mardi 7 février 2012

Quand le développement durable "ringardise" des principes indiscutables!

Les assureurs ont un principe : "la remise en état à l'identique" lors d'un sinistre. Le principe est d'éviter un enrichissement après un dommage subi. C'est interdit par l'article L 121 du code des assurances. Ce principe n'est il pas aujourd'hui totalement inadapté à notre société et ses besoins d'évolution?

Ce principe valait pour la seule dimension économique des choses mais le développement durable est passé par là. La société a changé. Pourquoi les assureurs ne pourraient ils pas réfléchir et proposer une remise en état meilleure à coût constant, mais socialement supérieure. N'est ce pas de leur responsabilité sociétale?

Pour cela, il faut se reposer sur des hommes qui ont l'expérience du traitement du sinistre et de la relation entre les parties prenantes à un sinistre, ou un litige: les experts. Paradoxalement, les assureurs semblent faire le choix de l'abandon de l'expert pour des raisons économiques (merci SOLVENCY II). L'expert serait donc en voie de disparition tout simplement parce qu'il n'existe pas d'indicateur autre que son coût pour mesurer son utilité?

Il est à l'image de l'abeille. On reconnaît le bon miel de celles qui sont élevées en ruche, dont on évite la piqûre douloureuse parfois mortelle. On oublie les sauvages qui pollinisent beaucoup d'espèces végétales (plus de 80 % des espèces végétales sauvages et cultivées). Imaginez un monde sans abeille, sans fleur et sans expert!


Abeilles et experts unissez vous ! pour montrer que vous êtes, au quotidien, les champions du développement durable!

Angela Merkel vote Nicolas Sarkozy

D’après La Tribune (Pourquoi Angela Merkel a intérêt à la victoire de Nicolas Sarkozy) Mme Merkel serait le ventriloque d’un Sarkozy devenu pantin. Elle aurait intérêt à la fiction Merkozy qui laisse croire que sa politique est le fruit d’un consensus.

La victoire de M.Hollande, allié de fait de son opposition SPD, serait de mauvais augure pour elle.

Sommes-nous réellement sans pouvoir face à l’Allemagne ? Qu’aurait pour effet la menace de tout faire dérailler ? 

Le propre de l’homme : un cerveau plastic ?

L’homme aurait la particularité, par rapport aux espèces comparables, et aux hominidés, d’avoir un cerveau qui serait malléable longtemps (5 ans)… (What’s a man?)

Mais l'article ne dit pas ce que cette caractéristique nous apporte de particulier. 

La banque d’investissement se contracte

Changement prévu ? La banque d’investissement et ses salaires sont remis à leur place ?
La banque d’investissement semblera bien différente dans quelques années. Il y aura moins de grandes entreprises couvrant le monde ; le reste cherchera à dominer une niche. Et si les revenus ne bougent pas, les actionnaires n’en pâtiront pas, puisque les employés se contenteront de moins. (Investment banking: Bonfire of the bankers | The Economist

Bon et mauvais protectionnisme

Lorsque je m’occupais de la stratégie Fabrication Assistée par Ordinateur de Dassault Systèmes, à la fin des années 80, je suis tombé sur un article qui disait que notre industrie de la machine outil avait été victime de notre protectionnisme. Pourtant elle avait été une des premières au monde. Au même moment on expliquait que le succès japonais venait du protectionnisme…

Différence culturelle peut-être. Le Japon était alors d’humeur combattive, et toute aide profitait à son industrie ? Au contraire, l’industriel français tend à la fois à manquer d’ambition est peut-être surtout à n’être bon que dans l’adversité ?

J’ai toujours conservé cette histoire en tête. Elle me fait me demander si les dons que le gouvernement fait aux entreprises sont utilisés judicieusement. Mon expérience, qui n’est pas statistiquement significative, m’en fait douter un peu. 

lundi 6 février 2012

L’Eurofighter torpille le Rafale ?

Comme je le disais dans un précédent billet, Dassault n’a pas gagné l’appel d’offres indien.

Et l’Eurofighter revient effectivement en force.  

Les Indiens ont-ils utilisé les élections présidentielles françaises pour stimuler la concurrence fratricide entre avions européens ?

En tout cas, s’ils infligent un camouflet à Nicolas Sarkozy, ils pourront dire qu’ils ont voté Hollande. Ils se seront fait un puissant ami. Jouent-ils à un jeu qu’ils ne peuvent que gagner ?

La mode est-elle à l’intégration ?

Je fais un passage dans l’industrie automobile. Ce qui est surprenant est qu’elle semble avoir entendu ce que je disais dans un précédent livre.

Il y a peu, on y sous-traitait au maximum et on pariait que les lois du marché allaient produire de l’innovation au meilleur prix. Aujourd’hui, on semble découvrir que cela fait perdre de la marge au donneur d’ordre.

Mais ce n’est pas un retour au statu quo. Les nouvelles entreprises intégrées sont dans des « low cost countries ». D’une certaine façon la compétence de l’ouest a été transférée à l’est. Pour cela il a fallu, comme je le pensais, des investissements bien plus lourds que ceux prévus par les business plans initiaux. Et ce en particulier pour développer le savoir-faire des populations locales. Voilà des emplois qui ne reviendront pas chez nous.

Ce phénomène ressemble à l’immigration, à plus grande échelle. Les pays développés ont confié les travaux qu’ils aimaient peu à des moins développés. Ce faisant, ils ont contourné la résistance au changement national. 

Rafale : aventures en Inde

Contrairement à ce que j’avais cru comprendre des premières informations sur le sujet, Rafale n’a pas gagné le contrat indien. Eurofighter va procéder à une surenchère. Question de prix, mais aussi de transfert de savoir-faire. (Les deux ont-ils été correctement chiffrés ?)

Plus curieux : Eurofighter est construit par un consortium dirigé par EADS, qui possède 46% de Dassault… (Source : Fighter jets: Bomb bays to Delhi | The Economist)

Bienfaits d’une concurrence fratricide ? 

Choisir un président (5) : la systémique

Que dit la systémique ou théorie des systèmes sur notre élection présidentielle ?

Le concept de système, appliqué au groupe humain, signifie qu'il est régulé par des mécanismes qui maintiennent la valeur de certains paramètres importants pour sa survie (cf. la température du corps, pour l’homme).

La première conséquence de la systémique est l’homéostasie. Le système ne peut pas évoluer. Et cela se vérifie assez bien avec nos politiques : depuis 40 ans, de gauche ou de droite, les réformes échouent. (Quel que soit notre vote, il ne compte pas ?)

La seconde conséquence est que notre crise actuelle peut venir d’un système dysfonctionnel. Le seul moyen d’en sortir est de le transformer. C’est probablement ce qui s’est passé après la seconde guerre mondiale.

Pour cela, il y a la solution du « leader » vue plus haut, et l'idée plus originale qui consiste à « casser le système », en le poussant à l’absurde (les experts appellent cela un changement de deuxième ordre). Autrement dit de faire le contraire de ce que nous dicte la raison, par exemple voter pour le candidat le plus dangereux.

dimanche 5 février 2012

L’expert, le tohu-bohu et le développement durable

Selon le petit ouvrage de Xavier de Bayser*, dans la tradition juive, tohu et bohu sont deux termes dont le premier représente le désordre et le second une puissance d’ordre. Ils ont été rapprochés dès l’origine par les anciens - comme le Yin et le Yang – pour exprimer que lorsqu’il existe un désordre, il y a aussi une puissance d’ordre qui peut suivre.
Le tohu traduit le monde complexe, rugueux et désordonné. Mais si l’on applique la théorie du « petite cause grands effets », il faut chercher les choses simples, qui permettent d’obtenir des effets vertueux qui mènent à l’ordre, le bohu.
C’est ce comportement là qu’il faut sans cesse montrer et appliquer pour que la génération qui suit l’adopte, et devienne durable.

Or, depuis plus de quinze années, je mène des expertises pour le compte, tant des assureurs que des industriels, des collectivités et des associations, qui me font intervenir dans un tohu, autrement dit un litige en responsabilité civile entre parties prenantes.
Et, après plusieurs centaines de litiges traités (en fait milliers…) et une évolution drastique du métier, je constate que ma mission et mon rapport d’expertise constituent une aide à la décision par la recherche des faits, des causes techniques, des conséquences économiques et du droit des contrats, du contexte.

Mais une aide à la décision dans quel dessein?

