mardi 30 août 2011

Énergie renouvelable et Chine

L’Allemagne a parié sur l’énergie renouvelable, mais la Chine pourrait tuer ses grandes espérances.  (FT : China set to challenge global wind industry).

La Chine couvre son territoire d’éoliennes. Or, son réseau électrique n’étant pas à la hauteur de la tâche, ses constructeurs doivent chercher des débouchés extérieurs. Et pour cela ils ont une arme absolue : les facilités de financement proposées par leurs banques… (L'Allemagne est battue au jeu dont elle est le grand théoricien : le protectionnisme ?)

L’Europe est le marché cible. Premières victoires chinoises : la Grèce et l’Irlande.

L'Allemagne va-t-elle redécouvrir, avec l'humilité, les mérites de la pauvre Europe (billet précédent) ?

L’Allemagne réinvente l’Europe ?

On nous dit que la Grèce est un régime corrompu et pourri, qui ne mérite pas d’appartenir à l’Europe.

Et l’Allemagne de l’Est ? Elle ne semble pas avoir apporté autre chose que des tourments à l’Allemagne et pourtant personne n’en parle.

D’ailleurs, cette problématique culturelle est-elle nouvelle ? Non. Mais lors de l’adhésion de la Grèce, le reste de l’Europe pensait qu’il y avait beaucoup à gagner à étendre le périmètre européen. Seulement, il n’a pas fait le travail nécessaire pour cela.

Si les pays du nord de l’Europe trouvent que le monde émergent est moins amical qu’ils ne le croyaient (billet suivant), ils pourraient redécouvrir les vertus de ces marchés peu concurrentiels, qu’ils dominent si aisément. D’ailleurs l’Allemagne semble avoir mis la main sur les réformes grecques…

Compléments :

Culture d’Apple

« Le plus grand talent de M.Jobs a été de choisir intelligemment les projets dans lesquels la société ne devait pas s’engager ». (The minister of magic steps down)

Décidément, la presse s’interroge sur Apple et se demande ce qui rend sa culture durable et unique…  (S.Jobs prépare sa succession)

lundi 29 août 2011

Socialistes archaïques

Nos socialistes inquiètent The Economist. Ce sont des utopistes. Il est probable que, contrairement au président Mitterrand, ils ne retrouvent pas le sens des réalités, même en face d’un cataclysme. (Among the dinosaurs)

Mérites de l’altruisme (suite)

Le modèle texan (billet précédent) a quelque-chose de fascinant : il exporte des non-qualifiés, pour importer des qualifiés. Ce faisant, il élimine le coût des services sociaux, qu'il fait payer au reste du monde.

Mais, si ce modèle devait marcher, il l’aurait déjà fait, ailleurs dans l’histoire. Quel est son vice possible ?

Modèle de Machiavel ? Le modèle texan est celui du mercenaire, et le mercenaire est moins efficace que le national convaincu ?

Serait-ce là le vice des USA : ils ont monté une économie qui demande des personnels qualifiés, or, ils ne possèdent pas le système éducatif qui forme ces gens (Crise de l'emploi). Sur le long terme, l’État aurait-il un intérêt ?

Compléments :
  • Le modèle du mercenaire est aussi, majoritairement, celui des clubs de football. Le club de Barcelone a choisi le modèle nationaliste. 

Anti-Obama

Rick Perry, le gouverneur du Texas, candidat républicain, est l’anti-Obama.

Il est fier de la prospérité de son État, due à une politique ultra-Thatcheriste de liquidation des institutions publiques. Il veut l’étendre à l’ensemble des USA.

Qu’en-est-il de ce miracle se demande le correspondant de la BBC ?

Les faibles taxes locales ont attiré de nombreuses entreprises, mais la réussite n’a pas été le lot de tout le monde : le chômage reste élevé (8%), le système éducatif est remarquablement mal en point, les entreprises manquent de personnels qualifiés, les pauvres sont très pauvres.

Ce qui est surprenant est qu’ils n’aient pas émigré vers des États qui leur étaient plus favorables, et que les éduqués ne soient pas venus plus nombreux au Texas.

Comme le dit la théorie économique : défaut d’information ? 

OTAN et Libye

Qu’est-ce que l’OTAN, qu’est ce que la défense européenne ? Il se pourrait que l’aventure libyenne ait permis à l’un et l’autre de commencer à se trouver une raison d’être. (Going, going…)

Ce qui semblerait vérifier un principe selon lequel on n’apprend pas de la théorie mais du cas particulier, plus exactement de l’exercice pratique réussi. C'est pourquoi il vaut mieux choisir un petit exercice (La Libye) qu'un grand (l'Afghanistan).C’est aussi ce que j’appelle « la méthode du vaccin ».) 

dimanche 28 août 2011

HP vend son âme

HP se débarrasse de ses PC, parce que le marché de la technologie ne donne que de petites marges et elle achète (très cher) une société anglaise parce qu’elle estime que ses logiciels d’aide à la décision sont essentiels pour la bonne gestion des entreprises. En fait, HP « singe IBM ». (Aping IBM)

A-t-on ici une illustration de la différence entre un leader et un manager (selon John Kotter) ? Le leader (Steve Jobs) a une vision, et il transforme l’univers, le manager (M.Apothecker, le dirigeant de HP) ne sait que copier ?

Compléments :
  • KOTTER, John P., Leading change, Harvard Business School Press, 1996.

Pourquoi nos banques souffrent-elles ?

La banque vit de prêts à très court terme. Leurs conditions sont de plus en plus dures pour les banques européennes. Ce qui pourrait les amener à ne plus prêter et notre économie à caler.

Le problème vient, en partie ?, de ce que « Les fonds américains retirent prudemment leur argent d’Europe ». Leurs clients ont peur, et ils ne font pas de différence entre Grèce, Italie, France… (Chest pains) – vous savez tous ces paresseux du sud de l’Europe…

Ce qui me rappelle la crise asiatique de 97. Là aussi la finance internationale n’a pas réussi à faire la différence entre les pays de la région. Ils ont connu une crise uniforme, à l’exception de la très rassurante Australie.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on laisse complaisamment sa réputation traînée dans la boue, et que l’on va jusqu’à se réjouir des malheurs de voisins, qui vous ressemblent comme des frères ?

Dans ces conditions l’Angleterre et l’Amérique font bien de sévir sauvagement contre tout ce qui peut nuire à leur réputation, médias sociaux d’un côté et agence de notation de l’autre ?

Compléments :

La cafetière

Échantillon de nouvelles de Théophile Gautier, Folio.

3 nouvelles fantastiques. La première assez plate, la dernière beaucoup mieux écrite et surtout pleine d’humour.

Finalement, qui était Théophile Gautier ? Un agréable conteur, dans l'air de son temps ? 

samedi 27 août 2011

Chasse à la niche fiscale


Peut-être faudrait-il se demander, dans ces conditions, comment des niches d'un tel montant ont pu être votées, et comment elles font pour vendre aussi chèrement leur peau ?

Compléments :
  • Est-ce que la niche fiscale est ce que les Anglo-saxons appellent pork ?

Europe non démocratique

Certains Allemands semblent trouver que l’Europe est fort peu démocratique. Et que cela commence à bien faire. (E.U. Elites Keep Power From the People - NYTimes.com)

L’argumentation semble légère.
  • La démocratie est-elle le bien, sans discussion ? La France a été France bien avant d’être officiellement une démocratie... 
  • Comment faire de l’Europe un démocratie ? Démocratie à tout prix, même au risque d’un possible chaos ?
  • Qu’est-ce que signifie être démocratique, d’ailleurs ? Nos gouvernants européens sont élus par des petites minorités. Peut-on parler de démocratie dans ces conditions ?
J’en suis arrivé à penser qu’un État est démocratique lorsqu’une forme de volonté générale arrive à se manifester et à faire plier le gouvernement. Et ce quelle que soit son idéologie. Dans cette définition, le vote, et le parti au pouvoir, s’il n’est pas irresponsable, joue un rôle négligeable.

Pour que l’Europe soit démocratique, il lui faut une opinion publique transfrontalière ?

Compléments :
  • Je semble rejoindre John Stuart Mill : il faut choisir l’homme d’Etat en fonction de sa capacité à prendre des décisions judicieuses, pas selon son idéologie. (Gouvernement représentatif)
  • Eurobonds are the wrong solution. (Où l'on voit que la Finlande est un Etat modèle qui ne mérite pas le reste de l'Europe.)

Sarkozy le Libyen ?

Le correspondant européen de la BBC suggère, une nouvelle fois, à la Libye d’élever une statue à notre président. (N.Sarkozy grand homme Libyen ?)

