mardi 22 novembre 2011

Fin des 35h

Nos politiques veulent allonger la journée de travail, après négociation avec les « partenaires sociaux ». (Pour Copé, "la sortie des 35 heures est inéluctable")

Bizarre. À court terme cela ne voudrait-il pas dire moins d’emplois ? D’ailleurs l’Allemagne, que nous admirons tant, travaille 35h…

Et que se passerait-il dans une négociation avec des partenaires sociaux, inexistants en France ? Les entreprises, qui font actuellement tout pour réduire leurs coûts, n’utiliseraient-elles pas leur pouvoir pour diminuer leur masse salariale ? Spirale déflationniste ?

Le gouvernement essaie-t-il de soigner notre mal, la déflation, par la déflation ? Ou serait-ce une manœuvre électoraliste subtile ?

Moody’s et la France

Libération pense que Moody’s conspire contre la France. (Moody's veut la peau du triple A français)

Ce que disait la radio, hier, était que Moody’s ne fait que constater que les marchés se défient de nous.

D’ailleurs, la dégradation de notre note serait-elle une mauvaise chose ? En précipitant une crise, elle forcerait nos gouvernants à des décisions qu’ils ne parviennent pas à prendre ? Ce qui ne tue pas renforce…

Vautours financiers ?

Les « hedge funds » américains s’apprêteraient à profiter des malheurs européens.

Les banques européennes devraient se dessaisir de leurs actifs (1,5 à 2500md€ ?) à vil prix, et les entreprises, ne pouvant plus emprunter, devraient être prêtes à payer cher toute possibilité de financement. (Waiting to turn trash into treasure)

Intouchables

Ainsi que le craignait Hervé Kabla, Hollywood a acquis les droits d’Intouchables.

Comme Hervé, le critique de The Economist espère que les Anglo-saxons verront l’original plutôt que son remake. (Friends united)

lundi 21 novembre 2011

Confiance en soi nordique

Les peuples nordiques semblent avoir pour caractéristique un sentiment de supériorité. Ils sont le bien.

Mais, quand ils ne peuvent respecter leurs principes, ils sont amenés à tricher en grand.

Le latin, par contre, paraît avoir une plus faible opinion de lui-même. De ce fait, il triche petit ? Et sans grand complexe ?

Compléments :

Château en Allemagne ?

L’Allemagne, grande donneuse de leçons, cacherait des secrets honteux.

Une partie de sa dette serait comptabilisée à la manière Enron. Et pèserait sur sa tête l’épée de Damoclès du vieillissement (phénomène qui, à court terme, lui est favorable). (Et si l'Allemagne n'était pas si exemplaire... - LeMonde.fr)

L’Europe se querelle-t-elle par paresse intellectuelle, par incapacité à faire face à ses responsabilités ?

Compléments :

  • Confirmation (postérieure) venant d'Allemagne : Myth of German economic discipline | Presseurop (English). Rien de ce que l'Allemagne ne dit d'elle n'est juste. Elle a une dette supérieure à celle de l'Espagne, elle n'est pas économe, sa bonne santé vient de son économie, plus prospère que celle de ses collègues. Bref, sa santé vient de l'opposé de la rigueur qu'elle impose aux autres !

Corruption et capitalisme

La corruption indienne croit avec sa prospérité. (En Inde, une gigantesque affaire de corruption ébranle le gouvernement - LeMonde.fr)

Comme le constate régulièrement ce blog, elle désoriente The Economist. Elle a quelque chose d’indécent, venant d’une démocratie modèle. Il lui faut un coupable : la bureaucratie indienne.

Curieux. L’Anglo-saxon ne pense-t-il pas que c’est du mal que vient le bien, comme l’a dit Adam Smith ? Plus l’Indien a de vices, plus cela devrait profiter à l’humanité.

En fait, si le principe de fonctionnement de la société est que ce qui rend des services administratifs effectue des prélèvements sur l’économie, il n’y a rien d’étonnant à ce que cette ponction croisse avec le PIB. D’ailleurs, la logique du capitalisme n’est-elle pas celle de l’offre et de la demande ? N’est-il pas logique que le fonctionnaire en situation de monopole maximise son utilité ? 

dimanche 20 novembre 2011

Changement et politique

N.Sarkozy s’en prend aux mauvais Français en arrêt de maladie. Appel à la guerre civile ?

F.Hollande et les Verts s’enlisent dans des querelles d’une petitesse affligeante.

En ces temps difficiles, n’aurait-on pas attendu d’eux une vision optimiste et, au stricte minimum, le souci de l’intérêt général ?

Nos politiques nous disent qu’il faut voter pour eux car ils sont le changement. Mais ne se trompent-ils pas d’argument ? Leur succès électoral ne serait-il pas garanti s’ils nous annonçaient qu’ils ont changé ?

Compléments :
  • Ah, si nos politiques ressemblaient à Bill Clinton ? Yes, we can

Syndicats et changement

Il y a un certain temps, j’ai résumé un livre qui concluait, notamment, que nos syndicats étaient les salariés du gouvernement et des entreprises. Peut-on en déduire qu’ils leur sont acquis ?

Un exemple tiré d’une expérience récente. Réorganisation. Réaction syndicale violente, et, surtout désagréable.

Résultat concret ? Absolument rien. Pourtant, le changement n’a-t-il pas remis en cause le « contrat moral » qui liait les employés à leur organisation ? N’y avait-il pas d’autres moyens de réaliser les économies recherchées - plus favorables à l'intérêt du salarié ? Qu’en sera-t-il la prochaine fois ?

J’ai eu l’impression que les syndicats étaient totalement déconnectés des personnels qu’ils représentaient, et qu’ils n’avaient aucun pouvoir sur la réalité. Leurs agissements n’étaient-ils que rites (être grossier = agir ?) sans autre objet que de les rassurer sur leur efficacité ?

Est-il dans l’intérêt de l’entreprise d’entretenir des représentants du personnel impuissants ? 

Efficacité du syndicalisme

J’entendais dire hier que les syndicats voulaient organiser une journée de grève pour « sensibiliser les Français à la rigueur ».

Parce que les Français ne savent pas ce que c’est ?

En dehors de compliquer l’existence du petit peuple, le syndicalisme a-t-il le moindre pouvoir ?

samedi 19 novembre 2011

Le neutrino bat des records

Expérience après expérience, dans certaines conditions le neutrino va plus vite que la lumière. (BBC News - Neutrino experiment repeat at Cern finds same result)

C’est quand la science est mise en défaut qu’elle progresse le plus… 

Notre cerveau nous abuse

Face à une décision difficile, notre cerveau choisit l’illusion (CultureLab: Our deluded minds are just trying to make us happy).

Cette observation est à l’origine de mes travaux sur le changement. Pourquoi est-ce que les organisations préfèrent s’enfoncer dans l’abîme alors qu’un renouveau triomphant ne demandait presque rien (« effet de levier ») ? Une réflexion de quelques heures ? Parce que réfléchir est effroyablement difficile.

Complément :

BCE et Goldman Sachs

La BCE va prêter au FMI pour qu’il puisse prêter à son tour au Fonds de Solidarité. (FESF : pour sauver la zone euro, la BCE pourrait prêter via le FMI)

Cela permet à la BCE d’avoir le rôle de prêteur de dernier ressort d’une banque centrale, sans le dire. Donc de trahir l’esprit de sa mission, en étant fidèle à sa lettre.

C’est du Goldman Sachs tout craché. Y aurait-il un lien entre cette manœuvre et le fait que Mario Draghi a été un employé de Goldman Sachs ?

Quid de la rigueur intellectuelle du Dr Merkel ? 

Chine et entreprises

Les grandes entreprises chinoises sont contrôlées par l’État et financées par ses banques.

