mardi 28 juin 2011

Le FMI sous la coupe de la France

Les Américains se demandent si Mme Lagarde ne va pas utiliser l’argent du FMI pour sauver les banques françaises. (France’s Lagarde Named New Head of I.M.F.)

M.Sarkozy leur donne raison : c’est une victoire pour la France, disait-il tout à l’heure. 

Future crise européenne

Pour cause d’unification, l’Allemagne a dû réformer son système social, ce qui force aujourd’hui l’Europe à se réformer.

Ne rejoue-t-elle pas la même pièce avec l’énergie ? Soit elle parvient à créer une industrie de l’énergie renouvelable qui demande un réajustement à l’Europe. Soit elle ne parvient pas à remplacer ses centrales, ce qui, aussi, bouleverse l’Europe. Le pari antinucléaire de l'Allemagne du XXIe siècle - LeMonde.fr

Qui est-il le plus urgent d’encadrer ? La Grèce ou l’Allemagne ?

DSK et Colombo

Hier j’entendais un journaliste imaginer une rencontre entre Colombo et DSK. Comment fonctionne Colombo ? me suis-je demandé :
  • Les criminels que fréquente Colombo appartiennent à l’élite intellectuelle et économique américaine.
  • Ils sont criminels parce qu’ils se savent intouchables. En effet, soit on s’écrase devant eux, soit on essaie de les surclasser. Dans ce cas, arrive ce qui arrive fréquemment aux policiers français et américains : la faute.
  • Colombo ne plie pas, mais accepte sa position sociale subalterne. Ne faisant plus face au garde-fou que lui oppose ordinairement la société, son interlocuteur peut laisser filer sa logique jusqu’à l’absurde et s’enferrer. 

Faillite de l’État

Depuis les années 80, a eu lieu une grande vague de libéralisation (FT, etc.). Celle-ci ne semble pas avoir eu les effets escomptés :
  • Ce tout au marché aurait dû, selon les théoriciens, enrichir le pays (l’entrepreneur est efficace, l’État incompétent). Ce qui ne semble pas avoir été le cas.
  • L’État aurait dû maigrir. Ce qui n’a pas été le cas.
L’État a perdu des ressources (ressources qui justifiaient des prélèvements fiscaux ?), d’où sa faillite actuelle ? Ceux qui les ont reçues, n’ont pas su les développer ?

lundi 27 juin 2011

Avenir de l’Europe

Si l’Europe se tire de sa crise grecque, elle sera plus unie. C’est tout ce qui semble pouvoir être conclu actuellement. (If Greece goes…)

Va-t-elle réussir ? Elle en a largement les moyens. Alors tout est une question de volonté. 

Nuisance syndicale

L’Angleterre se prépare à de grandes grèves.

Le gouvernement menace les syndicats d’une loi interdisant les grèves votées par moins de 50% des syndiqués (contre 50% de votants, aujourd’hui).

Les syndicats lui répondent qu’une telle atteinte aux droits de l’homme est paradoxale, venant d’un gouvernement libéral, qui, de surcroît, applaudit les grèves du Moyen-Orient. D’ailleurs, les travaillistes actuels représentent 23% des inscrits, et la coalition 38%. Ils gouvernent le pays, pourtant.

Éternelle duplicité de l’élite anglaise ? Son libéralisme s’arrête là où commencent ses intérêts ? Alors se déchaîne les sophismes, « la guerre des idées » ?

Plus de changement que de performance

Conférence du Cercle Essec du changement et de l’Afope, sur le changement.

On y remarque que les dirigeants parlent maintenant beaucoup plus de changement que de performance.

C’est juste, et c’est aussi vrai des politiques. Pierre qui roule… ? 

dimanche 26 juin 2011

Bachar Corleone

Émission de la BBC sur Bachar el Assad.

Curieux parallèle : un interviewé le compare à Michael Corleone du Parrain

Allemagne et crise européenne

Dans la foulée du billet précédent, un vieil article sur la crise grecque :
Bref, si l’on en croit le gouvernement allemand, les marchés ont donc été instrumentalisés au bénéfice de l’Allemagne qui a profité de la panique pour imposer un retour à la rigueur, renforcer la gouvernance budgétaire de l’eurozone et ainsi garantir la stabilité à long terme de l’euro. La séquence des mois écoulés n’est pas en contradiction avec cette interprétation qui, si elle est exacte, montre qu’il y a des gens qui ont les nerfs solides en Allemagne. (Vu de Berlin : leçons grecques - Coulisses de Bruxelles, UE)

Nordique donneur de leçons ?

Installé dans le restaurant d’un musée avec 3 amis. Deux partent un moment, en laissant leurs affaires.

Des touristes suédois surviennent alors. Ils montrent les sacs d’un doigt accusateur. Nous leur signalons qu’il y a de la place ailleurs. Un peu plus tard, ils reviennent, montrant à nouveau les sacs, preuve qu’ils avaient eu raison de nous soupçonner de latinité.

Curieux d’avoir aussi peu de souci de la politesse, surtout à l'étranger, me suis-je dit. En rapprochant cette petite histoire du comportement des gouvernements allemands et anglo-saxons, je me suis demandé si le pharisaïsme n’était pas un trait culturel nordique. 

Investir pour sortir de la crise

Ce blog se demande si une politique de rigueur supportée par les pauvres est un bon moyen de sortir de la crise.

Est-ce que je comprends bien ? Les gouvernants européens débloqueraient des fonds qui permettraient à la Grèce de relancer son économie, et de trouver des emplois à ses chômeurs ? Zone euro : ne pas désespérer les peuples.

samedi 25 juin 2011

Obama se replie

Le président Obama retire son armée d’Afghanistan et parle de (re) construire son pays.

M.Obama homme du repli ?

Compléments :

Changement à l'ENA

J’ai rencontré David Autissier, spécialiste du changement, dont on m’avait parlé à plusieurs reprises. (Son premier livre sur le changement est sorti en même temps que le mien.)

J’ai découvert, outre qu’il est fort sympathique, qu’il était beaucoup plus jeune que je ne l’aurais cru et qu’Henri Bouquin, chez qui j'enseigne, avait été dans son jury de thèse. Petit monde. Par ailleurs il donne un cours à l’ENA. Faut-il espérer que notre élite va enfin sortir de son illusion d’un changement programmatique ?

Compléments :
  • Curieusement, son analyse de l’histoire du changement la fait débuter en 1985. Sans évoquer mes références grecques et chinoises usuelles, je pensais plus vieux notre intérêt moderne pour le sujet. Par contre Faouzi Bensebaa, dans son analyse des visions actuelles, et contradictoires, du changement, fait appel à des références plus conformes avec mes habitudes. 

Lieutenant Colombo

Le professeur Alain Bloch m’avait suggéré d’appeler mon premier livre « la méthode Colombo ». Le Lieutenant Colombo est un personnage central de deux de mes livres. C’est l’animateur du changement même :
L’animateur est-il un surhomme ?
Si l’on devait en dresser le portrait-robot, il ressemblerait probablement au « lieutenant Colombo » : ce n’est pas un héros, la supériorité de ses interlocuteurs l’impressionne, mais sa détermination à connaître la vérité est increvable, et il arrive toujours à ses fins.

vendredi 24 juin 2011

Coût de la campagne libyenne

L'intervention en Libye a déjà coûté 100 millions d'euros à la France annonce Le Monde. Hier, la BBC disait que l’Angleterre avait dépensé 250m£, pour sa part (et que l’armée britannique serait bientôt à sec).

Sommes-nous plus économes, ou moins bien informés, que les Anglais ? 

Médiocre démocratie

Il se confirme que M.Berlusconi pourrait être remplacé par le chaos.

Le gouvernement anglais est faible, mais, curieusement, son opposition a placé à sa tête un leader qui lui garantit l’échec.

La situation française est proche. Que dire de la Belgique ?

Les démocraties sont elles malades ou leur solidité constitutive leur permet elle de vivre sans direction ? L’incompétence de leur tête est-elle la contrepartie de la liberté et de l’autonomie de leurs membres ? 

Église et partage

Il y a quelques jours la BBC se demandait si l’Église ne s’était pas trompée en cherchant à diviser équitablement « le gâteau », n’aurait-elle pas du s’intéresser à ceux qui le fabriquaient ?

Mais y a-t-il des gens qui « font le gâteau » ? Si un boulanger disparaît il sera remplacé par un autre. De même pour un fabricant d’automobiles, ou pour un acteur fameux. D’ailleurs n’est-ce pas une question de concurrence et d’offre et de demande ?

En fait, le gâteau me semble être fait par la société. 

jeudi 23 juin 2011

Domino grec

Après guerre, la Grèce est apparue un moment comme le domino qui pourrait faire tomber l’Europe chez les Soviétiques. Aujourd’hui, c’est la même chose, mais pour l’économie mondiale ?

