lundi 11 juillet 2011

Fin des mass media

The Economist étudie l’avenir de la presse. Internet a tué les mass médias. Retour au 19ème siècle, où la communication passait par les cafés.

La presse tendait à être relativement neutre par souci de la publicité, qui veut toucher un public aussi large que possible. Maintenant, à l’image de Foxnews aux USA, elle sera d’opinion. (Coming full circle)

Faut-il s’en réjouir ? Qui pourra payer le journalisme d’enquête ? Une presse d’opinion n’est-elle pas de type caniveau, à la Murdoch ? Va-t-on vers une société de l’affrontement entre idéologies simplistes ?...

Barack Obama

Le pari de Barack Obama : les Américains « sont peut-être exceptionnellement tolérants des gros écarts entre riches et pauvres, mais ils s’attendent à ce que les riches paient ce qu’ils doivent et que l’État donne la main à ceux qui en ont besoin. » (Fat cats and corporate jets)

Pas très visionnaire tout cela. On reproche à Barack Obama d’être un « fade ». 

Et s'il était fidèle à lui-même ? Il a confiance en l’Amérique, et veut la réconcilier avec elle-même... La solution à ses difficultés n’est pas dans telle ou telle révolution, mais dans de petits ajustements ?

Compléments :
  • L’article finit ainsi : « Ce pari médiocre n’est peut-être pas la lecture la plus stimulante de l’humeur américaine. Mais c’est peut-être le meilleur chemin vers la réélection. »

Alastair Giffin

Alastair Giffin, co-fondateur de Prendo Simulations, a eu une idée simple, donc brillante. Quelle est la raison principale d’échec d’un projet ? Par définition, l’équipe projet le fait pour la première fois !

Pourquoi, alors, ne pas former les chefs de projet comme les astronautes : avec un simulateur ?

Mais peut-on simuler la complexité humaine ?

Il est impossible de simuler une visite de la lune, mais il est possible de donner aux astronautes les gestes qui sauvent. Idem pour les projets.

Compléments :
  • Il vend ses simulations aux esprits supérieurs : Oxford, HEC… et à quelques multinationales éclairées.

dimanche 10 juillet 2011

Chômeurs sans voix

USA. Croissance constante du nombre de chômeurs. Mais on n’entend que le Tea Party, obsédé par la taille de l’État et qui prend le pauvre pour un parasite…

Le chômeur a honte, il est isolé, il n’a personne pour le défendre, et il ne vote même pas. (Somehow, the Unemployed Became Invisible)

N.Sarkozy a certainement raison. Nous vivons une guerre des idées. Et les idées qui ont gagné ces derniers temps ne sont pas favorables aux faibles. 

Qui sont les twitters ?

« Des études faites en Grande Bretagne et en Amérique suggèrent que 7 à 9% de la population utilise Twitter, contre 50% pour Facebook. Mais les utilisateurs de Twitter sont des influenceurs (…) le public n’utilise pas Twitter, mais les nouvelles sont sur Twitter. » (The people formerly known as the audience.)

Fin du laisser-faire ?

Lorsqu’un pays connaît une difficulté, on la met au compte d’un trop d’État, et on le condamne à la rigueur.

C’est curieux. Dans une telle situation, une entreprise ne réduit pas aveuglément ses coûts, mais cherche un « modèle économique » dont elle est sûre qu’il la sortira de sa mauvaise passe.

Cette idée est peut-être en train de gagner du terrain :
  • Un article sur la Grèce : « La Grèce et ses amis, devraient passer autant de temps et de réflexion à concevoir des éléments de stratégie de croissance à court et long terme, qu’ils en consacrent à mettre au point l’analyse de la dette du pays ». (Sea, ships and solar can get Greece growing - FT.com)
  • De même l’Angleterre découvre que relancer son industrie ferait beaucoup de bien à son emploi et à son économie. Malheureusement la situation est désespérée. Plus simple : développer le « high tech ». « Mais même cela demandera à l’État d’investir dans le capital humain et physique, et d’inciter le privé à faire de même. » (Less paper, more iron)

Fin du terrorisme journalistique ?

Les hommes politiques anglais vivaient dans la terreur de la presse de Rupert Murdoch.

Les scandales qui l’affectent vont peut-être les conduire à se révolter.  (Sting of Tabloids Kept British Politicians in Line). Dans son élan, nettoieront-ils son journalisme de caniveau ?

Et l’empire de M.Murdoch est-il menacé ? Qui a vécu par le glaive… ?

Compléments :
  • The lowest low.
  • Interrogation. Pendant longtemps l’Angleterre a accordé l’asile au terroristes afin qu’ils posent leurs bombes ailleurs. Puis la tactique s’est retournée contre elle. Et s’il en avait été de même pour la presse ? La haute société l'a crue son amie ? Idem pour la finance ? On ne pactise pas avec le diable ?

samedi 9 juillet 2011

Méfiez vous des dirigeants au visage large

Il y a deux types de dirigeants :
  1. Ceux qui ont un visage large et font prospérer les entreprises.
  2. Ceux qui sont honnêtes et éthiques.
Si j'en crois un chercheur. (Does your boss have an honest face?)

Juge d’instruction

Il n’y plus d’affaire DSK. Son accusatrice a été jugée indigne de justice.

En France, je soupçonne qu’un juge d’instruction aurait été nommé, qui aurait cherché à savoir ce qui s’était réellement passé.

Compléments :

Choisir un coach

Discussion avec une directrice de formation, qui s’interroge sur la sélection de coach pour les managers de son organisation.

Elle rejoint un argument d’Arrow concernant la médecine : le coach vénal est un mauvais coach, ses intérêts s’opposent à ceux de la personne qu’il accompagne.

Quelques indices favorables : 
  • propose un petit nombre de sessions (4 plutôt que 10), 
  • fait du coaching comme un hobby plutôt que comme un métier,
  • payé par le coaché, 
  • a une formation initiale de psychologue, plutôt qu’une formation complémentaire de coaching. 
Compléments :
  • J'ai du mal à comprendre qu'à une époque de grands licenciements on offre des coachs aux managers, comme si l'augmentation de leurs salaires allait avec celle de leur incompétence. 

vendredi 8 juillet 2011

Indépendance des agences de notation

Hier matin, une journaliste de France Musique disait que nous n’avions pas mieux que les agences de notation pour évaluer la solidité des nations européennes, puisqu’une agence européenne serait juge et parti. Ce qui semble expéditif. 
  • L’opinion des agences a été influencée, semble-t-il, par ce que leur payaient leurs clients. Et cela a contribué à notre crise. Elles ne sont donc pas indépendantes.
  • Ensuite, la BCE est supposée indépendante, or elle est payée par l’Europe. Et la Cour des comptes ? Et les Incorruptibles, payés par les USA et… incorruptibles.
Être influençable ou non n’est pas une question de mécanique mais d’éthique. Ce qui est en cause aujourd’hui est la culture du milieu des affaires, auquel appartiennent les agences de notations.

Compléments :

Inde : émergent chaos ?

L’Inde émerge-t-elle aussi irrésistiblement que l’on veut bien l’affirmer ?
(Le gouvernement) a, disent ses critiques, était incapable de contrôler la corruption et l’endettement public, pris du retard dans la construction d’infrastructures. (Mais aussi) les coûts du travail ont crû, particulièrement chez certaines entreprises contrôlées par l’État : la facture salariale de Steel Authority of India a augmenté d’un énorme 41%, l’année fiscale dernière. Indiscipline et croissance plus faible que prévue ont réduit les profits dans des secteurs tels que le ciment, la construction, l’immobilier et les télécommunications.
Selon The Economist.

