samedi 28 janvier 2012

Réseaux sociaux et mode : Instagram

Facebook et Twitter sont d’un autre temps : ne demandent-ils pas d’écrire ?

Voici enfin un réseau social pour les jeunes : Instagram. Plus que des photos (ou des vidéos), mécaniquement branchées.

Le réseau social et sa succession de modes dit-il quelque-chose sur l’Amérique ?

Une société construite sur la recherche de la fortune instantanée, et sur l’exploitation des modes. La start up n’y devient jamais grown up. Elle a disparu avant. Ce n’est pas grave, ses fondateurs sont riches. 

Hollande, par KO ?

N.Sarkozy semble mal parti.

Son espoir, à mon avis, était de démontrer que M.Hollande était ce que Jean Haguet appelle un « ni ni Flamby ».

Mais M.Hollande a fait un bruit convaincant. Il a eu l’habileté de présenter un programme suffisamment évasif pour être impossible à torpiller. Et il aurait surclassé A.Juppé, le seul membre du gouvernement ayant un peu de consistance. 

Les vices de wikipedia

Je suis amené, coup sur coup, à comparer les versions françaises et anglaises de wikipedia. D’abord pour « Henriette d’Angleterre », puis pour « coût de transaction ». J'obtiens des résultats différents en ce qui concerne ce que cherchais. (Les amants possibles de la première, et le rôle de Kenneth Arrow dans l’usage du second.)

Limites de wikipedia ? Seul un expert peut parvenir à une maîtrise suffisante d’un sujet pour en faire une synthèse convaincante ? Accumuler des citations donne du « ni fait ni à faire » ?

Compléments :
  • Un reproche, cette fois-ci systématique : des références généralement inutilisables pour lancer sa propre recherche.

Vers une fédération mondiale ?

Ne sommes nous pas dans le scénario prévu par Kant ? Une fédération mondiale d’États maintenue en équilibre par l’action et la réaction de cultures différentes, qui vivent en « paix armée » les uns avec les autres.

Comme toute fédération, celle-ci semble s’entendre sur quelques principes « universels » (par la force des choses) : les hommes sont plus ou moins égaux – il est devenu difficile de les massacrer en toute bonne conscience ; la science pratique, de l’ingénieur, est utile ; un capitalisme (ou simplement le commerce ?), que chacun essaie d’accommoder à ses intérêts, conduit le monde ; pour le reste, l’homme tente de défendre ce à quoi il croit, une version diluée de sa culture d’origine, au sens où elle peine à conserver son aspiration à l’absolu.

Les empires romains, c’est fini ? Idem pour les grandes croissances glorieuses d’après guerre ? Monde un peu gris, peu innovant, où chacun est replié sur soi et joue sur les faiblesses de l’autre pour le maintenir dans la médiocrité ? La définition même du comportement français par l’Anglais ? Le monde sera-t-il français ? 

vendredi 27 janvier 2012

Faut-il supprimer les anniversaires ?

J’ai toujours regretté de ne pas avoir pu approfondir les travaux de Jean-François Marcotorchino. C’est un mathématicien qui a inventé des méthodes d’analyse de données qui ne demandent pas de les grouper (par exemple, « avez-vous dix ans ou moins, entre onze et vingt ans… »). Ce qui a d’énormes avantages, les classements introduisant des biais.

Ne faudrait-il pas faire de même avec l’âge ? Avec notre système actuel, nous nous réveillons du jour au lendemain avec l’impression d’avoir pris une décennie, ou d'être devenu un autre. Illogique ?

À la réflexion, il me semble qu’il a tout de même une vertu. Il nous force au changement. De temps à autre, nous recevons un choc brutal. Qui nous contraint à faire le deuil de ce que nous étions, et de réinventer notre approche de la vie, et nos attentes. 

Invention de la laïcité

Au point de départ, donc, « individu » n’est que le nom du cadre permettant de sauvegarder l’expérience religieuse des intrusions du pouvoir politique, il sera alors à défendre aussi bien contre l’État que contre le pouvoir ecclésiastique. Tel est le sens de la laïcité moderne. (L’Esprit des Lumières, Tzvetan Todorov.)
Le protestantisme à l’origine de la laïcité ? Comme première expression de l’individualisme ?

De l’utilité des préparations aux grandes écoles

Pourquoi avoir travaillé aussi dur en préparations (aux grandes écoles) pour travailler autant maintenant ? se demande un ami, polytechnicien et entrepreneur, confronté à l’irrationalité du sort.