Hasard ?

Est-ce lié ? Nos amis anglais procèdent à une dévaluation sans équivalent dans leur histoire de la Livre. (Billet)

Investissement

Série de billets parlant de l’Angleterre (Réforme du NHS, Les vieux à la rue, L’Angleterre brade son service public, Armée européenne, La pauvreté est un vice). Elle semble mal aller faute d’investissement collectif.

L’État chinois, lui, construit partout des lignes de TGV.

L’économie d’un pays ressemble-t-elle à celle d’une entreprise : pour se développer, elle a besoin d’investissements guidés par une stratégie ? Le libre échange, entre les mains duquel l’Angleterre a remis son sort, ne crée rien ? 

Victor Waknine

Einstein a inspiré Victor Waknine : « On compte mais ce qui compte n’est pas compté ». Puisque les entreprises ont besoin d’indicateurs, il leur a donné l’IBET, l’Indice du Bien Être au Travail.

Je me suis demandé si ce qui pouvait être compté comptait vraiment…

Ami Facebook

Facebook : une fille refuse sa mère comme amie.

Ça me semble logique : mère et fille n’appartiennent pas aux mêmes communautés. D’ailleurs, il suffit de suivre une conversation pour constater que les générations ne partagent pas le même langage, et encore moins la même orthographe. 

mercredi 22 juin 2011

Mauvais temps

On craignait une sécheresse, voilà qu’il pleut depuis des semaines.

Google prévoit encore plus de pluie, Météoconsult une accalmie. Mais cette dernière se trompe depuis quelques temps. (Ce qui n’était pas le cas auparavant.)

Quant au réchauffement climatique, il n’est plus aussi certain. Mais que fait la science ?

Elle est sous influence ? Il y a fort longtemps que certains croient au réchauffement climatique, par exemple. Mais lorsqu’il fallait défendre le modèle occidental contre les soviétiques, ils n’avaient pas le droit de s’exprimer. Puis les soviétiques ont disparu, et avec eux ce qui bloquait cette idée ? 

Réforme du NHS

Comme prévu, David Cameron a dû abandonner sa réforme du système de santé anglais.

Le peuple le soupçonnait de vouloir le privatiser. (Whatever happened to Radical Dave?)

L’Anglais pas plus favorable que le Français aux privatisations ?

Les vieux à la rue

Les maisons de retraite anglaises sont en faillite. Elles ont été prises entre un mouvement de spéculation et le plan de rigueur gouvernemental qui a mis à sec les collectivités locales. La retraite se transforme en déroute ?

Décidément le tout privatisé rencontre bien des malheurs. Curieusement, les désastres succèdent aux désastres sans que personne ne semble penser à mettre en cause l’idée selon laquelle le marché fait le bonheur universel. 

mardi 21 juin 2011

EADS se libère de ses actionnaires

Les dirigeants d’EADS semblent trouver les États français et allemands pesants. Ils s’en libéreraient bien.

Est-ce pour leur confort personnel ou pour l’intérêt de la société ?

L’Angleterre brade son service public

La RATP administre des lignes de bus londoniennes. Faute d’y avoir investi, l’Angleterre vend son service public à l’étranger. (A very British paradox)

La science au service de l’évaluation de compétence

Un ami dirigeant est soumis à un test par un cabinet international de conseil en RH. Sur la brochure de préparation, on peut lire :

« L’objectif est de placer tous les participants dans une situation équivalente et de leur offrir des chances égales de réussite en fonction de leurs compétences ».

Plus loin, on parle de « recherches approfondies » qui permettent « d’excellentes prédictions de succès ».

C’est curieux, je ne connais pas beaucoup de travaux de sciences humaines qui permettent la moindre prévision. La recherche en économie, et ses moyens colossaux, en est un magnifique exemple.

Plus curieux, les « conditions identiques » ne garantissent pas la moindre égalité de traitement : elles favorisent ceux dont les caractéristiques sont favorables (Normale sup lettres ne recrute pas les mêmes étudiants que Normale Sup maths).

La science serait-elle instrumentalisée pour fournir un argument de vente ? 

lundi 20 juin 2011

Répression financière

En phase d’inflation, empêcher les capitaux de partir à l’étranger et ne leur offrir que la dette d’État comme issue. Moyen de dégonfler la dette des nations, plus efficace que les impôts :

Ce serait plus ou moins ce qui se passe aujourd’hui : l’inflation est supérieure au rendement des placements, et les banques devant reconstituer leurs garanties doivent conserver leurs fonds à la maison. Mais l’effet serait limité. (The great repression)

Armée européenne

La guerre de Libye montre que l’Europe n’a plus de moyens militaires.

Chaque pays voulant fabriquer son armement, celui-ci est excessivement coûteux. Les nations européennes doivent procéder à une division des tâches. (On target)

Cet épisode révèle, surtout, que l’Europe a été extrêmement imprévoyante. Elle n’a pas jugé bon d’investir dans son armée. Curieusement, l'Europe est pourtant en faillite : où est allé tout son argent ? 

La pauvreté est un vice

L’Angleterre est une « méritocratie », le mérite étant défini comme la réussite sociale couronnement de l’effort individuel. Par conséquent, le pauvre vole ce qu’on lui donne.

L’Anglais traite désormais ses pauvres comme jadis les noirs ou les indiens.

Curieusement, si cette évolution vient de Mme Thatcher elle a été poursuivie par les travaillistes. Ils y ont vu un moyen de séduire une « nombre minuscule de votants indécis, pensant que leur électorat ouvrier traditionnel ne pouvait aller ailleurs ».

En fait ce discours était déjà présent chez Ayn Rand l’ancêtre du néoconservatisme américain. Sa tactique était inspirée de celle des Bolchéviques : réécrire la morale américaine à partir des valeurs du possédant.

Ce discours est aussi celui de N.Sarkozy. Pourquoi nos socialistes n’ont-ils pas suivi le chemin des travaillistes. Nous avons toujours une guerre de retard ?

dimanche 19 juin 2011

Refroidissement climatique

Le soleil entamerait une période sans tâches, ce qui signifierait un refroidissement de la terre. Il devrait durer plusieurs décennies. (Sun down)

Élégante solution à l’effet de serre ? Pour compenser ce refroidissement, augmentons notre « empreinte carbone » ? Quant à nos descendants, ils n’auront plus besoin d’énergie fossile puisque nous leur aurons laissé une serre et que le soleil se remettra à les réchauffer ?

La baïne et le changement

La baïne est une petite piscine qui se forme sur les plages du sud ouest de la France. À marée haute ou basse cette baïne produit des courants forts. Le nageur qui s’y fait prendre a le réflexe naturel de chercher à rejoindre la plage le plus vite possible, en ligne droite. Le courant étant plus fort que lui, il s’épuise et se noie. Au contraire, dans cette situation, il doit se laisser emporter. Le courant ramène à la plage, et lorsqu’on flotte on peut s’agiter et se faire repérer par les sauveteurs.

Pourquoi dit-on que le changement est « à effet de levier » ? Parce que ce qui le permet ou l’empêche est un blocage. Il vient de ce que nous sommes « programmés » pour associer un moyen à une fin. Le changement fait que l’association ne marche plus. Malheureusement, comme elle est enfouie dans notre inconscient, au milieu de beaucoup d’autres, elle est malaisée à identifier.

Notre vie est faite de baïnes. Nos réflexes inconscients nous y noient. 

Paradoxe de la mutinerie

Observation. Un changement suscite de très bruyantes réactions négatives. Mutinerie ? Enquête : ceux qui sont concernés au premier chef par le changement, une fois la stupéfaction passée, ont pris leur sort en main et s’entraident (ils illustrent même ce billet). Ils sont prudemment optimistes bien qu’un peu inquiets : vont-ils être à la hauteur de leurs responsabilités ?

Je m’interroge : pourquoi cette incohérence ?

Précision supplémentaire : il semblerait que les protestants ne soient pas directement concernés par le changement.

Et si la représentation que l’on se fait du changement était la source de ses inquiétudes ? Lorsque l’on est au milieu du danger, et que l’on constate que l’on sait y naviguer, on est rassuré ?

Ce qui expliquerait aussi le paradoxe de la résistance apparente. Seuls ceux qui ne sont pas concernés par le changement ont le loisir de s’exprimer. 

samedi 18 juin 2011

Sarkozy contre Atomic Anne

N.Sarkozy n’a pas perdu la main. Personne ne lui résiste. Anne Lauvergeon était coriace, pourtant. Elle avait trouvé une faille : les gens qu’il voulait lui substituer, tirés de son entourage, étaient peu reluisants. Mais, le président ne voulait pas placer un copain, mais éliminer Mme Lauvergeon ? Il lui suffisait pour cela de la remplacer par un homme d’Areva, qui n’avait, par conséquent, pas les défauts des précédents candidats ?

