samedi 9 avril 2011

Obama le démocrate ?

La presse anglo-saxonne reproche à B.Obama d’être un faible. Il n’intervient que très peu dans la vie parlementaire et laisse les débats s’y dérouler à leur gré. De même, il n’a pas été le leader de l’affaire libyenne.

Est-il faible ou croit-il dans la démocratie, ou dans ce que le « pouvoir est en bas », plutôt qu’en haut ?

Si c’est le cas, c’est courageux de confier son sort à ses convictions, en dépit de la vindicte élitaire et populaire.

Mais ça semble marcher : dos au mur, les sénateurs américains se sont mis d’accord sur un projet budgétaire.

S’il survit aux prochaines élections, il se pourrait que la politique américaine gagne pour longtemps en intelligence et en démocratie…

Compléments :

Jean-Louis Borloo fait sécession

Depuis quelques temps j’entends dire que Jean-Louis Borloo s’éloigne de l’UMP. Un homme de la majorité présidentielle s’inquiétait ce matin de ce que ça pourrait conduire à l’élimination de la droite des élections présidentielles.

Je me suis demandé si l’argument pouvait porter. Traditionnellement les radicaux n’étaient ni de gauche, ni de droite. Donc, quelle que soit l’issue du premier tour des présidentielles, elle peut leur être favorable. D’autant plus que le PS ou l’UMP peuvent avoir intérêt à s’allier à des modérés plutôt qu’à des extrémistes. 

C’est la marque qui fait l’homme

Il semblerait que l’on juge l’homme en fonction du logo de la marque de ses vêtements. En fait le logo serait un signe des qualités de l’individu qui le porte. À tel point que l’on ferait, spontanément, plus volontiers confiance à une personne avec marque qu’à une personne sans marque (avec des habits identiques).

J’avais remarqué un phénomène similaire, à l’époque où je faisais des études de marché. L’homme associe des qualités à une marque qui peuvent aller très au-delà de ce qu’elle produit.

Par contre, je ne savais pas que les qualités de la marque pouvaient s’étendre à l’homme qui les porte.

En tout cas, c’est une nouvelle démonstration de notre susceptibilité à l’influence, et du peu de rôle que joue la raison dans nos choix.

Compléments :
  • Question : est-ce que le phénomène peut jouer à l’envers ? Une personne qui a une mauvaise image peut-elle nuire à la marque qu’elle porte ? Quid de la popularité de M.Sarkozy et de celle de Rolex ?
  • Ce que dit J.N.Kapferer de la marque : un billet.
  • CIALDINI, Robert B., Influence: Science and Practice, Allyn and Bacon, 4ème édition, 2000.

Délit d’entrave

J’ai observé la situation suivante. Une organisation procède à un changement. Pour ne pas être accusée de « délit d’entrave », elle doit informer les « partenaires sociaux » de ses plans, avant ses personnels. Ces partenaires décident de demander un délai d’analyse de deux semaines, qui prolonge le black out, et fait monter l'anxiété. Ils déclenchent aussi une grève préventive, peut-être pour montrer leur force.

Le curieux de l’affaire est ailleurs. La communication est bloquée entre les membres de la direction (l’organisation est extrêmement étendue). Si bien que personne n’étant correctement informé, tout le monde, à commencer par les top managers (qui se méfient de la partie du changement qui dépend de leurs collègues !), est inquiet pour son sort et fait courir les pires bruits. Plus bizarre : le peu que l’on sait du plan est trouvé très bon, y compris par les syndicats… C’est ce qu’on ne sait pas qui fait peur. Mais, voilà, la direction est ligotée et ne peut parler.

Quels enseignements en tirer ? 
  • Notre législation pave l’enfer de bonnes intentions. En tout cas elle n’était probablement pas prévue pour les circonstances actuelles.
  • Le management de l’organisation a fait une erreur. Parce qu’il n’a pas fait confiance à la discrétion de ses collaborateurs directs, il ne leur a fait part que du minimum d’informations possible. L’analyse était juste. Les directeurs ont été incapables de se taire. Et ils ont dit leur inquiétude. S’ils avaient été informés, ils auraient expliqué le changement. 

