samedi 12 novembre 2011

Cercle vicieux bancaire

Pour réduire leurs risques et se conformer à ce que leur demandent les pouvoirs politiques, les banques européennes vendent les dettes européennes, et ne prêtent plus à l’économie et au particulier. Ce faisant elles précipitent la crise, et augmentent leurs risques de faillite. (Les banques européennes attaquent la zone euro - Coulisses de Bruxelles, UE)

Mais peuvent-elles faire autrement ? Classique dilemme du prisonnier.

Dans ces conditions, y a-t-il une autre solution qu’une nationalisation ? 

Énergies renouvelables et subvention

Le gouvernement américain a noyé l’industrie de « l’énergie renouvelable » sous les subventions. Résultat, les investissements de sociétés telles que GE et Goldman Sachs rapporteraient jusqu’à 25% par an, sans risque.

Objectif : créer un effet d’échelle qui rende concurrentiel le renouvelable. Mais « l’industrie aurait pu faire beaucoup plus de solaire, pour un prix beaucoup plus faible, en termes de subvention » (A Gold Rush of Subsidies in the Search for Clean Energy - NYTimes.com) : l’économie (américaine) a-t-elle été plus intéressée de faire un profit à court terme sur le dos de l’État, que de créer une activité durable ? 

Hobby de DSK

Loisirs de DSK : organisation de visites des « boîtes coquines » mondiales avec quelques « petites ».

Ses SMS s’expriment comme les passionnés d’un hobby : cigare cubain, cuisine, voiture de collection… (DSK – « Tu viens plus aux soirées ? » | Big Browser)

Mais, peut-on être socialiste et considérer, au moins implicitement, une femme, un être humain en général, comme un objet ?

Et quid de son parti : peut-il se dire « des droits de l’homme » en acceptant de telles pratiques, visiblement connues de beaucoup ?

Bande annonce

Bandes annonces des Intouchables et de Toutes nos envies.

C’est extrêmement court et l’on comprend tout. Pourquoi alors aller voir le film ?

Mais suis-je représentatif de la population française ? J’ai besoin d’être surpris, alors qu’il est possible que le spectateur majoritaire cherche plutôt à vivre, et à revivre, l’expérience dont la bande annonce lui donne un échantillon. Je me souviens ainsi d’une de mes collègues qui avait vu 7 fois Titanic. D’ailleurs, les enfants ne relisent-ils pas sans cesse les mêmes histoires ? 

vendredi 11 novembre 2011

Obama battu par Merkel ?

« Leur terreur croit un peu plus à chaque instant, du fait de leur certitude d’être les prochains s’ils ne sont pas entendus ».

Madame Merkel a décidé de ne pas entendre raison et conduit, avec le calme le plus parfait, l’Europe à l’abîme. Du fait de leur interdépendance, l’Europe va entraîner dans sa débâcle l’Amérique, et accessoirement la présidence Obama.

Voici ce que pensent les classes éclairées, et paniquées, américaines, selon la BBC. BBC News - Euro crisis leaves US howling into the wind

L’Allemagne après la France

L’Italie et la France ont une grosse partie de leur dette entre les mains de l’étranger. Un défaut, toucherait le monde.

L’Allemagne ne serait pas aussi solide qu’elle le pense. Contrairement, à ce qu’elle dit ou croit (La rigueur française ne convainc pas les exportateurs allemands - La Tribune), elle est très endettée, et très dépendante du marché européen.  

Communication et crise

J’entendais aussi (suite du billet précédent) quelqu’un s’étonner, une nouvelle fois, de la différence de traitement que font subir les marchés financiers à des pays ayant des endettements similaires (Le Japon, l’Angleterre et l’Amérique sont surendettés mais jugés sûrs).

Serait-ce leur capacité à la réforme qu’ils jugent ?

N’y aurait-il pas ici une question de communication ?

Dans les pays de l’Europe du sud, il est de bon ton de dénoncer les turpitudes de ses compatriotes, de prendre le monde à témoin des vices de sa nation. Les pays du nord, par contre, font preuve d’un froid contentement de soi.

