samedi 5 mars 2011

Marine en tête

Marine Le Pen dominerait ses concurrents au premier tour des élections présidentielles.

Elle obtiendrait 23% des votes, ce qui paraît élevé. D’ordinaire les sondages tendent à sous-estimer les voix du FN. Mais peut-être est-il devenu un parti convenable pour lequel on peut afficher son intention de vote ?

Comment les partis traditionnels vont-ils réagir ? Ça ne paraît pas très clair. Curieusement, la gauche, ordinairement le parti de la division, semble seule capable d’un minimum d’union.

Compléments :

N.Sarkozy le croisé ?

J’entendais, hier, dire que N.Sarkozy faisait référence au christianisme comme à un des piliers culturels de la France.

Je me suis demandé pourquoi il ne disait pas que notre histoire récente s’était aussi faite contre le christianisme et contre l’Église. D’ordinaire il est fier de notre école laïque. Ne vient-elle pas d’un mouvement, fondateur de notre République, qui a conduit à la « séparation de l’Église et de l’État » ?

D’ailleurs, nous n’avons pas encore renié les Lumières. Or, s’il y a « lumière » c’est qu’avant il y avait obscurité. Et si les philosophes des Lumières se sont appelés philosophes c’est en hommage à la Grèce antique. Ils voulaient fermer la triste et détestable parenthèse du très chrétien âge des ténèbres.

J'en étais là lorsqu'un sociologue interviewé par France Culture m'a montré que je m'égarais. N.Sarkozy voulait seulement susciter une réaction réflexe de la gauche, susceptible de lui aliéner une partie de l’électorat.

Mais, si cette tactique est éventée, ne peut-elle pas se retourner contre lui ? Par exemple, 
  • n’est-il pas dangereux, pour un homme au comportement de nouveau riche, et dont la vie privée est dissolue, d’évoquer la morale catholique ?
  • ne s’expose-t-il pas à un risque de licenciement pour faute grave ? Le rôle d’un président est-il de nous parler du passé, ou de nous proposer un avenir ?

Prévoir mathématiquement les révolutions ?

Les scientifiques caresseraient l’espoir de prévoir les changements sociaux. Deux possibilités :
  1. Identifier l’équivalent de la température pour l’eau, un indicateur qui avertisse du risque d’une transition de phase.
  2. Repérer des signaux annonciateurs. Par exemple « des réponses ralenties aux petits changements, une tendance des acteurs à adopter le même comportement ».
L’article se préoccupe des changements de régime, mais ces travaux semblent aussi s’appliquer aux crises économiques.

Les noces rebelles

Film de Sam Mendes, 2008.

Décidément, Leonardo DiCaprio et Kate Winslet sont les spécialistes du naufrage.

Cette fois-ci c’est celui du couple des années 50. Illustration d'Histoire du mariage ? Le désir montant de réalisation féminine entre en conflit avec les règles sociales de l’idéal familial ?

Illustration, aussi, de la « dialectique » des philosophes ? La société nous fixe des idéaux contradictoires, ce qui nous pousse à la transformer, ce faisant créant de nouveaux idéaux contradictoires ?...

vendredi 4 mars 2011

Les vices de l’évolution à la performance

Nous vivons une mode de l’évaluation de la performance. Une mode sans fondements.

L’évaluation faite par un manager tendrait à mesurer s’il s’entend bien avec son subordonné. Est-ce dans l’intérêt général ?

Que faire ? Des objectifs collectifs choisis collectivement. La collectivité est la seule à même de déterminer ce qui est bon pour l’organisation – système, et d’éviter les effets pervers d'une évaluation individuelle. Si le groupe a des objectifs collectifs il tendra à aider ses collègues à réussir, ce qui sera bon pour eux et pour lui. (Why your boss is wrong about you.)

Ce qu’il y a de curieux dans cette analyse est qu’elle rejoint les très lointains fondements du contrôle de gestion. Une fois de plus il est surprenant de constater à quel point notre intelligence sociale a régressé ces dernières années. 

