mardi 27 septembre 2011

Grèves et sénatoriales

Grève des enseignants, privés et publics.

Après avoir touché ce qui ne se défend pas (remplaçants, accompagnement des élèves en difficulté, arts plastiques…), les réductions d’effectifs attaquent ce que voient les parents. (Pourquoi les enseignants se mobilisent - LeMonde.fr)

Un ami, qui vit en proche banlieue, me disait qu’il ne voulait pas imposer une « double peine » à ses (brillants) enfants. C'est-à-dire leur faire donner des cours supplémentaires, pour pallier les faiblesses de l’enseignement public. Alors, il allait déménager dans Paris, à proximité d’une bonne école. Intéressant moyen de sélection.

Et si notre gouvernement avait confondu réformer et dégrader ?

N’est-ce pas un problème général ? Et, en partie, l’explication du changement de couleur du Sénat ? Les élus des petites communes sont las de faire les frais de réformes mal finies ?

Compléments :
  • Un autre ami me fait remarquer que la réforme semble avoir remplacé des enseignants expérimentés par des gens diplômés (on est supposé être compétent lorsque l’on est bac + beaucoup ?). Est-ce bon pour les enfants ? 

Science et entreprise

« les habitudes acquises pendant l’enfance peuvent durer toute la vie. Donc, les entreprises bombardent, dès leur naissance, les enfants de publicités. L’enfant américain de 3 ans peut reconnaître en moyenne 100 marques. » (Hidden Persuaders II)

De l’usage de la science entre les mains de l’entreprise ? Pourquoi n'existe-t-il pas une science qui évite à l'entreprise d'avoir la tentation de nous manipuler ?

Michel Puech

Michel Puech, un philosophe du développement durable (ou « soutenable ») mène une lutte pour la « micro action ». Il faut faire, avec nos moyens limités, ce que nous pensons bien. (Souvenir de Kant ?)

Ce qui doit s’entendre, surtout, comme une critique de notre « micro inaction » : nous faisons ce que notre morale réprouve, parce que nous disons que notre action solitaire ne peut changer le monde. La micro action c’est adopter un comportement éthique, face à l’hypocrisie de la micro inaction.

Certes, mais la micro action peut être tout aussi dangereuse que la micro inaction. Le pacifiste, qui bloque l’usine d’armement durant une guerre, ou le faucheur d’OGM peuvent faire courir de grands dangers aux valeurs qui leur sont chères. Anarchie. Et la micro action est d'ailleurs vite rattrapée par l’hypocrisie.

Je me demande si la micro action ne doit pas être « responsable » au sens RSE du terme, c'est-à-dire ne prendre comme guide que les lois acceptées par la société, en évitant absolument ce que l’on est le seul à trouver bien. Les lois de la société ne se changent pas par l’action, mais par le dialogue, la « dialectique » ?

Compléments :
  • Cette pensée marque-t-elle l’anti pensée 68 : après le droit à l’irresponsabilité, devoir de responsabilité ?

lundi 26 septembre 2011

État palestinien

Je me demande s’il n’y a pas un temps pour tout.

Un temps pour la construction d’Israël et sa stratégie du « mur de fer », et un temps pour reconnaître les aspirations de ses voisins. Et pour établir une relation pacifique avec eux.

Compléments :

Taxer les riches

Subitement, taxer les riches est à la mode.

The Economist se demande comment y parvenir sans affaiblir leur ardeur créatrice.

Il s’agirait d’utiliser d’autres moyens que l’impôt, fort décourageant. Par exemple l’élimination de diverses exemptions (niches fiscales ?) ferait gagner 1000md$ aux USA. En Europe il faudrait taxer la propriété et les gains du capital. (Hunting the rich)

L’HEC est beau

Je suis frappé par le physique des diplômés d’HEC, tel que me le montre leur revue des anciens élèves. Il est exceptionnellement avantageux. On ne trouve certainement pas aussi bien à Hollywood.

Et si c’était un critère de sélection ? Et si HEC était l’école du succès social ? Et si le physique était l’atout premier de ce succès ?

Compléments :
  • En mineur, l’HEC parle remarquablement bien. Autre atout social décisif ?

dimanche 25 septembre 2011

Pragmatique Lagarde ?

Elle a contribué à la vague européenne de rigueur, elle prône maintenant la relance. (Lagarde, New I.M.F. Chief, Rocks the Boat - NYTimes.com)

Pragmatisme bienvenu ? En tout cas, elle enthousiasme l’Américain…

HP : de charybde en Scylla ?

HP débarque son PDG et le remplace par un ancien d’eBay. Des métiers qui n’ont pas grand-chose à voir…

Nouveau mauvais choix d’une longue série ? (Board game)

En période de changement, l’entreprise a besoin de « leaders », au sens de John Kotter, c'est-à-dire de dirigeants capables de concevoir une vision de son métier et de son avenir, qui lui soit propre et unique ? (HP vend son âme)

Trader : homme ou animal ?

Les scientifiques étudient le trader. Il serait shooté à la testostérone, qui met en veilleuse la raison. Du coup, il se croit invincible, quand il a de la chance. Mais l’incertitude (ce qui se passe actuellement) finirait par lui griller le cerveau et le plonger dans une forme de prostration. (Rogue hormones)

Dans ces conditions on comprend pourquoi les Anglo-saxons parlent de « greed and fear ». 

Rassurant de savoir que le sort de la planète est entre de telles mains ? Conséquence d’un individualisme forcené ? La raison ne sert qu’à l’homme social ?

En tout cas, rendre la raison au trader, et au marché ?, est possible : il suffit de le remplacer par une femme. Elle est nettement moins susceptible à des poussées de testostérone que lui…

Compléments :
  • Wikipedia traduit trader en « opérateur de marché »…

Crash stratégie de Sarkozy ?

Le monde, Mme Merkel ou l’élite allemande, semblent atteint de Sarkozite : une agitation pour l'amour de l'agitation. M.Sarkozy, lui, a une attitude qui sied bien mieux à un chef d'Etat. Et à l'occasion, il sait être habile (Libye). Mais pourquoi n'en tire-t-il aucun bénéfice ?

On ne garde de lui qu'une image de démagogue dangereux, de diviseur de la contrée, de girouette inculte. Bien sûr, ses ministres se chargent de la sale besogne. Mais, à qui profite le crime ? se demande la nation.

Et si N.Sarkozy s’entêtait dans la stratégie qui l’a fait triompher ? Il a joué sur nos bas instincts pour déclencher une réponse déplacée de la gauche, susceptible de lui aliéner l’opinion. Mais elle semble avoir appris à parer le coup, selon la technique du judo. Et maintenant plus il s'agite, plus il s'enfonce ?  

Compléments :
  • Même sur le plan économique (Reality check), l'opposition paraît maintenant plus raisonnable que lui. N’est-il pas l’auteur de notre déficit ?


samedi 24 septembre 2011

Grèce sous tutelle


Il semblerait que les fonds européens qui ont arrosé la Grèce aient quand même été un peu détournés, et qu’il faille maintenant remettre l’économie du pays dans un mode de fonctionnement plus rationnel.

« La structure de l’économie grecque ressemble d'ailleurs beaucoup à celle des anciens pays de l’Est : forte présence de l’État dans l’économie, forte bureaucratie. » Et si les techniques qui ont été utilisées pour aider les pays communistes à s’adapter à un nouveau régime étaient appropriées ?

C’est ce que semble penser le dirigeant, allemand, de la « task force » venue aider le pays à emprunter le droit chemin.

Compléments :

L’euro, raison de la crise de sa zone ?

C’est la dépendance aux capitaux étrangers qui explique la crise de la zone euro. Les pays attaqués (de la Grèce à la France) le sont en fonction directe du niveau de cette dépendance. Voici ce que disent Origins of the Euro Crisis - NYTimes.com et surtout The Street Light: What Really Caused the Eurozone Crisis? (Part 1).

