mardi 9 août 2011

Peu performant Obama ?

Ce blog est né quasiment avec B.Obama et essaie depuis de cerner sa personnalité. Que révèlent ses dernières mésaventures ? An underperforming president

Il a trop tardé à agir, puis a été victime de son manque de conviction, et de son amour du compromis, qui a été exploité par les Républicains. Vision angélique de l’Amérique qui n’est pas appropriée au cynisme de ses adversaires ?

Il est certain que peu de gens aimeraient être à sa place : il a hérité « une situation initiale d’enfer : un effondrement financier, une économie prostrée, deux guerres. Maintenant il est en face d’une opposition d'enfer : un Parti Républicain populiste et irresponsable, dont les voix modérées ont été réduites au silence par des idéologues et qui a fait de son éviction du pouvoir le centre de son programme politique ».

S’il veut s’en tirer (et le pays avec lui ?), il va falloir « qu’il relève son niveau de jeu ».

Le champion américain n’est jamais aussi bon que dans les situations désespérées… En tout cas, s’il réussit, il méritera une grande estime…

Compléments :
  • Par ailleurs, il me paraît bien seul…

Démocratie et corruption

Les trains déraillent en Chine. Coupable : la corruption, qui fait que l’argent de la nation est détourné de sa destination.

Cela ne serait pas arrivé dans une démocratie, où règne la transparence, dit The Economist. (Of development and dictators)

Quoi que. Le comportement honteux des élus américains et le manque de détermination des gouvernements européens le fait douter. (S&P's credit rating cut: Downgrading our politics | The Economist)

Succès de Google+

Je lis que Google+ a 25m de visiteurs, selon Le Monde.

Il me semble que le réel critère de succès est l’activité des dits adhérents. Pour ce que j’en juge, elle n’est pas grande.

Pour le moment le scénario qui me semble le plus vraisemblable est que Google+ occupe une niche. Mes observations : ceux qui rejoignent Google+ sont des « early adopters » qui aiment la technologie pour la technologie. Si une communauté de telles personnes part en même temps, il est probable qu’elle survivra sur Google+. Mais je ne vois pas bien quels intérêts pourraient avoir la grosse majorité des utilisateurs de Facebook à les suivre, d’autant plus que les « early adopters » resteront sur Facebook. 

lundi 8 août 2011

Avenir de l’Europe

J’entendais hier parler un professeur d’économie. Il semblait confirmer le point de vue selon lequel soit l’Europe se dote d’un système de gouvernement économique, avec obligations européennes, soit il y a dissolution de la zone euro (et ?). (Hot, hot August)

La France est effectivement la prochaine cible des marchés : son taux d’endettement atteindrait 100% de son PIB, si elle devait venir au secours de l’Italie. (The midget and the mighty)

Faute de combattants, l’Allemagne ne va-t-elle pas rester seule ? D’elle, qui ne semble vouloir ni d’obligations ni de gouvernement européens, dépend l’avenir de l’Europe ? Du monde ? Redoutable responsabilité ?

Compléments :
  • Ce matin, un financier semblait dire à la BBC que les marchés ne voulaient que l’intervention de la BCE pour les rassurer quant à la pérennité de la dette européenne. Scénario à la japonaise où rien n’est réparé, mais il n’y a pas de crise pour autant ? 

Erreur de Kant ?

Le billet précédent me fait penser que l’impératif catégorique de Kant est erroné.

Il estime que c’est la raison de l’homme qui doit lui dire comment se comporter correctement.

Sa recommandation de prendre des « décisions universelles » conduit tout le monde à faire la même chose, d’où, lors du Tsunami de Noël 2004, une avalanche de dons finalement inutiles.

L’homme ne doit-il pas agir, comme dans l’exemple précédent, en fonction de ce qu’il « sent » que vont faire ses congénères ?

Ce qui est curieux est qu’il me semble que c’est aussi ce que dit Kant, au sujet de l’art : seule l’intuition permet à l’homme d’appréhender ce qui dépasse son entendement. 

Systémique et aviron

C’est la hauteur des mains des rameurs qui maintient la stabilité d’un bateau d’aviron, qui n’en a aucune. Or, pour qu’il aille vite, il doit être stable.

Il y a quelque chose de paradoxal ici : si le bateau est déséquilibré, chaque rameur va changer la hauteur de ses mains et le déséquilibrer encore plus.

En fait, il arrive un moment où le rameur a appris à anticiper le mouvement de ses coéquipiers, et à faire ce qu’il faut. L’équipage est devenu un « système ». Il a développé, quelque part dans l’inconscient combiné des rameurs, une forme de boucle de rétroaction, qui maintient l’équilibre du navire. 

Un balcon en forêt

Julien Gracq, 1958, José Corti.

Drôle de guerre, vraiment. Un officier garde un blockhaus dans la forêt des Ardennes. Monde en suspens,  en sommeil, moment de paix au cœur de la nature.

Curieux de penser qu’au même moment, en Allemagne, un peuple se vautrait dans des théories d’un ridicule déconcertant, d’un retour à un moyen-âge caricatural, et ne rêvait que de destruction.

Il en faut bien peu pour transformer l’homme en bête, prête à croire toutes les stupidités ?

dimanche 7 août 2011

L’Europe plonge ?

Les marchés doutent à nouveau de l’Italie et de l’Espagne. S'il faut les secourir, la dette française dépassera l'acceptable. (Rearranging the deckchairs)

Comment en est-on arrivé là ? Le gouvernement français n’a jamais été très vertueux, mais le dernier plan de relance et un ambitieux programme de réduction de recettes semblent avoir été les gouttes qui ont fait déborder le vase.

Pourquoi l’économie n’a-t-elle pas redémarré dans ces conditions, après tout l'entreprise est fortement stimulée ? Serait-elle un trou noir qui ne sait plus qu’absorber ?

Compléments :
  • S’il doit y avoir plan de rigueur, la nation acceptera-t-elle une réduction des programmes de l’État ou accusera-t-elle ses gouvernants d’avoir « privatisé les bénéfices et socialisé les pertes » ?

Haine de l’étranger


Pourquoi, en Norvège, tue-t-on des immigrés, mais aussi des Norvégiens de souche ? se demande Scientific American. (What Causes Prejudice against Immigrants, and How Can It Be Tamed?: Scientific American)

Au cœur de la question serait notre nature d’animal social, et l’investissement que fait l’individu dans la société.

L’étranger représenterait un danger parce qu’il véhicule des maladies auquel notre système immunitaire n’est pas habitué. Cependant, il suffit qu’il semble suivre nos normes sociales pour qu’il ne soit plus inamical.

Mais, il est encore moins menaçant que le membre de notre groupe que nous soupçonnons vouloir le trahir. 

Champions nationaux

Après l’ère libérale, nous en sommes revenus à une politique industrielle, une forme de protectionnisme.

Curieusement, il semblerait que beaucoup de nos champions soient nos ex services publics (EDF, FT, RATP, SNCF) ou une combinaison privé public (GDF Suez).

Nos précédentes expériences dans le domaine n’ont pas connu que des succès : FT, Crédit Lyonnais… Sans parler des multiples « plans » (cf. le « plan calcul » qui devait nous transformer en silicon valley…).

Le danger de l’opération est, outre le risque du « too big to fail » (FT), une croissance externe déraisonnable (FT, Crédit Lyonnais), combinée à un monopole national qui essorerait le petit peuple.

Le facteur clé de succès est probablement une croissance interne, à l’allemande, c'est-à-dire la capacité à investir à bon escient. Pour cela il faut des dirigeants qui comprennent le métier et le marché de l’entreprise, des entrepreneurs.

Compléments :

  • La politique industrielle consiste à développer les compétences naturelles du tissu économique national, pour qu’il acquiert un avantage qui lui permette de décourager les offres concurrentes. (Ce qui n'est pas forcément répréhensible : le système mondial atteint un équilibre sain, si chaque nation parvient à développer des compétences à elle.) LIST, Friedrich, Système national d'économie politique, Gallimard, 1998.

samedi 6 août 2011

Identité de la France

Intuitivement, je trouvais une bonne idée d’organiser un débat sur « l’identité de la France ». Comme les anciens Grecs, j’ai l’impression que la créativité naît de la confrontation des idées.