A l’origine, simplement pour qu’un assureur puisse se positionner sur sa police d’assurance et ses garanties vis-à-vis de son assuré.
En quinze ans, le monde a bien changé, s’est transformé, s’est complexifié…
Ainsi, jadis inscrit dans le cercle des parties prenantes à un litige (assuré, courtier, agent, avocat, assuré, tiers…), l’expert se retrouve aujourd’hui placé, à l’intérieur du cercle, distillant et adaptant son information à la compétence de la partie prenante : un technicien, un juriste, un économiste, un commercial…
Inscrit au centre de ce cercle, l’indépendance d’esprit de l’expert, son intégrité, sa compétence, son champ d’expérience et ses moyens, sont autant d’atouts pour la recherche des choses simples qui permettent de sortir de la situation de litige par le haut et parfois en déclenchant une situation meilleure qu’avant.

Voilà donc le dessein de cette aide à la décision : la recherche du bohu.

Ce sont des dizaines et des dizaines de cas traités que je pourrais vous soumettre. Chaque fois, l’idée était de trouver le grain de sable qui coince l’écosystème du litige pour l’emmener vers le bohu, c’est-à-dire l’ordre porteur d’avenir.
C’est à chaque fois la position idéale au centre du cercle, qui donne la clarté de la situation (sans influence autre que sa propre histoire, bien sûr ! voir pour cela Howard Zinn).
Une vision claire permet alors de créer la situation de sortie en mode durable, c’est-à-dire celle où les parties au litige souhaiteront toujours agir ensemble en confiance, dans une relation où chacun reconnaît l’autre pour ses talents particuliers.
C’est bien cette collection de talents reconnus et mélangés qui offre une meilleure gestion du risque, gage d’ordre et de développement durable.

Alors l’expert, celui qui propose une aide à la décision, n’est-il pas, par essence, au centre du développement durable, en proposant simplement d’éclairer la voie qui mène du tohu au bohu ?

* Le petit livre du développement durable ou 10 mots pour changer la planète de Xavier de Bayser, éditions l’Archipel.

Claude Guéant : erreur de casting ?

Claude Guéant annonce la guerre des civilisations. Ce n’est pas tellement dans la tradition républicaine. Signe à l’extrême droite, probablement.

Mais autant M.Sarkozy semblait croire à ce qu'il disait lorsqu'il parlait de banlieues, autant le grand commis de l’État Guéant, aseptisé et théorique, paraît déplacé. D'ailleurs n'y a-t-il pas un risque que ses interventions rappellent de sinistres moments de l’histoire de l’administration française ?

La tactique de notre président, se donner le rôle d’un homme digne et confier la sale besogne à ses collaborateurs, se retournerait-elle contre ses intentions ? Peut-il ainsi abuser l’électorat ? 

Égalité des sexes ou comment rater un changement

Les murs du métro montrent une famille française typique, à savoir une jeune femme, 4 enfants en bas âge, et un mari absent, « en RTT ». Oppression de la femme par l’homme ! Qu’il brûle en enfer. Vive la guerre civile !

Voilà l’exemple même d’un changement mal mené. On a voulu imposer l'égalité des sexes par la terreur, sans tenir compte des réalités de la vie.
  • Les garçons, par exemple, ne jouent pas à la poupée. Nous sommes codés par la société pour accomplir un rôle. Si l’on veut le modifier, il faut agir à la source.
  • L’homme est shooté à la testostérone, ce qui le rend extrêmement dangereux dans certains emplois ; la femme est la seule à pouvoir avoir des enfants, ce qui handicape sa carrière. Le changement doit tenir compte des différences physiologiques. Par exemple, pourquoi pas une « carrière » qui commence une fois les enfants élevés ?
  • Pourquoi Mme Aubry n’a-t-elle pas divisé le temps de travail par deux ? N’y a-t-il pas doublement du nombre d’actifs ? Le reengineering des tâches au sein de la cellule familiale demande, comme dans l’entreprise, soit une nouvelle répartition des temps de travail, soit une automatisation des tâches domestiques. La question se pose en particulier en ce qui concerne les enfants, que l’on devrait pouvoir sous-traiter à des organismes spécialisés ou à des machines. 

L’Europe sauvée par l’Italie ?

Mario Draghi, le patron de la BCE, aurait-il sauvé la zone euro en alimentant ses banques en prêts à bon marché ? Les dites banques les réinvestiraient-elles dans les obligations d’État, ce qui expliquerait que les taux de celles de l’Italie et de l’Espagne aient chu ? Aurait-il réussi la quadrature du cercle ? (Super Mario, patron d'une BCE aussi active que la FED - La Tribune)

Quant à Mario Monti il aurait remplacé Nicolas Sarkozy auprès de Madame Merkel et serait parvenu à la faire douter des vertus de l’austérité. (French Politics: Monti Monte au Créneau)

Découvririons-nous que la latinité (ascendant Goldman-Sachs) a quelques avantages ?

Compléments :
  • Après Merkozi, Merkonti ? 

New Rose Hotel

Film d’Abel Ferrara, 1998.

Ce film n’était pas mon favori, mais le froid et l’heure de son passage me l'ont fait choisir. Surprise, Abel Ferrara était aussi là. Qui eut dit que les réalisateurs américains avaient une existence terrestre ?

Apparemment, il connaît une mauvaise passe. Et même le purgatoire des réalisateurs mythiques : un passage en France, et le soutien de notre communauté intellectuelle.

Il nous a dit qu’il avait tiré le scénario du film d’une nouvelle de 7 pages. Ça se voit. 

samedi 4 février 2012

Politique et blogs

Une carte recense les blogs politiques.

Curieusement, la droite a relativement peu de blogs (200). Elle est écrasée par le blog de gauche (735). Même l’extrême droite fait mieux qu’elle (214).

Nouvel avatar de la cuvette de Dien Bien Phu ?

Facebook vaut-il cent milliards ? (suite)

Olivier Ezratty, l’homme qui lit jusqu’aux reliures des formulaires d’introduction en bourse, analyse celui de Facebook. (Petit décryptage de l’IPO de Facebook)

Il estime que son modèle de revenus ne permet pas de dépasser les 10$ par utilisateur (contre 5 aujourd’hui). Décidément la valorisation actuelle de la société est un pari pascalien.

D’autant que Mark Zuckerberg a construit un montage qui lui conserve le pouvoir, même si sa participation est diluée. Un patron de droit divin, est-ce favorable aux intérêts de l’actionnaire ? 

Le commerce électronique ne fait pas de détail

Parmi les changements que nous promet Hervé Kabla, il y aurait celui du commerce de détail européen, qui emploie aujourd’hui 17,4m de personnes, peu qualifiées.

Apparemment de nouvelles directives européennes devraient favoriser le développement du commerce électronique, ce qui pourrait avoir l’impact d’une lame de fond sur le petit et le grand commerce, d’autant plus que les protections qui les entourent ne sont pas favorables au consommateur.  (Schumpeter: The coming retail boom | The Economist)

Compléments :
  • J’imagine que cela devrait aussi être favorable aux transporteurs. Quid du développement durable ? 

Le coup de l’escalier

Pourquoi ce titre français ? Film de Robert Wise, 1959.

Prolétaires de toutes les couleurs, unissez-vous ? 

vendredi 3 février 2012

L’État gagne les élections présidentielles ?

Nicolas Sarkozy a la capacité confondante de se contredire sans cesse. Mais, cette fois-ci, il atteint un sommet : son programme présidentiel est une critique radicale de celui du Président Sarkozy.

En tout cas, l’État devrait gagner les élections.

La globalisation joue pour Ponzi

Ponzi a le vent en poupe aux USA, au moins. Son terrain d’élection : la confiance. D’ailleurs les réseaux sociaux ont été une bénédiction pour lui. (Fleecing the flock)

Si j’en crois le billet précédent, la globalisation est naturellement favorable à l’escroc. Double effet : désir de gain rapide, et nécessité de se protéger. Dans ces conditions, nous sommes sans défense face à un ami qui veut nous enrichir… 

Globalisation, confiance et coût de transaction

« Seules les tribus rendues solidaires par un sentiment d’appartenance peuvent survivre dans le désert ». Remplacez désert par « économie globalisée » et cela décrit fort bien le monde moderne.
Partager une même culture est un facteur de confiance, qui abaisse le « coût de transaction ». Ce qui donne un avantage concurrentiel aux diasporas chinoises, indiennes, ou à l’Angleterre et ses colonies.  (The power of tribes)

La globalisation comme une agression permanente ? Seul moyen d’y résister, avoir / se faire des amis ?

jeudi 2 février 2012

Les fonds d’investissement sont-ils nuisibles ?

