samedi 3 mars 2012

GM, PSA et doutes de Moody’s

Apparemment, Moody’s partage mon point de vue : pas facile de voir comment GM et PSA vont parvenir à régler leurs difficultés européennes (surcapacités et marché en crise). Il n’y a pas de précédent qui permette d’apercevoir une issue évidente à la question. (Article du FT)

La solution américaine (mettre Opel et PSA en faillite, et les restructurer) n’étant pas possible, il faudra probablement du génie et de la chance. Chance d’un redémarrage économique européen. Et génie pour gagner en part de marché européen et aller chercher des clients sur des marchés solvables, et cela avec une capacité d’investissement quasi nulle.

Compléments :
  • Par contre, je me suis trompé : GM ne souscrira qu’à un tiers de l’augmentation de capital de PSA (1md€ en tout). Qu’il obtienne 7% de la société pour cela indique donc qu’elle vaut moins de 3md, ce qui n’est vraiment pas beaucoup.

Globalisation et diffusion du modèle social européen

Radio, débat sur la globalisation. Dès que l’on parle globalisation, le Français est présenté comme une autruche, un ringard. Il va bien falloir qu’il comprenne qu’il doit abandonner ses avantages acquis de paresseux.

Mais les dits avantages acquis sont-ils contre nature ? Non seulement ils résultent de l'histoire et de l’aspiration d’une écrasante majorité des peuples concernés, mais les ressortissants des pays émergents les appellent de leurs voeux.

D'ailleurs, la globalisation est-elle synonyme d’une concurrence sans foi ni loi, qui nous ramènerait fatalement aux romans de Dickens ? Et la France est-elle sans pouvoir dans cette globalisation ?

N'est-elle pas un membre important de l’Europe, qui est elle-même la première puissance économique mondiale, et surtout une démocratie solide? Or, n'est-ce pas cela ce que le monde recherche : la recette du capitalisme et de la démocratie ? Pourquoi, alors, l'Europe, stimulée par notre pays, ne serait-elle pas le « donneur d’aide » du monde, et ne lui apporterait-elle pas le fruit de sa longue expérience ? 

Et la France ne possède-t-elle pas une ouverture d'esprit et des idéaux bien plus séduisants que le matérialisme méprisant de l'Europe du nord, médiocre et replié sur soi ? Et si la France redevenait le pourvoyeur des idées généreuses du monde ?

The pledge

Film de Sean Penn, 2001.

Intéressant rebondissement. Occasion pour Jack Nicholson de jouer de son physique, et pour plein d’acteurs fameux de faire des numéros.

Mais un peu théorique et misérabiliste ? Ne serait-il pas temps de montrer que l’on peut être pauvre mais digne ? 

vendredi 2 mars 2012

L’existentialisme n’a rien inventé

En relisant mes notes sur Platon, j’ai découvert que l’absurde c’était lui. Or, je croyais que c’était la marque de fabrique des existentialistes. Qu’ont-ils inventé alors ?

L’existentialisme n’a-t-il été qu’une redécouverte d’idées aussi vieilles que le monde, à la lumière de « l’engagement pour la liberté » qu’avait été la résistance ? Mais aussi l’occasion de se racheter pour des gens qui, comme Sartre, avaient été passifs pendant l’occupation ?

Syrie : la démocratie n’est pas une solution ?

Imaginons que l’insurrection syrienne réussisse, que se passera-t-il ?

Comme l’explique Jean Haguet, le pays n’est pas homogène, il est constitué d’une majorité sunnite et de multiples minorités. Comme le craignaient les penseurs des Lumières, va-t-on avoir dictature de la majorité ?
(Au fond, la solution actuelle n’est-elle pas plus démocratique : si une petite minorité a le pouvoir, elle est obligée de composer avec les autres communautés du pays ?)

Les nations occidentales, comme la France, ont été le résultat de « révolutions culturelles » qui les ont homogénéisées. Pour la Syrie, l’Iraq et d’autres, qui, en outre, ont été produits par un découpage théorique, cette solution n’est pas envisageable.

Solution ? S’ils n’étaient pas en guerre les uns avec les autres, j’aurais envie de proposer aux représentants de chaque communauté de discuter ensemble d’un dispositif qui leur permette de vivre en paix, fondé sur ce qu’ils partagent, et laissant à chaque communauté l’administration de ce qui lui est propre. L’Europe, qui s’est construite sur le conflit, ne pourrait-elle pas être un animateur de ce changement ? 