En dépit de ces conditions favorables, elles sont extrêmement peu rentables. (State capitalism in China: Of emperors and kings | The Economist)

Questions :
  • Pourront-elles longtemps nier les lois de l’économie ?
  • La Chine parie-t-elle sur une course en avant qui lui donnerait une situation de monopole, la remboursant au centuple de ses investissements ?
  • Une telle stratégie, si elle est destructrice pour les économies étrangères, ne peut-elle pas se retourner contre elle ?…

vendredi 18 novembre 2011

Le mal français : le dirigeant ?

Selon Schumpeter: The French way of work | The Economist
Des études suggèrent que le problème avec les employés français n’est pas tant qu’ils rechignent à l’ouvrage que le fait qu’ils sont mal managés. Selon un rapport sur la compétitivité nationale du Forum Économique Mondial, les employés de base français ont une bien plus grande éthique du travail que les employés américains, anglais ou hollandais. Ils trouvent une grande satisfaction dans leur travail mais sont profondément mécontents de la manière dont leur entreprise est dirigée. 

Gestion de crise

Règles qui pourraient expliquer les décisions de Merkozy :
Le problème est que ce directoire, qui a gagné le nom de « Merkozy », a tenté de régler une crise financière comme s’il s’agissait d’une crise diplomatique, c’est-à-dire en négociant des compromis boiteux qui ont aggravé la défiance des marchés alors qu’il fallait des décisions tranchées.
Et :
comme le reconnaît le Président lui-même en petit comité : « nous avons fait le choix stratégique de nouer ce partenariat avec l’Allemagne qui sort la France du tropisme des pays du sud ».
Pensait-il faire croire aux marchés que la France était l’Allemagne ? (Citations de : Sortie de route pour "Merkozy" - Coulisses de Bruxelles, UE)

Démocratie verte

Hier, j’entends dire que, en accord avec les verts, le programme du PS annonce la disparition de 24 centrales nucléaires, mais que l’intervention d'un ami du patron d’EDF a évité que le dit programme ne lui soit encore plus défavorable.

Est-ce cela la démocratie ? Le problème infiniment complexe de l’énergie est réglé en 5 minutes par des manœuvres d’arrière cuisine, ayant pour seule rationalité l’idéologie d’intérêts particuliers ? C'est cela le dialogue avec les parties prenantes dont le développement durable parle tant ?

Pas joli-joli ?

Conscience et argent

Il y a quelques mois des syndicalistes me disaient que je ne pouvais pas être objectif puisque j’étais payé par leur patron.

Pensant que ça n’arrangerait pas nos relations, je ne leur ai pas fait remarquer que c’était aussi leur cas.

Au fond, ce qui est inquiétant dans cette affaire est d’être convaincu qu’aucune conscience ne peut résister à l’argent. Cela semble sous-entendre que la sienne ne ferait pas exception.

jeudi 17 novembre 2011

Intransigeance allemande

L’Allemagne va-t-elle laisser sombrer l’Europe ? Peut-être pas. Un redépart de chômage pourrait la menacer. Si Mme Merkel veut être réélue, elle pourrait être contrainte à un peu plus de souplesse. (A case of the sniffles)

L’union fait la force

M.Sarkozy s’en prend aux arrêts de maladie abusifs. Or, la France semble plutôt vertueuse dans ce domaine : Que représente la fraude aux arrêts maladie ? - LeMonde.fr.

Désigne-t-il la paresse française à la vindicte des marchés financiers ? Manœuvre électoraliste ? Cela marche-t-il ?

À gauche, M.Hollande est traité par les siens de « capitaine de pédalo » ou soumis au chantage nucléaire de Mme Joly.

Quelle solidarité. Est-ce cela la France ? On y prospère au détriment de ses amis ?

Si Paris l’avait su

Film de Terence Fisher et Anthony Darnborough, 1950.

Très ingénieux. Mais je me serais attendu à ce que l’histoire d’une ingénue anglaise perdue chez des barbares incompréhensibles, perfides et lubriques (les Français) soit plus terrifiante.

L’argument, seul, suffisait-il à créer l’effroi ?

Compléments :

  • Selon The Economist (Charlemagne: English is coming), on retrouve ici un des fantasmes anglais, que les sociologues, probablement, appellent « brits in the shit ». 

mercredi 16 novembre 2011

Experts et assureurs

Les cabinets d’expertise auprès des assureurs sont dans un mouvement qui ressemble à celui de la sous-traitance automobile, avant la crise. Ils sont sous la pression des achats, qui procèdent dorénavant par grands appels d’offres, et réduisent le nombre de leurs fournisseurs.

Résultat : concentration des cabinets. Mais aussi, adoption de systèmes d’information, ayant pour usage principal le reporting. Un facteur de coût, et de concentration, supplémentaire. (Gestion des sinistres : Les experts sous pression - Dossiers Argus Assurance)

Tout cela va-t-il se terminer comme dans l’automobile : après des gains sans lendemains, une poignée de fournisseurs en monopole ?

Simulation et entreprise

The Economist simule l’effet des nouvelles réglementations financières américaines lors d’une faillite bancaire aux USA. (Too big to fail: Fright simulator | The Economist)

Curieux que cet exercice ne soit pas fait plus souvent dans les entreprises. Quand je l’ai pratiqué j’ai trouvé qu’il préparait remarquablement bien à la survenue de crises.

Peut-être le dirigeant est-il victime de l’illusion d’un avenir certain, ou de sa nécessaire infaillibilité ?

Jean Jaurès

Livre de Jean-Pierre Rioux, Perrin 2008.

Étrange. Jaurès a eu la vie du philosophe grec. Sa mort est l’illustration de sa pensée.

Jaurès était porté par un idéal : réaliser l’unité de l’humanité. Comme Socrate, il a été mis à mort par ceux qui n’en voulaient pas. (Et son assassin a été acquitté…) Et comme Socrate, et contrairement à son camarade Bergson et aux philosophes modernes, il a utilisé la philosophie pour transformer la société.

Il a été ce qu’il prêchait. Il voulait « émanciper » l’homme, qu’il apprenne à penser par lui-même. Il a été un esprit libre, indépendant des partis, des appareils, et surtout des dogmes. Et pourtant, en dépit des haines qu’il a suscitées, il n’a pas été sans pouvoir. Il a réussi, notamment, une sorte de fédération de courants socialistes invraisemblablement individualistes et centrifuges, et même de la très puissante CGT.

C’est à son inébranlable optimisme qu'il a dû l’influence qui fit ce miracle. Il avait la capacité de voir le bon côté de tout, de la religion, de la France, du nationalisme, du colonialisme, de la lutte des classes, du parti socialiste et de ses sectes, du syndicalisme, et même du marxisme... Et il en jouait pour éviter leurs vices et leur médiocrité qu’il percevait bien mieux que d’autres. Un Obama, qui aurait une culture encyclopédique, et à sang chaud.

Que la société internationale de son époque l’ait rejeté, en dépit de ses talents extraordinaires, montre probablement à quel point la haine de l’autre est un sentiment qui nous fait chaud au coeur.

mardi 15 novembre 2011

Conteneur

Curieusement les transporteurs de conteneurs agissent à l’envers de l’Europe. Ils sont en surcapacité, mais ils achètent des bateaux toujours plus gros, histoire de faire des économies… (Shipping: Economies of scale made steel | The Economist)

Compléments :
  • Il faut 13 personnes pour diriger un bateau de 400m. En imaginant qu’elles fassent les 3 x 8, ça ne fait jamais que 4 personnes en même temps… à quand une course en solitaire des portes-conteneurs ? Ou un porte-conteneurs automatique, comme le métro ? 

Salaire et relations

Le salaire du dirigeant serait fonction de la taille de son réseau de contacts, mais surtout de sa façon d’entretenir tout le bien que ses membres pensent de lui.

Curieusement, les femmes seraient moins douées que les hommes pour cela. (Networking and pay: Contact sports | The Economist)

Mes chers amis

Film de Mario Monicelli, 1975.

Stéréotype même de ce qui exaspère le nord et les marchés. Goutte d’eau qui va faire déborder la zone euro ?