Mitt Romney ayant dirigé un fonds d’investissement, l’Amérique se penche sur son métier. Mal personnifié ?

The Economist semble penser qu’il crée plus d’emplois qu’ils n’en détruit. Mais les fonds ont des comportements de prédateurs, regrettables. La cause ? Le code des impôts américain qui permet de déduire les intérêts de la dette et qui « incite les dirigeants des fonds d’investissement à empiler une grande quantité de dettes sur les entreprises qu’ils achètent, risquant ainsi la santé de la société ». En outre, les gains qu’ils retirent de l’opération sont taxés à un taux très faible.

Cependant, ce que le journal trouve de bien plus contestable est qu’ils rapportent fort peu à leurs investisseurs.

Compléments :

Facebook vaut-il cent milliards ?

Facebook devrait lever 5md$ rapidement, et beaucoup plus en mai. L’entreprise serait évaluée à 100md$. Vaut-elle autant ?

Elle aurait un chiffre d’affaires entre 4 et 4,5md$, une marge supérieure à 50% et récupérerait une partie notable de l’affichage publicitaire Internet aux USA. Cela justifie-t-il une telle valorisation ? D’autant que l’enthousiasme pour Facebook pourrait être en passe de tiédir…

En fait, la valeur de Facebook est liée à l’atteinte d’un Graal qui remonte à la bulle Internet : on lui prête la capacité d’inventer un algorithme qui transforme l’information qu’il reçoit de ses utilisateurs en une indication utile pour l’entreprise.

Facebook est ce que les financiers appellent une « option ».

Compléments :

Les Lumières et l’identité de l’Europe

« Ce sont les lumières qui sont à l’origine de l’Europe » dit Tzvetan Todorov (L’esprit des Lumières, Le Livre de Poche, 2006). L’Europe serait une image agrandie des États grecs antiques. Comme eux, elle est la somme de la diversité farouche de nations en accord sur l’essentiel (« rationalité scientifique, défense de l’État de droit et des droits de l’homme ») : « leur pluralité crée un espace de liberté. Hume découvre, en effet, qu’elle favorise l’esprit critique, étouffé, au contraire, par l’unité ».

Paradoxe ? Non, simple conséquence de la cohabitation entre les deux piliers de la pensée des Lumières : toute puissance du peuple, et liberté de l’individu.

Voici comment comment on les réconcilie : si l’on fait l’effort de se mettre à la place de l’autre, on peut concevoir un « point de vue qui tienne compte de la différence entre l’un et l’autre ». Ce qui est la « volonté générale ».

En fait, l’histoire des Lumières serait, justement, celle de cette réconciliation : « Les lumières sont une époque d’aboutissement, de synthèse – et non d’innovation radicale. » « Les lumières absorbent et articulent des opinions qui, dans le passé, étaient en conflit. »

Pas d’innovation ? Les Lumières remplacent le salut, dans l’autre monde, par le bonheur humain, dans celui-ci. L’homme devient fin ultime, et reçoit des droits inaliénables. Quant à sa morale : « L’adhésion de l’humanité valide le choix du bien. »

Comment réussir ce changement, pour parler comme ce blog ?

L’individu doit devenir « autonome ». Développer un esprit critique, et la raison nécessaire pour comprendre dans quoi il s’engage, et, éventuellement, le modifier. Quant à l’État, il doit former ces êtres de raison (importance de l’éducation, libératrice), et faire respecter les lois que dicte cette raison quand elle se combine en volonté générale (en particulier, les relations entre hommes). Et ce sans empiéter sur les sphères privées appartenant aux individus.

Compléments :
  • En fait, Kant ne pense pas que le fédéralisme doit s'arrêter à l'Europe. Il doit couvrir le monde. (Kant et les Lumières) En ce sens, c'est bien une idée centrale des Lumières, que l'on a oubliée. 

Ce qu'Internet a changé: les outils

Après les protocoles, la seconde grande catégorie de changements introduits par internet dont je veux vous parler, c'est celle qui se situe au niveau des outils mis à la disposition de nos sociétés modernes.



mercredi 1 février 2012

Angleterre marxiste ?

On parle peu de l’Angleterre. Pourtant sa situation semble bien triste. Et on s’y affronte comme à l’ère où la France comptait encore des communistes.

On s’en prend, à gauche comme à droite, au « turbo capitalisme », aux immigrés, aux inégalités de revenus, aux bonus des banquiers, on déplore le sort des classes moyennes « sacrifiées »…  (Global Britain, SOS)

Au fond, la France est beaucoup moins hostile au capitalisme que l’Angleterre. Le devons-nous à notre assurance sociale généreuse, qui nous le rend acceptable ? 

L’art de la relation client : conclusion provisoire

Quel enseignement tirer de ma série sur « l’art de la relation client » ?

Que l’individu ne pèse pas lourd face à l’entreprise.

Je lis beaucoup les Anglo-saxons. Je les vois très inquiets de la menace que constitue pour la liberté humaine l’Église ou l’État, mais jamais des dangers que représente l’entreprise. Pourtant, non seulement les entreprises sont devenues bien plus puissantes que certains États, mais encore elles tendent à se liguer, explicitement ou pour des raisons systémiques.

Rousseau pensait que seule une « égalité de forces » pouvait nous éviter l’asservissement. Ce raisonnement fait l’hypothèse que la logique de la vie est l’affrontement. Il me semble que tant que l’on fera ce type d’hypothèse, il n’y aura que mesure et contre-mesure. Nous ne serons libres que lorsque nous serons convaincus que nous sommes dans le même bateau ?

L’Allemand juge le Français

Je demande à l’un de ses anciens ingénieurs comment une société allemande juge un concurrent français (4 fois plus gros). Pour elle il n’existe même pas. Le Français est un pitre.

L’Allemand a un complexe de supériorité difficilement concevable. Curieusement, le Français fait tout pour l’encourager. Et ce n’est pas qu’une question de grèves.

Il suffit d’un coup d’œil aux placards que le métro a consacré à sa construction pour convaincre l’Allemand d’en sortir immédiatement. Sur l’un d’eux, un ingénieur (notre élite : un polytechnicien ?) explique que c’est grâce au système d de ses équipes qu’il a réussi à percer sa ligne.

Il n’y a rien de plus honteux pour un Français que de reconnaître qu’il doit son succès à un professionnalisme méticuleux.  

mardi 31 janvier 2012

Nouvelles du mois

Comme annoncé le mois dernier, ce blog est devenu celui du Cercle du changement. Quelques réflexions que ce changement a suscitées : Ligne directrice de ce blogFaire vivre un blog : question de technique. Sinon :

Google, LinkedIn, social networks et bigbrotherhood

J’ai reçu un mail de Google (« Nouvelles règles de confidentialité et conditions d'utilisation de Google ») que je n’ai pas compris. En fait, Google peut maintenant combiner les données venant des applications que vous utilisez (dont Android) pour en tirer des tas d’enseignements. Par exemple, que vous allez arriver en retard à un rendez-vous, si vous ne changez pas de route. Il va aussi fusionner vos adresses en une seule, ce qui peut faire que ceux qui se croyaient anonymes ne le seront plus. (How Google's New Privacy Policy Could Affect You: Scientific American)

Peu de temps après, m'arrive un mail me disant :
"Without attracting too much publicity, LinkedIn has updated their privacy conditions this summer. Without any action from your side, LinkedIn is now permitted to use your name and picture in any of their advertisements.
Some simple actions to be considered to stop the above by LinkedIn:
1. Place the cursor on your name at the top right corner of the screen. From the small
pull down menu that appears, select "settings"
2. Then click "Account" on the left/bottom
3. In the column next to Account, select the option "Manage Social Advertising"
4. Finally un-tick the box "LinkedIn may use my name and photo in social advertising"
5. and Save
Je commence à trouver tout ceci très compliqué. Va-t-on devoir jouer au gendarme et au voleur avec des multinationales qui ne peuvent que nous surclasser par leurs moyens ? Ne serait-il pas temps que le législateur se penche sur le sujet ? 

L’art de la relation client : Monoprix

Rentrant tard chez moi, et menacé d'une pénurie de vivres, je m’arrête au magasin Monoprix qui est à côté de ma bouche de métro. Les caisses annoncent qu’il ne fournira bientôt plus de sacs en plastic. Il va falloir que je parte au travail avec un cabas ?