La tête d’un homme

Film de Julien Duvivier, 1933.

Décidément, je n’arrive pas à comprendre comment l’on peut dire qu’Harry Baur fut le plus grand acteur d’avant guerre. Ici, il joue un Maigret d’une mièvrerie caricaturale et d’une bien pensance étonnamment moderne. Que fait-il ? Rien. Il observe avec un air bête et entendu. Précipite-t-il le dénouement ou la catastrophe ?

Quant aux criminels, ils ont des gueules de cinéma muet. Dommage qu'ils n'aient pas eu une plus grande place.

jeudi 1 mars 2012

Mise en œuvre de l’alliance GM PSA

Que va donner la « mise en œuvre » de l’alliance PSA, GM. En particulier, peut-elle réussir avec des liens capitalistiques aussi faibles ? Déformation professionnelle.

Donc, GM achète 7% de PSA, si je comprends bien pour 1md€. Ce n’est rien pour GM. Pour PSA c’est à la fois précieux (PSA est en pertes) et peu en regard du coût d’une politique d’expansion internationale.

Gains annoncés 2md$ : achats en commun, et plates-formes de production. Classique. Y a-t-il beaucoup à attendre d’une rationalisation d’achats déjà fort optimisés ? Cela sous-entend-il le partage d’unités de production avec Opel, ce qui permettrait de fermer des sites de production d’Europe de l’Ouest ? Si c’est le cas, licencier des milliers de Français et d'Allemands ne sera pas simple. 

Pour le reste, l’intérêt semble être le savoir-faire petite voiture de PSA. Passera-t-il par les plates-formes dans de nouveaux modèles GM ? Quant à l’extension internationale de PSA, il n’y aurait pas de coopération envisagée. La question semble demeurer ouverte.

Alliance opportuniste ? GM se fait un ami susceptible de l'aider à régler la question d'Opel ? PSA obtient une aide qui lui permet de traverser une mauvaise passe et de tenir jusqu’à un redémarrage du marché européen ?

USA, argent et élections

Les grandes fortunes américaines ont trouvé le moyen de contourner les lois locales, pour donner des millions de dollars à leurs favoris. Ceux-ci emploient cet argent en publicités qui dénigrent leurs concurrents. Le plus curieux est que cette publicité destructrice est efficace. (The hands that prod, the wallets that feed)

La nature humaine est-elle aussi facilement manipulable ? Faut-il penser, comme les philosophes des Lumières et notre troisième République, que cela n'arriverait pas si la raison du peuple était correctement éduquée ? 

Comment faire de ses enfants les maîtres du monde ?

On dit que ce qui a fait d’Alexandre un conquérant a été l’obsession de réconcilier un monde qu’il voyait à l’image de ses parents. En serait-il de même pour B.Obama et l’Amérique ?

Si l’homme veut changer le monde, c’est pour qu'il ressemble à une famille rêvée ? Le fruit d’un traumatisme initial ? L’homme heureux n’a pas d’histoire ?

Curieusement, nos principaux candidats présidents seraient aussi les fruits de couples instables, constitués de caractères opposés. Qu’en déduire ?
  • Au moins que la réponse à cette situation n’est pas unique. Si F.Hollande semble obéir au schéma Alexandre / Obama, N.Sarkozy paraît avoir choisi un camp : la défense de valeurs conservatrices (sa mère contre son père ?).
  • D’autres encore, peut-être, ont compris, comme Catherine Fulda et Lao Tseu, que changer sa perspective du monde pouvait nous épargner d’avoir à le changer ?
Compléments :

mercredi 29 février 2012

Nouvelles du mois

Quelques thèmes évoqués par ce blog, durant le mois de février :

Hollande essore le riche

M.Hollande va imposer le gros salaire à 75%. Improvisation ? Illustration des hésitations de M.Hollande ?

La mesure aurait été mûrement pesée, et s’inscrirait dans une stratégie de coups de théâtres visant à égayer la campagne. (Comment M. Hollande a préparé sa surprise sur l'imposition des plus riches - Le Monde)

Curieux. Et si M.Hollande avait choisi d’affronter M.Sarkozy sur son terrain ?
  • Il donne une formulation idéologique à ses propositions. Ce qui est surprenant, il aurait pu s’appuyer sur la raison : elles paraissent étayées par les thèses d’économistes installés. (Deux économistes admirés proposent de Taxer les riches à 80%.)
  • En attaquant les riches, il table sur le réflexe pavlovien de son opposant, qui doit lui faire prendre leur défense, et s’aliéner l’opinion.
D’ailleurs, M.Sarkozy ne s’est pas laissé surprendre. Il a dénoncé l’improvisation de son adversaire. Ce qui est habile, il joue sur notre préjugé.

