samedi 26 mars 2011

Médecine : chiffres trompeurs

Pour mesurer l’efficacité d’un système médical on prend souvent le taux de survie à tel ou tel cancer.

Il semblerait que les statistiques soient trompeuses. En effet, un pays qui détecte plus tôt un cancer qu’un autre, même s’il ne le soigne pas mieux que ce dernier, aura un meilleur taux de survie que lui…

Décidément, il faut se méfier de tout. 

Les faiblesses de la mémoire


Dans un procès, un journaliste démontre que ce que Pierre Perret raconte de ses relations avec Paul Léautaud ne peut qu’être faux.

Or il a écrit, il y a 25 ans, un article qui dit exactement le contraire. Il ne s’en souvenait plus.

Ce que je retiens de tout ceci est à quel point il faut se méfier de nos facultés, de nos raisonnements, et des témoignages humains.

Jumelles et radio analogique

Discussion un peu ancienne. Thalès aurait reçu de grosses commandes de l’armée américaine pour des jumelles nocturnes et des radios analogiques.

Ses concurrents auraient procédé à des réductions de coûts systématiques en utilisant des technologies de masse. Résultat : leur matériel est bon marché, mais pas adapté aux besoins de l’armée. En particulier les radios numériques ne fonctionnent pas en environnement de guérilla urbaine (Irak). Seul l’analogique est adapté, mais ils ont perdu le savoir-faire nécessaire.

Phénomène unique où systématique ? Pourrait-on découvrir que nous avons avons oublié ce qui nous est essentiel, pour cause de gestion financière myope ?

vendredi 25 mars 2011

Enseigner en Anglais ?

Le Monde débat : nos universités doivent elles parler anglais pour attirer les étrangers ?

Un article développe une argumentation brillante, contre cette idée trop évidente :
  • La France est la première destination non anglophone des étudiants étrangers. Surtout la France a un marché captif : les nombreux pays francophones. Où iront-ils sinon ? On touche à un des grands théorèmes du marketing : le positionnement. Il est judicieux de trouver une niche rentable pour laquelle on dispose d’un avantage durable. À l’inverse ceux qui veulent se placer sur le marché de l’étudiant étranger illustrent peut-être bien le grand théorème du panurgisme : je le fais parce que les autres le font.
  • Enfin, discrimination, une éducation anglophone désavantage le non anglophone de naissance par rapport à l’anglophone. À l’Insead, j’ai eu accès aux résultats de sélection des élèves, et j’avais noté qu’en ce qui concernait les tests « d’intelligence », les anglophones réussissaient massivement mieux que les autres. (J’en avais déduit qu’ils étaient plus intelligents que nous, par nature…)

Budget anglais

Depuis quelques jours, j’entends parler du budget que vient de présenter le ministre des finances anglais. L’avis général est que l’avenir de l’Angleterre est terne, au mieux.

En termes de techniques de conduite du changement, c’est vraisemblable. La réforme anglaise est l’exemple même d’un changement qui n’est pas contrôlé. On espère que quelque mystérieux phénomène macro-économique va sauver le pays. Or le changement c’est une question de « réorganisation » de processus sociaux. Il faut savoir ce que l’on veut faire et se donner les moyens d’agir (physiquement) sur les événements. Je ne vois rien de cela en Angleterre. Pire, le gouvernement a déclaré la guerre à ceux dont il a besoin pour le succès de sa réforme (les collectivités locales, l’administration…). Comme s’attend-il à ce qu’ils mettent en œuvre ses idées ?

Un changement plus facile à réaliser serait de chercher à revenir à un état antérieur sain. Il se trouve qu’à la fois l’Angleterre et l’Irlande étaient peu endettées avant la crise. Ce qui a dégradé leurs comptes me semble, pour l’une avoir été le plan de relance de G.Brown, et pour l’autre le sauvetage de ses banques (l’Amérique ayant fait l’un et l’autre). C’était probablement un investissement que l’État pensait récupérer. Dans ces conditions, son problème est-il de réduire ses coûts de fonctionnement ou de récupérer ses en cours ? 

Sport et crise de la presse

Les journaux sportifs, surtout lorsqu’ils sont locaux, voient leur lectorat croître fortement et continûment.

Modèle pour la presse en général ? Plus de généralistes, un thème qui mobilise une communauté de mordus ?

Pas si sûr. Il n’y a pas de journaux sportifs chez les Anglo-saxons. Ce sont les journaux populaires qui parlent de sport.

