samedi 10 mars 2012

L’économiste et le mensonge

Paul Krugman accuse la plupart des économistes de nous mentir par intérêt personnel.

À en croire le biologiste Robert Trivers (The Folly of Fools), Paul Krugman a tort. Pour bien mentir, il faut se mentir à soi-même. Par conséquent, ils ne sont pas totalement conscients de l’inconsistance de leur position.

À ceci s’ajoute probablement un phénomène que j’ai étudié dans un livre. Le cas Tartuffe.

Pourquoi, pris la main dans le sac, Tartuffe veut-il se venger ? Pour la même raison que l’on peut se faire insulter si l’on dit à un cycliste qu’il est passé au rouge. Parce qu’on attaque « l’identité » de la personne. C'est-à-dire la façon dont elle se voit. C’est pire que de l’assassiner.

Afghanistan : le succès du changement est dans sa mise en œuvre

Par mégarde, des soldats américains font brûler des corans. La population explose d'indignation. Dernier exemple de maladresse qui transforme l’Afghanistan en poudrière, et va faire du retrait de l’OTAN une débâcle honteuse. (Too dangerous to help)

Pourquoi une telle impréparation et de telles erreurs ? Probablement parce que les néoconservateurs américains se croyaient porteurs de valeurs universelles : ils ne pouvaient qu’être accueillis à bras ouverts ? 

La petite Lise

Film de Jean Grémillon, 1930.

Grand mélodrame. C’est du à peine parlant. En fait, le film semble plus fonctionner par les émotions qui sont transmises par de longues scènes d'atmosphère (qui ressemblent parfois à des reportages), que par la parole. 

vendredi 9 mars 2012

L’Inde achète le monde

Les entreprises indiennes sont prises d’une fureur d’acquisition. Vont-elles invalider la « première loi de la finance : les acquisitions font perdre de l’argent à l’acquéreur » ? se demande Running with the bulls.

Eh bien non. Le retour sur investissement est mauvais.

Cette erreur commune me semble moins venir d’un prix d’acquisition trop élevé que de l’incapacité de l’acquéreur à mettre en œuvre le plan d’action qui justifiait ce prix. 

Cœur et raison : trouver l'équilibre

Ce blog pense que, pour combattre le populisme, particulièrement efficace actuellement, il faut une éducation de la raison.

Malheureusement, cette éducation a une conséquence inattendue : le bobo, l’hypocrisie et la bienpensance. Bref, comme l’avait probablement compris Rousseau, éducation et raison tendent à engendrer des créatures contre nature.

Je me demande si tout n’est pas une question de mesure et d’équilibre.

Notre système éducatif fabrique des théoriciens sans cœur, élevés hors sol ou des éjectés, incultes et sujets à la manipulation. Ne serait-il pas mieux d’avoir un début de vie moins théorique et qui donne une grande part à la vie sociale et pratique, puis une formation de la pensée qui se fasse au cours de l’existence ?

Compléments :
  • Rousseau : « tout fut perdu quand ils commencèrent à étudier » (Discours sur l’inégalité). Je soupçonne d’ailleurs qu’il était la première victime du mal.

Welcome in Vienna (fin)

Film d’Axel Corti, troisième partie.

Vienne libérée et détruite. Forme d’état naturel de l’économie néoclassique : l’individu y optimise son utilité personnelle. Marché noir, prostitution, et absolution immédiate du nazi utile. On peut très bien vivre sans conscience. 

jeudi 8 mars 2012

Supprimons les lois : elles créent le chômage

Solution à la crise de la Grèce. Son tissu économique est fait d’une multitude de petites entreprises. C’est le résultat d’une législation risible. Or ces entreprises ne sont pas productives et n’embauchent pas. Éliminons cette législation et l’économie grecque croîtra. (Decline and small)

L’article prend, aussi, en exemple la législation française et son effet de seuil, qui fait qu’il y a 3 fois plus d’entreprises de 49 personnes que d’entreprises ayant 51 employés. Ridicule !

Je suis dubitatif. Je n’ai jamais vu qui que ce soit courant après le succès qui ait été préoccupé par ce seuil. S’il a autant d’effet, c’est simplement que le patron français manque d’ambition. La question est culturelle et non liée à la législation.

De même, je soupçonne que l’écosystème entrepreneurial grec doit bien plus à des causes culturelles qu’à une quelconque réglementation. (Voir les billets précédents.)

La femme est l’avenir de l'économie française

Je découvre que Françoise Gri a développé des thèmes (Parce que les femmes sont l’avenir de l’entreprise ?) proches de ceux de mon billet précédent.