Ce qui suscite chez moi deux idées :
  • Notre monde a changé. Hier, nos études nous sélectionnaient pour la vie. Elles nous plaçaient à un endroit de la société, où nous n’avions pas besoin de faire preuve de génie. Nous exécutions une sorte de volonté collective. Aujourd’hui, y compris dans l’administration, l’avenir et notre rôle sont beaucoup plus à créer que par le passé, ce qui est singulièrement hasardeux et compliqué.
  • Il y a confusion sur ce que signifie « travailler dur ». Une de mes voisines m’explique régulièrement que les SDF sont des paresseux : ne s’est-elle pas tirée d’une situation difficile par ses propres moyens ? Certes, mais elle habite un appartement qui appartient à sa famille. L’insuccès ne vient pas tant d’un manque d’effort que d’une incapacité, en dépit de ses efforts, à trouver la solution à ses problèmes. Nous ressemblons de plus en plus à des mouches tapant contre une vitre. 

jeudi 26 janvier 2012

Faut-il excommunier le changement ?

Bossuet :
Sortez du temps et du changement, aspirez à l’éternité : la vanité ne vous tiendra plus asservis. (Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre)
Le changement est-il le propre d’un monde obsédé par lui-même : n’étant jamais satisfait de son sort, il n’arrête pas de changer, et devient l’esclave du changement même ?

Dans l’oraison d’Henriette de France (la mère de la précédente, décédée peu de temps auparavant), Bossuet observe avec consternation les transformations récentes de l’Angleterre. Après être sortie du catholicisme, elle a liquidé son roi, mari d'Henriette d'Angleterre, et a vu une éclosion de sectes multiples. L’égoïsme mène à l’anarchie ? 

Ce qu'Internet a changé: le protocole

Avec quelques jours de retard par rapport à ce que j'avais prévu, je poursuis cette chronique sur le changement introduit par Internet. Premier paradigme: le transport d'informations sur la base d'un protocole d'échanges. C'est une première rupture.



MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine

Une présentation du MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine (je m’occupe du cours de conduite du changement).
Le MBA vise des personnes qui souhaitent :
  • Prendre du recul par rapport à leur quotidien,
  • Évoluer à l’intérieur ou à l’extérieur de leur entreprise,
  • Bénéficier d’un encadrement de qualité dans une Université réputée,
  • Bénéficier d’une connaissance de l’état de l’art en termes de management des performances, développant les leviers de contrôle des risques, les leviers d’apprentissage et la dimension éthique, en plus des approches classiques sur le sujet,
  • Se poser les bonnes questions en fonction de chaque contexte organisationnel.
La formation s’adresse à ceux qui managent et à ceux qui construisent les dispositifs permettant à ces managers d’avoir les commandes. site http://www.mba-controle.fr/.
Pourquoi suis-je intéressé par ce type de MBA ?
  • Il est suivi par des gens qui, généralement, se sont distingués dans leur carrière, et qui cherchent un diplôme complémentaire pour accompagner un nouveau grade. Or, bien souvent, ils doivent leur promotion à un « exploit ». Et cet exploit est un changement. (Mais ils ne s’en sont pas toujours rendu compte.)
  • En outre, je crois qu’on en revient ici à la mission initiale du MBA (américain) : apporter les connaissances qui manquent à une personne qui a donné des preuves de son potentiel exceptionnel de management. Le MBA moderne est devenu une copie de l’ENA : il propulse des intellectuels au sommet de l’entreprise.

Reflux de la culture occidentale ?

Le printemps arabe fut-il celui de la démocratie ?

Si l’on regarde l’histoire du Moyen-Orient sous l’angle culturel, on observe :

Une vague colonisatrice, supposée apporter les Lumières à des peuples attardés. Une contre vague, qui, au nom de ses valeurs, refuse le joug de l’Occident. Elle aboutit à l’installation de gouvernements dictatoriaux et « progressistes » (à notre sens). L’Iraq, la Syrie, et l’Égypte furent, il y a quelques décennies, des dictatures éclairées.

La nouvelle vague semble un retour aux valeurs culturelles traditionnelles. En particulier, l’Arabie Saoudite et l’Iran tiennent le haut du pavé. 

mercredi 25 janvier 2012

Mongolie, nouvel Eldorado ?

On promet le plus brillant des avenirs à la Mongolie (Mine, all mine). Elle regorge des ressources minérales dont a besoin la Chine. Sa culture nomade est en passe d’être transformée en mine à ciel ouvert par les compagnies occidentales. (Et en désastre écologique ?)