Mais, il a dû riposter, ce qui signifie qu’il n’arrive pas à passer à l’attaque, alors qu’il est outsider.

Le FN remplace le PC

Le FN aurait pris la place du PC, la gauche ayant déçu. (Frontal assault)

Si c’est le cas, son importance n’est pas éphémère.

M.Sarkozy veut abuser son électorat de belles paroles, la gauche le diabolise. Ne serait-il pas temps de prendre sa situation au sérieux ? 

Chicago : l’enfer de la corruption ?

Chicago, patrie de l’économie néoclassique, est aussi, hasard ?, celle des descendants d’Al Capone.
(Depuis 1976) 1828 élus, délégués, fonctionnaires publics, et quelques personnes privées ont été condamnées pour corruption en Illinois, 84% dans (une zone qui contient) Chicago. Pendant cette période, environ un tiers des conseillers municipaux ont été condamnés pour corruption. (The Chicago way)
C’est curieux, l’Amérique donne des leçons au monde et pourtant par bien des côtés c’est un pays du tiers monde. 

Pour que l’individualisme ne soit pas un parasitisme

Si ce blog a fait changer quelque-chose chez moi, c’est ma vision de l’individualisme.

Jusque-là je l’assimilais à un égoïsme destructeur de la société. Le mal ne peut pas faire le bien, contrairement à ce que dit Adam Smith.

Ce qui m’a amené à m’intéresser à la sociologie, la science des sociétés ; et à découvrir que sa terre natale était l’Allemagne du 19 et du début du 20ème siècle ; et à constater que j’étais proche de la vision de ses intellectuels, qui contrastaient « culture » (dimension sociale dominante) et « civilisation » (individu laissé à ses vices).

Mon  travail sur la RSE me fait voir les choses, et la pensée de Hayek, d’une nouvelle façon :
  • Pour que l’individu puisse être libre sans être un danger public, il doit être « responsable ». Cette responsabilité a un sens concret : c’est l’éthique, comportement fidèle aux prescriptions de valeurs partagées par l’humanité.
  • C’est ce que n’a pas compris Hayek. Confronté à la menace du totalitarisme d’État, il a voulu en revenir à l’individualisme honnête des origines. Il pensait y parvenir par quelques règles explicites. Mais il avait mal lu Max Weber : ce qui a fait le capitalisme digne, c’est le protestantisme, une doctrine sociale, une culture, non l’abjection ramenée au primaire.
Que faire ? Être libre en suivant des règles n’est pas un paradoxe, si l’individu est venu de lui-même à ces règles. Par conséquent, nous avons besoin d’un débat pour savoir à quelles valeurs nous désirons adhérer. En ce sens N.Sarkozy a probablement raison. Par contre, il se trompe lorsqu’il pense que nos valeurs sont néoconservatrices. Le néoconservatisme a certainement une place dans la société française mais pas comme principe fondateur.

Compléments :
  • HAYEK (von) Friedrich A., The Road to Serfdom, University of Chicago Press, 1994.
  • WEBER, Max, L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, Pocket, 1989.

mardi 28 février 2012

L’Angleterre contre la Cour des droits de l’Homme

Paradoxalement, l’Angleterre est en lutte contre la Cour des droits de l’Homme. Pourtant l’Angleterre n’est-elle pas un pionnier de la question ? (Menace sur la Cour européenne des droits de l'homme - LeMonde.fr)

L’explication du paradoxe est probablement, simplement, que, pour l’Anglais (et l’Américain), tous les êtres humains ne sont pas des Hommes. 

Élections aux USA

Une des chroniques de ce blog : les élections présidentielles américaines. Dernier épisode en date.

Les affaires sentent le brûlé pour les Républicains. Foire d’empoigne entre candidats. (Republican fratricide)

On dirait une histoire de stratège chinois. Nos forces sont nos faiblesses. Dans un premier acte les Républicains renaissent de leurs cendres de manière inattendue, en lançant un assaut populiste et intellectuellement malhonnête contre le président, qui le prend par surprise. Aujourd’hui cette rhétorique semble se retourner contre eux. La division qu’ils voulaient semer dans le pays fait exploser leurs rangs ?

