mercredi 11 décembre 2013

Education de pauvres

N’ayant pas d’enfant, je ne me suis jamais intéressé à l’Education nationale. J’enseigne et ai enseigné en grande école et en université, certes. Mais je n’en retire que quelques observations vagues sur mes élèves. Pourtant, petit à petit, ce que j’entends dire me rappelle des souvenirs. Et me fait me demander si ses réformes n’ont pas une logique. Et si cette logique n’explique pas l’état pitoyable dans lequel se trouve le dit système.

J’ai fait mes études primaires et secondaires à Argenteuil.  Ce qui m’avait frappé, avant que j'entre en seconde, est que nous étions considérés comme des sous-développés. Des incultes à qui il fallait apporter la civilisation. Pour cela, il y avait d’une part la Maison de la culture, et son art (communiste) officiel, et, d'autre part, des missionnaires gauchistes. Je me demande si, en dehors de quelques zones bourgeoises protégées, ce phénomène ne s’est pas amplifié. Les Misérables est le livre de chevet de l’enseignant moderne ? Il voit des opprimés partout. Il se veut leur libérateur. Mais pas par le savoir. Il est l'opposé de l'instituteur d'hier. L’esprit de l’enfant doit s’exprimer. Il doit être libéré du joug totalitaire. La logique de l'enseignement moderne est celle du centre aéré. De ce fait, l’Education nationale crée, effectivement, des misérables.

(Je crains que M.Ayrault n’ait récemment déclaré que les résultats désastreux de la France, mesurés par Pisa, l’encourageaient à continuer dans cette voie. J’espère avoir mal interprété sa pensée.)