Nouvelle Arabie Saoudite ? Je n’en suis pas convaincu. L’exploitation pétrolière n’est-elle pas plus sûre que l’activité minière, surtout quand celle-ci a pour client la Chine ? L’Arabie Saoudite a su s’approprier la rente pétrolière, en sera-t-il de même de la Mongolie ? 

Et si B.Obama ne se représentait pas ?

Le couple Obama pense que l’Amérique, ses politiciens et leurs coups bas ne méritent pas un aussi noble président (Party of two). Comme les intellectuels du billet précédent ?

M.Obama a la force du juste. Par contre, il ne prend probablement pas suffisamment au sérieux les aspirations de ses concitoyens et les tactiques de ses adversaires. Ce qui expliquerait qu’il leur ait laissé l’initiative, alors qu’ils étaient à terre.

L’intellectuel français contre le peuple ?

Ma chronique cinéma m’a fait découvrir un phénomène curieux. L’intellectuel français semble haïr le peuple. C’est du moins comme cela que j’interprète Une si jolie petite plage ou OSS117 Rio ne répond plus.

D’où cela vient-il ?
  • De la nuit des temps ? On dit que le roi s’était allié au peuple pour se protéger de la noblesse, peut-être que le noble haïssait lui aussi le peuple, et que cette haine a été léguée au privilégié moderne, l’intellectuel ? Mais le noble devait mépriser, non haïr.
  • De ce que « intellectuel » = raison = « droits de l’homme » ? L’intellectuel dénonce un peuple trop préoccupé de ses propres intérêts ?
L’étonnant, pour moi, est que l’intellectuel (fatalement de gauche) est supposé être du côté du peuple. Mais, peut-être s’en est-il inventé un, digne de lui ? Les pupilles de l’Etat de la si jolie petite plage, les Roms, ou les peuples colonisés ? 

mardi 24 janvier 2012

Pourquoi Apple n’emploie-t-il pas d’Américains ?

En ces temps de chômage, l’Amérique se demande ce qui lui est arrivé. Exemple caractéristique : Apple est monstrueusement rentable, n’ayant pas réellement de concurrents. Pourquoi emploie-t-elle aussi peu d’Américains ?

Apparemment pas uniquement pour une question d’argent. Les actionnaires de la société gagneraient juste un peu moins, mais ses profits n’en seraient qu’à peine affectés.

Ce serait pour des raisons de main d’œuvre. L’Amérique manque de qualifications intermédiaires. (Apple, America and a Squeezed Middle Class - NYTimes.com)

L’offre et la demande ne s’adapteraient-elles pas mécaniquement l’une à l’autre ? Ou est-ce parce que l’Amérique ne fabrique plus chez elle que sa main d’œuvre ne peut s’adapter à ses besoins ? 

Génocide arménien et esprit des lois

Un parlement ne peut décréter qu’il y a eu génocide en Turquie sans aller contre l’esprit des Lumières, dit L’Esprit des Lumières de Tzvetan Todorov.
Les députés français n’en étaient pas à leur coup d’essai. Quelques années plus tôt, ils avaient décidé que la Turquie était bien coupable du génocide Arménien (…) La puissance publique n’a pas le droit de décider où réside la vérité, disait Condorcet.
Les Lumières distinguent en effet le bien du vrai. Le rôle du politique est de dire le premier, celui de la science le second. Aucun ne peut contraindre l’autre.

Quand le parlement décrète qu’il y a eu génocide n’agit-il pas comme l’Église condamnant Galilée ? De simples êtres humains s’arrogent le droit de définir une fois pour toute ce qui est vrai, et de mettre un terme à la marche de la science ? Le sujet est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît. C’est la liberté de l’homme qui est en jeu. Comment justifier, en effet, qu’un homme puisse être empêché de poursuivre le vrai ?  Si l'Etat décide du vrai, et condamne les contrevenants, c'est la dictature !

Certes. Mais les Lumières, comme l’explique T.Todorov, ont aussi dénoncé le scientisme : la science comme valeur absolue. Peut-on laisser une science folle faire n’importe quoi ? D’ailleurs, les Lumières n’étaient-elles pas un moralisme ? Ce qu’elles mettent au dessus de tout, y compris probablement de la science, c’est la « volonté générale », celle du peuple.