À cela s’ajoute que les marchés agissent par stéréotype : pour eux, les pays du sud se ressemblent, de même que ceux du sud est asiatique…

Technocratie victorieuse

Grecs et Italiens se cherchent des dirigeants technocrates. Démocratie perdante. Voilà ce que j’ai cru entendre dire par quelqu’un de France culture.

En tout cas, en guerre, les démocraties ont toujours été dictatoriales, comme l’Angleterre de Churchill ou l’Amérique de Roosevelt. 

De Gaulle et la royauté

René Rémond remarque que de Gaulle semble reprendre le schéma royaliste : le roi et le peuple contre les barons modernes : les intérêts égoïstes - opposés au bien public.

De Gaulle rêvait-il d’une monarchie qui aurait choisi son roi non pour sa naissance, mais pour ses capacités ?

jeudi 10 novembre 2011

Japonaises gaspillées

La société japonaise semble assez peu occidentalisée. L’homme est soumis au groupe, et la femme à l’homme. Du coup peu de diplômées travaillent. D’autant plus que si l’on importe des prostituées, les gardes d’enfants sont proscrites. (Schumpeter: Land of the wasted talent | The Economist)

La culture japonaise prive le pays de ressources importantes pour sa prospérité.

Les cas grecs et japonais me font me demander si le capitalisme n’installe pas une forme de concurrence entre modèles sociaux, qui mettrait en faillite les moins productifs… 

Méconnaissance géographique

On pose des questions sur la bande de Gaza à des étudiants en géographie. On obtient de bien curieuses bêtises. (CULTURE GÉNÉRALE – « La bande à Gaza ? Un groupe d’extrémistes palestiniens » | Big Browser)

J’ai l’impression qu’ils savent du sujet ce qu’une oreille distraite retient de flashs d’information entendus en bruit de fond.

Dans ces conditions, comment se faire une opinion sur le conflit Israël-Palestine ?…

Compléments :
  • Défaite en rase campagne de l’Éducation nationale ? Elle ne fait plus son travail qui est de nous armer pour penser ? (La République des instituteurs)

Réconciliation nationale

Hier, j’entendais dire que le succès monstre du film Les intouchables et l’arrivée de Mon pire ennemi étaient des signes que la France avait soif de « réconciliation nationale ».

J’espère que nos hommes politiques y verront une option de course pour les prochaines présidentielles… 

mercredi 9 novembre 2011

Adapter la société à l’innovation ?

La machine (technologie de l’information) semble créer le chômage. J’ai déjà cité le livre qui dit cela. Mais voici une nouvelle façon de voir la question, qui utilise des termes qui me sont familiers :

Nous sommes en face d’un changement. Il faut modifier l’organisation de la société, son « modèle économique », de façon à ce qu’elle tire parti de l’innovation. (Technological unemployment: Race against the machine | The Economist)

Compléments :
  • Curieusement, les années 30 auraient aussi été des années fastes pour l’innovation, accompagnées d’un gros chômage. Il est tentant de se demander s’il n’y a pas des moments où la société utilise les machines contre elle-même et d’autres pour son bénéfice collectif. 

Changement d’heure

Le changement d’horaire était petit, et dans le bon sens, et je n’ai toujours pas récupéré… L’âge ?

D’ailleurs, les arguments montrant l’inefficacité, et le danger, de la mesure s’accumulent. (Why Daylight Saving Time Should Be Abolished | Observations, Scientific American Blog Network)

Encore un changement mené par des théoriciens incapables d’en mesurer les conséquences (parce qu’ils ne les subissent pas ?) ?

La défaite des instituteurs

Pourquoi la nation moderne, à qui l’instituteur a formé l’esprit, n’a pas conservé ses valeurs ?

Cela met-il en défaut la théorie d’Edgar Schein, qui dit que l’on retrouve dans la culture de l’entreprise, la pensée de ses fondateurs (ou plutôt l’interprétation qui a été faite de cette pensée) ?