Peut-être n’ai-je pas bien écouté ? Rien de marquant ne semble en être sorti. D’ailleurs est-il en cours ou fini ?

Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus « d’identité française » ? Plus de nationalisme qui transporte les foules et enflamme les débats ? Le Français a-t-il le sentiment que nous sommes avant tout des hommes, que ses problèmes sont mondiaux ? 

Internet : danger de l’anonymat ?

On dit que sur Internet « personne ne peut savoir que vous êtes un chien ».

On dit aussi que, grâce aux technologies de l’information, l’anonymat devient impossible.

En conséquence, je me demande s’il n’est pas dangereux d’utiliser un pseudonyme. Il n’y a aucune garantie que cela permette l’anonymat. Et l’anonyme démasqué paraît hypocrite.

Compléments :
  • Cette discussion ne s’apparente-t-elle pas à celle sur le vote, de John Stuart Mill ? Il le considérait comme un acte social, donc non anonyme. (Voir la dernière partie de mon billet.)

Faille radicale

Les valeurs de la France semblent radicales et pourtant aucune politique radicale n’est crédible. Pourquoi ?

Durant la troisième république, le radicalisme voulait la séparation de l’Église et de l’État, l’école publique, des régimes sociaux.

Quant à notre libéralisme il veut détruire l’État pour donner ses services aux marchés.

Le FN, lui, veut chasser les immigrés et liquider l’Europe.

Bons ou mauvais, voilà des programmes. Et il faut un programme pour rallier un électorat. Mais le radicalisme, depuis presqu’un siècle, n’a plus rien à proposer sinon de vagues idées.

Compléments :

vendredi 5 août 2011

Mauvais résultats de Veolia

J’ai entendu dire que les résultats de Veolia étaient mauvais. Curieux, ceux de Suez, qui lui ressemblent, sont bons.

Si je comprends bien le FT, une explication possible de ces difficultés serait une expansion internationale un peu précipitée.  

Alarme

Je suis réveillé par l’alarme de la caisse de retraite logée dans mon immeuble. Erreur de manipulation, sans doute.

Je me suis toujours demandé si l’invention des alarmes n’était pas symptomatique de l’esprit de notre temps :

  • L’alarme, c’est un individu qui appelle à l’aide la société. On peut imaginer que, dans un monde d’entraide et où tout le monde se connaît, il n’y en a pas besoin.
  • L’alarme fait aussi intervenir la question que l'économiste appelle « externalité négative ». Il s’agit de faire payer par la collectivité ce qui est devrait dépendre de sa propre responsabilité.
(à creuser)

Esprit du temps

Nathalie Ravidat fait une revue de la littérature sur la théorie des « stakeholders » (parties prenantes), autrement dit de la façon dont les entreprises conçoivent leur relation à leur environnement humain.

Elle divise les travaux en deux familles : la vision défensive et la collective.
  • La première fait l’hypothèse implicite que l’entreprise doit se défendre contre le pouvoir de nuisance de ceux qui l’entourent, qui veulent lui voler son bien. C’est une vision individualiste et égoïste, d’un monde clos et stable régi par le rapport de forces.
  • La seconde pense l’avenir imprévisible, source de dangers mais aussi d’opportunités. Seule la coopération permet de faire face à cette situation, et d’en tirer le meilleur. C’est une vision solidariste.
La première vision me semble avoir dominé notre pensée récente. Martine Aubry a voulu diviser la richesse, Nicolas Sarkozy la rendre aux riches. Question de répartition dans les deux cas. Individualisme soixante-huitard ?

Et s’il suffisait de nous persuader que l’avenir est incertain pour nous rendre sympathiques ? 

Cercle vicieux syndical ?

Les syndicats ne sont-ils pas montés à l’envers ?

Représentent-ils beaucoup plus que les intérêts de leur technocratie interne ? Que défendent-ils, sinon un « monde ouvrier » mythique ? Favorisent-ils des transformations qui pourraient être bénéfiques aux employés ? Quelle est l’utilité de leurs grèves ? Pourrir la vie du petit peuple et détruire l’image des institutions qu’ils disent défendre ?...

Quel devrait être leur mission ? Le problème du moment : l’exploitation du petit (employé, actionnaire, client, entrepreneur…) par l’oligarque (financier, consultant, dirigeant à bonus…) ?

Et si le syndicat cherchait à rétablir l’équilibre entre eux ? En jouant sur le nombre des petits, qui, fédérés, sont plus puissants que les gros ? En montrant que l’intérêt de l’entreprise, de la société, et même de l’environnement n’est pas celui que l’on croit ?...

Compléments :

jeudi 4 août 2011

Rationalité des marchés

Les pays que les marchés pensent les plus certains de faire faillite : La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont au sommet, plus risqués que le Venezuela et le Pakistan ; l’Espagne est moins sûre que l’Égypte révolutionnaire. (How much closer a union?)
Raison ? Cacophonie de la communication gouvernementale européenne.

Autrement dit la rationalité des marchés (dont on nous a rebattu les oreilles) est nulle. On les manipule par la propagande.  

Bénéfices de l'altruisme (suite)

Les États américains riches subventionnent les États pauvres dans des proportions étonnantes. S’il était un pays indépendant, le Nouveau Mexique, par exemple, aurait un rapport dette sur PIB de 260%. C’est bien plus terrible, et de très très loin que la Grèce (dont l’endettement serait de l’ordre de celui de la Virginie). (Greek Americans)

Dans les mêmes conditions, si vous donnez des noms différents aux gens (Allemands, Grecs…), vous avez une crise ; si vous leur donnez le même nom (Américains), pas de crise. Rationalité humaine. 

Le vent de la plaine

Film de John Huston, 1960.

Film d’une époque où l’Américain vivait dans des huttes enterrées.

Intéressante problématique : appartient-on à sa famille génétique ou à la société que l’on a adoptée ?

mercredi 3 août 2011

Les bénéfices de l’altruisme

Une nouvelle étude sur l’avantage concurrentiel de l’altruisme, pour une société.

Curieux que ce type d’études se mette maintenant à sortir. Il y a encore peu toute la science semblait penser comme le libéral que l’individu optimisait une fonction d’utilité… 

Reflux de la vague d’outsourcing

Quelques-uns des pires désastres économiques de ces dernières années ont été causés ou aggravés par l’externalisation. Il y a huit ans, Boeing, le plus gros fabricant d’avions américain, a décidé de suivre l’exemple des fabricants automobiles et d’utiliser des sous-traitants pour faire le gros œuvre de son nouveau 787 dreamliner. Ce fut un cauchemar. Certaines pièces ne s’ajustaient pas. Parmi les dizaines de sous-traitants, certains n’arrivèrent pas à livrer leur composant dans les temps, malgré qu’ils aient sous-traité leur travail à des sous-sous traitants. Boeing a dû reprendre des fournisseurs pour leur éviter de disparaître. Si le Dreamliner sort des lignes de production à la fin de l’année, comme le promet Boeing, ce sera avec un surcoût de plusieurs milliards et trois ans de retard.
On constate le désastre qu’a été l’outsourcing. C’était bien une mode de management.

Mais difficile de revenir en arrière : les entreprises n’ont plus les compétences sous-traitées.

L’outsourcing n’est pas mort, mais dorénavant il devrait être plus intelligent. (The trouble with outsourcing)

Compléments :
  • J’avais fait ce constat dans un livre, il y a quelques années. Simple bon sens. Que les entreprises n’aient pas voulu le comprendre montre probablement qu’elles préféraient les illusions à court terme à une gestion durable de leurs affaires. 
  • Billet de ce blog sur ce sujet. Et désaccord avec Hervé Kabla...
  • L'article explique aussi que l'Angleterre a externalisé 10% de son emploi...

Animal Kingdom

Film de David Michôd, 2010.

Très sobre, et très impressionnant film sur le milieu australien, vu de l’intérieur.