En conséquence, leurs difficultés ne viendraient pas d’une mauvaise gestion, comme l’affirment les nordiques. Au contraire, en fait.

Le mécanisme serait le suivant : la création de l’euro a attiré une masse de capitaux vers les pays de la périphérie. Ceux-ci, vertueusement et contrairement aux rumeurs nordiques, les auraient utilisés pour investir.

Comme toujours dans ce cas (mais pourquoi s’en rend-on compte seulement maintenant ?), le flux de capitaux connaît un arrêt brutal. Le pays qui est devenu dépendant est dans le lac.

La création de l’euro portait en germe la crise actuelle.

Compléments :
  • C’est exactement le scénario de la crise asiatique de 97. (KRUGMAN, Paul, The Return of Depression Economics, Princeton 1999.)
  • Crise mal gérée pour cause d’idées préconçues ? à force de dire que l’Europe du sud est paresseuse, on a pensé qu’il fallait la punir ?
  • Mais n’y a-t-il pas quand même eu un peu de spéculation, notamment en Grèce ? Et n’est-ce pas, tout de même, ce qui plombe les Banques françaises, et la France ?

Réforme de l’université

Discussion avec des universitaires. Ils sont dans les plâtres de la réforme de l’université.
  • Si je comprends bien, le vice principal de la mise en œuvre de la réforme est qu’elle impose l’autonomie en force. D’un côté, on cherche à contraindre (par exemple les agrégés sont supposés choisir un poste en fonction de leur classement, ou les universités doivent s’assembler à la mode de Shanghai), de l’autre l’université est libre (elle ne veut pas de l’agrégé qui veut d’elle, ou ne veut pas se coaguler avec n’importe qui). À cela s’ajoute les jeux de pouvoir internes, le confort et l’ambition personnelle ayant le dessus sur l’intérêt collectif.
  • Tous les coups sont permis, notamment des manœuvres qui ressemblent fort à ce que l’on appelle « harcèlement » dans l’entreprise.  
Décidément notre législateur n’a aucun sens pratique, il décrète sans se préoccuper de la faisabilité de ses mesures ?

Paris décroît

Le département Paris intra-muros décroche chaque année de quelques dixièmes de points, tant au niveau de l’emploi que du PIB. La municipalité a fait le choix de mettre en avant la qualité de vie plutôt que l’économie…
Dit le président de la Chambre de Commerce de Paris (dans le numéro août-septembre de la revue des anciens élèves d’HEC).

vendredi 23 septembre 2011

M.Fillon augmente l’âge de la retraite

J’entends M.Fillon parler d’aligner l’âge de la retraite française sur l’allemande (bientôt 67 ans). 2 questions :
  • Pourquoi nous dit-on que la Grèce va bien alors qu’elle va mal, mais, en même temps, brutalise-t-on un votant qui tremble déjà pour son poste, et qui va devoir le défendre 5 ans de plus ? Tentative pour susciter une réaction de gauche qui affolerait les marchés ?
  • Y a-t-il un projet d’alignement sur l’Allemagne ? Imaginons que la situation de l’État doive se charger des dettes des banques, nous annoncera-t-il qu’il est devenu trop gros et qu’il va lui falloir subir une réforme à la grecque ? (Ou encore à l’Anglaise.)
Compléments :
  • Réponses de gauche, plus subtiles que je ne le dis ?

Nous baignons dans le pétrole

On nous a longtemps parlé de pénurie pétrolière. Maintenant, on nous affirme que les réserves sont gigantesques ! La lutte contre le réchauffement climatique semble mal partie… (The power of infinity)

Pourquoi ces curieuses transformations ? L’intérêt des pétroliers et de certains États serait-il que le pétrole soit rare, pour être cher, mais pas trop, pour ne pas encourager le développement d’énergies de substitution ? Mauvais esprit ?

Compléments :

Microsoft et Intel : has been ?

Microsoft et Intel ne sont plus là où est l’action.

Ils essaient de combler leur retard. Microsoft, en particulier, annonce un mirifique Windows 8. (Wintel swings)

Un retour aux vieux procédés ? Pour gêner ses concurrents, Microsoft a longtemps eu la pratique d’annoncer la mise à disposition imminente de produits qu’elle ne savait pas mettre au point.

Compléments :
  • WALLACE, James, ERICKSON, James, Hard Drive: Bill Gates and the Making of the Microsoft Empire, Collins, 2005 (premier tirage en 1992).

iPhone

Il y a quelques temps je me suis converti à l’iPhone. Lorsque je donnais des cours de marketing, je me serais traité de « late adopter ».

Et, effectivement, je ne suis pas doué pour la nouveauté. L’iPhone n’a vraiment pas été aussi simple à maîtriser que je m’y attendais.
  • J’ai été surpris de voir que sa logique était différente de celles auxquelles j’étais habitué. La manipulation de l’écran avec les doigts demande aussi un apprentissage et la taille du clavier m’a fait comprendre que j’avais tort de penser que j’avais une main distinguée. Mais je m’y suis fait.
  • Reste une apparente incompatibilité d’humeur entre SFR (mon opérateur mobile) et Orange (ma messagerie), un accès à Internet sur lequel on ne peut pas compter, et une perte de contrôle d’Outlook à laquelle j’ai remédié en modifiant des options apparemment sans rapport (par contre l’intégration de gmail est épatante). Et aussi une sensibilité à fleur de peau qui déclenche des appels téléphoniques involontaires.
L’exploit d’Apple, à mon avis, est d’avoir réussi à mettre au point un système d’exploitation qui se lance en un clin d’œil. Il serait bien que les fabricants de PC s’en inspirent. 

jeudi 22 septembre 2011

Banques françaises

Point sur quelques billets précédents :
  • Les banques françaises souffrent du même problème que les banques américaines et irlandaises : elles ont prêté à des insolvables.
  • Le nœud de la question est toujours le même : elles sont « trop grosses pour faire faillite ». L’État doit venir à leur secours. Mais s’il le fait, son endettement va croître de manière notable.
Questions :
  • La France peut-elle passer de l’illiquidité à l’insolvabilité ? (Causes de la crise de l’euro)
  • Est-il une bonne idée, comme le pense The Economist, de mettre la Grèce en faillite ? Syndrome Lehman Brothers ? N’est-il pas mieux de ne le faire que plus tard, lorsque des mesures préventives auront été prises ? 
  • Ne faudrait-il pas réformer notre système bancaire, de façon à ce que les activités bancaires à risque puissent faire faillite sans entraîner avec elles toute l’économie, à l’image de ce que font les Anglais ? (To rip asunder)
Compléments :

Santé d’Obama

La réforme de la santé voulue par Barack Obama est victime d’une guerre d’usure.

Son point faible principal serait qu’elle entend imposer à chaque Américain de s’assurer, alors que l’on ne peut rien imposer à un homme libre. (Plus exactement, seuls les États pourraient le contraindre.) (Justice delayed)

Le changement doit tenir compte de la nature d’une société ? 

Économie anglo-saxonne

J’ai dû récuser tous mes jugements d’élève. Mon expérience « d’algorithmicien » de Dassault Systèmes m’a montré que les mathématiques étaient en déroute au moindre contact avec la réalité. Mon travail sur le changement m’a converti aux sciences humaines et à la philosophie, que j’avais catégoriquement refusé d’étudier quand j’étais jeune. Et ce blog m’a fait me plonger dans l’économie, science digne des médecins de Molière.

J’en tire le curieux sentiment que notre capitalisme est tellement lié à la culture anglo-saxonne que même s’il ravage de temps à autres Angleterre et Amérique, il ne peut faire que des dégâts effroyables entre des mains moins expertes. Et que l’on n’est jamais autant en danger que lorsque l’on croit l’avoir maîtrisé (cf. le Japon de la fin des années 80).