J’imagine qu’il y a là-dessous une attention écologique. Mais, étrangement, je me serais attendu à ce que le magasin annonce qu’il verse le prix des sacs à une noble cause…

En tout cas, je ne suis pas sûr que ce magasin ait compris qu’il n’était pas grand-chose sans clients… 

Les évadés

Film de Jean-Paul Le Chanois, 1955.

Trois prisonniers de guerre français fuient un camp allemand.

Ce n’est pas la Grande évasion... Et c’est intéressant justement pour cela. Il n’y a pas de héros ici, mais des Français de l’époque.

Pourquoi s’évadent-ils ? Parce qu’ils ne sont pas faits pour la captivité. Ils veulent rentrer chez eux.

Au fond, cette guerre n’est pas la leur. Pourquoi le serait-elle ? On leur a donné un fusil antique, et des cartouches qui ne lui correspondaient pas. Comment auraient-ils pu se battre ?

Mais, lorsqu’ils décident de prendre leur sort en main, ils deviennent héroïques. Le système d fait des miracles. Leur force : l'art de désobéir ?

lundi 30 janvier 2012

Nicolas le téméraire ?

Il y a peut être une témérité que la vanité peut confondre avec du courage à annoncer une augmentation importante des impôts, et une attaque frontale de la classe ouvrière à la veille d’une élection présidentielle. (French Politics: The Sarkothon)
Le vice de N.Sarkozy est son impulsivité brouillonne. Plutôt que de changer, se mentirait-il à lui-même ?

Insondable Hollande

The Economist partage apparemment mon point de vue : impossible de savoir ce que fera F.Hollande s’il est élu. (Sauce Hollandaise)

L’art de la relation client : Amazon.fr

Cela fait longtemps que j’achète chez Amazon. D’ailleurs j’ai commencé avec Amazon.com.

Or, pour la première fois, le transporteur qu’il a choisi n’a pas su trouver le gardien de mon immeuble. (Car, je suis un de ces êtres exceptionnels qui travaillent aux mêmes heures que les transporteurs.) J'ai droit à l'habituel mail obligeant m'expliquant que je suis coupable. 

Pourquoi Amazon a-t-il changé de transporteur ? Certainement pas meilleure qualité. Baisse des coûts ? Mais je paie toujours au même prix ses produits (des livres)… Serais-je le dindon de la farce ?

Compléments :
  • Dernières nouvelles : j'ai eu beau lui indiquer où était mon gardien, et ses horaires, le transporteur a de nouveau échoué. Troisième tentative : mercredi prochain... Va-t-il enfin réussir ? 
  • Réponse (vendredi) : il dit qu'il l'a fait, mais mon gardien n'a rien reçu. Cette fois-ci j'ai appelé Amazon. Excellent centre d'appel. J'espère que je vais enfin avoir mon livre... En tout cas, j'ai découvert que le talon d’Achille du commerce électronique était le transporteur...

Choisir un président (4) : leadership

La théorie du leadership joue un rôle central dans la culture anglo-saxonne et dans les cours de MBA. Peut-on l’appliquer à nos élections ?

Traditionnellement, le leader est le pasteur du troupeau. Aurions-nous besoin d’un Führer ? En fait, la définition des théories du management sont plus acceptables pour notre amour-propre. Le leader, selon John Kotter (Leading change), est l’homme qui sait « conduire le changement ». Il a une vision pour l’avenir du groupe, et elle réussit.

Cette vision (parfois appelée « stretch goal ») paraît évidente à tous. Autrement dit, il y a probablement de l’intérêt général là-dedans, comme chez Kant et Rousseau. Mais cela va peut-être plus loin que chez eux : l’intérêt général pourrait avoir besoin d’une « réinvention » pour être opérationnel. C’est d’ailleurs ce que dit Chester Barnard (The Functions of the Executive), un autre théoricien des sciences du management.

Dans l’entreprise, cette réinvention se nomme nouveau « modèle économique ». Pour une nation on parlera de « projet de société ». Un tel « projet » n’est pas unique. Ce qui compte est qu'il réponde aux problèmes perçus par la nation - qui se résument probablement à l’idée que notre situation n’est pas « durable ». Et ce n’est pas « the one best way » de Taylor, un processus pour machine. C’est un problème à résoudre ensemble, le leader donnant un objectif à atteindre et une méthode de travail au groupe. 

Napoléon fournit une métaphore explicative : s’il a le génie de la stratégie, il ne peut réussir sans son armée. Paradoxalement cette stratégie semble à la dite armée la solution de la bataille, alors que c’est à elle de se sacrifier pour la gagner.

dimanche 29 janvier 2012

Résolution de la crise européenne

La crise européenne est triple : fiscale (Grèce, par exemple), de compétitivité (différentiel salaires / productivité), bancaire.

Elle vient de ce que la zone euro n'est pas finie, mais que les marchés ont anticipé ce changement. Ce faisant, ils l’ont empêché en apportant une prospérité trompeuse.

Tout l’intérêt des acteurs de la crise (BCE, Allemagne, FMI et divers pays à réformer) est d’installer des eurobligations et une protection des pays en danger. Mais ils ne peuvent le dire :
  1. pour fournir l'anxiété de survie dont a besoin la réforme ; 
  2. pour que chacun prenne sa juste part des sacrifices.
Autrement dit, le processus ne peut pas réussir, s’il ne peut échouer. Et il le fera à la dernière minute, dans le chaos.

L’art de la relation client : SFR

Ayant pensé me rapprocher d’un de mes partenaires, j’ai accepté son offre de grouper nos lignes téléphoniques. Puis, constatant que le rapprochement n’était pas pratique, je décide de récupérer ma ligne. Je remplis les documents que me donne SFR pour ce faire.

Surprise. Je reçois un SMS m’expliquant que je ne suis pas habilité à reprendre ma ligne. C’est un rien insultant. Puis une lettre me proposant de me rapprocher du titulaire de la dite ligne pour en savoir plus sur la question. Ce que je fais. Il n’a rien reçu, il ne sait rien. Il suppose que SFR doit être terrorisé par Free et prêt à tous les coups pendables pour garder ses clients.

Je trouve remarquable l’attention que SFR a pour ceux qui achètent ses produits. Cela m’a rappelé ce qu’en dit Jean-Claude Larréché : la seule relation client digne de ce nom est celle qui transforme votre client en vendeur de vos produits… (The momentum effect)

En faut-il beaucoup plus pour démontrer la situation de monopole des opérateurs mobiles, et notre essorage ? 

Décolonisation et bain de sang

Petit à petit, j’en viens à penser que la décolonisation, loin d’avoir été une glorieuse guerre de libération, a été un bain de sang totalitaire.

Son « idéal type » paraît être la révolution culturelle chinoise. À savoir le désir de transformer un pays sur le modèle occidental, mais en gardant son âme. Bref, l’adoption de l’idée de « nation », telle que définie par l’Occident.

Tout ce qui s’opposait à la réalisation de cet idéal a été massacré. C’est probablement ainsi que s’explique l’histoire des Arméniens en Turquie.

Quant aux intellectuels français, qui ont vu dans ces régimes la matérialisation de leurs idéaux, ont-ils confondu aspirations au nationalisme et aux droits de l’homme ?

samedi 28 janvier 2012

Réseaux sociaux et mode : Instagram

Facebook et Twitter sont d’un autre temps : ne demandent-ils pas d’écrire ?

Voici enfin un réseau social pour les jeunes : Instagram. Plus que des photos (ou des vidéos), mécaniquement branchées.

Le réseau social et sa succession de modes dit-il quelque-chose sur l’Amérique ?

Une société construite sur la recherche de la fortune instantanée, et sur l’exploitation des modes. La start up n’y devient jamais grown up. Elle a disparu avant. Ce n’est pas grave, ses fondateurs sont riches. 

Hollande, par KO ?

N.Sarkozy semble mal parti.

Son espoir, à mon avis, était de démontrer que M.Hollande était ce que Jean Haguet appelle un « ni ni Flamby ».

Mais M.Hollande a fait un bruit convaincant. Il a eu l’habileté de présenter un programme suffisamment évasif pour être impossible à torpiller. Et il aurait surclassé A.Juppé, le seul membre du gouvernement ayant un peu de consistance. 