Publicité : le crime paie

Pour une entreprise inconnue toute publicité est bonne. Cela crée sa notoriété. Rien d’autre ne reste (en particulier l’éventuel aspect négatif de la nouvelle).

L’affaire Kerviel, illustration de la robustesse de ce théorème ? J.Kerviel est sorti de l’anonymat. C’est une star, et toute star peut trouver une rémunération de star ?

Dans notre société, le crime paierait-il ?

Compléments :
  • Chez les Vikings la peine la plus terrible n’était pas la mort, mais l’exclusion de la communauté. Ainsi, la mauvaise pub ne rapportait pas. BOYER, Régis, Les Vikings : Histoire et civilisation, Librairie Académique Perrin, 2004

Les médias sociaux expliqués à mon boss

KABLA, Hervé, GOURVENNEC, Yann (sous la direction de), Les médias sociaux expliqués à mon boss - Par ceux qui en font et pour ceux qui aimeraient (mieux) en faire, Éditions KAWA, 2011. Ce qu’il faut savoir sur les médias sociaux, quand on veut les mettre en œuvre dans l’entreprise. Livre d’entretiens avec des phares du domaine, en France et aux USA.

Ce que j’en retiens est qu’il y a de « bonnes pratiques ». Par exemple, une grande entreprise technologique doit faire discuter ses techniciens star avec son marché (au moins) par le biais de blogs, elle doit faire appel aux bloggers quand elle organise un événement avec ses clients… à chaque fois, il existe une autre série de « bonnes pratiques » pour régler la chose. Mais, finalement, tout est une question de mise au point par essais et erreurs, d’expérience accumulée.

Par exemple, un blogger d’une grande entreprise explique qu’il blogue en dehors des heures de travail, de façon à pouvoir le faire en toute indépendance d’opinion. Mais cela ne revient-il pas à travailler gratuitement ? Comment l’entreprise peut-elle s’assurer qu’il ne nuit pas à son image ?... L'art est difficile !

Commentaire :

Le livre parle beaucoup de retour sur investissement. Les directeurs de la communication ne comprennent pas les médias sociaux et aimeraient une démonstration mathématique de leur rentabilité ?

Il leur suffit de regarder la Chine, l’Iran et quelques autres pour comprendre que les médias sociaux font les révolutions. Les contrôler est une question de vie ou de mort. B A BA de l’écriture du « plan média » : quand un média est utilisé par des leaders d’opinion du marché, il faut le maîtriser. Alors seulement entre en ligne de compte le coût de l’investissement : il faut disposer d’une maîtrise « satisfaisante » pour un coût aussi faible que possible.

En fait, comme pour toute nouveauté, ce n’est pas la raison qui fera entrer les médias sociaux dans l’entreprise, mais le panurgisme. On en est à la phase « early adopters ». La masse moutonnière des suiveurs se prépare. Non seulement, lorsqu’ils arriveront, il ne sera plus question de ROI, mais beaucoup d’entre eux investiront alors qu’ils n’auraient pas dû.

Compléments :
  • Plans médias, leaders, early adopters et suiveurs voir KOTTER, Philip, Marketing management, dernière édition.
  • L’exemple d’Orange Business Services, donné dans le livre, forme d’optimum ? Emploi important des ressources internes et de ressources gratuites (bloggers), en jouant au maximum sur leur motivation, mise à leur disposition de moyens peu coûteux (plates-formes de blog, réseaux…), etc.
  • Que l’octogénaire Bill Marriott ait été un pionnier des médias sociaux et que les directeurs de la communication surdiplômés soient incapables de comprendre de quoi il s’agit en dit long sur ce qu’est un entrepreneur (voir aussi ceci) et sur l’incapacité de l’enseignement à apporter autre chose que des complexes de supériorité ?

jeudi 3 mars 2011

États américains en faillite

« Collectivement, les 50 États américains font face à 125md$ de manque à gagner (…) Pire, les États, les comtés, les municipalités et les districts scolaires ont un passif de 700 à 3000md$ de retraites pour lesquels ils n’ont pas d'argent. »

Les gouverneurs américains veulent comprimer les salaires et les effectifs des fonctionnaires. Les Républicains, suivant l’exemple de Mme Thatcher, ont annoncé qu'ils vont détruire les syndicats, l’axe du mal. (Wisconsin and wider

Art Neandertal de la conduite du changement ?

