samedi 11 février 2012

Antoine de Saint-Exupéry précurseur de la RSE

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« Le plus beau métier est d’unir les hommes »

On le sait « Saint-Ex » était visionnaire et homme de bon sens. Une bonne partie de son œuvre porte sur la nature des relations humaines et les qualités de ceux qui les rendent durables.

En 2008, j’ai probablement participé à une des expertises les plus enrichissantes depuis quinze ans de métier, qui illustre si bien cette citation.

En mars de cette année-là, lors du chargement d’un navire, la rupture d’une canalisation laisse échapper plus de 500 tonnes de pétrole brut dans l’estuaire de la LOIRE, à DONGES. La configuration des installations, les marées, l’écosystème, vont provoquer une dispersion de ce pétrole jusqu’à l’ile de Ré et la plage de La Baule, mettre à pied les pêcheurs de l’estuaire, menacer les agriculteurs et mettre en péril la saison touristique qui s’ouvre. Le désastre paraît immense et l’abattement est profond.

3 mois plus tard, l’intégrité de l’écosystème sensible de ce milieu humide a été préservée, la pollution absorbée. Les professionnels de la pêche ont été indemnisés, leur business est préservé. L’image de cette magnifique région n’a pas été dégradée et des projets de développement maîtrisé qui sommeillaient, ont été dynamisés.

Comme un symbole, la raffinerie à l’origine de la pollution, sera la seule épargnée, en France, lors de la grève très dure de cette période. Son image locale, pourtant si noire (pétrole) après l’ERIKA, sera même redorée. L’absence de « judiciarisation » du dossier complète le tableau.

Un miracle ! Certainement pas !

Ce sont simplement les hommes qui se sont réunis et unis pour que chacun joue son rôle sociétal et assume sa part.

L’immense désordre (Tohu) provoqué par cette pollution, a fait place à un ordre supérieur (Bohu).

Les responsables de la raffinerie ont assumé leur responsabilité de pollueur involontaire, et ouvert le dialogue franc avec les parties prenantes : la sécurité civile et les autorités, les associations de pêcheurs, d’agriculteurs et de professionnels du tourisme, les collectivités locales, les associations, les assureurs…
  • La nature a pu retrouver son équilibre, et au-delà, ce milieu humide si sensible et si essentiel, bénéficie de nouveaux projets de préservation.
  • L’économie des secteurs qui vivent de ce milieu a été préservée et pérennisée.
  • Les hommes qui n’étaient pas supposés se rencontrer ont pu se réunir et comprendre l’étroite et totale interdépendance qui les lie, et surtout, que derrière chaque entité froide : une raffinerie, le business de la pêche, les collectivités… il y a, avant tout, des hommes et des femmes avec des besoins communs et une dépendance à la nature nourricière.
La crise s’est donc transformée en prise de conscience et en formidables opportunités.

Et j’ose croire que les experts qui ont participé à cette formidable aventure humaine ont été comme la très – trop - discrète abeille qui vole de fleur en fleur, et sans qui beaucoup d’espèces végétales ne pourraient se développer durablement.

Compléments :

Obama, révolutionnaire des médias sociaux

Quelle différence entre M.Obama et nos hommes politiques. Alors que ces derniers ne savent probablement pas ce qu’est un ordinateur, M.Obama donne aux dernières innovations le premier rôle dans son plan de réélection. (Boffins wanted)

Il précède même les entreprises dans les nouveaux usages des réseaux sociaux. Il emploie des techniques d’analyse de données révolutionnaires pour savoir qui vote quoi, quel message est le plus efficace, comment déclencher des épidémies sociales, et, plus généralement, comment utiliser au mieux ses fonds de campagne pour manipuler les esprits.

Changement et systémique : comment rater le déploiement d’un progiciel de gestion ?

Dans un de mes livres je cite un rapport d’Accenture qui estime le taux de succès des « grands projets informatiques » à moins de 20%.

Il y a une dizaine d’année, j’ai mené une étude sur le sujet. On peut la résumer par ce que m’a dit un éditeur de logiciel : ces projets échouent parce que le dirigeant pense faire « un achat industriel ». Il veut de la productivité clé en main, et pour cela, il croit acheter une machine.

