mardi 20 septembre 2011

Italie peu crédible

Une fois encore, la BBC se demandait ce matin pourquoi l’Italie était plus mal jugée que l’Angleterre par les marchés (et les agences de notation) alors qu’elle semble dans une situation financière plus solide.

Réponse de son invité : problème de croissance (pourtant l’Angleterre ne croît pas beaucoup ?) et surtout de crédibilité (mais l’invité note que son ministre des finances mène une politique avisée !).

Ce qui semble confirmer un précédent billet (Causes de la crise de l’euro) : en dehors de la Grèce, le problème de la zone euro est une question de liquidité (faute de crédibilité). Autrement dit, nos hommes politiques inquiètent les marchés ?

En reviendrait-on à la conclusion qu’ont tirée les pays du sud est asiatique en 1997 : il n’est pas possible de dépendre d’une finance internationale qui peut vous couper les vivres sans crier gare ?

5000 milliards de $

Les banques américaines vont distribuer 5000md$ à leurs employés dans les dix prochaines années. Voilà un montant qui ridiculise celui de la dette des USA.

Ces sommes seraient tirées des garanties qu’elles n’ont pas constituées pour se protéger des risques. Ce qui force le gouvernement à les soutenir, d’où cercle vertueux. (The Great Bank Robbery)

Autrement dit, elles le parasitent.

Qu’aurait-on dit s’il s’était agi de la Grèce ?

Compléments :
  • Les auteurs du billet se demandent pourquoi le marché n’élimine pas ce scandale. Et si la réponse était que, à leur manière, ces banques sont redoutablement efficaces ? 

Changement européen

La zone euro doit devenir une union fiscale pour pouvoir se tirer d’affaires. Voilà le consensus du moment.

Mais les orientations économiques d’une nation sont liées à des choix de société fondamentaux. Bref, l’union fiscale amène à quelque chose qui ressemble fort à une union politique (In the Brussels bunker), entre des nations qui se ressemblent à peu près autant que des carpes et des lapins.

L’ampleur du changement est d’autant plus impressionnante que l’on prend en compte son point de départ : la fondation de l’UE.

L’UE n’est pas une aspiration de ses peuples, mais, avant tout, une création d’une Amérique effrayée par la menace soviétique. En outre, nombre de nations ont rejoint l’UE au moins autant par panurgisme que par opportunisme.

Dans ces conditions doit-on avoir une pensée émue pour les apprentis sorciers qui ont engendré l'euro ?

Le propre de l’homme : le changement

L’homme n’est pas qu’un animal politique (ou social). Sa particularité est de pouvoir modifier les règles qui guident son comportement collectif, dit Maurice Godelier.

Le propre de l’homme serait-il le changement, au sens où l’entend ce blog ?

GODELIER, Maurice, Au fondement des sociétés humaines, Albin Michel, 2007.

lundi 19 septembre 2011

Causes de la crise de l’euro

Si je comprends bien l’analyse de The Economist  (How to save the euro), la crise de l’euro viendrait d’une confusion entre insolvabilité et illiquidité.
  • La Grèce serait insolvable, dépensant plus qu’elle ne gagne.
  • Le reste des pays européens en difficultés, y compris la France, seraient illiquides : ils sont solvables, mais ils n’arrivent pas à trouver de financements. La cause pourrait en être la création de la BCE, qui leur a fait abandonner leurs banques centrales, et perdre la fonction de prêteur de dernier ressort. Le Fonds de solidarité serait un moyen de réparer cet oubli. (Profligacy is not the problem)
Que faire ? Organiser la faillite grecque, et apporter des liquidités aux banques affectées et aux pays menacés. Ce qui demande un énorme Fonds de solidarité, alimenté par l’Allemagne, seul pays qui en ait la capacité. Par ailleurs, la rigueur est suicidaire, il faut relancer les économies européennes.

L’alternative serait un cataclysme dont les conséquences sont difficiles à concevoir. Le sort de la planète serait-il entre les mains d’une Allemagne, qui, pour la sauver, doit manger son chapeau ? 

Lutte contre le déficit : danger ?

Le déficit n’est pas à l’origine de la crise. En particulier, l’Irlande et l’Espagne étaient des modèles de vertu financière. Voici ce que dit Paul Krugman. (Math Is Hard, Euro Edition)

Alors, pourquoi s’acharne-t-on à réduire nos déficits, au risque d’une grande dépression ?

Il y a l’idéologie allemande, bien sûr. Mais, elle n’a pas toujours été aussi intransigeante. Il y a les « marchés » aussi. Mais ils ne semblent pas penser la même chose de l’Amérique, hyper endettée, et de l’Europe, qui l’est moins. Alors, serions nous influencés par un libéralisme, qui juge le moment idéal pour liquider États et protection sociale ?

Compléments :

Une après-midi de chien

Film de Sidney Lumet, 1975.

Il n’a pas fallu plus de 3 ans pour qu’un fait divers devienne un film.

Est-ce que la société américaine est faite de telle façon qu’un homme ordinaire peut-être contraint de braquer une banque et de prendre quelques personnes en otage ? Ce qui semble d’autant plus rationnel que, si j’en crois wikipedia, les droits du film ont donné au voleur ce qu’il n’avait pas trouvé dans le coffre fort. 

dimanche 18 septembre 2011

Élections au Danemark

Curieusement, les Danois, qui ont un déficit public relativement élevé (4,6%), ont élu un gouvernement socialiste, qui veut augmenter les impôts, le poids de l’État (et la durée de travail).

Le courant libéral serait-il en reflux ?

Perfide Albion

La zone euro est en flammes, voilà le moment d’en profiter, juge le conservateur britannique.
(Une première école pense que :) en rançonnant la zone euro, la Grande Bretagne peut être un parasite du marché commun européen. (…) l’idée est d’avoir accès aux marchés européens sans avoir les coûts liés à la réglementation européenne.
(Pour une seconde) les règles du commerce international garantissent l’accès aux économies européennes.
D’ailleurs pourquoi se préoccuper de l’Europe ? Elle n’est plus rien, les pays émergents sont tout.

Effet de levier de Daniel Pennac

Daniel Pennac raconte qu’un de ses enseignants, surpris par la complexité des histoires qu’il inventait pour ne pas faire ses devoirs, lui a demandé d’écrire un roman. De cancre il l’a transformé en bon élève, en écrivain à succès et en professeur. (Flight path)

C’est cela la vision qu’a ce blog du changement : pour le réussir, il faut comprendre la nature de ce l’on veut changer, et inscrire le changement dans sa logique. Il se fait alors à « effet de levier ». 

samedi 17 septembre 2011

Volcans contre réchauffement

Refroidir la terre en simulant une éruption volcanique. Méthode : expédier des particules de sulfate dans l’atmosphère au moyen d’un tuyau soulevé par un ballon. Un test est en cours. (U.K. Researchers to Test "Artificial Volcano" for Geoengineering the Climate: Scientific American)

Les auteurs de l’expérience semblent penser que si la situation de la planète se dégrade, tous les coups seront permis.  

Justice chinoise

Le système juridique chinois viserait à modifier les comportements pour qu’ils forment un tout harmonieux.

Cela ressemble beaucoup à la logique de la discipline militaire  : le supérieur est juge, les intentions coupables sont punies et le groupe peut être sanctionné pour le comportement d’un de ses membres.

Capitalisme et crise

« Marx a pris le problème à l’envers : les crises récurrentes du capitalisme le renforcent » (Centuries of trial and error)

Bonne nouvelle, pour celui qui les vit ?