Plongée dans une inquiétante famille de déséquilibrés (qui semble avoir existé). Quand une société marginalise une partie de sa population celle-ci reconstitue une forme de normalité, menaçante pour la normalité collective ?

mardi 2 août 2011

Reconnaissance de visage

Avec ce que l’on trouve sur Internet et la nouvelle génération de logiciels de reconnaissances de visage il est de plus en plus facile de savoir qui est qui dans une foule, et même de lui associer quelques-uns de ses intérêts.

Fin de l’anonymat dit Anonymous no more.

Les médias sociaux méritent décidément bien leur nom. 

Irrésistible Mittelstand

Les ventes des entreprises du Mittelstand allemand croissent au rythme de 12% par an, plus vite que la Chine. (Beating China)

Leur secret semble être une stratégie de niche, et un réseau économique (alliance entreprise, sous-traitance, employés, dirigeants, universités), qui n’outsource que ce qui n’est pas critique. 

L’invention de la psychanalyse

J’écoute d’une oreille distraite Michel Onfray parler d’Otto Gross, un psychanalyste. Il semblait, comme Nietzsche d’ailleurs, fort dérangé.

Et si la psychanalyse était née pour guérir les maux que la société de l’époque s’était infligée ?  

Et si le savant était simplement une personne particulièrement affligée des vices sociaux – dans cette profession être détraqué est un avantage concurrentiel - et qui a la capacité de rationaliser son expérience ?

Pour faire avancer la science, il suffit de modifier l’état de la société ?

Compléments :

lundi 1 août 2011

Le Monde et le Syndicat du livre

« Louis Dreyfus président du Groupe Le Monde, compare le nombre de personnels au Temps, un quotidien suisse, qui emploie 24 ouvriers d’impression, contre 110 ouvriers d’impression pour Le Figaro et 260 pour Le Monde. Les journaux français coûtent en moyenne 40% de plus à imprimer qu’ailleurs en Europe. » Il semblerait que M.Niel veuille affronter le Syndicat du livre. S’il gagne, la presse française pourrait renaître. (The revolution at Le Monde)

Un syndicat doit-il défendre les avantages acquis ou aider ses membres à évoluer de façon à ne pas avoir à affronter ce genre de conflit ?

Où va l’Égypte ?

Pas facile de comprendre très bien où va l’Égypte. Le peuple est toujours dans la rue, l’armée au pouvoir et l’ambiance ne paraît guère démocratique. Il semblerait même que les courants islamistes fondamentalistes s’allient aux militaires pour faire régner le calme.

Ce ne serait peut-être qu’une illusion, que « comme avec les théâtrales batailles de rues égyptiennes, l’humeur de suspicion et de récrimination va se révéler le prélude d’une réconciliation durable ». (Torrid post-revolutionary times) Curieux.

Fondant au chocolat

Ce blog est un redresseur de mes idées fausses. Une de plus : le fondant au chocolat.

Je soupçonnais que les fondants au chocolat du restaurant étaient une entourloupe. Combiné à la chaleur, un additif devait rendre liquide le cœur du gâteau.

En fait, je viens de constater qu’il est très facile à fabriquer, et que le centre reste mou à température ambiante.

Comment expliquer le phénomène ? Le chocolat est fondu avec du beurre, et il semble que c’est cette matière grasse chocolatée qui se concentre au centre du gâteau, et est naturellement molle. Le pourtour se durcit à la chaleur.

Le fondant au chocolat est-il sorti des équations d’un chimiste, d’une expérimentation par essais / erreurs, d’un heureux hasard… ?

dimanche 31 juillet 2011

Nouvelles du mois

Gouvernements à cours de munitions

«  Quand les marchés tanguaient, les banques centrales réduisaient brutalement les taux d’intérêt. Un sous-produit de cette politique a été une série de bulles alimentées par endettement ». « Une politique qui a consisté à éviter les petites récessions a résulté en la plus grande crise depuis les années 30. » «  Il reste peu d’options aux gouvernements des pays riches si l’économie s’affaiblit encore. » (Running out of options)

Déséquilibre social et crise de l’Occident

La crise viendrait-elle des divisions de la société ? Entre ceux qui s’accrochent à leur travail, et ceux qui n’en ont pas ; entre les syndicats et le reste du monde ; entre les vieux et les jeunes ? (Turning Japanese)

Faut-il aussi ajouter à cette liste ceux qui se sont massivement enrichis, comme certaines classes de la population, certains pays, et certains secteurs économiques (les banques, la santé…) ? Cela peut-il expliquer pourquoi les gouvernants mondiaux ont tant de mal à remettre l’économie en marche ?

Lire News of the World

News of The World était de toutes les croisades portées par le bon sens populaire. Celles qui exploitent tous les crimes pour clamer que la justice n’est pas assez punitive. Il s’affirmait le seul avocat du petit peuple des gens qui travaillent dur.

Ses dirigeants étaient les meilleurs amis de toutes les victimes. On découvre maintenant que c’était pour mieux violer leur intimité (British Judge Outlines Hacking Investigation - NYTimes.com), en faire profiter leurs journaux, leurs bonus et leurs carrières, fulgurantes.

Résumé de l’histoire récente de notre société ?

Le libéralisme triomphant, que l’on n’a pas osé nommer néoconservatisme en Europe (La pensée anti 68), a été un capitalisme primaire n’ayant pour morale que le gain, et qui a manipulé grossièrement le sentiment populaire pour atteindre ses fins ?

Changement dans le métro

Depuis des années, le métro parisien est un chantier.

Pour la première fois de mon histoire d’usager de la RATP, j’ai vu des stations fermées et des correspondances suspendues. Ce qui m’a démontré, une fois de plus, à quel point j’étais peu adapté au changement : mon emploi du temps en a été totalement déboussolé.

La poussière retombe. Qu’en ressort-il ? Une surprise : rien.

Depuis mon enfance, je suis habitué à un métro innovant : métro sur pneu, ligne 14… D’ailleurs, il n’est pas que le moyen de transport du parisien, c’est aussi celui du touriste. En cela il est l’image de la France, et de la Ville Lumière.

Cette fois-ci, je ne perçois pas ce que le passager ou le standing du pays y ont gagné. Difficile de voir en quoi les stations ont été rénovées, sauf, peut-être, FDR, qui a maintenant l’aspect d’une boîte de nuit. Le système de portillons de la ligne 1, bientôt automatisée, parait « low cost ». Et les rames, dont beaucoup sont branlantes, connaissent de plus en plus d’incidents.

Un changement « orienté client » ?

samedi 30 juillet 2011

Vol Rio-Paris

L’accident du vol Rio-Paris illustre peut-être un des grands théorèmes de la systémique : le problème est dans la solution.

Les pilotes de l’appareil l’ont cabré, alors qu’il aurait dû piquer du nez.

Il est souvent une bonne idée de faire le contraire de ce que l’on pense bien.

Cet enseignement s’applique-t-il à notre crise ?

Compléments :

L’homme change

Il est fréquent que les psychologues expliquent nos irrationalités par le fait que l’homme a été créé il y a fort longtemps, à une époque où Internet n’existait pas.

Cette opinion changerait. Le génome de l’homme a subi des évolutions rapides. Pourquoi pas son cerveau ? Et pourquoi n’aurait-il pas conçu la société à l’image de celui-ci ? (Fast-Evolving Brains Helped Humans out of the Stone Age: Scientific American)

Dégraisser le mammouth

Si je comprends bien, pour cause d’économie, l’État réduit le nombre d’enseignants et de policiers.

Il veut gagner en productivité, or, que je sache, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire qu’un enseignant ou un policier soit plus efficace que par le passé. L’État ressemble-t-il à une entreprise qui arrêterait sa production pour faire des économies ?

Et si l’économie devait venir de l’infrastructure, et pas des simples soldats ? « reengineering » des services de support ?

vendredi 29 juillet 2011

Rad-soc Chirac

Je trouve par hasard un extrait du livre d’Anne Fulda sur Jacques Chirac.