Ce n’est pas le souci des droits de l’homme qui doit pousser l’entreprise à se doter de dirigeants femmes, mais son intérêt bien compris. La femme a des vertus qui font défaut à notre économie :

« Le modèle du « chef » d’entreprise à la française, chef de guerre stratège parce que sorti classé de l’une des trois écoles de l’élite de la nation », n’est plus adapté au contexte économique actuel : « Innovation, créativité, collaboration seront indispensables mais aussi un pragmatisme à toute épreuve pour pouvoir concrétiser de la création de valeur dans un environnement volatile et chaotique. Nous allons vers un leadership du « comment », de l’action, du concret, de l’émotion. » Or, la force de la femme, c’est justement le « comment ».

J’ajoute deux idées :
  1. J’ai entendu Michel Crozier dire que le mal de la France était l’exécution. Certes. Mais, pour autant, il ne faut pas oublier sa force, qui est justement son sens de l’abstraction. L’entreprise a besoin de femmes qui complètent ses hommes. Elles ne les rendent pas obsolètes.
  2. Je pense qu’il est moins important de réformer notre système de sélection d’élites que de le faire douter de lui. Sa plus grande faiblesse me semble être son calme contentement de soi, qui le rend sourd et aveugle, et inapte au changement. 

Les dons exceptionnels de la femme pour le changement

Trois heures d’interview pour essayer de savoir si la femme est naturellement (et culturellement) plus apte à conduire le changement. Voici le résultat : "La femme a tous les atouts du leader" - LEntreprise.com.

L’interview a illustré ma thèse : je tendais à parler de grands principes, alors que mon interlocutrice voulait des exemples concrets et précis… D’où la durée de l’entretien.

Remplacez les anxiolytiques par le blog

Dans une série d’importantes expériences réalisées des années 80 aux années 2000, les scientifiques ont montré qu’écrire sur ses traumatismes avait des bénéfices évidents pour le système immunitaire.
(écrire) joue probablement le rôle d’un substitut pour le partage d’informations avec d’autres. (TRIVERS, Robert, The Folly of Fools, Basic Books, 2011.)
Deux conséquences : écrire un blog a une vertu curative ; il n’est peut-être pas bon pour la santé de le lire.

Et si l’art c'était transmettre agréablement ses anxiétés ?

mercredi 7 mars 2012

Nicolas Sarkozy scotché

Campagne présidentielle terne. Rien ne se passe. Nicolas Sarkozy s’agite frénétiquement sans faire bouger les sondages.

Apparemment il a cru qu’il pouvait se contenter de promesses, que cela ferait oublier qu’il avait été président. À moins qu’il ait compris qu’il était meilleur candidat que président, et qu’il ait voulu se ramener à ce qui constitue sa force ? Dans les deux cas sa campagne est un « plaider coupable ».

Je regrette qu’il n’ait pas cherché à nous faire comprendre qu’il avait été un bon président. C'est-à-dire que ses idées étaient justes, et que ses mesures étaient un pas décisif et courageux dans la bonne direction. Peut-être ne nous aurait-il pas convaincus, mais, au moins, le débat électoral aurait évité une gesticulation idéologique insultante pour notre intellect.

Serait-ce là le fond de sa logique : il estime que nous sommes incapables de comprendre ce qu’il a fait ? Que nous sommes des « veaux » ? Est-ce cela qui le plombe dans notre estime ?

Abeille et décision de groupe

Comment les abeilles parviennent-elles au consensus ?

Elles utiliseraient un double mécanisme. Une abeille qui a trouvé quelque chose d’intéressant (par exemple un emplacement pour une nouvelle ruche) se lance dans une sorte de danse, qui amène d’autres abeilles à faire comme elle. Jusqu’à ce que toutes fassent de même.

Mais plusieurs abeilles peuvent avoir des idées différentes. Pour éviter une scission, il semblerait que les partisans de chaque option aient le pouvoir de bloquer la danse des autres. Si je comprends bien, dès qu’une option a le moindre avantage numérique elle emporte l’adhésion collective.

Il semblerait aussi que ce phénomène soit celui que suit notre cerveau pour décider.

Est-ce aussi comme cela qu’une foule applaudit de la même façon ?

Changement et systémique : le flop de l’égalité des sexes

Le personnage d’un film observe que les hommes passent mieux la trentaine que les femmes : leurs compagnes continuent à avoir 20 ans. Il y a quelques mois j’ai entendu une historienne expliquer que la femme était plutôt moins égale aujourd’hui qu’à certaines autres époques. Depuis des siècles, cette égalité connaît des bas et des hauts pas très hauts.

