samedi 21 janvier 2012

Qu’attendent les peuples en crise ?

« En Italie, il y avait une demande cachée pour un gouvernement ennuyeux qui essaie de dire la vérité sans jargon politique » dit Mario Monti. (Italy’s prime minister: A good professor in Rome | The Economist)

Cette attente n’est-elle pas commune à beaucoup de pays ? Avons-nous encore les moyens de nous payer ambitions personnelles et idéologies ?

Obama réorganise son armée

« Faire des trous dans la coque pour alléger le bateau », voici comment j’explique généralement la façon usuelle de mener le changement. Ce serait peut-être celle qu’utilise Obama pour réduire les coûts de son armée.

Il élimine les troupes stationnées en Europe, alors qu’elles ont un rôle décisif de coordination des armées amies – elles-mêmes critiques dans la réduction des coûts militaires américains. (The downgrading of Europe)

Ligne directrice de ce blog

Ce blog a-t-il une ligne directrice ?

On y trouve des gens qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas.

La crise est, à l’échelle de la planète, ce qu’est la dépression pour l’homme : la preuve que ce à quoi elle croyait dur comme fer ne fonctionne pas. Pour l’en sortir, il faut plonger dans le moteur, dans l’inconscient collectif, pour y trouver l’hypothèse implicite qui fait disjoncter l’équipe.

C’est ce que fait ce blog. Il essaie de tirer la ficelle de ses croyances et de leur appliquer sa raison d’autodidacte. Avec tout ce que cela signifie d’efforts patauds.

Compléments :
  • Un de mes patrons disait : « je ne le sais pas, je vais l’enseigner ». Au fond ça pourrait être la devise de ce blog. 

vendredi 20 janvier 2012

Kodak fait faillite

Grand classique de la littérature du management : un monstre américain est incapable de s’adapter au changement. Kodak est en faillite, à 133 ans. Une victime de plus de la téléphonie mobile et du numérique.

Il avait, pourtant, vu arriver le danger. Et même étonnamment tôt.

En tout cas, FujiFilm, lui, s’est sauvé. Curieusement, son comportement a été beaucoup plus américain que celui d’un Kodak paralysé : licenciements massifs et colossaux investissements de diversification. (Technological change: The last Kodak moment? | The Economist)

N’y aurait-il tout de même pas un rien de culpabilité culturelle ?  Face à un PDG japonais qui applique ses idées depuis 2000, sans être dérangé, Kodak a changé à répétition de dirigeant, chacun essayant une nouvelle recette… 

Concordia-Germania ?

En déglinguant le couple Merkozy, Standards and Poor's aurait-il, involontairement, encouragé l’Allemagne, seul maître de l’Europe après Dieu, dans son entêtement à s'approcher des récifs ? (Charlemagne: And then there was one | The Economist)

La ville abandonnée

Sympathique western oublié de William Wellman, 1948.

Un gang de voleurs patibulaires s’abat sur un grand père et sa petite fille, chercheurs d’or.

D’autres auraient eu peur. Pas eux. La belle, d’ailleurs, ne résiste pas au fumet de SDF d’un des malfrats. Et l’amour provoque la rédemption de ceux qui survivront au règlement de compte final. Les valeurs de l’Amérique éternelle leur reviennent en mémoire. D’ailleurs, ils ont des circonstances atténuantes : la guerre (de sécession) a tourné la tête à bien des jeunes.

Le cas du méchant est peut-être le plus instructif. Son mal, c’est la « fièvre de l’or ». Vouloir s’enrichir par le vol n’est pas un pêché capital, ce qui l’est c’est de ne voir plus de la vie que la soif du lucre ? Une leçon pour les banquiers modernes ?

jeudi 19 janvier 2012

Le Danemark dans l’euro ?

Le Danemark est présenté par To opt in or not to opt in à la fois comme un appendice de l’économie allemande et comme le meilleur ami du libéralisme économique anglais. Jusqu’ici il est prudemment resté en marge de la zone euro.