Et si la révolution industrielle avait, d’une certaine façon, transformé les crises qu'inflige la nature à l’espèce humaine, en crises sociales ? (Révolution industrielle)

vendredi 16 septembre 2011

Projet de société

Présidentielle : quel est le programme des candidats du PS ? (Hollande, Aubry, Montebourg, Royal, Baylet, Valls... Débat télévisé des Primaires socialistes : les programmes des candidats PS passés au crible)

Pendant longtemps ce blog a reproché au PS de tabler sur le mécontentement que ne pouvait que susciter N.Sarkozy. Conséquence inattendue des primaires, ce n’est plus le cas. Ses leaders pensent. C’est honnête, un peu austère, très marqué par l’économie. Mais, j’ai du mal à y voir un « yes we can » ou une « big society », une ligne directrice forte. Exemples :
  • Martine Aubry semble en vouloir aux niches fiscales. Dans ce cas, pourquoi ne dit-elle pas que N.Sarkozy a creusé la tombe de la France avec ses mesures ? Ça serait violent, mais frappant.
  • François Hollande parle d’un curieux contrat intergénérationnel, ou d’embaucher des enseignants… Que cherche-t-il à faire ? Reconstruire une société solidaire, après 4 décennies, au moins, d’un individualisme incontrôlé ? Si c’est le cas pourquoi ne pas proposer un reengineering social ?
Différence culturelle entre la France et les USA ? Lorsque j’étais à l’Insead j’ai été frappé par la façon dont les étrangers organisaient des réjouissances : ils levaient des fonds et louaient une aile de Versailles. Le réflexe du Français était de cuisiner ses plats lui-même. En France, on bricole de petites idées disparates, aux USA on se donne les moyens, et le temps, de les formuler dans un projet de société ? Professionnalisme vs. amateurisme ? 

Avenir de l’édition

Le livre semble promis au même avenir que la musique ou le film. Un « contenu » dématérialisé.

Le plus curieux dans cette transformation est peut-être le sort des libraires. En, effet, ils étaient bien plus que des distributeurs, un véhicule essentiel du marketing du livre. (Great digital expectations)

Les auteurs vont-ils devoir être plus des marketers habiles que des écrivains talentueux ? Cela nous promet-il quelques décennies de produits littéraires ? 

Logique chinoise

La politique (extérieure) chinoise serait guidée par :
  • Son besoin de pétrole.
  • Son désir d’éviter des troubles intérieurs.
  • Son obsession de ne pas paraître un colonisateur.

jeudi 15 septembre 2011

Sarkozy, victime de ses démons ?

Étrange. Crise européenne : chaque tergiversation allemande menace d’envoyer quelque nation ou quelque banque par le fond, N.Sarkozy est un modèle de responsabilité et de retenue. Libye : seul contre tous, il gagne une guerre.

Pourtant l’Allemagne demeure admirable. Et rien ne peut faire estimer M.Sarkozy, qu’un journal américain traite « d’antic foil » de Mme Merkel (probablement son « négatif bouffon »).

Compléments :

Chômage des jeunes

Le chômage des jeunes est une maladie du moment aux effets inquiétants :

Émigration, crime, chômage endémique, carrière de deuxième classe, perte de confiance en soi, réduction de l’espérance de vie… (Left behind)

Génération perdue ? Destruction qui réduit le potentiel d’une nation ?

Et promesse d’un avenir plus solidaire ? Le plein emploi des trente glorieuses n'a-t-il pas contribué à l’individualisme et l’égoïsme ambiants ? 

École et autonomie

La réforme des universités leur a donné l’autonomie. J’entends dire, à répétition, que l’autonomie c’est le bien. Mais pourquoi ? J’ai dû rater une étape de la démonstration. Et voilà que le sujet est à nouveau évoqué :
M.Gove veut libérer les écoles qui ont de bons résultats ainsi que celles qui sont pauvres de la tutelle des collectivités locales, expliquant que les meilleurs systèmes d’éducation au monde sont ceux dans lesquels l’école jouit d’autonomie. (Raising a class)
Où trouve-t-on ces « meilleurs systèmes d’éducation » ? Aux USA, peut-être ? Mais, à côté de quelques prix Nobel, le problème majeur du pays est, justement, le manque de qualification de sa population !

Les systèmes éducatifs allemands et français du siècle passé ont été d’excellents formateurs de masse, et de prix Nobel, on les crédite de nous avoir redonné l’avantage sur l’Angleterre. (Révolution industrielle)

À en juger par mon expérience, l’autonomie va profiter aux forts et aux malins (mon université ?) et couler les autres. Est-ce dans l’intérêt de notre nation que notre système d’éducation produise des ratés ?

mercredi 14 septembre 2011

Que reproche-ton à nos banques ?

On reproche à nos banques de ne pas être « mark to market ». Leurs comptes ne reflètent pas la valeur de bourse de la dette grecque. Du coup, les réserves qu’elles possèdent pour parer à une crise sont insuffisantes.

Pourquoi les actifs d’une société devraient-ils avoir la valeur que leur donne le marché, alors qu’ils pourraient en avoir une autre lorsqu’on les vend ? Il faut, donc, peut-être, manier cette idée avec prudence. À moins d’être convaincu de la rationalité des marchés ?

Et l’argument sur le niveau de garantie est douteux : face à la crise que semblent prévoir les marchés, les niveaux de garantie jugés sûrs seraient insuffisants, probablement. En effet, ils étaient beaucoup plus élevés à l’époque où les banques devaient se défendre seules.

En fait, on reproche à nos banques d’avoir des comptes opaques, mais surtout de dépendre de la bonne volonté des gouvernements à transformer l’Europe en une fédération. Or, depuis des mois les journaux économiques anglo-saxons dénoncent les atermoiements des politiques de tout poil. Sans comprendre que ce qui se joue en Grèce, par exemple, est un cataclysme social, et que cela ne peut pas réussir par miracle.

Les marchés, qui ne connaissent que l’action immédiate, sont affolés par l’incertitude ? Et quant ils ont peur, ils vacillent ?

Compléments :

Pots de vin africains

Un avocat, conseiller de M.Sarkozy, accuse MM.Chirac et Le Pen d’avoir reçu de l’argent africain. Curieuse affaire : les faits sont prescrits, et il n’a pas de preuve à montrer. Et pourquoi maintenant ? (Accusations de Bourgi : le parquet de Paris ouvre une enquête - LeMonde.fr)

Et si cela renforçait le FN, qui ne vit que de publicité ? Et érodait la base gaulliste de M.Sarkozy, offusquée que l’on s'en prenne à un dirigeant historique, apparemment affaibli par la maladie ? 

Qui va gagner les élections américaines ?

B.Obama serait menacé par le syndrome Carter.

L’issue de l’élection présidentielle américaine pourrait se jouer sur la personnalité du candidat. C’est ce qui se passe lorsque la situation devient trop compliquée pour l’intellect de l’électeur. (That sinking feeling)

(C’est la stratégie que l’on prête à N.Sarkozy : rendre la situation compliquée, pour apparaître en recours.)

Rationalité des marchés et euro

Les marchés financiers évaluent-ils correctement le risque des États européens ? se demandent deux économistes.

Ils l’ont nettement sous-estimé avant la crise (toutes les dettes de la zone euro avaient le même taux), et, maintenant, il semblerait qu’ils le surestiment tout aussi nettement. À moins qu’ils voient quelque chose que nous ne voyons pas… (The risk of default in the Eurozone: New analysis of fiscal space, CDS spreads, and market pricing of risk | vox)

En fait, je ne crois pas que les marchés soient irrationnels : ils obéissent à des règles. Par exemple, un trader me décrivait les veilles d’explosion de bulle spéculative comme une sorte de jeu de la patate chaude formidablement excitant.