Qu’est-ce que cela donne dans notre cas ? Que pense la volonté générale du génocide arménien ? Probablement pas grand-chose.

Et si ce que révélait ce débat était une faille de notre 5ème République ? L’exécutif peut y faire ce qu’il veut, sans consulter grand monde. Et si la première victime en était M.Sarkozy ? Et si un président impulsif avait besoin de contre-pouvoirs pour le forcer à donner le meilleur de lui-même ?

Parasitisme et principes du capitalisme

Une histoire vraie :

Pratiques d'un métier : pour savoir concevoir un produit il faut le fabriquer ; l’effort nécessité par l’acquisition du savoir-faire de conception est rémunéré par une prime sur la production du dit produit. Un donneur d’ordre a l'idée de confier la conception à des fournisseurs qui en ont le savoir-faire mais la production à des fabricants sans valeur ajoutée. Il a donc les bénéfices du savoir-faire des premiers, sans le payer. Ce qui n’est, bien sûr, pas durable.

Je me demande s’il n’y a pas ici un procédé qui est au cœur de ce que les financiers appellent « l’arbitrage » et qui est supposé conduire à un marché parfaitement efficace.

La société humaine suit des règles, qu’elle a établies au cours des ans, et qui assurent sa survie. Par exemple, un café-restaurant répartit ses coûts sur les prix qu’il pratique en fonction de ce qu’il connaît du comportement du marché (produit d’appel – le café, le menu – pas cher, suppléments – alcool – à grosse marge). Mais, en les exploitant habilement (rester des heures dans un café pour le prix d'un café), il est possible d’en tirer un bénéfice immédiat.

Pour éviter d’être victime de ce phénomène d’autodestruction, la société humaine doit donc changer ses règles en permanence. L’arbitrage ne serait donc pas un phénomène qui la rend efficace, comme l'affirment certains économistes, mais, au contraire, un jeu du gendarme et du voleur qui lui coûte cher. Les bénéfices de l’arbitrage ne seraient rien d’autre que ceux d’être asocial en société.  

Compléments :
  • Et si l'on était ici en face du problème de confiance - et de son coût - soulevé par Dominique Delmas ? Une société qui ne repose que sur la loi est une société qui perd son temps et son âme à chercher à la détourner ?
  • Depuis longtemps, je suis intrigué par la capacité qu'ont les Anglo-saxons, qu'il s'agisse de rugby ou de guerre de cent ans, pour trahir l'esprit des jeux auxquelles ils jouent. Je me demande si ce n'est pas un des principes du (ou de leur) capitalisme : Perfide Albion
  • Des économistes extrêmement prestigieux semblent penser que le LBO « redistribue » la valeur, plutôt qu’il ne l’a crée. Curieusement, ils reprennent exactement l’argument de ce billet (que j'avais écrit bien avant de découvrir ces idées...). Pour eux le fonds de LBO s'enrichit en dissolvant l'organisation sociale qu'est l'entreprise. Il y parvient en
    Rompant un contrat implicite entre employés, fournisseurs et autres parties prenantes de l’entreprise. (Breach of Trust - NYTimes.com)

lundi 23 janvier 2012

François Hollande parle

Le dernier discours de M.Hollande va-t-il dissiper le mystère de sa personnalité ?

Surprise. Les extraits qu’en donne la radio ce matin font entendre un ténor des temps héroïques de l’internationale socialiste. Il part en croisade contre la finance mondiale, et va défendre la veuve et l’orphelin. Inattendu, à un moment où on ne parle que d’économie(s), et encore à mots feutrés de peur de réveiller le marché.

Mais ce qu’en disent le Monde et la Tribune est tout différent. En dehors de quelques messages à son électorat, forts mais sans grande conséquence, on y trouve une certaine retenue dans la dépense et quelques idées qui ne surprendraient pas les économistes libéraux, comme la séparation des activités des banques (une réforme anglaise), ou l’élimination des niches fiscales (ce que The Economist encourage M.Obama à faire).
En outre, l’idée de contenir les effectifs de la fonction publique, sans suivre une « règle aveugle », ressortit aux bonnes pratiques de la conduite du changement. Dans ce domaine, M.Sarkozy a de grosses faiblesses, qui ne demandent qu’à être exploitées.

Conclusion ? M.Hollande semble exceptionnellement habile à concilier l’apparemment inconciliable.

Avenue Q

Hier, j’entendais présenter une comédie musicale par France Musique, Avenue Q. Politiquement incorrecte !

