jeudi 5 décembre 2013

Classification des techniques de conduite du changement

Depuis une dizaine d’années, je me suis mis à classifier les techniques de conduite du changement. Curieusement, personne ne paraît avoir fait ce travail avant moi. Les experts consultés ne semblent même pas trouver la question concevable. Croiraient-il que le changement ne peut pas s’étudier ? Qu’il n’y a que LE changement, celui dont ils parlent ? (De même qu’il n’y a qu’un dieu, dont on ne peut que constater l’action, ses raisons étant inconcevables ?) Enquête en cours.

Toujours est-il qu’il y a des pans de classification un peu partout, et qu’ils sont cohérents les uns avec les autres. Dernière avancée dans mon travail : j’ai fini par croire que l’adhocratie, un type d’organisation très à la mode dans ma jeunesse, n’est probablement rien d’autre que l’organisation de la tribu primitive. Le changement qui va avec serait donc un des plus vieux qui soient.

Changement
Description / histoire / culture
Limites / dangers
Adhocratique
Tribu (primitive) / équipe sportive / forme d’organisation qui s’adapte immédiatement aux événements ou à l’initiative décisive d’un de ses membres - plus vieille conduite du changement qui soit ? (Changement culturel allemand ?)
Demande un « esprit d’équipe », le partage de valeurs communes fortes (étape préliminaire de socialisation)
Planifié
Changement lié à la société (un groupe humain très étendu) / wuwei chinois mais aussi changement démocratique.
Peut-être compliqué
Dirigé / Bureaucratique
Lié à la science ou scientisme : « the one best way » de Taylor – celui qui sait organise le travail de celui qui ne sait pas. Vision individualiste du monde.
Risque de totalitarisme.
Libertaire (?)
Autre forme d’individualisme. Lié à la notion de libre arbitre, d’individu libre de tout lien social. Cela conduit au « diviser pour régner » anglais. Ou au « changement pour le changement ».
Risque de dislocation sociale
Contrôle du changement
Considération « transversale ». Le but d’un changement est de « modifier un système ». Contrôler un changement permet de s’assurer que l’on obtient ce que l’on veut. Dans certains cas, il n’est pas possible de savoir ce que l’on doit viser. Le changement se fait alors à l’aveugle. Il est subi, il produit un phénomène de deuil. C’est la théorie du « dégel » de Lewin. (C’est ce qui nous arrive actuellement.)


Comme je le dis régulièrement, ces types de changement ne s’opposent pas. Ils correspondent à des phases d’un changement donné. Mais ils sont dangereux lorsqu’on les applique à l’exclusion des autres.