Des quinquagénaires italiens font de la vie un jeu, et se distraient aux dépens d’une société qu’ils parasitent, et des femmes, qui les entretiennent. Mais ne doit-on pas tout pardonner à la fantaisie ?

lundi 14 novembre 2011

Faiblesse démocratique

Éternelle question : pourquoi certains pays sont craints des marchés et pas d’autres ?

Parce que leur mécanisme de décision n’est pas suffisamment rapide et efficace. C’est, en particulier le cas de la zone euro. En outre, il lui manque une banque centrale capable de compenser un processus démocratique incertain. "En Europe, on assiste à un vide politique dans lequel s'engouffre la spéculation" - LeMonde.fr

Et si la zone euro était trop démocratique ? 

Interrogation

Ce blog a-t-il un projet caché ? Une idéologie ?

Ses points d’interrogations en sont réellement. Je les pose là comme des pierres de petit poucet.

À la réflexion, je pense que c’est la seule bonne attitude à avoir par les temps qui courent. Le monde est inquiet, parce qu’il ne sait pas où il va. Mais il réfléchit à sa manière, en lançant des idées désordonnées. Aucune n’est très efficace, mais peut-être que leur accumulation permettra de voir la lumière ?

Kurt Lewin ne parlait-il pas du changement comme d'un dégel des certitudes ?

Drive

Film de Nicolas Winding Refn, 2011.

L’Amérique à son plus dépouillé. Quelques personnages qui n’ont que ce que leur a donné la nature. La culture n’est pas passée par là. 

Et l'acte de décès de la poursuite automobile ?

dimanche 13 novembre 2011

Google grignote ?

Rien ne bouge sur Google+. Même pas Hervé Kabla. Flop ?

Mais Google crée des pages entreprise. Le Monde s’y installe.

Raisonnement intéressant : Google serait une sorte de tortue qui démarrerait lentement, mais dont l’avancée serait irrésistible. La prise de part de marché de Chrome en serait un exemple. (Le Monde.fr sur Google+ : pour quoi faire ? | Rézonances)

Du coup, j’ai rajouté Le Monde à ma page Google+. Au moins cela lui apporte un peu d’animation. 

Aznar et l’Espagne

Les Espagnols semblent voter PP pour José Maria Aznar, son ancien président. (Les jeunes du PP convaincus de leur prochaine victoire | L'Espagne désenchantée)

Est-ce idiot ? Une telle association pourrait rassurer les marchés.

Les marchés votent-ils à droite ?

Compléments :
  • La force du capitalisme serait-elle là ? Ses crises ne peuvent le détruire sans détruire l’humanité. Du coup, il faut lui éviter de sombrer. Mais, plus la société est responsable, moins il peut l’être…

Activ'way et dématérialisation

Pourquoi les projets de dématérialisation (on disait « Gestion Électronique des Données » dans ma jeunesse) ratent-ils ?

Parce qu’ils font appel à une technologie simple et éprouvée. On les croit des non événements techniques. Et on demande à une équipe de techniciens (juniors !) de les mettre en place.

Mais ils bouleversent le travail de l’organisation, du coup, ils provoquent un curieux cercle vicieux. L’équipe projet, par son discours technique, sème la panique, et le management, au lieu d’arrêter l’incendie, projette ses inquiétudes sur ses collaborateurs. Il s’ensuit une désorganisation qui heurte de plein fouet le service rendu au client.

Une fois de plus, selon l’expression de Paul Watzlawick, le problème est dans la solution ? Il n’est pas technique mais humain : si l’on montre au personnel comment l’innovation lui simplifie la vie, avec ses mots, l’affaire est dans le sac.



Compléments :
  • C’est ce que Michael Beer, et d’autres probablement, appelle une démarche « task oriented » (qui vise à aider l'utilisateur à faire son métier, et non à le gaver de technique).
  • C’est aussi un exemple d’effet de levier, la remise en cause d’un a priori fatal, qui conduit à un changement réussi, sans coût supplémentaire sinon un peu de réflexion au bon moment.

samedi 12 novembre 2011

Cercle vicieux bancaire

Pour réduire leurs risques et se conformer à ce que leur demandent les pouvoirs politiques, les banques européennes vendent les dettes européennes, et ne prêtent plus à l’économie et au particulier. Ce faisant elles précipitent la crise, et augmentent leurs risques de faillite. (Les banques européennes attaquent la zone euro - Coulisses de Bruxelles, UE)

Mais peuvent-elles faire autrement ? Classique dilemme du prisonnier.

Dans ces conditions, y a-t-il une autre solution qu’une nationalisation ? 

Énergies renouvelables et subvention

Le gouvernement américain a noyé l’industrie de « l’énergie renouvelable » sous les subventions. Résultat, les investissements de sociétés telles que GE et Goldman Sachs rapporteraient jusqu’à 25% par an, sans risque.

Objectif : créer un effet d’échelle qui rende concurrentiel le renouvelable. Mais « l’industrie aurait pu faire beaucoup plus de solaire, pour un prix beaucoup plus faible, en termes de subvention » (A Gold Rush of Subsidies in the Search for Clean Energy - NYTimes.com) : l’économie (américaine) a-t-elle été plus intéressée de faire un profit à court terme sur le dos de l’État, que de créer une activité durable ? 

Hobby de DSK

Loisirs de DSK : organisation de visites des « boîtes coquines » mondiales avec quelques « petites ».

Ses SMS s’expriment comme les passionnés d’un hobby : cigare cubain, cuisine, voiture de collection… (DSK – « Tu viens plus aux soirées ? » | Big Browser)

Mais, peut-on être socialiste et considérer, au moins implicitement, une femme, un être humain en général, comme un objet ?

Et quid de son parti : peut-il se dire « des droits de l’homme » en acceptant de telles pratiques, visiblement connues de beaucoup ?

Bande annonce

Bandes annonces des Intouchables et de Toutes nos envies.

C’est extrêmement court et l’on comprend tout. Pourquoi alors aller voir le film ?

Mais suis-je représentatif de la population française ? J’ai besoin d’être surpris, alors qu’il est possible que le spectateur majoritaire cherche plutôt à vivre, et à revivre, l’expérience dont la bande annonce lui donne un échantillon. Je me souviens ainsi d’une de mes collègues qui avait vu 7 fois Titanic. D’ailleurs, les enfants ne relisent-ils pas sans cesse les mêmes histoires ? 

vendredi 11 novembre 2011

Obama battu par Merkel ?

« Leur terreur croit un peu plus à chaque instant, du fait de leur certitude d’être les prochains s’ils ne sont pas entendus ».

Madame Merkel a décidé de ne pas entendre raison et conduit, avec le calme le plus parfait, l’Europe à l’abîme. Du fait de leur interdépendance, l’Europe va entraîner dans sa débâcle l’Amérique, et accessoirement la présidence Obama.

Voici ce que pensent les classes éclairées, et paniquées, américaines, selon la BBC. BBC News - Euro crisis leaves US howling into the wind

L’Allemagne après la France

L’Italie et la France ont une grosse partie de leur dette entre les mains de l’étranger. Un défaut, toucherait le monde.

L’Allemagne ne serait pas aussi solide qu’elle le pense. Contrairement, à ce qu’elle dit ou croit (La rigueur française ne convainc pas les exportateurs allemands - La Tribune), elle est très endettée, et très dépendante du marché européen.  

Communication et crise

J’entendais aussi (suite du billet précédent) quelqu’un s’étonner, une nouvelle fois, de la différence de traitement que font subir les marchés financiers à des pays ayant des endettements similaires (Le Japon, l’Angleterre et l’Amérique sont surendettés mais jugés sûrs).

Serait-ce leur capacité à la réforme qu’ils jugent ?

N’y aurait-il pas ici une question de communication ?

Dans les pays de l’Europe du sud, il est de bon ton de dénoncer les turpitudes de ses compatriotes, de prendre le monde à témoin des vices de sa nation. Les pays du nord, par contre, font preuve d’un froid contentement de soi.

