samedi 29 octobre 2011

Sarkozy à Munich ?

F.Hollande reproche à M.Sarkozy d’avoir conclu un accord en trompe l’œil (sans le mécanisme qui aurait garanti que l’Italie ne puisse pas être attaquée par les marchés), et vendu l’Europe à l’ennemi, la Chine.

Notre président courage aurait-il rejoué Munich ?

Mais, la France est-elle capable d’entendre ce type d’argument ? Visiblement, M.Sarkozy pense que non, et qu’il faut lui parler à la façon « moi Tarzan, toi Jane ».

Surtout, M.Hollande se prépare-t-il à faire coller ses actes à ses paroles ? Comment va-t-il faire entendre raison à la Chine et à l’Allemagne ? Comme M. de Villepin, lors de la guerre d’Irak : la crinière au vent, et en calbute ? 

Statue de la liberté

D’après Wikipedia voici ce que dit la Statue de la liberté (du moins le dernier paragraphe de la plaque qui est à ses pieds).
Garde, Vieux Monde, tes fastes d'un autre âge,
Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !
Je me demande si l’Amérique ne conserve pas cette vision de l’Europe : culture incompréhensible, fantoches opprimant ceux qui ne demandent qu’à être d’honnêtes travailleurs, et se livrant à des guerres ridicules. 

Violence à Park row

Film de Samuel Fuller, 1952.

Idéal américain de la start up. Idéalisme, talent, détermination monomaniaque et audace, à la limite de la légalité, font le bien collectif et amènent la fortune. Et la violence fait partie du métier.

Où l'on voit aussi que l'idéal de la gratuité, un des grands moments de la Bulle Internet, était déjà présent à la naissance de la presse. De bons articles attireraient le lecteur, qui attirerait le publicitaire, qui ferait vivre le journal et la démocratie, puisqu'elle dépend d'une libre information...

vendredi 28 octobre 2011

Démocratie et crise

B.Obama s’impatiente de la stupide impuissance européenne.

Curieusement, il est lui-même impuissant, et pour les mêmes raisons que l’Europe : lutte entre pouvoir fédéral et États. (BBC News - Echoes of Washington in euro deal)

C’est une question de démocratie. Le principe du libéralisme est de protéger la liberté individuelle. Pour cela nos régimes démocratiques sont conçus, comme un équilibre de forces, pour paralyser toute tentative d'oppression.

À ce sujet, l’Allemagne trouvant l’Europe insuffisamment démocratique, en fait définir les règles par sa propre démocratie. (La zone euro roule des mécaniques - Coulisses de Bruxelles, UE)

Croissance et complexité

Le potentiel créatif d’un pays serait lié à la diversité de ses connaissances. The buidling blocks of economic growth: Complexity matters | The Economist

Cette idée semble être peu favorable à la globalisation : la prospérité d’un pays tiendrait beaucoup à son savoir propre. En outre, il ne serait peut-être pas judicieux de tuer des industries au motif qu’il y a moins cher ailleurs… 

Paris rend fou

Paris rendrait fou certains Japonais. Les causes ne sont pas claires : désillusion massive provoquée par la réalité ; effet destructeur du simple contact avec notre comportement national. SYNDROME JAPONAIS – Ces Nippons qui deviennent fous à Paris | Big Browser

Je me demande si le phénomène n’est pas similaire à celui qu’a traversé un ami libanais.

Il s’était imaginé que le Libanais chrétien était un Occidental oublié par les croisades. Il croyait, aussi, mieux connaître nos mœurs que nous-mêmes. Son comportement était bizarre, d’une certaine façon caricaturalement arabe (la femme comme chose…), mais il a longtemps été protégé par son diplôme de grande école, son charme libanais... Jusqu’à ce que les échecs s’empilent et qu’il se replie sur lui-même.

Le problème décrit ici semble donc venir d’une illusion, dont on n’arrive pas à prendre conscience, peut-être parce qu’elle remonte à très loin et qu’elle est devenue constitutive de son identité. Elle conduit à des revers à répétition. Le monde paraît alors privé de sens.

L’artiste comme start up

Finie l’époque où la maison de disques trouvait ses vedettes dans le caniveau.

Dorénavant elle va au secours de la victoire. L’artiste est devenu une start up. Il doit démontrer la rentabilité d’un modèle économique qui ne demande qu’un peu de cash pour s’étendre. D’ailleurs, les « managers » ressemblent de plus en plus à des business angels. Et de plus en plus d’artistes se passent d’éditeurs. (A new, improved hit machine)

L'art est devenu financier.

jeudi 27 octobre 2011

Fin de la crise de la zone euro ?

Les mesures qui viennent d’être prises par les gouvernants de la zone euro sont à mi chemin du consensus qui s’était dégagé chez les économistes. (En particulier, ils pensent déterminant un prêteur de dernier ressort pouvant garantir la dette des États solvables.)

S’ils ont raison, la crise ne devrait connaître qu’une accalmie. 