Bien sûr, il y a des moments où les cours font du yoyo alors que leurs fondamentaux sont stables (cf. SHEFRIN, Hersh, Beyond Greed and Fear: Understanding Behavioral Finance and the Psychology of Investing, Harvard Business School Press, 2002). Mais, généralement, ils paraissent plutôt susceptibles au phénomène que Thomas Schelling appelle l’ancrage : la recherche d'un repère commun. (Par exemple, sans rigueur point de salut.)

mardi 13 septembre 2011

Changement en Israël ?

Pendant longtemps Israël a paru un petit pays riche et dynamique entouré par de furieux agités. Aujourd’hui, ses voisins deviennent démocratiques et puissants (Turquie).

Il ne faudrait pas que les anciens réflexes d’Israël le transforment d’agressé en agresseur. Contre plus fort que lui, il aurait beaucoup à perdre.

Compléments :

Raisonnable Libye

Le futur paraît bien plus prometteur pour (les Libyens) que pour leurs voisins arabes après leurs révolutions.
Ils ont du pétrole, une diaspora bien formée, et une société qui ne semble pas susceptible aux tensions religieuses. (So far, so pretty good)

Empire du mal

L’Amérique a été bâtie sur le principe que la nature de l'homme est le mal.
  • Ses pères fondateurs avaient lu l’histoire dont ils avaient tiré cette conclusion (fréquente dans le monde anglo-saxon). Du coup, ils ont construit un système de contre-pouvoirs qui cherche à équilibrer le mal par le mal. En fait, ils étaient surtout inquiets du comportement des masses, qu’il fallait contenir. « Il était  généralement reconnu que le peuple était souverain, mais il était aussi plus ou moins concédé qu’il ne devenait pas gouverner. »
  • Complétant ce dispositif, ils comptaient sur l’effet apaisant d’une classe moyenne nombreuse (une idée d’Aristote), et sur un partage d’intérêts collectifs : nationalisme et colonialisme (expansion internationale).
  • Dans cette pensée se trouve aussi « l’idée radicale des sophistes, que les désirs naturels de puissance et d’enrichissement sont derrière toutes les actions sociales ». Bref, que derrière le bien se trouve le mal. Et c’est pour cela que la liberté d'exercer une forme de mal est vue par beaucoup d’Américains comme un droit :
Ce que St Augustin avait perçu comme un esclavage, voire une punition divine, l’asservissement sans fin de l’homme aux désirs de la chair, l’économiste néolibéral, le politicien néoconservateur et la plupart des habitants du Kansas, le prennent pour une liberté première.
(Hypothèse qui se retrouve dans les théories scientifiques dominantes :) le gène égoïste (...) le darwinisme social (...) le choix rationnel, des théories des économistes.
Voilà ce que dit Marshall Sahlins dans le livre cité par un billet précédent

Compléments :
  • C’est une théorie que développe aussi Michael Moore (Bowling for Columbine). L’Américain aurait naturellement peur de son prochain, ce qui expliquerait sa tendance à le massacrer.  

lundi 12 septembre 2011

Allemagne et Europe

Il se confirme (Sages allemands ?) que l’Allemagne a changé d’avis sur l’Europe.

Elle est irritée de devoir aider des incompétents, mais « l’intégration européenne est une trop grande part de l’identité de l’Allemagne d’après guerre pour être facilement abandonnée ». « L’Allemagne d’après guerre s’est liée par des règles et des traités afin d’éviter les tentations passées : une constitution forte pour contenir les politiciens, des règles fiscales pour empêcher l’hyperinflation, l’UE pour pacifier le nationalisme ».

La question qui demeure est : comment construire une zone euro vertueuse ? Accessoirement, va-t-elle être un bunker protectionniste ayant rompu l’amarre avec la libérale Albion ? (Germany’s euro question)

Doit-on voir dans cet apparent revirement, un trait culturel allemand : l’Allemagne réfléchit lentement, mais aboutit à un résultat solide ? La France pense vite, mais accouche d’un bricolage bancal ? 

Amnésie

Pourquoi le Dreamliner de Boeing a-t-il connu autant de problèmes ? Parce que Boeing a combiné trop d’innovations en même temps.

Curieux. Depuis toujours on me répète que c’est ce qu’il ne faut pas faire, et que l’avoir compris a été le secret du succès des Japonais, à l’époque de leur gloire, ou de Marcel Dassault (par exemple). (Nightmareliner)

Pourquoi Boeing ne le savait-il pas ? Éternelle difficulté à transmettre le savoir ?

Ou conséquence du Postmodernisme (Poststructuralisme) ? Mes maîtres ne me disaient-ils pas, après 68, que leur rôle était de faire s’épanouir la personnalité de leurs élèves ? L’individu n’était-il pas supposé tout savoir ? Dans ces conditions comment concevoir de retenir quoi que ce soit du passé ?

Compléments :
  • Paul Krugman se pose une question similaire concernant les économistes. Pourquoi, ont-il était victimes d’une pensée unique qui leur a fait oublier une grosse partie de leur science, les rendant incapables non seulement de concevoir l’hypothèse même d’une crise, mais surtout d’y répondre.
  • Au fond, cette hypothèse de l’homme omniscient conduit naturellement à l’hypothèse des marchés rationnels. 

L’Angleterre sous la botte émergente

Tata en tête, les entreprises des pays émergents achètent l’économie anglaise. « Une raison du succès de la Grande Bretagne est que son économie est relativement ouverte : il est plus facile d’acheter une entreprise anglaise qu’une américaine ».

Ça ne semble faire que des heureux : la City, les avocats, les comptables… y trouvent des clients ; les entreprises, un management bien plus efficace que son équivalent local. (The new special relationship)

Un pays dont l’économie appartient à l’étranger est-il toujours autonome ?

L’enfer de la corruption

Film d’Abraham Polonsky, 1948.

Voilà qui semble dire que, au moins durant la grande dépression, il fallait être dans l’illégalité pour survivre, et que l’on devait être un héros pour y échapper (et finir en prison).

Film noir fort efficace, avec de beaux personnages, peu conventionnels, me semble-t-il. 

dimanche 11 septembre 2011

Éviter une crise (majeure)

Comment combattre le chômage, ce qui exige des investissements, tout en rassurant les marchés, qui veulent la rigueur ?

Il suffit pour cela de relancer à court terme, tout en se montrant déterminé à réduire son déficit sur le long terme. Tout le monde y trouvera son compte.

Parmi les pistes : construire des infrastructures, subventionner les horaires de travail réduits pour conserver l’emploi (et éviter que les employés perdent en compétence, donc en capacité à trouver un emploi), alléger le coût du travail, développer l’offre de formation de façon à combler le fossé entre l’emploi offert, de plus en plus qualifié, et la main d’œuvre, qui l’est de moins en moins. (The quest for jobs)

Sarkozy gagnant ?

Les chances de réélection de M.Sarkozy, sujet d’intérêt international :

Combien vaut ce blog ?

Rencontre avec un sympathique dirigeant d’une agence de communication.

Je découvre avec intérêt que son entreprise produit des blogs comme celui-ci, même nombre de billets, mais audience beaucoup plus faible (moi qui croyait que ce blog n’était pas lu !), pour 80K€ par an.

Pourquoi ne pas me convertir en blogger professionnel, me suis-je dit ? À ma cadence actuelle, je suis probablement capable de produire 4 ou 5 blogs en parallèle… 

samedi 10 septembre 2011

François Hollande recrute des enseignants

F.Hollande veut regarnir les rangs d’enseignants que M.Sarkozy a décimés. Habile ?