Compléments :
  • Une raison pour conserver des Anglo-saxons dans l’UE ?
  • The Economist pense effectivement que la réforme par la Grande Bretagne de ses banques mérite d’être imitée, ce pays ayant une expérience sans équivalent dans ce secteur. (Good fences)

mercredi 21 septembre 2011

Siemens fuit les banques françaises

Siemens retire son argent d’une banque française (et l’investit auprès de la BCE). D’ailleurs Siemens a sa propre banque.

Retour à l’après guerre, époque où les entreprises se méfiaient des marchés et s’autofinançaient ? (L’ère de la planification)

Moyen-Orient turc ?

La Turquie semble un modèle vraisemblable pour l’avenir des révolutions arabes. (Révolutions qui pourraient gagner tout le Moyen-Orient.) Pourquoi ? Islam modéré relativement bien organisé et bien adapté aux attentes d’une grande partie de la population. Et la Turquie est un pays puissant qui a un intérêt à faire que ses voisins suivent son exemple.

Voilà ce que je retiens (à tort ?) des bribes d’un débat entendues samedi dernier sur France Culture.

En tout cas, l'équilibre de la région, longtemps défini par l'alliance USA, Israël, Egypte, Turquie et Arabie Saoudite, pourrait changer. L'Amérique va-t-elle demeurer le seul soutien d'Israël, contre le reste de la région, pour le plus grand profit de la Turquie ?

Compléments :

À bout de course

Film de Sidney Lumet, 1988.

Un film qui mériterait d’être connu (et d’avoir un titre qui ne soit pas une version à bon marché « d’à bout de souffle »), me semble-t-il.

La vie traquée, mais sinon très ordinaire, d’une famille d’anciens militants qui ont eu la malchance de poser une bombe dans une usine où personne n’aurait dû se trouver.

Ce qui colle mal avec la foi du charbonnier américain : difficile de voir le mal absolu dans les sentiments de cette famille de criminels pour raison de conscience. Film hautement subversif.

mardi 20 septembre 2011

Italie peu crédible

Une fois encore, la BBC se demandait ce matin pourquoi l’Italie était plus mal jugée que l’Angleterre par les marchés (et les agences de notation) alors qu’elle semble dans une situation financière plus solide.

Réponse de son invité : problème de croissance (pourtant l’Angleterre ne croît pas beaucoup ?) et surtout de crédibilité (mais l’invité note que son ministre des finances mène une politique avisée !).

Ce qui semble confirmer un précédent billet (Causes de la crise de l’euro) : en dehors de la Grèce, le problème de la zone euro est une question de liquidité (faute de crédibilité). Autrement dit, nos hommes politiques inquiètent les marchés ?

En reviendrait-on à la conclusion qu’ont tirée les pays du sud est asiatique en 1997 : il n’est pas possible de dépendre d’une finance internationale qui peut vous couper les vivres sans crier gare ?

5000 milliards de $

Les banques américaines vont distribuer 5000md$ à leurs employés dans les dix prochaines années. Voilà un montant qui ridiculise celui de la dette des USA.

Ces sommes seraient tirées des garanties qu’elles n’ont pas constituées pour se protéger des risques. Ce qui force le gouvernement à les soutenir, d’où cercle vertueux. (The Great Bank Robbery)

Autrement dit, elles le parasitent.

Qu’aurait-on dit s’il s’était agi de la Grèce ?

Compléments :
  • Les auteurs du billet se demandent pourquoi le marché n’élimine pas ce scandale. Et si la réponse était que, à leur manière, ces banques sont redoutablement efficaces ? 

Changement européen

La zone euro doit devenir une union fiscale pour pouvoir se tirer d’affaires. Voilà le consensus du moment.

Mais les orientations économiques d’une nation sont liées à des choix de société fondamentaux. Bref, l’union fiscale amène à quelque chose qui ressemble fort à une union politique (In the Brussels bunker), entre des nations qui se ressemblent à peu près autant que des carpes et des lapins.

L’ampleur du changement est d’autant plus impressionnante que l’on prend en compte son point de départ : la fondation de l’UE.

L’UE n’est pas une aspiration de ses peuples, mais, avant tout, une création d’une Amérique effrayée par la menace soviétique. En outre, nombre de nations ont rejoint l’UE au moins autant par panurgisme que par opportunisme.

Dans ces conditions doit-on avoir une pensée émue pour les apprentis sorciers qui ont engendré l'euro ?

Le propre de l’homme : le changement

L’homme n’est pas qu’un animal politique (ou social). Sa particularité est de pouvoir modifier les règles qui guident son comportement collectif, dit Maurice Godelier.

Le propre de l’homme serait-il le changement, au sens où l’entend ce blog ?

GODELIER, Maurice, Au fondement des sociétés humaines, Albin Michel, 2007.

lundi 19 septembre 2011

Causes de la crise de l’euro

Si je comprends bien l’analyse de The Economist  (How to save the euro), la crise de l’euro viendrait d’une confusion entre insolvabilité et illiquidité.
  • La Grèce serait insolvable, dépensant plus qu’elle ne gagne.
  • Le reste des pays européens en difficultés, y compris la France, seraient illiquides : ils sont solvables, mais ils n’arrivent pas à trouver de financements. La cause pourrait en être la création de la BCE, qui leur a fait abandonner leurs banques centrales, et perdre la fonction de prêteur de dernier ressort. Le Fonds de solidarité serait un moyen de réparer cet oubli. (Profligacy is not the problem)
Que faire ? Organiser la faillite grecque, et apporter des liquidités aux banques affectées et aux pays menacés. Ce qui demande un énorme Fonds de solidarité, alimenté par l’Allemagne, seul pays qui en ait la capacité. Par ailleurs, la rigueur est suicidaire, il faut relancer les économies européennes.

L’alternative serait un cataclysme dont les conséquences sont difficiles à concevoir. Le sort de la planète serait-il entre les mains d’une Allemagne, qui, pour la sauver, doit manger son chapeau ? 

Lutte contre le déficit : danger ?

Le déficit n’est pas à l’origine de la crise. En particulier, l’Irlande et l’Espagne étaient des modèles de vertu financière. Voici ce que dit Paul Krugman. (Math Is Hard, Euro Edition)

Alors, pourquoi s’acharne-t-on à réduire nos déficits, au risque d’une grande dépression ?

Il y a l’idéologie allemande, bien sûr. Mais, elle n’a pas toujours été aussi intransigeante. Il y a les « marchés » aussi. Mais ils ne semblent pas penser la même chose de l’Amérique, hyper endettée, et de l’Europe, qui l’est moins. Alors, serions nous influencés par un libéralisme, qui juge le moment idéal pour liquider États et protection sociale ?

Compléments :

Une après-midi de chien

Film de Sidney Lumet, 1975.

Il n’a pas fallu plus de 3 ans pour qu’un fait divers devienne un film.

Est-ce que la société américaine est faite de telle façon qu’un homme ordinaire peut-être contraint de braquer une banque et de prendre quelques personnes en otage ? Ce qui semble d’autant plus rationnel que, si j’en crois wikipedia, les droits du film ont donné au voleur ce qu’il n’avait pas trouvé dans le coffre fort. 

dimanche 18 septembre 2011

Élections au Danemark

Curieusement, les Danois, qui ont un déficit public relativement élevé (4,6%), ont élu un gouvernement socialiste, qui veut augmenter les impôts, le poids de l’État (et la durée de travail).

Le courant libéral serait-il en reflux ?