Tactique électorale

Un jour, le parti gouvernemental parle de morale, le lendemain, reprenant un argument de la droite américaine, il juge que M.Hollande serait ridicule en patron des armées…

Pourquoi ne voit-il pas que ces arguments peuvent être retournés contre le président ?

Parce que sa tactique est de laisser flotter des idées afin de sélectionner celles qui séduisent le peuple ? Il n’en envisage pas les conséquences : perte de crédibilité du président ?

PIB

Imaginons que l’on évalue les terres et ressources naturelles américaines du 15ème siècle aux prix actuels, et que l’on répartisse cette fortune sur ses peu nombreux habitants d’alors, j’imagine qu’on les trouverait fabuleusement riches.

On reproche beaucoup de choses au PIB, notamment qu’il ne mesure pas la destruction de ressources naturelles, revers de la production, et qu’il nous fait considérer comme nul ce qui est gratuit (comme l’amitié, la psychanalyse de l’homme bien portant). Mais je me demande si l’on a repéré qu’il générait une création de valeur à rebours.

mercredi 26 octobre 2011

L’informatique détruit l’emploi ?

Deux universitaires, a priori éminents, concluent que les technologies de l’information détruiraient l’emploi. Au moins aux USA. Elles auraient donné un effet de levier majeur sur le reste de la population à quelques « stars », les enrichissant massivement. (How IT Costs More Jobs than It Creates - Technology Review)

La preuve principale serait la courbe de l’emploi qui, pour la première fois depuis la dernière guerre, n’aurait pas progressé en une décennie. (Alors que la population du pays a cru de 9,7%.)

Science et manipulation

L’entreprise étudie ce que trahissent les mouvements de notre regard pour savoir quoi nous vendre, et comment nous le vendre.

Elle arrive aussi à mesurer nos changements de battements de cœur à ceux de la couleur de notre peau. (The all-telling eye)

Bref, notre subconscient est le champ de bataille des « marques ». 

Les droites aujourd’hui

Rémond, René, Les droites aujourd’hui, Points Histoire, 2005.

Sinistrisme : les idées politiques naissent à gauche et terminent, quand elles réussissent, à droite. Toutes les droites sauf une forme de droite fondamentaliste, « réactionnaire », pleurant sur le passé (originellement contre-révolutionnaire), sont nées à gauche.

La droite libérale, initialement orléaniste, la droite « bonapartiste », dirigiste et populiste, ont été rejointes par des courants radicaux et démocrates chrétiens.

En fait, ces lignes de pensée ne semblent pas définir des mouvements mais plutôt être plus ou moins présentes dans chacun d’entre eux. Ce qui compte peut-être plus est ce qui différencie la gauche de la droite.

Il s’agit d’une attitude à l’homme et à la société. Pour la gauche, qui se définit avant tout par la défense de l’individu, l’homme serait naturellement bon, et doit être laissé à ses aspirations ; ses malheurs sont dus à la société. Pour la droite, l’homme est naturellement mauvais et doit être maintenu dans le droit chemin par la société et ses traditions. En découlent des affrontements quant à la famille, aux mœurs, et à l’autorité.

Tout n’est pas de gauche ou de droite, mais il est bien difficile de ne pas prendre position. Exemple : gaullisme des origines, qui a été aspiré à droite.

mardi 25 octobre 2011

Progiciel de gestion

Une société a du mal à se faire payer par ses clients. Pour que ses factures lui soient réglées, il lui faut accomplir une véritable enquête.

Exemple. Filiale française d’un groupe allemand. Le processus de facturation est géré par un progiciel de gestion. La commande est passée par la filiale, mais doit être approuvée par la maison mère. Approbation informatique, qui doit être rapprochée du document initial (ce qui ne semble pas aller de soi) pour déclencher le paiement. Le processus se déplace alors en Inde. Malheureusement, non seulement la rigueur n’y est pas celle qu’attendaient les concepteurs allemands du logiciel, mais, du fait du décalage horaire, il est difficile d’y trouver un être humain capable de remédier à un éventuel dysfonctionnement.

Résultat d’un « changement » inadapté à la nature d’une organisation ? Peut-on y voir quelques-unes des causes des difficultés européennes du moment ? 

Survie du vendeur

Il y a quelques années on parlait « d’infomédiaires » : des intermédiaires numériques possédant des informations tellement intimes sur leur marché qu’ils sauraient aller au devant de ses désirs inconscients.

On parlait aussi de CRM, un logiciel capable « d’orienter » mécaniquement l’entreprise en direction du besoin.

On découvre aujourd’hui que l’on n’a jamais eu autant besoin de vendeurs… (The art of selling)

Mais l’art de la vente avait-il disparu ? Ou servait-il à nous faire gober des balivernes ?