Compléments :
  • Il semblerait que, par le passé, dans les mêmes circonstances, d’autres gouverneurs aient convaincu leurs fonctionnaires non seulement de réduire leurs salaires, mais aussi d’investir l’argent de leurs retraites dans les dettes de l’État. (Meanwhile, in New York...)
  • Bizarre. Alors que les malheurs des États européens suscitent les commentaires affligés des meilleurs économistes mondiaux, et de la presse internationale, pas plus eux que nos journalistes ne s’intéressent aux USA. 

Ministère de la culture postructuraliste ?

J’écoutais un homme de culture parler du ministère du même nom. D’après ce que j’ai compris (mais attention, je connais mal le sujet) :

Ce qu’il en disait ressemblait beaucoup à la description de notre diplomatie par nos diplomates : il n’en reste rien. Il n’y a plus de ligne directrice. D’où bourde sur bourde.

L’homme de culture pensait, bien dans la ligne de mes techniques, qu’il fallait faire émerger une stratégie en consultant le petit personnel du ministère, qui, lui, doit encore avoir quelques idées sur ce que signifie sa mission pratique.

Mais est-ce jouable ? me suis-je demandé. Jadis les profondeurs du classement, où se fait le travail des ministères, était occupé par de « jeunes camarades » qui se savaient promis à une belle carrière. Est-ce toujours le cas ? Si non, pourquoi le prolétariat ministériel fournirait-il un doublage à une classe sociale qu’il ne rejoindra jamais ? Et, un ministère peut-il se payer les services d’un cabinet de conseil ayant des juniors d’un talent suffisant pour extraire le savoir collectif, en faire une vision, en prétendant tout devoir à une méthodologie « en ing » que le client a eu le génie de choisir ?

Compléments :
  • En particulier, le ministère aurait été dépassé par la régionalisation. La « culture » régionale se serait affranchie de lui.
  • N.Sarkozy poststructuraliste?

Déchet toxique, exemples

J'ai consacré plusieurs billets au déchet toxique. Trop théorique ? Exemple.

Un directeur d’établissement supérieur voit ainsi le malaise de ses enseignants. Ils sont repliés sur leur discipline, sur eux-mêmes, incapables de s’adapter aux évolutions de la société. Alors qu’ils préparent leurs élèves à travailler pour l’entreprise, ils sont convaincus qu’elle est le mal. Ils sont consensuels, bien pensants, ils se veulent les amis de leurs élèves. Or ceux-ci arrivent mal structurés. Ils ne parviennent pas à trouver leur place dans l’établissement, et sont expulsés en grand nombre.

Incapable de proposer des formations utiles à l’économie, l’établissement est un échec. Pire : il est devenu un mécanisme d’exclusion, à l’exact opposé de sa mission d'éducation.

Qu’est-ce que le déchet toxique dans ce cas ? Les principes sur lesquels les enseignants sont construits sont en défaut. Ils sont le véhicule de ce qu’ils dénoncent. L’exclusion, c’est eux. Mais ils ne regardent pas la vérité en face. D’ailleurs, ils laissent à l’administration de l’établissement le soin des basses œuvres (sanctionner l’élève). Tous leurs efforts visent à se donner l’illusion d’une conscience vierge.

Pourquoi le déchet toxique concerne-t-il le changement ? C’est lui qui empêche l’établissement de remplir sa mission. En fait, le changement consiste à l’éliminer.