Cette guerre aurait produit un rapprochement franco-anglais. Peut-elle avoir d’autres avantages ? Les agences de notation surcotent-elles les pays qui se sont portés au secours d’un producteur de pétrole ? Les électeurs aiment-ils les conquérants victorieux ?...

Abstraction et roman

L’écriture de Julien Gracq est extrêmement classique. Ça m’a surpris :

En musique, peinture ou sculpture, ce qui est goûté par la critique tend à être une forme d’abstraction. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait eu l’équivalent en littérature. (Le Parc de Philippe Sollers ?)

Le roman, comme le cinéma, a besoin de nombreux clients pour nourrir son industrie ? Ce n’est pas le cas de la peinture et de la sculpture sur lesquels spéculent un petit nombre de gens très riches ?

Résultat : ils sont le reflet de cultures différentes : population dans son ensemble d’un côté, élite de l’autre ?

Compléments :

vendredi 26 août 2011

S.Jobs prépare sa succession

S.Jobs aurait pensé à renforcer la culture d’Apple. Pour cela il aurait fait écrire des cas concernant les grands moments de la société, et il aurait demandé à ses collaborateurs de les travailler. Il a anticipé un de mes billets.

Mais il ne semble pas en avoir lu la fin, qui parlait du donneur d’aide. 

Notre façon d'écrire parle de nous

D’après James Pennebaker, notre façon d’écrire en dit long sur nous :
  • Notre capacité à utiliser les pronoms différemment d’un moment à l’autre trahirait notre aptitude à changer de perspective.
  • Du type de mots utilisés il est possible de distinguer le texte d’une femme de celui d’un homme.
  • Le subalterne tendrait à écrire « je », le supérieur serait neutre.
  • Les gens qui ont un esprit qui catégorise utilisent plus de noms que ceux qui tendent à raconter des histoires, dont le discours est relativement plus riche en pronoms et en verbes. Et les études (au moins aux USA) favoriseraient les premiers par rapport aux seconds.
On apprend aussi qu’écrire ses expériences traumatisantes modifie sa façon de les percevoir…

Compléments :

Pourquoi boude-t-on ?

Confronté à un cas clinique de bouderie, je m’interroge sur ce phénomène.

Un article (Je fais tout le temps la gueule : | Psychologies.com) m’apprend les choses suivantes :
  • Bouder vient de l’enfance : c’est un moyen de s’exprimer quand on ne peut pas s’exprimer (interdiction parentale).
  • On peut bouder défensivement. C’est un (terrible) manque de confiance en soi dans sa relation au monde, qui s’exprime par une forme d’autisme.
  • On peut bouder offensivement, afin de manipuler son entourage pour en obtenir ce que l’on en veut.
  • Comme souvent dans ce cas, le traitement semble systémique. Dans le second cas, par exemple, le donneur d’aide ne doit pas entrer dans le jeu (victimisation) du boudeur, mais lui proposer un exercice de résolution de problème quelque peu mathématique. (Que pouvons-nous faire pour éliminer ce qui te contrarie ?)
En outre, j’imagine que l’aridité d’un tel exercice enlève tout le plaisir morbide que procure la bouderie.

Compléments :

Le journal d’une femme de chambre

Livre d’Octave Mirbeau, Folio.

Voici une femme de chambre sans éducation, mais qui écrit fort bien, surtout au subjonctif.

Sa triste vie révèle les coutumes hypocrites, corrompues et perverses des bourgeois. Dans cet univers, les domestiques ne peuvent survivre qu’en adoptant des mœurs criminelles. On se croirait dans l’affaire DSK ?

Compléments :

jeudi 25 août 2011

Que vaut Apple sans Steve Jobs ?

Steve Jobs renonce à une partie de ses fonctions. Apple peut-il vivre sans lui ?
  • Si l’on en croit Edgar Schein, tout dépend de la culture d’entreprise qu’il a créée. Celle-ci matérialise son héritage.
  • Pour ma part, il me semble, de surcroît, qu’une position un peu distante peut permettre à Steve Jobs de jouer les « donneurs d’aide » : d’observer sa création et de lui apporter les quelques compléments dont elle a éventuellement besoin pour être durable.
Compléments :

Éclairés par des LED

L’avenir serait à la diode électroluminescente. Elle consomme quatre cinquièmes de moins qu’une ampoule incandescente et dure 20 à 50 fois plus longtemps. Son prix (40 fois celui d’une ampoule) ne devrait pas longtemps être un obstacle à son adoption.

C’est le marché asiatique qui devrait avoir le plus gros potentiel. Ce qui devrait favoriser les fabricants locaux par rapport au leaders actuels du marché (Philips, Siemens, GE). (Charge of the LED brigade)

Peu brillante Nano

Pourquoi la Tata Nano, voiture à 2200$, n’a-t-elle pas conquis le monde ? Ne nous dit-on pas que les Indiens vont balayer nos industries ?

« Quelques voitures se sont enflammées », mais ce fut surtout à cause d’un problème de marketing, un art que les Indiens ne maîtrisent pas encore.

Curieusement la seule personne qui soit à l’origine d’un succès à l’indienne est Carlos Ghosn (avec la Logan). (Stuck in low gear)

mercredi 24 août 2011

Martine Aubry avait-elle raison ?

Il y a corrélation inverse entre durée légale du travail et chômage. Le sud de l’Europe a de longues journées de travail, et beaucoup de chômage, c’est l’inverse au nord.

Un économiste éminent aurait trouvé une explication liée à la législation du travail. Elle rend embauche et licenciement difficiles au sud, plus faciles au nord. Au sud, quand la charge de travail augmente, on augmente les heures, au nord, on ajoute du monde. (Labour markets: Less work, more workers? | The Economist)

L’argument pourrait aller au-delà d’un simple partage du temps travaillé. Il y aurait peut-être une question de spécialisation, comme chez Adam Smith : au sud on fait mal un peu de tout, et cette économie peu productive crée peu d’emplois ; au nord, on serait plus spécialisé, donc globalement plus productif.

Si effectivement ce raisonnement tient, la mise en œuvre de la loi des 35h aurait été encore plus ratée que je ne le dis ordinairement…

Taxer les riches

La BBC parlait ce matin de Warren Buffet et des 16 dirigeants français qui ont appelé à augmenter les impôts des riches. Elle s’interrogeait, avec un financier invité :

Et s’il y avait un retour de balancier vers un monde plus solidaire ? Et si l’idée selon laquelle faire payer les riches les ferait fuir (idée soutenue par Madame Lagarde – cf. article cité par le billet précédent) n’était pas aussi juste qu’on l’a cru pendant les dernières décennies ?...

Compléments :

Loi TEPA

Chronique de la déroute de la loi TEPA, article du Monde (La loi TEPA de 2007 a été intégralement remise en cause). Elle est vidée de son contenu alors qu’elle était l’âme du projet réformateur de notre gouvernement.

L’intérêt de l’article est de mettre côte à côte ce qui en était attendu par Madame Lagarde, et ce qui est advenu.
En 2007, le coût annuel total (de) l'ensemble de ces mesures est évalué à 15 à 20 milliards d'euros. (…) Christine Lagarde promet : « Nous allons maîtriser la progression des dépenses publiques, qui sera ramenée à 1 % en volume en 2008, soit deux fois moins que par le passé. » (…) « sous l'effet des réformes structurelles entreprises par le gouvernement, dont cette loi représente la première étape, et grâce au choc de confiance que nous enregistrons déjà chez les ménages, la croissance devrait progresser de près d'un demi-point en 2008 ».
Première : le gouvernement a craché en l’air, et ça lui est retombé sur le nez ? Ne serait-il pas bien que nos gouvernements se convainquent des limites des idéologies simplistes (« choc de confiance » !) ? Qu’ils mettent un terme à l’ère des promesses dont on ne vérifie jamais les résultats ?

Peut-être, alors, qu’en essayant de comprendre pourquoi des mesures échouent, on finira par les faire réussir ? Si on en tire un enseignement, cette affaire n’est peut-être pas aussi malheureuse qu’elle le semble ?

Émeutes et culture anglaise

Les récentes émeutes anglaises n’auraient rien de nouveau. Depuis la nuit des temps, l’Angleterre connaît de telles révoltes. À chaque fois, elle parle de pertes de valeurs morales. Jusqu’ici elle y remédiait en exilant une partie des « classes dangereuses » (notamment en Australie). (The transportation option)

Compléments :
  • L’article parle de « panique publique à l’idée de voir d’anciens condamnés errant dans les rues anglaises ». Ce qui m’a rappelé ce que me disait un ami : dans le monde anglo-saxon, il n’y a jamais de deuxième chance.
  • Facebook arme du révolutionnaire

Occident tuteur du monde?