Un article d’Harvard Business Review, que je citais aussi, disait la même chose : l’échec des logiciels de gestion de la relation client (CRM) vient de ce que l’on a confié « la relation client à la direction informatique ».

Où est le bug ? On croit ces projets techniques. On les confie à des techniciens. Parfois des informaticiens juniors, bien plus souvent des consultants en stratégie juniors (un avatar des missionnaires de nos colonies). Ils ont des marteaux et voient des clous partout. Or, la mise en oeuvre du changement est à inventer. Il doit être pris en main par ceux qui ont le pouvoir réel, celui de l'action concrète, afin qu'ils lui donnent une expression qui correspond à l'infinité de questions techniques qu'il faut résoudre pour transformer l'édifice.

Pour qu’un projet réussisse il doit être mené par des donneurs d’aide.

Compléments :
  • Le début de la série sur le changement et la systémique est ici.

L’existentialisme pour les nuls

FLYNN, Thomas R., Existentialism A very short introduction, Oxford University Press, 2006.

L’existentialisme appartient à une très ancienne tradition, qui remonte à Socrate. Nietzsche et Kierkegaard sont des précurseurs du mouvement moderne (Sartre, de Beauvoir, Camus, Merleau-Ponty et Heidegger, sur une voie différente). C’est une philosophie de la liberté (individuelle).

Tout homme est bâti sur un choix initial, qui définit ses valeurs et auquel sa vie doit être fidèle (authenticité). Ce choix est au-delà de la raison. Il se découvre en cherchant la logique implicite du parcours suivi par l'individu. Il se révèle aussi lors de crises (nausée, angoisse existentielle) : l’homme confronté au néant, découvre ce qui compte réellement pour lui. C’est un acte de foi. C'est une forme de naissance : il ne sera un homme à proprement parler que s’il refuse le cours qui semble lui être imposé, s’il transcende son sort. Il se construira, par ses décisions et son action, en conformité à son choix fondateur (l’existence précède l’essence : on devient ce que l’on doit être, par l’engagement).

Cette liberté a beaucoup d’ennemis : la faiblesse de l’homme, qui a peur des conséquences de ses choix existentiels, le conformisme, le déterminisme (Freud) qui la nie, la pensée abstraite (Marxisme, religions) qui exige l’obéissance…

L’œuvre des existentialistes ne s’adresse pas à la raison, trop limitée. Pour transmettre leur enseignement, ils utilisent l’eidétique de Husserl, qui communique une expérience par une série d’exemples. D’où la place de l’art (engagé) dans leurs travaux.

Et leur théorie semble avoir découvert tardivement la société, qui y occupe une situation un peu inconfortable.

Remarque personnelle. Curieusement leur pensée ressemble à celle des protestants : l’homme (l’élu ?) a une vocation, son rôle sur terre est de l’accomplir. 

vendredi 10 février 2012

Sarkozy divise ?

Un universitaire américain juge que M.Sarkozy adopte les thèmes de la droite américaine.

Alors qu’il se donnait une apparence respectable, jusque-là, M.Sarkozy vient, de manière surprenante, de prendre une ligne identique à celle des (maintenant discrédités) néoconservateurs américains. Supériorité de notre civilisation, démontrée par le « bon sens », attaque contre les parasites (chômeurs, immigrés, pauvres…), les plaies de la société, qu’il s’agit de « punir »…

Dans le film La conquête le personnage de Jacques Chirac disait au personnage de Nicolas Sarkozy qu’il ne pourrait pas être élu parce qu’il « divisait ». Notre président en est-il revenu à sa nature ? A-t-il décidé de disparaître dans un feu d’artifice final ?

Compléments :

Réforme de la formation des enseignants, changement raté

La caractéristique majeure de Nicolas Sarkozy serait-elle son incapacité à mettre en œuvre le changement ?