Cet exemple révèle aussi que les changements que nous vivons ne sont pas que locaux, propres à telle ou telle organisation. Ils sont sociétaux. La morale que nous a enseignée la société a un vice de fabrication. 

mercredi 2 mars 2011

Arnaque à l’emballage

Marketing jivaro ? Il semblerait qu’il soit devenu une pratique courante aux USA de réduire la taille des emballages, afin d’augmenter ses bénéfices sans changer de prix.

J’ai cru repérer quelque chose du même type, sur une échelle plus timide, en France. Des changements de packaging (bec verseur…) accompagnés de rétrécissement de contenu.

Une industrie qui prend son marché pour une collection de retardés mentaux est-elle durable ?

Amitié et réussite

L’amitié présente un « effet multiplicateur » sur la réussite de l’homme.

Vos amitiés adolescentes (vers 15 ans) sont des conditions de votre réussite. Si vous avez des amis et qu’ils réussissent, vous avez de fortes chances de réussir, vos études et votre vie. Et votre succès stimulera le leur…

Que les économistes s’intéressent désormais à l’influence de la société sur l’homme est un résultat imprévu de la crise. Hier, on pensait qu’il existait une poignée de surhommes et que la société leur devait tout, à commencer par des bonus monstrueux.

N.Sarkozy poststructuraliste?

N.Sarkozy serait-il un poststructuraliste ? Le billet précédent me pousse à m'interroger.

En éliminant les moyens de ce qu’il glorifie (l’école, la police, la justice…), en légiférant de manière aléatoire, il liquide toute possibilité d’organisation de la société selon un principe directeur. (Dernier exemple en date : la diplomatie.)

Dans ces conditions, il ne peut y avoir « d’autorité ».

Poststructuralisme

BELSEY, Catherine, Poststructuralism, A very short introduction, Oxford University Press, 2002. Introduction, pour les nuls, aux travaux de Derrida, Foucault, Lacan, Althusser, Barthes, Kristeva, Lyotard, Zizek.

Point commun, parmi ces travaux peu cohérents, le linguiste Saussure. Pour lui, nous interprétons un mot par rapport à son contexte, par différence.

Ainsi, pour le poststructuraliste, chaque société est semblable à un langage : elle a sa propre cohérence, qui n’est donc pas universelle. Si l’individu est sous la coupe, la marionnette, de cette culture aléatoire et de ses contradictions, il n’a aucune raison objective de lui obéir. Il n’y a aucune autorité absolue, aucun principe organisateur qui ait un droit sur l’individu. Il n’y a plus d’auteur (d’autorité), plus que des lecteurs (des interprètes).

Partant de cette idée les poststructuralistes ont réécrit l'oeuvre des auteurs qui leur semblaient importants, Marx, Freud…

    mardi 1 mars 2011

    L’UE redécouvre le marché unique

    Hier j’assistais à une conférence organisée par la CCIP et traitant d’Europe. Michel Barnier y est apparu.

    Une confirmation : l’UE n’a jamais bougé aussi vite que ces derniers temps. Il n’y a que la crise qui la fasse avancer. Par ailleurs, son discours serait passé de libéral à social. Mais on ne saurait toujours pas comment faire pour mener autre chose qu’une politique libérale.

    En fait, l’UE semble découvrir qu’elle a été victime des belles théories qu’elle prêchait et auxquelles elle était la seule à croire. Bref, elle a cru au père Noël et se réveille en calbute.

    Ainsi, elle parle maintenant de « réciprocité ». Le marché européen est parfaitement ouvert, alors que les marchés américains, japonais, indiens, brésiliens et chinois ne le sont vraiment pas. Il va falloir faire quelque chose… D’autant que les Chinois ont de fort méchantes politiques de subvention massive et de dumping qui balaient des pans entiers d’une industrie européenne crédule et incapable de s’unir.