La sélection du donneur d’aide

Pourquoi est-on si souvent repoussé par celui que l’on veut aider ? Parce qu’il ne lui est pas évident que vous vouliez son bien. Il doit chercher à savoir :
  • Si vos intérêts sont conformes aux siens, afin de vous prendre comme confident : intérêt, personnel ou collectif ; pour qui travaillez-vous… ?
  • Si vous pouvez lui être utile : avez-vous déjà résolu les problèmes qui le préoccupent ?
Et voilà le compliqué : il ne lui est pas possible de vous dire qu’il est en difficulté. Car, si vous n’étiez pas une personne de confiance, vous utiliseriez cet aveu pour lui nuire ! Donc, il doit tenir des propos trompeurs et indirects, quitte à vous égarer...

Techniques utiles ?
  • Règle sociale fondamentale : ne jamais faire perdre la face à votre interlocuteur. Traitez-le comme il demande à être traité. (Y compris s’il se proclame plus compétent que vous.)
  • Démontrez votre compétence de donneur d’aide. À chaque fois qu’il vous dit avoir un problème (bien entendu pas de son fait), cherchez à l’aider à le résoudre. Cela peut se faire en simplifiant au maximum la question, de façon à la ramener dans le domaine du réalisable ; en utilisant au mieux les moyens (notamment relations informelles) dont vous disposez.
  • Votre statut de donneur d’aide est accepté lorsque la tension de l’échange tombe et que votre interlocuteur se met à vous parler de ses difficultés. 

Compléments :
  • GOFFMAN, Erving, Interaction Ritual: Essays on Face to Face Behavior, Pantheon Books Inc, 2003.
  • SCHEIN, Edgar H., Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

lundi 24 octobre 2011

Élections en Tunisie

L’Islam aurait le vent en poupe en Tunisie et en Libye. Surprise ?

C’était le scenario qui me semblait le plus vraisemblable au début de l’année. Même si ce sont quelques intellectuels qui font la révolution, la démocratie donne le pouvoir à la majorité, dont les préoccupations sont terre à terre.

Va-t-on vers un modèle turc, iranien, autre (sachant qu’aucun des deux premiers n’est arabe) ? 

Les banques remises à leur place ?

Il n’y a pas qu’en Europe. Les banques américaines passent un mauvais quart d’heure. Quelques grands noms pourraient-ils disparaître ? (Darkness visible)

Le secteur financier est-il en passe de reprendre la place qu’il n’aurait pas dû quitter ? (voir premier paragraphe de La finance mondiale mort la poussière.)

Groupon entre en bourse

Groupon, spécialiste des commandes groupées, semble être une entreprise de main d’œuvre déguisée en une start up Internet. Son marché est local et ses coûts de marketing s’élèvent à 958m$ (pour 280m de pertes, et 1,69md de CA). En outre, il n’y a aucun avantage concurrentiel. (The dismal scoop on Groupon)

Mais le marché évalue la société à plus de 10md$. 

dimanche 23 octobre 2011

Hollande et l’Europe

J’entendais M.Hollande dénoncer le manque de détermination du gouvernement face à la crise européenne.

L’argumentaire ressemble beaucoup à ce que l’on trouve dans la presse étrangère, et pas du tout dans la nôtre.

Le PS aurait-il choisi l’option de course de considérer le Français comme un être intelligent ? Tente-t-il de prendre M.Sarkozy à contrepied ?

Irlande tirée d’affaires ?

L’Irlande fait l’admiration collective. Un régime de cheval l’aurait sortie de l’ornière ?

Mais l’économie du pays dépend massivement des exportations, à un moment de panne de la consommation européenne, et sa dette demeure à plus de 120% du PIB, ce qui en fait une cible pour spéculateurs. (Pig no more?)

Modèle économique, basé sur le parasitisme de la zone euro ?, à revoir ?

Industrie pharmaceutique

Discussion avec un spécialiste de l’industrie pharmaceutique. Elle ne saurait plus à quel saint se vouer.

Les pays riches ont connu une croissance de leur consommation médicale phénoménale, les USA absorbant jusqu’à 50% de la production mondiale. Mais maintenant, c’est fini. Les fonds d’investissement qui ont mis des sommes colossales dans des fusions de laboratoires en sont pour leur argent. Les pays émergents pourraient-ils être un nouvel eldorado ? Faut-il revenir aux fondamentaux du métier, à la science, à l’innovation… ?

Tendance identifiée dans les premiers temps de ce blog : certaines industries (finance et santé notamment) ont parasité la société ; elles doivent maigrir, et réapprendre leur art, pour retrouver le sens du raisonnable ? 

Élections à Cambridge

Pourquoi ai-je reçu une lettre de l’Université de Cambridge m’expliquant que je pouvais voter ?

Parce que le poste de chancelier est à pourvoir, et que les titulaires d’un master sont appelés aux urnes.

J’ai aussi appris que j’aurais pu aider un candidat à se présenter : il lui suffit de 50 signatures de gens comme moi.

Je n’ai rien fait, et le mari de la reine a été remplacé par un boutiquier, Lord Sainsbury des supermarchés. L’Université a besoin d’argent.

Compléments :