M.Sarkozy tient M.Ghosn, qu’il a sauvé d’un scandale, ses amis contrôlent FT, EDF, Veolia, Thalès…?Dirigisme gaullien ? M.Sarkozy commis voyageur de la France ? Sa popularité profite des contrats qu’il décroche ? Et ces grandes entreprises régulent l’emploi, comme après guerre ? C'est lorsqu'il est dos au mur que le champion fait preuve de génie ?

Compléments :
  • Au revoir to Atomic Anne
  • Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?

Angleterre et France : principes constitutifs

L’Angleterre donne son élite en spectacle (Oxford contre Cambridge, aussi bien qu’Any questions de la BBC). Elle indique au peuple qu’avoir de l’ambition c’est rejoindre cette élite.

Ce faisant, elle s’est maintenue inchangée quasiment depuis le Moyen-âge. Elle a pu être une société d’héritiers qui permet toujours aux grands propriétaires de ne pas diviser l’héritage.

Depuis Tocqueville, au moins, une partie de l’élite française s’émerveille de ce miracle, et se désole de ne pouvoir l’imiter. En France, le puissant est soupçonné d’être malhonnête et incompétent. Fils à papa, pistonné ou petit copain ?

J’entendais l’autre jour Abdelwahab Meddeb opposer démocratie anglaise et République française. Il y a peut-être du vrai là-dedans. Au fond, les Anglais sont les détenteurs de la démocratie.  La démocratie anglaise, comme la grecque, est une société de classes. La classe supérieure est libre, n’obéit à presque rien, se cultive et s’épanouit, la classe inférieure lit The Sun, et vit de petits boulots. La République place les représentants du peuple au dessus de tous. Ce régime est égalitariste, uniformisateur des cultures immigrées et peu libre.

Compléments :
  • L’Anglo-saxon depuis toujours reproche à la France sa mesquinerie.
  • Histoire de l’Angleterre.
  • Quant à l’Amérique elle a échappé à la classification anglaise par la largeur des « opportunités » qu’elle offrait à son peuple. Elle permettait ainsi à la classe supérieure d’être vite renouvelée. Aujourd’hui le critère d’entrée dans la sphère haute est social : ce sont les études (cf. le CV des milliardaires d’Internet, ou de la nouvelle élite des « working rich ») que seuls les riches peuvent faire.

Changement et deuil

Retour sur un billet précédent.

Le changement doit il être un deuil ? En fait, je n’en suis pas sûr. 
  • Souvent le changement est imposé par les événements ou un pouvoir extérieur. Et si le deuil résultait d’un changement qui n’est pas désiré ?
  • Mais il peut aussi être recherché, ou avoir été conçu par ceux qui vont le mettre en œuvre. Je ne suis pas sûr, alors, qu’il y ait nécessairement deuil. 

vendredi 17 juin 2011

Crise grecque

La Grèce s’agite. L’intelligentsia anglo-saxonne prédit la disparition de la zone euro. Avec raison ?

La Grèce est entrée dans l’euro pour être contrainte de se réformer. Le grand moment est arrivé. Cependant, elle ne pourra trouver de solution que si les « parties prenantes » de son sort sont convaincues de la gravité de la situation et de la détermination des concernés. La crise est une étape inévitable du changement. Je ne suis pas sûr que l’on puisse en dire beaucoup plus.

Compléments :

Changement et deuil

Les réactions de l'homme face au changement sont identiques à celles éprouvées lors d'un deuil : après un premier état de choc, de refus, il passe à une phase de retraite défensive, de colère, puis accepte l'évolution  (il a fait le deuil du passé) avant de s'adapter.

Exemples de manifestation du phénomène : « c’était mieux avant », ou colère. Une fois le changement passé : « c’était idiot avant ».

Ce phénomène est ignoré par le dirigeant français, homme de raison. Il veut imposer autoritairement ses décisions. Ne sont elles pas parfaites ? Erreur fatale. Que devrait-il faire ?
  • Pour bien vivre le changement, l'individu doit d'abord ne pas réprimer ses sentiments de rejet, naturels, et essayer de les comprendre, il faut qu'il réduise le niveau de stress en gardant une bonne condition physique et en trouvant des dérivatifs. Surtout, il doit prendre un rôle moteur dans le changement.
  • Le manager doit commencer par analyser les raisons de la résistance au changement de ses employés, manifestation naturelle et bénéfique (elles permettent d’apprendre beaucoup sur la faiblesse des mesures proposées...). Ensuite, il doit apporter les « premiers soins » en écoutant les doléances, en aidant. Enfin, il doit encourager ses employés à devenir propriétaires du changement (condition sine qua non de réussite), en expliquant, en faisant participer aux décisions, en favorisant l'expérimentation, en protégeant ceux qui prennent des risques, en permettant à ses collaborateurs de s'enrichir personnellement, de se mettre en valeur.
Compléments :
  • Il y a un très grand nombre de variante des « courbes de deuil ». Dans ce domaine la référence est Elisabeth Kübler-Ross.
  • Les conseils viennent de : JICK, Todd, The Recipient of Change, note, Harvard Business School, 1990.
  • Résistance au changement.
  • Je nuance ce billet.

Les Barbouzes

Film de Georges Lautner, 1964.

Il y eut une époque où la France se croyait l’égale des plus grandes nations.

En tout cas, elle savait se moquer d’elle-même.

La version moderne d’OSS 117, qui semble s’être beaucoup inspiré de ce film, paraît particulièrement minable, et mesquine, en comparaison. 

jeudi 16 juin 2011

Thomas Krän et la richesse interculturelle

Thomas Krän est un spécialiste du conseil interculturel. Il doit son métier à son histoire personnelle. Ayant un père suédois, une mère américaine et une femme française, il est convaincu que la différence de cultures est source de créativité et de richesse. Bizarrement, il n’a découvert sa vocation que tardivement.

Après une carrière dans le marketing international, il a créé un cabinet qui aide les entreprises suédoises à s’installer en France et inversement. À chaque mission il se heurtait à la frustration de ses clients avec la culture étrangère. Intrigué par ce problème, il a passé plusieurs années à l’étudier, auprès d’experts internationaux, canadiens notamment.

Il a développé des méthodes simples, mais efficaces, basées sur quelques principes :
  • Comprendre une culture ce n’est pas absorber une liste de recommandations « to do or not to do », c’est une question d’attitude, d’état d’esprit. Principe fondamental : il faut « se demander ce que l’on peut apprendre des autres ». La différence culturelle « n’est pas un piège, mais une opportunité ».
  • Ensuite, mais c’est beaucoup moins important, « il faut éviter le stéréotype », et apprendre à « se voir avec les yeux des autres ». Et, bien entendu, « l’apprentissage ne s’arrête jamais ».
  • Une technique curieuse : en groupe, il est plus facile d’étudier et gérer ses différences, si l’on s’est découvert des points communs.
  • En conclusion, « tout commence par la prise de conscience ! Nul n’est prêt à préparer et à pratiquer une approche nouvelle sans avoir été sensibilisé à l’importance de son sujet, c'est-à-dire l’importance de maîtriser les différences culturelles afin d’en tirer parti ! »

Ce que l’élève pense de l’enseignant

Constatant que mes élèves ne lisent pas les cas que je leur donne, je leur demande de répondre à quelques questions de préparation. Ensuite nous débattons du cas en classe.

Comment ont-ils vu l’exercice ? Comme une preuve de mon incohérence. Alors que je leur demande d’être synthétiques, moi je parle beaucoup…

Mais ce n’est pas cela qui les trouble vraiment. Ils me trouvent « gentil ». Comment un sale type peut-il être gentil ? Leur monde est sans dessus dessous. Ils ne pensaient pas rencontrer une telle perversion. (Pour être franc, c’était l’effet recherché : je voulais les faire douter de leurs certitudes : comme ce blog, mon cours parle de paradoxe.)

Au fond, n’y a-t-il pas ici quelque chose de fondamental en termes de culture française ? La vertu cardinale que nous recherchons chez l’autre est la gentillesse ? Pas la compétence, qui n’existe pas ? (Dans mon cas, il est bien net que mes élèves m’ont immédiatement considéré comme un escroc.)

L’homme n’a pas besoin de vacances

Chaque année à la même époque, je m’étonne que l’on ait pu inventer les vacances.

Un changement de rythme aussi brutal n’est-il pas dangereux ? Est-il, même, dans la nature humaine ? D’ailleurs, les vacances sont-elles utiles si, au retour, on se retrouve pris dans un maelström de tâches qui se sont accumulées entre-temps ?