On y chante que nos petits défauts ne sont pas des vices. Nous n’irons pas en enfer pour être un peu racistes,  par exemple. Acceptons la nature humaine et laissons l’hypocrisie au vestiaire ?

Lenny serait-il ressuscité ? Ou vivrions-nous la mort des grandes idéologies moralisatrices et de leurs principes universels ?

La confiance catalyseur du développement durable ?

Un article de la TRIBUNE que m’adresse Christophe, nous dit qu’un chercheur économiste américain, John W. Henke, évalue le coût des conflits inter entreprises en France, à 50 milliards d’euros, soit 2% du PIB.

Il s’est basé sur une enquête annuelle présentée lors du quatrième comité de pilotage de la charte de la médiation inter-entreprises et de la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF), et qui établit que
14 % du chiffre d'affaires et 33 % des profits des constructeurs automobiles étaient liés à des relations de confiance avec leurs fournisseurs.
Par ailleurs Jean Claude VOLOT, le médiateur des relations inter-entreprises, je découvre son existence, considère que "La mise en œuvre d'écosystèmes, collaboratifs et de bonnes pratiques, est économiquement rentable et représente aussi un avantage concurrentiel indéniable". Il ajoute :
Il est grand temps que les donneurs d'ordres français comprennent qu'il est dans leur intérêt d'instaurer des relations collaboratives avec leurs fournisseurs, à tous les niveaux, afin que chacun gagne davantage en productivité, rentabilité, compétitivité et innovation
Cet article vient conforter nos travaux sur la RSE, Responsabilité Sociétale des Entreprises, menés avec Christophe depuis plus d’un an pour le compte de la FSE (Fédération des sociétés d’Expertise) et qui vont faire l’objet d’un séminaire le 26 janvier prochain. Que disent ces travaux ? des choses simples et de bon sens !
  • Il est important de savoir qui nous sommes, quel est notre rôle sociétal et comment le jouer avec nos parties prenantes.
  • Ils montrent que c’est une relation tendue vers un objectif commun, et donc de confiance, qui est soutenable et durable. Mon expérience personnelle, avec deux assureurs qui s’opposent dans les méthodes, me confirme chaque jour l’efficacité des relations scellées par la confiance.
Finalement, je m’interroge sur l’omniprésence du droit, qui serait un bon marqueur de la perte de confiance.
  • Plus j’encadre par le droit, plus je marque ma méfiance vis-à-vis de mon partenaire et le risque que je perçois.
  • Plus je me méfie et moins je construis.
  • Moins je prends de risque et plus je prends de risque ?

Le capitalisme d’État règne sur le monde !

The Economist s’inquiète de l’avènement de monstrueuses entreprises étatiques dans les pays émergents. (The rise of state capitalism)

Cela ne peut pas être efficace selon lui, seule l’initiative individuelle peut faire le bonheur collectif.

Curieusement, The Economist ne semble pas remarquer que le monde a appliqué ses conseils pendant plusieurs décennies, sans beaucoup de succès. Pas plus qu’il n’évoque l’après guerre, qui fut un grand nomment technocratique, à l’est comme à l’ouest. Et qui a donné, chez nous, les « trente glorieuses ».

En tout cas, contrairement à ce que nous avons connu, le développement émergent semble bricolé et fragile. D’autant qu’il n’est pas sûr que, s’il ne peut en tirer profit, l’Occident ne lui mette quelque bâton dans les roues. 

Équilibre des marchés

Les cours d’économie disent que le marché conduit naturellement à un équilibre entre offre et demande qui se situe à l’intersection de deux belles droites. La chose ne semble pas si simple.

D’après une modélisation apparemment plus réaliste, tout dépend de la vitesse de réaction des offreurs et des demandeurs. Si les seconds sont les plus rapides, les prix s’effondrent. Si c’est l’inverse, il y a formation spontanée d’une sorte d’oligopole de gougnafiers. (Cartels Are an Emergent Phenomenon, Say Complexity Theorists - Technology Review) La sélection naturelle défavoriserait-elle le meilleur rapport qualité / prix ?

D’après l’article, cela correspondrait effectivement à des comportements réels. Mais, s’il est clair que tous les secteurs économiques sont dominés par des oligopoles, est-il vrai pour autant que leur production soit de basse qualité ? Peut-être la susdite modélisation est-elle un peu simpliste ?