On me dit que le Français est las du risque de licenciement et rêve d’être fonctionnaire. Et puis quelques enseignants supplémentaires pour s’occuper des banlieues difficiles, n’est-ce pas une assurance de sécurité ? Et n’est-ce pas aussi un investissement, comme l’affirmait, par ailleurs, le B.Obama du billet précédent ?

Le plus curieux est l’argumentation économique de M.Hollande :
S'agissant des moyens de financer ces postes, le candidat a relevé que les "suppressions de postes" rapporteraient "250 millions par an". Il a mis en regard le coût de la TVA dans la restauration "3 milliards d'euros", et les exonérations des heures supplémentaires "4,5 milliards d'euros". (Education : Hollande se démarque d'Aubry et Royal - LeMonde.fr)
M.Sarkozy paraît ridicule. (Pour redresser le pays, il suffit de faire le contraire de son action ?)

Où est la vérité scientifique dans ces comparaisons ? En tout cas, M.Hollande semble prendre M.Sarkozy à son propre jeu. 

Barack Obama relance

Barack Obama est-il un champion capable de « relever son niveau de jeu », dans la difficulté ? (Peu performant Obama ?)

Il propose de « relancer » son économie à un moment où on ne parle que de rigueur. Courageux ? Il prend des risques pour sauver son peuple du chômage ? Mesure susceptible de diviser ses adversaires, peut-être ?, de plaire à ses extrêmes ? Surtout de les mettre en échec quoi qu’ils fassent : il les force à trahir soit leurs principes, soit les intérêts de la nation ?

Compléments :

Dette excessive ?

Il semblerait qu’il y ait un consensus selon lequel l’endettement des États est excessif.

Mais lors des guerres l’endettement est aussi excessif, et cela ne choque personne. Et si l’on était dans une forme de guerre ? Après tout si certains experts ont raison, la rigueur entraîne la rigueur jusqu’à ce que mort s’en suive… Alors qu’investir et fournir des perspectives stables peut entraîner un redémarrage de la croissance qui éliminera les dettes…

Les crises ne seraient-elles qu'une question de rumeurs aléatoires ? (Comme le dit un dessin humoristique fameux.)

TGV de Bordeaux

Le TGV arrive en avance. À l’aller et au retour de Bordeaux. Bravo à la SNCF ?

(Mais, jadis, ne fallait-il pas 3h pour faire le trajet, alors que nous avons mis 3h15… mauvaise mémoire ?)

J’ai appris que l’Aquitaine était la région la moins endettée de France. Ce que les entrepreneurs locaux semblent amèrement regretter. En effet, cela viendrait d’un investissement insuffisant en infrastructures de transport (en particulier, la ligne TGV ne l’est pas jusqu’au bout). On m’a beaucoup parlé « d’enclavement ».

J’ai aussi appris que les Chinois achetaient les châteaux de la région, histoire d’en réexpédier la production chez eux, mais aussi d’en faire des chambres d’hôtes (chinois). 

vendredi 9 septembre 2011

Sages allemands ?

Allemagne : il semblerait qu’il y ait accord sur l’utilité de la zone euro, et sur la nécessité d’un fédéralisme européen.


Revirement ? Sommes-nous mal informés de ce que pense l’opinion publique allemande ?...

Compléments :

Consommation d’énergie

Google consommerait la production de l’équivalent d’un quart de centrale nucléaire.

Curieusement, seulement 5% de ce total serait utilisé par les recherches sur Internet. (Google Details Electricity Usage of Its Data Centers - NYTimes.com)

Où est le reste ? Diversifications dans des relais d’activité plus ou moins hasardeux (comme ce blog) ?...

Vacances à Paris

Film de Black Edwards, 1958.

En 1958, les mœurs ne sont guère libérées, les soldats sont considérés comme des sous-hommes irresponsables, et les officières font la cuisine et la vaisselle pour un caporal. Et le Français est grivois, ridicule, et producteur de pinard. 

jeudi 8 septembre 2011

Hoshin

Découverte il y a quelques temps du Hoshin, technique japonaise qui aurait beaucoup été utilisée par HP. (Strategic Planning With Hoshin)

Idée ? Dire ce que l’on rêve de faire (par exemple éliminer la dette du pays, pour notre gouvernement). Identifier les actions nécessaires pour réussir et concentrer l’attention de tous sur elles.

Parallèlement, identifier les processus critiques de l’organisation (par exemple la qualité de l’enseignement national), leur fixer des indicateurs, et s’assurer qu’ils restent au niveau désiré.

Tout ceci fait l’objet de quelques tableaux, et d’un suivi implacable.

Compléments :
  • Pourquoi les Japonais se perdent-ils dans des rites politiques d'une grande subtilité mais d'une totale inefficacité, alors ? (The mud-lover)

La fusion aurait-elle un avenir ?

La fusion nucléaire semble une chimère.

Pourtant une ancienne technique, corrigée par de nouvelles idées, donnerait des espoirs… (Next ITERation?)

Faut-il y croire ? 

Marshall Sahlins, Homme = mal, fondement de l’Occident

« La civilisation occidentale a été construite sur une idée perverse et erronée de la nature humaine ». Sahlins, Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradign press, 2008.

Les Grecs d’il y a 25 siècles décrivaient leurs maux de la même façon que nous le ferions aujourd’hui. Le néoconservatisme, par exemple, y avait un autre nom, mais les mêmes effets. L’histoire est un éternel recommencement. 

Tout cela tient à une hypothèse inconsciente. Poussé par ses instincts, l’homme fait le mal. Il faut le contrôler par la culture (la loi et la morale).

De ce fait, notre histoire a été une oscillation entre deux tendances, bougeant en réaction l’une avec l’autre. 

La première, que l’on trouve chez Platon (ou dans les monarchies, plus récemment chez les néoconservateurs et dans notre haute administration), veut que le bien soit imposé au peuple par une élite bien née et correctement formée. La seconde estime que c’est l’équilibre de forces égales qui produit le bien (cf. la main invisible d’Adam Smith ou les théories de Rousseau).

Les deux peuvent coexister, d'ailleurs : l’élite égalitaire anglaise ou grecque, en concurrence parfaite, gouverne une masse à l’instinct bas.

En fait, cette hypothèse est fausse. La science constate que la culture a précédé (de millions d’années ?) l’homo sapiens, qui, par ailleurs, a un cerveau fait pour gérer une sorte d’écosystème extrêmement complexe (« le cerveau humain est un organe social »).

Et elle ne correspond à rien de ce que pensent les autres cultures. Elles estiment que « l’essence humaine existe dans et en tant que relation sociale », et, même, que l’humain est à l’origine de tout, autrement dit que l’animal descend de l’homme, ou est une forme d’homme. 

mercredi 7 septembre 2011

Réforme grecque

Le système universitaire grec semblait un petit peu ridicule (les élèves prenaient en moyenne 7,6 ans pour finir leur licence)… Et pourtant il semblerait avoir été réformé. (The schools of Athens)

La Grèce aurait-elle des ressources de rigueur insoupçonnées ? 

Colonialisme

Livre sur les colonies anglaises.

Elles étaient gérées selon le bon plaisir d’une sorte de caste se recrutant entre soi et obéissant à des rites curieux (« seuls des officiels capables de jouer au polo pouvaient espérer une promotion, dans la province soudanaise du Darfour. »). (With a stony British stare)

Avec de tels modèles, est-il étonnant que les ex colonies aient autant de difficultés à se construire ? 

Français et argent

Plusieurs de mes proches ont fait une carrière extrêmement prometteuse dans des entreprises anglo-saxonnes, et se sont arrêtés tôt. Ils jugeaient qu’ils avaient assez gagné, et qu’ils pouvaient maintenant faire ce qui les intéressait. (C’est un peu mon cas, d’ailleurs.)