Pourtant, contrairement à l’Angleterre, et peut-être à cause d’elle, il pense que cette zone est trop importante pour ses intérêts pour qu’il ne puisse pas l’influencer. Le Danemark pourrait même rejoindre l’euro, s’il survit à la crise actuelle.

Malheurs de Carrefour (suite)

Carrefour est pris entre le Charybde d’investisseurs activistes qui veulent retrouver rapidement leur mise, et le Scylla d’un modèle économique qui n’a pas suivi l’évolution de la société et de la technologie. (Bread, cheese, new boss?)

Compléments :

L’homme est-il responsable de son sort ?

Une forme de libéralisme estime que le riche est responsable de son succès et le pauvre de son malheur. Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le libéralisme est un conservatisme.

Pour ma part, je pense que le succès est le fait de la société. Mais que l’homme est responsable de ses échecs. C’est-à-dire de ne pas avoir su bien utiliser les ressources sociales.

Cela n’entraîne pas une condamnation de celui qui a failli (sinon par lui-même). En effet, l’environnement dans lequel on se trouve conditionne massivement le type de succès auquel on peut prétendre ; dans certaines situations, les chances de faire mieux que SDF sont quasi nulles ; d’ailleurs qui peut prétendre, a priori, qu’il aurait réussi dans ces circonstances et jeter une première pierre ?

Par conséquent la société doit chercher à égaliser ces conditions de départ, ou, au moins, à s’assurer que sortir, simplement, la tête de l’eau ne demande pas d’être un héros.

Qu’est-ce qui sous-tend cette opinion ? Il est possible que je fasse l’hypothèse fondamentale que notre sort est déterminé, mais qu’il n’est pas efficace de le croire. (Voir Kant, et la science moderne, sur le sujet.)

mercredi 18 janvier 2012

Pénurie de main d'oeuvre... en France ! (si, si)

Par ces temps de crise, il existe au moins un secteur qui ne cesse de progresser, y compris en France : le monde numérique. A tel point qu'une pénurie de main d'oeuvre se fait jour.

Selon Arnaud Cantet de Lincoln & Associés, "la pénurie actuelle pouvait pourtant s’anticiper à la lecture des démarches qu’ont eues l’immense majorité des entreprises :
  • Tous les acteurs recherchent des compétences dans le digital, avec des parcours proches ou similaires.
  • Les systèmes managériaux traditionnels et les organisations ne se sont pas adaptés au monde digital.
  • La demande est croissante auprès de profils qui justifient souvent de peu de réalisations concrètes."
On ne forme pas assez de spécialistes du marketing en ligne, de développeurs, etc. Trois entrepreneurs célèbres ont même créé leur propre école, l'EEMI (voir ci-dessous).

Compléments :

Mitt Romney, technocratie et crise

Qui est Mitt Romney, plus probable prochain président des USA ? Wikipedia lui consacre un très long article.
  • M. Romney vient du conseil en stratégie prestigieux (Bain). Il s’est enrichi en appliquant ses talents à un fonds d’investissement (Bain Capital).
  • Sa spécialité est la transformation du modèle économique d’une entreprise. C’est essentiellement un travail en chambre, avec une forte préoccupation de court terme. On lui reproche ainsi d’avoir revendu avec un gros bénéfice des participations qui ont subséquemment fait faillite. Il en est désolé. Mais peu de gens auraient agi différemment à sa place.
  • Il a appliqué ces talents partout où il est passé. Jeux Olympiques de Salt Lake City, État du Massachusetts…  il a redressé les comptes et remis l’affaire sur les rails, à la satisfaction générale. Il est aussi fort pragmatique : le pionnier des réformes de santé de M.Obama, dont le Tea Party aimerait faire un autodafé, c’est lui.
  • C’est un sympathique mormon : il a remarquablement bien concilié les valeurs de sa foi et sa vie, sans tomber dans le fondamentalisme ou l’hypocrisie. C'est aussi un sympathique fils de famille, qui a vraisemblablement considéré le fortune des siens comme une récompense qui se mérite par une vie consacrée à un travail acharné et au service de la communauté. Un George Bush Jr qui aurait bien tourné ?
Mitt Romney ou l’idéal américain ?