vendredi 8 avril 2011

Transport rail, mer

Conférence sur l’avenir du transport rail, mer. Des 3 interventions, je retiens :
  • Le rail et le fret connaissent un boom partout dans le monde. On parle de 1000md$ d’investissement. Les grandes voies du commerce transcontinentales (par exemple celles de la soie) se couvrent de chemins de fer. Nouveauté : les modes de transport ne sont plus concurrents mais interconnectés. Les Allemands sont très présents : on parle d’un « Berlin Shanghai », Hambourg équipe son « hinterland »… Mais où est la France ? me suis-je demandé.
  • Le transport maritime a une mauvaise image mais il est essentiel (plus de 90% des volumes transportés). Il est en crise par excès d’offre. Son avenir ? Peut-être les autoroutes de la mer ? En tout cas le transport du charbon, qui est l’énergie de demain matin. Quant aux ports français, les plus gros sont à la centième place mondiale, coulés par le « conservatisme des professionnels ».
  • Le Grand Paris. Je découvre que le projet avait pour but « d’analyser l’ouverture de Paris sur le monde », et d’éliminer ses handicaps. Un débat public a permis de découvrir qu’il venait en concurrence avec le projet Arc Express de la Région Ile de France, et qu’il ne répondait pas aux attentes des usagers (rénover les transports existants). Résultat louable : les hommes politiques concernés ont accepté de se parler, le projet est devenu Grand Paris Express, fusion des deux projets initiaux, et prendrait en compte les besoins des usagers. Ce miracle est-il dû aux talents d’animateur du changement du préfet Leblond, qui a dirigé le débat ?
En écoutant ces exposés, j’ai pensé, à tort ou à raison, que la France est en dehors du coup. Au moment où elle aurait besoin d’un afflux d’oxygène, son organisation sociale se comporte comme un nœud coulant. J’ai aussi pensé, une fois de plus, que le gouvernement communiquait mal. On n’entend parler que d’Islam, d’identité nationale… des projets apparemment utiles (Grand Paris) nous semblent une preuve de son incompétence. Ce qui est curieux est qu’au fond nous sommes probablement dirigés par une immense majorité de gens intelligents ayant une vision juste des problèmes du pays, pourtant nous sommes paralysés et nous donnons au monde une image de stupidité. 

Fondements de la moralité

Il n’y aurait pas de moralité sans empathie. Et pas d’empathie sans un milieu familial ayant des pensées amicales pour l’enfant. Sinon comment pourrait-il vouloir se glisser dans la tête des autres ? (Medical diagnosis of malfeasance)

On peut aussi imaginer qu'il veuille donner ce qu’il n’a pas reçu.

Bienvenue Mister Chance

Film de Hal Hashby, 1979.

Un film qui annonce la victoire de Ronald Reagan ? Un simple d’esprit transforme la haute société américaine (avant de prendre le pouvoir). Ses paroles incompréhensibles sont prises pour des oracles. Une fois de plus il est démontré que, pour qu’il y ait miracle, il faut croire. 

jeudi 7 avril 2011

Développement durable = réduction de coûts

Les entreprises américaines découvriraient qu’économiser l’environnement réduit leurs coûts. Le développement durable aurait-il du bon ?

Exemple peut-être le plus frappant : des fabricants de chips cherchent à exploiter l’eau des pommes de terre pour couvrir l’intégralité des besoins des usines de fabrication.

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ? me suis-je demandé. Technique de créativité bien connue : la contrainte produit l’innovation ? Ou serait-ce une illustration d’une idée (voir la fin du billet) qui m’était venue lors d’une mission ISO 26000 : la RSE force à penser à long terme, et lorsque l’on pense à long terme on trouve d’excellentes solutions pour le court terme ?

Travailler plus pour vivre moins

Il semblerait qu’il y ait une corrélation entre gros horaires de travail et risques d’arrêt cardiaque.

Des causes indirectes (manque d’exercice physique) pourraient être aussi en cause.

Alors « les prisonniers du boulot ne font pas de vieux os » ? 

Les dons de la femme pour le changement

Je fais une présentation à l’association des femmes chef d’entreprise du 92. J’explique que j’ai constaté que la femme est remarquablement douée pour le changement (alors que l'homme ne l'est particulièrement pas), et que ses caractéristiques correspondent à ce que John Kotter a défini comme étant celles du « leader » (du changement).