Voici, semble-t-il, un nouvel exemple. Une réforme qui paraissait avoir une juste cause et qui aurait abouti à l’opposé des ses intentions.
Au total, les magistrats de la rue Cambon estiment que cette réforme "n'atteint pas les objectifs" qui lui étaient fixés. Elle "ne garantit pas" - c'est un euphémisme - une meilleure formation au métier d'enseignant, permettant notamment de mieux gérer l'hétérogénéité des élèves. Elle paraît déconnectée de l'objectif fixé par la loi d'orientation de 2005 de mise en place d'un socle commun de connaissance que tout jeune devrait maîtriser à la fin de sa scolarité obligatoire. Enfin, elle a asséché, de façon "préoccupante", le vivier de recrutement des enseignants et, par conséquent, le niveau de sélectivité des concours. (L'échec cinglant de la formation des enseignants - LeMonde.fr)
Compléments :
  • Les réformes ratées du président Sarkozy
  • Et maintenant, il parle d’imposer des formations aux chômeurs, alors que le dispositif de requalification des chercheurs d’emploi est gravement dysfonctionnel. Notre président confondrait-il la parole et l’action ? 

Changement et systémique : pourquoi la RSE est-elle un bide ?

Qu’évoque « Responsabilité sociétale des entreprises », pour nous ? Des activistes et des escrocs ? Les premiers ne parlent que d’empreinte carbone et de droits de la femme. L’économie et l’entreprise sont l’incarnation du mal ? Les seconds, souvent des multinationales de l’énergie, ont pour saint et modèle Enron, le pionnier de toutes les chartes d’éthique ?

Jamais la RSE ne donnera quoi que ce soit dans ces conditions. Si le changement rate, c’est parce que nous nous sommes enfermés dans un système vicié.

Car ce qui n’est pas durable, c’est, avant tout, les relations humaines. Nous sommes prisonniers de leur principe implicite : le conflit. Or, de même que notre écosystème ne peut se passer d’abeilles, l’écologiste a besoin de l’entreprise, et les services achats de sous-traitants.

La bonne façon d’aborder la RSE est de chercher à utiliser notre écosystème humain pour façonner un avenir plein de promesses pour les fortes équipes. Ne serait-ce que parce que cet avenir ne pardonne pas aux petits hargneux solitaires.

Compléments :
  • Le début de la série sur le changement et la systémique est ici.

Souffrance au travail et administration

Ces dernières années j’ai mené des missions dans des secteurs inconnus jusque-là : l’économie sociale et l’administration. J’y ai découvert que l’on pouvait bien plus y parler de « souffrance au travail » que dans le privé. Pourquoi ? Une analyse, qui n’a rien de scientifique :
  • J’ai rencontré pour la première fois cette souffrance il y a un quart de siècle. La société était riche, internationale, en développement explosif, peuplée d’ingénieurs bien payés, et « licenciement » n’appartenait pas à son vocabulaire. J’en ai déduit que la souffrance est essentiellement une question de relations humaines. Il y aurait incompatibilité entre ce qu’exige l’entreprise moderne et le comportement traditionnel du Français (hérité de l’Ancien régime ?).
Mais je crois que, progressivement, l’homme et l’entreprise s’adaptent. L’économie sociale et l’administration sont moins avancées dans cet apprentissage, et pourraient présenter des facteurs aggravants.
  • L’économie sociale : totalitarisme. Elle est peuplée de « militants », porteurs d’une mission quasi divine. Facile, alors, de voir le mal partout. D’où violents conflits personnels. Et désillusions.
  • L’administration : emploi à vie et mauvaise conscience. L’administration manque des méthodes qui permettent à l’entreprise de gagner en productivité. Mais chacun pense que ses dysfonctionnements viennent des individus, supérieur incompétent ou subalterne tir au flanc. On croit qu'il faut les mettre au travail. On veut transformer l’efficacité de l’ensemble par la force, ce qui est impossible. D'où injonction paradoxale faite d'incapacité d'atteindre des objectifs inaccessibles et de conviction d'être inrecasable dans un privé diabolisé.

jeudi 9 février 2012

blogAngels, présidentielle, candidats et réseaux sociaux

Candidats à la présidentielle socialement actifs : blogAngels démarre une série d’études de leurs pratiques digitales.  

Premier acte : Hervé Morin. Pas loin du zéro absolu. Pourtant ayant aussi peu d’intentions de vote, n’aurait-il pas tout intérêt à se faire connaître ?

Attendons les prochaines analyses, mais il semble déjà que nos candidats sont peu à l’aise avec les médias sociaux. Marine Le Pen s’en tire, curieusement, (relativement) le mieux.