Ne vaut-il pas mieux avoir une activité régulière, en se ménageant des moments de récupération ?

mercredi 15 juin 2011

Police et loi

Discussion avec un avocat. Peu de policiers connaissent la loi, si bien que les personnes qu’ils arrêtent sont fréquemment relâchées pour vice de forme. Le policier est frustré et croit à une conspiration.

Application des techniques du changement :
  • Il faut montrer au policier que la loi n’est pas aussi illogique qu’elle paraît. Ce qui paraît gêner son action, à un instant donné, protège le citoyen le reste du temps.
  • À ce point, le policier est pris « d'anxiété d’apprentissage » : la complexité apparente du droit lui paraît rendre impossible son travail. Il faut alors lui montrer comment arriver à ses fins en respectant la règle. Ce qui peut se faire par échange d’expérience : tous les policiers n'étant pas également démunis devant la loi.
Compléments :
  • N.Sarkozy ne semble pas favoriser ce changement. Il aurait créé un tel fouillis de loi, que les meilleurs juristes s’y perdent. Heureusement que l'Europe est là pour l'empêcher de faire n'importe quoi, dit cet avocat.

Réseaux sociaux et identité humaine

Le rôle de la communication, de l’échange, avec l’autre serait de nous assurer de qui nous sommes,  « après tout, il ne peut pas y avoir de mère sans un enfant ». C’est du moins ce que dit Paul Watzlawick, dans un livre que je commenterai d’ici peu.

Cela explique-t-il la vogue du web social ? S’il y a autant de pages Facebook ou de tweets, c’est parce que nous ne nous sentons pas très sûrs de notre identité et nous en demandons confirmation ? J’ai beaucoup « d’amis » (au sens de Facebook), donc je suis ?

Mais alors pourquoi y eût-il des coureurs de bois, des ermites, ou Bernard Moitessier ? Leur personnalité était suffisamment solide pour ne pas nécessiter de confirmation ? 

Liberté de blogger

Depuis ses origines, ce blog revendique de pouvoir se tromper.

Nous vivons dans une curieuse société qui semble croire que l’on doit savoir ce qu’il faut ou non penser. Ce qui est bien et mal. Si l’on doute, on est excommunié. On ne doit pas penser, mais savoir. De manière innée.

Pour ma part, je crois que toute idéologie (tout préjugé) est par nature suspecte, et que la vérité se construit par une recherche qui ne peut être bien propre et organisée. (La vérité n’étant autre chose que ce qui permet à la société de fonctionner, et qui est donc, comme elle, en perpétuelle évolution – mais pas aléatoire.)

C’est pour cela que ce blog est plein de morceaux d’idées par finies. En espérant qu’un jour, elles se coaguleront pour donner quelque chose d’utile.

mardi 14 juin 2011

Internet espion

Mme Clinton et le gouvernement américain veulent que la voix des peuples opprimés traverse la censure des dictateurs, chinois, iraniens, syriens…  Pour cela, ils infiltrent dans leurs pays des équipements qui court-circuitent les réseaux officiels (par exemple en utilisant le support de téléphones portables).

Il n’y a rien de plus important que la liberté de parole (U.S. Underwrites Internet Detour Around Censors Abroad - NYTimes.com), chez les autres.

Quid des dictatures amies ? (Par exemple l’Arabie saoudite.) Et de wikileaks ?

Compléments :

La France n’est que séduction

La séduction caractérise les relations sociales en France. C’est la conclusion qu’une journaliste américaine tire d’une enquête sur notre pays (Smouldering). (D’ordinaire, pourtant, les Américains nous trouvent détestables ?)

Mais; le commentateur du livre pense que l’affaire DSK va ternir notre image.

Et si cette affaire donnait, au contraire, du piment à notre nation ? Le monde découvre qu’elle abrite des satyres aux pulsions primitives, des créatures de Frankenstein Jr, qui rodent en toute liberté… Délicieux frisson pour un puritain ? 

Suis-je un génie ?

Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à m’intéresser au changement et à écrire ce qui est devenu mon premier livre. Or, les scientifiques affirment que l’on devient un génie après 10 ans de travail acharné. Théorème qui s’appliquerait aussi bien à Tiger Woods qu’à Mozart.

En fait, je pratique le changement depuis toujours. Quelques-uns de mes meilleurs exemples ont une trentaine d’années. Mais plus j’enseigne, moins je suis compétent. En les expliquant, je perds mes réflexes.

D’ailleurs, j’ai rencontré certaines des sciences qui entrent dans mon travail (contrôle des systèmes) il y a encore plus longtemps. Bref, si j’étais un génie ça se saurait.

Il est possible que pour devenir un génie il faille faire toujours la même chose, jusqu’à maîtriser son art dans les plus petits détails. Je suis trop français pour cela : j’ai conservé un esprit superficiel qui m’a fait apprendre un très grand nombre de techniques, sans devenir un spécialiste d’aucune. Pierre qui roule…

Compléments :
  • Le résultat dont il est question ici est notamment cité par : SIMON, Herbert A., The Sciences of the Artificial, MIT Press, 1996.

lundi 13 juin 2011

The Economist vs Berlusconi

« L’homme qui baisa une nation » titre The Economist (The man who screwed an entire country). Plus fort que « L’homme qui voulut être roi » ?

Depuis toujours The Economist déteste M.Berlusconi. Quelqu’un d’aussi haï par un journal aussi dogmatiquement ultralibéral peut-il être fondamentalement mauvais ?

D’ailleurs, si M.Berlusconi fait passer ses intérêts avant ceux de la nation, il la tient quand même en une seule pièce, et il a, semble-t-il, un bon ministre des finances. Qu’arriverait-il si sa myriade d’adversaires prenait le dessus ? Un chaos de coups tordus ?

M.Berlusconi n’est pas le mal personnifié, mais le fruit du système politique italien ?

Les pays émergents produisent nos médicaments

On découvre que « Aujourd'hui, 80 % des principes actifs de médicaments sont fabriqués en Chine et en Inde, contre à peine 20 % il y a trente ans ». Délocalisations massives. (Article de la Tribune : Faut-il craindre une pénurie de médicaments en France ?)

D’où multiplication des ruptures de stock ; qualité douteuse.

Raison ? Réduire les coûts de production. Mais la cause principale serait l’État et ses génériques.

Ou, plutôt, sa faute est d’avoir fait de la santé un marché, avec tout ce que ceci sous entend de coups tordus ?
L’utilisation du mot « profit » est un signal qui met en cause la notion même de confiance. (Kenneth Arrow, dans un autre billet)
Compléments :
  • Nouvel exemple des ravages de la mode de la « supply chain », et des problèmes de traçabilité qu’elle présente ? (Vers une crise du médicament frelaté, à l'image du lait frelaté chinois ?)
  • Les externalités de la mode de la supply chain commencent à être mesurées.
  • Comment nous en sommes arrivés ici : réforme des systèmes de santé.

L’UE plus utile que jamais

De plus en plus de voix réclament la disparition de l’UE. (Seul l’Etat nation peut sauver l’Europe | L'Europe décalée) Je me demande si, au contraire, elle n’a jamais été aussi utile.
  • L’Allemagne vient de nous rappeler à quel point elle est prompte à jouer les victimes et à accuser le reste du monde de ses maux. N’en est-il pas de même de la virginale Angleterre, grande donneuse de leçons, en particulier aux paresseux de l’Europe du Sud ? Que se passerait-il si ces nationalismes résurgents n’étaient pas tenus en respect ? (Ou, d'ailleurs, s'ils ne pouvaient pas s'en prendre à l'Europe ?)
  • Qu’arriverait-il à la Grèce si elle n’était pas contrainte par la rigueur européenne ? Elle aurait fait faillite pour protéger sa corruption ? (Pour sauver la Grèce, il faut la restructurer)
  • Et que feraient la Serbie et la Croatie s’ils n’avaient pas l’espoir de rejoindre l’UE ?
La raison d’être de l’UE, c’est la paix, et elle n’est pas obsolète. 