Perfide Albion

La zone euro est en flammes, voilà le moment d’en profiter, juge le conservateur britannique.
(Une première école pense que :) en rançonnant la zone euro, la Grande Bretagne peut être un parasite du marché commun européen. (…) l’idée est d’avoir accès aux marchés européens sans avoir les coûts liés à la réglementation européenne.
(Pour une seconde) les règles du commerce international garantissent l’accès aux économies européennes.
D’ailleurs pourquoi se préoccuper de l’Europe ? Elle n’est plus rien, les pays émergents sont tout.

Effet de levier de Daniel Pennac

Daniel Pennac raconte qu’un de ses enseignants, surpris par la complexité des histoires qu’il inventait pour ne pas faire ses devoirs, lui a demandé d’écrire un roman. De cancre il l’a transformé en bon élève, en écrivain à succès et en professeur. (Flight path)

C’est cela la vision qu’a ce blog du changement : pour le réussir, il faut comprendre la nature de ce l’on veut changer, et inscrire le changement dans sa logique. Il se fait alors à « effet de levier ». 

samedi 17 septembre 2011

Volcans contre réchauffement

Refroidir la terre en simulant une éruption volcanique. Méthode : expédier des particules de sulfate dans l’atmosphère au moyen d’un tuyau soulevé par un ballon. Un test est en cours. (U.K. Researchers to Test "Artificial Volcano" for Geoengineering the Climate: Scientific American)

Les auteurs de l’expérience semblent penser que si la situation de la planète se dégrade, tous les coups seront permis.  

Justice chinoise

Le système juridique chinois viserait à modifier les comportements pour qu’ils forment un tout harmonieux.

Cela ressemble beaucoup à la logique de la discipline militaire  : le supérieur est juge, les intentions coupables sont punies et le groupe peut être sanctionné pour le comportement d’un de ses membres.

Capitalisme et crise

« Marx a pris le problème à l’envers : les crises récurrentes du capitalisme le renforcent » (Centuries of trial and error)

Bonne nouvelle, pour celui qui les vit ?

Et si la révolution industrielle avait, d’une certaine façon, transformé les crises qu'inflige la nature à l’espèce humaine, en crises sociales ? (Révolution industrielle)

vendredi 16 septembre 2011

Projet de société

Présidentielle : quel est le programme des candidats du PS ? (Hollande, Aubry, Montebourg, Royal, Baylet, Valls... Débat télévisé des Primaires socialistes : les programmes des candidats PS passés au crible)

Pendant longtemps ce blog a reproché au PS de tabler sur le mécontentement que ne pouvait que susciter N.Sarkozy. Conséquence inattendue des primaires, ce n’est plus le cas. Ses leaders pensent. C’est honnête, un peu austère, très marqué par l’économie. Mais, j’ai du mal à y voir un « yes we can » ou une « big society », une ligne directrice forte. Exemples :
  • Martine Aubry semble en vouloir aux niches fiscales. Dans ce cas, pourquoi ne dit-elle pas que N.Sarkozy a creusé la tombe de la France avec ses mesures ? Ça serait violent, mais frappant.
  • François Hollande parle d’un curieux contrat intergénérationnel, ou d’embaucher des enseignants… Que cherche-t-il à faire ? Reconstruire une société solidaire, après 4 décennies, au moins, d’un individualisme incontrôlé ? Si c’est le cas pourquoi ne pas proposer un reengineering social ?
Différence culturelle entre la France et les USA ? Lorsque j’étais à l’Insead j’ai été frappé par la façon dont les étrangers organisaient des réjouissances : ils levaient des fonds et louaient une aile de Versailles. Le réflexe du Français était de cuisiner ses plats lui-même. En France, on bricole de petites idées disparates, aux USA on se donne les moyens, et le temps, de les formuler dans un projet de société ? Professionnalisme vs. amateurisme ? 

Avenir de l’édition

Le livre semble promis au même avenir que la musique ou le film. Un « contenu » dématérialisé.

Le plus curieux dans cette transformation est peut-être le sort des libraires. En, effet, ils étaient bien plus que des distributeurs, un véhicule essentiel du marketing du livre. (Great digital expectations)

Les auteurs vont-ils devoir être plus des marketers habiles que des écrivains talentueux ? Cela nous promet-il quelques décennies de produits littéraires ? 

Logique chinoise

La politique (extérieure) chinoise serait guidée par :
  • Son besoin de pétrole.
  • Son désir d’éviter des troubles intérieurs.
  • Son obsession de ne pas paraître un colonisateur.

jeudi 15 septembre 2011

Sarkozy, victime de ses démons ?

Étrange. Crise européenne : chaque tergiversation allemande menace d’envoyer quelque nation ou quelque banque par le fond, N.Sarkozy est un modèle de responsabilité et de retenue. Libye : seul contre tous, il gagne une guerre.

Pourtant l’Allemagne demeure admirable. Et rien ne peut faire estimer M.Sarkozy, qu’un journal américain traite « d’antic foil » de Mme Merkel (probablement son « négatif bouffon »).

Compléments :

Chômage des jeunes

Le chômage des jeunes est une maladie du moment aux effets inquiétants :

Émigration, crime, chômage endémique, carrière de deuxième classe, perte de confiance en soi, réduction de l’espérance de vie… (Left behind)

Génération perdue ? Destruction qui réduit le potentiel d’une nation ?

Et promesse d’un avenir plus solidaire ? Le plein emploi des trente glorieuses n'a-t-il pas contribué à l’individualisme et l’égoïsme ambiants ? 

École et autonomie

La réforme des universités leur a donné l’autonomie. J’entends dire, à répétition, que l’autonomie c’est le bien. Mais pourquoi ? J’ai dû rater une étape de la démonstration. Et voilà que le sujet est à nouveau évoqué :
M.Gove veut libérer les écoles qui ont de bons résultats ainsi que celles qui sont pauvres de la tutelle des collectivités locales, expliquant que les meilleurs systèmes d’éducation au monde sont ceux dans lesquels l’école jouit d’autonomie. (Raising a class)
Où trouve-t-on ces « meilleurs systèmes d’éducation » ? Aux USA, peut-être ? Mais, à côté de quelques prix Nobel, le problème majeur du pays est, justement, le manque de qualification de sa population !

Les systèmes éducatifs allemands et français du siècle passé ont été d’excellents formateurs de masse, et de prix Nobel, on les crédite de nous avoir redonné l’avantage sur l’Angleterre. (Révolution industrielle)

À en juger par mon expérience, l’autonomie va profiter aux forts et aux malins (mon université ?) et couler les autres. Est-ce dans l’intérêt de notre nation que notre système d’éducation produise des ratés ?

mercredi 14 septembre 2011

Que reproche-ton à nos banques ?

On reproche à nos banques de ne pas être « mark to market ». Leurs comptes ne reflètent pas la valeur de bourse de la dette grecque. Du coup, les réserves qu’elles possèdent pour parer à une crise sont insuffisantes.

Pourquoi les actifs d’une société devraient-ils avoir la valeur que leur donne le marché, alors qu’ils pourraient en avoir une autre lorsqu’on les vend ? Il faut, donc, peut-être, manier cette idée avec prudence. À moins d’être convaincu de la rationalité des marchés ?

Et l’argument sur le niveau de garantie est douteux : face à la crise que semblent prévoir les marchés, les niveaux de garantie jugés sûrs seraient insuffisants, probablement. En effet, ils étaient beaucoup plus élevés à l’époque où les banques devaient se défendre seules.

En fait, on reproche à nos banques d’avoir des comptes opaques, mais surtout de dépendre de la bonne volonté des gouvernements à transformer l’Europe en une fédération. Or, depuis des mois les journaux économiques anglo-saxons dénoncent les atermoiements des politiques de tout poil. Sans comprendre que ce qui se joue en Grèce, par exemple, est un cataclysme social, et que cela ne peut pas réussir par miracle.

Les marchés, qui ne connaissent que l’action immédiate, sont affolés par l’incertitude ? Et quant ils ont peur, ils vacillent ?

