lundi 30 décembre 2013

Le noble ou l’ultime liberté ?

De nouveau, je lis des mémoires du 17ème. Le noble d’Ancien Régime nous paraît aujourd’hui excentrique. Je crois que cela vient de ce qu’il était au dessus des lois. En fait, il en acceptait une seule, le sujet de toute la littérature du 17ème : l’honneur. L’honneur, c’est une loi que l’on s’est faite.

Eh bien, il me semble que voilà l’idéal des Lumières. Se libérer des usages, et n’obéir qu’à ceux que l’on a inventés, ou réinventés. Les Lumière ont-elles voulu faire de nous des nobles ? Mais, ce principe n’était probablement pas partagé que par les nobles. N’est-ce pas aussi l’ultime liberté ? Celle dont parle Clémenceau, qui considérait que la France l’avait apportée au monde ? Refus du collectivisme, être dominé par une tradition incompréhensible, mais aussi de l’individualisme : l’homme parasite de la société.

Cet idéal est différent de celui de l’Anglais. Le sien est matérialiste. Il veut de l’argent. Aliénation aurait dit Marx. Echec et mat. Cela montre les complications du modèle français. Car peut-on être libre dans l’adversité ? Surtout, comment devenir libre si l’on a été formé pour obéir aux règles sociales ? (Autrement dit pour être un esclave ?) L’Histoire de France est en grande partie celle de la lutte contre la liberté. Ne serait-ce que parce que la liberté complique le gouvernement. Les rois ont cherché, justement, à asservir une noblesse turbulente. Ils y sont parvenus, un temps, grâce à Versailles et à la promotion de grands commis de l’Etat. De Gaulle les a imités. Aujourd’hui, comme le découvre petit à petit ce blog, notre société est conçue sur le modèle du lavage de cerveau.

Et si la condition de la liberté était d’être une aspiration que l’on ne sait pas comment réaliser ? Car si on en avait la recette, on saurait aussi comment la supprimer ? Pour autant, le laisser faire n’est probablement pas une option. Si l'on ne se bat pas pour sa liberté, et si l'on ne cherche pas à garantir celle des autres, l'asservissement est assuré.