    On découvre aussi que le marché unique aurait un gros potentiel de développement. Peut-être pourrait-il même nous sortir de la crise ? Mais, pour cela, encore faudrait-il qu'il soit. L’histoire est curieuse. Si je comprends bien, sous l’impulsion de la délicieuse Madame Thatcher, les nations de l’UE ont à la fois voulu un grand marché et « their money back », i.e. ne pas donner un kopeck à l'Union. Or, pour que le dit marché vive, il faut des routes, un système de brevets uniforme, des dispositions qui favorisent la mobilité… L’énorme paradoxe serait que le libéralisme aurait tué son marché en lui refusant l'investissement qui aurait permis de le construire. Et, que nous haïrions ce marché, alors qu’il n’a jamais existé, et qu’il nous serait bénéfique ! 

    Malheureusement, l’UE n’a aucun moyen. Signe des temps, le libéral Barroso se casserait la tête pour chercher à lui en trouver.

    Compléments :

    • Ajout postérieur (9 mars) : le parlement vote une taxe sur les mouvements financiers. Cette taxe va-t-elle réellement être adoptée ? Si oui, à quoi va servir ce qu'elle rapporte (200md€) - à fournir des revenus à l'UE ?

    Porte conteneurs et économie de marché

    Le transport maritime de conteneurs se porte très bien, par contre celui de gros (charbon, acier, céréales…) est en crise. Pourquoi ? Le premier est dominé par quelques entreprises, le second en compte une multitude : incapables de se coordonner, elles ont augmenté leurs capacités en même temps. L'offre est excessive.

    Désagréments de l’économie de marché plus à l'aise avec des biens de consommation qu'avec des bateaux ? La « main invisible » d’Adam Smith requiert du sang et des larmes ?...

    Le testament du docteur Mabuse

    Film de Fritz Lang, 1932.

    Au sujet de ce film, on parle du génie prémonitoire de Fritz Lang. Génie qui n’aurait pas échappé à Goebbels, qui interdit le film.

    Certes, mais il a été écrit par la femme de Fritz Lang, qui a ensuite adhéré au parti nazi…

    Je ne suis pas sûr que la réussite du film tienne, donc, à une personne seule. Elle est plus probablement due à la rencontre de circonstances multiples : esprit et pensée artistique du temps, événements, transition entre muet et parlant… et du talent d’un artiste. L'artiste interprète d'une culture et de circonstances ?

    D'ailleurs, Lang américain n'a-t-il pas eu une inspiration d’un tout autre ordre que Lang autrichien : du drame social il en vient au drame individuel ? Et l'artiste doit aussi se conformer aux contraintes du moment, marché américain ou diktat de Goebbels ?

    lundi 28 février 2011

    Thèmes du mois


    Par ailleurs, j’ai parlé des systèmes de santé occidentaux et de leurs problèmes, ainsi que de « déchets toxiques », je clorai ces chapitres le mois prochain. 

    Rôle des banques centrales

    Les banques centrales ne devraient pas intervenir uniquement quand le prix des actifs s’effondre, mais aussi lorsqu'il grimpe excessivement. Voici ce qu’ont découvert deux éminents économistes, en faisant appel à des théories sophistiquées. (Killing off the monster.)

    Notre élite vivrait-elle dans un monde d’abstraction, dans lequel le bon sens ne peut entrer que s’il prend l’aspect de théories mathématiques complexes ?

    Profession libérale

    Ce qui coûte cher au système de santé français c’est la volonté des professions libérales (médecins, mais aussi commerçants, petits patrons et paysans) de faire comme bon il leur semble dit, en substance, Bruno Palier.

    Ces professions prédisposent à l’égoïsme ? Est-ce un hasard que Mmes Thatcher et Rand ou M.Sarkozy soient des rejetons de professions libérales ? Qu’Adam Smith, membre d’une « nation de boutiquiers », ait conçu l’idée d’un monde mû par l’égoïsme ?