Au fond le lectorat d’un journal est une communauté qui a des aspirations communes. Si un titre veut être rentable, il doit se demander comment servir au mieux ces aspirations, spécialiser ses journalistes en fonction, et, pour le reste, faire au plus efficace.

jeudi 24 mars 2011

Les Portugais refusent la rigueur

Les Portugais ne veulent pas de rigueur, leur gouvernement saute. L’Europe et le FMI vont-il devoir les secourir ?

Les Portugais ne vont-ils pas dire, comme les Irlandais, que l’Europe, en particulier, ne leur prête que pour aider ses propres banques qui sont les réelles coupables de leurs malheurs ? Car si la périphérie de l’Europe s’effondre c’est son système bancaire qui s’écroule.

Et la perfide Albion les encourage à secouer le joug d’une France abjecte, qui a entraîné avec elle une Allemagne honnête et travailleuse, mais qui n’a pas compris où était son intérêt.

Dans cette affaire, on n’entend guère les Européens, en particulier le peuple français. Que pensent-ils des causes réelles des difficultés de l’Irlande et du Portugal ? Se souviennent-ils que les grands plans de licenciement d’il y a peu ont été faits au nom d’un libéralisme dont le modèle était l’Irlande ? Sont-ils heureux que leur argent serve au secourisme ? Notre apathie est-elle une bonne position de négociation ?...

Engagement sociétal de la femme

Hier j’assistais à une conférence sur l’engagement sociétal de la femme. Conférence organisée par la CCI d’Essonne et les Femmes chefs d’entreprise.

Que les femmes sont pacifiques ! Il y avait quelque chose de calme et de rassurant dans cet événement que je trouve rarement dans une conférence. (Et qu’il est agréable de n’être entouré que de femmes !)

J’ai été aussi surpris de la modestie du propos. On a parlé des difficultés de gérer une famille et une carrière, du besoin d’un peu plus d’égalité, mais pas de grand-chose de mieux. Je m’attendais à ce que les femmes s’en prennent aux grands problèmes du monde (le chômage, l’économie, l’équilibre mondial…) et leur apporte une vision nouvelle, un vent révolutionnaire… Rien.

Seraient-elles convaincues qu’une fois qu’elles seront « égales » aux hommes, elles ne feront pas mieux qu’eux ? L’égalité est-elle un droit à l’incompétence ?

Le Japon peut-il se redresser ?

Le Japon est lourdement endetté, le tremblement de terre qu’il vient de connaître pourrait-il l’enfoncer dans un cercle vicieux ? Il semble que non :
  • Les pays riches seraient particulièrement résistants aux catastrophes. En fait, celles-ci permettraient surtout de liquider les équipements obsolètes et de les remplacer par de plus productifs : « ils améliorent leurs infrastructures et leurs technologies et retirent leurs investissements des industries anciennes et peu productives ». 
  • Mais « le plus important effet économique des désastres est de redistribuer les ressources plutôt que de les créer ». 
En conclusion, le développement japonais pourrait être plus fort que ce qu’il aurait été sans tremblement de terre, mais ceux qui en profiteront ne seront pas ceux qui occupaient le haut du pavé jusque-là.

Par contre, les pays pauvres, comme Haïti, ne se relèvent pas des désastres.

Compléments :

Winter’s bone

Film de Debra Granik, 2010.

Depuis que j’y ai mis le pied, je considère l’Amérique du nord comme sous-développée. Infrastructures piteuses, individus sans culture. Ce film me renforce dans cette idée.

On y est très pauvre et souvent obèse. Habitations de bric et de broc. Dès l’enfance on apprend à y vivre par les armes. L’armée fournit le seul espoir d’une issue digne. Pour le reste, il y a la drogue.

Compléments :
  • Les revenus des pauvres américains ne sont pas loin de ceux du tiers monde. 

mercredi 23 mars 2011

La Libye et la France

Ce que la crise libyenne révèle de nous, selon Domique Moïsi :
  • N.Sarkozy se voudrait l’homme qui décide quand tout le monde est perdu. Un instinct dangereusement peu démocratique ?
  • Le Français serait heureux, de refaire surface aux yeux du monde, de porter l’étendard d’une cause juste. Effet Rantanplan ? Dernières lueurs des complexes de supériorité qui ont causé la perte de la nation ? Associé à l’Angleterre, tenu à bouts de bras par l’apprenti marionnettiste américain, ultime illusion d’une puissance coloniale guerrière, la revanche de Suez ?
Compléments :

Les deux Amériques latines

L’Amérique latine serait divisée en 2 (Obama Goes South) :
  • Un sud prospère parce qu’il exporte des matières premières vers la Chine et l’Inde.
  • Un centre (Mexique notamment) en panne parce qu’il est lié à l’Amérique du Nord. 

