samedi 10 septembre 2011

François Hollande recrute des enseignants

F.Hollande veut regarnir les rangs d’enseignants que M.Sarkozy a décimés. Habile ?

On me dit que le Français est las du risque de licenciement et rêve d’être fonctionnaire. Et puis quelques enseignants supplémentaires pour s’occuper des banlieues difficiles, n’est-ce pas une assurance de sécurité ? Et n’est-ce pas aussi un investissement, comme l’affirmait, par ailleurs, le B.Obama du billet précédent ?

Le plus curieux est l’argumentation économique de M.Hollande :
S'agissant des moyens de financer ces postes, le candidat a relevé que les "suppressions de postes" rapporteraient "250 millions par an". Il a mis en regard le coût de la TVA dans la restauration "3 milliards d'euros", et les exonérations des heures supplémentaires "4,5 milliards d'euros". (Education : Hollande se démarque d'Aubry et Royal - LeMonde.fr)
M.Sarkozy paraît ridicule. (Pour redresser le pays, il suffit de faire le contraire de son action ?)

Où est la vérité scientifique dans ces comparaisons ? En tout cas, M.Hollande semble prendre M.Sarkozy à son propre jeu. 

Barack Obama relance

Barack Obama est-il un champion capable de « relever son niveau de jeu », dans la difficulté ? (Peu performant Obama ?)

Il propose de « relancer » son économie à un moment où on ne parle que de rigueur. Courageux ? Il prend des risques pour sauver son peuple du chômage ? Mesure susceptible de diviser ses adversaires, peut-être ?, de plaire à ses extrêmes ? Surtout de les mettre en échec quoi qu’ils fassent : il les force à trahir soit leurs principes, soit les intérêts de la nation ?

Compléments :

Dette excessive ?

Il semblerait qu’il y ait un consensus selon lequel l’endettement des États est excessif.

Mais lors des guerres l’endettement est aussi excessif, et cela ne choque personne. Et si l’on était dans une forme de guerre ? Après tout si certains experts ont raison, la rigueur entraîne la rigueur jusqu’à ce que mort s’en suive… Alors qu’investir et fournir des perspectives stables peut entraîner un redémarrage de la croissance qui éliminera les dettes…

Les crises ne seraient-elles qu'une question de rumeurs aléatoires ? (Comme le dit un dessin humoristique fameux.)

TGV de Bordeaux

Le TGV arrive en avance. À l’aller et au retour de Bordeaux. Bravo à la SNCF ?

(Mais, jadis, ne fallait-il pas 3h pour faire le trajet, alors que nous avons mis 3h15… mauvaise mémoire ?)

J’ai appris que l’Aquitaine était la région la moins endettée de France. Ce que les entrepreneurs locaux semblent amèrement regretter. En effet, cela viendrait d’un investissement insuffisant en infrastructures de transport (en particulier, la ligne TGV ne l’est pas jusqu’au bout). On m’a beaucoup parlé « d’enclavement ».

J’ai aussi appris que les Chinois achetaient les châteaux de la région, histoire d’en réexpédier la production chez eux, mais aussi d’en faire des chambres d’hôtes (chinois). 

vendredi 9 septembre 2011

Sages allemands ?

Allemagne : il semblerait qu’il y ait accord sur l’utilité de la zone euro, et sur la nécessité d’un fédéralisme européen.


Revirement ? Sommes-nous mal informés de ce que pense l’opinion publique allemande ?...

Compléments :

Consommation d’énergie

Google consommerait la production de l’équivalent d’un quart de centrale nucléaire.

Curieusement, seulement 5% de ce total serait utilisé par les recherches sur Internet. (Google Details Electricity Usage of Its Data Centers - NYTimes.com)

Où est le reste ? Diversifications dans des relais d’activité plus ou moins hasardeux (comme ce blog) ?...

Vacances à Paris

Film de Black Edwards, 1958.

En 1958, les mœurs ne sont guère libérées, les soldats sont considérés comme des sous-hommes irresponsables, et les officières font la cuisine et la vaisselle pour un caporal. Et le Français est grivois, ridicule, et producteur de pinard. 

jeudi 8 septembre 2011

Hoshin

Découverte il y a quelques temps du Hoshin, technique japonaise qui aurait beaucoup été utilisée par HP. (Strategic Planning With Hoshin)

Idée ? Dire ce que l’on rêve de faire (par exemple éliminer la dette du pays, pour notre gouvernement). Identifier les actions nécessaires pour réussir et concentrer l’attention de tous sur elles.

Parallèlement, identifier les processus critiques de l’organisation (par exemple la qualité de l’enseignement national), leur fixer des indicateurs, et s’assurer qu’ils restent au niveau désiré.

Tout ceci fait l’objet de quelques tableaux, et d’un suivi implacable.

Compléments :
  • Pourquoi les Japonais se perdent-ils dans des rites politiques d'une grande subtilité mais d'une totale inefficacité, alors ? (The mud-lover)

La fusion aurait-elle un avenir ?

La fusion nucléaire semble une chimère.

Pourtant une ancienne technique, corrigée par de nouvelles idées, donnerait des espoirs… (Next ITERation?)