Barack Obama a fait des médias sociaux le moteur de son élection. Il vient même d’adopter Instagram, une innovation. Pourquoi n’en est-il pas ainsi des candidats français ? Les médias sociaux n’ont aucun impact en France ? Nos politiques n’ont pas compris ce qu’ils pouvaient en tirer ? Ils ont hérité leurs usages de l’Ancien régime, et sont incapables d’en changer ? 

L’A380 perd ses ailes ?

Les ailes de l’A380 se fissurent. (BBC News - Airbus to inspect all A380 superjumbos for wing cracks) Hier ses moteurs prenaient feu...

De la difficulté de mettre au point une innovation ? 

Changement et systémique : comment rater un changement ?

J’ai parlé des classiques travaux de P.Kotter sur le changement dans le billet précédent. J’ai un reproche à lui faire.

Il n’a pas lu la systémique. Celle-ci explique que ce qui fait rater le changement est qu’il est de « premier ordre », c'est-à-dire que celui qui le mène s'enferme dans un cercle vicieux. « Le problème est la solution ». Pour réussir, il faut changer le système, c'est-à-dire refuser ses règles. Changement de deuxième ordre.

Pour moi, le « leader » est un homme du deuxième ordre. Il échappe à la pensée unique. Du coup, contrairement à ce que dit P.Kotter, le changement ne prend pas des années, il est extrêmement rapide (du moins en ce qui concerne son mouvement décisif).

Va suivre une série d’illustrations, tirées de bides fameux :

Leading change de John Kotter

Je parle souvent de J.Kotter et de ce qu’il appelle leadership, mais ce blog n’a jamais dit grand-chose de ses travaux. Voici les 8 étapes du changement, selon lui et ma version de Leading change, qui est fort ancienne :
  1. Créer un sentiment d’urgence. Pour mettre les personnes concernées en marche, il faut qu’elles soient convaincues de l’importance des mesures proposées, en quelque sorte qu’il s’agit d’une question de « survie »
  2. Créer une coalition. L’union faisant la force, il faut commencer par convaincre des responsables clés : leaders, mais aussi organisateurs qui consolideront les premiers succès en des processus durables.
  3. Définir une « vision ». Il s’agit de définir l’objectif poursuivi sous la forme d’un message court et marquant, facilement appréhendé.
  4. Communiquer. Le message doit être répété inlassablement (mais adroitement) et être illustré par le comportement des dirigeants.
  5. Donner aux employés les moyens de faire bouger les choses. Cela afin qu’ils éliminent les obstacles qui pourraient faire qu’ils se découragent et attribuent leur échec aux nouvelles idées.
  6. Gagner des petites victoires rapides. Elles donnent envie de croire au changement.
  7. Consolider les gains. Le processus doit se traduire dans un changement des attitudes, or il est coutumier qu’une fois les premiers succès passés, les équipes reviennent à leurs anciens usages. 
  8. Ancrer le changement dans la culture de la société. Il doit s’appuyer sur des caractéristiques clés de cette culture (qu’il réoriente), à terme il doit « entrer dans les réflexes ».

mercredi 8 février 2012

Hollande, Kroutchev français ?

François Hollande ne veut pas signer le traité de discipline européenne (Traité européen : comment Hollande veut renégocier - LeMonde.fr). Il veut y inclure des mesures de stimulation de l’économie.

Cela ne semble pas idiot (mais le succès est dans la mise en œuvre) :
  • Les économistes apparemment les plus orthodoxes répètent, avec l’énergie du désespoir, que l’Europe va crever de sa rigueur, il faut relancer sa croissance.
  • Le commissaire Barnier explique que le marché unique a des bénéfices que nous n’arrivons pas à exploiter faute de nous en être donné les moyens.
  • Mon expérience me montre que l’on peut d’autant mieux réformer radicalement une entreprise qu’on lui promet un avenir stimulant. (Ce n’est pas ce que fait aujourd’hui le FMI en Grèce et ailleurs, qui semble plus soucieux de protéger les organismes financiers que le petit peuple.) Un argument qui devrait plaire à Mme Merkel.
Mais, surtout, M.Hollande, que l’on disait faible, tient tête à Mme Merkel. Et ce, fermement, mais poliment, et avec des raisons respectables. Pourquoi M.Sarkozy ne l'a-t-il pas fait, alors ? Serait-il un peu Flamby ?