À cela s’ajoute que les marchés agissent par stéréotype : pour eux, les pays du sud se ressemblent, de même que ceux du sud est asiatique…

Technocratie victorieuse

Grecs et Italiens se cherchent des dirigeants technocrates. Démocratie perdante. Voilà ce que j’ai cru entendre dire par quelqu’un de France culture.

En tout cas, en guerre, les démocraties ont toujours été dictatoriales, comme l’Angleterre de Churchill ou l’Amérique de Roosevelt. 

De Gaulle et la royauté

René Rémond remarque que de Gaulle semble reprendre le schéma royaliste : le roi et le peuple contre les barons modernes : les intérêts égoïstes - opposés au bien public.

De Gaulle rêvait-il d’une monarchie qui aurait choisi son roi non pour sa naissance, mais pour ses capacités ?

jeudi 10 novembre 2011

Japonaises gaspillées

La société japonaise semble assez peu occidentalisée. L’homme est soumis au groupe, et la femme à l’homme. Du coup peu de diplômées travaillent. D’autant plus que si l’on importe des prostituées, les gardes d’enfants sont proscrites. (Schumpeter: Land of the wasted talent | The Economist)

La culture japonaise prive le pays de ressources importantes pour sa prospérité.

Les cas grecs et japonais me font me demander si le capitalisme n’installe pas une forme de concurrence entre modèles sociaux, qui mettrait en faillite les moins productifs… 

Méconnaissance géographique

On pose des questions sur la bande de Gaza à des étudiants en géographie. On obtient de bien curieuses bêtises. (CULTURE GÉNÉRALE – « La bande à Gaza ? Un groupe d’extrémistes palestiniens » | Big Browser)

J’ai l’impression qu’ils savent du sujet ce qu’une oreille distraite retient de flashs d’information entendus en bruit de fond.

Dans ces conditions, comment se faire une opinion sur le conflit Israël-Palestine ?…

Compléments :
  • Défaite en rase campagne de l’Éducation nationale ? Elle ne fait plus son travail qui est de nous armer pour penser ? (La République des instituteurs)

Réconciliation nationale

Hier, j’entendais dire que le succès monstre du film Les intouchables et l’arrivée de Mon pire ennemi étaient des signes que la France avait soif de « réconciliation nationale ».

J’espère que nos hommes politiques y verront une option de course pour les prochaines présidentielles… 

mercredi 9 novembre 2011

Adapter la société à l’innovation ?

La machine (technologie de l’information) semble créer le chômage. J’ai déjà cité le livre qui dit cela. Mais voici une nouvelle façon de voir la question, qui utilise des termes qui me sont familiers :

Nous sommes en face d’un changement. Il faut modifier l’organisation de la société, son « modèle économique », de façon à ce qu’elle tire parti de l’innovation. (Technological unemployment: Race against the machine | The Economist)

Compléments :
  • Curieusement, les années 30 auraient aussi été des années fastes pour l’innovation, accompagnées d’un gros chômage. Il est tentant de se demander s’il n’y a pas des moments où la société utilise les machines contre elle-même et d’autres pour son bénéfice collectif. 

Changement d’heure

Le changement d’horaire était petit, et dans le bon sens, et je n’ai toujours pas récupéré… L’âge ?

D’ailleurs, les arguments montrant l’inefficacité, et le danger, de la mesure s’accumulent. (Why Daylight Saving Time Should Be Abolished | Observations, Scientific American Blog Network)

Encore un changement mené par des théoriciens incapables d’en mesurer les conséquences (parce qu’ils ne les subissent pas ?) ?

La défaite des instituteurs

Pourquoi la nation moderne, à qui l’instituteur a formé l’esprit, n’a pas conservé ses valeurs ?

Cela met-il en défaut la théorie d’Edgar Schein, qui dit que l’on retrouve dans la culture de l’entreprise, la pensée de ses fondateurs (ou plutôt l’interprétation qui a été faite de cette pensée) ?

Comme souvent, leur action a eu des effets imprévus. La science qui devait libérer l’esprit a fait triompher une « société d’abondance ». La victoire du matérialisme a endormi l’esprit. Mais la victoire a-t-elle été totale ou les valeurs initiales ne demandent-elles qu'à se réveiller ?

Compléments :
  • SCHEIN, Edgar H., Organizational Culture and Leadership, Jossey-Bass, 2004.
  • Cela ressemble à l’histoire du protestantisme et du capitalisme. WEBER, Max, L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, Pocket, 1989.

La République des instituteurs

Livre de Jacques et Mona Ozouf, Seuil 1992. Qui étaient les instituteurs qui exerçaient entre 1871 et 1914 ?

Il y a quelque chose de la Conquête de l’Ouest dans ce livre. L’Amérique en aurait fait un film.

On y aurait vu le miracle de l’enfant de pauvre qui réalise les rêves de ses parents. Il s’affranchit de l’avilissement d’un ordre féodal. Premières années de travail : solitude, pauvreté, et bêtise hostile de l’église. Mais il tient bon. Mérite et abnégation le font triompher. Par « l’aménagement modeste et acharné du présent », il transforme sa société en la nôtre.

Comme dans la Conquête de l’Ouest, on verrait aussi que le monde qui a remplacé les espaces de ses exploits, avec ses villes, ses voitures, sa pollution, son matérialisme aveugle… n’est pas celui qu’il désirait.

Que voulait-il ? Une nation d’hommes libres. Et, pour cela, il fallait émanciper leur pensée, en leur apprenant à raisonner. Il voulait leur donner l’égalité, celle du mérite qu’apporte un travail acharné. Et une fraternité, qui était le solidarisme. Il croyait au « progrès de la raison » « qui mettrait fin à tant d’injustices et de misères ». Formidablement pacifiste, il fut Républicain, puis Radical, puis Socialiste. Son  Dieu était Jaurès : il avait fait du socialisme un humanisme, lui retirant ses dangereuses folies idéologiques (lutte des classes, sectarisme, communisme…).

Qui était-il ? Un individualiste farouche que l’injustice révolte. Et peut être avant tout un rare exemple d’une vocation qui réussit. Tout dans sa vie et dans l’influence qu’il a reçue est allé dans une même direction.

Comment voit-il le monde des années 60 ? De Gaulle est une sorte d’antéchrist. L’antithèse de tout ce à quoi il a cru. La société de l’époque ? Un matérialisme fade, plus d’idéaux. Les instituteurs modernes ? Des paresseux dont le militantisme d’agités a trahi son combat et a donné raison à ses ennemis. « Il ne reste rien de mes efforts » dit-il.  

mardi 8 novembre 2011

Silence socialiste

En ce moment, je n’ai pas le temps de m’informer. Mais je n'entends pas le cri déchirant du PS percer les murs.

Serait-il de conviction faible ? Pense-t-il qu’il n’y a pas d’autre politique que celle de M.Sarkozy ? Attend-t-il que l'échec flagrant de cette politique lui montre une solution, devenue évidente ?...

Seraient-ce les idées qui manquent le plus France ? Comme je l’entends dire souvent, ferions-nous bien de chercher du pétrole ?…

Crise européenne

Comme prévu, la crise a repris après une courte accalmie (Greece and Italy Sink Under Turmoil as Euro Crisis Widens - NYTimes.com).

Et une fois de plus, le gouvernement français annonce un plan d’économie qui est au dessous de ce qu’en disaient les rumeurs. Les marchés vont-ils l’interpréter comme un manque de courage ? (Un plan de rigueur "mou du genou" et inefficace - TF1)

À nouveau la question se pose : y a-t-il ce que dans mon passé d’algorithmicien on appelait « convergence » du processus, ou, au contraire, le fossé se creuse-t-il ? La recherche de solution se heurte-t-elle à un problème idéologique qui la rendrait impossible ?

En tout cas, il semblerait que la dette grecque est, après (possible) restructuration, au dessus de ce qu’elle était lorsque la crise a commencé… (L'Italie doit montrer patte blanche - Coulisses de Bruxelles, UE)

Au fondement des sociétés humaines

Livre de Maurice Godelier, Flammarion 2010.