L’Inde est-elle la puissance de demain ou un chaos en construction ?

Paradoxe de l’acheteur

On me raconte l’histoire suivante :

Les acheteurs des grandes entreprises imposent des prix de plus en plus faibles à leurs sous-traitants.

Certaines sociétés de service feraient des propositions de moins en moins solides. Une fois le contrat décroché, on a recours à l’avenant pour corriger les insuffisances de l’offre initiale. Le client à un mauvais service, et son fournisseur gagne bien mieux sa vie que s’il avait fait une proposition honnête. D’ailleurs, pour survivre, toute la profession doit suivre ce modèle.

Cela mériterait d’être vérifié par une étude scientifique. Mais, en tout cas, le cercle vicieux est élégant. 

jeudi 7 juillet 2011

News of the world

M Murdoch, son propriétaire, ferme News of the World, qui a été pris à écouter les téléphones de familles éplorées. Fin de 168 ans d’histoire. Rupert Murdoch est coutumier des manœuvres brutales.

Curieux monde que l’Angleterre. La presse fait sa fortune en encourageant les instincts les plus bas d’une classe que l’on désire maintenir inférieure. Et ce talent de manipulation des foules vaut des carrières fulgurantes et l’intimité des premiers ministres.

Compléments :

Argent et droits de l’homme

Cisco et Microsoft sont les sous-traitants de la Chine policière, dit La Tribune.

Pour l’Anglo-saxon l’intérêt est premier, et tout le reste (à commencer par les droits de l’homme) n’est que justification ? 

Le paradoxe du leader

L’Angleterre s’agite. Va-t-elle revivre la guerre des mines de l’ère Thatcher ? On s’interroge.

« Thatcher et Scargill se méritaient, mais ils étaient les seuls » dit Neil Kinnock, un des leaders travaillistes à l’époque. (The awful warning of the 1980s)

Comment se fait-il que des systèmes représentatifs placent à leur tête des gens qui ne le sont pas ?

Bénéfices des progiciels de gestion

En relisant un ouvrage de Thomas H. Davenport (Mission Critical, Harvard Business School Press, 2000), je tombe sur cette citation :
Il existe des données sur ce qui arrive quand toute une industrie a à peu près les mêmes systèmes d’information stratégiques. L’industrie aérienne – au moins aux États-Unis, mais de plus en plus dans le monde – offre une intéressante étude de cas. Quand toutes les compagnies aériennes ont acquis les mêmes systèmes de réservation, et programmes de fidélisation, les bases de la concurrence ont rapidement changé. Les entreprises qui réussissaient étaient celles qui diminuaient leurs services, utilisaient un réseau de distribution autour d’un hub, et réduisaient leurs coûts. Le presque parfait marché de l’information sur le ticket d’avion, par lequel chaque concurrent connaît grâce à son système d’information les prix de tout le monde, réduisit considérablement les marges. Une compagnie seulement – Southwest – s’est écartée de cette stratégie et elle est restée constamment rentable ces dix dernières années.

mercredi 6 juillet 2011

France, Irlande de l’impôt

"Les PME ne sont pas très loin du taux de 33 % d'IS [impôt sur les sociétés]. Les grandes entreprises, au-delà de 2 000 salariés, c'est 13 %. Les sociétés du CAC 40, c'est seulement 8 %. La plus grande entreprise de France, Total, c'est 0 %". Dit un article du Monde.

Je comprends mieux pourquoi The Economist accusait la France d’hypocrisie lorsque cette dernière voulait augmenter les taux d’imposition irlandais (12,5%).

Le handicap a pour but de ramener celui qui a un avantage à la moyenne. Les PME sont handicapées, ce qui prouve leur supériorité ? 

Hommes politiques peu représentatifs

Même stratégie à gauche et à droite : faire haïr l’adversaire. Pour cela, il faut l’amener à se montrer tel qu’il est.

Car notre système politique porte à sa tête des personnalités aux antipodes de nos valeurs. Et si c’était la motivation de changer la France – i.e. le rejet des valeurs du pays - qui était le moteur le plus puissant du succès politique ?

Cependant, pour gouverner il faut nous ressembler, donc faire preuve de trésors d’hypocrisie. Et le système finit par être, caricaturalement, représentatif ?

    Amérique et UE, deux faces d’une même crise ?

    Un article du Financial Times observe que, contrairement à ce qu’ils croient, les Américains et les Européens souffrent d’une même crise.

    Endettement des ménages pauvres dans un cas, des nations pauvres dans l’autre. Dérèglement des flux financiers à chaque fois. Et le gouvernement fédéral n’est pas plus habile que l’UE à trouver des solutions au problème. 

    Paris Sciences et Lettres

    N.Sarkozy aurait-il changé ma vie d’enseignant ?

    Voilà que l’université où je donne des cours, Dauphine, coup sur coup, rejoint le pôle Paris Sciences et Lettres et est, avec lui, une « initiative d’excellence » qualifiée de « projet révolutionnaire », d’après La Tribune. Moi qui avais choisi cette université pour sa discrétion…

    Participerais-je à l’histoire à mon insu ? 

    In sourcing chinois

    Les Chinois seraient à la recherche de talents étrangers pour leur industrie automobile, dit le FT.

    Faut-il en vouloir aux Chinois de nous voler des personnels dont la formation a été coûteuse, et qui portent avec eux le savoir-faire de toute une nation ?

    Pas forcément. La logique de l’économie de marché est l’échange. Plus les Chinois peuvent produire plus ils peuvent nous acheter. Exemple de la France et l’Allemagne : chacune fabrique une gamme de voitures qui occupe une niche écologique spécifique. 

    mardi 5 juillet 2011

    Chômage des jeunes en Europe

    Un jeune de moins de 25 ans sur 5 est au chômage en Europe (la France est au dessus de la moyenne).

    Ce sont les jeunes qui ont été frappés le plus durement par la crise. Et ce quel que soit le système dans lequel ils se trouvaient (ultralibéral – Irlande ou plus dirigiste – Espagne ou Grèce). Le graphe.

    Aurions-nous sacrifié l'avenir au présent ? 

    Le Français et les vacances

    D’après Le Monde, 45% des Français ne partent pas en vacances.

    Jadis nous pensions que chaque génération devait avoir un meilleur emploi, un accès plus facile à la propriété, plus de vacances… que la précédente.

    Selon tous ces indicateurs nous nous sommes méchamment appauvris. Y aurait-il un lien entre cette situation et les choix stratégiques que nous avons faits il y a quelques décennies ? 

    Saturés d’information

    Nous sommes saturés d’informations, et distraits par elles. Or la condition nécessaire à l’innovation est de pouvoir se concentrer. (Too much information)

    La révolution Internet aurait eu pour effet paradoxal de faire s’effondrer la créativité collective, moteur de l’économie ?

    Fin de la conquête spatiale

    Plus de conquête spatiale (The end of the Space Age). Fin des grandes espérances d’après guerre. 

    Qu’est-ce qui la tuée ? à l’ère de la technocratie triomphante s’est substituée l’esprit du boutiquier ?...

    Est-ce une bonne chose ? Toutes les conquêtes ont été accompagnées d’épidémies. Peut-être en aurait-il été de même de la conquête spatiale ? Mais, peut-être aurait-elle surtout stimulé notre innovation, ouvert de nouvelles voies à notre développement ? Et Galbraith ne pensait-il pas qu’il fallait un tel type de moteur à notre économie, un projet à long terme qui rende l’avenir prévisible ? 

    lundi 4 juillet 2011

    Google+

    Ce qu’il y a surprenant avec Google+, n’est pas tellement que Google veuille ennuyer Facebook, mais la prise en main de cette innovation par Hervé Kabla.