Comme souvent, leur action a eu des effets imprévus. La science qui devait libérer l’esprit a fait triompher une « société d’abondance ». La victoire du matérialisme a endormi l’esprit. Mais la victoire a-t-elle été totale ou les valeurs initiales ne demandent-elles qu'à se réveiller ?

Compléments :
  • SCHEIN, Edgar H., Organizational Culture and Leadership, Jossey-Bass, 2004.
  • Cela ressemble à l’histoire du protestantisme et du capitalisme. WEBER, Max, L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, Pocket, 1989.

La République des instituteurs

Livre de Jacques et Mona Ozouf, Seuil 1992. Qui étaient les instituteurs qui exerçaient entre 1871 et 1914 ?

Il y a quelque chose de la Conquête de l’Ouest dans ce livre. L’Amérique en aurait fait un film.

On y aurait vu le miracle de l’enfant de pauvre qui réalise les rêves de ses parents. Il s’affranchit de l’avilissement d’un ordre féodal. Premières années de travail : solitude, pauvreté, et bêtise hostile de l’église. Mais il tient bon. Mérite et abnégation le font triompher. Par « l’aménagement modeste et acharné du présent », il transforme sa société en la nôtre.

Comme dans la Conquête de l’Ouest, on verrait aussi que le monde qui a remplacé les espaces de ses exploits, avec ses villes, ses voitures, sa pollution, son matérialisme aveugle… n’est pas celui qu’il désirait.

Que voulait-il ? Une nation d’hommes libres. Et, pour cela, il fallait émanciper leur pensée, en leur apprenant à raisonner. Il voulait leur donner l’égalité, celle du mérite qu’apporte un travail acharné. Et une fraternité, qui était le solidarisme. Il croyait au « progrès de la raison » « qui mettrait fin à tant d’injustices et de misères ». Formidablement pacifiste, il fut Républicain, puis Radical, puis Socialiste. Son  Dieu était Jaurès : il avait fait du socialisme un humanisme, lui retirant ses dangereuses folies idéologiques (lutte des classes, sectarisme, communisme…).

Qui était-il ? Un individualiste farouche que l’injustice révolte. Et peut être avant tout un rare exemple d’une vocation qui réussit. Tout dans sa vie et dans l’influence qu’il a reçue est allé dans une même direction.

Comment voit-il le monde des années 60 ? De Gaulle est une sorte d’antéchrist. L’antithèse de tout ce à quoi il a cru. La société de l’époque ? Un matérialisme fade, plus d’idéaux. Les instituteurs modernes ? Des paresseux dont le militantisme d’agités a trahi son combat et a donné raison à ses ennemis. « Il ne reste rien de mes efforts » dit-il.  

mardi 8 novembre 2011

Silence socialiste

En ce moment, je n’ai pas le temps de m’informer. Mais je n'entends pas le cri déchirant du PS percer les murs.

Serait-il de conviction faible ? Pense-t-il qu’il n’y a pas d’autre politique que celle de M.Sarkozy ? Attend-t-il que l'échec flagrant de cette politique lui montre une solution, devenue évidente ?...

Seraient-ce les idées qui manquent le plus France ? Comme je l’entends dire souvent, ferions-nous bien de chercher du pétrole ?…

Crise européenne

Comme prévu, la crise a repris après une courte accalmie (Greece and Italy Sink Under Turmoil as Euro Crisis Widens - NYTimes.com).

Et une fois de plus, le gouvernement français annonce un plan d’économie qui est au dessous de ce qu’en disaient les rumeurs. Les marchés vont-ils l’interpréter comme un manque de courage ? (Un plan de rigueur "mou du genou" et inefficace - TF1)

À nouveau la question se pose : y a-t-il ce que dans mon passé d’algorithmicien on appelait « convergence » du processus, ou, au contraire, le fossé se creuse-t-il ? La recherche de solution se heurte-t-elle à un problème idéologique qui la rendrait impossible ?

