samedi 6 août 2011

Identité de la France

Intuitivement, je trouvais une bonne idée d’organiser un débat sur « l’identité de la France ». Comme les anciens Grecs, j’ai l’impression que la créativité naît de la confrontation des idées.

Peut-être n’ai-je pas bien écouté ? Rien de marquant ne semble en être sorti. D’ailleurs est-il en cours ou fini ?

Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus « d’identité française » ? Plus de nationalisme qui transporte les foules et enflamme les débats ? Le Français a-t-il le sentiment que nous sommes avant tout des hommes, que ses problèmes sont mondiaux ? 

Internet : danger de l’anonymat ?

On dit que sur Internet « personne ne peut savoir que vous êtes un chien ».

On dit aussi que, grâce aux technologies de l’information, l’anonymat devient impossible.

En conséquence, je me demande s’il n’est pas dangereux d’utiliser un pseudonyme. Il n’y a aucune garantie que cela permette l’anonymat. Et l’anonyme démasqué paraît hypocrite.

Compléments :
  • Cette discussion ne s’apparente-t-elle pas à celle sur le vote, de John Stuart Mill ? Il le considérait comme un acte social, donc non anonyme. (Voir la dernière partie de mon billet.)

Faille radicale

Les valeurs de la France semblent radicales et pourtant aucune politique radicale n’est crédible. Pourquoi ?

Durant la troisième république, le radicalisme voulait la séparation de l’Église et de l’État, l’école publique, des régimes sociaux.

Quant à notre libéralisme il veut détruire l’État pour donner ses services aux marchés.

Le FN, lui, veut chasser les immigrés et liquider l’Europe.

Bons ou mauvais, voilà des programmes. Et il faut un programme pour rallier un électorat. Mais le radicalisme, depuis presqu’un siècle, n’a plus rien à proposer sinon de vagues idées.

Compléments :

vendredi 5 août 2011

Mauvais résultats de Veolia

J’ai entendu dire que les résultats de Veolia étaient mauvais. Curieux, ceux de Suez, qui lui ressemblent, sont bons.

Si je comprends bien le FT, une explication possible de ces difficultés serait une expansion internationale un peu précipitée.  

Alarme

Je suis réveillé par l’alarme de la caisse de retraite logée dans mon immeuble. Erreur de manipulation, sans doute.

Je me suis toujours demandé si l’invention des alarmes n’était pas symptomatique de l’esprit de notre temps :

  • L’alarme, c’est un individu qui appelle à l’aide la société. On peut imaginer que, dans un monde d’entraide et où tout le monde se connaît, il n’y en a pas besoin.
  • L’alarme fait aussi intervenir la question que l'économiste appelle « externalité négative ». Il s’agit de faire payer par la collectivité ce qui est devrait dépendre de sa propre responsabilité.
(à creuser)

Esprit du temps

Nathalie Ravidat fait une revue de la littérature sur la théorie des « stakeholders » (parties prenantes), autrement dit de la façon dont les entreprises conçoivent leur relation à leur environnement humain.

Elle divise les travaux en deux familles : la vision défensive et la collective.
  • La première fait l’hypothèse implicite que l’entreprise doit se défendre contre le pouvoir de nuisance de ceux qui l’entourent, qui veulent lui voler son bien. C’est une vision individualiste et égoïste, d’un monde clos et stable régi par le rapport de forces.
  • La seconde pense l’avenir imprévisible, source de dangers mais aussi d’opportunités. Seule la coopération permet de faire face à cette situation, et d’en tirer le meilleur. C’est une vision solidariste.
La première vision me semble avoir dominé notre pensée récente. Martine Aubry a voulu diviser la richesse, Nicolas Sarkozy la rendre aux riches. Question de répartition dans les deux cas. Individualisme soixante-huitard ?

Et s’il suffisait de nous persuader que l’avenir est incertain pour nous rendre sympathiques ? 

Cercle vicieux syndical ?

Les syndicats ne sont-ils pas montés à l’envers ?

Représentent-ils beaucoup plus que les intérêts de leur technocratie interne ? Que défendent-ils, sinon un « monde ouvrier » mythique ? Favorisent-ils des transformations qui pourraient être bénéfiques aux employés ? Quelle est l’utilité de leurs grèves ? Pourrir la vie du petit peuple et détruire l’image des institutions qu’ils disent défendre ?...

Quel devrait être leur mission ? Le problème du moment : l’exploitation du petit (employé, actionnaire, client, entrepreneur…) par l’oligarque (financier, consultant, dirigeant à bonus…) ?

Et si le syndicat cherchait à rétablir l’équilibre entre eux ? En jouant sur le nombre des petits, qui, fédérés, sont plus puissants que les gros ? En montrant que l’intérêt de l’entreprise, de la société, et même de l’environnement n’est pas celui que l’on croit ?...