Compléments :

Pots de vin africains

Un avocat, conseiller de M.Sarkozy, accuse MM.Chirac et Le Pen d’avoir reçu de l’argent africain. Curieuse affaire : les faits sont prescrits, et il n’a pas de preuve à montrer. Et pourquoi maintenant ? (Accusations de Bourgi : le parquet de Paris ouvre une enquête - LeMonde.fr)

Et si cela renforçait le FN, qui ne vit que de publicité ? Et érodait la base gaulliste de M.Sarkozy, offusquée que l’on s'en prenne à un dirigeant historique, apparemment affaibli par la maladie ? 

Qui va gagner les élections américaines ?

B.Obama serait menacé par le syndrome Carter.

L’issue de l’élection présidentielle américaine pourrait se jouer sur la personnalité du candidat. C’est ce qui se passe lorsque la situation devient trop compliquée pour l’intellect de l’électeur. (That sinking feeling)

(C’est la stratégie que l’on prête à N.Sarkozy : rendre la situation compliquée, pour apparaître en recours.)

Rationalité des marchés et euro

Les marchés financiers évaluent-ils correctement le risque des États européens ? se demandent deux économistes.

Ils l’ont nettement sous-estimé avant la crise (toutes les dettes de la zone euro avaient le même taux), et, maintenant, il semblerait qu’ils le surestiment tout aussi nettement. À moins qu’ils voient quelque chose que nous ne voyons pas… (The risk of default in the Eurozone: New analysis of fiscal space, CDS spreads, and market pricing of risk | vox)

En fait, je ne crois pas que les marchés soient irrationnels : ils obéissent à des règles. Par exemple, un trader me décrivait les veilles d’explosion de bulle spéculative comme une sorte de jeu de la patate chaude formidablement excitant.

Bien sûr, il y a des moments où les cours font du yoyo alors que leurs fondamentaux sont stables (cf. SHEFRIN, Hersh, Beyond Greed and Fear: Understanding Behavioral Finance and the Psychology of Investing, Harvard Business School Press, 2002). Mais, généralement, ils paraissent plutôt susceptibles au phénomène que Thomas Schelling appelle l’ancrage : la recherche d'un repère commun. (Par exemple, sans rigueur point de salut.)

mardi 13 septembre 2011

Changement en Israël ?

Pendant longtemps Israël a paru un petit pays riche et dynamique entouré par de furieux agités. Aujourd’hui, ses voisins deviennent démocratiques et puissants (Turquie).

Il ne faudrait pas que les anciens réflexes d’Israël le transforment d’agressé en agresseur. Contre plus fort que lui, il aurait beaucoup à perdre.

Compléments :

Raisonnable Libye

Le futur paraît bien plus prometteur pour (les Libyens) que pour leurs voisins arabes après leurs révolutions.
Ils ont du pétrole, une diaspora bien formée, et une société qui ne semble pas susceptible aux tensions religieuses. (So far, so pretty good)

Empire du mal

L’Amérique a été bâtie sur le principe que la nature de l'homme est le mal.
  • Ses pères fondateurs avaient lu l’histoire dont ils avaient tiré cette conclusion (fréquente dans le monde anglo-saxon). Du coup, ils ont construit un système de contre-pouvoirs qui cherche à équilibrer le mal par le mal. En fait, ils étaient surtout inquiets du comportement des masses, qu’il fallait contenir. « Il était  généralement reconnu que le peuple était souverain, mais il était aussi plus ou moins concédé qu’il ne devenait pas gouverner. »
  • Complétant ce dispositif, ils comptaient sur l’effet apaisant d’une classe moyenne nombreuse (une idée d’Aristote), et sur un partage d’intérêts collectifs : nationalisme et colonialisme (expansion internationale).
  • Dans cette pensée se trouve aussi « l’idée radicale des sophistes, que les désirs naturels de puissance et d’enrichissement sont derrière toutes les actions sociales ». Bref, que derrière le bien se trouve le mal. Et c’est pour cela que la liberté d'exercer une forme de mal est vue par beaucoup d’Américains comme un droit :
Ce que St Augustin avait perçu comme un esclavage, voire une punition divine, l’asservissement sans fin de l’homme aux désirs de la chair, l’économiste néolibéral, le politicien néoconservateur et la plupart des habitants du Kansas, le prennent pour une liberté première.
(Hypothèse qui se retrouve dans les théories scientifiques dominantes :) le gène égoïste (...) le darwinisme social (...) le choix rationnel, des théories des économistes.
Voilà ce que dit Marshall Sahlins dans le livre cité par un billet précédent

Compléments :
  • C’est une théorie que développe aussi Michael Moore (Bowling for Columbine). L’Américain aurait naturellement peur de son prochain, ce qui expliquerait sa tendance à le massacrer.  

lundi 12 septembre 2011

Allemagne et Europe

Il se confirme (Sages allemands ?) que l’Allemagne a changé d’avis sur l’Europe.

Elle est irritée de devoir aider des incompétents, mais « l’intégration européenne est une trop grande part de l’identité de l’Allemagne d’après guerre pour être facilement abandonnée ». « L’Allemagne d’après guerre s’est liée par des règles et des traités afin d’éviter les tentations passées : une constitution forte pour contenir les politiciens, des règles fiscales pour empêcher l’hyperinflation, l’UE pour pacifier le nationalisme ».

La question qui demeure est : comment construire une zone euro vertueuse ? Accessoirement, va-t-elle être un bunker protectionniste ayant rompu l’amarre avec la libérale Albion ? (Germany’s euro question)

Doit-on voir dans cet apparent revirement, un trait culturel allemand : l’Allemagne réfléchit lentement, mais aboutit à un résultat solide ? La France pense vite, mais accouche d’un bricolage bancal ? 

Amnésie

Pourquoi le Dreamliner de Boeing a-t-il connu autant de problèmes ? Parce que Boeing a combiné trop d’innovations en même temps.

Curieux. Depuis toujours on me répète que c’est ce qu’il ne faut pas faire, et que l’avoir compris a été le secret du succès des Japonais, à l’époque de leur gloire, ou de Marcel Dassault (par exemple). (Nightmareliner)

Pourquoi Boeing ne le savait-il pas ? Éternelle difficulté à transmettre le savoir ?

Ou conséquence du Postmodernisme (Poststructuralisme) ? Mes maîtres ne me disaient-ils pas, après 68, que leur rôle était de faire s’épanouir la personnalité de leurs élèves ? L’individu n’était-il pas supposé tout savoir ? Dans ces conditions comment concevoir de retenir quoi que ce soit du passé ?

Compléments :
  • Paul Krugman se pose une question similaire concernant les économistes. Pourquoi, ont-il était victimes d’une pensée unique qui leur a fait oublier une grosse partie de leur science, les rendant incapables non seulement de concevoir l’hypothèse même d’une crise, mais surtout d’y répondre.
  • Au fond, cette hypothèse de l’homme omniscient conduit naturellement à l’hypothèse des marchés rationnels. 

L’Angleterre sous la botte émergente

Tata en tête, les entreprises des pays émergents achètent l’économie anglaise. « Une raison du succès de la Grande Bretagne est que son économie est relativement ouverte : il est plus facile d’acheter une entreprise anglaise qu’une américaine ».

Ça ne semble faire que des heureux : la City, les avocats, les comptables… y trouvent des clients ; les entreprises, un management bien plus efficace que son équivalent local. (The new special relationship)

Un pays dont l’économie appartient à l’étranger est-il toujours autonome ?

L’enfer de la corruption

Film d’Abraham Polonsky, 1948.

Voilà qui semble dire que, au moins durant la grande dépression, il fallait être dans l’illégalité pour survivre, et que l’on devait être un héros pour y échapper (et finir en prison).