Et si vous changiez votre manière de communiquer sur Internet?

Les médias sociaux sont la grande révolution de ces dernières années. Ils ont fondamentalement modifié notre manière de communiquer, dialoguer, échanger sur Internet. Cette révolution touche aussi bien les organisations (administrations, associations, entreprises) que les particuliers.

Au sein de Media Aces, nous organisons tous les 3 mois des conférences pour anticiper les changements induits par l'utilisation des médias sociaux en entreprise. La prochaine conférence a lieu le 6 mars prochain à l'ESG - Ecole de Management, av Philippe Auguste, Paris 11e. Avec des témoignages de CEGOS, HOURA.FR, de la CCI de MONTPELLIER et de MYSCIENCEWORK.

Prix des places 30€, inscription en ligne.

Attaque des micropoussières

Je suis abonné à un service d’Airparif, qui m’avertit des pollutions du moment. Bilan 2011.
  • 14 alertes poussières de moins de 10 microns, pendant les mois d’hiver (fin novembre à fin mars). 
  • 2 jours ozone, 
  • un jour dioxyde d’azote.
Qu’en penser ? Les poussières semblent liées au cancer du poumon, est-il temps d'utiliser les masques des Japonais ? 

Les pauvres n’ont pas de valeur

Intéressante thèse : l’élite américaine devrait transmettre ses valeurs aux pauvres. Leurs malheurs, divorce, délinquance… cesseraient. (Lexington: The classes drift apart | The Economist)

Pour ma part, je me demande si le comportement des riches et des pauvres n’est pas lié, avant tout, à leurs conditions d’existence.

La France et le changement

J'ai constaté que si l’on donne la liberté à un groupe de Français (étudiants, employés…) de faire quelque chose, rien ne bouge. Même si cela correspondait à une de ses aspirations. Mais si on lui donne un ordre (exercice noté pour les étudiants), il s’exécute. Généralement, il protestera vigoureusement. Un peu comme la CGT qui ne signe jamais aucun accord, mais qui ne fait rien contre.

Contrairement à l’Américain, le Français semble être heureux dans le statu quo. Il n’a aucune ambition à la grandeur. Il ne veut pas changer.

La France change pourtant. Pour cela, mais selon des directives. Et le Français se cache sa passivité en prétendant qu’il s’est fait brutaliser, et en masquant son adhésion de fait par sa mauvaise humeur.

Il est cependant possible qu'il y ait d’autres types de changement, emmenés par de grands mouvements d’enthousiasme, comme ce fut peut-être le cas durant les guerres révolutionnaires, ou pour les Français libres de la dernière guerre.

Compléments :
  • Faut-il voir dans ces constatations une redécouverte des idées de Marc Bloch, qui dit qu'au fondement de la culture française est la résistance de ses classes paysannes au bon plaisir de la noblesse féodale ?

mardi 7 février 2012

Quand le développement durable "ringardise" des principes indiscutables!

Les assureurs ont un principe : "la remise en état à l'identique" lors d'un sinistre. Le principe est d'éviter un enrichissement après un dommage subi. C'est interdit par l'article L 121 du code des assurances. Ce principe n'est il pas aujourd'hui totalement inadapté à notre société et ses besoins d'évolution?

Ce principe valait pour la seule dimension économique des choses mais le développement durable est passé par là. La société a changé. Pourquoi les assureurs ne pourraient ils pas réfléchir et proposer une remise en état meilleure à coût constant, mais socialement supérieure. N'est ce pas de leur responsabilité sociétale?

Pour cela, il faut se reposer sur des hommes qui ont l'expérience du traitement du sinistre et de la relation entre les parties prenantes à un sinistre, ou un litige: les experts. Paradoxalement, les assureurs semblent faire le choix de l'abandon de l'expert pour des raisons économiques (merci SOLVENCY II). L'expert serait donc en voie de disparition tout simplement parce qu'il n'existe pas d'indicateur autre que son coût pour mesurer son utilité?

Il est à l'image de l'abeille. On reconnaît le bon miel de celles qui sont élevées en ruche, dont on évite la piqûre douloureuse parfois mortelle. On oublie les sauvages qui pollinisent beaucoup d'espèces végétales (plus de 80 % des espèces végétales sauvages et cultivées). Imaginez un monde sans abeille, sans fleur et sans expert!