En tout cas, il semblerait que la dette grecque est, après (possible) restructuration, au dessus de ce qu’elle était lorsque la crise a commencé… (L'Italie doit montrer patte blanche - Coulisses de Bruxelles, UE)

Au fondement des sociétés humaines

Livre de Maurice Godelier, Flammarion 2010.

« Les hommes produisent de la société pour vivre. » Qu’est-ce qu’une société ? « des rapports sociaux (qui) ne sont ni les rapports de parenté, ni les rapports économiques, mais ceux qu’en Occident on qualifie de politico-religieux ».

Ce sont eux qui font de l’individu, masse de cellules, un homme. « Ce que (les parents) fabriquent ensemble, ce sont des fœtus que des agents plus puissants que les humains, des ancêtres, des dieux, Dieu transforment en enfant en les dotant d’un souffle et d’une ou plusieurs âmes. »

Et, l’homme est instrumentalisé pour la reproduction de la société. « Un être qui doit produire de la société pour continuer à vivre nécessite pour toute société de subordonner la sexualité aux conditions de sa production et de sa reproduction. »

Pour respecter les rapports sociaux, il a besoin de représentations (mythe). Ces explications, curieusement, lui masquent la réalité.

L’originalité de l’Occident et de sa science aurait-il été « la liberté de prendre distance par rapport aux principes et aux valeurs de sa propre société » ? (Désenchantement du monde de Max Weber ?)

lundi 7 novembre 2011

Créer des emplois

Le Texas a pour principe de piquer des emplois à ses voisins ; l’Angleterre met 500.000 fonctionnaires au chômage, alors que son économie vacille… Pourquoi personne ne s’intéresse-t-il à la création d’emplois ? Et ne dit-il que s’il y a chômage, c’est parce qu’une partie de la population ne sait rien faire d’utile ? (Can Politicians Really Create Jobs? - NYTimes.com)

On a cru qu’il suffisait de créer des conditions favorables, le marché, pour que, par miracle, nous soyons prospères ?

Les 68ards et leurs pères

Le détective (billet précédent) ou La vérité ont-ils quelque-chose à dire sur l’esprit des générations d’après guerre ?

Dans La vérité, la provocation que constitue le personnage de Brigitte Bardot est ramenée à une normalité rassurante : elle a tué parce qu’elle ne pouvait obtenir le mariage.

Dans Le détective, et quelques autres films de l’époque, le spectateur se rince l’œil aux dépens d’une jeunesse dont il confond, trompé par ses propres désirs, la liberté pour de la débauche.  

Générations d’hypocrites coincés ?

Le détective

Film de Gordon Douglas, 1968.

Curieux. Cela ressemble à un film de Clint Eastwood. Policier intègre qui croit à des valeurs simples, mais qui a quand même une certaine largeur de vue (il compatit avec les hommes atteints d’homosexualité). Aucune (jeune) femme ne lui résiste : intellectuelle et décadente, elle n’a jamais rencontré d’homme avant lui.

L’Amérique profonde a dû se reconnaître dans ce personnage. 

dimanche 6 novembre 2011

Van Gogh revu

« Le livre décrit un solitaire, alcoolique, déplaisant, un syphilitique qui aimait mordre la main qui le nourrissait. »

Loin d’être pauvre, comme je le pensais, il exigeait de son frère le double du salaire d’un instituteur de l’époque… (Paint a palette blue and grey)

Quelque chose de Steve Jobs? Dans la course au génie les pas très bien équilibrés ont un avantage ?

Secret des Vikings

Je me souviens de lectures d’enfance qui s’émerveillaient des capacités des Vikings à naviguer dans la brume.

Ils auraient utilisé un cristal qui permet de repérer la direction du soleil : sa lumière polarise l’air, et le cristal permet de repérer cette polarisation. (Sunstruck)

Au seuil de la vie

Film d’Ingmar Bergman, 1958.

Début difficilement supportable. Rayon d’espoir final. Le calme après la tempête ?

Bergman a une étrange faculté à restituer la vie quotidienne des petits, telle qu’elle se vit. Les plus beaux drames s’y trouvent ?