    Il s’achemine déjà vers la centaine de contacts, et sature le système de ses commentaires, lapidaires. (Serait-ce lui qui l’a fait s’effondrer ?)

    Hervé Kabla : le Kasparov du média-social ? La seule personne capable de produire vingt idées à la minute ?

    Compléments :
    • Et très supérieur à Einstein, qui pensait que l’on n’avait qu’une idée par vie.
    • Mais, moins populaire que Mark Zuckenberg.
    • Curieusement, il n’a pas encore investi la rubrique vidéo. 
    • Et pourquoi choisit-il une photo qui lui coupe le haut de la tête ? (Par modestie, pour masquer son aura ?)

    Paradoxe Sarkozy

    Une majorité de Français ne veut plus de notre président, mais une majorité pense qu’il sera réélu. Comment expliquer ce paradoxe ? (Down, but far from out

    Peut-être estimons nous qu’il est plus résistant à l’aléa que ses opposants, et que l’avenir n’est qu’aléa ? Syndrome Berlusconi ? 

    Confuse Grèce

    Il y a quelques jours j’entendais un syndicaliste grec interviewé par la BBC dire que l’Europe n’avait pas d’autre choix que de sauver la Grèce. Alors à quoi bon la rigueur, il y aura toujours quelqu’un pour payer ses dettes.

    Quant à The Economist, il se demande s’il y a un Grec pour racheter l’autre. Tous des assistés ?

    Et la proposition d’assistance proposée par les banques françaises ? Une « machination ». Elle est dans leur intérêt, pas dans celui de la Grèce. (A bank bail-out by another name?)

    Compléments :

    Nokia cassé

    Mon téléphone Nokia a des spasmes. Il s’interrompt au milieu d’une conversation, et vide sa batterie à grande vitesse. Pourtant, il n’a que deux ans. Je trouvais déjà son ergonomie peu amicale. Nokia ne saurait-il plus fabriquer de téléphones ? Serait-ce de là que viennent ses malheurs ?

    Et dire que, lorsque j’étais à l’Insead, Nokia était une société qu’il était recommandé d’admirer, car s’étant miraculeusement transformée à plusieurs reprises dans sa vie. (On admirait aussi les Japonais, par contre Apple était condamné par le corps professoral.)

    dimanche 3 juillet 2011

    La Chine achète l’Europe

    L’Europe accueille avec reconnaissance les capitaux chinois, alors que l’Amérique les rejette. Qui a raison ?

    The Economist pense que c’est l’Europe (Welcome, bienvenue, willkommen). Il y a plus à gagner qu’à perdre avec la Chine.

    Difficile de savoir quoi penser de la Chine. 
    • Elle semble avoir une vision extrêmement noire du monde, estimant qu’elle a une revanche à prendre sur le colonialisme occidental. Deux stratégies de nuisance possible : dérober le savoir faire occidental (délocalisations), plutôt que développer le sien propre, et bloquer le fonctionnement des démocraties occidentales (par une forme de diviser pour régner que les Anglais aiment à appliquer au continent européen). 
    • Le succès de cette stratégie dépend des divergences d’intérêt entre européens : entre élite globalisée et peuple qui ne l’est pas, et entre nations. Elle dépend aussi beaucoup de l’habileté de la Chine, qui, heureusement, jusqu’ici, ressemble plutôt à un apprenti sorcier. 

    DSK : leçons ?

    Si l’affaire DSK en reste où elle semble être, il serait utile qu’elle nous serve de leçon.
    • La présomption d’innocence n’est pas un vain mot. Il serait bien qu’elle soit appliquée à tous.
    • Les amis de DSK ont montré qu’ils étaient de vrais amis. Ils le connaissaient bien, et ils n’ont pas eu peur de le défendre. Ce faisant, ils pourraient avoir fait ce que N.Sarkozy voudraient qu’ils fassent plus souvent : dévoiler des mœurs, des opinions, et une hypocrisie qui choquent l’opinion.
    • Protection de la vie privée des politiques. Peut-on occuper des fonctions gouvernementales lorsque ses mœurs prêtent au « piège » ?
    Compléments :
    • Aux USA, il suffit de quelques tweets indécents pour détruire une carrière politique, ou de fréquenter des prostituées.
    • Quant à la justice américaine, elle semble à la hauteur de ce qu'en dit Hollywood. 

    Inégalité, sexes et charrue

    L’usage de la charrue expliquerait la spécialisation moderne des sexes…

    samedi 2 juillet 2011

    Facebook et le divorce

    Les médias sociaux, source d’informations à charge dans les divorces : How Divorce Lawyers Use Social Networks.

    À l’époque de la bulle Internet on disait que l’accès aux NTIC créerait « de nouveaux usages ». Il semblerait que ce soit effectivement le cas.  

    Pauvres méritants

    L’État providence américain n’arrête pas de grossir. Surprenant après un règne néoconservateur. (Is the US welfare state growing or declining? | vox)
    À l’intérieur de l’augmentation globale des transferts aux USA, donc, il y a eu deux redistributions. Premièrement, les transferts se sont déplacés des non âgés et non handicapés vers les personnes âgées ou handicapées. Deuxièmement, à l’intérieur du groupe des non âgés et non handicapés, il y a eu redistribution, des familles aux revenus les plus bas vers des familles aux revenus plus élevés.
    En particulier, les familles monoparentales gagnant moins de la moitié du seuil de pauvreté ont vu l’allocation mensuelle qui leur est versée se réduire de 1.231 à 766$ en 20ans ($ 2007).

    Autrement dit l’Amérique a réinventé la notion victorienne de « pauvre méritant ». Un point de vue que partage M.Sarkozy et M.Wauquiez.

    Compléments :

    Aux limites de l'homme

    Rencontre avec un aventurier, qui recherche les limites des conditions supportables par l’homme.

    Exemple : plusieurs mois passés dans une cabine dont la température oscillait entre -20 et -40. Bientôt, il part pour une fournaise.

    Je me suis demandé ce qu’il trouvait de stimulant à de telles conditions.

    En fait, c'est est un homme de préparation, étonnamment longue et méticuleuse. Préparation physique d’abord, mais aussi de tous les détails matériels de sa mission.

    Et si le sentiment d’être sur le bord d’un précipice, que seuls une préparation impeccable et une présence d’esprit de tous les instants permettent d’éviter, était un bonheur ? Serait-ce ce qui pousse les champions ? (et les criminels ?)

    vendredi 1 juillet 2011

    Emploi en Angleterre

    La BBC, ce matin, semblait dire que l’essentiel des créations d’emploi en Angleterre (400.000 postes) était allé à des immigrés.

    Un raccourci un peu rapide me fait me demander s’il ne s’agit pas de postes mal payés. L’Angleterre se réinvente-t-elle en une société de la précarité ?

    DSK et le vice de procédure

    DSK pourrait être relâché pour vice de procédure : on avait montré à son accusatrice son portrait avant qu’il ne lui apparaisse au poste de police. (Les avocats de DSK pourraient plaider le vice de procédure - LeMonde.fr)

    Si un tel argument peut tenir, aucun homme célèbre ne peut être accusé de quoi que ce soit : n’est-il pas dans notre tête à tous, et plus susceptible d’être reconnu que n’importe qui d’autre ?

    Peut-on croire à la justice dans ces conditions ?