Compléments :

jeudi 4 août 2011

Rationalité des marchés

Les pays que les marchés pensent les plus certains de faire faillite : La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont au sommet, plus risqués que le Venezuela et le Pakistan ; l’Espagne est moins sûre que l’Égypte révolutionnaire. (How much closer a union?)
Raison ? Cacophonie de la communication gouvernementale européenne.

Autrement dit la rationalité des marchés (dont on nous a rebattu les oreilles) est nulle. On les manipule par la propagande.  

Bénéfices de l'altruisme (suite)

Les États américains riches subventionnent les États pauvres dans des proportions étonnantes. S’il était un pays indépendant, le Nouveau Mexique, par exemple, aurait un rapport dette sur PIB de 260%. C’est bien plus terrible, et de très très loin que la Grèce (dont l’endettement serait de l’ordre de celui de la Virginie). (Greek Americans)

Dans les mêmes conditions, si vous donnez des noms différents aux gens (Allemands, Grecs…), vous avez une crise ; si vous leur donnez le même nom (Américains), pas de crise. Rationalité humaine. 

Le vent de la plaine

Film de John Huston, 1960.

Film d’une époque où l’Américain vivait dans des huttes enterrées.

Intéressante problématique : appartient-on à sa famille génétique ou à la société que l’on a adoptée ?

mercredi 3 août 2011

Les bénéfices de l’altruisme

Une nouvelle étude sur l’avantage concurrentiel de l’altruisme, pour une société.

Curieux que ce type d’études se mette maintenant à sortir. Il y a encore peu toute la science semblait penser comme le libéral que l’individu optimisait une fonction d’utilité… 

Reflux de la vague d’outsourcing

Quelques-uns des pires désastres économiques de ces dernières années ont été causés ou aggravés par l’externalisation. Il y a huit ans, Boeing, le plus gros fabricant d’avions américain, a décidé de suivre l’exemple des fabricants automobiles et d’utiliser des sous-traitants pour faire le gros œuvre de son nouveau 787 dreamliner. Ce fut un cauchemar. Certaines pièces ne s’ajustaient pas. Parmi les dizaines de sous-traitants, certains n’arrivèrent pas à livrer leur composant dans les temps, malgré qu’ils aient sous-traité leur travail à des sous-sous traitants. Boeing a dû reprendre des fournisseurs pour leur éviter de disparaître. Si le Dreamliner sort des lignes de production à la fin de l’année, comme le promet Boeing, ce sera avec un surcoût de plusieurs milliards et trois ans de retard.
On constate le désastre qu’a été l’outsourcing. C’était bien une mode de management.

Mais difficile de revenir en arrière : les entreprises n’ont plus les compétences sous-traitées.

L’outsourcing n’est pas mort, mais dorénavant il devrait être plus intelligent. (The trouble with outsourcing)

Compléments :
  • J’avais fait ce constat dans un livre, il y a quelques années. Simple bon sens. Que les entreprises n’aient pas voulu le comprendre montre probablement qu’elles préféraient les illusions à court terme à une gestion durable de leurs affaires. 
  • Billet de ce blog sur ce sujet. Et désaccord avec Hervé Kabla...
  • L'article explique aussi que l'Angleterre a externalisé 10% de son emploi...

Animal Kingdom

Film de David Michôd, 2010.

Très sobre, et très impressionnant film sur le milieu australien, vu de l’intérieur.

Plongée dans une inquiétante famille de déséquilibrés (qui semble avoir existé). Quand une société marginalise une partie de sa population celle-ci reconstitue une forme de normalité, menaçante pour la normalité collective ?

mardi 2 août 2011

Reconnaissance de visage

Avec ce que l’on trouve sur Internet et la nouvelle génération de logiciels de reconnaissances de visage il est de plus en plus facile de savoir qui est qui dans une foule, et même de lui associer quelques-uns de ses intérêts.

Fin de l’anonymat dit Anonymous no more.

Les médias sociaux méritent décidément bien leur nom. 

Irrésistible Mittelstand

Les ventes des entreprises du Mittelstand allemand croissent au rythme de 12% par an, plus vite que la Chine. (Beating China)

Leur secret semble être une stratégie de niche, et un réseau économique (alliance entreprise, sous-traitance, employés, dirigeants, universités), qui n’outsource que ce qui n’est pas critique. 

L’invention de la psychanalyse

J’écoute d’une oreille distraite Michel Onfray parler d’Otto Gross, un psychanalyste. Il semblait, comme Nietzsche d’ailleurs, fort dérangé.

Et si la psychanalyse était née pour guérir les maux que la société de l’époque s’était infligée ?  

Et si le savant était simplement une personne particulièrement affligée des vices sociaux – dans cette profession être détraqué est un avantage concurrentiel - et qui a la capacité de rationaliser son expérience ?

Pour faire avancer la science, il suffit de modifier l’état de la société ?