Je me demande si, cette fois-ci, la femme n’a pas détruit une partie de l’édifice social qui lui était favorable.
  • Depuis toujours l’humain est en lutte contre un travail imposé (le salariat). Or, curieusement, la femme a vu ce travail comme une libération. Surtout, la société s’était évertuée à maintenir l’homme dans la famille, or, la femme a ramené le couple à la sexualité...
  • Curieusement, d’autres pans de la société n’ont pas bougé : la femme continue à avoir des enfants et à être formée pour les travaux ménagers ; ce qui rend attirant une femme est sa jeunesse, l’homme son expérience…
Alors, seul ce qui était dans l’intérêt des puissants a changé ? Les entreprises ont gagné une main d’œuvre à bon marché, et les hommes un retour à l'état de nature ?

Compléments :

mardi 6 mars 2012

Caddie ou la disparition d’un monopole

Comment se fait-il que Caddie, apparemment en situation de monopole sur le marché français, soit en passe de disparaître ? me suis-je demandé ? (Caddie... C'est fini ?)

En fait, je n’utilise jamais de Caddie, mais des paniers en plastic, qui sont suffisants pour mon petit volume d’achats fréquents. Et si l’entreprise Caddie avait été victime de la transformation de la grande distribution : d’hypermarchés perdus dans des no man’s land, et qui demandent des Caddie, à des magasins de proximité, qui n'en ont plus besoin ?

Charles Edelstenne, dirigeant de Dassault

Article de Challenges sur Charles Edelstenne, patron du groupe Dassault, que j’ai croisé, il y a fort longtemps.

Ce qui m’a frappé chez lui était son solide bon sens. Mais aussi le fait que c’était un comptable au milieu d’ingénieurs. Qui aurait pu imaginer qu’il puisse diriger un constructeur d’avions, et, mieux, détecter le potentiel de Dassault Système, que n’avait pas perçu le visionnaire Marcel Dassault ?

Je lui dois aussi une de mes citations favorites : « méfiez vous des ingénieurs », une phrase qu’il devait à son « maître » Marcel Dassault.

Peut-être est-ce cela le secret du bon dirigeant : habilement tirer parti de la nature humaine ?
la forme la plus élevée de l'action se fonde (…) sur une observation à ce point fine et efficace qu'elle ne demande pratiquement aucun effort, son idéal étant de parvenir au plus près du non agir (wuwei).
(Kamenarovic, Ivan, La Chine classique, Les Belles Lettres.)

Combien y a-t-il de femmes dirigeantes d’entreprise ?

Une étude du gouvernement, datant de 2008 :
En France, moins d'une entreprise petite ou moyenne sur trois (31 % précisément) est dirigée par une femme. A noter également que le nombre de femmes chefs d'entreprise tend à diminuer au fur et à mesure que l'effectif de l'entreprise s'accroît. Elles sont, en effet, 34 % à diriger une entreprise de cinq salariés ou moins alors qu'elles ne sont plus que 11 % lorsque le nombre de salariés atteint un chiffre compris entre 100 et 250 personnes.
Bref, les moyennes sont trompeuses : la femme dirigeante n’est présente que dans des entreprises minuscules…

Compléments :
  • Cela changerait peu, selon l’INSEE : « Mais alors que la population des cadres se féminise (la part des femmes a augmenté de 3,5 points depuis 1995), ce mouvement s’amorce beaucoup plus lentement chez les PDG, puisque la proportion de femmes n’a augmenté que de 1,1 point en 10 ans (+ 2,2 points pour les membres d’état-major) » 

Qu’est-ce que la liberté ?

Les radicaux semblaient avoir le salariat en horreur. Un peu ridicule, non ?

Peut-être pas. Être salarié c’est avant tout appliquer les règles d’un autre. C’est donc ne pas être libre. Une situation que refuse le libéral, et qui est difficile à supporter pour tout homme.

Cela explique probablement pourquoi le salarié cherche à réduire son temps de travail. Et pourquoi le patron tend à faire le contraire : il est beaucoup plus libre dans son entreprise que chez lui.

Qu’est-ce que la liberté, alors ? Peut-être suivre les règles que l’on s’est données.

C’est pour cela que les radicaux aimaient les coopératives, peuplées d’égaux, et que l’économie de marché est populaire chez certains : les commerçants n’ont de comptes à rendre à personne.

Mais la bureaucratie aussi peut être un territoire de liberté : Michel Crozier ne dit-il pas que chacun y a une sphère personnelle qu’il administre selon son « bon plaisir » ?