Ils me font penser à ces Africains qui ne font que le juste nécessaire.

En fait, ces amis travaillent plus qu’avant, gagnent peu, mais sont leurs propres maîtres. Ils n’ont pas de grands besoins et ils estiment qu’ils sont plus utiles à la société comme cela qu’à perdre leur temps à la cour d’un grand patron.

Au fond tout ceci est propre à la culture française. Notre éducation n’est pas matérialiste. Seules les classes commerciales et des banlieues, éjectées par notre système scolaire et élevées par la télévision, ont développé une vision bling bling du monde ?

mardi 6 septembre 2011

Rationalité des marchés

Pourquoi les marchés doutent-ils de l’Italie et pas de l’Angleterre, se demandait un interviewé de la BBC, ce matin. En effet la situation de la première est relativement meilleure que celle de la seconde.

Oui, mais l’Angleterre a pris des mesures de réduction de son déficit qui ont convaincu les marchés.

Ce qui est bien. Seulement, on aimerait qu’un peu plus d’attention soit apportée à la création d’emplois dans le secteur privé en remplacement de ce qui a été supprimé dans le public, sans quoi…

Règle du moment : c'est la détermination d'un gouvernement qui fait la crédibilité de son économie ? Même si cette détermination peut creuser la tombe de son pays (ce qui explique les hésitations de certains) ? Et demain ?

Comme le montre les Crash : le capitalisme n’est qu’une question de confiance, et d’idées reçues qui vont et qui viennent, aléatoirement : plus de confiance, plus de « valeur » ? Paradoxe de l’hyper matérialisme ?

Compléments :

Le diplôme ne paie plus

Le diplôme ne serait plus une garantie d’emploi. Il y a pourtant, partout, de plus en plus de diplômés.

Pourquoi ? Il y aurait une forme de taylorisation des tâches intellectuelles, qui seraient automatisées ou externalisées. (Angst for the educated)

Biais idéologique ? L’homme comme source de coûts et non comme investissement ? 

Misérabilisme

Diane Arbus aurait montré du monde une image monstrueuse, parce qu’elle y aurait trouvé un écho rassurant à l’inhumanité de son enfance de petite fille riche. Voilà ce que dit une note de lecture d’une biographie. (The torment behind the camera)

Est-ce pour cela que notre élite tend à donner du peuple une image misérabiliste ? Une projection de son désert affectif ? « C’était ses secrets qu’elle montrait, pas les leurs. »

Réformes de l’État

L’État se serait réformé, mais en confondant dégradation de qualité et réduction de coûts. Plusieurs personnes m'ont dit la même chose, la semaine dernière. Leurs arguments :
  • Les toujours ou anciens services publics connaîtraient une dégradation de la qualité de leurs services sur le modèle du précurseur FT. Il arriverait, à la SNCF, à la Poste… des choses impensables il y a quelques décennies.
  • En fait, ces réformes auraient créé des êtres étranges qui n’ont ni les réflexes du privé, ni ceux de l’ex service public. Une sorte de zèle réglementaire tatillon hostile au client.
  • Cela viendrait de ce que les particularités et les statuts historiques de ces organisations sont demeurés (par exemple, il semblerait que les gardiens de musée aient été traditionnellement des invalides de guerre), alors que le sens du devoir et du dévouement au bien public, qui allaient avec, se sont évaporés.
  • C’est le mode de réforme qui serait en cause. Il n’y a pas eu réinvention des processus de travail pour qu’ils fonctionnent avec moins de personnes : on s’est contenté de réduire les effectifs, en espérant que le service rendu ne changerait pas… Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux nous promettrait le chaos. 

lundi 5 septembre 2011

Destruction créatrice

Paul Krugman semble penser que, plus rien ne marchant, il faut prendre à contre le bon sens. Pour forcer les entreprises à dépenser leur argent, et redémarrer l’économie, il faut leur infliger des dommages (Broken Windows, Ozone, and Jobs).

Rôle de la guerre lors de la grande dépression ?

Compléments :

Avenir peu reluisant

Rigueur au moment où il aurait fallu relancer. Comme prévu l’économie mondiale s’enfonce dans un « désastre global » dit Paul Krugman (Meanwhile, in Europe).

Quant à The Economist, il pense que l’on est parti pour une interminable récession à la japonaise (The lowdown). 

Probiotiques

L’homme serait une sorte d’écosystème, dont chaque composant (à commencer par sa flore intestinale) compte dans l’équilibre du tout. Et pour le fonctionnement du cerveau. Voilà ce que disent de plus en plus de scientifiques.

Mais alors, l’usage massif des antibiotiques ne serait-il pas une erreur ? Ne serait-ce pas une explication de bien des maux que nous subissons ? Nous détruisons la vie d’organismes qui nous étaient nécessaires ? (Gut instinct)

Notre vision du monde serait-elle sur le point de basculer ? La croyance en un individu, indépendant de tout, dominant le monde de sa raison, va-t-elle être remise en cause ? (Ce que l'on appelle aussi le libéralisme.)

Subtilités de la politique

J’écoutais la Rumeur du Monde de France culture samedi dernier. Ce que j’en ai retenu :
  • La politique de Nicolas Sarkozy est un désastre, tout ce qu’il a fait a échoué. Très mauvais à la veille d’une élection. Mais en jouant sur la « règle d’or », que le PS ne peut que refuser, alors que la population est pour, il a retourné la situation.
  • En fait, la perception du désastre aurait pu être évitée, s’il l’avait mis au compte de la crise. Christine Lagarde en aurait été incapable, pour une raison qui n’a pas été expliquée.
  • François Hollande éviterait ces écueils en ne disant rien. De ce fait, il laisse entendre que ses apparences rassurantes (en outre, il est entouré des seuls ministrables socialistes) sont ce qu'il est réellement. 
  • L’exercice serait arbitré par les agences de notation.
La politique a des raisons que la raison ne comprend pas… C'est surtout l'art de jouer avec le feu.

Compléments :
  • Sur les agences de notation : si les adversaires laissent entendre qu’ils font passer leur intérêt avant celui de la nation, ce qui est le jeu normal de la politique, la France subira la même sanction que les USA. Mais l’effet pourrait être beaucoup plus désastreux : elle ne pourra plus abonder au Fonds de solidarité européen. Possible crise, mondiale ?, majeure.  (Euro-obligations.)

dimanche 4 septembre 2011

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.

Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Expropriation des mineurs ?

Le développement chinois fait la fortune des compagnies minières, qui réalisent des profits colossaux. Certains États pourraient être tentés de leur en prendre un peu… (Geology or geography?)

On a fait brûler des Templiers pour moi que ça ? Les bénéfices que les sociétés acceptent sont-ils limités par quelque règle culturelle inconsciente ? 

La culture est première

L’homme est le fruit de la culture dit l'ethnologue Marshall Sahlins dans un livre que je vais bientôt commenter.

Son argument : l’Homo sapiens est beaucoup plus récent que la culture humaine.

Cette hypothèse, qui serait particulière à l'Occident, a une conséquence curieuse.

Dans la pensé néoconservatrice, l’homme s’est fait seul, on lui doit son succès. Le pauvre est un parasite, qui vole le riche. 

Si la culture (la société) est première, nous ne sommes rien sans elle. Et la richesse vient d'un excès de position dominante... 

samedi 3 septembre 2011

Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)

En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.

Faire payer les banques

La justice américaine veut faire payer les banques internationales pour le drame des subprimes. (U.S. Said to Be Ready to Sue Banks Over Mortgages - NYTimes.com)

Faut-il s’en réjouir ? Depuis ses origines (La finance mondiale mord la poussière), ce blog a remarqué qu’il y avait eu un curieux déséquilibre : en quelques décennies le système financier a acquis une part énorme des bénéfices réalisés par les entreprises. Ces sanctions vont peut être permettre de ramener un équilibre plus sain.