Film noir fort efficace, avec de beaux personnages, peu conventionnels, me semble-t-il. 

dimanche 11 septembre 2011

Éviter une crise (majeure)

Comment combattre le chômage, ce qui exige des investissements, tout en rassurant les marchés, qui veulent la rigueur ?

Il suffit pour cela de relancer à court terme, tout en se montrant déterminé à réduire son déficit sur le long terme. Tout le monde y trouvera son compte.

Parmi les pistes : construire des infrastructures, subventionner les horaires de travail réduits pour conserver l’emploi (et éviter que les employés perdent en compétence, donc en capacité à trouver un emploi), alléger le coût du travail, développer l’offre de formation de façon à combler le fossé entre l’emploi offert, de plus en plus qualifié, et la main d’œuvre, qui l’est de moins en moins. (The quest for jobs)

Sarkozy gagnant ?

Les chances de réélection de M.Sarkozy, sujet d’intérêt international :

Combien vaut ce blog ?

Rencontre avec un sympathique dirigeant d’une agence de communication.

Je découvre avec intérêt que son entreprise produit des blogs comme celui-ci, même nombre de billets, mais audience beaucoup plus faible (moi qui croyait que ce blog n’était pas lu !), pour 80K€ par an.

Pourquoi ne pas me convertir en blogger professionnel, me suis-je dit ? À ma cadence actuelle, je suis probablement capable de produire 4 ou 5 blogs en parallèle… 

samedi 10 septembre 2011

François Hollande recrute des enseignants

F.Hollande veut regarnir les rangs d’enseignants que M.Sarkozy a décimés. Habile ?

On me dit que le Français est las du risque de licenciement et rêve d’être fonctionnaire. Et puis quelques enseignants supplémentaires pour s’occuper des banlieues difficiles, n’est-ce pas une assurance de sécurité ? Et n’est-ce pas aussi un investissement, comme l’affirmait, par ailleurs, le B.Obama du billet précédent ?

Le plus curieux est l’argumentation économique de M.Hollande :
S'agissant des moyens de financer ces postes, le candidat a relevé que les "suppressions de postes" rapporteraient "250 millions par an". Il a mis en regard le coût de la TVA dans la restauration "3 milliards d'euros", et les exonérations des heures supplémentaires "4,5 milliards d'euros". (Education : Hollande se démarque d'Aubry et Royal - LeMonde.fr)
M.Sarkozy paraît ridicule. (Pour redresser le pays, il suffit de faire le contraire de son action ?)

Où est la vérité scientifique dans ces comparaisons ? En tout cas, M.Hollande semble prendre M.Sarkozy à son propre jeu. 

Barack Obama relance

Barack Obama est-il un champion capable de « relever son niveau de jeu », dans la difficulté ? (Peu performant Obama ?)

Il propose de « relancer » son économie à un moment où on ne parle que de rigueur. Courageux ? Il prend des risques pour sauver son peuple du chômage ? Mesure susceptible de diviser ses adversaires, peut-être ?, de plaire à ses extrêmes ? Surtout de les mettre en échec quoi qu’ils fassent : il les force à trahir soit leurs principes, soit les intérêts de la nation ?

Compléments :

Dette excessive ?

Il semblerait qu’il y ait un consensus selon lequel l’endettement des États est excessif.

Mais lors des guerres l’endettement est aussi excessif, et cela ne choque personne. Et si l’on était dans une forme de guerre ? Après tout si certains experts ont raison, la rigueur entraîne la rigueur jusqu’à ce que mort s’en suive… Alors qu’investir et fournir des perspectives stables peut entraîner un redémarrage de la croissance qui éliminera les dettes…

Les crises ne seraient-elles qu'une question de rumeurs aléatoires ? (Comme le dit un dessin humoristique fameux.)

TGV de Bordeaux

Le TGV arrive en avance. À l’aller et au retour de Bordeaux. Bravo à la SNCF ?

(Mais, jadis, ne fallait-il pas 3h pour faire le trajet, alors que nous avons mis 3h15… mauvaise mémoire ?)

J’ai appris que l’Aquitaine était la région la moins endettée de France. Ce que les entrepreneurs locaux semblent amèrement regretter. En effet, cela viendrait d’un investissement insuffisant en infrastructures de transport (en particulier, la ligne TGV ne l’est pas jusqu’au bout). On m’a beaucoup parlé « d’enclavement ».

J’ai aussi appris que les Chinois achetaient les châteaux de la région, histoire d’en réexpédier la production chez eux, mais aussi d’en faire des chambres d’hôtes (chinois). 

vendredi 9 septembre 2011

Sages allemands ?

Allemagne : il semblerait qu’il y ait accord sur l’utilité de la zone euro, et sur la nécessité d’un fédéralisme européen.


Revirement ? Sommes-nous mal informés de ce que pense l’opinion publique allemande ?...

Compléments :

Consommation d’énergie

Google consommerait la production de l’équivalent d’un quart de centrale nucléaire.

Curieusement, seulement 5% de ce total serait utilisé par les recherches sur Internet. (Google Details Electricity Usage of Its Data Centers - NYTimes.com)

Où est le reste ? Diversifications dans des relais d’activité plus ou moins hasardeux (comme ce blog) ?...

Vacances à Paris

Film de Black Edwards, 1958.

En 1958, les mœurs ne sont guère libérées, les soldats sont considérés comme des sous-hommes irresponsables, et les officières font la cuisine et la vaisselle pour un caporal. Et le Français est grivois, ridicule, et producteur de pinard. 

jeudi 8 septembre 2011

Hoshin

Découverte il y a quelques temps du Hoshin, technique japonaise qui aurait beaucoup été utilisée par HP. (Strategic Planning With Hoshin)

Idée ? Dire ce que l’on rêve de faire (par exemple éliminer la dette du pays, pour notre gouvernement). Identifier les actions nécessaires pour réussir et concentrer l’attention de tous sur elles.

Parallèlement, identifier les processus critiques de l’organisation (par exemple la qualité de l’enseignement national), leur fixer des indicateurs, et s’assurer qu’ils restent au niveau désiré.

Tout ceci fait l’objet de quelques tableaux, et d’un suivi implacable.

Compléments :
  • Pourquoi les Japonais se perdent-ils dans des rites politiques d'une grande subtilité mais d'une totale inefficacité, alors ? (The mud-lover)

La fusion aurait-elle un avenir ?

La fusion nucléaire semble une chimère.

Pourtant une ancienne technique, corrigée par de nouvelles idées, donnerait des espoirs… (Next ITERation?)

Faut-il y croire ? 

Marshall Sahlins, Homme = mal, fondement de l’Occident

« La civilisation occidentale a été construite sur une idée perverse et erronée de la nature humaine ». Sahlins, Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradign press, 2008.

Les Grecs d’il y a 25 siècles décrivaient leurs maux de la même façon que nous le ferions aujourd’hui. Le néoconservatisme, par exemple, y avait un autre nom, mais les mêmes effets. L’histoire est un éternel recommencement. 

Tout cela tient à une hypothèse inconsciente. Poussé par ses instincts, l’homme fait le mal. Il faut le contrôler par la culture (la loi et la morale).

De ce fait, notre histoire a été une oscillation entre deux tendances, bougeant en réaction l’une avec l’autre. 

La première, que l’on trouve chez Platon (ou dans les monarchies, plus récemment chez les néoconservateurs et dans notre haute administration), veut que le bien soit imposé au peuple par une élite bien née et correctement formée. La seconde estime que c’est l’équilibre de forces égales qui produit le bien (cf. la main invisible d’Adam Smith ou les théories de Rousseau).

Les deux peuvent coexister, d'ailleurs : l’élite égalitaire anglaise ou grecque, en concurrence parfaite, gouverne une masse à l’instinct bas.