    Compléments :

    David Douillet ministre

    Douillet ministre. Quelles sont les qualifications que l’on demande à un ministre ?

    Alors que l’on exige du moindre smicard des diplômes et une expérience du poste qu’il va occuper, on peut devenir ministre du jour au lendemain, au motif que les « Français vous apprécient ».

    Compléments :

    jeudi 30 juin 2011

    Nouvelles du mois


    Agressive Chine

    La Chine investit dans les pays de la périphérie européenne. Un moyen d’influencer les décisions de l’UE. (Europe's crisis is China's opportunity | The Guardian)

    La Chine est curieusement hostile. Alors qu’elle est aussi curieusement fragile. Voici que l’on se demande si elle ne pourrait pas être un Japon prématuré, si son développement économique ne pourrait pas s’arrêter. (Beware the middle-income trap).

    Un de ses atouts est probablement l’élite anglo-saxonne, imitée par la nôtre. En voulant s’enrichir, elle lui a apporté notre savoir-faire. Élite de marchands et d’oligarques, incapable de création ?

    Europe non démocratique

    Avant-hier j’entendais une interviewée dire, comme une évidence, que l’Europe n’était pas démocratique.

    C’est un argument qui m’a surpris. Je le trouve généralement chez les Allemands ou les Anglais. Chez ceux qui veulent tuer l’Europe en l’accusant de la peste.

    Ce propos, bien sûr non démontré, sous entend que la démocratie c’est le bien et que la nation est démocratique.

    Aristote, qui pensait que la constitution d’un peuple devait s’adapter à ses caractéristiques, n’aurait pas été d’accord avec le premier. Quant au second, peut-on considérer que le choix de gouvernants qui est proposé à l’électeur européen est digne d’une démocratie ? Que la 5ème République a été conçue pour être une démocratie ? D’ailleurs qui rappelle à l’ordre les « démocraties » lorsqu’elles enfreignent les droits de l’homme ? 

    Nouveaux pauvres

    L’Amérique s’est si fortement appauvrie que les fast food y ont la vie belle et que les entreprises des pays émergents y trouvent un nouveau marché pour leurs services au rabais. (The bottom of the pyramid)

    Qui aurait pu imaginer cela, il y a encore quelques années, alors qu’on ne parlait que de développement et de progrès ? En ces temps l’ogre soviétique nous protégeait de l’économie de marché ? 

    mercredi 29 juin 2011

    PS de la France profonde

    J’entendais hier dire que les candidats aux primaires socialistes avaient annoncé leur décision de leur fief régional. 

    Ils sont ancrés dans le terroir français, contrairement au cosmopolite Sarkozy, maître du monde.

    Aussi, ils lui reprochent de diviser les Français alors qu’eux ne veulent que la concorde nationale.

    Cette position correspond-elle à leurs convictions ? En tout cas, elle montre qu’ils cherchent à répondre à ce qu’ils croient être le désir du pays. 

    Gaz de schiste et spéculation

    Il semble que la ruée vers le gaz de schiste soit un nouvel exemple de bulle spéculative.

    Elle s’expliquerait par la faiblesse des organismes de contrôle qui n’ont pas eu le temps de s’adapter à une source d’énergie nouvelle. Insiders Sound an Alarm Amid a Natural Gas Rush - NYTimes.com

    Qu’est-ce qui explique l’incroyable capacité de l’Amérique à la bulle spéculative ? Volonté folle de s’enrichir qui se déchaîne dès qu’elle rencontre une faille des mécanismes sociaux de contrôle ?

    Compléments :

    L’eurosceptique triomphe

    L’Angleterre jubile. L’Europe explose.

    Mais l’Angleterre ne s’interroge pas sur ce que pourrait causer ce naufrage chez elle. Pas plus que le scénario inverse : l’émergence d’une forteresse Europe.

    Peut-être plus étrange : en dépit de sa monnaie qui a atteint un abîme historique, et de l’inflation qui va avec, l’économie anglaise se porte mal. (Pour se développer, elle a besoin d’acheter des machines allemandes, qui, basse Livre, lui coûtent cher.) Étrangement, elle va moins bien, et est plus endettée, que celle de l’Europe.

    Compléments :

    mardi 28 juin 2011

    Le FMI sous la coupe de la France

    Les Américains se demandent si Mme Lagarde ne va pas utiliser l’argent du FMI pour sauver les banques françaises. (France’s Lagarde Named New Head of I.M.F.)

    M.Sarkozy leur donne raison : c’est une victoire pour la France, disait-il tout à l’heure. 

    Future crise européenne

    Pour cause d’unification, l’Allemagne a dû réformer son système social, ce qui force aujourd’hui l’Europe à se réformer.

    Ne rejoue-t-elle pas la même pièce avec l’énergie ? Soit elle parvient à créer une industrie de l’énergie renouvelable qui demande un réajustement à l’Europe. Soit elle ne parvient pas à remplacer ses centrales, ce qui, aussi, bouleverse l’Europe. Le pari antinucléaire de l'Allemagne du XXIe siècle - LeMonde.fr

    Qui est-il le plus urgent d’encadrer ? La Grèce ou l’Allemagne ?

    DSK et Colombo

    Hier j’entendais un journaliste imaginer une rencontre entre Colombo et DSK. Comment fonctionne Colombo ? me suis-je demandé :
    • Les criminels que fréquente Colombo appartiennent à l’élite intellectuelle et économique américaine.
    • Ils sont criminels parce qu’ils se savent intouchables. En effet, soit on s’écrase devant eux, soit on essaie de les surclasser. Dans ce cas, arrive ce qui arrive fréquemment aux policiers français et américains : la faute.
    • Colombo ne plie pas, mais accepte sa position sociale subalterne. Ne faisant plus face au garde-fou que lui oppose ordinairement la société, son interlocuteur peut laisser filer sa logique jusqu’à l’absurde et s’enferrer. 

    Faillite de l’État

    Depuis les années 80, a eu lieu une grande vague de libéralisation (FT, etc.). Celle-ci ne semble pas avoir eu les effets escomptés :
    • Ce tout au marché aurait dû, selon les théoriciens, enrichir le pays (l’entrepreneur est efficace, l’État incompétent). Ce qui ne semble pas avoir été le cas.
    • L’État aurait dû maigrir. Ce qui n’a pas été le cas.
    L’État a perdu des ressources (ressources qui justifiaient des prélèvements fiscaux ?), d’où sa faillite actuelle ? Ceux qui les ont reçues, n’ont pas su les développer ?

    lundi 27 juin 2011

    Avenir de l’Europe

    Si l’Europe se tire de sa crise grecque, elle sera plus unie. C’est tout ce qui semble pouvoir être conclu actuellement. (If Greece goes…)

    Va-t-elle réussir ? Elle en a largement les moyens. Alors tout est une question de volonté. 

    Nuisance syndicale

    L’Angleterre se prépare à de grandes grèves.

    Le gouvernement menace les syndicats d’une loi interdisant les grèves votées par moins de 50% des syndiqués (contre 50% de votants, aujourd’hui).

    Les syndicats lui répondent qu’une telle atteinte aux droits de l’homme est paradoxale, venant d’un gouvernement libéral, qui, de surcroît, applaudit les grèves du Moyen-Orient. D’ailleurs, les travaillistes actuels représentent 23% des inscrits, et la coalition 38%. Ils gouvernent le pays, pourtant.

    Éternelle duplicité de l’élite anglaise ? Son libéralisme s’arrête là où commencent ses intérêts ? Alors se déchaîne les sophismes, « la guerre des idées » ?

    Plus de changement que de performance

    Conférence du Cercle Essec du changement et de l’Afope, sur le changement.