Au fond, c’est un technocrate. Mais les périodes de crise sont favorables aux gens de son espèce. Car ils ont deux qualités : ils savent parer efficacement au plus pressé et leur manque d’idéologie ne peut susciter d’affrontement suicidaire. Ce sont des gens à qui l’on peut faire confiance. Par contraste, M.Obama est trop marqué idéologiquement, ce qui est, actuellement, un handicap difficile à supporter par sa nation. 

Il reste à voir si Mitt Romney saura résister à la machine de guerre politique Barack Obama, qui, au fond, est un tueur.

Justification des gros salaires

Les gros salaires anglais sont attaqués de tous côtés. The Economist a trouvé un argument imparable pour les défendre. La globalisation. Il y a alignement des responsabilités et des rémunérations des patrons mondiaux.

En 12 ans, le salaire des patrons a triplé, mais est resté stable pour le reste de la population. (Bosses under fire) Pour elle, la croissance, c’est fini. Autre conséquence de la globalisation ?

Avec des défenseurs comme The Economist, le capitalisme n’a plus besoin d’ennemis. 

Nouvelles des banques européennes

Une étape critique de la remise à flots de l’économie européenne passe par la reconstitution des réserves des banques, sans pour autant assécher l’économie. Réussissent-elles ?

Peut-être. Grâce à l’innovation comptable… (By hook or by crook)

mardi 17 janvier 2012

Conditions de réussite des changements gouvernementaux

Pour être honnête, tous les changements de nos gouvernements n’échouent pas. (Suite du billet précédent.)
  • Abolition de la peine de mort, établissement de l’euro (même si nous devons nous débattre avec ses conséquences), concurrence dans la téléphonie mobile = succès. 
  • Les changements d’après-guerre ont transformé radicalement le pays. Cependant, comme le disent Hayek (The road to serfdom) ou Galbraith (L'ère de la planification), ils ne furent pas la particularité de la France. Ils sont le résultat d’un mouvement technocratique mondial.
Enseignements ? Les gouvernements ont des zones de pouvoir et de légitimité, dont ils savent jouer. Mais surtout, le changement ne rencontre pas de résistance s’il répond à une aspiration du peuple… L'exécutif est là pour exécuter la volonté générale, disaient les Lumières...

Le changement comme discours politique

J’entendais la radio dire ce matin que parler de changement en politique était une banalité. (M.Hollande serait-il banal ?) La mode aurait été lancée par M.Giscard d’Estaing, en 1974.

Faut-il s’en réjouir ?
  • Édouard Balladur. Il veut créer une économie sur le modèle allemand. C'est-à-dire avec des interrelations capitalistiques entre entreprises, qui empêchent toute prise de participation inamicale (étrangère). Malheureusement l’entreprise française manque de fonds, et ce système de « noyaux durs » l’assèche un peu plus. Elle saisira la première occasion pour se libérer de ses liens et s’ouvrir en grand aux capitaux étrangers, sur le modèle américain. (Transformation de l'entreprise française)
  • Martine Aubry. Pour éliminer le chômage, elle veut faire travailler le Français 35h, 10% de moins qu’auparavant. Pour la mise au point du dispositif, elle compte sur une négociation entre acteurs locaux. Malheureusement, ils n’y sont pas préparés. Les acteurs les plus puissants impriment leur marque à la mise en œuvre de la loi. (Le changement de l'économie française)
  • Nicolas Sarkozy. 18 premiers mois de réformes. Nicolas Sarkozy attaque des « intérêts spéciaux » (grandes surfaces, taxis, syndicats, universités…). Tactique : les prendre de vitesse, et lâcher, en dernière minute, une concession qui leur permette de sauver la face. Résultat ? Ils résistent. Les délais donnés par notre président deviennent un piège. Les services de l’État, pour les tenir, cèdent aux exigences de ceux qu’ils devaient réformer. Mais ils leur demandent une concession, afin de sauver la face. (Les réformes ratées du président Sarkozy)

Nouvelles de Grèce

Le Grec supporterait ses malheurs avec stoïcisme. Mais de prochaines élections menacent cet équilibre précaire. (The Mediterranean blues)

Une si jolie petite plage

Film d’Yves Allégret, 1949.

