samedi 4 février 2012

Politique et blogs

Une carte recense les blogs politiques.

Curieusement, la droite a relativement peu de blogs (200). Elle est écrasée par le blog de gauche (735). Même l’extrême droite fait mieux qu’elle (214).

Nouvel avatar de la cuvette de Dien Bien Phu ?

Facebook vaut-il cent milliards ? (suite)

Olivier Ezratty, l’homme qui lit jusqu’aux reliures des formulaires d’introduction en bourse, analyse celui de Facebook. (Petit décryptage de l’IPO de Facebook)

Il estime que son modèle de revenus ne permet pas de dépasser les 10$ par utilisateur (contre 5 aujourd’hui). Décidément la valorisation actuelle de la société est un pari pascalien.

D’autant que Mark Zuckerberg a construit un montage qui lui conserve le pouvoir, même si sa participation est diluée. Un patron de droit divin, est-ce favorable aux intérêts de l’actionnaire ? 

Le commerce électronique ne fait pas de détail

Parmi les changements que nous promet Hervé Kabla, il y aurait celui du commerce de détail européen, qui emploie aujourd’hui 17,4m de personnes, peu qualifiées.

Apparemment de nouvelles directives européennes devraient favoriser le développement du commerce électronique, ce qui pourrait avoir l’impact d’une lame de fond sur le petit et le grand commerce, d’autant plus que les protections qui les entourent ne sont pas favorables au consommateur.  (Schumpeter: The coming retail boom | The Economist)

Compléments :
  • J’imagine que cela devrait aussi être favorable aux transporteurs. Quid du développement durable ? 

Le coup de l’escalier

Pourquoi ce titre français ? Film de Robert Wise, 1959.

Prolétaires de toutes les couleurs, unissez-vous ? 

vendredi 3 février 2012

L’État gagne les élections présidentielles ?

Nicolas Sarkozy a la capacité confondante de se contredire sans cesse. Mais, cette fois-ci, il atteint un sommet : son programme présidentiel est une critique radicale de celui du Président Sarkozy.

En tout cas, l’État devrait gagner les élections.

La globalisation joue pour Ponzi

Ponzi a le vent en poupe aux USA, au moins. Son terrain d’élection : la confiance. D’ailleurs les réseaux sociaux ont été une bénédiction pour lui. (Fleecing the flock)

Si j’en crois le billet précédent, la globalisation est naturellement favorable à l’escroc. Double effet : désir de gain rapide, et nécessité de se protéger. Dans ces conditions, nous sommes sans défense face à un ami qui veut nous enrichir… 

Globalisation, confiance et coût de transaction

« Seules les tribus rendues solidaires par un sentiment d’appartenance peuvent survivre dans le désert ». Remplacez désert par « économie globalisée » et cela décrit fort bien le monde moderne.
Partager une même culture est un facteur de confiance, qui abaisse le « coût de transaction ». Ce qui donne un avantage concurrentiel aux diasporas chinoises, indiennes, ou à l’Angleterre et ses colonies.  (The power of tribes)

La globalisation comme une agression permanente ? Seul moyen d’y résister, avoir / se faire des amis ?

jeudi 2 février 2012

Les fonds d’investissement sont-ils nuisibles ?

Mitt Romney ayant dirigé un fonds d’investissement, l’Amérique se penche sur son métier. Mal personnifié ?

The Economist semble penser qu’il crée plus d’emplois qu’ils n’en détruit. Mais les fonds ont des comportements de prédateurs, regrettables. La cause ? Le code des impôts américain qui permet de déduire les intérêts de la dette et qui « incite les dirigeants des fonds d’investissement à empiler une grande quantité de dettes sur les entreprises qu’ils achètent, risquant ainsi la santé de la société ». En outre, les gains qu’ils retirent de l’opération sont taxés à un taux très faible.

Cependant, ce que le journal trouve de bien plus contestable est qu’ils rapportent fort peu à leurs investisseurs.

Compléments :

Facebook vaut-il cent milliards ?

Facebook devrait lever 5md$ rapidement, et beaucoup plus en mai. L’entreprise serait évaluée à 100md$. Vaut-elle autant ?

Elle aurait un chiffre d’affaires entre 4 et 4,5md$, une marge supérieure à 50% et récupérerait une partie notable de l’affichage publicitaire Internet aux USA. Cela justifie-t-il une telle valorisation ? D’autant que l’enthousiasme pour Facebook pourrait être en passe de tiédir…

En fait, la valeur de Facebook est liée à l’atteinte d’un Graal qui remonte à la bulle Internet : on lui prête la capacité d’inventer un algorithme qui transforme l’information qu’il reçoit de ses utilisateurs en une indication utile pour l’entreprise.

Facebook est ce que les financiers appellent une « option ».