    On y remarque que les dirigeants parlent maintenant beaucoup plus de changement que de performance.

    C’est juste, et c’est aussi vrai des politiques. Pierre qui roule… ? 

    dimanche 26 juin 2011

    Bachar Corleone

    Émission de la BBC sur Bachar el Assad.

    Curieux parallèle : un interviewé le compare à Michael Corleone du Parrain

    Allemagne et crise européenne

    Dans la foulée du billet précédent, un vieil article sur la crise grecque :
    Bref, si l’on en croit le gouvernement allemand, les marchés ont donc été instrumentalisés au bénéfice de l’Allemagne qui a profité de la panique pour imposer un retour à la rigueur, renforcer la gouvernance budgétaire de l’eurozone et ainsi garantir la stabilité à long terme de l’euro. La séquence des mois écoulés n’est pas en contradiction avec cette interprétation qui, si elle est exacte, montre qu’il y a des gens qui ont les nerfs solides en Allemagne. (Vu de Berlin : leçons grecques - Coulisses de Bruxelles, UE)

    Nordique donneur de leçons ?

    Installé dans le restaurant d’un musée avec 3 amis. Deux partent un moment, en laissant leurs affaires.

    Des touristes suédois surviennent alors. Ils montrent les sacs d’un doigt accusateur. Nous leur signalons qu’il y a de la place ailleurs. Un peu plus tard, ils reviennent, montrant à nouveau les sacs, preuve qu’ils avaient eu raison de nous soupçonner de latinité.

    Curieux d’avoir aussi peu de souci de la politesse, surtout à l'étranger, me suis-je dit. En rapprochant cette petite histoire du comportement des gouvernements allemands et anglo-saxons, je me suis demandé si le pharisaïsme n’était pas un trait culturel nordique. 

    Investir pour sortir de la crise

    Ce blog se demande si une politique de rigueur supportée par les pauvres est un bon moyen de sortir de la crise.

    Est-ce que je comprends bien ? Les gouvernants européens débloqueraient des fonds qui permettraient à la Grèce de relancer son économie, et de trouver des emplois à ses chômeurs ? Zone euro : ne pas désespérer les peuples.

    samedi 25 juin 2011

    Obama se replie

    Le président Obama retire son armée d’Afghanistan et parle de (re) construire son pays.

    M.Obama homme du repli ?

    Compléments :

    Changement à l'ENA

    J’ai rencontré David Autissier, spécialiste du changement, dont on m’avait parlé à plusieurs reprises. (Son premier livre sur le changement est sorti en même temps que le mien.)

    J’ai découvert, outre qu’il est fort sympathique, qu’il était beaucoup plus jeune que je ne l’aurais cru et qu’Henri Bouquin, chez qui j'enseigne, avait été dans son jury de thèse. Petit monde. Par ailleurs il donne un cours à l’ENA. Faut-il espérer que notre élite va enfin sortir de son illusion d’un changement programmatique ?

    Compléments :
    • Curieusement, son analyse de l’histoire du changement la fait débuter en 1985. Sans évoquer mes références grecques et chinoises usuelles, je pensais plus vieux notre intérêt moderne pour le sujet. Par contre Faouzi Bensebaa, dans son analyse des visions actuelles, et contradictoires, du changement, fait appel à des références plus conformes avec mes habitudes. 

    Lieutenant Colombo

    Le professeur Alain Bloch m’avait suggéré d’appeler mon premier livre « la méthode Colombo ». Le Lieutenant Colombo est un personnage central de deux de mes livres. C’est l’animateur du changement même :
    L’animateur est-il un surhomme ?
    Si l’on devait en dresser le portrait-robot, il ressemblerait probablement au « lieutenant Colombo » : ce n’est pas un héros, la supériorité de ses interlocuteurs l’impressionne, mais sa détermination à connaître la vérité est increvable, et il arrive toujours à ses fins.

    vendredi 24 juin 2011

    Coût de la campagne libyenne

    L'intervention en Libye a déjà coûté 100 millions d'euros à la France annonce Le Monde. Hier, la BBC disait que l’Angleterre avait dépensé 250m£, pour sa part (et que l’armée britannique serait bientôt à sec).

    Sommes-nous plus économes, ou moins bien informés, que les Anglais ? 

    Médiocre démocratie

    Il se confirme que M.Berlusconi pourrait être remplacé par le chaos.

    Le gouvernement anglais est faible, mais, curieusement, son opposition a placé à sa tête un leader qui lui garantit l’échec.

    La situation française est proche. Que dire de la Belgique ?

    Les démocraties sont elles malades ou leur solidité constitutive leur permet elle de vivre sans direction ? L’incompétence de leur tête est-elle la contrepartie de la liberté et de l’autonomie de leurs membres ? 

    Église et partage

    Il y a quelques jours la BBC se demandait si l’Église ne s’était pas trompée en cherchant à diviser équitablement « le gâteau », n’aurait-elle pas du s’intéresser à ceux qui le fabriquaient ?

    Mais y a-t-il des gens qui « font le gâteau » ? Si un boulanger disparaît il sera remplacé par un autre. De même pour un fabricant d’automobiles, ou pour un acteur fameux. D’ailleurs n’est-ce pas une question de concurrence et d’offre et de demande ?

    En fait, le gâteau me semble être fait par la société. 

    jeudi 23 juin 2011

    Domino grec

    Après guerre, la Grèce est apparue un moment comme le domino qui pourrait faire tomber l’Europe chez les Soviétiques. Aujourd’hui, c’est la même chose, mais pour l’économie mondiale ?

    Hasard ?

    Est-ce lié ? Nos amis anglais procèdent à une dévaluation sans équivalent dans leur histoire de la Livre. (Billet)

    Investissement

    Série de billets parlant de l’Angleterre (Réforme du NHS, Les vieux à la rue, L’Angleterre brade son service public, Armée européenne, La pauvreté est un vice). Elle semble mal aller faute d’investissement collectif.

    L’État chinois, lui, construit partout des lignes de TGV.

    L’économie d’un pays ressemble-t-elle à celle d’une entreprise : pour se développer, elle a besoin d’investissements guidés par une stratégie ? Le libre échange, entre les mains duquel l’Angleterre a remis son sort, ne crée rien ? 

    Victor Waknine

    Einstein a inspiré Victor Waknine : « On compte mais ce qui compte n’est pas compté ». Puisque les entreprises ont besoin d’indicateurs, il leur a donné l’IBET, l’Indice du Bien Être au Travail.

    Je me suis demandé si ce qui pouvait être compté comptait vraiment…

    Ami Facebook

    Facebook : une fille refuse sa mère comme amie.

    Ça me semble logique : mère et fille n’appartiennent pas aux mêmes communautés. D’ailleurs, il suffit de suivre une conversation pour constater que les générations ne partagent pas le même langage, et encore moins la même orthographe. 

    mercredi 22 juin 2011

    Mauvais temps

    On craignait une sécheresse, voilà qu’il pleut depuis des semaines.

    Google prévoit encore plus de pluie, Météoconsult une accalmie. Mais cette dernière se trompe depuis quelques temps. (Ce qui n’était pas le cas auparavant.)

    Quant au réchauffement climatique, il n’est plus aussi certain. Mais que fait la science ?

    Elle est sous influence ? Il y a fort longtemps que certains croient au réchauffement climatique, par exemple. Mais lorsqu’il fallait défendre le modèle occidental contre les soviétiques, ils n’avaient pas le droit de s’exprimer. Puis les soviétiques ont disparu, et avec eux ce qui bloquait cette idée ? 

