samedi 3 décembre 2011

Malaise enseignant

L’enseignant n’est pas bien dans sa peau dit l’Express de cette semaine. Curieusement, il est prêt à quitter son emploi à vie pour les risques du chômage privé. La souffrance au travail n’est pas où on le croit.

D’un autre côté, mes amis se plaignent de l’enseignement que l’on donne à leurs enfants. Beaucoup d’enseignants manquant de maturité, faibles et vacillants, incapables de donner le cadre dont a besoin l’enfant.

Contraste frappant avec les instituteurs de la troisième République. Ils devaient affronter des conditions autrement plus dures et hostiles, et pourtant ils ont considéré leur vie comme un succès complet. Ils avaient une vocation, une mission, et un solide cadre de valeurs, auxquels ils tenaient plus qu’à leur vie ? 

Amérique et euro

La zone euro n’est pas la seule à couler. Le commerce américain va à deux cinquième vers l’Europe et les banques européennes étant très implantées sur le territoire américains, et retirant leurs activités, les banques locales pourraient, elles aussi, avoir du mal à se financer, et à financer l’économie nationale.  (Finally, some good news)

Libéralisme pour les gogos ?

L’historien de l’économie Paul Bairoch montre que le monde a très peu connu le libéralisme (libre échange).

Deux cas lui ont été favorables :
  • L’Angleterre du 19ème siècle. Une industrie fortement exportatrice, et sans concurrence, et qui, pour maintenir des salaires de misère, a besoin d’importer à coût minimum de quoi nourrir cette misère.
  • Les pays faibles (tiers monde, un temps, la Chine, la Turquie…) que les forts rançonnent.
L’Amérique a été, quasiment sans désemparer, la patrie du protectionnisme.

BAIROCH, Paul, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, La Découverte, 1999.

vendredi 2 décembre 2011

Promesses de Sarko

J’entendais dire ce matin, que Nicolas Sarkozy avait promis que l’épargnant ne serait pas victime de la crise.

Le président reconnaît qu’il y a risque. Or, jusqu’ici, il a été systématiquement incapable de tenir ses promesses. Très inquiétant.

Gaz de schiste et développement durable

The Economist prédit que l’Europe ne pourra pas résister à l’appel du gaz de schiste. Pourtant ce qu’il dit de ses dégâts sur l’environnement est effrayant : « (il) exige des océans d’eau, apportés par des flottes de citernes bruyantes ». (Fracking here, fracking there)

La question du gaz de schiste rejoint celle des OGM et des pays émergents.

Le paradoxe du monde libéral, est que moins vous êtes contraint par les droits de l’homme ou les exigences du développement durable, plus vous êtes avantagé. Ce qui force les autres à vous suivre. 

Jim Collins

Jim Collins est un gourou des sciences du management.

Il conclut d’une vie de recherche sur les raisons du succès dans les affaires que « travailler dur et la persévérance comptent plus que le génie. Ses héros sont des gens modestes qui passent des années à construire patiemment leur organisation (…) Tout le monde peut réussir, explique-t-il, si l’on se tient à quelques règles exigeantes mais pas impossibles à appliquer. » (Built to last)

Prenant l’exemple de Steve Jobs, l’article doute que cette théorie n’ait pas d’exceptions.

En tout cas, je me demande s’il n’y a pas ici l’expression d’un des mythes de la société américaine : le travail rédempteur. 

jeudi 1 décembre 2011

Pouvoir souverain

J'ai vaguement entendu France Culture parler d’État souverain.

J'en retiens que le souverain est celui qui n’a pas de supérieur. Par conséquent, tout ce qui est susceptible de lui retirer son libre arbitre est contre sa nature. Ce qui justifie qu’il ne paie pas ses dettes si elles dépassent un certain niveau.

C’est probablement ce qu’avaient en tête les rois lorsqu’ils faisaient brûler leurs créditeurs. 

Relancer l’industrie

Pour avoir une industrie forte, le nerf de la guerre ne serait pas le Mittlestand, mais la grande entreprise (qui tire le Mittlestand).

N’ayant plus de grands industriels en propre, l’Angleterre a besoin que des étrangers y installent des têtes de pont. Malheureusement, ils ne le font que parce que ça leur permet de pénétrer le marché européen. Or, il va soit exploser, soit se protéger… (No land of giants)

Aéronautique prospère

L’aéronautique accumule les commandes gigantesques. Et ça devrait continuer : selon une logique imparable, la crise devrait imposer aux compagnies aériennes des réductions de coûts, c'est-à-dire de renouveler leur flotte avec les dernières générations d'avions. (Full throttle)

mercredi 30 novembre 2011

Nouvelles du mois

Quelques thèmes dont ce blog a parlé, ce mois-ci :

Bulle immobilière française

L’immobilier français serait surévalué d’au moins 40%.

C’est ce que calcule The Economist, en appliquant les techniques qui permettent d’évaluer les entreprises. C'est-à-dire en comparant les prix de l’immobilier avec les revenus des ménages et les loyers. (House of horrors, part 2)

PME et culture française

La PME française ne grandit pas. Constatation qui étonne les étrangers.

L’étranger nous reproche aussi de haïr le succès chez les autres (exemple classique de cette opinion, par John Stuart Mill). Et s’il y avait quelque chose de vrai là dedans ? Et si l’entrepreneur ne s’entourait que de personnes qu’il pense pouvoir contrôler parce qu’inférieures ? Et s’il avait peur de ce qui est nécessaire à la croissance de sa société ?

Lutte des classes

Métro arrêté. Mon regard se perd dans une pub pour des plateaux repas. J’en viens à penser aux études de marché.