Les vices de wikipedia

Je suis amené, coup sur coup, à comparer les versions françaises et anglaises de wikipedia. D’abord pour « Henriette d’Angleterre », puis pour « coût de transaction ». J'obtiens des résultats différents en ce qui concerne ce que cherchais. (Les amants possibles de la première, et le rôle de Kenneth Arrow dans l’usage du second.)

Limites de wikipedia ? Seul un expert peut parvenir à une maîtrise suffisante d’un sujet pour en faire une synthèse convaincante ? Accumuler des citations donne du « ni fait ni à faire » ?

Compléments :
  • Un reproche, cette fois-ci systématique : des références généralement inutilisables pour lancer sa propre recherche.

Vers une fédération mondiale ?

Ne sommes nous pas dans le scénario prévu par Kant ? Une fédération mondiale d’États maintenue en équilibre par l’action et la réaction de cultures différentes, qui vivent en « paix armée » les uns avec les autres.

Comme toute fédération, celle-ci semble s’entendre sur quelques principes « universels » (par la force des choses) : les hommes sont plus ou moins égaux – il est devenu difficile de les massacrer en toute bonne conscience ; la science pratique, de l’ingénieur, est utile ; un capitalisme (ou simplement le commerce ?), que chacun essaie d’accommoder à ses intérêts, conduit le monde ; pour le reste, l’homme tente de défendre ce à quoi il croit, une version diluée de sa culture d’origine, au sens où elle peine à conserver son aspiration à l’absolu.

Les empires romains, c’est fini ? Idem pour les grandes croissances glorieuses d’après guerre ? Monde un peu gris, peu innovant, où chacun est replié sur soi et joue sur les faiblesses de l’autre pour le maintenir dans la médiocrité ? La définition même du comportement français par l’Anglais ? Le monde sera-t-il français ? 

vendredi 27 janvier 2012

Faut-il supprimer les anniversaires ?

J’ai toujours regretté de ne pas avoir pu approfondir les travaux de Jean-François Marcotorchino. C’est un mathématicien qui a inventé des méthodes d’analyse de données qui ne demandent pas de les grouper (par exemple, « avez-vous dix ans ou moins, entre onze et vingt ans… »). Ce qui a d’énormes avantages, les classements introduisant des biais.

Ne faudrait-il pas faire de même avec l’âge ? Avec notre système actuel, nous nous réveillons du jour au lendemain avec l’impression d’avoir pris une décennie, ou d'être devenu un autre. Illogique ?

À la réflexion, il me semble qu’il a tout de même une vertu. Il nous force au changement. De temps à autre, nous recevons un choc brutal. Qui nous contraint à faire le deuil de ce que nous étions, et de réinventer notre approche de la vie, et nos attentes. 

Invention de la laïcité

Au point de départ, donc, « individu » n’est que le nom du cadre permettant de sauvegarder l’expérience religieuse des intrusions du pouvoir politique, il sera alors à défendre aussi bien contre l’État que contre le pouvoir ecclésiastique. Tel est le sens de la laïcité moderne. (L’Esprit des Lumières, Tzvetan Todorov.)
Le protestantisme à l’origine de la laïcité ? Comme première expression de l’individualisme ?

De l’utilité des préparations aux grandes écoles

Pourquoi avoir travaillé aussi dur en préparations (aux grandes écoles) pour travailler autant maintenant ? se demande un ami, polytechnicien et entrepreneur, confronté à l’irrationalité du sort.

Ce qui suscite chez moi deux idées :
  • Notre monde a changé. Hier, nos études nous sélectionnaient pour la vie. Elles nous plaçaient à un endroit de la société, où nous n’avions pas besoin de faire preuve de génie. Nous exécutions une sorte de volonté collective. Aujourd’hui, y compris dans l’administration, l’avenir et notre rôle sont beaucoup plus à créer que par le passé, ce qui est singulièrement hasardeux et compliqué.
  • Il y a confusion sur ce que signifie « travailler dur ». Une de mes voisines m’explique régulièrement que les SDF sont des paresseux : ne s’est-elle pas tirée d’une situation difficile par ses propres moyens ? Certes, mais elle habite un appartement qui appartient à sa famille. L’insuccès ne vient pas tant d’un manque d’effort que d’une incapacité, en dépit de ses efforts, à trouver la solution à ses problèmes. Nous ressemblons de plus en plus à des mouches tapant contre une vitre. 

jeudi 26 janvier 2012

Faut-il excommunier le changement ?

Bossuet :
Sortez du temps et du changement, aspirez à l’éternité : la vanité ne vous tiendra plus asservis. (Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre)
Le changement est-il le propre d’un monde obsédé par lui-même : n’étant jamais satisfait de son sort, il n’arrête pas de changer, et devient l’esclave du changement même ?

Dans l’oraison d’Henriette de France (la mère de la précédente, décédée peu de temps auparavant), Bossuet observe avec consternation les transformations récentes de l’Angleterre. Après être sortie du catholicisme, elle a liquidé son roi, mari d'Henriette d'Angleterre, et a vu une éclosion de sectes multiples. L’égoïsme mène à l’anarchie ? 

Ce qu'Internet a changé: le protocole

Avec quelques jours de retard par rapport à ce que j'avais prévu, je poursuis cette chronique sur le changement introduit par Internet. Premier paradigme: le transport d'informations sur la base d'un protocole d'échanges. C'est une première rupture.



MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine

Une présentation du MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine (je m’occupe du cours de conduite du changement).
Le MBA vise des personnes qui souhaitent :
  • Prendre du recul par rapport à leur quotidien,
  • Évoluer à l’intérieur ou à l’extérieur de leur entreprise,
  • Bénéficier d’un encadrement de qualité dans une Université réputée,
  • Bénéficier d’une connaissance de l’état de l’art en termes de management des performances, développant les leviers de contrôle des risques, les leviers d’apprentissage et la dimension éthique, en plus des approches classiques sur le sujet,
  • Se poser les bonnes questions en fonction de chaque contexte organisationnel.
La formation s’adresse à ceux qui managent et à ceux qui construisent les dispositifs permettant à ces managers d’avoir les commandes. site http://www.mba-controle.fr/.
Pourquoi suis-je intéressé par ce type de MBA ?
  • Il est suivi par des gens qui, généralement, se sont distingués dans leur carrière, et qui cherchent un diplôme complémentaire pour accompagner un nouveau grade. Or, bien souvent, ils doivent leur promotion à un « exploit ». Et cet exploit est un changement. (Mais ils ne s’en sont pas toujours rendu compte.)
  • En outre, je crois qu’on en revient ici à la mission initiale du MBA (américain) : apporter les connaissances qui manquent à une personne qui a donné des preuves de son potentiel exceptionnel de management. Le MBA moderne est devenu une copie de l’ENA : il propulse des intellectuels au sommet de l’entreprise.

Reflux de la culture occidentale ?

Le printemps arabe fut-il celui de la démocratie ?

Si l’on regarde l’histoire du Moyen-Orient sous l’angle culturel, on observe :

Une vague colonisatrice, supposée apporter les Lumières à des peuples attardés. Une contre vague, qui, au nom de ses valeurs, refuse le joug de l’Occident. Elle aboutit à l’installation de gouvernements dictatoriaux et « progressistes » (à notre sens). L’Iraq, la Syrie, et l’Égypte furent, il y a quelques décennies, des dictatures éclairées.

La nouvelle vague semble un retour aux valeurs culturelles traditionnelles. En particulier, l’Arabie Saoudite et l’Iran tiennent le haut du pavé. 

mercredi 25 janvier 2012

Mongolie, nouvel Eldorado ?

On promet le plus brillant des avenirs à la Mongolie (Mine, all mine). Elle regorge des ressources minérales dont a besoin la Chine. Sa culture nomade est en passe d’être transformée en mine à ciel ouvert par les compagnies occidentales. (Et en désastre écologique ?)

Nouvelle Arabie Saoudite ? Je n’en suis pas convaincu. L’exploitation pétrolière n’est-elle pas plus sûre que l’activité minière, surtout quand celle-ci a pour client la Chine ? L’Arabie Saoudite a su s’approprier la rente pétrolière, en sera-t-il de même de la Mongolie ? 

Et si B.Obama ne se représentait pas ?

Le couple Obama pense que l’Amérique, ses politiciens et leurs coups bas ne méritent pas un aussi noble président (Party of two). Comme les intellectuels du billet précédent ?

M.Obama a la force du juste. Par contre, il ne prend probablement pas suffisamment au sérieux les aspirations de ses concitoyens et les tactiques de ses adversaires. Ce qui expliquerait qu’il leur ait laissé l’initiative, alors qu’ils étaient à terre.