Il y apparaît beaucoup plus complexe et riche qu’on ne le croit d’ordinaire. Au fond ce serait un « radical socialiste ». Ce qui va peut-être dans le sens de ma thèse selon laquelle le gaullisme serait une forme de radicalisme.  Mais, sa version actuelle ne semble pas très agissante. Radical-contemplatif ?

Mérites de l’hypocrisie

Dans La conquête, je faisais un parallèle entre N.Sarkozy et Colombo. Depuis je me demande si la comparaison avec Lenny n’est pas plus appropriée.

Les deux considèrent que, parce que tout le monde fait des entorses à la morale installée, il faut s’en débarrasser. Bénéfice : il n’y a plus d’hypocrisie.

À la réflexion, je crois qu’ils ont tort. L’hypocrisie est une solution « innovante » au problème du respect de nos idéaux, « hommage que le vice rend à la vertu » selon La Rochefoucauld. En la liquidant, on renonce à la vertu, et peut être à la société. Plus que des individus poussés par des appétits primitifs ? Le marché, autrement dit ?

Lois des systèmes

Von Bertalanffy pensait que tous les systèmes obéissent à des lois communes (ce qui ne signifie pas qu’ils n’aient pas de lois particulières). Si ce postulat est vrai, il est possible, par exemple, de déduire des lois valables pour les organisations humaines, à partir de lois biologiques et inversement.

Quelques phénomènes présents partout :
  • Différenciation. L’évolution voudrait que les organismes passent de l’équilibre dynamique à la spécialisation ou à la mécanisation (régulation par boucle d’asservissement), « le progrès n’est possible que si l’on passe d’une totalité indifférenciée à une différenciation des parties » mais « cette ségrégation progressive implique perte de régulabilité ». Par exemple, aux premiers jours de la vie de l’embryon, les cellules sont indifférenciées, puis, progressivement, il y a spécialisation : les organes, qui fonctionnent comme des machines, apparaissent. De même, l’enfant confond tous les sens, progressivement ceux-ci se différencient. Mais la mécanisation ne peut être totale sans quoi l’organisation ne peut plus évoluer.
  • Élément dominant. Un changement insignifiant d’un élément dominant engendre un changement considérable de l’ensemble. Il existe des phénomènes de « centralisation progressive » : dans les systèmes organisés, un élément devient généralement dominant (exemple : système nerveux).
Compléments :
  • BERTALANFFY (von), Ludwig, Théorie Générale des Systèmes, Dunod, 2002.
  • Par ailleurs, il semblerait que plus le système est complexe (la complexité est notamment liée au nombre d’éléments en interaction) moins il faut d’énergie pour le faire évoluer.

jeudi 28 juillet 2011

Zone euro : les difficultés continuent ?

« En bref ce que les marchés semblent voir est un désastre à la périphérie et la japanification du centre. » dit Paul Krugman de la nouvelle dégradation des affaires européennes.

Gouvernement impuissant ?

Triste histoire que celle que raconte Le Monde. Drame du chômage et du gouvernement. Depuis 5 ans, il se réjouit des succès de sa politique, pourtant le chômage croît, inéluctablement.

Face au mouvement des événements, l’homme est-il une mouche du coche ?

Toujours est-il que relever les promesses non tenues du gouvernement devient une distraction nationale. Le Figaro y contribue même. Il reprend le discours de notre président à Grenoble, il y a un an : peu en a résulté. 

Règle d’or

Le gouvernement veut inscrire dans la constitution une loi interdisant les déficits excessifs.

Du coup, j’ai regardé le dernier rapport de la Cour des comptes sur sa gestion. À la fin, se trouve une série de tableaux qui comparent les positions des pays de la zone euro. Sur plusieurs, la France n’est séparée des PIGS que par la Slovénie. Je n’avais pas réalisé que notre situation était aussi préoccupante. Et notre place de champion de la dépense publique ne nous a été volée par l’Irlande que cette année…

D’après le rapport, qui lui a déplu, le gouvernement serait plus efficace dans la suppression de recettes (TVA restaurateur, Taxe d’apprentissage…), que dans celle des dépenses. Curieusement, les collectivités territoriales, socialistes, seraient plus vertueuses que l’État.

Quel intérêt notre président a-t-il eu d’agiter ce sujet ? Le gouvernement n’est-il pas au courant de ces chiffres ? Complexe de supériorité en termes de gestion ? Pense-t-il que le Français se contente de paroles ?...

Compléments :

Taxe pour la fortune

Harald Hau, un économiste, remarque que le plan de secours de l’Europe à la Grèce est l’équivalent d’une subvention de 200md€ des contribuables pauvres, aux banques et aux riches qui les possèdent.

Selon lui il fallait laisser les banques périr de leurs erreurs. L’Etat y aurait alors investi. Cela aurait moins coûté, et aurait permis au contribuable d’entrer en partie dans ses fonds lors de la remise sur le marché après assainissement.

Pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas mieux défendu nos intérêts, ils étaient pourtant en position de force ?

Peur de faire le lit de Mme Le Pen ; pas les compétences de reprendre une banque ; le lobbying bancaire est irrésistible et fait la politique des États ; la BCE a été kidnappée par les banques.

Bientôt, une révolte des contribuables ? (Eurozone bailout: Taxpayer transfer to the wealthy?)

Systémique et crise de l’euro

Une modélisation grossière des événements du moment semble donner le schéma suivant.

Aux USA, les banques ont prêté aux individus insolvables, en Europe, elles ont prêté aux États insolvables.

Pour éviter un désastre (mais était-ce la seule solution ?), les États à peu près solvables se sont portés au secours de la finance en faillite. Les USA et les États de la zone euro sont donc maintenant endettés. Étrangement, ce n’est pas le modèle allemand qui nous a contaminés, mais le modèle grec.

Le système qui était cause de la crise est resté inchangé. Dans ces conditions, qu’est-ce qui peut faire redémarrer notre économie ?

Compléments :

mercredi 27 juillet 2011

Japon et Italie

Plus de dette que l’Italie, une population en déclin, un commerce déficitaire, et un Yen qui grimpe. Pourquoi le Japon ne préoccupe-t-il pas les marchés ?

Parce que sa dette est entre les mains des siens. En particulier des entreprises qui ont beaucoup investi à l’étranger et qui rapatrient leurs dividendes. (The domino that never falls)

Incapable de se remettre en cause, le Japon consomme ses économies ?

Le capitalisme sauvé par la femme ?

Imposer un quota de femmes aux conseils d’administration des entreprises serait désastreux dit The Economist.

Pas besoin de passer en force. Depuis que Facebook a une femme à sa tête, son image est transformée. Après les dynasties politiques, les dirigeants d’entreprise doivent comprendre que la femme rend aimable leur dictature. 

Chaos indien (suite)

L’Inde s’est libéralisée en 1991.

Aujourd’hui, il lui manque des routes, une main d’œuvre qualifiée et de l’énergie… (One more push)

Limites de l’économie de marché ? 

La conquête

Film de Xavier Durringer, 2011.

Je voulais voir Animal Kingdom. Mais, erreur de ma part ?, ce n’était pas le film projeté lorsque je suis entré dans la salle. Pourtant, je n’ai pas regretté mon incursion dans cet autre royaume animal.

La conquête n’a pas eu une bonne critique. On lui a reproché de ne rien nous apprendre de nouveau.

En fait, c’est la logique qui se dégage de ce connu regroupé en un temps court qui est intéressante.

À commencer par Nicolas Sarkozy : étrangement, je n’avais jamais pensé qu’il pouvait être en permanence comme il est dans ses discours. Je croyais qu’il s’était inventé un personnage, homme du peuple. Pas du tout.

L’histoire de La conquête, c’est Colombo contre Talleyrand. D’un côté quelqu’un qui ne fait aucun effort pour se conformer aux exquises conventions de la diplomatie française, et de ses palais, et qui ose être ce qu’il est et dire ce qu’il pense, de l’autre l’establishment des hauts fonctionnaires, sommet d’hypocrisie perfide.

Mais si Sarkozy n’avait été que Colombo, il aurait échoué. Un nombre insuffisant d’électeurs se reconnaît dans les valeurs qu’il aime. Il a donc cherché pour ses discours des rédacteurs qui pensent comme ceux qu’il voulait attirer. La manœuvre a réussi, mais il n’y a plus eu de cohérence entre acte et parole. 

mardi 26 juillet 2011

Réforme à l’italienne.