Abeilles et experts unissez vous ! pour montrer que vous êtes, au quotidien, les champions du développement durable!

Angela Merkel vote Nicolas Sarkozy

D’après La Tribune (Pourquoi Angela Merkel a intérêt à la victoire de Nicolas Sarkozy) Mme Merkel serait le ventriloque d’un Sarkozy devenu pantin. Elle aurait intérêt à la fiction Merkozy qui laisse croire que sa politique est le fruit d’un consensus.

La victoire de M.Hollande, allié de fait de son opposition SPD, serait de mauvais augure pour elle.

Sommes-nous réellement sans pouvoir face à l’Allemagne ? Qu’aurait pour effet la menace de tout faire dérailler ? 

Le propre de l’homme : un cerveau plastic ?

L’homme aurait la particularité, par rapport aux espèces comparables, et aux hominidés, d’avoir un cerveau qui serait malléable longtemps (5 ans)… (What’s a man?)

Mais l'article ne dit pas ce que cette caractéristique nous apporte de particulier. 

La banque d’investissement se contracte

Changement prévu ? La banque d’investissement et ses salaires sont remis à leur place ?
La banque d’investissement semblera bien différente dans quelques années. Il y aura moins de grandes entreprises couvrant le monde ; le reste cherchera à dominer une niche. Et si les revenus ne bougent pas, les actionnaires n’en pâtiront pas, puisque les employés se contenteront de moins. (Investment banking: Bonfire of the bankers | The Economist

Bon et mauvais protectionnisme

Lorsque je m’occupais de la stratégie Fabrication Assistée par Ordinateur de Dassault Systèmes, à la fin des années 80, je suis tombé sur un article qui disait que notre industrie de la machine outil avait été victime de notre protectionnisme. Pourtant elle avait été une des premières au monde. Au même moment on expliquait que le succès japonais venait du protectionnisme…

Différence culturelle peut-être. Le Japon était alors d’humeur combattive, et toute aide profitait à son industrie ? Au contraire, l’industriel français tend à la fois à manquer d’ambition est peut-être surtout à n’être bon que dans l’adversité ?

J’ai toujours conservé cette histoire en tête. Elle me fait me demander si les dons que le gouvernement fait aux entreprises sont utilisés judicieusement. Mon expérience, qui n’est pas statistiquement significative, m’en fait douter un peu. 

lundi 6 février 2012

L’Eurofighter torpille le Rafale ?

Comme je le disais dans un précédent billet, Dassault n’a pas gagné l’appel d’offres indien.

Et l’Eurofighter revient effectivement en force.  

Les Indiens ont-ils utilisé les élections présidentielles françaises pour stimuler la concurrence fratricide entre avions européens ?

En tout cas, s’ils infligent un camouflet à Nicolas Sarkozy, ils pourront dire qu’ils ont voté Hollande. Ils se seront fait un puissant ami. Jouent-ils à un jeu qu’ils ne peuvent que gagner ?

La mode est-elle à l’intégration ?

Je fais un passage dans l’industrie automobile. Ce qui est surprenant est qu’elle semble avoir entendu ce que je disais dans un précédent livre.

Il y a peu, on y sous-traitait au maximum et on pariait que les lois du marché allaient produire de l’innovation au meilleur prix. Aujourd’hui, on semble découvrir que cela fait perdre de la marge au donneur d’ordre.

Mais ce n’est pas un retour au statu quo. Les nouvelles entreprises intégrées sont dans des « low cost countries ». D’une certaine façon la compétence de l’ouest a été transférée à l’est. Pour cela il a fallu, comme je le pensais, des investissements bien plus lourds que ceux prévus par les business plans initiaux. Et ce en particulier pour développer le savoir-faire des populations locales. Voilà des emplois qui ne reviendront pas chez nous.

Ce phénomène ressemble à l’immigration, à plus grande échelle. Les pays développés ont confié les travaux qu’ils aimaient peu à des moins développés. Ce faisant, ils ont contourné la résistance au changement national. 

