dimanche 17 novembre 2013

Le syndicat au secours de l'entreprise ?

Quel est le mal de l'entreprise française ? ai-je demandé à un ex (très) grand patron. La formation de son dirigeant ! La recherche fait des pas de géant, l'entreprise est devenue extraordinairement complexe, et ses salariés sont très diplômés. ("Il y a douze fois plus de gens qui ont le bac chaque année qu'à l'époque où je l'ai passé" me dit-il.) Le dirigeant ne peut plus croire qu'il en sait plus long que ses collaborateurs. Or, il prétend, toujours, imposer ses vues sans consulter personne. Mais le savoir est en bas !

Solution ? Le modèle de codétermination à l'Allemande. Il force le dirigeant à consulter les employés, sans qu'il ait à perdre la face ! La nouvelle loi sur la sécurisation de l'emploi serait un pas dans cette direction. Mais va-t-elle être appliquée ? Curieusement, mon interlocuteur doute de la capacité de ses camarades dirigeants à s'en saisir. Pour ma part, je vois plutôt la résistance du côté des syndicats. Car leur stratégie est l'irresponsabilité. Ils disent non. Ils s'opposent. C'est tout. Et ce n'est pas fatigant. Ce n'est pas facile d'être allemand...

En tout cas, je trouve le raisonnement extraordinairement élégant. Et surtout, je découvre que les dirigeants ne sont pas comme nous les croyons. (D'ailleurs, je soupçonne que, vu de loin, je dois ressembler à un suppôt du capitalisme le plus sanguinaire !) Il en est probablement de même des syndicats. Espoir, enfin ? Edgar Schein a-t-il raison : l'idée reçue menace la survie de l'espèce ? Apprenons à poser des questions ?