jeudi 16 janvier 2014

Apprenons à raisonner ?

Les khâgneux auraient du mal à s’exprimer en public. Un ami est appelé pour les aider à s’exercer. Curieusement, cela ma rappelé une citation d'Alain Finkielkraut par Jeanne Bordeau. Les polytechniciens peineraient à prendre la parole.

Mal français ? Les étudiants anglais que j’ai rencontrés ont un avis sur tout, et n’hésitent pas à en débattre. Lorsque j’étais à Cambridge, j’ai même eu l’impression que tout l'enseignement visait à cela. Et mes élèves ? Ils sont charmants. Pleins de bonne volonté. Mais j’ai l’impression de les brutaliser lorsque je leur demande un avis. Ils ont certainement des convictions, mais elles ne se révèlent que lorsqu’on les agresse (d’où l’impression que le Français ne sait que résister ?). Ce que je dis là ne me semble pas vrai pour les étudiants étrangers. J’ai l’impression qu’ils se laissent moins monter sur les pieds.

Si Hannah Arendt a vu juste en disant que le propre de l’homme était la politique, c'est-à-dire la capacité à concevoir l’avenir de la société par la discussion, doit-on en déduire que le Français n’est pas un homme ? Ou aurait-il besoin qu’on l’encourage à raisonner ?