En fait, cette hypothèse est fausse. La science constate que la culture a précédé (de millions d’années ?) l’homo sapiens, qui, par ailleurs, a un cerveau fait pour gérer une sorte d’écosystème extrêmement complexe (« le cerveau humain est un organe social »).

Et elle ne correspond à rien de ce que pensent les autres cultures. Elles estiment que « l’essence humaine existe dans et en tant que relation sociale », et, même, que l’humain est à l’origine de tout, autrement dit que l’animal descend de l’homme, ou est une forme d’homme. 

mercredi 7 septembre 2011

Réforme grecque

Le système universitaire grec semblait un petit peu ridicule (les élèves prenaient en moyenne 7,6 ans pour finir leur licence)… Et pourtant il semblerait avoir été réformé. (The schools of Athens)

La Grèce aurait-elle des ressources de rigueur insoupçonnées ? 

Colonialisme

Livre sur les colonies anglaises.

Elles étaient gérées selon le bon plaisir d’une sorte de caste se recrutant entre soi et obéissant à des rites curieux (« seuls des officiels capables de jouer au polo pouvaient espérer une promotion, dans la province soudanaise du Darfour. »). (With a stony British stare)

Avec de tels modèles, est-il étonnant que les ex colonies aient autant de difficultés à se construire ? 

Français et argent

Plusieurs de mes proches ont fait une carrière extrêmement prometteuse dans des entreprises anglo-saxonnes, et se sont arrêtés tôt. Ils jugeaient qu’ils avaient assez gagné, et qu’ils pouvaient maintenant faire ce qui les intéressait. (C’est un peu mon cas, d’ailleurs.)

Ils me font penser à ces Africains qui ne font que le juste nécessaire.

En fait, ces amis travaillent plus qu’avant, gagnent peu, mais sont leurs propres maîtres. Ils n’ont pas de grands besoins et ils estiment qu’ils sont plus utiles à la société comme cela qu’à perdre leur temps à la cour d’un grand patron.

Au fond tout ceci est propre à la culture française. Notre éducation n’est pas matérialiste. Seules les classes commerciales et des banlieues, éjectées par notre système scolaire et élevées par la télévision, ont développé une vision bling bling du monde ?

mardi 6 septembre 2011

Rationalité des marchés

Pourquoi les marchés doutent-ils de l’Italie et pas de l’Angleterre, se demandait un interviewé de la BBC, ce matin. En effet la situation de la première est relativement meilleure que celle de la seconde.

Oui, mais l’Angleterre a pris des mesures de réduction de son déficit qui ont convaincu les marchés.

Ce qui est bien. Seulement, on aimerait qu’un peu plus d’attention soit apportée à la création d’emplois dans le secteur privé en remplacement de ce qui a été supprimé dans le public, sans quoi…

Règle du moment : c'est la détermination d'un gouvernement qui fait la crédibilité de son économie ? Même si cette détermination peut creuser la tombe de son pays (ce qui explique les hésitations de certains) ? Et demain ?

Comme le montre les Crash : le capitalisme n’est qu’une question de confiance, et d’idées reçues qui vont et qui viennent, aléatoirement : plus de confiance, plus de « valeur » ? Paradoxe de l’hyper matérialisme ?

Compléments :

Le diplôme ne paie plus

Le diplôme ne serait plus une garantie d’emploi. Il y a pourtant, partout, de plus en plus de diplômés.

Pourquoi ? Il y aurait une forme de taylorisation des tâches intellectuelles, qui seraient automatisées ou externalisées. (Angst for the educated)

Biais idéologique ? L’homme comme source de coûts et non comme investissement ? 

Misérabilisme

Diane Arbus aurait montré du monde une image monstrueuse, parce qu’elle y aurait trouvé un écho rassurant à l’inhumanité de son enfance de petite fille riche. Voilà ce que dit une note de lecture d’une biographie. (The torment behind the camera)

Est-ce pour cela que notre élite tend à donner du peuple une image misérabiliste ? Une projection de son désert affectif ? « C’était ses secrets qu’elle montrait, pas les leurs. »

Réformes de l’État

L’État se serait réformé, mais en confondant dégradation de qualité et réduction de coûts. Plusieurs personnes m'ont dit la même chose, la semaine dernière. Leurs arguments :
  • Les toujours ou anciens services publics connaîtraient une dégradation de la qualité de leurs services sur le modèle du précurseur FT. Il arriverait, à la SNCF, à la Poste… des choses impensables il y a quelques décennies.
  • En fait, ces réformes auraient créé des êtres étranges qui n’ont ni les réflexes du privé, ni ceux de l’ex service public. Une sorte de zèle réglementaire tatillon hostile au client.
  • Cela viendrait de ce que les particularités et les statuts historiques de ces organisations sont demeurés (par exemple, il semblerait que les gardiens de musée aient été traditionnellement des invalides de guerre), alors que le sens du devoir et du dévouement au bien public, qui allaient avec, se sont évaporés.
  • C’est le mode de réforme qui serait en cause. Il n’y a pas eu réinvention des processus de travail pour qu’ils fonctionnent avec moins de personnes : on s’est contenté de réduire les effectifs, en espérant que le service rendu ne changerait pas… Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux nous promettrait le chaos. 

lundi 5 septembre 2011

Destruction créatrice

Paul Krugman semble penser que, plus rien ne marchant, il faut prendre à contre le bon sens. Pour forcer les entreprises à dépenser leur argent, et redémarrer l’économie, il faut leur infliger des dommages (Broken Windows, Ozone, and Jobs).

Rôle de la guerre lors de la grande dépression ?

Compléments :

Avenir peu reluisant

Rigueur au moment où il aurait fallu relancer. Comme prévu l’économie mondiale s’enfonce dans un « désastre global » dit Paul Krugman (Meanwhile, in Europe).

Quant à The Economist, il pense que l’on est parti pour une interminable récession à la japonaise (The lowdown). 

Probiotiques

L’homme serait une sorte d’écosystème, dont chaque composant (à commencer par sa flore intestinale) compte dans l’équilibre du tout. Et pour le fonctionnement du cerveau. Voilà ce que disent de plus en plus de scientifiques.

Mais alors, l’usage massif des antibiotiques ne serait-il pas une erreur ? Ne serait-ce pas une explication de bien des maux que nous subissons ? Nous détruisons la vie d’organismes qui nous étaient nécessaires ? (Gut instinct)

Notre vision du monde serait-elle sur le point de basculer ? La croyance en un individu, indépendant de tout, dominant le monde de sa raison, va-t-elle être remise en cause ? (Ce que l'on appelle aussi le libéralisme.)

Subtilités de la politique

J’écoutais la Rumeur du Monde de France culture samedi dernier. Ce que j’en ai retenu :
  • La politique de Nicolas Sarkozy est un désastre, tout ce qu’il a fait a échoué. Très mauvais à la veille d’une élection. Mais en jouant sur la « règle d’or », que le PS ne peut que refuser, alors que la population est pour, il a retourné la situation.
  • En fait, la perception du désastre aurait pu être évitée, s’il l’avait mis au compte de la crise. Christine Lagarde en aurait été incapable, pour une raison qui n’a pas été expliquée.
  • François Hollande éviterait ces écueils en ne disant rien. De ce fait, il laisse entendre que ses apparences rassurantes (en outre, il est entouré des seuls ministrables socialistes) sont ce qu'il est réellement. 
  • L’exercice serait arbitré par les agences de notation.
La politique a des raisons que la raison ne comprend pas… C'est surtout l'art de jouer avec le feu.

Compléments :
  • Sur les agences de notation : si les adversaires laissent entendre qu’ils font passer leur intérêt avant celui de la nation, ce qui est le jeu normal de la politique, la France subira la même sanction que les USA. Mais l’effet pourrait être beaucoup plus désastreux : elle ne pourra plus abonder au Fonds de solidarité européen. Possible crise, mondiale ?, majeure.  (Euro-obligations.)

dimanche 4 septembre 2011

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.

Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Expropriation des mineurs ?

Le développement chinois fait la fortune des compagnies minières, qui réalisent des profits colossaux. Certains États pourraient être tentés de leur en prendre un peu… (Geology or geography?)

On a fait brûler des Templiers pour moi que ça ? Les bénéfices que les sociétés acceptent sont-ils limités par quelque règle culturelle inconsciente ? 

La culture est première

L’homme est le fruit de la culture dit l'ethnologue Marshall Sahlins dans un livre que je vais bientôt commenter.

Son argument : l’Homo sapiens est beaucoup plus récent que la culture humaine.

Cette hypothèse, qui serait particulière à l'Occident, a une conséquence curieuse.

Dans la pensé néoconservatrice, l’homme s’est fait seul, on lui doit son succès. Le pauvre est un parasite, qui vole le riche. 

Si la culture (la société) est première, nous ne sommes rien sans elle. Et la richesse vient d'un excès de position dominante... 

samedi 3 septembre 2011

Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)

En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.

Faire payer les banques

La justice américaine veut faire payer les banques internationales pour le drame des subprimes. (U.S. Said to Be Ready to Sue Banks Over Mortgages - NYTimes.com)

Faut-il s’en réjouir ? Depuis ses origines (La finance mondiale mord la poussière), ce blog a remarqué qu’il y avait eu un curieux déséquilibre : en quelques décennies le système financier a acquis une part énorme des bénéfices réalisés par les entreprises. Ces sanctions vont peut être permettre de ramener un équilibre plus sain.

D’un autre côté, la fragilité des banques semble angoisser les marchés financiers. Il se trouve d’ailleurs que parmi les accusés, il y a la Société Générale, qui semble une sorte de maillon faible européen. Ces poursuites pourraient-elles déclencher un « Armageddon » financier ? 

Une efficace conduite du changement ne se fait pas par décrets ?

Le Parisien comme guide

5 minutes d’avance à un rendez-vous. Deux couples de touristes ont le temps de me demander leur route.

J’ai un mode de repérage qui fait que je surcharge aussi peu que possible mon esprit d’informations inutiles. Je ne me perds pas, mais j’ai bien des difficultés à indiquer une route, y compris dans mon quartier. Il va falloir que tout ceci change, et que je me forme au renseignement. D’ailleurs, il me semble que tout Parisien devrait faire de même.

Pendant longtemps j’ai pensé le contraire. N’était-il pas honteux que le tourisme profite plus à certains (Bernard Arnault par exemple) qu’à d’autres (moi) ? Ces derniers ne mériteraient-ils pas d’être dédommagés des externalités négatives qu’ils subissent (métro surchargé, bousculades…) ?

Mais c’est agréable d'être utile. Et puis, se sentir entouré d’amis est bon pour la santé, comme le dit un billet précédent.

Compléments :
  • Finalement, on optimise mieux sa fonction d’utilité en donnant qu’en recevant ? À quoi ressemble une théorie économique basée sur le don ?
  • Aristote (Ethique à Nicomaque) fait de la générosité une des vertus morales. Mais il semblerait qu'il n'ait pas prévu mon cas : n'est généreux que celui qui donne un bien matériel (tout ce dont la valeur se mesure en monnaie)...

vendredi 2 septembre 2011

Des bénéfices d’une faible croissance

Le freinage actuel de l’économie allemande pourrait être un bien. Il éliminerait les sources de tensions au sein de la zone euro, et lui permettrait de se reconstruire relativement facilement.

Pour cela, oublions les euro-obligations pas simples à mettre en œuvre, et établissons des règles de bonne gestion. Et réfléchissons à comment faire croître la zone euro. Voici ce que disent deux éminents économistes. (Why a slowdown in Germany could be good for Europe | vox)

Agressif Chinois

Cosco est un gros armateur chinois. Il y a quelques années, il a conclu des contrats de location, élevés par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Il a décidé de ne plus respecter ses engagements. (Can pay, won’t)

C’est étrange. La culture chinoise a la réputation d’être parvenue aux extrêmes de la subtilité et du raffinement, et pourtant le Chinois moderne se comporte comme le pire des rustres. Et de surcroît en opposition avec ce que prêchent Confucianisme et Taoïsme.

D’où cela vient-il ? Gros lourdaud, incapable de se tirer des pièges dans lesquels il s’est mis ? Interprétation fautive des règles du jeu occidental ? La Chine se comporte comme elle croit que l’Occident le fait ? Ou modèle de Kurt Lewin, qui dit que l’individu qui est à l’extérieur d’un groupe ne voit qu’une caricature de ses règles ?

Compléments :

Justice américaine

Amérique. Trois condamnés (à mort pour l’un d’entre eux) sont relâchés après 18 ans de captivité. Les preuves de leur crime manquaient.
Il semble que l’ambition soit à l’origine du cas. En Arkansas, les procureurs, les juges et le parquet sont élus. Leurs promesses électorales de combattre le crime se traduisent souvent par un traitement désinvolte ou injuste des accusés. (Suddenly, they’re free)
L’Amérique est une belle démocratie ?

jeudi 1 septembre 2011

PDG contre encadrement

Une enquête faite par The Economist Intelligence Unit (…) a trouvé que beaucoup (de dirigeants) étaient convaincus que leurs paroles et leurs actions étaient la clé de la motivation de leurs employés. Cependant, quand la même enquête a demandé aux employés ce qu’ils pensaient, la plupart a répondu que c’était leur relation avec leur encadrement direct qui comptait. In praise of David Brent
Depuis une vingtaine d’années, au moins, on observe un mouvement de balancier régulier.

À certaines périodes les dirigeants nous expliquent qu’ils sont tout, et que l’encadrement intermédiaire est le mal. Il faut éliminer la « bureaucratie ». Ils peuvent ainsi alimenter leur bonus avec les salaires supprimés.

Puis, on se rend compte que le dirigeant n’est pas aussi utile qu’il le dit, et qu’il est désastreux de se passer des cadres de terrain.

Compléments :
  • Précédent passage de balancier : HUY, Quy Nguyen, In praise of middle managers, Harvard Business Review, Septembre 2001.
  • Forme de suite du billet précédent...

Pourquoi le PDG est-il payé ?

« Ces sociétés font en moyenne 1,9md$ de bénéfice (mais reçoivent en moyenne) 400m$ en crédit d’impôts ».

Le taux d'imposition des entreprises américaines serait élevé, mais elles y échapperaient par un usage habile des niches fiscales. Les auteurs de l’étude estiment d’ailleurs que les PDG ne sont pas recrutés et récompensés pour l’innovation qu’ils apportent à leur entreprise, mais pour les impôts qu’ils leur permettent d’éviter. (Where Pay for Chief Executives Tops the Company Tax Burden - NYTimes.com)

Parasitisme social, moteur de l’entreprise ?

Apprendre l’anglais

Les Anglo-saxons ont une curieuse façon de parler les langues étrangères. Ils ne semblent pas s’intéresser à leur complexité, mais cherchent surtout à faire comprendre leurs besoins matériels. Biais de colonisateur ? (Ou de boutiquier ?)

J’ai remarqué que le Français commençait à faire de même. Les managers que je rencontre massacrent l’Anglais avec de moins en moins de complexes. Et ils semblent être compris.

L’Anglais serait-il avant tout une langue utilitaire, qui s’adapte aux désirs des puissants ? 

mercredi 31 août 2011

Nouvelles du mois

Crise et atermoiements :
Élection en France, et grandes manœuvres.
Élection aux USA : Anti-Obama, Peu performant Obama ?

Révolutions 
Entreprises, affrontements et innovations
Évolutions sociales
Le coin des sciences