La pluie est le héros du film. Anti brochure touristique pour plages du nord.
Il pleut, donc, à sauts, sur des misérables, dignes de Victor Hugo, et quasiment nus. La France d’après guerre devait être une grande machine d’exploitation de l’homme par l’homme.

Mais il y a un rayon de soleil dans ce liquide et cette gadoue, un enseignement édifiant : il vaut mieux encore l’esclavage que le vice. Non pour des raisons morales, mais parce que le second finit par être plus insupportable que la première.

Compléments :
  • Comme chez Clint Eastwood, il y a rédemption par la mort, et sauvetage d’une âme, au passage.
  • Parabole ? La France occupée vue par l’intellectuel ? Des innocents, victimes d’un peuple rural, calculateur, médiocre et laid ?

lundi 16 janvier 2012

De plus en plus de catastrophes naturelles ?

Une pierre dans le jardin de Dominique Delmas. Dominique est un expert des « Catnat » (« catastrophes naturelles », pour les initiés), et ce billet parle de leur coût.

Celui-ci augmente, non parce que la nature s’affole, mais en conséquence de l’évolution de la société : la logique de l’économie nous amène là où frappent les catnat, mais sans nous donner les moyens de nous défendre.

Recommandations aux gouvernements : prévoir des moyens de prévenir les conséquences des désastres ; ne pas laisser construire n’importe où ; ne pas subventionner les primes d’assurance, qui doivent refléter le coût réel du risque. L’entreprise (et l’individu ?) doit aussi faire entrer la Catnat dans son vocabulaire, et dans ses plans.

Compléments :

La science économique sauvée par le blog ?

Réunion annuelle de l’American Economic Association. On semble y découvrir que les recommandations de l’économiste ne se préoccupent pas de la faisabilité des changements qu’elles sous-entendent (pour parler comme ce blog). La vie n’est pas une équation. De surcroît, « l’économie a internalisé les opinions de ses riches bienfaiteurs ».

Possible rédemption ? « La technologie, au moins, aide la profession à être plus honnête ». Le blog permet à des opinions discordantes de se faire entendre. (The Beltway constraint)

Choisir un président (2) : Kant et la République

Maintenant, au tour de Kant et de la République. Pour Kant, le régime politique idéal est celui de la République. C'est-à-dire un exécutif qui met en œuvre la volonté générale, représentée par le législatif. Les deux doivent évidemment être séparés. Ça commence mal pour la France.

On peut en déduire quelques critères de sélection curieux :
  • Un exécutif qui exécute sa propre volonté est une dictature. Par conséquent le candidat qui est porté par une idéologie et qui a la capacité de la mettre en oeuvre doit être écarté.
  • L’intérêt général sous-entend la recherche de ce qui unit la nation. Un candidat qui « divise pour régner », ou qui utilise la démagogie (voir ce qu’en pense Aristote) pour disloquer les principes fondateurs du pays, devrait donc être hors jeu.
  • Mais l’exécutif doit aussi avoir la capacité à exécuter. Un exécutif qui ne sait pas se décider est aussi un mauvais choix (on retrouve les idées du billet précédent). 

dimanche 15 janvier 2012

Génération BSP et RSE

Par Dominique Delmas.

Vendredi, dans le cadre de mes expertises, je suis allé consulter le dossier public «environnement» d’un industriel important. La DRIEE avait mis à ma disposition une dizaine de documents, récents, de 50 à 400 pages chacun, qui matérialisent le suivi du respect des obligations dudit industriel en matière d’environnement… En 1990 lorsque je rédigeais ces mêmes documents, ils ne comportaient qu’un seul volume de 30 à 40 pages! Et lorsque je frappais à la porte des dirigeants d’entreprise pour vendre ces études d’impact avec des contrôles de pollution, le contact était condescendant, ironique, amusé, agacé, rarement curieux et jamais aucun volontarisme ou motivation n’alimentait l’échange.