« Les hommes produisent de la société pour vivre. » Qu’est-ce qu’une société ? « des rapports sociaux (qui) ne sont ni les rapports de parenté, ni les rapports économiques, mais ceux qu’en Occident on qualifie de politico-religieux ».

Ce sont eux qui font de l’individu, masse de cellules, un homme. « Ce que (les parents) fabriquent ensemble, ce sont des fœtus que des agents plus puissants que les humains, des ancêtres, des dieux, Dieu transforment en enfant en les dotant d’un souffle et d’une ou plusieurs âmes. »

Et, l’homme est instrumentalisé pour la reproduction de la société. « Un être qui doit produire de la société pour continuer à vivre nécessite pour toute société de subordonner la sexualité aux conditions de sa production et de sa reproduction. »

Pour respecter les rapports sociaux, il a besoin de représentations (mythe). Ces explications, curieusement, lui masquent la réalité.

L’originalité de l’Occident et de sa science aurait-il été « la liberté de prendre distance par rapport aux principes et aux valeurs de sa propre société » ? (Désenchantement du monde de Max Weber ?)

lundi 7 novembre 2011

Créer des emplois

Le Texas a pour principe de piquer des emplois à ses voisins ; l’Angleterre met 500.000 fonctionnaires au chômage, alors que son économie vacille… Pourquoi personne ne s’intéresse-t-il à la création d’emplois ? Et ne dit-il que s’il y a chômage, c’est parce qu’une partie de la population ne sait rien faire d’utile ? (Can Politicians Really Create Jobs? - NYTimes.com)

On a cru qu’il suffisait de créer des conditions favorables, le marché, pour que, par miracle, nous soyons prospères ?

Les 68ards et leurs pères

Le détective (billet précédent) ou La vérité ont-ils quelque-chose à dire sur l’esprit des générations d’après guerre ?

Dans La vérité, la provocation que constitue le personnage de Brigitte Bardot est ramenée à une normalité rassurante : elle a tué parce qu’elle ne pouvait obtenir le mariage.

Dans Le détective, et quelques autres films de l’époque, le spectateur se rince l’œil aux dépens d’une jeunesse dont il confond, trompé par ses propres désirs, la liberté pour de la débauche.  

Générations d’hypocrites coincés ?

Le détective

Film de Gordon Douglas, 1968.

Curieux. Cela ressemble à un film de Clint Eastwood. Policier intègre qui croit à des valeurs simples, mais qui a quand même une certaine largeur de vue (il compatit avec les hommes atteints d’homosexualité). Aucune (jeune) femme ne lui résiste : intellectuelle et décadente, elle n’a jamais rencontré d’homme avant lui.

L’Amérique profonde a dû se reconnaître dans ce personnage. 

dimanche 6 novembre 2011

Van Gogh revu

« Le livre décrit un solitaire, alcoolique, déplaisant, un syphilitique qui aimait mordre la main qui le nourrissait. »

Loin d’être pauvre, comme je le pensais, il exigeait de son frère le double du salaire d’un instituteur de l’époque… (Paint a palette blue and grey)

Quelque chose de Steve Jobs? Dans la course au génie les pas très bien équilibrés ont un avantage ?

Secret des Vikings

Je me souviens de lectures d’enfance qui s’émerveillaient des capacités des Vikings à naviguer dans la brume.

Ils auraient utilisé un cristal qui permet de repérer la direction du soleil : sa lumière polarise l’air, et le cristal permet de repérer cette polarisation. (Sunstruck)

Au seuil de la vie

Film d’Ingmar Bergman, 1958.

Début difficilement supportable. Rayon d’espoir final. Le calme après la tempête ?

Bergman a une étrange faculté à restituer la vie quotidienne des petits, telle qu’elle se vit. Les plus beaux drames s’y trouvent ?

samedi 5 novembre 2011

Sport et enfant

« Nos résultats montrent que la pratique du sport par les enfants a un effet positif sur leurs capacités cognitives et non cognitives. »

Quelles sont ces améliorations ?

« à la fois les capacités cognitives (mesurées par les notes scolaires) et les capacités non cognitives globales (…) ce dernier effet est principalement produit par une diminution des problèmes émotionnels et entre pairs. Le fait que les enfants qui pratiquent le sport vont mieux en termes de santé et de bien être général est cohérent avec ces résultats. »


L’enseignement français est-il sain ? 

Total menacé ?

Les bénéfices colossaux des grands pétroliers seraient des trompe-l’œil.

Ces groupes seraient pris en sandwich entre de monstrueuses compagnies d’État (Iran, Arabie Saoudite…), et des sociétés spécialisées plus petites et plus agiles.

Leur avantage concurrentiel ? Leur technologie. Leurs bénéfices honteux ne sont soutenables qu’à condition que le pétrole demeure coûteux et difficile à extraire. (Big Oil’s bigger brothers)

Pouvoir de la presse

Violence à Park row parle de la naissance de la presse moderne aux USA.

Le plus curieux est le pouvoir de cette presse. Elle peut faire exécuter une personne ou la sortir de prison. La justice ne semble pas avoir son mot à dire.

République bananière ? Ou conviction que le peuple a toujours raison, et que la presse en est la voix ? Le Web social joue-t-il sur ces mêmes thèmes ?

vendredi 4 novembre 2011

Bulle éducative

Les dettes des étudiants américains s’élèveraient à mille md$. 10% des endettés seraient en défaut de paiement. (Chaque année 10 millions d’élèves souscrivent à un prêt.) (Nope, just debt)

Il y a quelques années j’ai cru entendre la théorie suivante. Il faut faire payer les études. Transformer les étudiants en clients. De ce fait les universités, pressées par le marché, devront s’améliorer, l’économie en profitera. Et les étudiants trouveront de bons emplois qui leur permettront de s’acquitter de leurs dettes.

Selon l’article, les événements ont pris une tournure inattendue. Les banques ont beaucoup prêté, le nombre d’étudiants a cru et les universités ont augmenté leurs prix. Le nombre d’emplois n’a pas évolué. Bulle spéculative.

Compléments :
  • Un article plus ancien disait qu’exploitant leur situation de monopole, les universités ont, en fait, abaissé le niveau de la formation dispensée. 

Guerre de l’opium

Les Chinois penseraient que la guerre de l’opium est à l’origine des malheurs de leur pays. (Be careful what you wish for)

J’en doute. Il me semble que la Chine connaissait, lorsqu’elle nous a rencontrés, une de ses périodiques phases de déclin. Effectivement, l’Occident (en particulier l’Angleterre) a joué les parasites, la vidant de sa substance, et empêchant la mise en mouvement de ses habituels mécanismes de reconstruction. Mais, la Chine pouvait elle ignorer un monde qui l’avait prise de vitesse ? Le changement était inévitable.

Compléments :
  • Origine de ces idées : GERNET, Jacques, Le monde chinois, Armand Colin, 4ème édition, 1999.

Goupi Mains rouges

Film de Jacques Becker, 1943.

Le paysan français ne pense qu’à l’argent. Il est une fourmi, le citadin, une cigale.

Et face à l’autorité, et à la délation, il oppose l’omerta.

En ces temps de guerre, doit-on y chercher un message ? Le salut de la France : ramener sa population aux valeurs, rurales, du pays, débarrassées de leurs médiocrités ? 

jeudi 3 novembre 2011

Charlie et la démocratie

Charlie Hebdo, dévasté par une bombe.

J’entendais dire ce matin que la notion de « blasphème » n’existait pas dans la loi française et ne correspondait pas à notre « identité ». Charlie Hebdo serait-il plus efficace que notre président pour définir cette identité ?

Je me suis demandé, d’ailleurs, si elle ne se constituait pas lors de ce type de crise. De tels incidents forcent partisans et opposants à un principe à se manifester et à se compter. Les principes qui ont suscité une lame de fond s’installent pour longtemps dans l’inconscient collectif ?

Charlie Hebdo, en annonçant un numéro « blasphématoire », aurait-il voulu forcer la France à se prononcer sur ce qui compte pour elle ?