Une participante avance une explication que je n’avais jamais rencontrée jusque-là : la femme a un corps qui est en changement permanent. 

Facebook et la CIA

Où s’arrêtera la soif de Facebook d’emmagasiner des informations sur nos comportements (ce que nous « aimons », nos photos, maintenant les commentaires que nous écrivons sur tous les réseaux sociaux…) ?
Si les gouvernements faisaient cela, nous serions révoltés. Qu’une entreprise privée exerce ce type d’influence est-il moins préoccupant ? (Trolling for your soul)

Résistance aux antibiotiques et économie de marché

Nos antibiotiques ne sont plus efficaces. Cela signifie que nous sommes mal protégés d’anciennes maladies, et que beaucoup d’opérations, qui ne peuvent être faites que parce que nous savons nous garantir des infections, peuvent devenir impossibles.

Ce regrettable état de fait semble un effet imprévu de l’économie de marché (The spread of superbugs) :
  • La médecine libérale fait tout ce qui est en son pouvoir pour plaire au client. À commencer par lui donner ce qu’il réclame, même quand il n’en a pas besoin. Du coup il développe des germes résistants aux antibiotiques qui iront infecter ses semblables.
  • Le gros des antibiotiques sert à accélérer la croissance des animaux industriels.
  • Les laboratoires n’investissent plus dans la recherche de nouveaux antibiotiques, parce que ça rapporte peu, et surtout qu’ils guérissent ce qu'ils soignent. Les maladies chroniques sont bien plus rentables. 
Compléments :

    mercredi 6 avril 2011

    Islam et Pakistan

    30.000 morts en 4 ans. C’est ce que coûte au Pakistan ses luttes interconfessionnelles. Un modèle tellement satisfaisant qu’il cherche à l’exporter.

    Cause ? Ses gouvernements successifs trouvent habile d’utiliser l’Islam pour masquer leurs échecs, et leur corruption.

    À l’UMP comme ailleurs, Islam outil de manipulation des peuples ?

    Compléments :

    Robotique et entreprise : révolution intellectuelle

    Le monde pourrait être à l’aube d’une révolution de la pensée managériale : faire que les robots se comportent comme des humains, plutôt que, option favorite du 20ème siècle, faire que les humains se comportent comme des robots. (I, robot-manager)

    mardi 5 avril 2011

    Les verts, parti de gouvernement

    Élections allemandes. Les verts gagnent beaucoup de voix. Ces verts là ne sont pas des illuminés, mais un parti de gouvernement. Il peut s’allier à droite ou à gauche. (A Green revolution)

    Pourquoi n’en est-il pas de même en France ? Différences culturelles ? L'Allemand construit des organisations, le Français brasse des idées ?

    Ordet

    Film de Carl Theodor Dreyer, 1954.

    L’histoire du monde serait-elle celle d’une supercherie ? Notre « progrès » n’est que celui d’une sophistique lâche, qui masque notre médiocrité sous l’apparence de la raison, qu’elle soit religieuse ou scientifique ?  C’est parce qu’il nous a détournés de l’essentiel, une confiance pure et simple, que nous ne connaissons plus de miracles ? Que nous ne parlons plus à Dieu ?


    Un noir et blanc magnifique, et une forme de suspens : tour à tour chacun croit que sa petite certitude personnelle est vérifiée. Remarquablement construit. 

    lundi 4 avril 2011

    Nucléaire japonais : le syndrome français ?

    Pourquoi les réacteurs nucléaires japonais sont-ils à la fois aussi groupés, et aussi mal placés ? Le Japon ne serait-il pas victime d'un syndrome français ?

    Le Japon a décidé un jour de limiter sa dépendance énergétique grâce au nucléaire. Mais, voilà, après Three Mile Island, personne ne voulait une centrale près de chez soi. Alors on les a construites là où il n’y avait pas de résistance, aux plus mauvais endroits.

    N’a-t-on pas, actuellement, une démonstration frappante de la logique de ce système « top down », très français, qui fait payer aux petits les erreurs de leurs dirigeants ? La direction de l’entreprise qui possède les réacteurs en fusion dit à qui veut l’entendre que les employés qui essaient de réparer ses erreurs, dans des conditions d’existence et de sécurité révoltantes, « ne font que leur travail » !

