lundi 6 janvier 2014

68, réaction contre la rationalisation du monde ?

En lisant le livre de Dirk Kaesler (billet précédent), je me suis demandé si l’ère de la planification, les trente glorieuses, n’a pas été l’aboutissement du mouvement de rationalisation décrit par Max Weber. Le monde entier s’est mis à poursuivre un objectif. Et nous avons été instrumentalisés pour permettre son atteinte. Je me suis posé une double question :
  • 68 n’a-t-il pas été une réaction, naturelle, contre un mouvement qui était en passe d’aliéner nos libertés ?
  • Comme le dit Max Weber, le capitalisme n'a-t-il pas aussi été menacé par la bureaucratisation ? N'a-t-il pas réagi pour s'en débarrasser ? Mais, ce faisant, il s'est rabattu sur une de ses composantes (mineures ?), le "marché". Cette composante a pour caractéristique d'être, comme 68, libertaire. Hasard ? Mais le marché, c'est la négation de l'Etat et de la confiance. Or, sans eux, pas de capitalisme. 
Prochaine étape ?  Cela ressemble à la dialectique de Hegel. Les constituants du dispositif entrent en contradiction les uns avec les autres. Il se régénère en la transcendant. Plus de capitalisme ou un capitalisme rénové ? Nous ne sommes guère avancés...