Compétitivité et droit du travail

Notre droit du travail nuit-il à notre compétitivité ? se demande Le Monde. (Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ? - LeMonde.fr)

Cette question m’en pose deux :
  • Doit-on opposer droit du travail et compétitivité ? Là où, ailleurs, il y a compétition, dans le sport, les règles sont les mêmes pour tous.
  • Que sous-entend compétitivité ? Affrontement. Plus je suis compétitif, plus je force l’autre à l’être, et plus nous faisons le jeu de l’économie, qui n’est pas celui de l’homme ?

Costa : et un bateau à la dérive…

Un bateau échoué, un autre à la dérive, est-ce un hasard, ou la compagnie Costa est-elle victime du syndrome BP ?

Rien de ce qui est dit sur elle ne laisse penser que sa culture ait fait passer l’argent avant la sécurité de ses passagers. Cependant, il semblerait que le dernier incident soit déjà survenu. Peut-être le type de navire qu'elle emploie pose-t-il des problèmes nouveaux ? 

Humanisme contre libéralisme

Je me demande s’il n’y a pas eu basculement de nos hiérarchies de valeurs depuis la guerre.

Il me semble qu’en réaction aux atrocités de la guerre, et peut-être à la menace soviétique, les gouvernements occidentaux ont eu pour souci, et pour inquiétude, l’épanouissement des populations. On parlait de progrès, et ce progrès devait profiter à l’homme. D’ailleurs, l’existentialisme, la doctrine philosophique d’après guerre, était un humanisme, qui voulait la liberté de l’homme.

Puis, progressivement, cette idée fixe du bonheur humain a été remplacée par une autre : comment faire gagner en performance l’économie ? Tout a été ramené à cette unique question.

À partir du moment où elle a envahi les têtes, ce qui jusque-là devait assurer le bonheur humain est devenu un « coût ».

Et elle l’a envahi comme un parasitisme : en changeant le sens des mots. Le libéralisme, par exemple, qui devait réaliser la libération de l’individu cherche maintenant à obtenir celle des marchés.

L’homme, de fin est devenu moyen, l’économie, de moyen, fin. Ne faudrait-il pas revoir cette répartition de rôles ?  Rendre à « libéral » son sens initial ?

lundi 27 février 2012

Deepwater horizon coûte 40md$ à BP

L’explosion de sa plate-forme pétrolière du Golf du Mexique pourrait coûter 40md$ à BP, ce qui était prévu : BP prêt à payer 25 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter le procès (La Tribune).

L’industrie automobile menacée par un embouteillage mondial ?

L’avenir de l’automobile serait à la congestion, dit Ford. 4md de voitures d’ici peu.

Ce qui contredit un de mes précédents billets qui parle de surproduction…

Solution ? Si je comprends bien, ce serait une sorte d’Internet des transports individuels. Il coordonnerait leur flux, comme Internet organise le voyage des paquets de données ?

Une solution qui évite les transports en commun et l’intervention de l’Etat ? En tout cas, cela demanderait une coopération entre constructeurs, et un équipement spécial des routes.

En outre, elle semble favorable aux petits véhicules (ce qui est bon pour les constructeurs français, s’ils survivent jusuque-là).

Compléments :

The artist, ou comment mériter un prix ?

Comme prévu, The artist reçoit de nombreux oscars.

Il y a une corrélation inverse entre mes goûts et ce type de récompenses. Il me semble que les prix ne sont pas le résultat de coups de cœur, mais des calculs théoriques.

Le festival de Cannes, par exemple, fait preuve « d’engagement » et dénonce la perversion de notre société. Les superprivilégiés qui composent son jury se donneraient-ils bonne conscience ?

Quant aux oscars, ils paraissent récompenser le numéro d’acteur d’une star installée (paraplégique qui veut jouer au football, roi bègue qui veut parler…) et un succès commercial (le marché n'a-t-il pas toujours raison ?).

The artist me paraît avoir deux atouts supplémentaires :
  1. Il est français. La France est le leader d’opinion européen, en termes de cinéma. Il est d’un bon sens commercial de lui plaire. (N'est-ce pas pour cela qu'un nombre croissant de Français joue à Hollywood ?)
  2. C’est un film sur l’Amérique, qui fait allégeance à ses valeurs. D’ailleurs, son réalisateur a travaillé pour Canal+, ce que l'Amérique fait de mieux. 

La Hongrie entre dans le rang

On craignait que la Hongrie n’adopte une forme de dictature. Apparemment les pressions de la communauté européennes ont suffit à la faire revenir vers un régime démocratique plus acceptable. (Backing down gently)

De l’importance de la pression sociale ? D’une forme de « soft power » ?