Compléments :

Les Lumières et l’identité de l’Europe

« Ce sont les lumières qui sont à l’origine de l’Europe » dit Tzvetan Todorov (L’esprit des Lumières, Le Livre de Poche, 2006). L’Europe serait une image agrandie des États grecs antiques. Comme eux, elle est la somme de la diversité farouche de nations en accord sur l’essentiel (« rationalité scientifique, défense de l’État de droit et des droits de l’homme ») : « leur pluralité crée un espace de liberté. Hume découvre, en effet, qu’elle favorise l’esprit critique, étouffé, au contraire, par l’unité ».

Paradoxe ? Non, simple conséquence de la cohabitation entre les deux piliers de la pensée des Lumières : toute puissance du peuple, et liberté de l’individu.

Voici comment comment on les réconcilie : si l’on fait l’effort de se mettre à la place de l’autre, on peut concevoir un « point de vue qui tienne compte de la différence entre l’un et l’autre ». Ce qui est la « volonté générale ».

En fait, l’histoire des Lumières serait, justement, celle de cette réconciliation : « Les lumières sont une époque d’aboutissement, de synthèse – et non d’innovation radicale. » « Les lumières absorbent et articulent des opinions qui, dans le passé, étaient en conflit. »

Pas d’innovation ? Les Lumières remplacent le salut, dans l’autre monde, par le bonheur humain, dans celui-ci. L’homme devient fin ultime, et reçoit des droits inaliénables. Quant à sa morale : « L’adhésion de l’humanité valide le choix du bien. »

Comment réussir ce changement, pour parler comme ce blog ?

L’individu doit devenir « autonome ». Développer un esprit critique, et la raison nécessaire pour comprendre dans quoi il s’engage, et, éventuellement, le modifier. Quant à l’État, il doit former ces êtres de raison (importance de l’éducation, libératrice), et faire respecter les lois que dicte cette raison quand elle se combine en volonté générale (en particulier, les relations entre hommes). Et ce sans empiéter sur les sphères privées appartenant aux individus.

Compléments :
  • En fait, Kant ne pense pas que le fédéralisme doit s'arrêter à l'Europe. Il doit couvrir le monde. (Kant et les Lumières) En ce sens, c'est bien une idée centrale des Lumières, que l'on a oubliée. 

Ce qu'Internet a changé: les outils

Après les protocoles, la seconde grande catégorie de changements introduits par internet dont je veux vous parler, c'est celle qui se situe au niveau des outils mis à la disposition de nos sociétés modernes.



mercredi 1 février 2012

Angleterre marxiste ?

On parle peu de l’Angleterre. Pourtant sa situation semble bien triste. Et on s’y affronte comme à l’ère où la France comptait encore des communistes.

On s’en prend, à gauche comme à droite, au « turbo capitalisme », aux immigrés, aux inégalités de revenus, aux bonus des banquiers, on déplore le sort des classes moyennes « sacrifiées »…  (Global Britain, SOS)

Au fond, la France est beaucoup moins hostile au capitalisme que l’Angleterre. Le devons-nous à notre assurance sociale généreuse, qui nous le rend acceptable ? 

L’art de la relation client : conclusion provisoire

Quel enseignement tirer de ma série sur « l’art de la relation client » ?

Que l’individu ne pèse pas lourd face à l’entreprise.

Je lis beaucoup les Anglo-saxons. Je les vois très inquiets de la menace que constitue pour la liberté humaine l’Église ou l’État, mais jamais des dangers que représente l’entreprise. Pourtant, non seulement les entreprises sont devenues bien plus puissantes que certains États, mais encore elles tendent à se liguer, explicitement ou pour des raisons systémiques.

Rousseau pensait que seule une « égalité de forces » pouvait nous éviter l’asservissement. Ce raisonnement fait l’hypothèse que la logique de la vie est l’affrontement. Il me semble que tant que l’on fera ce type d’hypothèse, il n’y aura que mesure et contre-mesure. Nous ne serons libres que lorsque nous serons convaincus que nous sommes dans le même bateau ?

L’Allemand juge le Français

Je demande à l’un de ses anciens ingénieurs comment une société allemande juge un concurrent français (4 fois plus gros). Pour elle il n’existe même pas. Le Français est un pitre.

L’Allemand a un complexe de supériorité difficilement concevable. Curieusement, le Français fait tout pour l’encourager. Et ce n’est pas qu’une question de grèves.

Il suffit d’un coup d’œil aux placards que le métro a consacré à sa construction pour convaincre l’Allemand d’en sortir immédiatement. Sur l’un d’eux, un ingénieur (notre élite : un polytechnicien ?) explique que c’est grâce au système d de ses équipes qu’il a réussi à percer sa ligne.