Compléments :
  • La Grèce serait-elle le Charlie Hebdo de l'Europe ?

Corruption

Dernier scandale de corruption aux USA. Les personnes concernées sont fort riches et respectées. Qu’avaient-elles à y gagner ?

« l’amitié et l’égo pourraient compter plus que l’argent ». (Another trial)

Polisse

Film de Maïwenn Le Besco, 2011.

Vie quotidienne des policiers ? Ce ne sont plus des fonctionnaires, mais des missionnaires. Ils prennent la loi entre leurs mains. Ce qui fait craindre la bavure.

Il me semble que les originaux sont bien moins héroïques et bien pensants, et bien plus dignes d’estime.

mercredi 2 novembre 2011

Que reproche-t-on à la démocratie ?

Pourquoi reprocher à la démocratie grecque son référendum ? Les Allemands et tous les eurosceptiques ne disent-ils pas que l’Europe n’est pas assez démocratique ? disait France Culture ce matin.

Je me demande si le reproche qui est fait à la démocratie ne vient pas de ce qu’elle est détournée de son fonctionnement normal. Il est soupçonné que les aléas démocratiques connus par l’Europe ces dernières décennies viennent de ce que ses peuples utilisent le vote pour en tirer un profit privé.

Il reste à inventer la notion d’intérêt collectif européen ?

Compléments :
  • L’Irlande, le Portugal et la Slovaquie ont traversé de telles crises. Résultat : ils ont remplacé un parti par un autre, sans changer de rigueur. M.Papandréou aurait-il voulu couper l’herbe sous le pied à son opposition ?

Comportement américain

« Une confiance en soi clairement affichée est ce qui fonctionne le mieux en Amérique, comme il convient à une nation dont le principe premier est que la fortune va à ceux qui la méritent. » (SPEECH! SPEECH! | More Intelligent Life)

BCE de dernier ressort

L’expérience montre que les marchés ont besoin d’un prêteur de dernier ressort pour leur éviter de connaître des crises de folie. C’est le rôle traditionnel d’une banque centrale. Il est étrange que la BCE n’ait pas encore compris cette évidence. Voici ce que dit, en substance, l’économiste anglo-saxon admiré. (Exemple : The ECB’s Battle against Central Banking - J. Bradford DeLong - Project Syndicate.)

Nos gouvernants sont-ils idiots ? Poussés par un complexe de supériorité (Allemands) ou la lâcheté (France) ? Ou doivent-ils louvoyer avec leur opinion ?...

En tout cas, ils semblent, crise après crise, tenter un bricolage (le fonds de solidarité) qui ressemble de plus en plus à la fonction, qui ne dit pas son nom, de prêteur de dernier ressort d’une banque centrale. 

Staying power

On me parle, à plusieurs reprises ces derniers temps, d’Axway, un éditeur de logiciel. Il y a quelques années, son marché était encombré et ses concurrents nombreux. Les Américains en sont sortis pour aller là où les marges étaient meilleures.

Et voilà que l’affaire est devenue extrêmement rentable. Cela démontre-t-il que le Français est parfois capable d’un peu de vision à long terme ?  

mardi 1 novembre 2011

Référendum grec

Pourquoi le premier ministre grec demande-t’il a son peuple d’approuver le plan de sauvetage de leur pays par référendum ? Je ne lis, ou n’entends, rien de très convainquant.

Et si le billet précédent donnait un indice ? Si la société grecque a pour principe l’assistanat, il est impossible de lui faire prendre la moindre décision responsable. Le seul moyen est de la mettre face au chaos. Soit elle accepte la politique de son gouvernement, et est liée par sa décision. Soit elle la refuse et est la cause de ce qui pourrait bien être, pour elle et le reste de la planète, un cataclysme redoutable.

Technique de la « burning platform » ?

Compléments :

Changement en Grèce

La Grèce fonctionnerait selon le principe du clientélisme. Le Grec serait affilié à une sorte de clan, qui lui apporterait ce dont il a besoin pour vivre, en fonction de ses relations, non de sa contribution à l'intérêt collectif. Bref le rôle du clan (ou "parti politique" en grec moderne) est de trouver des ressources à répartir (par exemple les fonds européens, des emprunts, confondus avec des revenus…).

Les réformes en cours correspondraient, elles aussi, à une tradition. L’étranger intervient de temps à autres en Grèce pour essayer de la transformer en État. (Grèce: la dette, une affaire d'Etat - Coulisses de Bruxelles, UE)

Le modèle grec paraît remonter à l’antiquité. L’expansion grecque et romaine semble avoir été poussée par le besoin de trouver des terres à cultiver.

Son vice : forme de parasitisme ? Faible capacité à la création et à l’exploitation de son bien ?

Compléments :
  • Ressemble au modèle de la Mafia. D'ailleurs l'Italie semble, aussi, avoir besoin de l'étranger pour se réformer.

Héritage de Steve Jobs

Le succès d’Apple est-il durable ?

Steve Jobs lui aurait donné une culture très particulière : les spécialités (matérielles et logicielles) ne seraient pas séparées, comme ailleurs, mais soudées ; le design aurait la haute main sur tout. (Insanely great)

Certes. Mais il faut peut être à cet ensemble un visionnaire qui l’amène là où on ne l’attend pas…

Le rendez-vous de juillet

Film de Jacques Becker, 1949.

La boom, version 1947.

Compléments :
  • Peut-on détecter dans cette œuvre un soupçon de révolte ? Le jeune de 1947 reproche à ses parents de s’être fondus dans le système. En réaction, il se veut aventurier. 

lundi 31 octobre 2011

Nouvelles du mois

La crise en Europe. Comme le dit notre président, elle pourrait avoir atteint une phase où elle va demander du courage pour être résolue. Ne met-elle pas les dirigeants européens en face de ce qu’ils se cachaient depuis fort longtemps ? (France : le piqué ?, L’Angleterre rit de son malheur ?, Italie et changement, Stratégie française, Stratégie allemande, Démocratie et crise, Fin de la crise de la zone euro ?, Irlande tirée d’affaires ?, Islande tirée d’affaires, L’Europe déçoit, Panne de démocratie française, Banque malade, Slovaquie et Europe, L’envol de la BCE, Spéculation et banque centrale, Changement en Angleterre, Ayons peur : L’Allemagne soigne l’Europe par le feu ?) La crise entre (difficilement ?) dans le débat présidentiel : Sarkozy à Munich ?, Hollande et l’Europe, Hollande le barbare ?, Hollande, ce mystère, Politique de Sarkozy, Holbry, Mue du PS?, Le programme de M.Hollande ?, Tactique électorale.

Autres changements du moment : Élections en Tunisie, Somalie, Échanges Israël Palestine, Changement en Angleterre. Globalement, le mécontentement est général Indignés américains, Mouvements de mécontentement. Et le capitalisme est critiqué : Révolte contre le capitalisme ?. En tout cas, il est en panne : Où investir ?





Décès de Steve Jobs : Apple y survivra-t-il ? Microsoft achète Apple, Sale Jobs ?, Qui était Steve Jobs ?, Pauvre Jobs.


Le changement (Le libéralisme est bon ?, Le changement est bon, Qu’est-ce qu’un leader ?) et ses techniques (La sélection du donneur d’aide). Ce qu’il faut faire et ne pas faire (Changement permanent, Prix Nobel et crise européenneHP et le mythe du sauveur) …  Attention : le changement n’est pas une question d’idées : Blog trompeur.

France : le piqué ?

M.de Villepin joint ses forces à celles de M.Sarkozy. Les temps l’exigent.

Rejouent-ils le scénario du vol Rio-Paris : ils cabrent l’avion dans la mauvaise direction ? C’est pour cela que le manche résiste ?

C’est ce que semble penser Paul Krugman : la France est entrée dans un cercle vicieux (que ne devrait pas tarder à sanctionner le marché ?). (European Doom Loop - NYTimes.com)

L’Angleterre rit de son malheur ?

La crise européenne produit une forme d’orgasme de l’Angleterre thatchérienne.