    Réforme du NHS

    Comme prévu, David Cameron a dû abandonner sa réforme du système de santé anglais.

    Le peuple le soupçonnait de vouloir le privatiser. (Whatever happened to Radical Dave?)

    L’Anglais pas plus favorable que le Français aux privatisations ?

    Les vieux à la rue

    Les maisons de retraite anglaises sont en faillite. Elles ont été prises entre un mouvement de spéculation et le plan de rigueur gouvernemental qui a mis à sec les collectivités locales. La retraite se transforme en déroute ?

    Décidément le tout privatisé rencontre bien des malheurs. Curieusement, les désastres succèdent aux désastres sans que personne ne semble penser à mettre en cause l’idée selon laquelle le marché fait le bonheur universel. 

    mardi 21 juin 2011

    EADS se libère de ses actionnaires

    Les dirigeants d’EADS semblent trouver les États français et allemands pesants. Ils s’en libéreraient bien.

    Est-ce pour leur confort personnel ou pour l’intérêt de la société ?

    L’Angleterre brade son service public

    La RATP administre des lignes de bus londoniennes. Faute d’y avoir investi, l’Angleterre vend son service public à l’étranger. (A very British paradox)

    La science au service de l’évaluation de compétence

    Un ami dirigeant est soumis à un test par un cabinet international de conseil en RH. Sur la brochure de préparation, on peut lire :

    « L’objectif est de placer tous les participants dans une situation équivalente et de leur offrir des chances égales de réussite en fonction de leurs compétences ».

    Plus loin, on parle de « recherches approfondies » qui permettent « d’excellentes prédictions de succès ».

    C’est curieux, je ne connais pas beaucoup de travaux de sciences humaines qui permettent la moindre prévision. La recherche en économie, et ses moyens colossaux, en est un magnifique exemple.

    Plus curieux, les « conditions identiques » ne garantissent pas la moindre égalité de traitement : elles favorisent ceux dont les caractéristiques sont favorables (Normale sup lettres ne recrute pas les mêmes étudiants que Normale Sup maths).

    La science serait-elle instrumentalisée pour fournir un argument de vente ? 

    lundi 20 juin 2011

    Répression financière

    En phase d’inflation, empêcher les capitaux de partir à l’étranger et ne leur offrir que la dette d’État comme issue. Moyen de dégonfler la dette des nations, plus efficace que les impôts :

    Ce serait plus ou moins ce qui se passe aujourd’hui : l’inflation est supérieure au rendement des placements, et les banques devant reconstituer leurs garanties doivent conserver leurs fonds à la maison. Mais l’effet serait limité. (The great repression)

    Armée européenne

    La guerre de Libye montre que l’Europe n’a plus de moyens militaires.

    Chaque pays voulant fabriquer son armement, celui-ci est excessivement coûteux. Les nations européennes doivent procéder à une division des tâches. (On target)

    Cet épisode révèle, surtout, que l’Europe a été extrêmement imprévoyante. Elle n’a pas jugé bon d’investir dans son armée. Curieusement, l'Europe est pourtant en faillite : où est allé tout son argent ? 

    La pauvreté est un vice

    L’Angleterre est une « méritocratie », le mérite étant défini comme la réussite sociale couronnement de l’effort individuel. Par conséquent, le pauvre vole ce qu’on lui donne.

    L’Anglais traite désormais ses pauvres comme jadis les noirs ou les indiens.

    Curieusement, si cette évolution vient de Mme Thatcher elle a été poursuivie par les travaillistes. Ils y ont vu un moyen de séduire une « nombre minuscule de votants indécis, pensant que leur électorat ouvrier traditionnel ne pouvait aller ailleurs ».

    En fait ce discours était déjà présent chez Ayn Rand l’ancêtre du néoconservatisme américain. Sa tactique était inspirée de celle des Bolchéviques : réécrire la morale américaine à partir des valeurs du possédant.

    Ce discours est aussi celui de N.Sarkozy. Pourquoi nos socialistes n’ont-ils pas suivi le chemin des travaillistes. Nous avons toujours une guerre de retard ?

    dimanche 19 juin 2011

    Refroidissement climatique

    Le soleil entamerait une période sans tâches, ce qui signifierait un refroidissement de la terre. Il devrait durer plusieurs décennies. (Sun down)

    Élégante solution à l’effet de serre ? Pour compenser ce refroidissement, augmentons notre « empreinte carbone » ? Quant à nos descendants, ils n’auront plus besoin d’énergie fossile puisque nous leur aurons laissé une serre et que le soleil se remettra à les réchauffer ?

    La baïne et le changement

    La baïne est une petite piscine qui se forme sur les plages du sud ouest de la France. À marée haute ou basse cette baïne produit des courants forts. Le nageur qui s’y fait prendre a le réflexe naturel de chercher à rejoindre la plage le plus vite possible, en ligne droite. Le courant étant plus fort que lui, il s’épuise et se noie. Au contraire, dans cette situation, il doit se laisser emporter. Le courant ramène à la plage, et lorsqu’on flotte on peut s’agiter et se faire repérer par les sauveteurs.

    Pourquoi dit-on que le changement est « à effet de levier » ? Parce que ce qui le permet ou l’empêche est un blocage. Il vient de ce que nous sommes « programmés » pour associer un moyen à une fin. Le changement fait que l’association ne marche plus. Malheureusement, comme elle est enfouie dans notre inconscient, au milieu de beaucoup d’autres, elle est malaisée à identifier.

    Notre vie est faite de baïnes. Nos réflexes inconscients nous y noient. 

    Paradoxe de la mutinerie

    Observation. Un changement suscite de très bruyantes réactions négatives. Mutinerie ? Enquête : ceux qui sont concernés au premier chef par le changement, une fois la stupéfaction passée, ont pris leur sort en main et s’entraident (ils illustrent même ce billet). Ils sont prudemment optimistes bien qu’un peu inquiets : vont-ils être à la hauteur de leurs responsabilités ?

    Je m’interroge : pourquoi cette incohérence ?

    Précision supplémentaire : il semblerait que les protestants ne soient pas directement concernés par le changement.

    Et si la représentation que l’on se fait du changement était la source de ses inquiétudes ? Lorsque l’on est au milieu du danger, et que l’on constate que l’on sait y naviguer, on est rassuré ?

    Ce qui expliquerait aussi le paradoxe de la résistance apparente. Seuls ceux qui ne sont pas concernés par le changement ont le loisir de s’exprimer. 

    samedi 18 juin 2011

    Sarkozy contre Atomic Anne

    N.Sarkozy n’a pas perdu la main. Personne ne lui résiste. Anne Lauvergeon était coriace, pourtant. Elle avait trouvé une faille : les gens qu’il voulait lui substituer, tirés de son entourage, étaient peu reluisants. Mais, le président ne voulait pas placer un copain, mais éliminer Mme Lauvergeon ? Il lui suffisait pour cela de la remplacer par un homme d’Areva, qui n’avait, par conséquent, pas les défauts des précédents candidats ?

    M.Sarkozy tient M.Ghosn, qu’il a sauvé d’un scandale, ses amis contrôlent FT, EDF, Veolia, Thalès…?Dirigisme gaullien ? M.Sarkozy commis voyageur de la France ? Sa popularité profite des contrats qu’il décroche ? Et ces grandes entreprises régulent l’emploi, comme après guerre ? C'est lorsqu'il est dos au mur que le champion fait preuve de génie ?

    Compléments :
    • Au revoir to Atomic Anne
    • Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?