Il n’y a rien de plus honteux pour un Français que de reconnaître qu’il doit son succès à un professionnalisme méticuleux.  

mardi 31 janvier 2012

Nouvelles du mois

Comme annoncé le mois dernier, ce blog est devenu celui du Cercle du changement. Quelques réflexions que ce changement a suscitées : Ligne directrice de ce blogFaire vivre un blog : question de technique. Sinon :

Google, LinkedIn, social networks et bigbrotherhood

J’ai reçu un mail de Google (« Nouvelles règles de confidentialité et conditions d'utilisation de Google ») que je n’ai pas compris. En fait, Google peut maintenant combiner les données venant des applications que vous utilisez (dont Android) pour en tirer des tas d’enseignements. Par exemple, que vous allez arriver en retard à un rendez-vous, si vous ne changez pas de route. Il va aussi fusionner vos adresses en une seule, ce qui peut faire que ceux qui se croyaient anonymes ne le seront plus. (How Google's New Privacy Policy Could Affect You: Scientific American)

Peu de temps après, m'arrive un mail me disant :
"Without attracting too much publicity, LinkedIn has updated their privacy conditions this summer. Without any action from your side, LinkedIn is now permitted to use your name and picture in any of their advertisements.
Some simple actions to be considered to stop the above by LinkedIn:
1. Place the cursor on your name at the top right corner of the screen. From the small
pull down menu that appears, select "settings"
2. Then click "Account" on the left/bottom
3. In the column next to Account, select the option "Manage Social Advertising"
4. Finally un-tick the box "LinkedIn may use my name and photo in social advertising"
5. and Save
Je commence à trouver tout ceci très compliqué. Va-t-on devoir jouer au gendarme et au voleur avec des multinationales qui ne peuvent que nous surclasser par leurs moyens ? Ne serait-il pas temps que le législateur se penche sur le sujet ? 

L’art de la relation client : Monoprix

Rentrant tard chez moi, et menacé d'une pénurie de vivres, je m’arrête au magasin Monoprix qui est à côté de ma bouche de métro. Les caisses annoncent qu’il ne fournira bientôt plus de sacs en plastic. Il va falloir que je parte au travail avec un cabas ?

J’imagine qu’il y a là-dessous une attention écologique. Mais, étrangement, je me serais attendu à ce que le magasin annonce qu’il verse le prix des sacs à une noble cause…

En tout cas, je ne suis pas sûr que ce magasin ait compris qu’il n’était pas grand-chose sans clients… 

Les évadés

Film de Jean-Paul Le Chanois, 1955.

Trois prisonniers de guerre français fuient un camp allemand.

Ce n’est pas la Grande évasion... Et c’est intéressant justement pour cela. Il n’y a pas de héros ici, mais des Français de l’époque.

Pourquoi s’évadent-ils ? Parce qu’ils ne sont pas faits pour la captivité. Ils veulent rentrer chez eux.

Au fond, cette guerre n’est pas la leur. Pourquoi le serait-elle ? On leur a donné un fusil antique, et des cartouches qui ne lui correspondaient pas. Comment auraient-ils pu se battre ?

Mais, lorsqu’ils décident de prendre leur sort en main, ils deviennent héroïques. Le système d fait des miracles. Leur force : l'art de désobéir ?

lundi 30 janvier 2012

Nicolas le téméraire ?

Il y a peut être une témérité que la vanité peut confondre avec du courage à annoncer une augmentation importante des impôts, et une attaque frontale de la classe ouvrière à la veille d’une élection présidentielle. (French Politics: The Sarkothon)
Le vice de N.Sarkozy est son impulsivité brouillonne. Plutôt que de changer, se mentirait-il à lui-même ?

Insondable Hollande

The Economist partage apparemment mon point de vue : impossible de savoir ce que fera F.Hollande s’il est élu. (Sauce Hollandaise)

L’art de la relation client : Amazon.fr

Cela fait longtemps que j’achète chez Amazon. D’ailleurs j’ai commencé avec Amazon.com.

Or, pour la première fois, le transporteur qu’il a choisi n’a pas su trouver le gardien de mon immeuble. (Car, je suis un de ces êtres exceptionnels qui travaillent aux mêmes heures que les transporteurs.) J'ai droit à l'habituel mail obligeant m'expliquant que je suis coupable. 

Pourquoi Amazon a-t-il changé de transporteur ? Certainement pas meilleure qualité. Baisse des coûts ? Mais je paie toujours au même prix ses produits (des livres)… Serais-je le dindon de la farce ?