Alors, la liberté peut trouver son bonheur partout, à condition que les règles du jeu soient acceptées par tous, et non imposées par la force ?

Compléments :

Adam Smith et l’esprit du capitalisme

Lorsque l’on parle d’économie, on évoque rarement ses fondations. Il est vrai que nous vivons à l’époque du « bon sens », selon l’expression des ténors du gouvernement.

Il me semble que le capitalisme repose sur deux idées, exprimées par Adam Smith en 1776 :
  1. Le gain de productivité. On produit « toujours plus » (de biens matériels, dans la pensée de Smith). C’est la croissance. Et on l’obtient par une spécialisation toujours plus grande.
  2. L’échange, qui signifie, à nouveau, la spécialisation.
Le moteur du capitalisme d’Adam Smith n’est donc pas l’affrontement, la concurrence, mais la différenciation. (Question de « bon sens » : il n’y a pas de commerce, si tout le monde produit la même chose !) Il serait bien de s’en souvenir.

Ce qui l’oppose aux intérêts de l’individu, c’est le « travailler plus », qui tend à transformer la famille en une machine, et qui exerce une curieuse fascination sur notre société. « Arbeit macht frei » n’est-il pas le slogan des féministes ?

Comment mettre le capitalisme au service de l’homme ? Peut-être :
  • Avant tout, en se convaincant que l’homme est premier, l’économie seconde.
  • Aussi en étant vigilant, comme dans le sport, à ce que les règles qui protègent l’homme soient respectées. Notamment que sa spécialisation se fasse par le développement de ses talents et non par une transformation sous contrainte.
  • Enfin, en donnant au « produit » de « PIB », une définition qui lui permette de croître sans exiger notre esclavage, ou la destruction de notre écosystème. 

lundi 5 mars 2012

Corrèze = Grèce ?

Rien de plus inattendu pour le Corrézien que je suis : M.Guéant compare la Corrèze et la Grèce… Et moi qui appelait la Corrèze «  l’enfer vert ». Vert et gris ciment et sans habitant.

M.Hollande serait-il un panier percé ? 

En fait, il aurait hérité une très mauvaise situation financière de son prédécesseur UMP. Et s’il n’avait pas eu des ambitions présidentielles, il aurait probablement poursuivi dans la même voie. Ce qui semble à la fois dire qu’elle n’est pas grecque (i.e. intenable), et que la gestion est le dernier des soucis des présidents de région, de gauche ou de droite. (Ce qui nous promet un triste avenir : La gauche régionalise la France ?)

Windows 8, ou le PC devient tablette ?

Windows 8 semblerait chercher à fusionner l’univers du PC et des smart phones (ou des tablettes). (Windows 8: Microsoft Gambles on a Tablet-centric Future - Technology Review)

Retour à la stratégie qui a fait le bonheur de Microsoft : utiliser son monopole pour l’étendre ailleurs ? (Ici imposer son système d’exploitation smartphone aux utilisateurs de PC, et de là revenir en vainqueur vers le marché smart phone / tablette.) Et si c’était le contraire qui se passait ?

Je me demande si Microsoft n’a pas un terrible handicap : ses produits ont le look de Bill Gates. 

Choisir un président (9) : le combat des chefs

Georges Duby (Le dimanche de Bouvine) présente la bataille du Moyen-âge comme un jeu d’échecs. Pour gagner, il faut renverser le roi adverse. Pourquoi n’en serait-il pas de même des élections présidentielles ?

Selon Erving Goffman (Interaction ritual), d’ailleurs, la société ne juge pas uniquement l’homme sur les fins qu’il se donne ou sur les moyens qu’il emploie, mais, peut-être surtout, sur sa maîtrise de soi dans la difficulté.

Par conséquent, le rôle de chaque candidat peut être de placer son adversaire dans une situation qui teste cette maîtrise. En cas d’ex aequo, l’électeur les départage aux points ? 

dimanche 4 mars 2012

Qui connaît ce grand humaniste Konrad LORENZ?

Quel bonheur de re découvrir Konrad LORENZ au hasard d'un article jauni datant de 1980 (?) exhumé lors du tri de mes archives perdues!

LORENZ né à Vienne en 1903, a été prix Nobel de Médecine en 1973 pour ses découvertes sur "l'organisation et la mise en évidence des modes de comportement individuel et social". Il s'agit du seul prix Nobel jamais remis à un spécialiste du comportement.Ces travaux constituent les fondements d'une nouvelle discipline de la biologie : l'éthologie ou l'étude du comportement des espèces animales. LORENZ, est surtout un vrai humaniste et ce malgré un passage délicat en 1940, qui lui a valu de nombreuses attaques de la classe scientifique. Ce biologiste de formation, a succédé à KANT à la chair de philosophie de KONIGSBERG.