La semaine dernière, les marchés s’en prenaient à la dette italienne. Miracle. Une réforme est votée, instantanément. Qui a dit que l’Italie était désespérément inefficace ? Et c’est de la poudre aux yeux. Mais les marchés sont calmés. (Can he finally get Italy motoring?)

Décidément, nos gouvernants ont du talent. (Billet précédent)

David Cameron

Le scandale de News of the world a révélé que M.Cameron n’était jamais aussi fort qu’en situation difficile. C’est probablement pour cela qu’il manque de prudence. (Wider still and wider)

Pour les Grecs la qualité de l’homme d’État était la prudence. Aujourd’hui nous tendons à élire des indestructibles, imperméables au scandale. 

Stress hérité

Le stress passe de la mère à l’enfant. Épigénétique : nos conditions de vies peuvent conditionner les gènes de nos enfants. (Baby blues)

Du coup des temps troublés tendent à se perpétuer. Ils stressent les mères qui ont des fils stressés, qui stressent leurs épouses… 

lundi 25 juillet 2011

iPhone et Android

Android est plus coûteux qu’il n’y paraît : Apple a breveté beaucoup de choses (par exemple pouvoir faire des manipulations de l’écran avec la main), et l’utilisateur d’Android doit lui payer des royalties. (Android alert)

Grèce et contribuable français

Pourquoi la France déploie-t-elle tant d’énergie au secours de la Grèce ? Parce que son gouvernement préfère ses banques à ses contribuables.
  • Les premières sont menacées, un peu par la Grèce, beaucoup par l’Italie. 
  • Les seconds se pensent assistés, et n’ont pas compris que leur argent subventionnait des placements aventureux. (Bail-outs? Bof…)
Bref, c’est 15md de plus pour la dette française, selon François Fillon. « Nous étions au bord d’un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant » ?

Compléments :
  • Dernière phrase : Félix Houphouët-Boigny.
  • L’article semble penser qu’il y a là une avenue pour le FN.
  • Exposition des banques françaises au risque italien : The road to Rome. « À la fin de l’année dernière les banques françaises détenaient près de 100Md€ de dette souveraine italienne (el leur exposition à l’Italie était environ quatre fois plus grande). »

Last Life in the Universe

Film de Pen-ek Ratanaruang, 2003.

Film sympathique à l’humour décalé.

Faut-il voir plus que la rencontre de deux solitudes ? Un Japon a-t-il besoin d’une bouffée d'exubérance thaïlandaise pour sortir de sa crise existentielle ? (Et la Thaïlande a-t-elle besoin du Japon pour remettre sa maison en ordre ?)

dimanche 24 juillet 2011

La Belgique sauvée par la crise ?

Bien que la Belgique n’ait jamais été aussi bien gérée que depuis qu’elle n’a plus de gouvernement, les limites du séparatisme flamand pourraient apparaître.

S'il y a divorce, qui va récupérer les dettes du pays ? Et la riche et francophone Bruxelles ? Et si les marchés s’en prenaient à la dette belge ? (Ceci n'est plus un pays)

Grèce irresponsable ?

Que faire si la Grèce ne se réforme que mollement, et connaît un déficit chronique ? Le système européen d’aide aux pays déficitaires récemment adopté masque le problème qui est au coeur de la crise de la zone euro.

Sachant qu’elle fait courir au monde un risque systémique, la Grèce est en situation de prise d’otages. Or, l’irresponsabilité est devenue un sport international.

Problème de l’agence, disent les économistes.

Que peut faire l’Europe, si la situation se présente ? Deux idées :
  • La méthode Badgehot. Les gouvernants grecs sont remplacés par des représentants de l’Europe. Le pays est remis en ordre, puis rendu à son fonctionnement habituel.
  • Une technique que j’ai utilisée pour des filiales de groupe. Les dirigeants de la filiale concernée doivent présenter un plan de redressement. Un animateur extérieur les aide à le construire. Ce faisant, il s’assure qu’ils savent le mettre en œuvre. Ensuite, il n’y a plus qu’à suivre la réalisation du plan d’action. 

Brésil, France, champion national

Près de 80% des transports collectifs hors Ile de France sont assurés par seulement deux sociétés.

Curieusement, cela rappelle la situation brésilienne : un petit nombre de champions nationaux essorent le marché local, au motif que c’est leur base de conquête du monde. Et, même histoire dans les deux pays : ces entreprises sont passées du public au privé.

Le champion national est-il dans l’intérêt général ? Pas nécessairement. Selon la logique de portefeuille de la matrice BCG, la France est une vache à lait (faible croissance, part de marché dominante). Autrement dit, elle sert à alimenter l’expansion internationale. 

Systèmes et changement

La systémique explique que les systèmes se caractérisent par des mécanismes de maintien d’équilibre. En fait, c’est eux qui font que le système est système. Von Bertalanffy parle de deux mécanismes de régulation :
  1. La boucle d’asservissement, qui permet un type de régulation automatisé (cf. le thermostat).
  2. L’équilibre dynamique : c’est l’action des différents composants du système qui amène à une convergence vers un état stable en dépit de fluctuations de son environnement (équifinalité). Le mouvement des ailes des abeilles maintient la température de la ruche.
Ces mécanismes expliquent aussi la résistance au changement : le système résiste parce que nous voulons le démolir.

Pour faire évoluer un système il faut le prendre dans son ensemble, et non, comme nous le faisons intuitivement, en ne regardant que ce qui ne va pas. Si un organe est malade, il faut soigner le corps. Idem pour une société.

Compléments :
  • BERTALANFFY (von), Ludwig, Théorie Générale des Systèmes, Dunod, 2002.

samedi 23 juillet 2011

La zone euro casse son thermomètre ?

Que signifient les décisions récemment prises par la zone euro ?
  • Elles veulent l'isoler des marchés. Première étape : la dette grecque est entre les mains des pouvoirs publics.
  • Mais la manœuvre n’est qu’incomplète : le Fonds de solidarité n’a pas les moyens d’isoler de plus grosses économies (Espagne, Italie, France). Pour cela, il lui faut un volume d’eurobonds susceptible de déclencher une attaque cardiaque massive chez le contribuable allemand (et peut être même français).
  • Ce n’est qu'un début. Il reste le problème sans lequel rien ne serait arrivé : l’anémie économique de la zone euro.
Sa résolution exige certainement une modification structurelle de la société européenne. Difficile de la voir réussir sans une crise grave, politique, comme le dit mon premier billet de la journée.

Bref, si la zone euro n'éclate pas, l'avenir européen est à une transformation sociale - bien plus qu'à un fédéralisme mollasson - difficilement imaginable aujourd'hui. Pour l'instant, nos gouvernements cherchent surtout à repousser le jour du jugement dernier.

Expérimentation Google+

Cela fait une semaine que j’ai un compte Google+. Silence total.

Ce type de réseau social doit être alimenté par un flux d’informations. C’est du twitter ou du blog, mais en vase clos.

Or, à de rares exceptions, les gens avec qui j’aurais envie de converser dans un tel cercle, sont irrémédiablement réfractaires aux réseaux sociaux. Pour le reste, j’ai déjà un blog.

Google+ serait-il destiné aux collectivités de leaders d’opinion des TIC ?

Crises politiques et changement

Des économistes le disent : pour qu’une société change, il faut plus qu’une crise économique, il faut une crise politique.

Leur modèle semble être le suivant : ce qui bloque une réforme structurelle est que les groupes sociaux qui doivent la subir cherchent à en payer le moins possible le coût. Technique : guerre d'attrition.

La crise politique indique que le société est en mouvement, et que le pire est possible ?

Compléments :
  • Avons-nous eu récemment une crise politique ? Marginalement. Mais il n’y a eu que quelques grands mouvements de foule. Rien qui puisse faire croire à une déroute imminente. 

vendredi 22 juillet 2011

Vive les agences de notation !