Compléments :
  • Dernières nouvelles : j'ai eu beau lui indiquer où était mon gardien, et ses horaires, le transporteur a de nouveau échoué. Troisième tentative : mercredi prochain... Va-t-il enfin réussir ? 
  • Réponse (vendredi) : il dit qu'il l'a fait, mais mon gardien n'a rien reçu. Cette fois-ci j'ai appelé Amazon. Excellent centre d'appel. J'espère que je vais enfin avoir mon livre... En tout cas, j'ai découvert que le talon d’Achille du commerce électronique était le transporteur...

Choisir un président (4) : leadership

La théorie du leadership joue un rôle central dans la culture anglo-saxonne et dans les cours de MBA. Peut-on l’appliquer à nos élections ?

Traditionnellement, le leader est le pasteur du troupeau. Aurions-nous besoin d’un Führer ? En fait, la définition des théories du management sont plus acceptables pour notre amour-propre. Le leader, selon John Kotter (Leading change), est l’homme qui sait « conduire le changement ». Il a une vision pour l’avenir du groupe, et elle réussit.

Cette vision (parfois appelée « stretch goal ») paraît évidente à tous. Autrement dit, il y a probablement de l’intérêt général là-dedans, comme chez Kant et Rousseau. Mais cela va peut-être plus loin que chez eux : l’intérêt général pourrait avoir besoin d’une « réinvention » pour être opérationnel. C’est d’ailleurs ce que dit Chester Barnard (The Functions of the Executive), un autre théoricien des sciences du management.

Dans l’entreprise, cette réinvention se nomme nouveau « modèle économique ». Pour une nation on parlera de « projet de société ». Un tel « projet » n’est pas unique. Ce qui compte est qu'il réponde aux problèmes perçus par la nation - qui se résument probablement à l’idée que notre situation n’est pas « durable ». Et ce n’est pas « the one best way » de Taylor, un processus pour machine. C’est un problème à résoudre ensemble, le leader donnant un objectif à atteindre et une méthode de travail au groupe. 

Napoléon fournit une métaphore explicative : s’il a le génie de la stratégie, il ne peut réussir sans son armée. Paradoxalement cette stratégie semble à la dite armée la solution de la bataille, alors que c’est à elle de se sacrifier pour la gagner.

dimanche 29 janvier 2012

Résolution de la crise européenne

La crise européenne est triple : fiscale (Grèce, par exemple), de compétitivité (différentiel salaires / productivité), bancaire.

Elle vient de ce que la zone euro n'est pas finie, mais que les marchés ont anticipé ce changement. Ce faisant, ils l’ont empêché en apportant une prospérité trompeuse.

Tout l’intérêt des acteurs de la crise (BCE, Allemagne, FMI et divers pays à réformer) est d’installer des eurobligations et une protection des pays en danger. Mais ils ne peuvent le dire :
  1. pour fournir l'anxiété de survie dont a besoin la réforme ; 
  2. pour que chacun prenne sa juste part des sacrifices.
Autrement dit, le processus ne peut pas réussir, s’il ne peut échouer. Et il le fera à la dernière minute, dans le chaos.

L’art de la relation client : SFR

Ayant pensé me rapprocher d’un de mes partenaires, j’ai accepté son offre de grouper nos lignes téléphoniques. Puis, constatant que le rapprochement n’était pas pratique, je décide de récupérer ma ligne. Je remplis les documents que me donne SFR pour ce faire.

Surprise. Je reçois un SMS m’expliquant que je ne suis pas habilité à reprendre ma ligne. C’est un rien insultant. Puis une lettre me proposant de me rapprocher du titulaire de la dite ligne pour en savoir plus sur la question. Ce que je fais. Il n’a rien reçu, il ne sait rien. Il suppose que SFR doit être terrorisé par Free et prêt à tous les coups pendables pour garder ses clients.

Je trouve remarquable l’attention que SFR a pour ceux qui achètent ses produits. Cela m’a rappelé ce qu’en dit Jean-Claude Larréché : la seule relation client digne de ce nom est celle qui transforme votre client en vendeur de vos produits… (The momentum effect)

En faut-il beaucoup plus pour démontrer la situation de monopole des opérateurs mobiles, et notre essorage ? 

Décolonisation et bain de sang

Petit à petit, j’en viens à penser que la décolonisation, loin d’avoir été une glorieuse guerre de libération, a été un bain de sang totalitaire.

Son « idéal type » paraît être la révolution culturelle chinoise. À savoir le désir de transformer un pays sur le modèle occidental, mais en gardant son âme. Bref, l’adoption de l’idée de « nation », telle que définie par l’Occident.

Tout ce qui s’opposait à la réalisation de cet idéal a été massacré. C’est probablement ainsi que s’explique l’histoire des Arméniens en Turquie.

Quant aux intellectuels français, qui ont vu dans ces régimes la matérialisation de leurs idéaux, ont-ils confondu aspirations au nationalisme et aux droits de l’homme ?