C’est donc sans doute la foi inébranlable et la fougue de la jeunesse qui me poussaient. L’écologie, l’environnement étaient alors encore, l’apanage des doux rêveurs idéalistes. 20 ans plus tard, lorsque je regarde la génération des dirigeants en place, je m’amuse de voir leur intérêt appuyé et leur connaissance sérieuse lorsque l’on parle « d’environnement ».

Ce long cheminement a été bien sûr porté par l’émergence du code de l’environnement et la pression de son volet pénal (aujourd’hui plus épais que le code civil), et par l’évolution de la société civile.Quelle entreprise n’a pas son  « responsable environnement » ? La génération actuelle, qui pétille d’initiatives, est née avec les concepts du développement durable dans les cartables et les cartoons.

Elle sera probablement le maillon entre son arrivée à maturité et le développement en marche de son prolongement : la RSE/RSO – Responsabilité Sociétale des Entreprises ou Organisations. Les réalités douloureuses comme la raréfaction de certaines ressources, la pression de la démographie, la mondialisation, la faiblesse des Etats, les technologies de l’information, l’évolution de la société civile en tant de crise seront probablement ses moteurs.

Mais si la prise en compte de « l’environnement » dans l’entreprise a été poussée par la réglementation, la RSE semble poussée par le BSP (le bon sens paysan). ISO 26000, basé sur le volontariat et conçu par plusieurs centaines d’experts du monde entier, en est l’illustration parfaite. Sans doute la RSE arrivera-t-elle à faire ce que le développement durable à loupé, convaincre les actionnaires et investisseurs.

Un article de la newsletter de Mc Kinsey Quarterly (merci Christophe) pose la question : comment avec la RSE créer de la valeur pour l’entreprise et pour la société ? L'étude montre que les managers restent frileux à l’idée de transmettre des projets étiquetés RSE qui seraient vus comme en décalage avec le cœur de métier par les parties prenantes au business. Ses trois auteurs proposent que l’entreprise s’appuie sur quatre principes simples pour mettre en cohérence pur business et RSE :
  1. garder comme objectif la satisfaction des besoins des parties prenantes et de leur marché,
  2. communiquer sur des actions solides et des objectifs de l’entreprise qui sont dans l’intérêt des parties prenantes,
  3. travailler sur le volet RSE avec des parties prenantes déjà partenaires
  4. évaluer et contrôler régulièrement que les objectifs et initiatives de l’entreprise sont en cohérence avec ceux des parties prenantes
Cette démarche correspond à un calibrage permanent de l’étude de marché de l’entreprise. Ce processus donne la capacité d’anticiper le marché, d’innover de créer de la valeur chère aux actionnaires, ce qui rassure les parties prenantes et augmente leur écoute !

Ne serait ce pas là un cercle vertueux ?

La campagne de Hollande

Ai-je compris ce que disait M.Hollande tout à l’heure ? M.Sarkozy vous a beaucoup promis, ça n’a pas marché, moi je ne vous promets rien ?
  • Si oui, le changement de M.Hollande est un retour aux origines. Nous demande-t-il un acte de foi ?
  • Mais je me suis probablement trompé. Ramener M.Sarkozy à ses promesses est un sophisme peu compatible avec la rigueur morale intransigeante de M.Hollande. Car, qu’il le dise ou non, M.Sarkozy a une conviction (favoriser l’entreprise pour tirer l’économie). Pat ailleurs, s’il a une langue fourchue, il a un comportement, qui, sur le long terme, est prévisible. C’est un pragmatique qui croit au rapport de forces. Tous les candidats jusqu’ici ont été comme lui - et dans tous les pays. Ils ont beaucoup promis et peu tenu, mais, leur parti avait une ligne. Nous savions à quoi nous attendre en les élisant.
Qu’en est-il de M.Hollande ? A-t-il seulement un programme ? Une fois au pouvoir, va-t-il faire une grande improvisation ? Ou nous cache-t-il des choses qui pourraient nous froisser ? 

