

vendredi 18 février 2011

Banquiers de mieux en mieux payés

Les banques d’investissement européennes augmentent leurs salaires pour compenser la réduction des bonus qui leur est imposée (+2,4md£ pour 4 d’entre elles, tout de même).

Illustration d’un grand théorème du changement ? Confrontées à un changement passé en force, les organisations maintiennent le statu quo.

Les banquiers seraient-ils condamnés à s’enrichir ? Pas forcément, car leurs résultats se dégradent. Alors, pour s’accorder la rémunération due à leur mérite certains d’entre eux vont-ils être amenés à se défaire de leurs collègues ?

Ponzi redéfini

L’armée d’avocats et de consultants qui aide à récupérer les 19,6 md$ de la fraude de Bernard Madoff est en passe de gagner 1,3md en honoraires. (Financial Times)
À qui profite le crime ? N’y a-t-il pas un phénomène plus général à l’œuvre ici ? Certaines professions profitent de leur position pour rançonner la société, comme jadis les seigneurs du Rhin rançonnaient les voyageurs ?

Renaissance de l’histoire

Une organisation internationale peut disséminer les risques plutôt que les contenir, quand une usine importante est fermée. Chilling consequences.
On découvre le danger de traiter avec certains régimes peu reluisants. Les compromissions dans lesquelles ils entraînent les filiales des multinationales avec lesquelles ils traitent peuvent mettre en péril toute l’entreprise. Fin de l’ère de la globalisation béate ?

Compléments :

Sombre Afrique

Grosse demande de matières premières. L’Afrique s’enrichit. Mais l’effet serait pervers.

Les nouveaux riches auraient mis leurs nations en coupe réglée « Au premier regard des pays comme l’Angola paraissent avoir des secteurs privés prospères, mais ces entreprises sont en fait des cartels informels dirigés par l’élite du pétrole. »

Compléments :

The black swan

Film de Darren Aronofsky, 2010. Transmutation inverse, de l’or en plomb.

Il n’est pas possible de transformer des actrices en danseuses. Le film le révèle. Il faut des décennies pour sculpter un corps, et donner à un bras la grâce de l’aile du cygne (comme le montre une scène pendant laquelle une vraie danseuse montre le battement de l’aile à l’actrice principale). Du coup tout paraît lourd et faux. La magie du ballet s’est enfuie.

Mais, au fond, c’est un extraordinaire hommage aux danseurs. Et à tous ceux qui consacrent une vie de sacrifice à la recherche d’un instant de perfection. 

jeudi 17 février 2011

Formation du salarié

« Les employé doivent s’approprier leurs carrières (…) les chercheurs d’emploi doivent investir dans leur avenir en acquérant les compétences dont a besoin l’entreprise » dit une étude anglaise. Les entreprises ne forment plus leurs employés, elles ne pensent plus qu’à court terme, c’est à eux de se débrouiller.

Bref, les employeurs ont réussi à faire payer la formation de leurs personnels par la collectivité.

Mais est-ce durable ? Ce qui différencie une entreprise n’est-il pas une compétence très spécifique qu’elle seule peut apporter ? Combien de temps un employé doit-il consacrer à l’enquête qui lui permettra de trouver les compétences qui ont le vent en poupe (l’étude précise que l’entreprise n’a pas la moindre idée de ce qu’elles peuvent être !) ? Quel est le risque que tous les employés acquièrent, en trop grand nombre, les mêmes compétences ? Comment se font-ils rémunérer pour ce travail masqué ? en surfacturant leur employeur ? en profitant de leur temps de travail ?...

Forteresse euro

The Economist s’inquiète. La zone euro se fermerait sur elle-même. Les pays libéraux s’y trouveraient en minorité et seraient forcés à des réformes (notamment sociales) que la morale économique réprouve. Ce qui ne ferait pas non plus les affaires des libéraux extérieurs (Suédois et Polonais) qui pourraient être coupés d’une zone euro protégée. L’Angleterre, elle, est indifférente. 

Nous avons gagné ce soir

Film de Robert Wise, 1949.

Remarquable film de boxe. Le spectacle est plus dans la salle que sur le ring. Et les vies les plus misérables peuvent être des victoires. 

mercredi 16 février 2011

Éducation française

Notre système éducatif semble ne pas déborder de personnels – d’ailleurs mal payés, et les avoir mal disposés : creux pour l’enseignement initial, où l’adaptation sociale se joue, et pour l’enseignement supérieur, dont dépend la performance économique.

Dans ce contexte la politique du gouvernement est difficile à comprendre. On n’entend parler que de réductions d’effectifs à dispositif identique, alors qu’il semble qu’il faille reconcevoir le système - et qu’il ne soit pas anormalement coûteux. D’ailleurs, un système éducatif n’est qu’investissement, il est curieux de n’entendre parler que de coût, sans qu’il soit question de gains.