Pourquoi a-t-on besoin d’études de marché compliquées pour savoir ce qui est évident ? (Ce que les gens aiment.) Et pourquoi donnent-elles des résultats aussi abstraits ?

J’en arrive à une question que l’on me pose sans arrêt dans mon travail. Pourquoi les dirigeants ne savent pas ce qui est évident pour leurs employés ? Sont-ils idiots ? (Plus exactement cette question est posée par toute personne qui a un supérieur hiérarchique.)

La réponse est peut-être simple. Le dirigeant est, plus ou moins inconsciemment, en lutte contre l’employé, être compliqué, qui coûte cher. Mais l’employé a une arme : ce qu’il sait. Alors le dirigeant cherche à s’en passer, grâce à des outils sophistiqués et à des modélisations scientifiques (ce que l’on appelle entre consultants le « knowledge management »).

Compléments :
  • Taylor est à l’origine du « knowledge management » et il voulait, effectivement, éliminer les agents de maîtrise. KANIGEL, Robert, The One Best Way: Frederick Winslow Taylor and the Enigma of Efficiency, Viking, 1998.

mardi 29 novembre 2011

Birmanie libérée

Je me demandais pourquoi Aung San Suu Kyi était sortie de prison. Ce serait grâce à la Chine, si j’en crois la Rumeur du monde de France Culture.

La Chine terrorise ses voisins, qui, Vietnam en tête sont allés demander de l’aide à l’Amérique. La Birmanie a donc été contrainte de sortir de son isolement, et d’adopter quelques valeurs occidentales.

Confirmation : Eye-rubbing.

Liberté de la presse

Presse anglaise en accusation. Elle pille la vie privée pour en faire un spectacle. Ne devrait-elle pas adopter les lois françaises ?

En fait, ceux qui ont à s’en plaindre ont souvent cherché sa publicité. Et la loi française encourage par son secret le puissant à la turpitude. (Celebs’ revenge)

Administrative fad

Depuis FT, transformer ses personnels en commerciaux est in dans l’administration. Ses services ne doivent-ils pas gagner leur vie, maintenant ?

C’est idiot. On ne peut pas changer la nature des hommes. Les caractéristiques d’un commercial sont très particulières et peu répandues. Pas étonnant, dans ces conditions, que l’on parle de stress au travail. 

lundi 28 novembre 2011

Manifestations en Égypte

« les principaux perdants (des éventuelles prochaines élections égyptiennes) seront probablement les nouveaux partis qui représentent l’esprit de la révolution égyptienne. Pas étonnant qu’ils soient redescendus dans les rues en force. » (Who will benefit from the chaos?)

France automatisée

La ligne 1 est automatisée. Raison ? à m'en croire, éliminer les grèves.

J’observais, il y a déjà longtemps, qu’il suffisait à quelques conducteurs de faire grèves pour paralyser la RATP. Comme dans les meilleurs romans chinois, la force des syndicats est aussi leur faiblesse.

The Economist (Driverless, workless) généralise cet argument et note que la France est un des pays les plus automatisés au monde. Le journal y voit la conséquence de nos lois sur la protection du travail.

Avons-nous des grèves parce que nous protégeons les employés ou parce que nous les considérons comme des irresponsables ? 

Rationalisation du marketing

Je suis invité à une conférence organisée par Aprimo (éditeur de l’ « ERP marketing » de Teradata).

Le directeur du marketing d’une chaîne de magasins explique qu’il a rationnalisé son activité : à effectif égal, sa direction fait 2,5 fois plus d’actions. (Il a découvert que, jusque-là, certains collaborateurs justifiaient leur présence par l’exploitation de dysfonctionnements !) On est dans le gain de productivité colossal ? Résultats généraux ? Il y a énormément à gagner à améliorer le marketing des entreprises ? 

dimanche 27 novembre 2011

Qui est Mme Merkel

Quelle est cette personne qui tient le sort du monde entre ses mains ? se demande The Economist.

L’histoire qui la définit : à la piscine scolaire, elle restait pétrifiée sur le plongeoir, et ne trouvait l’inspiration du saut qu’au coup de sifflet de fin de cours.

Le miracle de ses capacités supérieures ne se produit que si la situation est désespérée. (The new iron chancellor) Rassurant.

Changer sans changer

Un de mes livres est sous-titré « transformer les organisations sans bouleverser le hommes ». Selon moi, l’homme ne peut pas plus changer sa nature que sa taille.

Et pourtant ne changeons nous pas ?

Nous changeons sans changer. Nous faisons comme le tennisman dont le revers est faible et qui se place sur son coup droit.

Pour l’homme, changer veut dire apprendre à jouer sur ses forces. En acquérir de nouvelles est quasiment impossible, en fait c’est le but de l’éducation. 

Nature du dirigeant

Le « top manager » à l’anglo-saxonne (i.e. le modèle dominant) est la négation de ce qui fait l'ethnologue : la culture. Voici des idées qui me viennent en tête en pensant à lui, que je fréquente depuis bien longtemps :
  • Il passe son existence sur son lieu de travail, dans des conditions fastueuses. Enchaînant les réunions. Sa vie privée réduite au minimum lui semble démontrer, qu’en compensation, il mérite tous les luxes matériels du monde.
  • Pour paraître jeune, dynamique, complet, supérieur par le corps aussi bien que par l’esprit, il s’intéresse au sport.
  • Il vit dans un contentement béat. Il n’a aucun idéal, aucun intérêt, il ne sait pas penser, c'est une autruche. De ce fait, l’incertitude et la nouveauté le terrorisent. Pour y mettre un terme, il est prêt à tout. Faute de préparation, il ne peut recourir qu’à l’expédient.