D’un autre côté, la fragilité des banques semble angoisser les marchés financiers. Il se trouve d’ailleurs que parmi les accusés, il y a la Société Générale, qui semble une sorte de maillon faible européen. Ces poursuites pourraient-elles déclencher un « Armageddon » financier ? 

Une efficace conduite du changement ne se fait pas par décrets ?

Le Parisien comme guide

5 minutes d’avance à un rendez-vous. Deux couples de touristes ont le temps de me demander leur route.

J’ai un mode de repérage qui fait que je surcharge aussi peu que possible mon esprit d’informations inutiles. Je ne me perds pas, mais j’ai bien des difficultés à indiquer une route, y compris dans mon quartier. Il va falloir que tout ceci change, et que je me forme au renseignement. D’ailleurs, il me semble que tout Parisien devrait faire de même.

Pendant longtemps j’ai pensé le contraire. N’était-il pas honteux que le tourisme profite plus à certains (Bernard Arnault par exemple) qu’à d’autres (moi) ? Ces derniers ne mériteraient-ils pas d’être dédommagés des externalités négatives qu’ils subissent (métro surchargé, bousculades…) ?

Mais c’est agréable d'être utile. Et puis, se sentir entouré d’amis est bon pour la santé, comme le dit un billet précédent.

Compléments :
  • Finalement, on optimise mieux sa fonction d’utilité en donnant qu’en recevant ? À quoi ressemble une théorie économique basée sur le don ?
  • Aristote (Ethique à Nicomaque) fait de la générosité une des vertus morales. Mais il semblerait qu'il n'ait pas prévu mon cas : n'est généreux que celui qui donne un bien matériel (tout ce dont la valeur se mesure en monnaie)...

vendredi 2 septembre 2011

Des bénéfices d’une faible croissance

Le freinage actuel de l’économie allemande pourrait être un bien. Il éliminerait les sources de tensions au sein de la zone euro, et lui permettrait de se reconstruire relativement facilement.

Pour cela, oublions les euro-obligations pas simples à mettre en œuvre, et établissons des règles de bonne gestion. Et réfléchissons à comment faire croître la zone euro. Voici ce que disent deux éminents économistes. (Why a slowdown in Germany could be good for Europe | vox)

Agressif Chinois

Cosco est un gros armateur chinois. Il y a quelques années, il a conclu des contrats de location, élevés par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Il a décidé de ne plus respecter ses engagements. (Can pay, won’t)

C’est étrange. La culture chinoise a la réputation d’être parvenue aux extrêmes de la subtilité et du raffinement, et pourtant le Chinois moderne se comporte comme le pire des rustres. Et de surcroît en opposition avec ce que prêchent Confucianisme et Taoïsme.

D’où cela vient-il ? Gros lourdaud, incapable de se tirer des pièges dans lesquels il s’est mis ? Interprétation fautive des règles du jeu occidental ? La Chine se comporte comme elle croit que l’Occident le fait ? Ou modèle de Kurt Lewin, qui dit que l’individu qui est à l’extérieur d’un groupe ne voit qu’une caricature de ses règles ?

Compléments :

Justice américaine

Amérique. Trois condamnés (à mort pour l’un d’entre eux) sont relâchés après 18 ans de captivité. Les preuves de leur crime manquaient.
Il semble que l’ambition soit à l’origine du cas. En Arkansas, les procureurs, les juges et le parquet sont élus. Leurs promesses électorales de combattre le crime se traduisent souvent par un traitement désinvolte ou injuste des accusés. (Suddenly, they’re free)
L’Amérique est une belle démocratie ?

jeudi 1 septembre 2011

PDG contre encadrement

Une enquête faite par The Economist Intelligence Unit (…) a trouvé que beaucoup (de dirigeants) étaient convaincus que leurs paroles et leurs actions étaient la clé de la motivation de leurs employés. Cependant, quand la même enquête a demandé aux employés ce qu’ils pensaient, la plupart a répondu que c’était leur relation avec leur encadrement direct qui comptait. In praise of David Brent
Depuis une vingtaine d’années, au moins, on observe un mouvement de balancier régulier.

À certaines périodes les dirigeants nous expliquent qu’ils sont tout, et que l’encadrement intermédiaire est le mal. Il faut éliminer la « bureaucratie ». Ils peuvent ainsi alimenter leur bonus avec les salaires supprimés.

Puis, on se rend compte que le dirigeant n’est pas aussi utile qu’il le dit, et qu’il est désastreux de se passer des cadres de terrain.

Compléments :
  • Précédent passage de balancier : HUY, Quy Nguyen, In praise of middle managers, Harvard Business Review, Septembre 2001.
  • Forme de suite du billet précédent...

Pourquoi le PDG est-il payé ?

« Ces sociétés font en moyenne 1,9md$ de bénéfice (mais reçoivent en moyenne) 400m$ en crédit d’impôts ».

Le taux d'imposition des entreprises américaines serait élevé, mais elles y échapperaient par un usage habile des niches fiscales. Les auteurs de l’étude estiment d’ailleurs que les PDG ne sont pas recrutés et récompensés pour l’innovation qu’ils apportent à leur entreprise, mais pour les impôts qu’ils leur permettent d’éviter. (Where Pay for Chief Executives Tops the Company Tax Burden - NYTimes.com)

Parasitisme social, moteur de l’entreprise ?

Apprendre l’anglais

Les Anglo-saxons ont une curieuse façon de parler les langues étrangères. Ils ne semblent pas s’intéresser à leur complexité, mais cherchent surtout à faire comprendre leurs besoins matériels. Biais de colonisateur ? (Ou de boutiquier ?)

J’ai remarqué que le Français commençait à faire de même. Les managers que je rencontre massacrent l’Anglais avec de moins en moins de complexes. Et ils semblent être compris.

L’Anglais serait-il avant tout une langue utilitaire, qui s’adapte aux désirs des puissants ? 

mercredi 31 août 2011

Nouvelles du mois

Crise et atermoiements :
Élection en France, et grandes manœuvres.
Élection aux USA : Anti-Obama, Peu performant Obama ?

Révolutions 
Entreprises, affrontements et innovations
Évolutions sociales
Le coin des sciences

Systemic Cameron ?

En termes de déficit, la situation de l’Angleterre est légèrement plus mauvaise que celle de l’Espagne. Sa croissance est identique, et son inflation atteint 4,4%.

Il y a peu elle payait ses emprunts au même taux que l’Espagne. Dorénavant, elle est vue comme un des pays les plus sûrs du monde. Elle est triple A, et, contrairement à la France pourtant dans une bien meilleure situation qu’elle, personne ne songe à lui disputer sa note. En fait, eu égard à son inflation élevée, elle emprunte à un taux nettement négatif…

Ça n’aide pas son économie : ses entreprises ont amassé un argent qu’elles ne veulent pas dépenser. Mais ça permet à son État de se désendetter, en renouvelant sa dette par une dette moins chère. (Whatever floats your boat)

Ce qui m’amène à penser que j’ai eu tort. La politique de D.Cameron est beaucoup plus intelligente que ce que dit ce blog :

Ses réformes condensent toutes les erreurs que l’on peut commettre en termes de conduite du changement. Et les premiers résultats obtenus sont pires qu’on aurait pu le craindre. Mais elles ont convaincu les marchés que l’Angleterre était un pays sérieux.