La progression de ce blog m’amène à émettre deux hypothèses qui se sont dégagées, petit à petit :
  1. Ce qui caractérise actuellement l’Occident, ce sont ses divisions. Et elles sont avant tout au sein de ses nations : leurs politiques se battent comme des chiffonniers et leurs classes sociales ne sont pas loin d’entrer en lutte.
  2. Contrairement à ce que l'on entend, le triomphe des pays émergents est fragile. Ils sont à peine moins à l’aise que l’Afrique avec le modèle qu’ils ont adopté, et qui est le nôtre. Leur force vient de nos transferts de technologie (qui ont aussi assuré, en son temps, le succès du Japon). Et la fable de leur irrésistible ascension est probablement le fait de ceux de nos compatriotes qui avaient intérêt à nous en persuader, pour la santé de leurs affaires.
Conséquence ? L’Occident ne ferait-il pas bien de se rabibocher avec lui-même, pour, dans un second temps, avoir le poids qui lui permettra d’aider les pays émergents (et les autres) à mettre en œuvre correctement son modèle ? Variante de la politique de « développement » de la guerre froide ?

mardi 23 août 2011

Comment faire 20md d’économie ?

Un précédent billet disait qu’il suffirait de 20md d’économie, en deux ans, pour rassurer les marchés sur la solidité de notre pays.

Un rapport semble montrer que ces économies se trouvent dans un petit nombre de niches fiscales, dont la suppression aurait peu de conséquences défavorables.

Difficile d’émettre un jugement sur les dites recommandations. Dans les gros montants (à plus d’un milliard) : maison (emploi à domicile…) et artisans ; une curiosité : « bénéfice mondial », 461m de manque à gagner qui profite à 4 entreprises ; globalement aucune de ces niches ne semble susceptible de contribuer à créer un avantage durable pour le pays.

Compléments :

Perfide Germanie ?

Les marchés inquiets se précipitent sur la dette des Américains, Anglais et Allemands, entendais-je dire ce matin la BBC.

Du coup, ces pays paient leurs emprunts bien moins qu’ils ne le devraient.

Ce qui est curieux pour l’Amérique et surtout l’Angleterre, qui sont dans une situation plus préoccupante que celle de l’Europe, prise globalement. (Le déficit de la zone euro est de 4% contre 10 aux USA, et 8,5 à l’Angleterre - An unpalatable solution)

Quant à l’Allemagne, le statu quo lui est finalement extrêmement favorable. La panique actuelle abaisse le coût de sa dette, et dévalue sa monnaie. Si la Grèce n’existait pas le patron allemand devrait l’inventer ?

Compléments :
  • L’Allemagne a d’autant moins intérêt à une Europe unie que sa formidable économie ne le semble pas tant que cela (presque aucune croissance au précédent trimestre).


L’Asiatique ne se marie plus

Pourquoi se marie-t-on de moins en moins en Asie ? Pourtant, la famille est un pilier essentiel à la société… The Economist enquête. (Asia's lonely hearts et The flight from marriage)
  • La femme éduquée et employée ne supporte pas le rôle de larbin que lui donne traditionnellement la culture asiatique.
  • Risque : des vieux laissés à eux-mêmes, des hommes, solitaires et violents.
  • Il faut faciliter le sort de l’épouse qui travaille, pour éviter une catastrophe.
Compléments :

lundi 22 août 2011

Libye : ça commence maintenant ?

Le Colonel Kadhafi semble mal parti. Il va falloir peut-être se demander ce qu’il faut faire maintenant.

Enseignements du passé récent :
  • L’Égypte semble avoir  des difficultés à réussir sa révolution. Or sa culture est bien plus solide que la libyenne (et ses infrastructures n'ont pas été touchées). Risque de chaos ? N’est-ce pas aussi l’enseignement de la décolonisation ?
  • Afghanistan : pour avoir voulu aller trop vite, les USA ont enlisé l’OTAN dans une guerre interminable et qui va probablement se terminer en une plus ou moins grande déroute.
Comment aider la Libye à éviter l’anarchie ? En tout cas, il semble judicieux de remplacer notre investissement militaire par un investissement civil. D’autant que, plus il y aura de pays stables et démocratiques, plus la pression sera forte sur ceux qui ne le sont pas (Syrie), pour le devenir… (Et inversement...)

Allemagne à cours d’énergie

Les Allemands nous ont convaincus que rien ne pouvait leur résister. Mais se passer du nucléaire paraît de plus en plus difficile :

Leur industrie de l’énergie serait en « pleine confusion » : confusion qui irait des producteurs d’électricité (beaucoup de dettes), au secteur de l’énergie renouvelable, attaqué par les Chinois, et qui aurait fait quelques choix erronés.

Bref, l’Allemagne va acheter de l’électricité et installer des centrales à gaz. (Shock to the system)

Pas très écolo… 

Google contre Apple

Suite de l’analyse de l’acquisition de Motorola Mobility par Google (Patently different)

Apple aurait deux avantages sur Google : des brevets et un logiciel optimisé pour ses terminaux.

Google, avec Motorola, referait son retard.

Acheter un fabricant de mobiles (outre les brevets) ne me semble toujours pas judicieux : il y a risque d’intégration verticale. (Il semblerait d’ailleurs qu’Amazon veuille entrer sur le marché.) Alors, pourquoi chaque fournisseur ne proposerait-il pas son service de recherche et la publicité qui va avec ? Mauvais pour Google ?

Le marché va-t-il ressembler à celui de l’automobile, avec différents types de marque (Apple en Mercedes ?). Ou pas tout à fait : les plates-formes de service fidélisent le client : gros avantage pour Apple, Amazon a des atouts, les autres feraient bien de s’inquiéter ? 

Fragiles banques ?

Inquiétée par les rumeurs qui courent sur la Société Générale, une amie veut transférer son compte.

Mais, si la Société Générale faisait faillite n’entraînerait-elle pas tout le système bancaire, au moins européen, avec elle ? Le gouvernement ne viendrait-il pas à son secours, selon le scénario irlandais ?

D’ailleurs que reproche-t-on aux banques françaises ?

Elles dépendraient par trop de financements à court terme qui se bloquent lors des crises, et elles sont particulièrement exposées aux pays endettés de la zone euro. (Panic in Paris)

Mais si l'on examinait l’ensemble des banques mondiales, ne pourrait-on pas leur trouver aussi quelques vices effrayants ?

Compléments :
  • La Tribune publie un classement qui semble montrer que les banques françaises sont plutôt solides...

dimanche 21 août 2011

Euro-obligations ?

Les financiers internationaux semblent s’être fait une opinion : sans euro-obligations pas de zone euro, et peut-être, même, plus d’Europe. Les gouvernants feraient bien de s’atteler à la tâche d’y préparer leur opinion. (The bonds that tie—or untie)

Mais, là aussi, il y a une forme d’unanimité : des deux côtés de l’océan, nos politiciens sont trop préoccupés d’élections pour que l’intérêt de leur nation pèse bien lourd dans leurs actions.

À ce sujet, on présente généralement Angela Merkel comme l’ennemie d’une Europe unie, mais n’en est-il pas de même de Nicolas Sarkozy. Après tout, ne courtise-t-il pas les voix du FN et le FN n’est-il pas anti-européen ?

Compléments :
  • Non seulement le fonds de solidarité est insuffisant pour renflouer un grand pays en faillite, mais si la France perd son AAA, elle ne peut plus abonder au dit fonds, qui se contracterait ! (An unpalatable solution)

Que reproche-t-on à la France ?

Pourquoi la finance mondiale s'inquiète-t-elle de la santé de la France ? (Dancing with danger)
  • La consommation française est en recul, c’est le moteur de l’économie nationale.
  • L’Allemagne patine, c’est le principal client de la France.
  • La France est particulièrement exposée aux risques des pays européens endettés.
  • L’État français est un panier percé. Aucun gouvernement n’a jamais su avoir un budget équilibré, depuis les années 70 (la suppression de la TVA de la restauration en est un exemple).
  • L'élection présidentielle prochaine risque d’amener nos politiques à prendre le pays en otage, à l’image de ce qui s’est passé récemment aux USA. Et cela fait particulièrement peur au marché.
Combien faut-il trouver pour le rassurer ? 20md€ sur 2 ans. Ce qui ne semble pas énorme. 

Notre avenir : le Yin ?

On nous dit que l’Allemagne doit se débarrasser de l’Europe, qui ne la mérite pas ; que le riche est surtaxé ; que le pauvre est amoral… Même si l’on nous parle de moins en moins de maximisation des intérêts de l’actionnaire, l’argumentation qui a le haut du pavé demeure férocement individualiste.

Pourquoi n’entend-on pas de dissonance ? Probablement parce qu’une idée a besoin de supporters, qu’il faut du temps pour que ceux-ci se réveillent, et surtout qu’ils doivent prendre conscience de leur masse pour bouger.