L’abîme de souffrance du cadre de grande entreprise

Voici ce que dit Catherine Martin, fondatrice de Créinvestisseurs, de l’attitude des cadres de la grande entreprise face à une carrière (de coinvestisseur) dans une PME
se distinguent 2 typologies de cadres :
-ceux qui ont fait toute leur carrière dans un groupe : ils connaissent tout de l’entreprise, ne se voient qu’en N°1 ou avec une minorité de blocage montée de sorte à ce qu’ils soient de fait décisionnaires, dans la mesure où à leurs yeux le dirigeant d’une petite entreprise ne peut être qu’un homme ou une femme un peu limité(e).
Ils donnent à leur argent des vertus mirifiques, notamment celle de tout apporter à l’entreprise. Ce n’est pas illogique puisque l’argent est leur étalon de reconnaissance (sur le marché, je vaux XK€/an).
On ne les a pas entendu parler d’entente (seulement de mésentente), de plaisir (seulement de sous), d’aventure (seulement de risque), de challenge (seulement de garantie).
- Les seconds ont navigué en grandes entreprises avec quelques plongées en start-up ou expériences en PME. Ils ne savent pas de quoi sera fait le futur de l’entreprise avec ou sans leur talent. Être minoritaires, dans le sillage et en soutien du fondateur ne les inquiètent pas, au contraire. Ils attendent de voir l’entreprise et son capitaine pour déterminer ce qu’ils apporteront ou pas en argent et en compétences, ce qu’ils en retireront en plaisir, épanouissement et deniers. Intégrer une jeune entreprise les amuse, la voir grandir les gratifient, obtenir une plus-value de cession constitue le résultat attendu de leur savoir-faire conjugué à celui de l’entrepreneur.
Ils ont testé, parfois perdu de l’argent, toujours gagné en plaisir et épanouissement.
En écoutant les cadres du premier groupe, le premier moment de stupeur passé, j’ai eu l’impression qu’un abîme de souffrance et de crispations s’était ouvert devant mes yeux.
Compléments :
  • Curieusement cette analyse m’a rappelé celle d’un assureur qui divisait la population des entreprises en 2 : celles qu’il jugeait à haut risque, car repliées sur elles-mêmes (90%) ; les « durables », ambitieuses et ouvertes sur l’extérieur (10%). La population française serait elle fait d'un dixième d'ouverts et dynamiques et de 9 dixièmes de frileux ?

dimanche 12 juin 2011

Différence entre homme et femme (politiques)

« Les femmes se présentent aux élections pour faire quelque chose, les hommes pour être quelqu’un »

Cela expliquerait pourquoi les hommes politiques sont susceptibles au scandale, pas les femmes. Why Women Don't Get Caught Up in Sex Scandals - NYTimes.com.

Et cela rejoint une idée que j’ai eue en fréquentant des femmes chefs d’entreprise.

L’OTAN désespère l’Américain

Les Américains se désespèrent de l’irresponsabilité européenne : pourquoi l’Europe ne veut-elle pas payer sa propre défense (i.e. l’OTAN) ? (BBC News - Robert Gates on Nato's dim future)

Cela ne viendrait-il pas de ce que la dite défense a été voulue, ainsi que l’UE d’ailleurs, comme une barrière contre la montée du communisme ? Un moyen de nous éviter de devenir un domino rouge ?

Comme ils nous ont traités comme des assistés, nous-nous comportons comme tels ? 

Hillary Clinton et la Banque Mondiale

Mme Clinton à la Banque Mondiale et Mme Lagarde au FMI ? (Hillary Rodham Clinton Denies World Bank Job Rumors - NYTimes.com)

Le FMI n’ayant pas cédé aux émergents, les USA ont peur qu’ils prennent la Banque Mondiale. Pour s’assurer sa présidence, ils doivent proposer un candidat de poids. Bref, ils copient la France.

Pour une fois que la France inspire quelqu’un, ce blog ne va pas critiquer l’hypocrisie américaine… 

La défense Lincoln

Film de Brad Furman, 2011.

Où l’on voit que le procès DSK est un classique de la justice américaine ; comment discréditer l’accusation (faire prendre un mot pour un autre) ; que les tactiques des avocats sont celles des voyous.

À quelques désagréables mouvements de caméra près, distraction efficace. Surtout, brillant scénario. 

samedi 11 juin 2011

Pour sauver la Grèce, il faut la restructurer

Le gouvernement grec envisage une réorganisation de son pays qui ressemble à celle que réalisent périodiquement les entreprises.

Il s’agit de changer la constitution qui protège des fonctionnaires corrompus et des armateurs ; de mettre à la retraite les dits fonctionnaires, de les remplacer par les jeunes, qui sont chômeurs et bien formés – ce qui permettra aux impôts de rentrer ; de revoir le système judiciaire (qui protège les fraudeurs) ; de créer un cadastre ; de réduire le budget militaire (justifié par la peur d’une agression turque) ; d’imposer l’Église… La Grèce ou les écuries d’Augias - Coulisses de Bruxelles, UE

Dans ces conditions, les prêts européens sont l’investissement nécessaire à cette restructuration.

Si elle réussit, les économistes anglo-saxons, qui exigent la faillite de la Grèce n’auront plus qu’à manger leur chapeau. Voilà qui devrait motiver les Grecs.

Compléments :

La machine contre l’homme

L’entrepreneur américain continue à faire de gros bénéfices, à acheter des machines (fabriquées ailleurs), et à ne pas embaucher.

Pourquoi ? Il ne trouve personne qui sache faire fonctionner ses machines. Et puis, le système fiscal est favorable à l’investissement en capital. Et le système de santé américain coûte de plus en plus cher. Tout joue contre l’homme, et pour la machine. Mais si la croissance repartait, les entreprises relanceraient, malgré tout, l’embauche. Seulement la croissance ne repart pas… (Employers Spend on Equipment Rather Than Hiring - NYTimes.com)

Et si cette croissance était liée à l’emploi ? Après tout, la « valeur » est artificielle : elle est la mesure le travail de l’homme. Plus il y a de chômeurs, moins il y a de valeur. Et s’il fallait attaquer tout ce qui renchérit le coût relatif de l’homme par rapport à la machine ? D’ailleurs, il pourrait y avoir un cercle vertueux : si les machines complexes deviennent chères, les entreprises utiliseront des machines simples demandant des qualifications modestes…

La traversée de Paris

Film de Claude Autant-Lara, 1956.

Un riche, qui n’a pas grand-chose à perdre, se distrait aux dépens du petit peuple.

Période peu glorieuse, où chacun faisait le dos rond, en espérant que l’orage passe sans le toucher.

Dans un sens, le Français n’a pas beaucoup changé.

vendredi 10 juin 2011

Entreprise : secret de la longévité

Une entreprise serait durable si elle est bâtie sur une idée (IBM : la technologie au service de l’entreprise ; Apple : faire de la technologie la plus récente des produits simples, élégants et chers ; Amazon : faciliter l’achat), mais pas si elle est liée à un produit (Microsoft, Dell et Cisco), dit The Economist. The test of time.

Convainquant ? Pas trop. IBM doit sa survie à sa taille ; je ne suis pas certain qu’Apple puisse durer sans son dirigeant ; et Amazon n’est pas le seul à vouloir faciliter l’achat, mais est le plus gros. Et Enron était le champion de la déréglementation. Par ailleurs, Boeing est lié à un produit…

Il me semble que l’avantage de l’entreprise vient non d’une phrase, mais du « capital social » qu’elle a accumulé. C'est-à-dire de l’empilage de règles implicites qui lui permettent de s’adapter. 

Filière marketing et économie

Une amie me parle de sa fille. Elle a choisi une première où l’on étudie marketing et économie. La filière générale, quant à elle, enseignait l’abstraction.

Curieux. Les Anglo-saxons appellent marketing et économie « vocational », c'est-à-dire qu’on les étudie une fois qu’on a découvert leur utilité, déjà bien installé dans la vie. Qu’est-ce que ces sujets peuvent signifier pour un adolescent ? Ne le déformons-nous pas pour rien ? D’ailleurs, quelle est la légitimité de l’enseignant du secondaire, fonctionnaire coupé de l’économie de marché, par rapport à de tels sujets ?

Je me demande parfois si notre enseignement n’est pas entré dans une forme de délire. Gonflés de leur génie, ceux qui écrivent ses programmes inventent les sujets qu’ils prétendent traiter. Et si l’abstraction, dans l’enseignement comme dans l’art, était un mal de l’individualisme ? L’individu post 68 nie qu’il y ait autre chose que lui au monde, et le réinvente selon ses caprices ?

Compléments :

Rationalité et ritualisme

Un dirigeant d’une agence de communication ne sait pas comment se tirer d’affaires. Moins ses comptes sont bons, plus il écrit de livres, communique, et s’épuise… Pourtant, il suffirait d’ajouter quelques clients pour éliminer tout tracas. Mais voilà, les chiffres et les plans commerciaux sont des abstractions pour lui.

Exemple de ritualisme. Lorsque le ritualiste s’enfonce dans les difficultés, il s’accroche à son rite.

J’ai observé que les Libanais tendaient, aussi, à suivre des algorithmes simples : ils veulent être « gros », et pour cela, ils courent après toutes les affaires qui se présentent. Ça marche généralement bien, mais parfois la faillite succède brutalement au plus grand des succès apparents. Ils n’avaient pas su compter.