Rafale : aventures en Inde

Contrairement à ce que j’avais cru comprendre des premières informations sur le sujet, Rafale n’a pas gagné le contrat indien. Eurofighter va procéder à une surenchère. Question de prix, mais aussi de transfert de savoir-faire. (Les deux ont-ils été correctement chiffrés ?)

Plus curieux : Eurofighter est construit par un consortium dirigé par EADS, qui possède 46% de Dassault… (Source : Fighter jets: Bomb bays to Delhi | The Economist)

Bienfaits d’une concurrence fratricide ? 

Choisir un président (5) : la systémique

Que dit la systémique ou théorie des systèmes sur notre élection présidentielle ?

Le concept de système, appliqué au groupe humain, signifie qu'il est régulé par des mécanismes qui maintiennent la valeur de certains paramètres importants pour sa survie (cf. la température du corps, pour l’homme).

La première conséquence de la systémique est l’homéostasie. Le système ne peut pas évoluer. Et cela se vérifie assez bien avec nos politiques : depuis 40 ans, de gauche ou de droite, les réformes échouent. (Quel que soit notre vote, il ne compte pas ?)

La seconde conséquence est que notre crise actuelle peut venir d’un système dysfonctionnel. Le seul moyen d’en sortir est de le transformer. C’est probablement ce qui s’est passé après la seconde guerre mondiale.

Pour cela, il y a la solution du « leader » vue plus haut, et l'idée plus originale qui consiste à « casser le système », en le poussant à l’absurde (les experts appellent cela un changement de deuxième ordre). Autrement dit de faire le contraire de ce que nous dicte la raison, par exemple voter pour le candidat le plus dangereux.

dimanche 5 février 2012

L’expert, le tohu-bohu et le développement durable

Selon le petit ouvrage de Xavier de Bayser*, dans la tradition juive, tohu et bohu sont deux termes dont le premier représente le désordre et le second une puissance d’ordre. Ils ont été rapprochés dès l’origine par les anciens - comme le Yin et le Yang – pour exprimer que lorsqu’il existe un désordre, il y a aussi une puissance d’ordre qui peut suivre.
Le tohu traduit le monde complexe, rugueux et désordonné. Mais si l’on applique la théorie du « petite cause grands effets », il faut chercher les choses simples, qui permettent d’obtenir des effets vertueux qui mènent à l’ordre, le bohu.
C’est ce comportement là qu’il faut sans cesse montrer et appliquer pour que la génération qui suit l’adopte, et devienne durable.

Or, depuis plus de quinze années, je mène des expertises pour le compte, tant des assureurs que des industriels, des collectivités et des associations, qui me font intervenir dans un tohu, autrement dit un litige en responsabilité civile entre parties prenantes.
Et, après plusieurs centaines de litiges traités (en fait milliers…) et une évolution drastique du métier, je constate que ma mission et mon rapport d’expertise constituent une aide à la décision par la recherche des faits, des causes techniques, des conséquences économiques et du droit des contrats, du contexte.

Mais une aide à la décision dans quel dessein?

A l’origine, simplement pour qu’un assureur puisse se positionner sur sa police d’assurance et ses garanties vis-à-vis de son assuré.
En quinze ans, le monde a bien changé, s’est transformé, s’est complexifié…
Ainsi, jadis inscrit dans le cercle des parties prenantes à un litige (assuré, courtier, agent, avocat, assuré, tiers…), l’expert se retrouve aujourd’hui placé, à l’intérieur du cercle, distillant et adaptant son information à la compétence de la partie prenante : un technicien, un juriste, un économiste, un commercial…
Inscrit au centre de ce cercle, l’indépendance d’esprit de l’expert, son intégrité, sa compétence, son champ d’expérience et ses moyens, sont autant d’atouts pour la recherche des choses simples qui permettent de sortir de la situation de litige par le haut et parfois en déclenchant une situation meilleure qu’avant.

Voilà donc le dessein de cette aide à la décision : la recherche du bohu.