    Angleterre et France : principes constitutifs

    L’Angleterre donne son élite en spectacle (Oxford contre Cambridge, aussi bien qu’Any questions de la BBC). Elle indique au peuple qu’avoir de l’ambition c’est rejoindre cette élite.

    Ce faisant, elle s’est maintenue inchangée quasiment depuis le Moyen-âge. Elle a pu être une société d’héritiers qui permet toujours aux grands propriétaires de ne pas diviser l’héritage.

    Depuis Tocqueville, au moins, une partie de l’élite française s’émerveille de ce miracle, et se désole de ne pouvoir l’imiter. En France, le puissant est soupçonné d’être malhonnête et incompétent. Fils à papa, pistonné ou petit copain ?

    J’entendais l’autre jour Abdelwahab Meddeb opposer démocratie anglaise et République française. Il y a peut-être du vrai là-dedans. Au fond, les Anglais sont les détenteurs de la démocratie.  La démocratie anglaise, comme la grecque, est une société de classes. La classe supérieure est libre, n’obéit à presque rien, se cultive et s’épanouit, la classe inférieure lit The Sun, et vit de petits boulots. La République place les représentants du peuple au dessus de tous. Ce régime est égalitariste, uniformisateur des cultures immigrées et peu libre.

    Compléments :
    • L’Anglo-saxon depuis toujours reproche à la France sa mesquinerie.
    • Histoire de l’Angleterre.
    • Quant à l’Amérique elle a échappé à la classification anglaise par la largeur des « opportunités » qu’elle offrait à son peuple. Elle permettait ainsi à la classe supérieure d’être vite renouvelée. Aujourd’hui le critère d’entrée dans la sphère haute est social : ce sont les études (cf. le CV des milliardaires d’Internet, ou de la nouvelle élite des « working rich ») que seuls les riches peuvent faire.

    Changement et deuil

    Retour sur un billet précédent.

    Le changement doit il être un deuil ? En fait, je n’en suis pas sûr. 
    • Souvent le changement est imposé par les événements ou un pouvoir extérieur. Et si le deuil résultait d’un changement qui n’est pas désiré ?
    • Mais il peut aussi être recherché, ou avoir été conçu par ceux qui vont le mettre en œuvre. Je ne suis pas sûr, alors, qu’il y ait nécessairement deuil. 

    vendredi 17 juin 2011

    Crise grecque

    La Grèce s’agite. L’intelligentsia anglo-saxonne prédit la disparition de la zone euro. Avec raison ?

    La Grèce est entrée dans l’euro pour être contrainte de se réformer. Le grand moment est arrivé. Cependant, elle ne pourra trouver de solution que si les « parties prenantes » de son sort sont convaincues de la gravité de la situation et de la détermination des concernés. La crise est une étape inévitable du changement. Je ne suis pas sûr que l’on puisse en dire beaucoup plus.

    Compléments :

    Changement et deuil

    Les réactions de l'homme face au changement sont identiques à celles éprouvées lors d'un deuil : après un premier état de choc, de refus, il passe à une phase de retraite défensive, de colère, puis accepte l'évolution  (il a fait le deuil du passé) avant de s'adapter.

    Exemples de manifestation du phénomène : « c’était mieux avant », ou colère. Une fois le changement passé : « c’était idiot avant ».

    Ce phénomène est ignoré par le dirigeant français, homme de raison. Il veut imposer autoritairement ses décisions. Ne sont elles pas parfaites ? Erreur fatale. Que devrait-il faire ?
    • Pour bien vivre le changement, l'individu doit d'abord ne pas réprimer ses sentiments de rejet, naturels, et essayer de les comprendre, il faut qu'il réduise le niveau de stress en gardant une bonne condition physique et en trouvant des dérivatifs. Surtout, il doit prendre un rôle moteur dans le changement.
    • Le manager doit commencer par analyser les raisons de la résistance au changement de ses employés, manifestation naturelle et bénéfique (elles permettent d’apprendre beaucoup sur la faiblesse des mesures proposées...). Ensuite, il doit apporter les « premiers soins » en écoutant les doléances, en aidant. Enfin, il doit encourager ses employés à devenir propriétaires du changement (condition sine qua non de réussite), en expliquant, en faisant participer aux décisions, en favorisant l'expérimentation, en protégeant ceux qui prennent des risques, en permettant à ses collaborateurs de s'enrichir personnellement, de se mettre en valeur.
    Compléments :
    • Il y a un très grand nombre de variante des « courbes de deuil ». Dans ce domaine la référence est Elisabeth Kübler-Ross.
    • Les conseils viennent de : JICK, Todd, The Recipient of Change, note, Harvard Business School, 1990.
    • Résistance au changement.
    • Je nuance ce billet.

    Les Barbouzes

    Film de Georges Lautner, 1964.

    Il y eut une époque où la France se croyait l’égale des plus grandes nations.

    En tout cas, elle savait se moquer d’elle-même.

    La version moderne d’OSS 117, qui semble s’être beaucoup inspiré de ce film, paraît particulièrement minable, et mesquine, en comparaison. 

    jeudi 16 juin 2011

    Thomas Krän et la richesse interculturelle

    Thomas Krän est un spécialiste du conseil interculturel. Il doit son métier à son histoire personnelle. Ayant un père suédois, une mère américaine et une femme française, il est convaincu que la différence de cultures est source de créativité et de richesse. Bizarrement, il n’a découvert sa vocation que tardivement.

    Après une carrière dans le marketing international, il a créé un cabinet qui aide les entreprises suédoises à s’installer en France et inversement. À chaque mission il se heurtait à la frustration de ses clients avec la culture étrangère. Intrigué par ce problème, il a passé plusieurs années à l’étudier, auprès d’experts internationaux, canadiens notamment.

    Il a développé des méthodes simples, mais efficaces, basées sur quelques principes :
    • Comprendre une culture ce n’est pas absorber une liste de recommandations « to do or not to do », c’est une question d’attitude, d’état d’esprit. Principe fondamental : il faut « se demander ce que l’on peut apprendre des autres ». La différence culturelle « n’est pas un piège, mais une opportunité ».
    • Ensuite, mais c’est beaucoup moins important, « il faut éviter le stéréotype », et apprendre à « se voir avec les yeux des autres ». Et, bien entendu, « l’apprentissage ne s’arrête jamais ».
    • Une technique curieuse : en groupe, il est plus facile d’étudier et gérer ses différences, si l’on s’est découvert des points communs.
    • En conclusion, « tout commence par la prise de conscience ! Nul n’est prêt à préparer et à pratiquer une approche nouvelle sans avoir été sensibilisé à l’importance de son sujet, c'est-à-dire l’importance de maîtriser les différences culturelles afin d’en tirer parti ! »

    Ce que l’élève pense de l’enseignant

    Constatant que mes élèves ne lisent pas les cas que je leur donne, je leur demande de répondre à quelques questions de préparation. Ensuite nous débattons du cas en classe.

    Comment ont-ils vu l’exercice ? Comme une preuve de mon incohérence. Alors que je leur demande d’être synthétiques, moi je parle beaucoup…

    Mais ce n’est pas cela qui les trouble vraiment. Ils me trouvent « gentil ». Comment un sale type peut-il être gentil ? Leur monde est sans dessus dessous. Ils ne pensaient pas rencontrer une telle perversion. (Pour être franc, c’était l’effet recherché : je voulais les faire douter de leurs certitudes : comme ce blog, mon cours parle de paradoxe.)

