mardi 24 décembre 2013

La dynamique du capitalisme

Les tentatives de ce blog de modéliser les changements du monde parviennent à des idées de plus en plus simples. Dernière itération :

Ce qui caractérise l’Occident c’est un individualisme forcené. L’individu ne voit pas plus loin que son intérêt à court terme. Du coup, il s’en prend à la société, qu'il cherche à exploiter. Or, elle représente son intérêt à long terme. J’en suis venu à croire que c’était ce phénomène que les Anglo-saxons appellent le « mal ». C’est aussi ce qui fait que l’Occident est « rationnel », selon l’expression de Max Weber. Contrairement à l’Orient, il ne cherche pas à respecter une tradition incompréhensible. Son action est orientée par un objectif, son intérêt du moment.

Cet individualisme est un parasitisme. S’il a connu un formidable succès, le capitalisme, c’est peut-être pour une conjonction de raisons. Tout d’abord, la reconstitution d’un tissu social, après le Moyen-âge, a sorti la société du chaos qui la rendait incapable d’une action concertée. Ensuite, la science de Galilée et autres, fait d'individus (contrairement à la science moderne qui demande des bataillons de chercheurs). Enfin, la transformation de tout ceci en résultats qui ont suffisamment frappé les imaginations pour faire accepter d’énormes sacrifices humains à la société.

Si je vais un cran plus loin, il me semble que l’individualisme est lui-même le résultat d’une innovation. L’invention de la société. En effet, en passant de petites communautés, stables car auto contrôlées, à de grandes unités, les sociétés, l’espèce humaine a permis à l’initiative individuelle de s’exprimer. Le parasite est l’agent du changement. En s’en prenant aux fondations de la société, il la force à réagir, sous peine de mort. Ce qui ne tue pas renforce.

Il me semble aujourd’hui que le capitalisme devrait s’essouffler. Car il a épuisé son pouvoir de séduction. En outre, les mesures qu’il doit prendre pour se faire accepter, ou se développer (sécurité sociale, éducation…) arment ce qui est contraire à ses principes.

(Le parasitisme est-il le seul agent du changement ? La Chine, Rome ou l’Amérique en guerre ont été extraordinairement créatives. Leur créativité était sociale. Il est possible que ce qui rende une société créative soit l’instabilité - externe (agression, nouvel environnement) ou interne (parasitisme).)