La rationalité, c’est savoir compter. C’est se donner un objectif et s’y diriger d’une manière efficiente.

Malheureusement, il est rare que l’on puisse voir l’objectif. Et c’est pour cela que le rite demeure notre meilleur ami. (Bien que ça ne fasse pas de mal de le marier à un peu de raison.)

jeudi 9 juin 2011

Le hedge fund s’assure

Les hedge funds découvrent un risque professionnel, le délit d’initié. Il coûte très cher en frais d’avocat. Donc, ils doivent s’assurer. Ce n’est pas bon marché (« un million de couverture coûte entre 13 et 25.000$ »), et ça devrait plomber leurs comptes.

Le financier a-t-il réussi à s'assurer contre l'aléa moral, le risque qu'il pose à la société ?

Conduite du changement en Arabie Saoudite

L’Arabie saoudite a acheté son printemps arabe, 130md$. Le pays est calme.

L’histoire de l’Arabie saoudite est celle d’une famille régnante qui maintient son pouvoir grâce à sa fortune, et, un peu ?, la religion.

Mais, au fond, l’Arabie Saoudite est-elle aussi inhumaine et rétrograde qu’on le dit ?
  • Quelle est la revendication des foules arabes ? La démocratie ou un sort meilleur ?
  • Quand elle se sent menacée, elle paie les pauvres. Chez nous les crises infligent la rigueur à la population.
La démocratie serait-elle l’opium du peuple ?

2001 Odyssée de l’espace expliqué

Et si la force de l’homme n’était pas la vivacité de son intellect, mais de penser comme tout le monde ? Et si c’était cela, plutôt qu’un monolithe, qui transforme l’homme de 2001 Odyssée de l’Espace ?

C’est l’idée qui m’a traversé l’esprit en lisant l’histoire de l’Arabie Saoudite. Un Islam antique est donné à une tribu famélique et voilà qu’elle se met à conquérir un espace gigantesque. N’en est-il pas de même de la France révolutionnaire ? Entraînée par un même idéal, elle écrase l’Europe ?

Quant au libéralisme, en détruisant le lien social, il donne un avantage décisif au petit groupe dont l’intérêt commun permet d'acquérir un monopole. La religion moderne serait l’intérêt, et il produit des grumeaux sociaux ?

Compléments
  • D’ailleurs, ne sélectionnons-nous pas notre élite pour sa vitesse d’escalade de la montagne qu’on lui désigne, plutôt que pour sa capacité à discerner si c’est la bonne ?

mercredi 8 juin 2011

L’industrie détruite par le gestionnaire

Bob Lutz, un ancien dirigeant de GM, raconte une curieuse histoire. Un constructeur conçoit une voiture. Ses gestionnaires examinent ses plans et procèdent à des réductions de coût, apparemment invisibles. La voiture ne se vend plus.

Steve Jobs, par contraste, sait ce qu’il doit donner au marché s’il veut en tirer le maximum. Il ne mégotte pas, mais il vend cher.

Compléments :
  • Anecdote : ce qui a surpris Nokia n’est pas l’arrivée de l’iPhone, mais que l’iPhone puisse fonctionner aussi bien ! (Bizarrement, Nokia est au bord de la faillite…)

Les Américains à Paris

« Quand un bon Américain meurt, il va à Paris ». Les Américains semblent avoir toujours beaucoup aimé Paris, « Jamais dans leur vie les Américains n’ont vu de tels parcs et palais, ou de si beaux et si nombreux ponts », disait-on. Pour autant l’Américain de Paris reste un Américain.

Cela tient peut-être à ce que l’Américain qui vient à Paris est très riche, et vit entre soi. Bien sûr, Paris n’est plus une cité lumière. Mais son élite est beaucoup plus amicale que jadis, comme le prouvent Minuit in Paris, Mme Lagarde ou DSK (que l’Amérique, d’ailleurs, ne veut plus nous rendre). Au fond, pour un Américain, Paris c’est un peu Londres, avec le frisson de l’exotisme en plus. 

Changement en Angleterre (suite)

Je suis toujours, d’un peu loin, les tribulations des réformes anglaises. Mon a priori d’amateurisme se renforce.

Dans le dernier épisode, les lib dem coulent la réforme du système de santé (NHS) de leurs partenaires de coalition conservateurs. Humiliés lors des précédentes élections, ils montrent à leur électorat qu’ils défendent encore la veuve et l’orphelin.

En France, comme en Angleterre, les réformes gouvernementales ne servent à rien ? Sinon à donner à nos élites l’illusion de leur efficacité ? Au mieux elles augmentent les handicaps du pays, et précipitent les crises (comme en Grèce) ?

Confiance et marché

Les génies de l’économie se sont demandés pourquoi le marché, cette merveille de l’humanité, n’avait pas aboli l’entreprise. Ils ont fini par penser, mais avec beaucoup de difficultés, que cela venait du « coût de transaction ». D’ailleurs, beaucoup ont cru qu’Internet avait aboli ce coût et que nous allions entrer dans l’ère bénie de la « nouvelle économie ».

Je crois que l’explication est à aller chercher ailleurs, du côté de la confiance.

Quand vous êtes à l’intérieur de l’entreprise, pour peu que l’on vous trouve sympathique, vous pouvez faire n’importe quoi et même gaspiller des millions, voire des milliards, avec des idées mal ficelées. Mais, une fois à l’extérieur, on considérera vos idées, même si elles sont devenues géniales, avec la plus grande des suspicions. C’est d’ailleurs pour cela que les entreprises dépensent des fortunes en campagne de propagande. Et que ceux qui ne le peuvent pas crèvent. (C’est aussi pour cela que les hommes politiques ont un QI aussi limité : ils ne sont que communication ?)

La force de l’entreprise est, qu’en économisant les frais colossaux nécessaires à convaincre la société, elle permet une grande créativité ?

mardi 7 juin 2011

Énergie renouvelable et Allemagne

Il semblerait se confirmer que la décision fracassante de Mme Merkel ne soit que la mise en œuvre du plan énergie renouvelable du gouvernement Schröder. (Ce qu’en dit le Monde.)

L’industrie de l’énergie renouvelable pourrait atteindre 500.000 personnes d’ici 2020. Autant que celle de l’automobile.

Les zélotes du marché auraient-ils un peu vite enterré le colbertisme ?

Compléments :
  • Le plan allemand énergie renouvelable remonterait à 1991.

Renault absorbé par Nissan ?

Les marchés financiers demanderaient une fusion Renault Nissan. Mais Nissan vaut près de 3 fois Renault. (Curieusement la part que possède Renault dans Nissan vaut plus que Renault…)

Carlos Ghosn serait-il un judoka : il redresse un Nissan en faillite, et lui a fait absorber son repreneur ?

À cause d'un assassinat

Film américain de Alan J.Pakula, 1974.

À l’époque voyait-on des complots partout ? L’ère Nixon était-elle propice à cette idée ?

Warren Beatty joue un journaliste dont aucune explosion n’ébranle le calme, et qui traverse, avec une parfaite aisance, les fleuves et les mers, tout habillé, avant de revenir à son bureau. 

Un film qui illustre aussi le danger d’exploiter le cas particulier, un des sports de la période actuelle : chaque mort paraît naturelle, mais elle ne l’est plus lorsqu’on la rapproche des autres.

lundi 6 juin 2011

Justice américaine

Article du New York Times traitant de l’affaire DSK. (The Strauss-Kahn Case: Sizing Up a Legal Clash’s Many Facets). On se croirait dans la série New York District.
  • On y apprend que DSK ne peut que plaider non coupable, et que le procureur de Manhattan, qui est nouveau, ne doit absolument pas paraître faible. Il a prévu une équipe de choc. Irait-on vers un affrontement violent ?
  • Je me demande si le NYT n’est pas un peu surpris par les moyens de DSK, qui semblent importants même à l’échelle des USA. Il serait financé par sa femme, qui aurait notamment engagé une agence de détectives (après lui avoir trouvé une maison dans le quartier le plus chic de New York).
  • La stratégie de la défense serait de harceler la plaignante pour amener les jurés à douter de sa parole, et de sa moralité. Ce serait suffisant pour obtenir l’acquittement de l’accusé.
Aux USA, peut-on violer impunément quelqu’un de morale douteuse, ou de parole peu assurée ?

L’individu, victime du formatage social

Dans un précédent billet, j’ai commenté Change, grand classique de psychologie.

Selon lui nos malheurs viennent des solutions que nous donnons à nos problèmes. Je crois, pour ma part, que ces solutions sont majoritairement sociales.

Par exemple, c’est la société (les films américains ou notre président) qui nous dit qu’il est bien de vivre comme un parvenu, un mafioso qui a réussi. Or, ce niveau de revenu n’est accessible qu’à moins d’un millième de la population, et qui avait un avantage décisif dès la naissance. Le reste oublie son échec dans la nourriture rapide.