Il est alors possible que cette nouvelle idée balaie l’ancienne. Voilà peut-être pourquoi nous n’arrivons pas à avoir d’équilibre : nous penchons d’un côté ou de l’autre.

Tout ceci ressemble beaucoup au modèle du Yin et du Yang chinois…

Compléments :

samedi 20 août 2011

Amy Winehouse et le storytelling

« elle vit son personnage jusqu'à ce que mort s'en suive. » L’art d’Amy Winehouse, comme celui de tous les artistes maudits, est le « storytelling », dit Jeanne Bordeau, dans sa lettre.

Ce qui rejoint une de mes anciennes idées : les gens exceptionnels (notamment les scientifiques) vivent aux extrêmes de la société, et « rationalisent » ce qu’ils voient. Dans ce métier, être déglingué est un avantage déterminant.

Mais décrivons-nous ce que nous vivons, ou ce que nous aimerions vivre ? Il semble qu’Amy Winehouse ait eu plus de prise sur son avenir dans ses chansons, que dans sa vie… (An Appraisal: For Winehouse, Life Was Messier Than Music)

Assureurs et effet de serre

L’effet de serre provoquerait une augmentation des catastrophes naturelles. Or, celles-ci sont désormais assurées.

Mais, les assureurs ont investi leur argent dans des entreprises qui émettent 90% du CO2 français… Leur politique d’investissement pourrait-elle avoir un impact direct sur leurs coûts ? (Assurances : gestion des risques naturels garantie ?)

Faillite de la raison

Paul Watzlawick raconte la curieuse histoire suivante :
  • Soit un enseignant qui annonce à ses élèves une interrogation surprise la semaine prochaine.
  • Ses élèves lui répondent que c’est impossible : si elle n’a pas été exécutée avant jeudi, elle ne pourra pas l’être vendredi, puisqu’elle ne serait plus surprise. Du coup, idem pour jeudi, et ainsi de suite jusqu’à lundi.
  • Mais, si les élèves sont convaincus qu’elle ne pourra pas avoir lieu, alors il y aura surprise.
La raison, de l’individu, aboutit à des absurdités et ne peut prétendre à mener le monde ?

Compléments :

vendredi 19 août 2011

Nouveau modèle de régulation monétaire ?

Nous avons abandonné l’étalon or il y a 40 ans, pourtant l’Europe l’a réinstauré avec l’euro. Grave erreur ? Cependant, c’est la fluctuation des taux qui rend la spéculation endémique et qui a produit notre crise. « Par contraste, il n’y a pas eu de bulle financière pour ainsi dire pendant l’ère Bretton Woods et (…) pratiquement aucune crise financière. » (Forty years on)

Bref, il faut inventer un nouveau modèle de régulation mondiale.

Pourrait-il être celui qui a cours au sein des nations ? Vers une fédération mondiale ? La main invisible du marché est-elle l’ennemi du nationalisme ? 

De l’intérêt de l’eurobond pour l’Allemagne

L’Angleterre emprunte à taux négatif (-2%), entendais-je dire ce matin à la BBC. Elle gagne de l’argent en s’endettant !

Phénomène paradoxal : l’endettement de l’Occident inquiète les marchés qui se jettent sur tout ce qui semble un peu sûr, à savoir l’or, la dette anglaise et américaine. À cela s’ajoute l’inflation, relativement élevée en Angleterre.

Mais alors, et si le bon sens allemand était erroné ? La BCE, en maintenant des taux élevés, empêche l’inflation. S’il existait des eurobonds, la finance mondiale se détournerait de la dette américaine pour les acquérir, et, qui sait ?, les amènerait à un taux inférieur à celui des obligations allemandes…

Compléments :
  • En fait, ce raisonnement, outre qu’il est à court terme, oublie un phénomène psychologique majeur : l’homme aime mieux perdre que de gagner, si un autre profite de la situation en trichant. Il est possible que certains Européens préfèrent un cataclysme, plutôt qu’une prospérité injuste. (Ce phénomène se voit à l’œuvre dans la constitution du groupe humain : l’entente interne prime la survie du groupe : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.)

J’ai rencontré le diable

Film de Kim Ji-woon, 2010.

Ça commence comme finissent beaucoup de films de tueurs en série, et ça s'emballe...

Je me suis longuement demandé si la violence du film n’était pas gratuite, et si je ne m’étais pas égaré dans cette salle de cinéma.

Au fond, c’est une sorte de combat, qui a ses règles, et, comme à la guerre, les pertes humaines ne sont qu’un aspect secondaire de la question. Bataille pour la sauvegarde de la société, contre un ennemi de l’intérieur qui prétend la nier ? Est-ce cela un diable ? 

jeudi 18 août 2011

Facebook arme du révolutionnaire

2 jeunes Anglais ont été condamnés à 4 ans de prison pour avoir utilisé Facebook pour appeler à l’émeute, sans résultat. (La BBC, hier.)

L’intention des juges, applaudis par leur gouvernement, est de terroriser les utilisateurs de médias sociaux (England riots: pair jailed for four years for using Facebook to incite disorder | UK news | guardian.co.uk).

Curieusement cet épisode m’en rappelle un autre. Alors que notre révolution de 89 était une systématisation de ses idées démocratiques, l’élite anglaise a eu effroyablement peur qu'elle ne contamine son petit peuple. Elle lui a immédiatement serré la vis. Ce qui aurait amené la dissolution de ses structures sociales et sa transformation en « classe ouvrière ».

Dans l’inconscient collectif anglais, le printemps arabe aurait-il évoqué le spectre du sans-culotte ?

Compléments :
  • THOMPSON, E.P., The Making of the English Working Class, Vintage Books USA, 1966. 
  • Note postérieure. Le Monde semble confirmer mon hypothèse : les juges sont issus de l'establishment et statuent en fonction de ses intérêts. 

Choix de l’enfant unique et implications

Avoir un enfant à la fois est l’expression ultime de la qualité. Il entraîne un énorme investissement parental dans la progéniture puisque si vous la perdez, vous avez tout perdu. Souvent, aussi, il implique l’appartenance à un groupe social, au sein duquel des services peuvent être échangés, de façon de répartir la charge de la paternité. De manière plus hypothétique, il pourrait même signifier un certain degré d’intelligence.
Une réflexion sur les plésiosaures. A loving mother

La princesse de Clèves

Livre de Madame de La Fayette.

J’attendais le style de Mme de Sévigné ou du duc de Saint Simon. J’ai été déçu.

Histoire d’une malédiction. Mme de Clèves et M. de Nemours sont frappés d’une « inclination » réciproque. Affrontement entre sentiments et conventions sociales. Situation à la Corneille.

Portrait d’une haute aristocratie qui vit entre soi dans une totale oisiveté, ne s’occupe que de ragots ridicules et d’histoires de cœur d’adolescents, est incapable de garder un secret et ment comme elle respire. 

mercredi 17 août 2011

Rationalité de l’émeute

En ce qui concerne les émeutiers, l’opinion du scientifique diffère de celle du gouvernement anglais. (Rabble with a Cause: Were the London Riots a Spontaneous Mass Reaction or a Rational Response?: Scientific American) :
  • Une émeute ne naît pas spontanément. Il faut au préalable qu’un groupe de personnes développe une identité commune (par exemple elles se sentent victimes d’une injustice sociale). Un événement fortuit peut révéler aux membres de ce groupe qu’ils ne sont pas seuls. C’est à ce moment que se déclenche une manifestation.
  • La police intervient alors. Si elle a un comportement hostile, ce qui est généralement le cas, le manifestant, originellement pacifique, s’estime en situation de légitime défense. Il devient un émeutier.
Compléments :
  • Modélisation assez crédible du printemps arabe et de la naissance du Tea Party...
  • L’écoute de la BBC me fait penser qu’il y a de grandes différences culturelles entre la France et l’Angleterre : j’entends sans arrêt parler de manifestants dénoncés par leurs parents… 

Utilité de l’Europe pour l’Allemagne

Le correspondant européen de la BBC considère avec tristesse l’économie souterraine de Naples. Il existe des cultures qui ne sont pas fiables, autant ne pas s’y lier. Attention aux eurobonds MM les Allemands.

Depuis quelques temps BBC 4 s’afflige aussi du sort de la Suisse. Les investisseurs ne pouvant plus parier sur la santé allemande par le biais du mark, ont pris le franc suisse comme équivalent (de même qu’ils jouent sur la Chine par le biais du dollar australien). L’économie suisse étouffe sous le joug de ce franc surévalué.

Mais, alors, et si les Allemands profitaient d’un euro dévalué, par rapport à ce que mérite leur propre économie ?