Faut-il y croire ? 

Marshall Sahlins, Homme = mal, fondement de l’Occident

« La civilisation occidentale a été construite sur une idée perverse et erronée de la nature humaine ». Sahlins, Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradign press, 2008.

Les Grecs d’il y a 25 siècles décrivaient leurs maux de la même façon que nous le ferions aujourd’hui. Le néoconservatisme, par exemple, y avait un autre nom, mais les mêmes effets. L’histoire est un éternel recommencement. 

Tout cela tient à une hypothèse inconsciente. Poussé par ses instincts, l’homme fait le mal. Il faut le contrôler par la culture (la loi et la morale).

De ce fait, notre histoire a été une oscillation entre deux tendances, bougeant en réaction l’une avec l’autre. 

La première, que l’on trouve chez Platon (ou dans les monarchies, plus récemment chez les néoconservateurs et dans notre haute administration), veut que le bien soit imposé au peuple par une élite bien née et correctement formée. La seconde estime que c’est l’équilibre de forces égales qui produit le bien (cf. la main invisible d’Adam Smith ou les théories de Rousseau).

Les deux peuvent coexister, d'ailleurs : l’élite égalitaire anglaise ou grecque, en concurrence parfaite, gouverne une masse à l’instinct bas.

En fait, cette hypothèse est fausse. La science constate que la culture a précédé (de millions d’années ?) l’homo sapiens, qui, par ailleurs, a un cerveau fait pour gérer une sorte d’écosystème extrêmement complexe (« le cerveau humain est un organe social »).

Et elle ne correspond à rien de ce que pensent les autres cultures. Elles estiment que « l’essence humaine existe dans et en tant que relation sociale », et, même, que l’humain est à l’origine de tout, autrement dit que l’animal descend de l’homme, ou est une forme d’homme. 

mercredi 7 septembre 2011

Réforme grecque

Le système universitaire grec semblait un petit peu ridicule (les élèves prenaient en moyenne 7,6 ans pour finir leur licence)… Et pourtant il semblerait avoir été réformé. (The schools of Athens)

La Grèce aurait-elle des ressources de rigueur insoupçonnées ? 

Colonialisme

Livre sur les colonies anglaises.

Elles étaient gérées selon le bon plaisir d’une sorte de caste se recrutant entre soi et obéissant à des rites curieux (« seuls des officiels capables de jouer au polo pouvaient espérer une promotion, dans la province soudanaise du Darfour. »). (With a stony British stare)

Avec de tels modèles, est-il étonnant que les ex colonies aient autant de difficultés à se construire ? 

Français et argent

Plusieurs de mes proches ont fait une carrière extrêmement prometteuse dans des entreprises anglo-saxonnes, et se sont arrêtés tôt. Ils jugeaient qu’ils avaient assez gagné, et qu’ils pouvaient maintenant faire ce qui les intéressait. (C’est un peu mon cas, d’ailleurs.)

Ils me font penser à ces Africains qui ne font que le juste nécessaire.

En fait, ces amis travaillent plus qu’avant, gagnent peu, mais sont leurs propres maîtres. Ils n’ont pas de grands besoins et ils estiment qu’ils sont plus utiles à la société comme cela qu’à perdre leur temps à la cour d’un grand patron.

Au fond tout ceci est propre à la culture française. Notre éducation n’est pas matérialiste. Seules les classes commerciales et des banlieues, éjectées par notre système scolaire et élevées par la télévision, ont développé une vision bling bling du monde ?

mardi 6 septembre 2011

Rationalité des marchés

Pourquoi les marchés doutent-ils de l’Italie et pas de l’Angleterre, se demandait un interviewé de la BBC, ce matin. En effet la situation de la première est relativement meilleure que celle de la seconde.

Oui, mais l’Angleterre a pris des mesures de réduction de son déficit qui ont convaincu les marchés.

Ce qui est bien. Seulement, on aimerait qu’un peu plus d’attention soit apportée à la création d’emplois dans le secteur privé en remplacement de ce qui a été supprimé dans le public, sans quoi…

Règle du moment : c'est la détermination d'un gouvernement qui fait la crédibilité de son économie ? Même si cette détermination peut creuser la tombe de son pays (ce qui explique les hésitations de certains) ? Et demain ?

Comme le montre les Crash : le capitalisme n’est qu’une question de confiance, et d’idées reçues qui vont et qui viennent, aléatoirement : plus de confiance, plus de « valeur » ? Paradoxe de l’hyper matérialisme ?

Compléments :

Le diplôme ne paie plus

Le diplôme ne serait plus une garantie d’emploi. Il y a pourtant, partout, de plus en plus de diplômés.

Pourquoi ? Il y aurait une forme de taylorisation des tâches intellectuelles, qui seraient automatisées ou externalisées. (Angst for the educated)

Biais idéologique ? L’homme comme source de coûts et non comme investissement ? 