La brune brûlante

Film de Leo McCarey, 1958.

Avons-nous libéré la femme ou l’homme ? Le sort du père de famille d’après guerre était effroyable. Il passe des heures dans le train (à boire), chez lui, il trouve une mégère et des pestes. L’alcool est son seul réconfort.

Ce décor apocalyptique planté, le film sombre dans la farce énorme. Paul Newman et sa femme en font des mégatonnes. Comment se dit « théâtre de boulevard » en américain ?

Compléments :
  • Même thème que Les noces rebelles, qui porte sur la même période. Dans ces conditions, que l’homme cherche à affirmer sa masculinité par des aventures extraconjugales ressortit à la simple hygiène mentale. 

mardi 22 mars 2011

FN et tactique électorale

France Info donnait la parole à des électeurs ruraux du FN. L’un racontait qu’il y a quelques années il gagnait 25000F, maintenant 1500€. Quelqu'un d'autre expliquait que c’était ce qu’elles voyaient à la télévision de ce qui se passait en région parisienne qui effrayait les mamies, d’autant que la jeunesse locale ne pouvait que noyer son désœuvrement dans l’alcool.

En écoutant ceci je me demandais ce que font les partis politiques pour nous aider à traiter ces questions. Ils diabolisent ceux qui tentent d’exprimer leur détresse ?

Il se trouve qu’hier j’ai découvert par hasard ce que le site web de la BBC disait de notre président. Tout dans son comportement est celui de l’ex loubard, les lunettes de soleil empruntées à une série télévisée sur la mafia, la cour faite à Carla, réglée en 2h, sa façon de franchir les escaliers de l’Élysée, en équipement de jogging et en sueur…(Le président gaulliste, d'ailleurs, court avec un polo NYPD...)

Compléments :

Obama le Chinois ?

Dans son traitement de l’affaire libyenne, B.Obama démontre qu’il n’est pas George Bush

Les USA n’interviennent plus que si on le leur demande avec insistance. (The Obama doctrine: The limits to American power). Et même lorsqu’ils assurent le gros des frappes, ils prétendent n’être qu’un participant modeste.

Et c’est peut-être une bonne idée. Si l’Irak, notamment, leur a coûté si cher, c’est parce qu’aucun de ses voisins ne voulait d’eux. Dans le cas libyen, le colonel Kadhafi n’a pas d’ami, ce qui devrait singulièrement faciliter leur tâche. (It takes a village to support a military intervention)

Obama serait-il un peu chinois ?
la notion qui, dans la pensée chinoise (...) occupe une place comparable à notre raison, héritière du logos grec (...) est désignée par un caractère qui s'écrit avec la clef de jade et qui se prononce li. Ce caractère li nous enseigne qu'il y a lieu avant de travailler le jade, de scruter ses veines afin de ne pas risquer de le casser. Il ne s'agit donc pas tant de partager et de calculer que d'observer le cours des choses afin d'agir en fonction de lui plutôt que de s'y heurter. (…) la forme la plus élevée de l'action se fonde dès lors sur une observation à ce point fine et efficace qu'elle ne demande pratiquement aucun effort, son idéal étant de parvenir au plus près du non agir (wuwei) (Kamenarovic, Ivan, La Chine classique, Les Belles Lettres, 2002.)

Industrie cinématographique : rien ne va plus

Rien n’irait plus dans l’industrie cinématographique. La vente de DVD et autres supports du même genre, la majorité de ses revenus, serait attaquée par la location.

Résultat ? Qui a dit que l’innovation faisait le bonheur du marché ? Les studios produisent moins que par le passé et ce qui résiste le mieux à l’érosion. Ce n’est pas le meilleur.

Solution ? Relation directe avec le consommateur, communication ciblée, politique de marque (studios spécialisés, acteurs…).

Mauvaise nouvelle pour la distribution et l’industrie de la publicité et des médias ?