Compléments :
  • L’endettement de l’Allemagne devrait baisser rapidement : des eurobonds un peu surévalués par rapport à ce qu’ils seraient si le pays était indépendant seraient-il un si grand malheur ?
  • Curieusement le correspondant ne parle pas de l’Allemagne de l’est. Pour avoir voulu la hisser à son niveau, l’Allemagne de l’ouest a frôlé la faillite. Et, en dépit d’investissements colossaux, l’Allemagne de l’est est toujours aussi peu dynamique. Plus terrible que Naples ? (Histoire récente de l'Allemagne)

Monde de sucre

La culture du sucre a été le moteur de l’économie et de l’Europe du 17ème au début du 19ème siècle.
à la fin du 17ème siècle, les revenus tirés d’une plantation de cane à sucre de 80 hectares, et de son usine, suffisait au train de vie d’un duc anglais. (…) un siècle plus tard le commerce avec la seule Jamaïque valait plus que tout le commerce avec l’Amérique du Nord.
C’est pour cela que la France a abandonné le Canada et que l’Angleterre ne s’est pas accrochée aux USA… (Sweet and rich)

mardi 16 août 2011

Google et Motorola

L’acquisition de Motorola Mobility par Google pose de curieuses questions.
  • Il semble que Google ait surtout voulu acheter les brevets de Motorola, plutôt qu’un fabricant de téléphones mobiles. Les défenses d’Android n’étaient probablement pas suffisantes pour résister aux poursuites en justice d’Apple.
  • La bataille des TIC se jouerait sur le terrain de la mobilité « intelligente », avec Apple en leader.
  • Cet achat ne signe-t-il pas la mort des développeurs de systèmes d’exploitation ? Plus exactement, ne vont-ils pas adopter le modèle Apple ? (Fabricant et éditeur.)
  • Google sera-t-il capable d’absorber un fabricant de matériel ? Si non, ne devrait-il pas conserver les brevets et se débarrasser des téléphones ?
Compléments :

Le pauvre aime aider le riche

Résultat curieux : les pauvres tendent à s’opposer à l’intervention de l’État. Pourquoi ? Parce qu’ils craignent qu’elle profite à plus pauvres qu’eux. Étrangement, ça les amène à préférer donner à plus riche qu’à plus pauvre ! (Don’t look down)

Warren Buffett au secours de l’État

J’entendais ce matin la BBC citer M.Buffett qui aurait dit qu’un milliardaire comme lui pourrait payer plus d’impôts, qu’il ne rimait à rien que les riches soient privilégiés alors que la classe moyenne qui se bat en Afghanistan ne l’est pas.

M.Buffett est-il l’hirondelle qui fait le printemps ? Ce type d’arguments va-t-il commencer à concurrencer ceux du Tea Party ? (Plus généralement, début de reflux de la vague libérale ?)

France : confusion des partis politiques

Nos partis politiques nous représentent mal. Aurais-je trouvé une explication à ce paradoxe ? Le film de ma réflexion.
  • Des chercheurs constatent que le Français serait une sorte d’individualiste solidaire, un entreprenant aux idées « progressistes ». Ça n’a rien à voir avec ce que nos partis disent de nous.
  • Ses valeurs correspondent à celles d’un parti disparu : le parti radical.
  • Un portrait de la France fin dix-neuvième montre ce parti encastré entre une forme de PS, et une forme d’ultra libéralisme économique, apparemment plus extrême que son équivalent anglo-saxon moderne.
  • J’ai soupçonné que le Gaullisme avait repris les idées d’un radicalisme à bout de souffle. Que J.Chirac ait des idées radicales en serait-il une confirmation ?
D’où mon hypothèse du moment : nos idées auraient peu changé depuis le dix-neuvième ; mais nos partis ne disent pas ce qu’ils sont. En gros :
  • le PS est correctement situé,
  • les Gaullistes devraient être en position radicale, c'est-à-dire centrale. Dans cette hypothèse, leur rôle est de faire que le pays n’explose pas sous les rivalités idéologiques extrêmes (« Rassemblement pour la République » correspond bien à ce programme),
  • N.Sarkozy n’est pas un Américain égaré, comme je l’ai cru à tort, mais un représentant d’un courant libéral historique. Ce courant représente probablement les professions « libérales » et un grand patronat qui a peut-être disparu avec la guerre (pour cause d’obsolescence de ses usines ou de collaboration ?).
Compléments :
  • Sur l’obsolescence de l’industrie : WORONOFF, Denis, Histoire de l'industrie en France, du XVIème siècle à nos jours, Seuil, 1998.

lundi 15 août 2011

Morale Angleterre

David Cameron part en croisade contre les moeurs dissolues de l’Angleterre. Cela tombe bien, c'est un homme pour qui la morale compte.

Alors, même effet que les émeutes de 2005 pour N.Sarkozy ? Parler de morale fait gagner la droite ? (After the inferno)

Réaction inattendue, et violente. L’exemple de l’immoralité vient d’en haut : politiques qui mentent, qui fraudent, qui donnent une seconde chance aux malfaiteurs de News of the world (alors que les pilleurs n’en auront pas), ultrariches qui se moquent du fisc anglais… (Et si l'élite britannique avait inspiré les émeutiers anglais ? La Tribune)

Cela semble confirmer le point de vue d'un de mes précédents billets : l'Angleterre a besoin d'une révolution culturelle. (Est-elle la seule ?)

Enquête sur Standard and Poor's

Standard and Poor's juge que l’irresponsabilité politique ambiante fait courir des risques à l’Amérique. Identifier les facteurs structurels de danger semble être de sa responsabilité (Substandard and Poor).

Bizarrement, la SEC s’est brutalement intéressée à ses méthodes de calcul, alors que jusque-là elles l’avaient laissée indifférente. Et l’on découvre un délit d’initié qui pourrait coûter sa licence à l’agence. (Le Figaro - Flash Eco : Enquête sur Standard and Poor's)

Tentative d’intimidation ? Faciliter une crise, très bien, mais s’en prendre aux USA, inacceptable ?

Grèce irresponsable ?

Le plan grec de rigueur est-il de la poudre aux yeux ?

Sa mise en œuvre avancerait doucement, mais il y aurait de la bonne volonté… (Keep calm and carry on)

Résistance innée

« Ces découvertes sont consistantes avec des études précédentes qui montrent que les conservateurs sont plus sensibles (que les libéraux) aux menaces, plus résistants au changement, et plus susceptibles de voir le monde comme un endroit dangereux – tout cela sous-entendant une certaine forme d’attitude négative, qu’elle soit par rapport au passé, au présent et au futur. »

Le plus curieux est que ces différences correspondent à une attitude inconsciente par rapport à l’existence en général, et non à une opinion rationnellement élaborée concernant la politique, en particulier. (The Ideology of No)

Peut-être ce résultat s’applique-t-il aussi au changement : des gens sont par nature contre et d’autres pour ?

Compléments :
  • Cela ressemble aussi beaucoup aux travaux de Martin Seligman sur l’optimisme et le pessimisme. Une forme d’attitude câblée dans l’inconscient teinte l’interprétation de nos expériences. (SELIGMAN, Martin, Learned Optimism: How to Change Your Mind and Your Life, Free Press, 1998.)
  • Et si on avait là un moyen de faire des sondages fiables? Il suffit de mesure l'attitude d'une personne à la vie pour savoir comment elle va voter ?

dimanche 14 août 2011

Pour une nouvelle récession ?

Les journaux anglo-saxons ne parlent que de « double dip », d’une nouvelle récession pour les USA, mais aussi pour l’Europe.

La cause : la rigueur. Roosevelt avait déjà fait l’erreur en 37. Il a voulu réduire le déficit d’une Amérique qu’il croyait sauvée. Elle a alors replongé dans la crise.

Curieusement, un article dit que c’est peut-être cette crise qui a sauvé l’Amérique. (Financial Aftershocks With Precedent in History - NYTimes.com)

Raisonnement systémique ? Pour sauver le patient, il faut prendre le bon sens à contre-pied ? Et si la crise était une question de comportements dangereux (notamment des financiers) que seule une crise pouvait amener à se réformer ? (cf. billet précédent.)

Compléments :

Rumeur et spéculation

Les bourses auraient été sauvées par l’interdiction du « short selling », vente à découvert. L’efficacité de la mesure indique-t-elle qu’il y avait bien une vigoureuse spéculation ? (Avait-elle en partie la France pour origine ? Quid de la SG ? N’est-elle pas le spécialiste français des produits dérivés ?)