L’intellectuel français contre le peuple ?

Ma chronique cinéma m’a fait découvrir un phénomène curieux. L’intellectuel français semble haïr le peuple. C’est du moins comme cela que j’interprète Une si jolie petite plage ou OSS117 Rio ne répond plus.

D’où cela vient-il ?
  • De la nuit des temps ? On dit que le roi s’était allié au peuple pour se protéger de la noblesse, peut-être que le noble haïssait lui aussi le peuple, et que cette haine a été léguée au privilégié moderne, l’intellectuel ? Mais le noble devait mépriser, non haïr.
  • De ce que « intellectuel » = raison = « droits de l’homme » ? L’intellectuel dénonce un peuple trop préoccupé de ses propres intérêts ?
L’étonnant, pour moi, est que l’intellectuel (fatalement de gauche) est supposé être du côté du peuple. Mais, peut-être s’en est-il inventé un, digne de lui ? Les pupilles de l’Etat de la si jolie petite plage, les Roms, ou les peuples colonisés ? 

mardi 24 janvier 2012

Pourquoi Apple n’emploie-t-il pas d’Américains ?

En ces temps de chômage, l’Amérique se demande ce qui lui est arrivé. Exemple caractéristique : Apple est monstrueusement rentable, n’ayant pas réellement de concurrents. Pourquoi emploie-t-elle aussi peu d’Américains ?

Apparemment pas uniquement pour une question d’argent. Les actionnaires de la société gagneraient juste un peu moins, mais ses profits n’en seraient qu’à peine affectés.

Ce serait pour des raisons de main d’œuvre. L’Amérique manque de qualifications intermédiaires. (Apple, America and a Squeezed Middle Class - NYTimes.com)

L’offre et la demande ne s’adapteraient-elles pas mécaniquement l’une à l’autre ? Ou est-ce parce que l’Amérique ne fabrique plus chez elle que sa main d’œuvre ne peut s’adapter à ses besoins ? 

Génocide arménien et esprit des lois

Un parlement ne peut décréter qu’il y a eu génocide en Turquie sans aller contre l’esprit des Lumières, dit L’Esprit des Lumières de Tzvetan Todorov.
Les députés français n’en étaient pas à leur coup d’essai. Quelques années plus tôt, ils avaient décidé que la Turquie était bien coupable du génocide Arménien (…) La puissance publique n’a pas le droit de décider où réside la vérité, disait Condorcet.
Les Lumières distinguent en effet le bien du vrai. Le rôle du politique est de dire le premier, celui de la science le second. Aucun ne peut contraindre l’autre.

Quand le parlement décrète qu’il y a eu génocide n’agit-il pas comme l’Église condamnant Galilée ? De simples êtres humains s’arrogent le droit de définir une fois pour toute ce qui est vrai, et de mettre un terme à la marche de la science ? Le sujet est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît. C’est la liberté de l’homme qui est en jeu. Comment justifier, en effet, qu’un homme puisse être empêché de poursuivre le vrai ?  Si l'Etat décide du vrai, et condamne les contrevenants, c'est la dictature !

Certes. Mais les Lumières, comme l’explique T.Todorov, ont aussi dénoncé le scientisme : la science comme valeur absolue. Peut-on laisser une science folle faire n’importe quoi ? D’ailleurs, les Lumières n’étaient-elles pas un moralisme ? Ce qu’elles mettent au dessus de tout, y compris probablement de la science, c’est la « volonté générale », celle du peuple.

Qu’est-ce que cela donne dans notre cas ? Que pense la volonté générale du génocide arménien ? Probablement pas grand-chose.

Et si ce que révélait ce débat était une faille de notre 5ème République ? L’exécutif peut y faire ce qu’il veut, sans consulter grand monde. Et si la première victime en était M.Sarkozy ? Et si un président impulsif avait besoin de contre-pouvoirs pour le forcer à donner le meilleur de lui-même ?

Parasitisme et principes du capitalisme

Une histoire vraie :

Pratiques d'un métier : pour savoir concevoir un produit il faut le fabriquer ; l’effort nécessité par l’acquisition du savoir-faire de conception est rémunéré par une prime sur la production du dit produit. Un donneur d’ordre a l'idée de confier la conception à des fournisseurs qui en ont le savoir-faire mais la production à des fabricants sans valeur ajoutée. Il a donc les bénéfices du savoir-faire des premiers, sans le payer. Ce qui n’est, bien sûr, pas durable.

Je me demande s’il n’y a pas ici un procédé qui est au cœur de ce que les financiers appellent « l’arbitrage » et qui est supposé conduire à un marché parfaitement efficace.

La société humaine suit des règles, qu’elle a établies au cours des ans, et qui assurent sa survie. Par exemple, un café-restaurant répartit ses coûts sur les prix qu’il pratique en fonction de ce qu’il connaît du comportement du marché (produit d’appel – le café, le menu – pas cher, suppléments – alcool – à grosse marge). Mais, en les exploitant habilement (rester des heures dans un café pour le prix d'un café), il est possible d’en tirer un bénéfice immédiat.

Pour éviter d’être victime de ce phénomène d’autodestruction, la société humaine doit donc changer ses règles en permanence. L’arbitrage ne serait donc pas un phénomène qui la rend efficace, comme l'affirment certains économistes, mais, au contraire, un jeu du gendarme et du voleur qui lui coûte cher. Les bénéfices de l’arbitrage ne seraient rien d’autre que ceux d’être asocial en société.  

Compléments :
  • Et si l'on était ici en face du problème de confiance - et de son coût - soulevé par Dominique Delmas ? Une société qui ne repose que sur la loi est une société qui perd son temps et son âme à chercher à la détourner ?
  • Depuis longtemps, je suis intrigué par la capacité qu'ont les Anglo-saxons, qu'il s'agisse de rugby ou de guerre de cent ans, pour trahir l'esprit des jeux auxquelles ils jouent. Je me demande si ce n'est pas un des principes du (ou de leur) capitalisme : Perfide Albion
  • Des économistes extrêmement prestigieux semblent penser que le LBO « redistribue » la valeur, plutôt qu’il ne l’a crée. Curieusement, ils reprennent exactement l’argument de ce billet (que j'avais écrit bien avant de découvrir ces idées...). Pour eux le fonds de LBO s'enrichit en dissolvant l'organisation sociale qu'est l'entreprise. Il y parvient en
    Rompant un contrat implicite entre employés, fournisseurs et autres parties prenantes de l’entreprise. (Breach of Trust - NYTimes.com)

lundi 23 janvier 2012

François Hollande parle

Le dernier discours de M.Hollande va-t-il dissiper le mystère de sa personnalité ?

Surprise. Les extraits qu’en donne la radio ce matin font entendre un ténor des temps héroïques de l’internationale socialiste. Il part en croisade contre la finance mondiale, et va défendre la veuve et l’orphelin. Inattendu, à un moment où on ne parle que d’économie(s), et encore à mots feutrés de peur de réveiller le marché.

Mais ce qu’en disent le Monde et la Tribune est tout différent. En dehors de quelques messages à son électorat, forts mais sans grande conséquence, on y trouve une certaine retenue dans la dépense et quelques idées qui ne surprendraient pas les économistes libéraux, comme la séparation des activités des banques (une réforme anglaise), ou l’élimination des niches fiscales (ce que The Economist encourage M.Obama à faire).
En outre, l’idée de contenir les effectifs de la fonction publique, sans suivre une « règle aveugle », ressortit aux bonnes pratiques de la conduite du changement. Dans ce domaine, M.Sarkozy a de grosses faiblesses, qui ne demandent qu’à être exploitées.

Conclusion ? M.Hollande semble exceptionnellement habile à concilier l’apparemment inconciliable.

Avenue Q

Hier, j’entendais présenter une comédie musicale par France Musique, Avenue Q. Politiquement incorrecte !

On y chante que nos petits défauts ne sont pas des vices. Nous n’irons pas en enfer pour être un peu racistes,  par exemple. Acceptons la nature humaine et laissons l’hypocrisie au vestiaire ?

Lenny serait-il ressuscité ? Ou vivrions-nous la mort des grandes idéologies moralisatrices et de leurs principes universels ?

La confiance catalyseur du développement durable ?

Un article de la TRIBUNE que m’adresse Christophe, nous dit qu’un chercheur économiste américain, John W. Henke, évalue le coût des conflits inter entreprises en France, à 50 milliards d’euros, soit 2% du PIB.