Parallèle avec la crise du sud est asiatique en 1997 ? Alors, on a fait la volonté des marchés (rigueur), le contraire de ce qui était bon pour les pays concernés. On a jugulé la crise, mais la région en est sortie exsangue. Ne voulant plus connaître cette situation, elle a accumulé d’énormes réserves… (D'où déséquilibre et crise ?)

Compléments :
  • KRUGMAN, Paul, The Return of Depression Economics, Princeton 1999.
  • Si l'on poursuit la logique de ce billet, il semblerait que les marchés financiers poussent naturellement à un repli sur soi des nations, c'est-à-dire soient leurs propres ennemis... La finance internationale serait-elle naturellement instable ?
  • Pourquoi nos banques souffrent-elles ? Début du parallèle avec la crise asiatique. 

La morale de M.Chatel

M.Chatel veut donner des leçons de morale aux élèves. Comme en Angleterre, la morale revient en force en Occident.

Que donnera une leçon de morale, faite par un personnel scolaire massivement hostile au gouvernement, prenant comme exemple d’application les actions de notre président et de ses ministres ? Une jeunesse révolutionnaire demandant la tête de ces derniers ?

Aimer son prochain est bon pour soi

L’isolement serait redoutablement mauvais pour la santé. Surtout s’estimer environné par l’hostilité de la société.

« si vous êtes assis dans votre coin, vous sentant menacé par d’autres, et si vous êtes seul au monde, c’est probablement une bonne raison pour prendre des mesures. » Heal thyself: Trust people - health - 30 August 2011 - New Scientist.

Décidément, l'homme est un animal social...

Compléments :

Crise d’adolescence

Que sait-on des crises d’adolescence ? Je suis allé me renseigner dans un manuel de psychologie pour débutants. (MALIM, Tony, BIRCH, Ann, Introductory Psychology, Macmillan, 1998.)
  • Ces crises ne sont pas universelles disent certains psychologues qui reprochent à leurs collègues d’avoir tiré des généralités de cas exceptionnels. Mais j’imagine qu’elles doivent être suffisamment marquantes pour que l’on en parle autant…
  • Il semblerait qu’à l’adolescence se joue la création d’un sens du moi, de l’identité individuelle. Ce qui se passerait par étapes. D’abord, pas d’engagement, puis une adhésion hésitante aux valeurs des autres, une crise d’identité, et finalement le choix de valeurs propres (Macia). L’individu ayant réussi sa mue doit avoir une l’impression de cohérence dans l’espace et le temps, et avec la perception de lui qu’ont les autres (Erikson). Parallèlement, il y aurait, aussi par phase, développement du sens moral (Kohlberg). Tout ceci pourrait être lié à la complexité de notre société, Margaret Mead n’ayant rien observé de tel dans les Samoa.
Pour ma part, je me demande s’il n’y a pas une sorte d’acquisition de conscience au moment de l’adolescence.

Auparavant l’enfant est « irresponsable » au sens où il semble faire n’importe quoi. En fait, il apprend par essais et erreurs, un peu comme une mouche contre un carreau. Et la « punition » fait partie de l’apprentissage, mais elle ne l’affecte pas (sans quoi l’apprentissage serait insupportable). Je soupçonne qu’arrivé à l’adolescence, cette phase d’apprentissage irresponsable s’achève. L’individu doit devenir autonome, il doit se donner un but et il n’a plus le droit d’entrer en collision avec la société. Et ce au moment même où il devient capable de souffrir.

L’exercice doit être d’autant plus difficile que les objectifs que son milieu lui fixe sont complexes, ou contradictoires, et qu’il manque de références dont il puisse s’inspirer. 

mardi 30 août 2011

Énergie renouvelable et Chine

L’Allemagne a parié sur l’énergie renouvelable, mais la Chine pourrait tuer ses grandes espérances.  (FT : China set to challenge global wind industry).

La Chine couvre son territoire d’éoliennes. Or, son réseau électrique n’étant pas à la hauteur de la tâche, ses constructeurs doivent chercher des débouchés extérieurs. Et pour cela ils ont une arme absolue : les facilités de financement proposées par leurs banques… (L'Allemagne est battue au jeu dont elle est le grand théoricien : le protectionnisme ?)

L’Europe est le marché cible. Premières victoires chinoises : la Grèce et l’Irlande.

L'Allemagne va-t-elle redécouvrir, avec l'humilité, les mérites de la pauvre Europe (billet précédent) ?

L’Allemagne réinvente l’Europe ?

On nous dit que la Grèce est un régime corrompu et pourri, qui ne mérite pas d’appartenir à l’Europe.

Et l’Allemagne de l’Est ? Elle ne semble pas avoir apporté autre chose que des tourments à l’Allemagne et pourtant personne n’en parle.

D’ailleurs, cette problématique culturelle est-elle nouvelle ? Non. Mais lors de l’adhésion de la Grèce, le reste de l’Europe pensait qu’il y avait beaucoup à gagner à étendre le périmètre européen. Seulement, il n’a pas fait le travail nécessaire pour cela.

Si les pays du nord de l’Europe trouvent que le monde émergent est moins amical qu’ils ne le croyaient (billet suivant), ils pourraient redécouvrir les vertus de ces marchés peu concurrentiels, qu’ils dominent si aisément. D’ailleurs l’Allemagne semble avoir mis la main sur les réformes grecques…

Compléments :

Culture d’Apple

« Le plus grand talent de M.Jobs a été de choisir intelligemment les projets dans lesquels la société ne devait pas s’engager ». (The minister of magic steps down)

Décidément, la presse s’interroge sur Apple et se demande ce qui rend sa culture durable et unique…  (S.Jobs prépare sa succession)

lundi 29 août 2011

Socialistes archaïques

Nos socialistes inquiètent The Economist. Ce sont des utopistes. Il est probable que, contrairement au président Mitterrand, ils ne retrouvent pas le sens des réalités, même en face d’un cataclysme. (Among the dinosaurs)

Mérites de l’altruisme (suite)

Le modèle texan (billet précédent) a quelque-chose de fascinant : il exporte des non-qualifiés, pour importer des qualifiés. Ce faisant, il élimine le coût des services sociaux, qu'il fait payer au reste du monde.

Mais, si ce modèle devait marcher, il l’aurait déjà fait, ailleurs dans l’histoire. Quel est son vice possible ?

Modèle de Machiavel ? Le modèle texan est celui du mercenaire, et le mercenaire est moins efficace que le national convaincu ?

Serait-ce là le vice des USA : ils ont monté une économie qui demande des personnels qualifiés, or, ils ne possèdent pas le système éducatif qui forme ces gens (Crise de l'emploi). Sur le long terme, l’État aurait-il un intérêt ?

Compléments :
  • Le modèle du mercenaire est aussi, majoritairement, celui des clubs de football. Le club de Barcelone a choisi le modèle nationaliste. 

Anti-Obama

Rick Perry, le gouverneur du Texas, candidat républicain, est l’anti-Obama.

Il est fier de la prospérité de son État, due à une politique ultra-Thatcheriste de liquidation des institutions publiques. Il veut l’étendre à l’ensemble des USA.

Qu’en-est-il de ce miracle se demande le correspondant de la BBC ?

Les faibles taxes locales ont attiré de nombreuses entreprises, mais la réussite n’a pas été le lot de tout le monde : le chômage reste élevé (8%), le système éducatif est remarquablement mal en point, les entreprises manquent de personnels qualifiés, les pauvres sont très pauvres.

Ce qui est surprenant est qu’ils n’aient pas émigré vers des États qui leur étaient plus favorables, et que les éduqués ne soient pas venus plus nombreux au Texas.

Comme le dit la théorie économique : défaut d’information ? 