Dans cet article, LORENZ, alors âgé de près de 80 ans, explique pourquoi le comportement de l'homme du XXème siècle est suicidaire et propose des remèdes. Il rappelle qu'il a publié en 1969 "l'agression" ouvrage dans lequel il explique que les animaux, les hommes y compris, ne sont pas les bons sauvages chers à JJ ROUSSEAU. Ils sont agressifs et hiérarchisés ainsi, l'animal privé d'exercer son agressivité tombe malade.

Est ce à dire que l'homme n'est qu'un animal? LORENZ précise que l'Homme possède des facultés propres acquises par l'instinct et l'inné, mais il n'est pas une page blanche à la naissance. Il n'est donc pas malléable à merci et son comportement ne peut être modifié dans n'importe quelle direction. Les travaux de Konrad LORENZ, et d'autres, ont permis à la pensée biologique de se faire une place dans les sciences du comportement humain.

Nous ne serions donc pas égaux et la base de cette inégalité est d'origine biologique ce qui sous tend qu'il existe des différences de capacités entre les hommes. LORENZ explique que l'égalitarisme a une responsabilité dans ce qui se passe dans le monde (de 1980).

Les analyses scientifiques et philosophiques de LORENZ débouchent sur un véritable humanisme et une vision prémonitoire. Déjà en 1973 LORENZ parle des huit péchés capitaux :
  1. le surpeuplement,
  2. la dévastation de l'environnement,
  3. la tiédeur de l'homme moderne,
  4. la course contre soi-même,
  5. le risque de dégradation génétique,
  6. la rupture de la tradition,
  7. la contagion de l'endoctrinement,
  8. le développement de l'arme nucléaire.
LORENZ détermine une marque d'auto-domestication qui modifie physiquement et moralement l'espèce humaine vers plus d'intelligence et moins de fierté. Ce phénomène est poussé par l'espace sur le globe, qui se réduit sous l'influence du commerce et des communications qui poussent vers une uniformité accélérée. (On est en 1973!) Le phénomène sélectif naturel, qui a fait notre grandeur, n'est aujourd'hui gradué que par la seule capacité économique...

LORENZ de conclure que la catastrophe est inéluctable et le remède est l'éducation.

N'est ce pas là une vision très prémonitoire de ce que nous voyons aujourd'hui? Ne faudrait il pas vite relire LORENZ? Je vous le recommande car c'est riche, très riche!

La gauche régionalise la France

N.Sarkozy avait centralisé, la gauche veut libérer les régions. Sénat et conseils régionaux sont à gauche : lien de cause à effet ? (Jean-Pierre Bel : "Soyons clairs : la réforme territoriale sera abrogée" - LeMonde.fr)

L’ennui de ces réformes en accordéon n’est pas le surplace, mais plutôt le recul. À chaque mouvement, le pays s'enfonce un peu plus.

Le mal de la régionalisation, contre lequel la dernière réforme a voulu lutter, est que les régions sont extrêmement dépensières, et totalement incontrôlables.

Il serait bien que les nouveaux réformateurs se préoccupent des conséquences pratiques de leurs actes. 

Compléments :

Musée de l’esclavage et de la colonisation

Il y a quelques jours j’entendais un défenseur acharné de l’esclavage et de la colonisation se lamenter qu’ils n’aient pas leur musée. (Émission de France culture.)

En l'écoutant, je me suis dit que la particularité de l’Occident n’est pas tant d’avoir été esclavagiste et colonialiste que d’avoir mis un terme à ces pratiques, qui duraient depuis l’éternité, ou presque. Plutôt que se tourner avec complaisance vers le passé, ce musée ne devrait-il pas s’interroger sur nos responsabilités dans la décolonisation ? Pourquoi s’est-elle aussi mal passée ? Que pourrions-nous faire pour que le monde soit un peu plus agréable à habiter ? 

Oslo, 31 août

Film de Joachim Trier, 2011.

L’homme est fragile : il en faut peu pour le déglinguer. Et ensuite, comment lui redonner goût à la vie ?

La génération qui suit la mienne est-elle incapable de vivre dans la réalité ? Ne peut-elle exister que dans la fête, le jeu ou la drogue ? Ses parents sont-ils en cause ? Pourtant, ne lui ont-ils pas donné une éducation idéale ? Seulement, la société ne répond plus quand on a besoin d’elle… Sommes-nous devenus des théoriciens des sentiments ? Une raison, pure et hypocrite, a-t-elle tué notre cœur ?