    Compléments :

    Japon : mort du dogme de la supply chain ?

    Les difficultés du Japon font découvrir à l’industrie mondiale qu’elle ne connaît rien de sa « chaîne d’approvisionnement », et que celle-ci dépend de maillons faibles en situation de monopole. (Broken links)

    La « supply chain » a été un coup de génie des dernières décennies. C’est ce concept qui a amené à une délocalisation en masse à la recherche de coûts les plus bas possibles.

    Il est donc probable que les dogmes associés, « juste-à-temps », « lean »…, vont subir quelques ajustements, afin de limiter les dépendances des entreprises vis-à-vis de l’inconnu. L’approvisionnement local et les seconds couteaux de la sous-traitance pourraient en profiter.

    Curieusement une nouvelle industrie pourrait aussi émerger : celle qui « maintient des stocks essentiels pour le compte de fabricants ». En effet, les entreprises seraient tellement accro au zéro stock qu’elles chercheraient à s’en donner l’illusion en les faisant porter par d’autres.

    Comme le disent les Anglo-saxons l’économie de marché c’est « greed and fear », l’homme ramené à ses instincts primaires, l’inexistence du QI ?

    Compléments :

    Doctrine d’Obama

    B.Obama penserait que « l’Amérique a beaucoup à gagner d’un monde qui suit des règles ».

    Autrement dit, son rôle est de favoriser les mouvements internationaux qui cherchent à faire respecter ces règles, plutôt que de vouloir créer un ordre mondial idéal en s’asseyant sur les équilibres préexistants (et sur les aspirations des peuples ?). (Togetherness in Libya)

    La défiance instinctive du Tea Party est justifiée : cet homme n’est pas un Américain. 

    dimanche 3 avril 2011

    Qui faut-il changer en France ?

    France Info interviewe deux journalistes étrangers, ce matin. Ils analysent les dernières élections. Selon eux, nos partis politiques de gouvernement ne comprennent pas ce que pense le peuple, la cause de son vote protestataire en faveur du FN. Ils n’ont aucun programme.

    Je suis frappé par le contraste qui existe entre cette analyse et le discours de nos journalistes ou de nos élus.

    On dit parfois que « le poisson pourrit par la tête ». Je me demande si, dans les organisations sociales, ce n’est pas la tête qui est la dernière à changer. 

    Au fond, partout dans le monde le peuple cherche à faire comprendre à ses classes gouvernantes qu’elles doivent se transformer. Mais comment pourraient-elles l’entendre ? Qu’ont-elles à y gagner, que peuvent-elles espérer de mieux qu’une vie d’oligarque ? Alors, elles disent, comme François Hollande il y a peu : « le changement c’est moi » ?

    Impuissance politique européenne

    La plupart des gouvernants européens sont impopulaires et faibles (le nôtre serait donc la règle plutôt que l’exception). Cela expliquerait qu’ils soient incapables de prendre une décision commune, et que la zone euro fonce sur l’iceberg. (Billet précédent.)

    Intéressante explication. Fin des blocs politiques qui suivaient aveuglément un « Führer ». L’électeur est devenu intelligent et exigeant, l’homme politique, lui, n’a pas évolué. (The handicapped union)

    Bref, nous serions à la veille d’un changement majeur : la démocratie pourrait s’implanter en Europe, et notre élite politique pourrait devenir honnête, compétente, respectable, elle pourrait, même, ne plus nous prendre pour des crétins.

    Mais un tel changement se fera-t-il sans susciter une résistance désespérée ? 

    Réformons la zone euro

    Contrairement à ce que je disais dans un précédent billet, il serait possible de mettre en faillite la « périphérie de l’Europe », sans couler l’Espagne, ou le système bancaire des autres membres de l’UE. (They’re bust. Admit it.)

    Côte d’Ivoire

    Vue de loin, le vainqueur des élections ivoiriennes a fini par prendre les armes et va écraser par la force celui ne voulait pas accepter le choix du peuple. La logique démocratique est respectée.

    Pas si simple (Coming to a crunch) :
    • Laurent Gbagbo serait bien armé, et ne se rendra probablement pas sans une forte résistance.
    • Les luttes intestines locales ont tendance à s’étendre au voisinage des pays concernés, par le biais des populations et des combattants chassés par la guerre.