Accord européen présenté comme héroïque, et pourtant un peu bancal. Le plus dur est pour plus tard. Comme dans tout changement, le risque est grand que rien ne se passe, si les marchés se calment.

Car ce sont eux qui construisent l’Europe. Ils forcent les membres de la zone euro à mettre en application les engagements qu'ils avaient pris ; ils ont même rendu la finance anglo-saxonne fédéraliste, et dirigiste : après avoir cherché pendant plus de cinq siècles à diviser le continent, elle ne parle que d’eurobonds et de gouvernance européenne…

Quant aux agences de notations, la seule chose que l'on puisse leur repprocher c’est d’avoir collaboré à la précédente crise.

Compléments :

Les médias contre les réformes

Pourquoi M.Obama n’arrive-t-il pas à faire entendre raison à ses concitoyens ? En parti du fait
du développement de la télévision câblée partisane et de la cacophonie de la blogosphère (qui a) donné le pouvoir aux semeurs de confusion. (Dicing with debt and the future)
Ennuyeux. Internet semble annoncer une ère de médias éclatés (Fin des mass media). Ère d’irresponsabilité et de guerres fratricides ? 

Bons d’alimentation

En avril (la participation au programme de bons alimentaires) a atteint 45 millions de personnes, soit un Américain sur sept (mais) seulement deux tiers de ceux qui sont éligibles se sont inscrits. (The struggle to eat)
Curieux que la magnifique Amérique en soit arrivée là. Mais ça ne devrait pas durer. Les Républicains vont attaquer ce programme, pour réduire les impôts. 

Deep end

Film de Jerzy Skolimowski, 1970.

Un London pas très swinging. La police y est partout, on s’y lave dans des bains crasseux, et le refoulement sexuel semble la règle. Et dès la première image, le bain de sang est annoncé.

Film à message ?  

jeudi 21 juillet 2011

Idéologie travailliste

Ce que pense le parti travailliste :
Si les gens reçoivent assez d’information, ils trouveront, sans aide, le moyen de demander des améliorations, et de changer les choses pour le mieux. (Little platoons on a slow march)
Oui, une politique peut-être construite avec des idées aussi simplistes.

Mais la résistance des événements, et la realpolitik, fait que le programme ne va jamais à son terme, et que la montagne accouche de souris mal fichues. 

Retour au 18ème siècle

Le pourcent le plus fortuné de l’Angleterre de la fin du 18ème aurait possédé 17,5% des revenus nationaux. (America’s Revolution: Economic disaster, development, and equality | vox) C’est moins que ce qu'a le pourcent le plus riche aujourd’hui aux USA : « le pourcent le plus riche gagne maintenant 24% des revenus, contre 9,9 en 1976 » dit Our Banana Republic.

Ces dernières décennies, l'Occident aurait-il fait un grand pas vers l'Ancien Régime ?

L’esprit s’amuse

Film de David Lean, 1945.

Je ne m’attendais pas à trouver de la couleur dans un film de 1945.

Un film plein d’esprits, particulièrement anglais.

Noel Coward, auteur de la pièce qui a donné le film, était-il le Sacha Guitry anglais ? 

mercredi 20 juillet 2011

Relations et emploi

Connaître des gens qui ont un travail facilite grandement la probabilité d’en trouver un… Le réseau relationnel joue un rôle décisif dans la recherche d’un emploi. (« Aux Etats-Unis, 50% des emplois existants auraient été trouvés par des relations sociales ».)

Question d’information. Celle qu’apportent les organismes officiels est insuffisante. (I get a job with a little help from my friends | vox)

Effet pervers : plus le chômage augmente, plus l’information est réduite, et plus il est difficile de trouver un emploi, ou de recruter… 

Crise de l’euro et idéologie

La Grèce ne compte que pour 2,5% du PIB de la zone euro. Pourquoi cette dernière n’a-t-elle pas réglé ce problème immédiatement ? Pourquoi est-elle sur le point de nous entraîner, selon l’expression anglo-saxonne, dans un Armageddon mondial ? se demande la presse étrangère. (Firefighting)

Nous sommes dirigés par des fantoches, répond-elle, en substance. Éternel drame de la démocratie.

Je n’en suis pas sûr. Nos politiques ont accompli le devoir que leur prescrit Aristote. À savoir « les législateurs (…) cherchent à créer chez leurs concitoyens, les habitudes qui les rendent bons ». (Éthique à Nicomaque). En effet, ils ont répandu une théorie à laquelle ils croyaient : « le riche est créateur de valeur ».

La crise révèle une faille de cette théorie. La coupable Grèce peut faire capoter la vertueuse Allemagne. Le sort des riches et des pauvres est lié.

Mais, si le riche crée la valeur, tout impôt est scélérat ! entend-on en Allemagne, en Flandre et aux USA.

Or, il faut bien plus que de la vertu et du courage pour aller à l’encontre de l’idée fixe d’un peuple. 40 ans de propagande ? Armageddon ?...

Compléments :

The Economist

The Economist compte beaucoup pour ce blog, qui en tire nombre de billets.

Je lis ce journal depuis une trentaine d’années. Initialement, je cherchais un moyen d’apprendre l’anglais, qui soit plus intelligent que Time Magazine.

Ce que j’ai toujours apprécié chez The Economist, outre qu’il parle du monde, est que chaque article cherche à dégager la logique des événements qu’il décrits, les règles qui pourraient expliquer les comportements qui les ont provoqués.

Sa faiblesse cependant est qu’il se limite au « bon sens », i.e. il ne cherche pas à vérifier que son argumentation ne rencontre pas quelque contradiction profonde.

En outre, alors qu’il avait résisté à la bulle Internet, il a été pris d’une crise de folie lors de la grande vague libérale qui a suivi. Ce qui m’a fait résilier mon abonnement. Je ne l’ai repris qu’avec le démarrage de ce blog.

Entre temps la raison était revenue. Le pragmatisme et une certaine forme d’honnêteté intellectuelle sont d'admirables vertus anglaises.

mardi 19 juillet 2011

Chaos indien

L’Inde a toujours été un chaos : « de mouvements sécessionnistes à des pogromes sectaires », en passant par des « conflits territoriaux avec la Chine et la Pakistan ». Mais, aujourd’hui, à tout ceci vient s’ajouter la corruption de ses politiques, qui « n’est pas nouvelle, mais l’échelle et l’omniprésence de ces problèmes est réellement sans précédent ».

Raison ? enrichissement et réforme « qui a été définie en termes commerciaux restrictifs, comme signifiant le retrait de l’État de l’activité économique ».

L’Inde « n’est pas la puissance de demain, ou même une puissance émergente. C’est simplement une, complexe, fascinante et peut-être unique, expérience de nation et de démocratie, dont les dirigeants doivent encore et toujours faire attention aux failles, plutôt que prétendre conquérir le monde » dit Ramachandra Guha.

Crise de confiance au Japon

L’accident nucléaire qu’il a subi révèle que le Japon est un pays de dissimulation. Perte de confiance dans les autorités. (A question of trust)

Curieux, lui qui a inventé la qualité totale.

Comment se fait-il qu’il ne puisse plus s’appliquer les techniques qui ont fait sa fortune ? S’est-il endormi pour avoir cru trop tôt avoir réussi ? Ces techniques allaient elles trop fortement contre sa nature, et il est devenu insupportable de les utiliser ?... 

Carrefour en pièces ?

Bernard Arnault est entré dans le capital de Carrefour par une habile manœuvre qui devait lui faire gagner beaucoup (vendre les actifs immobiliers de Carrefour).

Mais ça n’a pas marché comme prévu. Et l’action Carrefour a été divisée par 2. (Off its trolley) D’ailleurs n’est-ce pas fatal lorsque les actionnaires veulent essorer l’affaire plutôt que la développer ?

Carrefour va-t-il finir en pièces, pour limiter les pertes de ses investisseurs ? Le capitalisme à son meilleur ?

lundi 18 juillet 2011

Crise de la zone euro

Curieusement, alors que les journaux étrangers tremblent pour la zone euro, et corrélativement pour le monde, nos politiques sont préoccupés de défilés et de norvégitude.