    Au fond, n’y a-t-il pas ici quelque chose de fondamental en termes de culture française ? La vertu cardinale que nous recherchons chez l’autre est la gentillesse ? Pas la compétence, qui n’existe pas ? (Dans mon cas, il est bien net que mes élèves m’ont immédiatement considéré comme un escroc.)

    L’homme n’a pas besoin de vacances

    Chaque année à la même époque, je m’étonne que l’on ait pu inventer les vacances.

    Un changement de rythme aussi brutal n’est-il pas dangereux ? Est-il, même, dans la nature humaine ? D’ailleurs, les vacances sont-elles utiles si, au retour, on se retrouve pris dans un maelström de tâches qui se sont accumulées entre-temps ?

    Ne vaut-il pas mieux avoir une activité régulière, en se ménageant des moments de récupération ?

    mercredi 15 juin 2011

    Police et loi

    Discussion avec un avocat. Peu de policiers connaissent la loi, si bien que les personnes qu’ils arrêtent sont fréquemment relâchées pour vice de forme. Le policier est frustré et croit à une conspiration.

    Application des techniques du changement :
    • Il faut montrer au policier que la loi n’est pas aussi illogique qu’elle paraît. Ce qui paraît gêner son action, à un instant donné, protège le citoyen le reste du temps.
    • À ce point, le policier est pris « d'anxiété d’apprentissage » : la complexité apparente du droit lui paraît rendre impossible son travail. Il faut alors lui montrer comment arriver à ses fins en respectant la règle. Ce qui peut se faire par échange d’expérience : tous les policiers n'étant pas également démunis devant la loi.
    Compléments :
    • N.Sarkozy ne semble pas favoriser ce changement. Il aurait créé un tel fouillis de loi, que les meilleurs juristes s’y perdent. Heureusement que l'Europe est là pour l'empêcher de faire n'importe quoi, dit cet avocat.

    Réseaux sociaux et identité humaine

    Le rôle de la communication, de l’échange, avec l’autre serait de nous assurer de qui nous sommes,  « après tout, il ne peut pas y avoir de mère sans un enfant ». C’est du moins ce que dit Paul Watzlawick, dans un livre que je commenterai d’ici peu.

    Cela explique-t-il la vogue du web social ? S’il y a autant de pages Facebook ou de tweets, c’est parce que nous ne nous sentons pas très sûrs de notre identité et nous en demandons confirmation ? J’ai beaucoup « d’amis » (au sens de Facebook), donc je suis ?

    Mais alors pourquoi y eût-il des coureurs de bois, des ermites, ou Bernard Moitessier ? Leur personnalité était suffisamment solide pour ne pas nécessiter de confirmation ? 

    Liberté de blogger

    Depuis ses origines, ce blog revendique de pouvoir se tromper.

    Nous vivons dans une curieuse société qui semble croire que l’on doit savoir ce qu’il faut ou non penser. Ce qui est bien et mal. Si l’on doute, on est excommunié. On ne doit pas penser, mais savoir. De manière innée.

    Pour ma part, je crois que toute idéologie (tout préjugé) est par nature suspecte, et que la vérité se construit par une recherche qui ne peut être bien propre et organisée. (La vérité n’étant autre chose que ce qui permet à la société de fonctionner, et qui est donc, comme elle, en perpétuelle évolution – mais pas aléatoire.)

    C’est pour cela que ce blog est plein de morceaux d’idées par finies. En espérant qu’un jour, elles se coaguleront pour donner quelque chose d’utile.

    mardi 14 juin 2011

    Internet espion

    Mme Clinton et le gouvernement américain veulent que la voix des peuples opprimés traverse la censure des dictateurs, chinois, iraniens, syriens…  Pour cela, ils infiltrent dans leurs pays des équipements qui court-circuitent les réseaux officiels (par exemple en utilisant le support de téléphones portables).

    Il n’y a rien de plus important que la liberté de parole (U.S. Underwrites Internet Detour Around Censors Abroad - NYTimes.com), chez les autres.

    Quid des dictatures amies ? (Par exemple l’Arabie saoudite.) Et de wikileaks ?

    Compléments :

    La France n’est que séduction

    La séduction caractérise les relations sociales en France. C’est la conclusion qu’une journaliste américaine tire d’une enquête sur notre pays (Smouldering). (D’ordinaire, pourtant, les Américains nous trouvent détestables ?)

    Mais; le commentateur du livre pense que l’affaire DSK va ternir notre image.

    Et si cette affaire donnait, au contraire, du piment à notre nation ? Le monde découvre qu’elle abrite des satyres aux pulsions primitives, des créatures de Frankenstein Jr, qui rodent en toute liberté… Délicieux frisson pour un puritain ? 

    Suis-je un génie ?

    Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à m’intéresser au changement et à écrire ce qui est devenu mon premier livre. Or, les scientifiques affirment que l’on devient un génie après 10 ans de travail acharné. Théorème qui s’appliquerait aussi bien à Tiger Woods qu’à Mozart.

    En fait, je pratique le changement depuis toujours. Quelques-uns de mes meilleurs exemples ont une trentaine d’années. Mais plus j’enseigne, moins je suis compétent. En les expliquant, je perds mes réflexes.

    D’ailleurs, j’ai rencontré certaines des sciences qui entrent dans mon travail (contrôle des systèmes) il y a encore plus longtemps. Bref, si j’étais un génie ça se saurait.

    Il est possible que pour devenir un génie il faille faire toujours la même chose, jusqu’à maîtriser son art dans les plus petits détails. Je suis trop français pour cela : j’ai conservé un esprit superficiel qui m’a fait apprendre un très grand nombre de techniques, sans devenir un spécialiste d’aucune. Pierre qui roule…

    Compléments :
    • Le résultat dont il est question ici est notamment cité par : SIMON, Herbert A., The Sciences of the Artificial, MIT Press, 1996.

    lundi 13 juin 2011

    The Economist vs Berlusconi

    « L’homme qui baisa une nation » titre The Economist (The man who screwed an entire country). Plus fort que « L’homme qui voulut être roi » ?

    Depuis toujours The Economist déteste M.Berlusconi. Quelqu’un d’aussi haï par un journal aussi dogmatiquement ultralibéral peut-il être fondamentalement mauvais ?

    D’ailleurs, si M.Berlusconi fait passer ses intérêts avant ceux de la nation, il la tient quand même en une seule pièce, et il a, semble-t-il, un bon ministre des finances. Qu’arriverait-il si sa myriade d’adversaires prenait le dessus ? Un chaos de coups tordus ?

    M.Berlusconi n’est pas le mal personnifié, mais le fruit du système politique italien ?

    Les pays émergents produisent nos médicaments

    On découvre que « Aujourd'hui, 80 % des principes actifs de médicaments sont fabriqués en Chine et en Inde, contre à peine 20 % il y a trente ans ». Délocalisations massives. (Article de la Tribune : Faut-il craindre une pénurie de médicaments en France ?)

    D’où multiplication des ruptures de stock ; qualité douteuse.

    Raison ? Réduire les coûts de production. Mais la cause principale serait l’État et ses génériques.

    Ou, plutôt, sa faute est d’avoir fait de la santé un marché, avec tout ce que ceci sous entend de coups tordus ?
    L’utilisation du mot « profit » est un signal qui met en cause la notion même de confiance. (Kenneth Arrow, dans un autre billet)
    Compléments :
    • Nouvel exemple des ravages de la mode de la « supply chain », et des problèmes de traçabilité qu’elle présente ? (Vers une crise du médicament frelaté, à l'image du lait frelaté chinois ?)
    • Les externalités de la mode de la supply chain commencent à être mesurées.
    • Comment nous en sommes arrivés ici : réforme des systèmes de santé.