Deux observations, sous forme d’hypothèses :
  • La succession de crises que nous vivons ressemble à ce que décrit Galbraith au sujet de la crise 29. Les opérateurs financiers cherchent des cibles sur lesquelles, sans se parler, ils puissent coordonner un mouvement spéculatif (ceux qui l’enclenchent, et sortent à temps, ont beaucoup à gagner). Il était logique que l’Italie suive l’Espagne, et que la France suive l’Italie. Cette thèse est progressivement apparue dans les journaux économiques (ce blog fut-il un précurseur du mouvement ?), fournissant un signal d'attaque.
  • Le système financier a échappé aux deux modes de nettoyage habituels : la faillite et la nationalisation. Il est donc toujours soumis à sa logique d’avant crise, qui lui demande de chercher des bénéfices irréalistes. La spéculation est le seul moyen rationnel d’agir.
Compléments :

Les diaboliques

Livre de Barbey d’Aurevilly.

Nouvelles interminables. Les personnages font des dissertations épuisantes sur des sujets qu’eux seuls trouvent profonds. Histoire curieusement caricaturales, comme celle de cette duchesse espagnole, tellement pourrie qu’un de ses yeux tombe au sol, et que l’autre fond.

Étaient-ce les mœurs, coincées ?, de l’époque, qui produisaient le fantasme de femmes mystérieuses et diaboliques ? Le noble, qui n’était plus soldat, se perdait-il, comme on le voit ici, dans une oisiveté sans fin, et dans le jeu, en particulier ?

samedi 13 août 2011

Qui s’est révolté en Angleterre ?

On a trouvé des gens fort riches parmi les pillards anglais, et beaucoup de membres des classes moyennes.

Explication ? Effet d’entraînement et peut-être désir de ne pas moins profiter de bonnes affaires que ses voisins… (UK riots: Why respectable people turned to looting - New Scientist)

En outre, il semblerait que les villes anglaises soient un mélange de classes vivant côte à côte, notamment parce que certains relativement aisés sont venus s’installer chez les pauvres. Absence de solidarité + tentation = pillage ? (Londres, un modèle de mixité urbaine fragilisé par la crise économique - LeMonde.fr)

Résultat naturel de l’organisation libérale de la société anglaise : des individus isolés les uns des autres, et l’enrichissement comme seul horizon ? (Après tout c’est une hypothèse centrale du modèle de l’économie néoclassique.)

Compléments :
  • Une société libérale est nécessairement un Etat carcéral : il faut bien compenser l’absence de lien social ?
  • Bientôt un retour de balancier ? Du libéralisme à l’ordre moral ? J’entendais David Cameron incriminer le manque de moralité de la société britannique. 

Qu’est-ce que la communication ?

La communication n’est pas qu’un échange d’informations. Paul Watzlawick explique (cf. billet précédent) que l’on essaie d’y faire reconnaître l’identité que l’on se donne. Pour Erving Goffman (The presentation of self in everyday life), chacun tient un rôle, comme dans une pièce de théâtre.

L’expérience et les théories plus récentes semblent dire aussi que chaque interlocuteur essaie d’imposer sa vision implicite du bien et du mal (voir Tversky et Kahneman). Ce qui peut lui servir à y enfermer l’autre (« framing »). Pour cela, il exploite une position sociale qui peut lui donner un avantage moral. Ce faisant, il réalise une injonction paradoxale, technique de lavage de cerveau dont parle Paul Watzlawick.

Notre société a-t-elle remplacé l’affrontement physique par un affrontement moral ? Au lieu de chercher à liquider le corps de l’adversaire, on veut anéantir son cerveau ?

Comment voler un million

Film de William Wyler, 1966.

La France vue par les Américains quand ils veulent être gentils avec nous ? 

vendredi 12 août 2011

TVA et restauration

Efficacité économique de la baisse de la TVA sur la restauration : l’État et l’Insee jouent au jeu des manifestants et de la police :

Selon l’État la mesure aurait créé 40.000 emplois en plus des tendances usuelles, selon l’INSEE, de l’ordre de 15000 (et la nature et la durabilité de l’emploi ne semblent pas claires).

Les prix n’auraient pas baissé de 2,9%, mais augmenté d’1%. Et les emplois créés auraient coûté 60.000€ par personne. Mais il y a de grosses incertitudes sur les chiffres. La TVA restera-t-elle réduite dans la restauration ?

En tout cas, je suis surpris. Je trouve les restaurants extrêmement chers, leurs prix me semblent avoir beaucoup augmenté (peu de restaurants qui aient un menu au dessous de 15€ - 100F ! difficile de payer moins de 25€). Je n’aurais pas été étonné que dans certains cas, il y ait eu une inflation de 20%. Est-ce une illusion ? 

Piraterie Internet

Il semblerait que certains pays piratent Internet en grand, avec beaucoup de résultats :

Dmitri Alperovitch de McAfee décrit les intrusions comme « les plus importants transferts de richesse, en termes de propriété intellectuelle, de l’histoire » (Black hats, grey hairs)

Héritages

Il y a quelques temps je discutais avec un ancien inspecteur des impôts. Il m’expliquait que les successions rapportaient énormément à l’État : elles suscitent des querelles où l’on se dénonce les uns les autres.

On découvre alors que, de tous les côtés, tout le monde est dans l’illégalité, et dans des proportions étonnantes. L’affaire L’Oréal en serait un excellent exemple.

(Peut-être est-ce une de nos caractéristiques nationales ? Nous sommes incapables d’appliquer les lois ?)

Ce qui m’a rappelé ce que me disait une autre personne. Son rôle était d’expliquer à ceux des membres d’un club très fermé, après qu’ils aient été pris à voler les petites cuillères du restaurant ou les serviettes de la piscine, que ça ne se faisait pas.

Pourquoi les gens riches sont-ils autant attachés aux biens matériels ?

Mais est-ce le cas de tous les riches ? Les entrepreneurs ne semblent pas obéir à cette logique. Peut-être est-ce celle des héritiers : ils ne se définissent plus que par ce qu’ils peuvent recevoir en legs ? 

Vacances romaines

Film de William Wyler, 1953.

Époque où les princesses n’épousaient pas encore des roturiers. Un film annonciateur de changements imminents ? 

jeudi 11 août 2011

Rationalité humaine

On me racontait il y a quelques temps que des employés s’étaient convaincus que le nouveau logiciel qu’on allait installer était tellement mal conçu que la touche d’ordinateur (« F4 ») qui, chez son prédécesseur, permettait de sauvegarder leur travail, ferait exactement le contraire. À tel point que des directeurs d’unité envisageaient de la supprimer des claviers ! Rumeur sans aucun fondement.

Comment se peut-il qu’il puisse y avoir de la fumée sans feu ? Des rumeurs aussi précises, et totalement fausses ?

Cela expliquerait'il le comportement des marchés ?

Faut-il évoquer la théorie de Paul Watzlawick selon laquelle de telles fables ont un rôle dans la régulation interne des groupes humains. En fait, ça les empêche d’exploser ? (Il cite une pièce de théâtre dans laquelle un couple a inventé l’histoire d’un enfant mort.)

Compléments :
  • Watzlawick, Paul, Beavin Bavelas, Janet, Jackson Don D., Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes, WW Norton & Co, 2011. (cf. billet)

La France contre les marchés

J’entendais dire que la dernière rumeur est que les agences vont donner une mauvaise note à la France. La BBC disait ce matin que les marchés n’avaient pas confiance dans la capacité réformatrice de la France.

Le gouvernement ne compte pas toucher aux impôts, « un dogme » pour Nicolas Sarkozy, seulement, peut-être liquider quelques niches fiscales.

Décidément notre président est proche des Républicains américains par ses idées.

Je me demande, par ailleurs, s’il n’y a pas un schéma récurrent dans la réaction des gouvernements aux crises : ils semblent en faire juste pas assez pour les calmer.

Illusion de ma part : on ne peut jamais en faire assez ? Ou tentent-ils de faire le juste nécessaire pour apaiser le marché, sans toucher à ce qui leur tient à cœur ?...

Compléments :

Communication et comportement

Watzlawick, Paul, Beavin Bavelas, Janet, Jackson Don D., Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes, WW Norton & Co, 2011.

Ce livre s’intéresse à l’impact de la communication entre individus sur leur comportement. Son idée centrale est que tout est communication dans un échange, et cette communication qui rebondit entre membres d’un groupe qui interagissent crée un mécanisme de contrôle du groupe (je m’ajuste en fonction de ce que je sens de la perception de l’autre). Bref, grâce à la communication, le groupe devient un « système » : il développe des mécanismes qui le contrôlent.

Jusque-là la psychologie avait hérité, comme les autres sciences, de l’hypothèse matérialiste (tout n’est que matière et énergie) inhérente à la pensée occidentale. Que le groupe soit un système permet de comprendre que ce qui est anormal dans l’absolu ne l’est plus relativement à ses mécanismes de stabilisation. La schizophrénie, par exemple, est, dans certaines conditions, le seul moyen possible de se comporter. D’une certaine façon le comportement individuel est une caractéristique d’un système. Nous paraissons agir, mais nous sommes mis en mouvement par notre environnement. D’ailleurs, dans certains cas, nos comportements collectifs, nos rites, n’ont aucun sens, sinon de maintenir ensemble le groupe. Ce sont des fictions.