Mes informations sont-elles incomplètes ? Notre gouvernement est-il incompétent ? Poursuit-il des objectifs qui ne sont pas dans l’intérêt collectif ?... à creuser.

Compléments :

Amérique et Moyen-Orient

Le lien israélo-américain n’aurait pas pour raison l’intérêt. L’émergence d’un pouvoir populaire au Moyen-Orient (favorable à la cause palestinienne) pourrait faire payer cher cette amitié à l’Amérique. (A marriage of inconvenience.)

Lutter contre la rumeur

Démentir une rumeur l’amplifie. Il faut la noyer dans un flot d’informations flatteuses. (How firms should fight rumours). 

mardi 15 février 2011

Inégalité relative

On parle beaucoup d’inégalités aux USA. Mais l’affaire est peut-être exagérée.

Car les USA sont exceptionnellement peu inégalitaires si on les compare aux autres nations initialement esclavagistes. 

Inégalité de revenus

Graphe représentant l’évolution des revenus aux USA.
  • Le % le plus riche a vu son revenu moyen passer d'une tendance à long terme oscillant entre 200 et 400.000$ à 1,4m, en quelques décennies (avec une accélération brutale dans les années 90).
  • Les revenus des 90% les moins riches ont stagné.

Dysfonctionnement de la justice

J’entends parler de dysfonctionnements de la justice française dans l’affaire Laëtitia. Avant-hier la BBC enquêtait sur ceux de la police anglaise, qui avait mis dix ans pour éjecter un pervers sexuel de ses rangs, en dépit de signes annonciateurs.

Je me suis demandé si les techniques que j’appliquais jadis aux processus industriels ne sont pas pertinentes ici.

Tout processus présente, par nature, une proportion donnée de dysfonctionnements. Ces dysfonctionnements deviennent anormaux lorsqu’ils dépassent cette valeur. Alors, il y a eu dérèglement du processus. Si l’on veut réduire le taux naturel de dysfonctionnements, il faut modifier le processus, ce qui signifie un investissement.

Les dysfonctionnements de la justice française ou de la police anglaise sont-ils statistiquement anormaux ? Si non, et si on les trouve inacceptables, il faut consacrer des moyens publics à perfectionner le système. Dans tous les cas, il ne sera pas parfait. Et toute complexification est susceptible d’augmenter le risque de deuxième espèce (condamner des innocents).

Manipulateur de déchets toxiques

Le « manipulateur de déchets toxiques » surprend et intéresse ceux à qui j’en parle. D’où l’idée d’écrire quelques billets sur le sujet. Pour commencer, le concept. Il vient de FROST, Peter, ROBINSON, Sandra, The toxic handler : organisational hero and casualty, Harvard Business Review, juillet-août 1999.

Les causes de « toxicité » en entreprise sont multiples : changements et en particulier restructurations, mais aussi propension naturelle des organisations et de leurs dirigeants à générer du stress / de la souffrance. Les manipulateurs de déchets toxiques éliminent cette toxicité et permettent ainsi à l’entreprise de travailler dans de saines conditions.

Comment s’y prennent-ils ? Ils suscitent la confiance, écoutent avec empathie, suggèrent des solutions, travaillent en arrière plan pour soulager la pression, reformulent les messages susceptibles de heurter… Ce sont des employés d’une efficacité supérieure. Ce qui leur donne la protection qnécessaire pour jouer ce rôle de démineur. Cependant, du fait du stress qu’ils concentrent et qui finit par les atteindre, ils doivent être protégés :
  • Les dirigeants doivent comprendre le mécanisme qui est en œuvre, et que la gestion du stress (dont ils sont en partie responsables) améliore l’efficacité de l’entreprise.
  • Il faut encourager les manipulateurs de déchets toxiques à se rencontrer et à partager leur charge.
  • Il faut les éloigner périodiquement du front.
  • Il faut les aider à gérer de manière équilibrée les situations de stress qu’ils subissent quotidiennement.

Surtout, l'entreprise doit apprendre à gérer le stress :
  • Séances de « deuil » lors de grands changements.
  • Utilisation de manipulateurs de déchets toxiques externes (consultants qui ont les qualités requises).
  • Entraînement à la gestion du stress (par exemple : apprendre à reconnaître les situations génératrices de stress, faire une pause, renvoyer le problème posé à la personne qui l’a formulé, l’exprimer en d’autres termes).

lundi 14 février 2011

Anne Lauvergeon

La Tribune s’émerveille de la pugnacité d’Anne Lauvergeon. (Areva : les secrets de la longévité d'Anne Lauvergeon.)