Dernières idées pour la zone euro : organiser le défaut des pays endettés ; secourir les banques qui vont subir le choc ; protéger les grosses économies de la contagion ; « eurobonds » et fonds de secours élargi. L’Allemagne et les pays du nord bloqueraient cette solution, mais ils devront s’y résoudre s’ils ne veulent pas voir disparaître la zone euro… (On the edge)

Booz Allen : arroseur arrosé

Le cabinet Booz Allen gagne beaucoup d’argent à conseiller le gouvernement américain quant à sa sécurité Internet.

Le dit cabinet vient de se faire pirater. Ses serveurs semblaient dénués de la plus simple des protections. (Hacked off)

Est-ce étonnant ? Comme disent les Anglo-saxons « ceux qui peuvent font, les autres enseignent ». 

Avenir de l’aviation de combat

Fin de l’avion de combat ? Il coûte beaucoup plus cher qu’un drone, et la vulnérabilité des porte-avions fait que son rayon d’action est insuffisant. (The last manned fighter)

dimanche 17 juillet 2011

Vénalité des offices ?

M. Obama a nommé des dizaines des principaux contributeurs à sa campagne présidentielle à des postes d’ambassadeur, de conseiller du gouvernement, ou dans son gouvernement (…) Marc Bernioff, qui a levé plus de 500.000$ est aussi président de Salesforce.com, une entreprise qui produit un logiciel dont le gouvernement Obama fait un large usage dans ses agences fédérales. Un autre contributeur, Michael Kempner, est le président de MWW Group (…) qui a un bureau de lobbying à Washington. (New Stable of Wealthy Donors Fueled Obama Campaign’s Record Fund-Raising Quarter)
Il est parfois surprenant à quel point l’Amérique moderne ressemble à l’Europe de l’Ancien régime. 

Révolution sans leader

La littérature du management anglo-saxonne ne parle que de leaders. D'ailleurs, des bonus toujours plus gros récompensent l’excellence des grands patrons et les employés d’élite.

Pourtant, on a vu, en peu de temps, le Tea Party, le printemps arabe et maintenant les indignés espagnols. (Europe's most earnest protesters), le monde se couvre de révoltes spontanées, sans leaders.

Cause ? Crise de la représentation ? Rappel que notre élite ne l’est pas par ses dons surnaturels, qui méritent bonus, mais par convention sociale ?

Démocratie anglaise malmenée

« Après la crise bancaire qui a révélé l’ineptie des hautes sphères, et qu’un scandale ait éclaté concernant les frais des parlementaires, une partie de la presse est accusée de violation de la loi à une échelle industrielle. » (Britain: shaken but not broken) à quoi l’on peut ajouter que la dite presse semble avoir massivement corrompu la police. (Stain From Tabloids Rubs Off on a Cozy Scotland Yard)

Le modèle démocratique que l’Angleterre aime à donner en exemple au monde serait-il ébranlé ?

Non, car ses errements ne sont rien en comparaison des ténèbres qui l’environnent : « La Grande Bretagne n’est pas résignée à devenir l’Italie ou la France ».

Le Français invente les lois

À répétition cette semaine on m’a parlé de grossières violations de la loi par le Français. Police, Éducation nationale, patrons, administrateurs d’association… tout y a passé, en seulement quelques jours.

Mon père, qui était juriste, disait que « le Français invente la loi ».

Explication ? La législation sur l’amiante ouvre peut-être une voie à explorer :

Les entreprises ont longtemps ignoré les risques de l’amiante et les injonctions du législateur. Du coup celui-ci a durci la loi. Elle est devenue virtuellement inapplicable (l’entreprise est supposée coupable par défaut).

Le mieux est-il l’ennemi du bien ? Et s’il fallait que nous fassions des lois moins ambitieuses, mais dont nous-nous donnons les moyens de l’application ?

Compléments :
  • Il y a une histoire de ce genre dans l’Ancien régime et la révolution de Tocqueville. La réglementation par l’Ancien régime du droit d’expression était effroyable. On risquait sa tête pour un mot de travers. Mais elle n'était – presque - jamais appliquée. (Malheureusement ce « presque » fait de notre pays une nation de l’arbitraire, ce que n'avait pas vu Tocqueville, me semble-t-il.)
  • L’opinion d’Aristote.
  • D’ailleurs le Français ne respecte pas plus ce qu’il a appris à l’école. Probablement pour les mêmes raisons : l’école n’est pas très sérieuse. Mais il suit tout de même des règles. Les siennes. On peut les déduire de son comportement. C’est l’enseignement central du cours que je donne.

samedi 16 juillet 2011

Von Bertalanffy et la science des organisations

Von Bertalanffy, un biologiste grand contributeur à la théorie de la systémique, pensait que le déséquilibre du monde vient d’un déséquilibre de nos connaissances :
nous connaissons et contrôlons les forces physiques trop bien, les forces biologiques plus moyennement et les forces sociales pas du tout. Si nous possédions une science de la société humaine assez développée et la technologie correspondante, ce serait la fin du chaos, de la destruction imminente de notre monde actuel.
La physique est une science statistique donc de la désorganisation. Du fait de sa réussite, elle a inspiré les autres sciences. Mais comment appliquer à l’organisé une science du désorganisé ? L’utilisation du modèle physique pour l’homme a conduit à le considérer comme une machine, de là bien des catastrophes.

Sous cet aspect, il est possible que nous ayons vécu une régression. L’économie classique, qui nie la dimension sociale de l’existence, a remplacé la physique dans la gestion du monde. Le résultat n’est pas encore la guerre qu’avait vécue Von Bertalanffy, mais une crise que l’on nomme, curieusement, « systémique »…

Nous manquerait-il toujours une science de l’organisation ?

Compléments :
  • BERTALANFFY (von), Ludwig, Théorie Générale des Systèmes, Dunod, 2002.

L’euro, projet de droite

Le Guardian nous dit d’abandonner l’euro, il est de droite. (Why the euro is not worth saving | Mark Weisbrot). Arguments :

Non seulement l’Europe a sauvé les financiers de leurs crimes, avec l’argent du contribuable, mais elle prend excuse de l’endettement qui en a résulté pour liquider son système de protection social ; la BCE ne parle que d’inflation et se moque du chômage ou des pays faibles (contrairement au Fed) ; on force la Grèce à l’ajustement, alors que ses difficultés résultent de différences structurelles de productivité entre nations.

Pas convaincu. La zone euro est probablement ce que l’on en a fait. Elle est de droite, parce que gérée à droite.

Mais son projet est-il idiot ? Il semble bien que la régulation financière ne fonctionne pas, et débouche fatalement sur des crises désastreuses (Histoire du système monétaire international). L’expérimentation euro est probablement une façon de réguler sa zone par des ajustements structurels. Autrement dit la « conduite du changement » que je pratique dans les entreprises.

Est-ce un argument que l’Anglo-saxon peut entendre ? Il aime la « main invisible ». S’il soupçonne l’intervention humaine, il est inquiet pour sa liberté ?

L’évadé d’Al Catraz

Film de Don Siegel, 1979.

D’après une histoire vraie.

L’ingéniosité humaine est sans limites. Mais pourquoi notre société, et « The land of opportunity » en particulier, utilise-t-elle si mal le talent humain ?

Quant à Clint Eastwood, il est décidément à son meilleur quand il ne parle pas. 

vendredi 15 juillet 2011

Joly redoutable ?

Les déclarations d’Eva Joly concernant le 14 juillet ont suscité une dénonciation de son origine norvégienne à droite, et des protestations d’affection pour l’armée à gauche. (Défilé du 14-Juillet : tollé politique après la proposition d'Eva Joly - LeMonde.fr)

Cri du cœur ou lecture, approximative ?, des attentes du peuple ?

Eva Joly pourrait bien maîtriser l’art le plus prisé des politiques : forcer l’adversaire à la phrase malheureuse, en le provoquant.

Compléments :
  • Curieusement, à gauche on semble croire qu’aimer l’armée s’est la faire défiler. Quant à la droite, ne confond-elle pas l’immigration économique, avec celle suscitée par l’amour des valeurs (universelles !) du pays, cœur de la tradition républicaine ?