Le vrai changement, à mon avis, est de savoir repérer ce qui est nocif dans le lavage de cerveau ambiant, sans pour autant nous isoler de la société (par exemple en nous définissant comme la perfection).

La FIFA corrompue par l’argent

Depuis quelques temps la presse anglaise se déchaîne contre la FIFA, qui serait fort corrompue.

Cela ne serait-il pas un effet naturel d’une marchandisation du sport, très anglo-saxonne, qui a rapporté une fortune à la FIFA ? « les droits de marketing et de diffusion se sont multipliés et atteignent plus de 4md$ sur 4 ans ». Lorsqu’une organisation (les banques) ou un pays (l’Inde) s’enrichissent massivement, leurs mœurs tendent à se corrompre ? L’argent a sa logique, qui n’est pas celle de la société ?

Compléments :

Changement de modèle économique chez les cabinets de conseil

Les cabinets de conseil en stratégie verraient leur marché stagner ou régresser. Pour maintenir leur croissance, ils attaqueraient le bas de gamme. (Ce qui expliquerait une observation que l’on m’a faite récemment : le surprenant intérêt de ces cabinets pour des marchés publics à prix très bas.)

Mais ce serait le modèle économique lui-même qui changerait, et imiterait celui des avocats. Le client en voudrait pour son argent, il exigerait des conseils de qualité. « Le conseil ressemble de moins en moins à un permis d’imprimer de la monnaie et de plus en plus à du travail temporaire ». Le junior « qui se forme chez le client » ce serait fini, place à « moins mais de meilleurs consultants ». Certains cabinets feraient des « packages de consultants indépendants », ou ne fourniraient « qu’un chef de projet ». Les grandes marques survivraient, les cabinets intermédiaires souffriraient.

Advice for consultants

dimanche 5 juin 2011

Jean-Claude Trichet

L’économiste anglo-saxon n’a pas de mots assez durs pour Jean-Claude Trichet. En élevant ses taux, la BCE fait l’erreur de Roosevelt en 37, qui avait replongé l’Amérique dans la grande dépression.

Toujours est-il que, dans la tempête actuelle, c’est le seul qui tient un cap. Et ce cap est peut-être celui d’une Europe fédérale.

Nos politiques nous ont fait entrer dans l’euro pour nous forcer au changement. La Grèce et le Portugal, par exemple, sortaient de dictatures et estimaient que l’euro, c’était « jamais plus ça ». Aujourd’hui, nous réalisons que le changement est devant nous. Comment le mener ?

Si mes cours disent juste, pour faciliter le changement, il faut un objectif, une « structure cible ». Jean-Claude Trichet propose un ministère des finances de l’Union, qui décharge les ministères nationaux de ce qui touche aux finances à caractère européen, et mette sous tutelle les pays en difficulté (de même que l’Angleterre a nationalisé ses banques ?).

Mais il faut surtout un « donneur d’aide », un animateur du changement. C’est ce qui me semble manquer le plus aujourd’hui. Les irréprochables Allemands condamnent sans appel (jusqu’au concombre espagnol), le technocratique Trichet rêve d’un pouvoir centralisé.

Compléments :

Yemen après Saleh

Le président Saleh quitte le Yemen. Bonne nouvelle ?

Pas forcément. Si le soulèvement semble avoir démarré en imitation de ce qui se passe dans la région, ce serait maintenant une affaire de clans. Celui du président Saleh, dos au mur, n’aurait pas dit son dernier mot. À cela, il faut ajouter l’Arabie saoudite qui craint le chaos de son voisin, et les USA qui se méfient d’une renaissance d’un foyer de prosélytisme pour Al-Qaïda…

Compléments :

Menace sur la Turquie

Ces derniers temps la Turquie passait pour un modèle. Son économie est prospère, son régime relativement démocratique, elle a acquis une personnalité propre, et son influence compte au Moyen-Orient.

Mais The Economist perçoit une menace, pire qu'une islamisation : son premier ministre veut faire voter une « constitution afin d’établir un régime présidentiel à la française ». Erdogan, nouveau de Gaulle ? Effrayant. 

Obama sera-t-il réélu ?

Au début de la crise, Mme Lagarde prédisait que l’Amérique, modèle que nous devions imiter, se redresserait bien avant nous. Ça ne semble vraiment pas le cas.

Le gouvernement américain paraît même impuissant. Certains pensent qu’il faudrait une nouvelle relance, mais l’heure est à l’austérité. Le « laisser faire » est la seule option qui lui reste. Heureusement que c’est bien vu, dans ce pays.

Mais le chômeur n'est pas un réélecteur. Mauvaise nouvelle pour B.Obama, dont la popularité progressait.

Toutefois la politique est un art du relatif non de l’absolu. Au moment où Barack plonge, Sarah Palin réapparaît et désorganise le parti républicain : ses candidats à la présidentielle paraissent bien ternes en comparaison avec elle…

Compléments :

N’ayez pas peur

Discussion avec une collègue qui organise des conférences pour des cadres de multinationales tentés de rejoindre une PME.

Elle est extrêmement frappée de voir à quel point ils sont fermés, frileux, repliés sur eux-mêmes, arriérés en quelque sorte.

En rapprochant ses remarques de mon expérience, je me demande si le Français n’est pas terrorisé. Convaincu qu’un terrifiant chaos capitaliste l’environne. Il est prêt à tout, y compris les bassesses, pour tenir à son emploi.

Ce qui rend l’atmosphère de l’entreprise irrespirable, et empêche toute entraide. Curieusement ce repli frileux pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté : une entreprise paralysée et incapable de s’adapter. 

samedi 4 juin 2011

Responsabilité et Entreprise

Une association professionnelle travaille sur le sujet de la RSE. Un dirigeant d’une entreprise adhérente se demande si elle ne devrait pas faire appel à un cabinet spécialisé.

Surprenant. Le sujet de la RSE c’est son nom, c'est-à-dire la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de la société. Comment peut-on imaginer de sous-traiter sa responsabilité ?

Ce qu’il y d’extraordinaire dans la question de la RSE est que l’on nous a convaincus qu’il s’agissait d’un sujet pour consultants ! « C’est compliqué, débarrassez m’en ».

Et si l’affaire du concombre meurtrier était une manifestation de ce même phénomène ? D’où vient l’E. Coli tueur ? Aucune idée, on en a perdu la trace. La grande innovation de ces dernières décennies a été la supply chain, chercher le moins disant mondial. Avec une telle supply chain on peut employer des enfants, tuer des mineurs ou brûler du charbon, personne ne le sait. La véritable économie que permet de faire une telle supply chain est de s’affranchir de ses responsabilités. Adam Smith n’a-t-il pas dit qu’en suivant son intérêt on fait l’intérêt collectif ?

Compléments : 
  • Mise en oeuvre de la RSE
  • LE changement que nous devons réussir : amener chacun (être physique ou moral) à se pénétrer de sa responsabilité vis-à-vis de la société ? 

Alliance d’opposés

Il y a quelque temps j’ai observé une situation, dans le service public, qui m’a rappelé cette citation d’un ancien billet :
Une déclaration d’un professeur de médecine, sur la réforme des hôpitaux : Ceux qui défendent cette réforme estiment que le statut public est une aberration, parce qu’il empêche les « plans sociaux » ou le dépôt de bilan des hôpitaux. L’idéal pour eux serait de passer à l’entreprise à mission de service public. De ce fait, leur ennemi, c’est « l’alliance objective » des « vieux mandarins réactionnaires » et des syndicats (sic).
J’ai aussi constaté l’alliance objective de mandarins (d’ailleurs haïs de tous) et des syndicats.Surprenant. Hasard ou logique ?

Au fond, est-ce que les syndicats et les mandarins n’auraient pas pas pour principe le statu quo absolu ? Ils ne refusent pas un changement qui menacerait l'intérêt général (car il faut changer pour ne pas changer), mais tout changement ?

Vous ne l’emporterez pas avec vous

Film de Frank Capra, 1938.

Grande dépression. Un affameur du peuple découvre qu’il perd son âme à empiler de l’argent.

Je pensais que la morale anglo-saxonne voulait que l’individu qui avait reçu un don de Dieu (le bonheur en affaires) le pousse à son extrême. Ce film prône-t-il l’anarchie ?

D’ailleurs comment a-t-il pu être produit ? Les magnats d’Hollywood se sentent-ils différents des autres riches ? Ou produisent-ils ce qui plaît au peuple ? 

vendredi 3 juin 2011

Concombre tueur, avatar de la vache folle ?