Ce qui semble plus remarquable encore est la fragilité des amis de l’Elysée, proposés à son poste. Ils semblent tous avoir caché quelques cadavres dans des placards mal fermés.
Le nom de Marwan Lahoud, numéro deux d'EADS, est avancé ? En privé, Anne Lauvergeon rappelle qu'il est le frère d'Imad, impliqué dans l'affaire Clearstream, mais aussi de Walid, ex-salarié d'Areva, mis en examen pour tentative d'escroquerie en 2007.
Yazid Sabeg, patron de CS, proche de Sarkozy et de Proglio, est en bonne place sur la liste ? Libération consacre trois pages à Alexandre Djouhri, l'agent trouble du pouvoir, et à ses amis personnels Henri Proglio et Yazid Sabeg.

Médecine inefficace

L’assuré français consomme trois fois plus d’antibiotiques que son voisin allemand et plus de deux fois plus de médicaments anti cholestérol que son voisin anglais. Le nombre moyen de médicaments par ordonnance est de quatre alors qu’il est admis que les risques d’interaction médicamenteuse deviennent très importants à partir de trois spécialités… La France est au premier rang mondial en volume de consommation de médicaments par habitant. (Haute autorité 2004, cité dans PALIER, Bruno, La réforme des systèmes de santé, Que sais-je, 2010.)
Complément au billet précédent. 

Dangereuse médecine

Le Professeur Philippe Even de l’Institut Necker (…) estime que, sur 5000 médicaments disponibles en France, « presque la moitié n’ont aucune efficacité », et beaucoup d’entre eux peuvent être dangereux. Pass the pills.
La médecine libérale a-t-elle pour objet de soigner ou d’enrichir ?

Mademoiselle et son bébé

Film de Garson Kanin, 1939.

Conte de Noël pour Grande dépression. Pour qu’une employée licenciée le jour de Noël n’ait pas à abandonner son bébé, le fils de son patron l’épouse.

Ce film était-il conçu comme une critique sociale, ou, simplement, parlait-il au spectateur de ce qu’il avait envie de rêver ? Les contes de fée sont-il des images en négatif de notre société ?...

Sinon, excellente comédie, à une époque où l’on savait faire court et enlevé.

dimanche 13 février 2011

Big society (fin ?)

The Economist enjoint D.Cameron d’abandonner ses idées de « Big society ». Leur principe était de remplacer l’État par l’initiative privée, les « charités ». Malheureusement les Anglais croient qu’il cherche à leur faire prendre des vessies pour des lanternes, i.e. faire faire gratuitement un travail qui mérite rémunération.

En outre, j’entendais hier un débat sur le sujet qui semblait dire que Tony Blair avait noyé les dites charities sous les subventions. Or, M.Cameron les leur retire. Comment se dire leur ami dans ces conditions ?

Compléments :
  • Le concept de big society est poussé en France, probablement pour les mêmes raisons qu’en Angleterre, sous le nom « d’entrepreneuriat social »
  • Pourquoi le libéral préfère la charité à la justice : La pensée solidariste.
  • Dans la série des mesures idéalistes sans attache avec la réalité pratique : Playground politics.

Victorieux Iran ?

Les évènements du Moyen Orient peuvent libérer des forces sociales favorables aux thèses iraniennes. Mais ils montrent surtout que les régimes autoritaires sont fragiles… (Opportunity and envy).

Occident contre démocratie ?

L’Occident aurait-il volé au secours de la victoire ? Les révoltes tunisiennes et égyptiennes l’ont laissé perplexe. Jusqu’à ce qu’elles triomphent. Il s’en est alors réjoui.

Égoïsme ? La démocratie ne sourit-elle, selon nous, qu’à certains ? Peur du risque extrémiste ?

Mais qui avait, y compris parmi ceux qui le visitaient, la moindre idée de ce qui se passait au Moyen-Orient ? D’ailleurs, les régimes qui s’y étaient installés étaient-ils, à l’échelle de l’histoire, férocement dictatoriaux ? Que le mécontentement populaire ait été suffisant pour les déplacer, n’est-ce pas déjà une preuve que le Moyen-Orient devient relativement démocratique ?

Lutte du bien et du mal, ou remplacement, naturel, de régimes qui ne convenaient plus à des sociétés qui évoluent et se renouvellent ?

Nokia en panne

La disparition du marché de Nokia, et l’effondrement de la dominance par l’Europe de la téléphonie mobile, viendrait de ce que ce qui fait les champions n’est plus la capacité à fabriquer, mais le logiciel. (Blazing platforms)

Pour sauver Nokia faudra-t-il l’amener dans la Silicon Valley ?

Illustration que le libre échange, et sa « destruction créatrice » ne fait pas l’innovation ? C’est (toujours ?) une question « d’écosystème » et de compétences construites par l’histoire ?