Rupert Murdoch et la roche tarpéienne

Ça barde pour la famille Murdoch. À la réflexion, l’affaire est curieuse.

Pendant longtemps Rupert Murdoch a terrorisé la classe politique anglaise. Mais voilà que, soudainement, les caves se sont rebiffés. Il y a peut-être là une illustration de quelques théories :
  • Dans un monde d’individualistes, le fort a un avantage. Il divise pour régner. 
  • Mais un « point d’ancrage » peut surgir. Une idée commune peut rallier le peuple divisé. Ici, ce fut l’horreur du piratage des téléphones de familles malheureuses. Les victimes de la politique d’intimidation de Murdoch y ont vu le moyen de s'unir pour se débarrasser de lui.
C’est probablement ce type de phénomène qui entraîne les spéculations et les printemps arabes.

Compléments :
  • Sur les points d’ancrage voir Thomas Schelling et Strategy of conflict. Et The logic of collective action pour une explication de pourquoi le petit nombre exploite le grand.
  • Le groupe de presse Murdoch a piraté des milliers de téléphones et graissé la patte de la police anglaise, qui a lentement enquêté. Qu’aurait dit la presse anglo-saxonne si un tel événement était survenu dans cette Europe du sud si paresseuse et méprisée ? Par contre la nôtre ne dit rien. 

De l’art de l’irresponsabilité

USA dans l'impasse. Le pays est en faillite si sa limite d'endettement autorisée n'est pas relevée. Les Républicains refusent de le faire à moins d'un programme de réduction des dépenses féroce, sans aucune augmentation d'impôts. Situation critique. Un sénateur républicain a trouvé la solution suivante : le gouvernement pourra augmenter la limite d'endettement sur veto du président. L'endettement aura cru - et le pays sera sauvé, sans que les Républicains en soient responsables. Élégant.

L’art politique ultime semble celui de l’irresponsabilité, et ce n'est pas vrai qu'aux USA. (Debt ceiling: With irresponsibility comes power | The Economist)

Compléments :
  • Comment répondre à une tactique irresponsable ? Mise en œuvre, elle aboutit à une impossibilité. Si l’irresponsable passe à l’acte il est échec et mat. Cependant, l’exemple d’Hitler le montre, il peut alors entraîner le pays dans une spirale de prédiction auto-réalisatrice. (Troisième Reich.) L’expérimentation doit donc être aussi rapidement autodestructrice que possible. 

Créer de la valeur

Beaucoup de managers ne rêvent que de « créer de la valeur » pour le marché. Mais d’où sort ce vocabulaire effroyable ?

Les entreprises ont leur propre vocabulaire. Parce que l’utiliser est bon pour une carrière, leurs membres estiment qu'il fait le succès de l’entreprise. L’employé confond les nécessités de cohésion interne avec les conditions de succès économique.

(Et si l'écart entre vocabulaire interne et externe venait de ce que l’entreprise est coupée de son marché ?)

jeudi 14 juillet 2011

Défilé du 14 juillet

Eva Joly semble vouloir que le défilé du 14 juillet ne soit plus militaire.

Il se trouve que je m’interrogeais hier sur les raisons d’une « fête nationale ». Ne serait-il pas bien de remettre à plat la question : devons-nous être heureux d’être ensemble et si oui que devrions-nous fêter ?

En tous cas, si j’en crois Wikipedia, le défilé du 14 juillet est assez récent. Il remonterait à 1880, et serait sur les Champs depuis 1919. Ses grands moments sont l’après défaite de 70, l’après victoire, difficile, de 14, l’après peu glorieux 40. Serait-ce l’illusion de notre puissance guerrière qui descend les Champs ?

Pourquoi poursuivre ce rituel vacillant ? À une époque où notre gouvernement réduit les moyens de nos armées, l’illusion de notre force n’a jamais été aussi utile ? Tradition pour touristes, comme la relève de la garde à Buckingham ?...

Blogspot change

J’ai lu quelque part que Google « souhaiterait aussi réunir sous la marque Google plusieurs services de l'entreprise, tels que Picasa et Blogger ». Est-ce pour cela que l’interface de gestion de Blogspot a changé ?

L’éditeur de saisie s’est amélioré mais l’abricot et le bleu de l’interface ne sont pas du meilleur effet. Et il y a des bugs. Par exemple, les statistiques concernant certains billets ne sont pas les mêmes à différents endroits. Et, de temps à autres, blogspot me dit que mes billets ont été lus par mois une personne.

Et mon type de blogging, qui consiste à écrire des billets qui paraissent longtemps après ne paraît pas avoir été prévu : l’interface de saisie de dates est particulièrement peu pratique, et me semble buggé.

Bref, Google est certainement porté par des sentiments louables, mais ne connaît pas la « compatibilité ascendante ».

Spéculation ?

L’Europe est-elle attaquée par un gang de spéculateurs ? "Une bande organisée de spéculateurs cherche à faire tomber les pays de la zone euro" dit un professeur d’HEC.

Pourquoi s’en étonner ? La spéculation est le métier même du banquier. Par définition les marchés financiers cherchent à gagner de l’argent par quelque moyen que ce soit. Si l’explosion de la zone euro est possible, un financier ne mériterait pas ce nom s’il ne voulait pas profiter de l’occasion. Son rôle est de maximiser les revenus de l’établissement qui l’emploie.

D’ailleurs les financiers qui ont une morale affirment que la « main invisible » du marché fait le bien.

Compléments :

Crise européenne

Mme Merkel pense qu’elle a atteint le bon équilibre entre l’aide aux pays européens vacillants et la promotion de la cause des réformes et de partage de charge avec les créditeurs privés. (Hello to Berlin)

Dans les circonstances actuelles, elle semble la seule à ne pas douter.

En tout cas, les marchés vont mettre les Européens en difficulté jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un dispositif de résolution de la crise satisfaisant, ou que la zone euro ait disparu.

Plusieurs paramètres entrent probablement en jeu : chaque acteur défend ses intérêts, ou plus exactement cherche à changer le moins possible ; il peut avoir aussi une perception plus ou moins juste de la nécessité de changer. S’il ne s’agit que d’une question d’intérêt, il est probable que les Européens finiront par trouver une solution à leurs problèmes. L'autisme d'un gouvernant poserait de plus graves difficultés. 

Les grandes espérances

Film de David Lean, 1946.

Où il est démontré que nous devons nos vices et nos vertus à la société ?

mercredi 13 juillet 2011

Répondre à un désespéré

Question d’une participante à un séminaire : que faire lorsqu’un de vos collaborateurs vous confie son désespoir ?

Technique que j’utilise, et qui ne me semble pas encore avoir été contredite par ce que j’ai lu des sciences humaines :
  • Éviter surtout de vouloir la faire taire par un expédient (tentation forte : il est désagréable de servir d’exutoire aux malheurs d’autrui) : la personne a besoin de parler. Il faut l’écouter. Puis essayer de débrouiller ce qu’elle dit, en cherchant quelle est la cause réelle de son mal-être.
  • Ensuite, lui demander quelles solutions elle aperçoit à ses difficultés. Il est rare que nous n’ayons pas d’idées pertinentes sur le sujet. Mais laquelle choisir ?  
  • Éventuellement, proposer des solutions qui ont réussi dans des conditions apparemment similaires. N’y en aurait-il pas une qui pourrait convenir ?
  • Si rien n’y fait, reformuler la question et chercher qui pourrait aider à la résoudre. 

Conquête du pouvoir par les femmes

The Economist remarque que les femmes conquièrent le monde. Beaucoup d’entre-elles sont les filles (Mmes Aubry et Le Pen chez nous), les femmes ou les sœurs de puissants.

La femme est le visage acceptable d’un pouvoir familial qui a le vent en poupe. « La nouvelle génération de femmes et de filles est peut-être préférable à leurs ancêtres males. Mais il s’agit toujours d’une politique dynastique – avec les trahisons, les querelles familiales et l’absence de sens des responsabilités qui va avec ». (The distaff of office)