Ce sont des dizaines et des dizaines de cas traités que je pourrais vous soumettre. Chaque fois, l’idée était de trouver le grain de sable qui coince l’écosystème du litige pour l’emmener vers le bohu, c’est-à-dire l’ordre porteur d’avenir.
C’est à chaque fois la position idéale au centre du cercle, qui donne la clarté de la situation (sans influence autre que sa propre histoire, bien sûr ! voir pour cela Howard Zinn).
Une vision claire permet alors de créer la situation de sortie en mode durable, c’est-à-dire celle où les parties au litige souhaiteront toujours agir ensemble en confiance, dans une relation où chacun reconnaît l’autre pour ses talents particuliers.
C’est bien cette collection de talents reconnus et mélangés qui offre une meilleure gestion du risque, gage d’ordre et de développement durable.

Alors l’expert, celui qui propose une aide à la décision, n’est-il pas, par essence, au centre du développement durable, en proposant simplement d’éclairer la voie qui mène du tohu au bohu ?

* Le petit livre du développement durable ou 10 mots pour changer la planète de Xavier de Bayser, éditions l’Archipel.

Claude Guéant : erreur de casting ?

Claude Guéant annonce la guerre des civilisations. Ce n’est pas tellement dans la tradition républicaine. Signe à l’extrême droite, probablement.

Mais autant M.Sarkozy semblait croire à ce qu'il disait lorsqu'il parlait de banlieues, autant le grand commis de l’État Guéant, aseptisé et théorique, paraît déplacé. D'ailleurs n'y a-t-il pas un risque que ses interventions rappellent de sinistres moments de l’histoire de l’administration française ?

La tactique de notre président, se donner le rôle d’un homme digne et confier la sale besogne à ses collaborateurs, se retournerait-elle contre ses intentions ? Peut-il ainsi abuser l’électorat ? 

Égalité des sexes ou comment rater un changement

Les murs du métro montrent une famille française typique, à savoir une jeune femme, 4 enfants en bas âge, et un mari absent, « en RTT ». Oppression de la femme par l’homme ! Qu’il brûle en enfer. Vive la guerre civile !

Voilà l’exemple même d’un changement mal mené. On a voulu imposer l'égalité des sexes par la terreur, sans tenir compte des réalités de la vie.
  • Les garçons, par exemple, ne jouent pas à la poupée. Nous sommes codés par la société pour accomplir un rôle. Si l’on veut le modifier, il faut agir à la source.
  • L’homme est shooté à la testostérone, ce qui le rend extrêmement dangereux dans certains emplois ; la femme est la seule à pouvoir avoir des enfants, ce qui handicape sa carrière. Le changement doit tenir compte des différences physiologiques. Par exemple, pourquoi pas une « carrière » qui commence une fois les enfants élevés ?
  • Pourquoi Mme Aubry n’a-t-elle pas divisé le temps de travail par deux ? N’y a-t-il pas doublement du nombre d’actifs ? Le reengineering des tâches au sein de la cellule familiale demande, comme dans l’entreprise, soit une nouvelle répartition des temps de travail, soit une automatisation des tâches domestiques. La question se pose en particulier en ce qui concerne les enfants, que l’on devrait pouvoir sous-traiter à des organismes spécialisés ou à des machines. 

L’Europe sauvée par l’Italie ?

Mario Draghi, le patron de la BCE, aurait-il sauvé la zone euro en alimentant ses banques en prêts à bon marché ? Les dites banques les réinvestiraient-elles dans les obligations d’État, ce qui expliquerait que les taux de celles de l’Italie et de l’Espagne aient chu ? Aurait-il réussi la quadrature du cercle ? (Super Mario, patron d'une BCE aussi active que la FED - La Tribune)

Quant à Mario Monti il aurait remplacé Nicolas Sarkozy auprès de Madame Merkel et serait parvenu à la faire douter des vertus de l’austérité. (French Politics: Monti Monte au Créneau)

Découvririons-nous que la latinité (ascendant Goldman-Sachs) a quelques avantages ?

Compléments :
  • Après Merkozi, Merkonti ? 

New Rose Hotel

Film d’Abel Ferrara, 1998.

Ce film n’était pas mon favori, mais le froid et l’heure de son passage me l'ont fait choisir. Surprise, Abel Ferrara était aussi là. Qui eut dit que les réalisateurs américains avaient une existence terrestre ?

Apparemment, il connaît une mauvaise passe. Et même le purgatoire des réalisateurs mythiques : un passage en France, et le soutien de notre communauté intellectuelle.

Il nous a dit qu’il avait tiré le scénario du film d’une nouvelle de 7 pages. Ça se voit.