Le concombre tueur serait-il le résultat d’une nouvelle entourloupe d’un capitalisme sans foi ni loi ?

Ce qui semble certain est que ce concombre est organique. Qui dit organique dit engrais biologique, et risque de contamination par une bactérie intestinale d'un mammifère.

En fait, ce que la bactérie a d’inquiétant est qu’elle résiste aux antibiotiques. (Why This E. Coli Outbreak Has Me Scared).

Et là, notre version actuelle du capitalisme pourrait effectivement avoir des choses à se reprocher : Résistance aux antibiotiques et économie de marché.

Compléments :

Pouvoir de l’homosexualité

À l’époque des premiers essais de traduction par ordinateur « more homosexuality than thought » illustrait la difficulté du projet : les ordinateurs comprenaient « plus d’homosexualité que de pensée ».

En fait, il semblerait qu’il y ait « less homosexuality than thought ». Aux USA, les homosexuels seraient 3,5% de la population. Or, alors que notre expérience s’accorde avec ce chiffre, nous tendons à penser qu’il est bien supérieur (52% des Américains le placent au-delà de 20%). (Gay rights: Gay by the numbers | The Economist)

Il y a longtemps j’ai noté qu’une revendication de l’égalité homme / femme était celle des carrières, quand la notion de carrière n’a de signification que pour une infime partie de la population. Revendication de classe ?

Ne serait-ce pas la même chose pour les homosexuels ? Leur influence viendrait de leur forte représentation dans les classes dominantes de la société ? Notamment dans le milieu artistique, qui forme notre opinion.

Compléments :
  • Ce qui irait dans le sens des théories de Mancur Olson : dans une société individualiste, les minorités liées par un intérêt commun ont un poids démesuré ? L’individualisme porte au communautarisme ? (Et au corporatisme)

Les sources culturelles de la confiance.

Sans confiance, il n’y a pas d’économie performante. Voici ce que disent des économistes (The Habsburg Empire and the long half-life of economic institutions | vox)
Nos résultats suggèrent que l’empire des Habsbourg est toujours visible dans les normes culturelles et les interactions entre les humains et leurs institutions étatiques, aujourd’hui. En comparant les individus à la gauche et à la droite de la frontière, disparue depuis longtemps des Habsbourg, les gens qui vivent dans des lieux qui ont été le territoire de l’empire Habsbourg ont une plus grande confiance en leurs courts et leur police. Cette différence de confiance se transforme aussi en une réelle différence dans la mesure dans laquelle des pots de vin doivent être payés à ces services publics locaux.  
Où les Habsbourg ont régné vivent des peuples qui ont confiance en leurs institutions.

La crise grecque semble venir d’un État totalement dysfonctionnel (La démocratie grecque en crise - Coulisses de Bruxelles, UE). Les fondateurs de la zone euro voulaient-ils nous rendre tous allemands, c'est-à-dire de nous faire absorber la culture de confiance des Habsbourg ?

Compléments :
  • Cette étude s'applique-t-elle à l'Espagne de Philippe II, et au sud de l'Italie ?

Pépé le moko

Film de Julien Duvivier, 1936.

Deux pauvres qui ont voulu faire fortune découvrent qu’ils sont passés à côté de l’essentiel.
D’ailleurs les riches sont moches.

Film à la gloire de la stabilité sociale ?

Toujours est-il que l’image de la colonisation n’est pas celle que nous avons aujourd’hui : c’est une symbiose heureuse de toutes les nations. Et celui qui représente la justice, impartiale mais humaine, est un Algérien.

jeudi 2 juin 2011

Microsoft achète Nokia ?

Rumeur selon laquelle Microsoft achèterait Nokia.

Probablement sans fondement, mais pas illogique. Steve Balmer, le patron de Microsoft, est menacé de liquidation. Tenter un coup d’éclat à risque maximum est un moyen rationnel de sauver sa place dans un monde d’individualistes optimisant leur utilité. C’est ce que semble avoir fait, avec succès, Carly Fiorina, chez HP.

Quant aux politiques, dans ces situations, ils préfèrent généralement déclencher des guerres.  

Angela Merkel bluffe-t-elle ? (II)

« La transformation énergétique n’est ni aussi révolutionnaire que le suggère Mme Merkel ni aussi risquée que le craint l’industrie. »

Pourtant Mme Merkel semble promettre le miracle : pas d’importation des pays nucléarisés, pas d’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre.

En fait, la part du nucléaire dans l’énergie allemande a reculé de 30 à 23% depuis 2000, celle de l’énergie renouvelable augmentant de 6,6 à 16,5%. L’Allemagne aurait un surplus d’énergie bon marché.

Une des principales difficultés de l’affaire ne serait pas tant la production que le transport, l’énergie renouvelable étant produite au nord de l’Allemagne. « Des 4500km de lignes nécessaires pour transporter l’énergie renouvelable des (majoritairement septentrionales) sources d’énergie vers les consommateurs du sud, seulement 90 ont été construites. » (Mais les écologistes ne voudraient pas des mâts des lignes à haute tension...) Et il faudra multiplier par 500 les capacités de stockage.

L’Allemagne fermant définitivement 7 centrales, dès maintenant, l’approvisionnement d’énergie allemande devrait connaître quelques moments difficiles. Les objectifs environnementaux pourraient ne pas être tenus. « Mais si quelqu’un peut réussir, c’est bien les Allemands ».

Pourquoi changer d’entreprise est-il dangereux ?

Discussion avec le coach Catherine Fulda. Pourquoi le changement d'entreprise est-il cause d'échec, frustration ou dépression pour un nombre grandissant de cadres brillants ? Pour comprendre ce phénomène curieux, il faut en revenir aux origines :

Les entreprises ont prévu des processus d’acclimatation des jeunes diplômés. Ils passent par des stages, des périodes d’essai, des séminaires d’intégration, on leur confie des missions simples, initialement, puis de plus en plus complexes. En fait, ce sont des processus de socialisation :

Nos comportements sont « programmés » par notre environnement social. Nous n’avons pas besoin de réfléchir pour agir. C’est pour cela que nous sommes extrêmement efficaces, et nous le sommes d’autant plus que nous sommes âgés.

C'est là que l'affaire se complique. Les entreprises françaises ont été conçues pour y faire carrière, pas pour recevoir des personnels expérimentés. Et les dits personnels, qui quittent souvent une société qui n'a pas su reconnaître leur génie, ne s'attendent pas à devoir s'adapter.

Bref, ils arrivent chargés des règles de comportement de leur précédent employeur. Ils constatent alors que « rien ne va plus », ce qui jusque-là avait fait leur succès ne leur vaut que des désagréments. Les conséquences peuvent en être graves : maladies et crises familiales.

Une solution à ces difficultés est le « coaching d’intégration » : aider le nouvel embauché à identifier les hypothèses inconscientes qui risquent de lui jouer de mauvais tour, et surtout à trouver de nouveaux repères.   

Laisser-faire et corporatisme

De tous temps la pensée économique classique a combattu les corporatismes. Or, curieusement, comme on le voit à nouveau aujourd’hui, la déréglementation conduit à leur renaissance.

Les services achats pourraient avoir accéléré le phénomène :
  • En mettant leurs sous-traitants en « concurrence parfaite », ils les ont soumis à une sorte de dilemme du prisonnier. Ceux-ci se sont mis à vendre à perte. En outre les acheteurs ont voulu réduire massivement le nombre de sous-traitants. Résultat : pour ne pas crever, les survivants ont eu intérêt à s’entendre ; comme ils ne sont plus très nombreux, c’est facile. Et, s’ils ne s’entendent pas, il n’en restera bientôt plus qu’un, en situation de monopole. (cf. la sous-traitance automobile.)
  • Les acheteurs jugent les offres qu’ils reçoivent sur des critères quantitatifs (typiquement un prix et un délai). Le sous-traitant réagit en dégradant les critères qui ne sont pas pris en compte (le bœuf aux hormones atteint d’encéphalopathie spongiforme est toujours un bœuf, le spécialiste est remplacé par un stagiaire...). Mais ce n’est pas durable. Le sous-traitant est alors amené, dans la logique des achats, à définir ses propres normes (bœuf bio, auditeur diplômé…). De telles normes tuent l’innovation et l’investissement qu’elles imposent bloque l’entrée de nouveaux concurrents, et, peut-être aussi, amène ceux qui l’on consenti à demander qu'il soit fortement rémunéré, i.e. à vendre cher leurs services (cf. les médecins).

Compléments :
  • Les achats pousseraient soit à tricher, soit au ritualisme, non à une saine innovation ? (cf. modèle de Robert Merton.)
  • Je cite ailleurs Mancur Olson : un monde non réglementé tend à former des oligopoles contrôlant la production d’un bien commun (voitures ou coiffure affro).