    Compléments :
    • PALIER, Bruno, La réforme des systèmes de santé, Que sais-je, 2010.

    dimanche 27 février 2011

    Des amitiés entre démocraties occidentales et dictatures orientales

    Pourquoi les démocraties occidentales ont-elles soutenu les dictatures orientales ? The Economist répond que nous avons fait passer nos intérêts avant nos valeurs.

    Et si ceux qui se rassemblaient s’étaient assemblés ? Les néoconservateurs occidentaux revendiquent la nécessité d’utiliser les techniques de lavage de cerveau qu’ils prêtent à leurs adversaires de gauche ; l’opinion publique n’est pas représentée par ses politiques ; la crise actuelle est attribuée aux menées d’une « oligarchie » internationale… Et si, partout dans le monde, quelques hommes avaient pris le pouvoir et asservi leurs contemporains ? Et si la dictature avait de multiples formes ?

    Contre les quotas de femmes administrateurs

    Il y a peu j’entendais un journaliste de la BBC se demander si ce n’était pas parce que l’Islande avait imposé des quotas de femmes administrateurs d’entreprise (comme la France), qu’elle avait failli sombrer.

    En tout cas, ces quotas ne sont plus à l’ordre du jour en Angleterre. Les risques qu’ils présentent, donner la direction de l’économie à des personnels non expérimentés, sont trop élevés. L’Angleterre compte maintenant combattre à sa source la cause du mal, le fait que les femmes n’ont pas les carrières qui conduisent aux conseils d’administration. Il est demandé aux entreprises d’expliquer ce qu’elles font pour alimenter en femmes les bons « tuyaux ».

    Deux questions :
    • L’imposition de quotas ailleurs qu’à la tête des entreprises suscite-t-il un tel émoi (victorieux par KO au premier round, d’ailleurs) ?
    • Nouvel épisode d’une contre-attaque de la doctrine des droits de l’homme, vue comme une idéologie gauchiste perverse, dont l’Angleterre serait l’élément avancé ?

    Compléments :
    • Une analyse détaillée du point de vue anglais : Quotas are no silver bullet for women on the board.
    • Les administrateurs masculins du secteur financier américain n’ont pas mieux évité que les administratrices islandaises sa crise de folie. Quelle que soit leur composition les conseils d’administration sont incapables de contrôler quoi que ce soit ? 

    La solitude tue

    Vivre en solitaire serait aussi dangereux pour la santé qu’être accro au tabac ou à l’alcool.

    Être seul ferait que l’on serait peu soumis aux agressions des virus, portés par la société. Ce qui conduit le corps à développer son activité antibactérienne (parce qu’il doit répartir ses ressources entre ces deux formes de lutte ?). Cette suractivité produirait des inflammations associées à des maladies cardiaques et à certains cancers.

    Mal social : notre forme de société permet la solitude alors que nous ne sommes pas faits pour ? (Mind and body.)

    Compléments :
    • L’article ne précise pas ce qu’il considère comme un « solitaire ».
    • Les médias sociaux qui remplacent le lieu social par du virtuel seraient-ils mauvais pour la santé ?
    • Sur le même thème : La société contre l’homme.

    Irak, 2011

    Les difficultés actuelles des régimes autoritaires moyen-orientaux donnent envie de réécrire l’histoire. Que se serait-il passé en Irak si les Américains ne l’avaient pas envahi ?

    Saddam Hussein aurait 74 ans, sans une succession solide, selon ce que l’on sait de ses enfants.

    Le premier problème des dictatures, c’est la succession du tyran. Ce qui fit la force de la France fut que ses rois eurent des enfants. Leur second problème est qu’un tel régime repose trop lourdement sur les capacités d’une seule personne et emploie insuffisamment celles du reste de la population. C’est intenable dès que la concurrence adopte un modèle qui utilise plus intelligemment la ressource humaine (comme l’a fait l’Angleterre dès le 17ème siècle) ?