Il s’est basé sur une enquête annuelle présentée lors du quatrième comité de pilotage de la charte de la médiation inter-entreprises et de la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF), et qui établit que
14 % du chiffre d'affaires et 33 % des profits des constructeurs automobiles étaient liés à des relations de confiance avec leurs fournisseurs.
Par ailleurs Jean Claude VOLOT, le médiateur des relations inter-entreprises, je découvre son existence, considère que "La mise en œuvre d'écosystèmes, collaboratifs et de bonnes pratiques, est économiquement rentable et représente aussi un avantage concurrentiel indéniable". Il ajoute :
Il est grand temps que les donneurs d'ordres français comprennent qu'il est dans leur intérêt d'instaurer des relations collaboratives avec leurs fournisseurs, à tous les niveaux, afin que chacun gagne davantage en productivité, rentabilité, compétitivité et innovation
Cet article vient conforter nos travaux sur la RSE, Responsabilité Sociétale des Entreprises, menés avec Christophe depuis plus d’un an pour le compte de la FSE (Fédération des sociétés d’Expertise) et qui vont faire l’objet d’un séminaire le 26 janvier prochain. Que disent ces travaux ? des choses simples et de bon sens !
  • Il est important de savoir qui nous sommes, quel est notre rôle sociétal et comment le jouer avec nos parties prenantes.
  • Ils montrent que c’est une relation tendue vers un objectif commun, et donc de confiance, qui est soutenable et durable. Mon expérience personnelle, avec deux assureurs qui s’opposent dans les méthodes, me confirme chaque jour l’efficacité des relations scellées par la confiance.
Finalement, je m’interroge sur l’omniprésence du droit, qui serait un bon marqueur de la perte de confiance.
  • Plus j’encadre par le droit, plus je marque ma méfiance vis-à-vis de mon partenaire et le risque que je perçois.
  • Plus je me méfie et moins je construis.
  • Moins je prends de risque et plus je prends de risque ?

Le capitalisme d’État règne sur le monde !

The Economist s’inquiète de l’avènement de monstrueuses entreprises étatiques dans les pays émergents. (The rise of state capitalism)

Cela ne peut pas être efficace selon lui, seule l’initiative individuelle peut faire le bonheur collectif.

Curieusement, The Economist ne semble pas remarquer que le monde a appliqué ses conseils pendant plusieurs décennies, sans beaucoup de succès. Pas plus qu’il n’évoque l’après guerre, qui fut un grand nomment technocratique, à l’est comme à l’ouest. Et qui a donné, chez nous, les « trente glorieuses ».

En tout cas, contrairement à ce que nous avons connu, le développement émergent semble bricolé et fragile. D’autant qu’il n’est pas sûr que, s’il ne peut en tirer profit, l’Occident ne lui mette quelque bâton dans les roues. 

Équilibre des marchés

Les cours d’économie disent que le marché conduit naturellement à un équilibre entre offre et demande qui se situe à l’intersection de deux belles droites. La chose ne semble pas si simple.

D’après une modélisation apparemment plus réaliste, tout dépend de la vitesse de réaction des offreurs et des demandeurs. Si les seconds sont les plus rapides, les prix s’effondrent. Si c’est l’inverse, il y a formation spontanée d’une sorte d’oligopole de gougnafiers. (Cartels Are an Emergent Phenomenon, Say Complexity Theorists - Technology Review) La sélection naturelle défavoriserait-elle le meilleur rapport qualité / prix ?

D’après l’article, cela correspondrait effectivement à des comportements réels. Mais, s’il est clair que tous les secteurs économiques sont dominés par des oligopoles, est-il vrai pour autant que leur production soit de basse qualité ? Peut-être la susdite modélisation est-elle un peu simpliste ?

Compléments :

Choisir un président (3)

Que donnerait l’impératif catégorique de Kant appliqué au choix du président ? : Kant, impératif

Une de ses versions dit qu’il faut décider comme on aimerait que tout le monde décide. « Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. »

Certes, mais quid du tsunami de 2006 ? Un élan de générosité international a produit des masses d’argent inutiles. Ne faut-il pas tenir compte du comportement du reste de la population dans notre choix, sachant qu'elle ne suit pas Kant ? C’est d’ailleurs probablement ainsi que nous votons.

D’ailleurs Kant, lui-même, est pragmatique : le monde ne se fera pas en un jour, le tout est d’aller dans la bonne direction.

Aboutirait-on à une sorte d’impératif « relativement » catégorique : chercher la direction dans laquelle doit aller le pays ; évaluer le comportement prévisible de ses concitoyens ; et agir en fonction ?

Compléments :

dimanche 22 janvier 2012

François Hollande ou l’esquive ?

J’ai voulu faire une psychanalyse existentielle de François Hollande, i.e. déduire la logique qui le guide de son histoire. Mais aucune de ses biographies ne paraît satisfaisante. Une recherche sur Internet n’a pas été plus heureuse. Je n’ai trouvé qu’un article intéressant (en fait la critique d’un livre qui ne me semblait pas passionnant…).

J’en tire ? rien. À part quelques qualificatifs inquiétants :
"Monsieur Petites blagues" (Fabius), "Flanby" (Montebourg), "Couilles molles"(Aubry) mais aussi, contradictoire, "le Chinois" (pour ses manières silencieuses de tuer le gêneur avec le sourire), ou "L’Entourloupeur"...
Le pire :
le propre fils de (François Hollande :) : on se demande toujours par quelle porte va fuir François Hollande.
Et si la caractéristique de François Hollande était l’impossibilité de le décrire ? Sa vertu, sa logique première, est d’être insaisissable ? Et cela remonte aux origines, peut-être. N’a-t-il pas vécu apparemment en bonne intelligence avec un père d’extrême droite et une mère mitterrandiste ?

Un homme de courants (au sens aqueux du terme), qui ne s’attache à rien ? Il sait vivre en environnement hostile, non le changer ?

Mais alors, quel changement parle-t-il? Il ne faudra plus compter sur notre président pour changer ? 

Le Français est bien élevé

Pourquoi les enfants français se comportent-ils aussi bien ? se demande un écrivain américain.

Apparemment parce qu’aux USA l’enfant a la première place dans la famille, alors qu’en France, il compte moins que ses parents. (Non, non and non)

Sarkozy et Schröder

Il semblerait, comme je le soupçonnais, que la TVA sociale soit une tentative de rendre la compétitivité à la France, à la manière Schröder. (Down a notch)

Depuis 2000, les salaires français ont crû d’environ 40% contre 10% seulement pour la productivité. Les chiffres allemands, eux, sont longtemps restés proches. (How to restore competitiveness in the EU | vox).

Intentions similaires, mises en œuvre du changement différentes. Il y avait une forme de consensus lorsque M.Schröder a décidé de ses réformes. Quant à M.Sarkozy, il agit dans la précipitation et il faut se casser la tête pour deviner ses intentions.

Décidément, il commet toujours les mêmes erreurs (cf. Les réformes ratées du président Sarkozy) ?

Qui sont les riches (américains) ?

Les riches sont au centre du débat électoral américain. Toute la croissance de ces dernières années semble être allée chez eux (le 0,1% le plus riche recevait 12,7% des revenus nationaux en 2007). Ne serait-il pas logique de leur faire rendre gorge ?

Mais qui sont-ils ? (Who exactly are the 1%?) Ou, du moins, qui sont les nouveaux riches ?

Il semblerait que ce soit surtout les financiers. (« En 2009, les investisseurs des 25 plus riches hedge funds ont gagné 25md$, approximativement 6 fois autant que l’ensemble des PDG du S&P 500, ensemble. »)

Curieusement, Mitt Romney est l’un d’entre-eux. N’y a-t-il pas meilleur qu’un de ses représentants pour réformer la finance ? Mitt Romney, Vidocq américain ?

Psychanalyse existentielle

Je dis souvent que j’écris ce blog pour savoir pourquoi je l’écris.

Je viens de découvrir que je pratiquais la « psychanalyse existentielle ».

Les existentialistes pensaient qu’en retraçant le cours de la vie d’une personne on peut y découvrir les choix fondamentaux qui l’expliquent. (FLYNN, Thomas R., Existentialism, a very short introduction, Oxford University Press, 2006).

samedi 21 janvier 2012

Qu’attendent les peuples en crise ?