Compléments :

Choisir un président (3)

Que donnerait l’impératif catégorique de Kant appliqué au choix du président ? : Kant, impératif

Une de ses versions dit qu’il faut décider comme on aimerait que tout le monde décide. « Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. »

Certes, mais quid du tsunami de 2006 ? Un élan de générosité international a produit des masses d’argent inutiles. Ne faut-il pas tenir compte du comportement du reste de la population dans notre choix, sachant qu'elle ne suit pas Kant ? C’est d’ailleurs probablement ainsi que nous votons.

D’ailleurs Kant, lui-même, est pragmatique : le monde ne se fera pas en un jour, le tout est d’aller dans la bonne direction.

Aboutirait-on à une sorte d’impératif « relativement » catégorique : chercher la direction dans laquelle doit aller le pays ; évaluer le comportement prévisible de ses concitoyens ; et agir en fonction ?

Compléments :

dimanche 22 janvier 2012

François Hollande ou l’esquive ?

J’ai voulu faire une psychanalyse existentielle de François Hollande, i.e. déduire la logique qui le guide de son histoire. Mais aucune de ses biographies ne paraît satisfaisante. Une recherche sur Internet n’a pas été plus heureuse. Je n’ai trouvé qu’un article intéressant (en fait la critique d’un livre qui ne me semblait pas passionnant…).

J’en tire ? rien. À part quelques qualificatifs inquiétants :
"Monsieur Petites blagues" (Fabius), "Flanby" (Montebourg), "Couilles molles"(Aubry) mais aussi, contradictoire, "le Chinois" (pour ses manières silencieuses de tuer le gêneur avec le sourire), ou "L’Entourloupeur"...
Le pire :
le propre fils de (François Hollande :) : on se demande toujours par quelle porte va fuir François Hollande.
Et si la caractéristique de François Hollande était l’impossibilité de le décrire ? Sa vertu, sa logique première, est d’être insaisissable ? Et cela remonte aux origines, peut-être. N’a-t-il pas vécu apparemment en bonne intelligence avec un père d’extrême droite et une mère mitterrandiste ?

Un homme de courants (au sens aqueux du terme), qui ne s’attache à rien ? Il sait vivre en environnement hostile, non le changer ?

Mais alors, quel changement parle-t-il? Il ne faudra plus compter sur notre président pour changer ? 

Le Français est bien élevé

Pourquoi les enfants français se comportent-ils aussi bien ? se demande un écrivain américain.

Apparemment parce qu’aux USA l’enfant a la première place dans la famille, alors qu’en France, il compte moins que ses parents. (Non, non and non)

Sarkozy et Schröder

Il semblerait, comme je le soupçonnais, que la TVA sociale soit une tentative de rendre la compétitivité à la France, à la manière Schröder. (Down a notch)

Depuis 2000, les salaires français ont crû d’environ 40% contre 10% seulement pour la productivité. Les chiffres allemands, eux, sont longtemps restés proches. (How to restore competitiveness in the EU | vox).

Intentions similaires, mises en œuvre du changement différentes. Il y avait une forme de consensus lorsque M.Schröder a décidé de ses réformes. Quant à M.Sarkozy, il agit dans la précipitation et il faut se casser la tête pour deviner ses intentions.

Décidément, il commet toujours les mêmes erreurs (cf. Les réformes ratées du président Sarkozy) ?

Qui sont les riches (américains) ?

Les riches sont au centre du débat électoral américain. Toute la croissance de ces dernières années semble être allée chez eux (le 0,1% le plus riche recevait 12,7% des revenus nationaux en 2007). Ne serait-il pas logique de leur faire rendre gorge ?

Mais qui sont-ils ? (Who exactly are the 1%?) Ou, du moins, qui sont les nouveaux riches ?

Il semblerait que ce soit surtout les financiers. (« En 2009, les investisseurs des 25 plus riches hedge funds ont gagné 25md$, approximativement 6 fois autant que l’ensemble des PDG du S&P 500, ensemble. »)

Curieusement, Mitt Romney est l’un d’entre-eux. N’y a-t-il pas meilleur qu’un de ses représentants pour réformer la finance ? Mitt Romney, Vidocq américain ?

Psychanalyse existentielle

Je dis souvent que j’écris ce blog pour savoir pourquoi je l’écris.

Je viens de découvrir que je pratiquais la « psychanalyse existentielle ».

Les existentialistes pensaient qu’en retraçant le cours de la vie d’une personne on peut y découvrir les choix fondamentaux qui l’expliquent. (FLYNN, Thomas R., Existentialism, a very short introduction, Oxford University Press, 2006).