A-t-elle raison de se réjouir ? Peut-être. Elle pourrait ne pas en avoir de nouvelle occasion avant longtemps.

La moitié de ses exportations va vers la zone euro ; la City, qui apporterait 2,5% de PIB d'excédent commercial à l'île, est promise à la décadence, si elle est distraite par l'incertitude européenne ; et que feront les multinationales qui considèrent l’Angleterre comme une plate-forme d’attaque du marché européen ?

Compléments :

Italie et changement

Les promesses de M.Berlusconi seront-elles plus qu’un écran de fumée ?
  • En Italie, le changement est toujours venu de l’extérieur.
  • M.Berlusconi est apparu après l’opération « Mains propres », qui a dévasté la classe politique italienne. Il demeure sans alternative.
  • Dans ce monde d’assistés (?) seul rayon de soleil : la banque d’Italie. Elle produirait une sorte de corps d’élite. Le nouveau président de la BCE en étant issu, peut-on espérer un miracle ?
(A tale of two Italians)

Évolution sociale

Nous sommes passés de l’ère de l’usager à celle du client, et maintenant à celle du coconcepteur, disait, en substance, un dirigeant.

Un esprit mal intentionné pourrait traduire ainsi cette phrase : après avoir été redevable au citoyen, l’entreprise l’a exploité, et maintenant, lui ayant fait les poches, elle va le mettre au travail ?

Peut-être que ce parcours a une cause commune ? Nous avons d’abord considéré le citoyen comme un assisté. Puis nous avons trouvé logique et moral que ce sous-homme paie pour ses crimes ?

Prochaine étape ? Découvrir que l’homme est respectable ? Retour, durable cette fois, à l’ère de l’usager ?

dimanche 30 octobre 2011

Stratégie française

Crise euro. La France est-elle plus habile que l’Allemagne ? Prolongement du billet précédent.

Le stoïcisme du peuple français est digne d’éloge : il accepte tous les sacrifices sans mot dire. Mais ce que nous gagnons à suivre l’Allemagne n’est pas clair.

Risque de perdre sur tous les tableaux ? Se faire haïr comme un laquais de l’Allemagne, payer les pots cassés de la crise, sans aucune récompense pour sa collaboration ?

Stratégie allemande

L’Allemagne a-t-elle raison de vouloir guérir l’Europe par la crise ?

Un ami pense que oui. Mon expérience lui répond non. Et que l’attitude allemande est culturelle.

L’Allemand justifie la fin par le moyen. Il est programmé pour concevoir et suivre des procédures. À la manière SAP. Mais, du coup, il ne sait pas où il va, et surtout s’il s’égare. Je l’ai souvent constaté.

N’est-ce pas le cas, ici ? L’Allemagne ne va-t-elle pas se mettre à dos l’Europe, alors qu’elle pourrait en avoir besoin ? Elle vit de l’export, il lui faut donc des clients en bonne santé ; et sa propre situation n’est pas saine : elle a parié sur l’énergie renouvelable, qui passe un triste quart d’heure ; sa démographie est préoccupante ; son système éducatif ne marche plus…

Surtout, mon expérience m’a montré qu’infliger un remède de cheval pour transformer une organisation ne fonctionnait pas. Il faut jouer le « domino » : donner un coup de pouce dès qu’elle a fait un pas dans la bonne direction. Cela l’encourage et accélère le changement.

Appliqué à l’Allemagne, ceci signifierait consommer pour faciliter le redémarrage des économies voisines.

Compléments :

Des bénéfices du blog

Pourquoi, de très grands économistes perdent-ils du temps à écrire des blogs ? Trois résultats :
  • Un lien venant d’un des huit principaux blogs américains améliore de manière significative le nombre de téléchargements et de consultations.
  • Écrire un blog améliore la réputation de l’auteur de manière significative par rapport à celle de ses pairs
  • Les blogs affectent l’opinion des lecteurs.
Bref, ça rapporte d’écrire un blog. (En fait, on observe ici les bénéfices usuels de la publicité.)

Mais pourquoi n’en est-il pas de même en Italie ? (et en France ?) Hypothèses : une familiarité faible avec l’économie ; un petit nombre de médias ; une méfiance innée vis-à-vis de l’individu ; un marché petit ; une économie de marché plus chétive qu’aux USA donc peu favorable à l’usage d’outils marketing comme le blog.

Homme Dieu

Ce qui permet à la société de fonctionner est le respect, par nous, de rites vis-à-vis de symboles sacrés. L’individu est l’un de ces symboles. De ce fait, nous sommes, et nous nous comportons comme, des dieux.

Voici ce que dit Erving Goffman, inspiré par Durkheim.

Compléments :
  • GOFFMAN, Erving, Interaction Ritual: Essays on Face to Face Behavior, Pantheon Books Inc, 2003.

samedi 29 octobre 2011

Sarkozy à Munich ?

F.Hollande reproche à M.Sarkozy d’avoir conclu un accord en trompe l’œil (sans le mécanisme qui aurait garanti que l’Italie ne puisse pas être attaquée par les marchés), et vendu l’Europe à l’ennemi, la Chine.

Notre président courage aurait-il rejoué Munich ?

Mais, la France est-elle capable d’entendre ce type d’argument ? Visiblement, M.Sarkozy pense que non, et qu’il faut lui parler à la façon « moi Tarzan, toi Jane ».

Surtout, M.Hollande se prépare-t-il à faire coller ses actes à ses paroles ? Comment va-t-il faire entendre raison à la Chine et à l’Allemagne ? Comme M. de Villepin, lors de la guerre d’Irak : la crinière au vent, et en calbute ? 

Statue de la liberté

D’après Wikipedia voici ce que dit la Statue de la liberté (du moins le dernier paragraphe de la plaque qui est à ses pieds).
Garde, Vieux Monde, tes fastes d'un autre âge,
Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !
Je me demande si l’Amérique ne conserve pas cette vision de l’Europe : culture incompréhensible, fantoches opprimant ceux qui ne demandent qu’à être d’honnêtes travailleurs, et se livrant à des guerres ridicules. 

Violence à Park row

Film de Samuel Fuller, 1952.

Idéal américain de la start up. Idéalisme, talent, détermination monomaniaque et audace, à la limite de la légalité, font le bien collectif et amènent la fortune. Et la violence fait partie du métier.

Où l'on voit aussi que l'idéal de la gratuité, un des grands moments de la Bulle Internet, était déjà présent à la naissance de la presse. De bons articles attireraient le lecteur, qui attirerait le publicitaire, qui ferait vivre le journal et la démocratie, puisqu'elle dépend d'une libre information...

vendredi 28 octobre 2011

Démocratie et crise

B.Obama s’impatiente de la stupide impuissance européenne.

Curieusement, il est lui-même impuissant, et pour les mêmes raisons que l’Europe : lutte entre pouvoir fédéral et États. (BBC News - Echoes of Washington in euro deal)

C’est une question de démocratie. Le principe du libéralisme est de protéger la liberté individuelle. Pour cela nos régimes démocratiques sont conçus, comme un équilibre de forces, pour paralyser toute tentative d'oppression.

À ce sujet, l’Allemagne trouvant l’Europe insuffisamment démocratique, en fait définir les règles par sa propre démocratie. (La zone euro roule des mécaniques - Coulisses de Bruxelles, UE)

Croissance et complexité

Le potentiel créatif d’un pays serait lié à la diversité de ses connaissances. The buidling blocks of economic growth: Complexity matters | The Economist

Cette idée semble être peu favorable à la globalisation : la prospérité d’un pays tiendrait beaucoup à son savoir propre. En outre, il ne serait peut-être pas judicieux de tuer des industries au motif qu’il y a moins cher ailleurs… 

Paris rend fou

Paris rendrait fou certains Japonais. Les causes ne sont pas claires : désillusion massive provoquée par la réalité ; effet destructeur du simple contact avec notre comportement national. SYNDROME JAPONAIS – Ces Nippons qui deviennent fous à Paris | Big Browser

Je me demande si le phénomène n’est pas similaire à celui qu’a traversé un ami libanais.