Ces systèmes peuvent produire des cercles vicieux destructeurs (cf. la schizophrénie). Typiquement, l’individu est pris au piège d’une relation dont il ne peut s’extraire, mais qui lui impose des injonctions contradictoires. Il y répond, en quelque sorte, en débrayant sa raison.

Pour sortir de ces cercles vicieux, il faut s'extraire du système vicié. Il ne faut plus suivre les règles de communication, mais se placer au dessus d’elles pour les analyser. Ce qui demande (toujours ?) un médiateur.

Quant au schizophrène, on doit le traiter par le symptôme : en le plaçant dans une situation dans laquelle ses contradictions lui deviennent inacceptables.

Un autre phénomène important. La communication est à la fois « numérique » (contenu / syntaxe) et « analogique » (véhicule la nature de la relation / sens). Pour arriver à comprendre la réalité d’un message il faut un bon échange entre les deux. L’hystérie serait une conséquence d’une faiblesse dans la traduction de l’un à l’autre. 

mercredi 10 août 2011

Baisse de la bourse

Curieux. Les difficultés des bourses mondiales suscitent beaucoup de bruit. Pas leur hausse.

Pourtant, le SetP 500 a doublé depuis mars 2009. Les actions demeureraient très surévaluées :

Une mesure du « price earning ratio » (valeur boursière de l’entreprise / gains) d’actions américaines est à 22,2 contre une moyenne de long terme de 16,4. (Financial markets: High hopes, low returns)

Émeutes en Angleterre

Les émeutes anglaises semblent se calmer. Effet bénéfique d’énormes forces de police ?

Cause ? Pas très clair. Si j’en crois la BBC, il ne semblerait pas que ce soit une émeute de la pauvreté. Peut-être une partie de la population anglaise y a-t-elle vu un moyen de se distraire et de s’enrichir ?

Pathologie des valeurs de la société (anglaise ?) ? En tout cas, comment le gouvernement anglais va-t-il pouvoir réduire les forces de police - ce que prévoyait son plan d'économies, dans ces conditions ? 

Des bénéfices de blogger

Quasiment tous les thèmes de ce blog sont des sujets auxquels je ne m’intéressais pas avant de le créer (je ne lisais pas la presse, n’écoutais pas les informations radiophoniques et n’ai pas la télévision).

D’une certaine façon il me force à faire l’exercice que devrait faire tout membre d’une démocratie, selon John Stuart Mill : s’interroger, publiquement, sur le sort de la nation (et du monde, probablement). Mais peut-on y arriver à ma manière : en accumulant des réactions à des articles et en espérant qu’une idée directrice s’en dégagera ?

Aristote (Les politiques) avait-il raison de dire qu’il n’y a pas de démocratie sans oisiveté ? Ma vie est-elle beaucoup trop occupée ? D’un autre côté que peut savoir l’oisif de la réalité de l’existence ? Alors, y a-t-il une solution médiane : est-il possible de développer une réflexion transversale, dans les interstices de l’occupation quotidienne ?

Compléments :
  • Curieusement, les bénéfices du milieu sont aussi une idée d’Aristote (Ethique à Nicomaque). 

mardi 9 août 2011

Peu performant Obama ?

Ce blog est né quasiment avec B.Obama et essaie depuis de cerner sa personnalité. Que révèlent ses dernières mésaventures ? An underperforming president

Il a trop tardé à agir, puis a été victime de son manque de conviction, et de son amour du compromis, qui a été exploité par les Républicains. Vision angélique de l’Amérique qui n’est pas appropriée au cynisme de ses adversaires ?

Il est certain que peu de gens aimeraient être à sa place : il a hérité « une situation initiale d’enfer : un effondrement financier, une économie prostrée, deux guerres. Maintenant il est en face d’une opposition d'enfer : un Parti Républicain populiste et irresponsable, dont les voix modérées ont été réduites au silence par des idéologues et qui a fait de son éviction du pouvoir le centre de son programme politique ».

S’il veut s’en tirer (et le pays avec lui ?), il va falloir « qu’il relève son niveau de jeu ».

Le champion américain n’est jamais aussi bon que dans les situations désespérées… En tout cas, s’il réussit, il méritera une grande estime…

Compléments :
  • Par ailleurs, il me paraît bien seul…

Démocratie et corruption

Les trains déraillent en Chine. Coupable : la corruption, qui fait que l’argent de la nation est détourné de sa destination.

Cela ne serait pas arrivé dans une démocratie, où règne la transparence, dit The Economist. (Of development and dictators)

Quoi que. Le comportement honteux des élus américains et le manque de détermination des gouvernements européens le fait douter. (S&P's credit rating cut: Downgrading our politics | The Economist)

Succès de Google+

Je lis que Google+ a 25m de visiteurs, selon Le Monde.

Il me semble que le réel critère de succès est l’activité des dits adhérents. Pour ce que j’en juge, elle n’est pas grande.

Pour le moment le scénario qui me semble le plus vraisemblable est que Google+ occupe une niche. Mes observations : ceux qui rejoignent Google+ sont des « early adopters » qui aiment la technologie pour la technologie. Si une communauté de telles personnes part en même temps, il est probable qu’elle survivra sur Google+. Mais je ne vois pas bien quels intérêts pourraient avoir la grosse majorité des utilisateurs de Facebook à les suivre, d’autant plus que les « early adopters » resteront sur Facebook. 

lundi 8 août 2011

Avenir de l’Europe

J’entendais hier parler un professeur d’économie. Il semblait confirmer le point de vue selon lequel soit l’Europe se dote d’un système de gouvernement économique, avec obligations européennes, soit il y a dissolution de la zone euro (et ?). (Hot, hot August)

La France est effectivement la prochaine cible des marchés : son taux d’endettement atteindrait 100% de son PIB, si elle devait venir au secours de l’Italie. (The midget and the mighty)

Faute de combattants, l’Allemagne ne va-t-elle pas rester seule ? D’elle, qui ne semble vouloir ni d’obligations ni de gouvernement européens, dépend l’avenir de l’Europe ? Du monde ? Redoutable responsabilité ?

Compléments :
  • Ce matin, un financier semblait dire à la BBC que les marchés ne voulaient que l’intervention de la BCE pour les rassurer quant à la pérennité de la dette européenne. Scénario à la japonaise où rien n’est réparé, mais il n’y a pas de crise pour autant ? 

Erreur de Kant ?

Le billet précédent me fait penser que l’impératif catégorique de Kant est erroné.

Il estime que c’est la raison de l’homme qui doit lui dire comment se comporter correctement.

Sa recommandation de prendre des « décisions universelles » conduit tout le monde à faire la même chose, d’où, lors du Tsunami de Noël 2004, une avalanche de dons finalement inutiles.

L’homme ne doit-il pas agir, comme dans l’exemple précédent, en fonction de ce qu’il « sent » que vont faire ses congénères ?

Ce qui est curieux est qu’il me semble que c’est aussi ce que dit Kant, au sujet de l’art : seule l’intuition permet à l’homme d’appréhender ce qui dépasse son entendement. 

Systémique et aviron

C’est la hauteur des mains des rameurs qui maintient la stabilité d’un bateau d’aviron, qui n’en a aucune. Or, pour qu’il aille vite, il doit être stable.

Il y a quelque chose de paradoxal ici : si le bateau est déséquilibré, chaque rameur va changer la hauteur de ses mains et le déséquilibrer encore plus.

En fait, il arrive un moment où le rameur a appris à anticiper le mouvement de ses coéquipiers, et à faire ce qu’il faut. L’équipage est devenu un « système ». Il a développé, quelque part dans l’inconscient combiné des rameurs, une forme de boucle de rétroaction, qui maintient l’équilibre du navire. 

Un balcon en forêt

Julien Gracq, 1958, José Corti.

Drôle de guerre, vraiment. Un officier garde un blockhaus dans la forêt des Ardennes. Monde en suspens,  en sommeil, moment de paix au cœur de la nature.

Curieux de penser qu’au même moment, en Allemagne, un peuple se vautrait dans des théories d’un ridicule déconcertant, d’un retour à un moyen-âge caricatural, et ne rêvait que de destruction.

Il en faut bien peu pour transformer l’homme en bête, prête à croire toutes les stupidités ?

dimanche 7 août 2011

L’Europe plonge ?