Misérabilisme

Diane Arbus aurait montré du monde une image monstrueuse, parce qu’elle y aurait trouvé un écho rassurant à l’inhumanité de son enfance de petite fille riche. Voilà ce que dit une note de lecture d’une biographie. (The torment behind the camera)

Est-ce pour cela que notre élite tend à donner du peuple une image misérabiliste ? Une projection de son désert affectif ? « C’était ses secrets qu’elle montrait, pas les leurs. »

Réformes de l’État

L’État se serait réformé, mais en confondant dégradation de qualité et réduction de coûts. Plusieurs personnes m'ont dit la même chose, la semaine dernière. Leurs arguments :
  • Les toujours ou anciens services publics connaîtraient une dégradation de la qualité de leurs services sur le modèle du précurseur FT. Il arriverait, à la SNCF, à la Poste… des choses impensables il y a quelques décennies.
  • En fait, ces réformes auraient créé des êtres étranges qui n’ont ni les réflexes du privé, ni ceux de l’ex service public. Une sorte de zèle réglementaire tatillon hostile au client.
  • Cela viendrait de ce que les particularités et les statuts historiques de ces organisations sont demeurés (par exemple, il semblerait que les gardiens de musée aient été traditionnellement des invalides de guerre), alors que le sens du devoir et du dévouement au bien public, qui allaient avec, se sont évaporés.
  • C’est le mode de réforme qui serait en cause. Il n’y a pas eu réinvention des processus de travail pour qu’ils fonctionnent avec moins de personnes : on s’est contenté de réduire les effectifs, en espérant que le service rendu ne changerait pas… Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux nous promettrait le chaos. 

lundi 5 septembre 2011

Destruction créatrice

Paul Krugman semble penser que, plus rien ne marchant, il faut prendre à contre le bon sens. Pour forcer les entreprises à dépenser leur argent, et redémarrer l’économie, il faut leur infliger des dommages (Broken Windows, Ozone, and Jobs).

Rôle de la guerre lors de la grande dépression ?

Compléments :

Avenir peu reluisant

Rigueur au moment où il aurait fallu relancer. Comme prévu l’économie mondiale s’enfonce dans un « désastre global » dit Paul Krugman (Meanwhile, in Europe).

Quant à The Economist, il pense que l’on est parti pour une interminable récession à la japonaise (The lowdown). 

Probiotiques

L’homme serait une sorte d’écosystème, dont chaque composant (à commencer par sa flore intestinale) compte dans l’équilibre du tout. Et pour le fonctionnement du cerveau. Voilà ce que disent de plus en plus de scientifiques.

Mais alors, l’usage massif des antibiotiques ne serait-il pas une erreur ? Ne serait-ce pas une explication de bien des maux que nous subissons ? Nous détruisons la vie d’organismes qui nous étaient nécessaires ? (Gut instinct)

Notre vision du monde serait-elle sur le point de basculer ? La croyance en un individu, indépendant de tout, dominant le monde de sa raison, va-t-elle être remise en cause ? (Ce que l'on appelle aussi le libéralisme.)

Subtilités de la politique

J’écoutais la Rumeur du Monde de France culture samedi dernier. Ce que j’en ai retenu :
  • La politique de Nicolas Sarkozy est un désastre, tout ce qu’il a fait a échoué. Très mauvais à la veille d’une élection. Mais en jouant sur la « règle d’or », que le PS ne peut que refuser, alors que la population est pour, il a retourné la situation.
  • En fait, la perception du désastre aurait pu être évitée, s’il l’avait mis au compte de la crise. Christine Lagarde en aurait été incapable, pour une raison qui n’a pas été expliquée.
  • François Hollande éviterait ces écueils en ne disant rien. De ce fait, il laisse entendre que ses apparences rassurantes (en outre, il est entouré des seuls ministrables socialistes) sont ce qu'il est réellement. 
  • L’exercice serait arbitré par les agences de notation.
La politique a des raisons que la raison ne comprend pas… C'est surtout l'art de jouer avec le feu.

Compléments :
  • Sur les agences de notation : si les adversaires laissent entendre qu’ils font passer leur intérêt avant celui de la nation, ce qui est le jeu normal de la politique, la France subira la même sanction que les USA. Mais l’effet pourrait être beaucoup plus désastreux : elle ne pourra plus abonder au Fonds de solidarité européen. Possible crise, mondiale ?, majeure.  (Euro-obligations.)

dimanche 4 septembre 2011

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.

Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Expropriation des mineurs ?

Le développement chinois fait la fortune des compagnies minières, qui réalisent des profits colossaux. Certains États pourraient être tentés de leur en prendre un peu… (Geology or geography?)

On a fait brûler des Templiers pour moi que ça ? Les bénéfices que les sociétés acceptent sont-ils limités par quelque règle culturelle inconsciente ? 

La culture est première

L’homme est le fruit de la culture dit l'ethnologue Marshall Sahlins dans un livre que je vais bientôt commenter.

Son argument : l’Homo sapiens est beaucoup plus récent que la culture humaine.

Cette hypothèse, qui serait particulière à l'Occident, a une conséquence curieuse.

Dans la pensé néoconservatrice, l’homme s’est fait seul, on lui doit son succès. Le pauvre est un parasite, qui vole le riche. 

Si la culture (la société) est première, nous ne sommes rien sans elle. Et la richesse vient d'un excès de position dominante...