Compléments :

lundi 1 août 2011

Le Monde et le Syndicat du livre

« Louis Dreyfus président du Groupe Le Monde, compare le nombre de personnels au Temps, un quotidien suisse, qui emploie 24 ouvriers d’impression, contre 110 ouvriers d’impression pour Le Figaro et 260 pour Le Monde. Les journaux français coûtent en moyenne 40% de plus à imprimer qu’ailleurs en Europe. » Il semblerait que M.Niel veuille affronter le Syndicat du livre. S’il gagne, la presse française pourrait renaître. (The revolution at Le Monde)

Un syndicat doit-il défendre les avantages acquis ou aider ses membres à évoluer de façon à ne pas avoir à affronter ce genre de conflit ?

Où va l’Égypte ?

Pas facile de comprendre très bien où va l’Égypte. Le peuple est toujours dans la rue, l’armée au pouvoir et l’ambiance ne paraît guère démocratique. Il semblerait même que les courants islamistes fondamentalistes s’allient aux militaires pour faire régner le calme.

Ce ne serait peut-être qu’une illusion, que « comme avec les théâtrales batailles de rues égyptiennes, l’humeur de suspicion et de récrimination va se révéler le prélude d’une réconciliation durable ». (Torrid post-revolutionary times) Curieux.

Fondant au chocolat

Ce blog est un redresseur de mes idées fausses. Une de plus : le fondant au chocolat.

Je soupçonnais que les fondants au chocolat du restaurant étaient une entourloupe. Combiné à la chaleur, un additif devait rendre liquide le cœur du gâteau.

En fait, je viens de constater qu’il est très facile à fabriquer, et que le centre reste mou à température ambiante.

Comment expliquer le phénomène ? Le chocolat est fondu avec du beurre, et il semble que c’est cette matière grasse chocolatée qui se concentre au centre du gâteau, et est naturellement molle. Le pourtour se durcit à la chaleur.

Le fondant au chocolat est-il sorti des équations d’un chimiste, d’une expérimentation par essais / erreurs, d’un heureux hasard… ?

dimanche 31 juillet 2011

Nouvelles du mois

Gouvernements à cours de munitions

«  Quand les marchés tanguaient, les banques centrales réduisaient brutalement les taux d’intérêt. Un sous-produit de cette politique a été une série de bulles alimentées par endettement ». « Une politique qui a consisté à éviter les petites récessions a résulté en la plus grande crise depuis les années 30. » «  Il reste peu d’options aux gouvernements des pays riches si l’économie s’affaiblit encore. » (Running out of options)

Déséquilibre social et crise de l’Occident

La crise viendrait-elle des divisions de la société ? Entre ceux qui s’accrochent à leur travail, et ceux qui n’en ont pas ; entre les syndicats et le reste du monde ; entre les vieux et les jeunes ? (Turning Japanese)

Faut-il aussi ajouter à cette liste ceux qui se sont massivement enrichis, comme certaines classes de la population, certains pays, et certains secteurs économiques (les banques, la santé…) ? Cela peut-il expliquer pourquoi les gouvernants mondiaux ont tant de mal à remettre l’économie en marche ?

Lire News of the World

News of The World était de toutes les croisades portées par le bon sens populaire. Celles qui exploitent tous les crimes pour clamer que la justice n’est pas assez punitive. Il s’affirmait le seul avocat du petit peuple des gens qui travaillent dur.

Ses dirigeants étaient les meilleurs amis de toutes les victimes. On découvre maintenant que c’était pour mieux violer leur intimité (British Judge Outlines Hacking Investigation - NYTimes.com), en faire profiter leurs journaux, leurs bonus et leurs carrières, fulgurantes.

Résumé de l’histoire récente de notre société ?

Le libéralisme triomphant, que l’on n’a pas osé nommer néoconservatisme en Europe (La pensée anti 68), a été un capitalisme primaire n’ayant pour morale que le gain, et qui a manipulé grossièrement le sentiment populaire pour atteindre ses fins ?

Changement dans le métro

Depuis des années, le métro parisien est un chantier.

Pour la première fois de mon histoire d’usager de la RATP, j’ai vu des stations fermées et des correspondances suspendues. Ce qui m’a démontré, une fois de plus, à quel point j’étais peu adapté au changement : mon emploi du temps en a été totalement déboussolé.

La poussière retombe. Qu’en ressort-il ? Une surprise : rien.

Depuis mon enfance, je suis habitué à un métro innovant : métro sur pneu, ligne 14… D’ailleurs, il n’est pas que le moyen de transport du parisien, c’est aussi celui du touriste. En cela il est l’image de la France, et de la Ville Lumière.

Cette fois-ci, je ne perçois pas ce que le passager ou le standing du pays y ont gagné. Difficile de voir en quoi les stations ont été rénovées, sauf, peut-être, FDR, qui a maintenant l’aspect d’une boîte de nuit. Le système de portillons de la ligne 1, bientôt automatisée, parait « low cost ». Et les rames, dont beaucoup sont branlantes, connaissent de plus en plus d’incidents.

Un changement « orienté client » ?