Devrions-nous chercher à construire une doctrine rationnelle de l’emploi de ces techniques ? Notamment en remplacement d’interventions armées (Iraq) ou d’un laisser faire coupable (Syrie) ? 

Choisir un président (8) : la technique grecque

Je m’efforce depuis quelques temps de trouver un moyen efficace de choisir un président. En bon consultant, j’en suis arrivé au benchmark. J’ai analysé le cas des Anglais. C’est maintenant au tour des Grecs, que l’on dit les pères de la démocratie.

Ils pensaient que tout se résolvait par le dialogue. Et il semble effectivement que la particularité de l’homme, depuis l’âge des cavernes, soit la créativité sociale.

Alors, choisir le bon président demande-t-il une discussion publique (voir Kant sur le sujet) ? Serait-ce ce fameux débat démocratique, qui fait si peur à nos candidats ?

En fait, la particularité de la dialectique grecque est d’être un moyen de résolution de problème. Et si, à son terme, il n’y avait, donc, plus de problèmes ? Et si le choix d’un président était une question secondaire ? Une sorte de stimulant à la réflexion collective ? D’ailleurs, n’est-il pas supposé représenter « l’exécutif », c'est-à-dire mettre en œuvre ce que le peuple a décidé ?

dimanche 26 février 2012

Faut-il protéger le français ?


Le français est assailli par l’anglais. Sujet d’une émission de France Culture, dont j'ai entendu des bouts.

Est-ce un mal me suis-je demandé ? L’anglais ne nous envahit pas tant avec des mots issus de l’anglo-saxon, que de l’ancien français, voire du grec. Et puis il enlève un peu de rigidité à la langue. N’est-elle d’ailleurs pas le fruit de multiples influences, et le produit d'un latin populaire ?

Argument meilleur : absorber la langue de l’autre, c’est gober son idéologie. Est-ce certain ? En tout cas, il semble, effectivement, que parler une langue amène à adopter le comportement de ses locuteurs… (Trahi par les langues étrangères)

Défendons le français ? La meilleure défense n’est-elle pas l’offensive ? Le problème du français n’est-il pas, avant tout, qu’il y a manque de Français à admirer ? Notre langue n'est-elle pas une éponge parce que nous n'avons plus rien à dire ?

Tricheuse Argentine

Mes biais idéologiques me font avoir une sympathie spontanée pour les bêtes noires de The Economist. En particulier, le Vénézuela et l’Argentine.

Mais j’avoue que The Economist n’a pas toujours tort : les industriels que je rencontre me disent que l’Argentine est aux prises avec une inflation galopante, que masquent apparemment ses statistiques officielles. (Don’t lie to me, Argentina)

Je m’interroge. Si le Vénézuela et l’Argentine sont aux mains de populistes, n’est-ce pas parce que ces derniers font contrepoids à une classe possédante sans foi ni loi ?

Plutôt que d’encourager les uns ou les autres, ne serait-il pas mieux de chercher à faire perdre de leur radicalité à ces extrêmes ? 

De l’avantage économique du sénior

Il y a peu, on nous disait que le jeune avait toutes les qualités. Depuis quelques temps, la tendance s’inverse.

Même la créativité ne lui semble plus réservée. Les groupes de rock ne retrouvent-ils pas une nouvelle jeunesse passés les 70 ans ? L’avenir de la création n’est-il pas au mélange de disciplines qui demandent des années pour être assimilées ?... (Enterprising oldies)

Argumentation (de The Economist) suspecte ? À l’époque où les entreprises voulaient réduire leurs effectifs elles prônaient le jeunisme, aujourd’hui elles enjoignent les (vieux) chômeurs à créer leur emploi ? Comme cela, plus besoin de cette coûteuse sécurité sociale dont « nous n’avons plus les moyens » ?  

Welcome in Vienna (suite)

Deuxième épisode du film d’Axel Corti.

Les émigrés juifs fuyant le nazisme arrivent en Amérique. Difficile adaptation.

Les personnages du film étaient l’élite intellectuelle de leur pays, l’essence de sa culture. Peut-on imaginer pire drame pour eux qu’un pays sans culture, dont le principe même est d’offrir à ses ressortissants de s’inventer, en renonçant au passé ?

Comme dans l’épisode précédent, on ne voit presque rien du pays d’accueil, et ce qu’on en voit est laid et pauvre. Les émigrés vivent entre eux.