OTAN et Libye

Qu’est-ce que l’OTAN, qu’est ce que la défense européenne ? Il se pourrait que l’aventure libyenne ait permis à l’un et l’autre de commencer à se trouver une raison d’être. (Going, going…)

Ce qui semblerait vérifier un principe selon lequel on n’apprend pas de la théorie mais du cas particulier, plus exactement de l’exercice pratique réussi. C'est pourquoi il vaut mieux choisir un petit exercice (La Libye) qu'un grand (l'Afghanistan).C’est aussi ce que j’appelle « la méthode du vaccin ».) 

dimanche 28 août 2011

HP vend son âme

HP se débarrasse de ses PC, parce que le marché de la technologie ne donne que de petites marges et elle achète (très cher) une société anglaise parce qu’elle estime que ses logiciels d’aide à la décision sont essentiels pour la bonne gestion des entreprises. En fait, HP « singe IBM ». (Aping IBM)

A-t-on ici une illustration de la différence entre un leader et un manager (selon John Kotter) ? Le leader (Steve Jobs) a une vision, et il transforme l’univers, le manager (M.Apothecker, le dirigeant de HP) ne sait que copier ?

Compléments :
  • KOTTER, John P., Leading change, Harvard Business School Press, 1996.

Pourquoi nos banques souffrent-elles ?

La banque vit de prêts à très court terme. Leurs conditions sont de plus en plus dures pour les banques européennes. Ce qui pourrait les amener à ne plus prêter et notre économie à caler.

Le problème vient, en partie ?, de ce que « Les fonds américains retirent prudemment leur argent d’Europe ». Leurs clients ont peur, et ils ne font pas de différence entre Grèce, Italie, France… (Chest pains) – vous savez tous ces paresseux du sud de l’Europe…

Ce qui me rappelle la crise asiatique de 97. Là aussi la finance internationale n’a pas réussi à faire la différence entre les pays de la région. Ils ont connu une crise uniforme, à l’exception de la très rassurante Australie.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on laisse complaisamment sa réputation traînée dans la boue, et que l’on va jusqu’à se réjouir des malheurs de voisins, qui vous ressemblent comme des frères ?

Dans ces conditions l’Angleterre et l’Amérique font bien de sévir sauvagement contre tout ce qui peut nuire à leur réputation, médias sociaux d’un côté et agence de notation de l’autre ?

Compléments :

La cafetière

Échantillon de nouvelles de Théophile Gautier, Folio.

3 nouvelles fantastiques. La première assez plate, la dernière beaucoup mieux écrite et surtout pleine d’humour.

Finalement, qui était Théophile Gautier ? Un agréable conteur, dans l'air de son temps ? 

samedi 27 août 2011

Chasse à la niche fiscale


Peut-être faudrait-il se demander, dans ces conditions, comment des niches d'un tel montant ont pu être votées, et comment elles font pour vendre aussi chèrement leur peau ?

Compléments :
  • Est-ce que la niche fiscale est ce que les Anglo-saxons appellent pork ?

Europe non démocratique

Certains Allemands semblent trouver que l’Europe est fort peu démocratique. Et que cela commence à bien faire. (E.U. Elites Keep Power From the People - NYTimes.com)

L’argumentation semble légère.
  • La démocratie est-elle le bien, sans discussion ? La France a été France bien avant d’être officiellement une démocratie... 
  • Comment faire de l’Europe un démocratie ? Démocratie à tout prix, même au risque d’un possible chaos ?
  • Qu’est-ce que signifie être démocratique, d’ailleurs ? Nos gouvernants européens sont élus par des petites minorités. Peut-on parler de démocratie dans ces conditions ?
J’en suis arrivé à penser qu’un État est démocratique lorsqu’une forme de volonté générale arrive à se manifester et à faire plier le gouvernement. Et ce quelle que soit son idéologie. Dans cette définition, le vote, et le parti au pouvoir, s’il n’est pas irresponsable, joue un rôle négligeable.

Pour que l’Europe soit démocratique, il lui faut une opinion publique transfrontalière ?

Compléments :
  • Je semble rejoindre John Stuart Mill : il faut choisir l’homme d’Etat en fonction de sa capacité à prendre des décisions judicieuses, pas selon son idéologie. (Gouvernement représentatif)
  • Eurobonds are the wrong solution. (Où l'on voit que la Finlande est un Etat modèle qui ne mérite pas le reste de l'Europe.)

Sarkozy le Libyen ?

Le correspondant européen de la BBC suggère, une nouvelle fois, à la Libye d’élever une statue à notre président. (N.Sarkozy grand homme Libyen ?)

Cette guerre aurait produit un rapprochement franco-anglais. Peut-elle avoir d’autres avantages ? Les agences de notation surcotent-elles les pays qui se sont portés au secours d’un producteur de pétrole ? Les électeurs aiment-ils les conquérants victorieux ?...

Abstraction et roman

L’écriture de Julien Gracq est extrêmement classique. Ça m’a surpris :

En musique, peinture ou sculpture, ce qui est goûté par la critique tend à être une forme d’abstraction. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait eu l’équivalent en littérature. (Le Parc de Philippe Sollers ?)

Le roman, comme le cinéma, a besoin de nombreux clients pour nourrir son industrie ? Ce n’est pas le cas de la peinture et de la sculpture sur lesquels spéculent un petit nombre de gens très riches ?

Résultat : ils sont le reflet de cultures différentes : population dans son ensemble d’un côté, élite de l’autre ?

Compléments :

vendredi 26 août 2011

S.Jobs prépare sa succession

S.Jobs aurait pensé à renforcer la culture d’Apple. Pour cela il aurait fait écrire des cas concernant les grands moments de la société, et il aurait demandé à ses collaborateurs de les travailler. Il a anticipé un de mes billets.

Mais il ne semble pas en avoir lu la fin, qui parlait du donneur d’aide. 

Notre façon d'écrire parle de nous

D’après James Pennebaker, notre façon d’écrire en dit long sur nous :
  • Notre capacité à utiliser les pronoms différemment d’un moment à l’autre trahirait notre aptitude à changer de perspective.
  • Du type de mots utilisés il est possible de distinguer le texte d’une femme de celui d’un homme.
  • Le subalterne tendrait à écrire « je », le supérieur serait neutre.
  • Les gens qui ont un esprit qui catégorise utilisent plus de noms que ceux qui tendent à raconter des histoires, dont le discours est relativement plus riche en pronoms et en verbes. Et les études (au moins aux USA) favoriseraient les premiers par rapport aux seconds.
On apprend aussi qu’écrire ses expériences traumatisantes modifie sa façon de les percevoir…

Compléments :

Pourquoi boude-t-on ?

Confronté à un cas clinique de bouderie, je m’interroge sur ce phénomène.

Un article (Je fais tout le temps la gueule : | Psychologies.com) m’apprend les choses suivantes :
  • Bouder vient de l’enfance : c’est un moyen de s’exprimer quand on ne peut pas s’exprimer (interdiction parentale).
  • On peut bouder défensivement. C’est un (terrible) manque de confiance en soi dans sa relation au monde, qui s’exprime par une forme d’autisme.
  • On peut bouder offensivement, afin de manipuler son entourage pour en obtenir ce que l’on en veut.
  • Comme souvent dans ce cas, le traitement semble systémique. Dans le second cas, par exemple, le donneur d’aide ne doit pas entrer dans le jeu (victimisation) du boudeur, mais lui proposer un exercice de résolution de problème quelque peu mathématique. (Que pouvons-nous faire pour éliminer ce qui te contrarie ?)
En outre, j’imagine que l’aridité d’un tel exercice enlève tout le plaisir morbide que procure la bouderie.

Compléments :