Panne d’Honda ?

Honda se serait-elle laissé aller ? Sa force aurait été ses moteurs, or ils sont dépassés, sa ligne haut de gamme, autre force n’est plus dans le coup, et la Honda Civic est un échec cuisant. (Honda's troubles: Running out of time | The Economist)

Cas isolé, ou le Japon perdrait-il le contact avec le reste du monde, et du marché ?

Compléments :
  • Le cas de Toyota.

La face cachée du miracle indien

Où sera l’Inde en 2025 ? (What will India look like in 2025? | vox) Nulle part, peut-être.

Elle a connu une croissance astronomique, certes. Certains sont devenus fabuleusement riches, mais, pour le reste, c’est le tiers monde, ou pire. Elle manque cruellement d’entrepreneurs, 90% des emplois sont dans le secteur informel, la pauvreté se maintient à un niveau exceptionnel (en Asie du sud, « la mortalité infantile et les niveaux de malnutrition sont parmi les plus élevés au monde »), et le conflit social y est endémique.

On ne peut pas compter sur le marché seul pour tirer un peuple de la famine ?

Perte du AAA : il va falloir sortir les tripes !

D'accord, on peut désavouer les méthodes, voire nier la légitimité des agences de notation. Elles ne sont pas neutres, ni par leur nationalité, ni par leurs propres intérêts. Cela dit, ne parlons pas du juge mais plutôt de ceux qui sont au banc des accusés, avec la France au premier rang.

Depuis combien d'années sait-on que la France est trop endettée ? que les déficits s'empilent dans toutes les strates de la comptabilité nationale ? que ses administrations dépensent trop et trop mal ? que ses systèmes sociaux sont trop généreux ou mal gérées (ou les deux) ? que son déficit commercial est malsain ? que le coût du travail est trop élevé ? que l'on gaspille du précieux capital dans les dépenses courantes ? que les écarts de compétitivité avec l'Allemagne et d'autres perdurent ? Depuis combien de temps se voile-t-on la face ?

Et depuis combien de temps nos hommes politiques insistent sur la paille dans l'oeil bruxellois en oubliant les poutres qu'ils trimballent dans les deux yeux ? A combien de réformes de fond a-t-on renoncé au lieu de corriger nos déséquilibres ? Combien de démissions, de renoncements au fil des années devant l'inévitable train de la catastrophe que l'on voyait poindre à l'horizon et qui nous roule dessus aujourd'hui ? Combien de fois la grève et l'occupation de la rue par les intérêts particuliers ont supplanté le suffrage universel ? Combien de fois le courage de dire la vérité et d'affronter la réalité nous a manqué ? Combien de fois a-t-on parlé aux Français comme s'ils étaient des enfants gâtés impossibles à éduquer ? Combien de fois, de tous bords, a-t-on préféré l'affrontement à la négociation collective ? la passion à la raison ? l'idéologie au pragmatisme ?

Maintenant on s'agite, on crie au scandale, on décide de réformes des traités européens en quelques jours ou mois, là où on mettait auparavant des années. Tout à coup, nous devenons farouchement européens ! Et les promesses de vertus budgétaires sont trompettées de toutes parts ! On racle les fond de tiroirs, on s'agenouille devant les BRIC et les fonds souverains sans même en boire la honte. C'est tout juste si on ne cherche pas des boucs émissaires - espérons ne pas en arriver là, cela rappellerait de trop mauvais souvenirs.

Nous sommes aux abois parce que pendant des décennies nous n'avons pas fait notre travail, ni de politicien, ni de responsable économique ou social, ni de citoyen.

Est-ce politiquement incorrect de dire que cette dégradation, nous la méritons ? Est-ce impensable de croire que les Français, chacun dans leur responsabilité, vont enfin se sortir les tripes pour changer et s'adapter au nouveau monde qui se dessine déjà ? Quand allons-nous accepter d'affronter notre destin la tête droite et les yeux ouverts ? et oser tous les courages ?