Les marchés doutent à nouveau de l’Italie et de l’Espagne. S'il faut les secourir, la dette française dépassera l'acceptable. (Rearranging the deckchairs)

Comment en est-on arrivé là ? Le gouvernement français n’a jamais été très vertueux, mais le dernier plan de relance et un ambitieux programme de réduction de recettes semblent avoir été les gouttes qui ont fait déborder le vase.

Pourquoi l’économie n’a-t-elle pas redémarré dans ces conditions, après tout l'entreprise est fortement stimulée ? Serait-elle un trou noir qui ne sait plus qu’absorber ?

Compléments :
  • S’il doit y avoir plan de rigueur, la nation acceptera-t-elle une réduction des programmes de l’État ou accusera-t-elle ses gouvernants d’avoir « privatisé les bénéfices et socialisé les pertes » ?

Haine de l’étranger


Pourquoi, en Norvège, tue-t-on des immigrés, mais aussi des Norvégiens de souche ? se demande Scientific American. (What Causes Prejudice against Immigrants, and How Can It Be Tamed?: Scientific American)

Au cœur de la question serait notre nature d’animal social, et l’investissement que fait l’individu dans la société.

L’étranger représenterait un danger parce qu’il véhicule des maladies auquel notre système immunitaire n’est pas habitué. Cependant, il suffit qu’il semble suivre nos normes sociales pour qu’il ne soit plus inamical.

Mais, il est encore moins menaçant que le membre de notre groupe que nous soupçonnons vouloir le trahir. 

Champions nationaux

Après l’ère libérale, nous en sommes revenus à une politique industrielle, une forme de protectionnisme.

Curieusement, il semblerait que beaucoup de nos champions soient nos ex services publics (EDF, FT, RATP, SNCF) ou une combinaison privé public (GDF Suez).

Nos précédentes expériences dans le domaine n’ont pas connu que des succès : FT, Crédit Lyonnais… Sans parler des multiples « plans » (cf. le « plan calcul » qui devait nous transformer en silicon valley…).

Le danger de l’opération est, outre le risque du « too big to fail » (FT), une croissance externe déraisonnable (FT, Crédit Lyonnais), combinée à un monopole national qui essorerait le petit peuple.

Le facteur clé de succès est probablement une croissance interne, à l’allemande, c'est-à-dire la capacité à investir à bon escient. Pour cela il faut des dirigeants qui comprennent le métier et le marché de l’entreprise, des entrepreneurs.

Compléments :

  • La politique industrielle consiste à développer les compétences naturelles du tissu économique national, pour qu’il acquiert un avantage qui lui permette de décourager les offres concurrentes. (Ce qui n'est pas forcément répréhensible : le système mondial atteint un équilibre sain, si chaque nation parvient à développer des compétences à elle.) LIST, Friedrich, Système national d'économie politique, Gallimard, 1998.

samedi 6 août 2011

Identité de la France

Intuitivement, je trouvais une bonne idée d’organiser un débat sur « l’identité de la France ». Comme les anciens Grecs, j’ai l’impression que la créativité naît de la confrontation des idées.

Peut-être n’ai-je pas bien écouté ? Rien de marquant ne semble en être sorti. D’ailleurs est-il en cours ou fini ?

Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus « d’identité française » ? Plus de nationalisme qui transporte les foules et enflamme les débats ? Le Français a-t-il le sentiment que nous sommes avant tout des hommes, que ses problèmes sont mondiaux ? 

Internet : danger de l’anonymat ?

On dit que sur Internet « personne ne peut savoir que vous êtes un chien ».

On dit aussi que, grâce aux technologies de l’information, l’anonymat devient impossible.

En conséquence, je me demande s’il n’est pas dangereux d’utiliser un pseudonyme. Il n’y a aucune garantie que cela permette l’anonymat. Et l’anonyme démasqué paraît hypocrite.

Compléments :
  • Cette discussion ne s’apparente-t-elle pas à celle sur le vote, de John Stuart Mill ? Il le considérait comme un acte social, donc non anonyme. (Voir la dernière partie de mon billet.)

Faille radicale

Les valeurs de la France semblent radicales et pourtant aucune politique radicale n’est crédible. Pourquoi ?

Durant la troisième république, le radicalisme voulait la séparation de l’Église et de l’État, l’école publique, des régimes sociaux.

Quant à notre libéralisme il veut détruire l’État pour donner ses services aux marchés.

Le FN, lui, veut chasser les immigrés et liquider l’Europe.

Bons ou mauvais, voilà des programmes. Et il faut un programme pour rallier un électorat. Mais le radicalisme, depuis presqu’un siècle, n’a plus rien à proposer sinon de vagues idées.

Compléments :

vendredi 5 août 2011

Mauvais résultats de Veolia

J’ai entendu dire que les résultats de Veolia étaient mauvais. Curieux, ceux de Suez, qui lui ressemblent, sont bons.

Si je comprends bien le FT, une explication possible de ces difficultés serait une expansion internationale un peu précipitée.  

Alarme

Je suis réveillé par l’alarme de la caisse de retraite logée dans mon immeuble. Erreur de manipulation, sans doute.

Je me suis toujours demandé si l’invention des alarmes n’était pas symptomatique de l’esprit de notre temps :

  • L’alarme, c’est un individu qui appelle à l’aide la société. On peut imaginer que, dans un monde d’entraide et où tout le monde se connaît, il n’y en a pas besoin.
  • L’alarme fait aussi intervenir la question que l'économiste appelle « externalité négative ». Il s’agit de faire payer par la collectivité ce qui est devrait dépendre de sa propre responsabilité.
(à creuser)

Esprit du temps

Nathalie Ravidat fait une revue de la littérature sur la théorie des « stakeholders » (parties prenantes), autrement dit de la façon dont les entreprises conçoivent leur relation à leur environnement humain.

Elle divise les travaux en deux familles : la vision défensive et la collective.
  • La première fait l’hypothèse implicite que l’entreprise doit se défendre contre le pouvoir de nuisance de ceux qui l’entourent, qui veulent lui voler son bien. C’est une vision individualiste et égoïste, d’un monde clos et stable régi par le rapport de forces.
  • La seconde pense l’avenir imprévisible, source de dangers mais aussi d’opportunités. Seule la coopération permet de faire face à cette situation, et d’en tirer le meilleur. C’est une vision solidariste.
La première vision me semble avoir dominé notre pensée récente. Martine Aubry a voulu diviser la richesse, Nicolas Sarkozy la rendre aux riches. Question de répartition dans les deux cas. Individualisme soixante-huitard ?

Et s’il suffisait de nous persuader que l’avenir est incertain pour nous rendre sympathiques ? 

Cercle vicieux syndical ?

Les syndicats ne sont-ils pas montés à l’envers ?

Représentent-ils beaucoup plus que les intérêts de leur technocratie interne ? Que défendent-ils, sinon un « monde ouvrier » mythique ? Favorisent-ils des transformations qui pourraient être bénéfiques aux employés ? Quelle est l’utilité de leurs grèves ? Pourrir la vie du petit peuple et détruire l’image des institutions qu’ils disent défendre ?...

Quel devrait être leur mission ? Le problème du moment : l’exploitation du petit (employé, actionnaire, client, entrepreneur…) par l’oligarque (financier, consultant, dirigeant à bonus…) ?

Et si le syndicat cherchait à rétablir l’équilibre entre eux ? En jouant sur le nombre des petits, qui, fédérés, sont plus puissants que les gros ? En montrant que l’intérêt de l’entreprise, de la société, et même de l’environnement n’est pas celui que l’on croit ?...

Compléments :

jeudi 4 août 2011

Rationalité des marchés

Les pays que les marchés pensent les plus certains de faire faillite : La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont au sommet, plus risqués que le Venezuela et le Pakistan ; l’Espagne est moins sûre que l’Égypte révolutionnaire. (How much closer a union?)
Raison ? Cacophonie de la communication gouvernementale européenne.

Autrement dit la rationalité des marchés (dont on nous a rebattu les oreilles) est nulle. On les manipule par la propagande.  

Bénéfices de l'altruisme (suite)

Les États américains riches subventionnent les États pauvres dans des proportions étonnantes. S’il était un pays indépendant, le Nouveau Mexique, par exemple, aurait un rapport dette sur PIB de 260%. C’est bien plus terrible, et de très très loin que la Grèce (dont l’endettement serait de l’ordre de celui de la Virginie). (Greek Americans)

Dans les mêmes conditions, si vous donnez des noms différents aux gens (Allemands, Grecs…), vous avez une crise ; si vous leur donnez le même nom (Américains), pas de crise. Rationalité humaine. 

Le vent de la plaine

Film de John Huston, 1960.

Film d’une époque où l’Américain vivait dans des huttes enterrées.

Intéressante problématique : appartient-on à sa famille génétique ou à la société que l’on a adoptée ?