Comment manager son manager

Je lisais sur un blog spécialisé que « manager son manager » était le titre de son billet le plus lu par les assistant(e)s. En fait, c’est aussi le problème n°1 de tout dirigeant. Car nous avons tous quelqu’un au dessus de nous. Je crois qu’il y a deux techniques pour ce faire:
  1. Jouer sur les leviers que la société donne au managé pour diriger son manager. L’étape initiale de l’exercice, malheureusement généralement infranchissable, est de prendre conscience que le supérieur n’est pas qu’un imbécile. Cela tient non à ses aptitudes naturelles, mais à ses fonctions. Son rôle lui permet de faire ce que personne d’autre ne peut faire. Alors, le guider devient facile. Il suffit de présenter ce que l’on pense bon, sous la forme d’une question qui stimule son « anxiété de survie ». On doit alors abaisser son « anxiété d’apprentissage » en lui laissant entendre qu’il existe une méthodologie qui permet de résoudre le problème, et que nous ne pouvons qu’en être l’animateur. Il sera alors très heureux de nous laisser suivre la route que nous comptions prendre.
  2. Lorsque le manager prend une initiative, il s'agit que ses échecs ne lui pardonnent pas. Il apprendra vite ainsi ce qu’il peut on non faire. Ou même qu’il ne peut absolument rien faire sans son inférieur (« learned helplessness » en anglais). Cette technique, d’usage beaucoup plus naturel que la première, s’inspire des méthodes de dressage conçues par Pavlov et Skinner.
Compléments :
  • Anxiétés et changement.
  • Sur Pavlov et Skinner : MALIM, Tony, BIRCH, Ann, Introductory Psychology, Macmillan, 1998. Learned helplessness vient d’un autre psychologue (SELIGMAN, Martin, Learned Optimism: How to Change Your Mind and Your Life, Free Press, 1998).

lundi 21 mars 2011

Faire maigrir l’État

Régulièrement, The Economist fait un dossier sur l’État, qu’il trouve trop gros (Taming Leviathan). Résultat des politiques d’une droite sécuritaire et d’une gauche maternaliste.

Je soupçonne qu’une mauvaise gestion de l’État peut nuire à l’Occident. Son évolution démographique peut le conduire à laisser se développer un État ventripotent qui plomberait la performance relative de son modèle social. 

Par contre, je ne crois pas, comme dise les libéraux, que nous ne puissions plus nous offrir les services traditionnels de l’État. Ceux-ci me semblent appartenir à une forme de « droits de l’homme ». D’ailleurs, nous devrions même être beaucoup plus exigeants vis-à-vis de lui.

Tout est une question de gains de productivité. Il faut réinventer l’État pour qu’il produise mieux, avec moins de moyens.

Malheureusement, personne ne part dans cette direction. Notre gouvernement fait des trous dans la coque pour alléger le bateau. D.Cameron compte sur les miracles de l’économie de marché pour sauver son pays. L’extrême droite ou la gauche, qui va probablement prendre le pouvoir en Europe, sont favorables à un État-Maginot.

Groupon

Depuis quelques temps j’entends beaucoup parler de « Groupon », nouvelle start up à la valorisation en bulle.

Pour une fois cette start up gagne beaucoup d’argent. Chiffre d’affaires de 760m$ après deux ans d’exercice. Son principe consiste à constituer un groupe d’acheteurs pour un bien en solde (rabais de plus de 50%). Groupon prend 50% du prix de vente. Ce qui fait que ce qui est vendu avec un discount de 90% rapporte 5% de son prix facial au vendeur.

Contrairement à Facebook and co, ce serait un métier qui demande une grosse équipe (d’autant plus que l’activité est locale). En tout cas, l’avantage concurrentiel paraît faible, et il n’est pas dit que les clients de Groupon aient envie de renouveler l’expérience fréquemment.

Dans l’histoire de Groupon, le plus intéressant est peut-être ce qu’elle laisse voir de la capacité de l’Amérique à exploiter d’infimes niches et à les vider de leur substance. Il semblerait d’ailleurs qu’elle ait commencé lorsque l’ancien patron du fondateur de Groupon a découvert que ce dernier mettait aux enchères des pizzas et lui a proposé 1m$ pour développer son idée…

Compléments :