« En Italie, il y avait une demande cachée pour un gouvernement ennuyeux qui essaie de dire la vérité sans jargon politique » dit Mario Monti. (Italy’s prime minister: A good professor in Rome | The Economist)

Cette attente n’est-elle pas commune à beaucoup de pays ? Avons-nous encore les moyens de nous payer ambitions personnelles et idéologies ?

Obama réorganise son armée

« Faire des trous dans la coque pour alléger le bateau », voici comment j’explique généralement la façon usuelle de mener le changement. Ce serait peut-être celle qu’utilise Obama pour réduire les coûts de son armée.

Il élimine les troupes stationnées en Europe, alors qu’elles ont un rôle décisif de coordination des armées amies – elles-mêmes critiques dans la réduction des coûts militaires américains. (The downgrading of Europe)

Ligne directrice de ce blog

Ce blog a-t-il une ligne directrice ?

On y trouve des gens qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas.

La crise est, à l’échelle de la planète, ce qu’est la dépression pour l’homme : la preuve que ce à quoi elle croyait dur comme fer ne fonctionne pas. Pour l’en sortir, il faut plonger dans le moteur, dans l’inconscient collectif, pour y trouver l’hypothèse implicite qui fait disjoncter l’équipe.

C’est ce que fait ce blog. Il essaie de tirer la ficelle de ses croyances et de leur appliquer sa raison d’autodidacte. Avec tout ce que cela signifie d’efforts patauds.

Compléments :
  • Un de mes patrons disait : « je ne le sais pas, je vais l’enseigner ». Au fond ça pourrait être la devise de ce blog. 

vendredi 20 janvier 2012

Kodak fait faillite

Grand classique de la littérature du management : un monstre américain est incapable de s’adapter au changement. Kodak est en faillite, à 133 ans. Une victime de plus de la téléphonie mobile et du numérique.

Il avait, pourtant, vu arriver le danger. Et même étonnamment tôt.

En tout cas, FujiFilm, lui, s’est sauvé. Curieusement, son comportement a été beaucoup plus américain que celui d’un Kodak paralysé : licenciements massifs et colossaux investissements de diversification. (Technological change: The last Kodak moment? | The Economist)

N’y aurait-il tout de même pas un rien de culpabilité culturelle ?  Face à un PDG japonais qui applique ses idées depuis 2000, sans être dérangé, Kodak a changé à répétition de dirigeant, chacun essayant une nouvelle recette… 

Concordia-Germania ?

En déglinguant le couple Merkozy, Standards and Poor's aurait-il, involontairement, encouragé l’Allemagne, seul maître de l’Europe après Dieu, dans son entêtement à s'approcher des récifs ? (Charlemagne: And then there was one | The Economist)

La ville abandonnée

Sympathique western oublié de William Wellman, 1948.

Un gang de voleurs patibulaires s’abat sur un grand père et sa petite fille, chercheurs d’or.

D’autres auraient eu peur. Pas eux. La belle, d’ailleurs, ne résiste pas au fumet de SDF d’un des malfrats. Et l’amour provoque la rédemption de ceux qui survivront au règlement de compte final. Les valeurs de l’Amérique éternelle leur reviennent en mémoire. D’ailleurs, ils ont des circonstances atténuantes : la guerre (de sécession) a tourné la tête à bien des jeunes.

Le cas du méchant est peut-être le plus instructif. Son mal, c’est la « fièvre de l’or ». Vouloir s’enrichir par le vol n’est pas un pêché capital, ce qui l’est c’est de ne voir plus de la vie que la soif du lucre ? Une leçon pour les banquiers modernes ?

jeudi 19 janvier 2012

Le Danemark dans l’euro ?

Le Danemark est présenté par To opt in or not to opt in à la fois comme un appendice de l’économie allemande et comme le meilleur ami du libéralisme économique anglais. Jusqu’ici il est prudemment resté en marge de la zone euro.

Pourtant, contrairement à l’Angleterre, et peut-être à cause d’elle, il pense que cette zone est trop importante pour ses intérêts pour qu’il ne puisse pas l’influencer. Le Danemark pourrait même rejoindre l’euro, s’il survit à la crise actuelle.

Malheurs de Carrefour (suite)

Carrefour est pris entre le Charybde d’investisseurs activistes qui veulent retrouver rapidement leur mise, et le Scylla d’un modèle économique qui n’a pas suivi l’évolution de la société et de la technologie. (Bread, cheese, new boss?)

Compléments :

L’homme est-il responsable de son sort ?

Une forme de libéralisme estime que le riche est responsable de son succès et le pauvre de son malheur. Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le libéralisme est un conservatisme.

Pour ma part, je pense que le succès est le fait de la société. Mais que l’homme est responsable de ses échecs. C’est-à-dire de ne pas avoir su bien utiliser les ressources sociales.

Cela n’entraîne pas une condamnation de celui qui a failli (sinon par lui-même). En effet, l’environnement dans lequel on se trouve conditionne massivement le type de succès auquel on peut prétendre ; dans certaines situations, les chances de faire mieux que SDF sont quasi nulles ; d’ailleurs qui peut prétendre, a priori, qu’il aurait réussi dans ces circonstances et jeter une première pierre ?

Par conséquent la société doit chercher à égaliser ces conditions de départ, ou, au moins, à s’assurer que sortir, simplement, la tête de l’eau ne demande pas d’être un héros.

Qu’est-ce qui sous-tend cette opinion ? Il est possible que je fasse l’hypothèse fondamentale que notre sort est déterminé, mais qu’il n’est pas efficace de le croire. (Voir Kant, et la science moderne, sur le sujet.)

mercredi 18 janvier 2012

Pénurie de main d'oeuvre... en France ! (si, si)

Par ces temps de crise, il existe au moins un secteur qui ne cesse de progresser, y compris en France : le monde numérique. A tel point qu'une pénurie de main d'oeuvre se fait jour.

Selon Arnaud Cantet de Lincoln & Associés, "la pénurie actuelle pouvait pourtant s’anticiper à la lecture des démarches qu’ont eues l’immense majorité des entreprises :
  • Tous les acteurs recherchent des compétences dans le digital, avec des parcours proches ou similaires.
  • Les systèmes managériaux traditionnels et les organisations ne se sont pas adaptés au monde digital.
  • La demande est croissante auprès de profils qui justifient souvent de peu de réalisations concrètes."
On ne forme pas assez de spécialistes du marketing en ligne, de développeurs, etc. Trois entrepreneurs célèbres ont même créé leur propre école, l'EEMI (voir ci-dessous).

Compléments :

Mitt Romney, technocratie et crise

Qui est Mitt Romney, plus probable prochain président des USA ? Wikipedia lui consacre un très long article.
  • M. Romney vient du conseil en stratégie prestigieux (Bain). Il s’est enrichi en appliquant ses talents à un fonds d’investissement (Bain Capital).
  • Sa spécialité est la transformation du modèle économique d’une entreprise. C’est essentiellement un travail en chambre, avec une forte préoccupation de court terme. On lui reproche ainsi d’avoir revendu avec un gros bénéfice des participations qui ont subséquemment fait faillite. Il en est désolé. Mais peu de gens auraient agi différemment à sa place.
  • Il a appliqué ces talents partout où il est passé. Jeux Olympiques de Salt Lake City, État du Massachusetts…  il a redressé les comptes et remis l’affaire sur les rails, à la satisfaction générale. Il est aussi fort pragmatique : le pionnier des réformes de santé de M.Obama, dont le Tea Party aimerait faire un autodafé, c’est lui.
  • C’est un sympathique mormon : il a remarquablement bien concilié les valeurs de sa foi et sa vie, sans tomber dans le fondamentalisme ou l’hypocrisie. C'est aussi un sympathique fils de famille, qui a vraisemblablement considéré le fortune des siens comme une récompense qui se mérite par une vie consacrée à un travail acharné et au service de la communauté. Un George Bush Jr qui aurait bien tourné ?
Mitt Romney ou l’idéal américain ?

Au fond, c’est un technocrate. Mais les périodes de crise sont favorables aux gens de son espèce. Car ils ont deux qualités : ils savent parer efficacement au plus pressé et leur manque d’idéologie ne peut susciter d’affrontement suicidaire. Ce sont des gens à qui l’on peut faire confiance. Par contraste, M.Obama est trop marqué idéologiquement, ce qui est, actuellement, un handicap difficile à supporter par sa nation. 

Il reste à voir si Mitt Romney saura résister à la machine de guerre politique Barack Obama, qui, au fond, est un tueur.