Il s’était imaginé que le Libanais chrétien était un Occidental oublié par les croisades. Il croyait, aussi, mieux connaître nos mœurs que nous-mêmes. Son comportement était bizarre, d’une certaine façon caricaturalement arabe (la femme comme chose…), mais il a longtemps été protégé par son diplôme de grande école, son charme libanais... Jusqu’à ce que les échecs s’empilent et qu’il se replie sur lui-même.

Le problème décrit ici semble donc venir d’une illusion, dont on n’arrive pas à prendre conscience, peut-être parce qu’elle remonte à très loin et qu’elle est devenue constitutive de son identité. Elle conduit à des revers à répétition. Le monde paraît alors privé de sens.

L’artiste comme start up

Finie l’époque où la maison de disques trouvait ses vedettes dans le caniveau.

Dorénavant elle va au secours de la victoire. L’artiste est devenu une start up. Il doit démontrer la rentabilité d’un modèle économique qui ne demande qu’un peu de cash pour s’étendre. D’ailleurs, les « managers » ressemblent de plus en plus à des business angels. Et de plus en plus d’artistes se passent d’éditeurs. (A new, improved hit machine)

L'art est devenu financier.

jeudi 27 octobre 2011

Fin de la crise de la zone euro ?

Les mesures qui viennent d’être prises par les gouvernants de la zone euro sont à mi chemin du consensus qui s’était dégagé chez les économistes. (En particulier, ils pensent déterminant un prêteur de dernier ressort pouvant garantir la dette des États solvables.)

S’ils ont raison, la crise ne devrait connaître qu’une accalmie. 

Tactique électorale

Un jour, le parti gouvernemental parle de morale, le lendemain, reprenant un argument de la droite américaine, il juge que M.Hollande serait ridicule en patron des armées…

Pourquoi ne voit-il pas que ces arguments peuvent être retournés contre le président ?

Parce que sa tactique est de laisser flotter des idées afin de sélectionner celles qui séduisent le peuple ? Il n’en envisage pas les conséquences : perte de crédibilité du président ?

PIB

Imaginons que l’on évalue les terres et ressources naturelles américaines du 15ème siècle aux prix actuels, et que l’on répartisse cette fortune sur ses peu nombreux habitants d’alors, j’imagine qu’on les trouverait fabuleusement riches.

On reproche beaucoup de choses au PIB, notamment qu’il ne mesure pas la destruction de ressources naturelles, revers de la production, et qu’il nous fait considérer comme nul ce qui est gratuit (comme l’amitié, la psychanalyse de l’homme bien portant). Mais je me demande si l’on a repéré qu’il générait une création de valeur à rebours.

mercredi 26 octobre 2011

L’informatique détruit l’emploi ?

Deux universitaires, a priori éminents, concluent que les technologies de l’information détruiraient l’emploi. Au moins aux USA. Elles auraient donné un effet de levier majeur sur le reste de la population à quelques « stars », les enrichissant massivement. (How IT Costs More Jobs than It Creates - Technology Review)

La preuve principale serait la courbe de l’emploi qui, pour la première fois depuis la dernière guerre, n’aurait pas progressé en une décennie. (Alors que la population du pays a cru de 9,7%.)

Science et manipulation

L’entreprise étudie ce que trahissent les mouvements de notre regard pour savoir quoi nous vendre, et comment nous le vendre.

Elle arrive aussi à mesurer nos changements de battements de cœur à ceux de la couleur de notre peau. (The all-telling eye)

Bref, notre subconscient est le champ de bataille des « marques ». 

Les droites aujourd’hui

Rémond, René, Les droites aujourd’hui, Points Histoire, 2005.

Sinistrisme : les idées politiques naissent à gauche et terminent, quand elles réussissent, à droite. Toutes les droites sauf une forme de droite fondamentaliste, « réactionnaire », pleurant sur le passé (originellement contre-révolutionnaire), sont nées à gauche.

La droite libérale, initialement orléaniste, la droite « bonapartiste », dirigiste et populiste, ont été rejointes par des courants radicaux et démocrates chrétiens.

En fait, ces lignes de pensée ne semblent pas définir des mouvements mais plutôt être plus ou moins présentes dans chacun d’entre eux. Ce qui compte peut-être plus est ce qui différencie la gauche de la droite.

Il s’agit d’une attitude à l’homme et à la société. Pour la gauche, qui se définit avant tout par la défense de l’individu, l’homme serait naturellement bon, et doit être laissé à ses aspirations ; ses malheurs sont dus à la société. Pour la droite, l’homme est naturellement mauvais et doit être maintenu dans le droit chemin par la société et ses traditions. En découlent des affrontements quant à la famille, aux mœurs, et à l’autorité.

Tout n’est pas de gauche ou de droite, mais il est bien difficile de ne pas prendre position. Exemple : gaullisme des origines, qui a été aspiré à droite.

mardi 25 octobre 2011

Progiciel de gestion

Une société a du mal à se faire payer par ses clients. Pour que ses factures lui soient réglées, il lui faut accomplir une véritable enquête.

Exemple. Filiale française d’un groupe allemand. Le processus de facturation est géré par un progiciel de gestion. La commande est passée par la filiale, mais doit être approuvée par la maison mère. Approbation informatique, qui doit être rapprochée du document initial (ce qui ne semble pas aller de soi) pour déclencher le paiement. Le processus se déplace alors en Inde. Malheureusement, non seulement la rigueur n’y est pas celle qu’attendaient les concepteurs allemands du logiciel, mais, du fait du décalage horaire, il est difficile d’y trouver un être humain capable de remédier à un éventuel dysfonctionnement.

Résultat d’un « changement » inadapté à la nature d’une organisation ? Peut-on y voir quelques-unes des causes des difficultés européennes du moment ? 

Survie du vendeur

Il y a quelques années on parlait « d’infomédiaires » : des intermédiaires numériques possédant des informations tellement intimes sur leur marché qu’ils sauraient aller au devant de ses désirs inconscients.

On parlait aussi de CRM, un logiciel capable « d’orienter » mécaniquement l’entreprise en direction du besoin.

On découvre aujourd’hui que l’on n’a jamais eu autant besoin de vendeurs… (The art of selling)

Mais l’art de la vente avait-il disparu ? Ou servait-il à nous faire gober des balivernes ?

La sélection du donneur d’aide

Pourquoi est-on si souvent repoussé par celui que l’on veut aider ? Parce qu’il ne lui est pas évident que vous vouliez son bien. Il doit chercher à savoir :
  • Si vos intérêts sont conformes aux siens, afin de vous prendre comme confident : intérêt, personnel ou collectif ; pour qui travaillez-vous… ?
  • Si vous pouvez lui être utile : avez-vous déjà résolu les problèmes qui le préoccupent ?
Et voilà le compliqué : il ne lui est pas possible de vous dire qu’il est en difficulté. Car, si vous n’étiez pas une personne de confiance, vous utiliseriez cet aveu pour lui nuire ! Donc, il doit tenir des propos trompeurs et indirects, quitte à vous égarer...

Techniques utiles ?
  • Règle sociale fondamentale : ne jamais faire perdre la face à votre interlocuteur. Traitez-le comme il demande à être traité. (Y compris s’il se proclame plus compétent que vous.)
  • Démontrez votre compétence de donneur d’aide. À chaque fois qu’il vous dit avoir un problème (bien entendu pas de son fait), cherchez à l’aider à le résoudre. Cela peut se faire en simplifiant au maximum la question, de façon à la ramener dans le domaine du réalisable ; en utilisant au mieux les moyens (notamment relations informelles) dont vous disposez.
  • Votre statut de donneur d’aide est accepté lorsque la tension de l’échange tombe et que votre interlocuteur se met à vous parler de ses difficultés. 

Compléments :
  • GOFFMAN, Erving, Interaction Ritual: Essays on Face to Face Behavior, Pantheon Books Inc, 2003.
  • SCHEIN, Edgar H., Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.