Stress et changement

En dehors du « déchet toxique », arme de destruction massive, qu’est-ce qui génère le stress lors d’un changement ? J’identifie 4 facteurs principaux :
  1. Perte de sens.  On ne comprend plus à quoi rime son travail. Ce sentiment est renforcé par une ambiance délétère. Partout des oiseaux de mauvais augure se plaignent. (Vos craintes, si vous n’y prenez garde, peuvent dévaster un collègue fragile…) Que doit faire le manager ? Dire le « pourquoi du changement », sa raison profonde. Demander à l’organisation de concevoir le plan de mise en œuvre du changement. (En vérifiant qu’il répond bien à l’objectif - responsabilité du dirigeant.)
  2. Injonction paradoxale. L’injonction paradoxale est une demande que l’on ne sait pas satisfaire, mais que l’on ne peut refuser (mécanisme inconscient). Elle résulte souvent d’une méprise. Le manager ne voit pas la difficulté de la mission qu’il a confiée à son collaborateur, ou celui-ci a une vision fausse (excessive) de ce qu’on lui demande. Éviter ce problème passe, comme ci-dessus, par dire le « pourquoi », mais demander le « comment ». De ce fait, on ne peut exiger l’impossible, et l’on vérifie qu’il n’y a pas égarement de ses collaborateurs dans des solutions sans issues.
  3. Lien social. Les gens « isolés » souffrent des changements de manière disproportionnée. L’entraide est essentielle (interne, et externe). En complément du processus présenté ci-dessus, il faut identifier les isolés. Et procéder à des travaux d’équipe, ou à un traitement spécifique (faire appel à un coach, par exemple).
  4. Changement. La plupart des entreprises ignorent ce que signifie « changement », et ses conséquences. Le changement demande de faire un travail en plus de celui que l’on fait d’ordinaire : construire le tissu social afin qu’il soit solidaire. Pour cela, le management doit dégager le temps nécessaire, donc réorganiser son planning.

dimanche 20 mars 2011

L’Européen en meilleure santé que l’Américain

L’espérance de vie des européens progresse de concert, et distance celle des Américains.

Raisons : abandon du tabac, et probablement des améliorations de l’hygiène de vie qui se diffusent d’un pays à l’autre par effet réseau, en dépit de systèmes de santé différents. (billet)

Une médecine de haute technologie que produit le « marché », à l’américaine, serait-elle mauvaise pour la santé et pour l’économie ? Prévenir, adopter des comportements sains, n’est il pas préférable à guérir ? Mission de service public ?

Meurine Le Pen

Marine Le Pen a les honneurs de la presse anglaise. La BBC lui consacre un « profile », The Economist un grand article. Quelques idées que j’en tire :
  • Elle dépasse N.Sarkozy de la tête et des épaules ? Elle a une parfaite maîtrise du français alors qu’il le massacre. Comme lui, elle a été avocat, mais un avocat des pauvres, des émigrés quand son devoir le réclamait, très professionnelle et sérieuse. Comme lui son argumentation ressortit à l’apparent bon sens. Mais elle y croit, et ses propos portent. (J’ajoute, sans les connaître, qu'elle ne les adapte probablement pas à son auditoire, selon les usages de notre président.)
  • Elle a repris le « family business ». Je me demande si sa réussite n’illustre pas, d’ailleurs, un de mes articles. J’y disais que pour bien reprendre une entreprise, il fallait la réinventer. Elle a compris ce qui faisait la force de son père, et l’a réinterprété en fonction de sa personnalité et de l’évolution de la société.
  • Au fond, c’est une création de nos partis de gouvernement. Ils ont cru que nous étions incapables de comprendre notre (leur ?) intérêt supérieur, et que gouverner c’était nous abuser d’analyses grossières. Maintenant nous avons une vision erronée du monde, à laquelle le discours de Marine Le Pen correspond bien mieux que le leur. Bref, pour gagner face à elle, il faudra faire preuve de courage. Malheureusement, s’il y a du courage quelque part, c’est probablement dans son camp.
Compléments :

N.Sarkozy grand homme Libyen ?

« Si un jour prochain l’opposition Libyenne gagne et prend le pouvoir, elle pourrait bien envisager d’élever une statue au président français. Il pourrait y avoir une place Sarkozy ou un boulevard à son nom. » La BBC reconnaît le rôle décisif qu’a joué la France pour convaincre le monde de s’occuper des Libyens.

Il va falloir beaucoup d’habileté pour mener l’affaire à son terme. En tout cas j’espère que ce n’est pas pour stimuler notre estime pour lui que notre président a pris la tête de la croisade, que ce n'est pas un coup de poker, car ce type de considération n’est pas bonne conseillère dans les moments difficiles. 

Laura

Film d’Otto Preminger, 1944.

Comme les goûts changent ! dire qu’on a aimé les chapeaux et les coiffures de Gene Tierney, et sa musique de guimauve favorite. Autres temps, autres mœurs. Les gros durs qui fondent devant des beautés fatales, c’est fini.

On retrouve dans ce film un schéma qui semblait usuel à cette époque, à savoir la femme qui travaille, et qui réussit, entourée de courtisans, dont les plus dangereux sont les plus mièvres, de vrais européens. Happy end : le fruste et solide Américain décroche la timbale.